Une si fragile flamme.

1e partie : le Paradis.

Disclaimer: tous les personnages sont à JKRowling, sauf ces 8 là: Aurelius, Mireán, Kermar, Eric Sidle, Mathilde Soledango, Adrian Celas, Crimson Lance et Elric. Les poèmes et citations qui sont en tête de chapitres ne sont pas de moi non plus. Et la track-list, c'est juste pour l'ambiance…

NdA: la fin de ce chapitre correspond à la veille des événements du chapitre 30.

Chapitre 25: La lettre.

Le secrétaire courait après le ministre en tentant d'éviter au mieux les personnes qui venaient en sens inverse. Quand il parvint enfin à le rattraper, il était au bord de l'asphyxie.

- Et bien, que vous arrive-t-il ?

- Ceci…arrivé…hibou express…urgent, articula le secrétaire en tendant à Fudge un rouleau de parchemin.

Le ministre de la Magie brisa le cachet qui scellait la lettre et commença à la lire, passant alternativement du blanc au rouge.

« Monsieur le ministre,

Je me permets de vous écrire afin de porter à votre connaissance des événements d'une grande gravité. Depuis que Lord Voldemort a retrouvé sa puissance, ses partisans se regroupent, et ceux qui vivaient dissimulés sous l'aspect de la plus grande honorabilité se dévoilent enfin. Beaucoup de ses Mangemorts sont retournés vers lui. Je sais que vous les traquez sans relâche et que vous leur infligez le traitement qu'ils méritent. C'est au sujet des Mangemorts que je vous écris. Il y a en ce moment même un de ces meurtriers qui œuvre à Poudlard sous l'apparence d'un respectable professeur de potions. Le directeur lui-même semble aveugle à ses manœuvres. Pouvons-nous laisser un tel individu corrompre nos enfants ? Pouvons-nous risquer la vie de familles entières ? Je ne le pense pas, et j'imagine que vous non plus. J'espère que vous agirez en conséquence, et que vous ne laisserez pas un tel homme en activité. J'agis en toute bonne foi, et dans l'intérêt de tous.

La lettre ne portait aucune signature. Il la relut encore, pour être sûr de bien saisir ce qu'elle impliquait. L'écriture, pointue et déliée, lui rappelait vaguement quelqu'un, mais il eut beau chercher, il n'arriva pas à mettre un nom dessus.

Arrivé à son bureau, il claqua la porte avec une telle force que tout le monde sursauta dans le couloir. Il enfonça un bouton, et une voix grésilla1.

- Dites à l'officier Celas de venir me voir.

- Bien, monsieur.

Fudge regarda par la fenêtre enchantée de son bureau, les mains croisées dans le dos. Le soleil commençait à se voiler. La porte s'ouvrit, et un homme âgé d'une trentaine d'années entra.

- Bonjour, monsieur le ministre.

- Bonjour, Celas.

- Qu'y a-t-il, monsieur ?

- Lisez, déclara Fudge en lui tendant le parchemin d'un geste sec.

L'officier le parcourut rapidement avant de le reposer sur le bureau.

- Que comptez-vous faire ?

- Justement, le problème est là, Celas. Je ne peux pas laisser ce professeur continuer à exercer. Mais de là à intervenir directement dans une école…C'est une décision grave, et difficile à prendre.

Cornelius Fudge se tourna enfin vers Adrian Celas.

- Et même si je n'apprécie ni son directeur ni la façon dont cette école est dirigée, je suis bien obligé de reconnaître qu'Albus Dumbledore a su conserver un semblant de calme malgré les événements de ces derniers mois.

Il ferma les yeux un court instant.

- Pour vous dire la vérité, je ne sais pas QUOI faire. En plus, il s'agit d'une dénonciation anonyme. Quel crédit pouvons-nous apporter à un tel message ?

- Avez-vous déjà vu le professeur incriminé ?

- Une ou deux fois. Je lui avais même remis l'Ordre de Merlin 2e classe. J'ai toujours eu une impression bizarre le concernant. Mais je ne pensais pas que ça irait jusque là.

- Quels renseignements avons-nous à son sujet ?

- Je vous signale que vous êtes censé en savoir plus que moi...Après tout, c'est votre travail de mener les enquêtes. Mais bon. Il s'appelle Severus Snape…

Et le ministre exposa tous les éléments qu'il connaissait concernant le professeur. Il termina par le plus important.

- C'est un ancien Mangemort.

- Pardon ?

- Vous avez parfaitement entendu. C'est un ancien Mangemort, et le directeur l'a engagé en connaissance de cause.

- Dans ce cas, pourquoi le laisse-t-il continuer à enseigner ?

- Dumbledore a toujours eu confiance en lui, malgré son passé. Il semblerait que Severus Snape ait donné suffisamment de preuves de sa bonne foi pour rester à Poudlard.

- Pourtant cette lettre nous dit le contraire.

- C'est bien pour ça que je vous ai fait appeler. Je voudrais que vous enquêtiez sur cet homme. Vous avez une semaine.

- Ce n'est pas un peu court ?

- C'est plus qu'il n'en faut. Mais si vous ne vous en sentez pas capable…

- Non, non. Ça ira. Je le ferai.

- Je n'en attendais pas moins de vous. J'attends donc votre rapport mercredi matin. C'est tout ce que j'ai à dire. Vous pouvez disposer.

- Bien, monsieur le ministre.

- Adrian Celas sortit du bureau, et Fudge se tourna à nouveau vers la fenêtre, l'air profondément contrarié.

Avant de me mettre Dumbledore à dos, il me faut absolument des preuves, ajouta-t-il pour lui-même.

dbdbdb

Quand, sept jours plus tard, Cornelius Fudge arriva au ministère, il trouva le supérieur de Celas qui l'attendait dans son bureau.

- Bonjour, monsieur le ministre.

- Où est l'Auror chargé de l'enquête sur le professeur Snape ? demanda-t-il en entrant dans la pièce.

- Á Sainte-Mangouste, monsieur. Dans un état stationnaire.

- Que s'est-il passé ?

- Nous l'ignorons. Il a été retrouvé inconscient dans une ruelle de Pré-au-Lard. Les guérisseurs ont trouvé ça sur lui, dit l'homme en tendant trois feuillets d'une écriture fine.

Le ministre les attrapa et les lut, cherchant des indices entre les lignes. Lorsqu'enfin il les trouva, il en avala de travers.

« Le professeur Snape semble avoir demandé deux autorisations de sortie exceptionnelles à son directeur, en dates des 24 septembre et 22 octobre2, qu'il a obtenues sans difficultés. Mais plusieurs témoins ont affirmé avoir vu Severus Snape dans Pré-au-Lard certains soirs de semaine, sans qu'il soit possible de déterminer la raison de sa présence ni si il avait les autorisations nécessaires. Tout laisse donc à penser qu'il prépare quelque chose. De plus, il a eu des accès de violence répétés ces derniers jours… »

- Je savais qu'il était désagréable, mais de là à devenir violent…

- Et encore, vous n'avez pas vu Celas.

- Je crois que je n'ai plus le choix.

- Je vais réunir mes hommes.

- Très bien. Nous interviendrons demain matin. Mais attendez mes ordres avant d'agir.

1 Le ministère n'est pas tout jeune, leur système de communication magique non plus.

2 Cette date est celle du chapitre 27.

Prochain chapitre: Neville termine à l'infirmerie.