Disclaimer : les personnages sont à JK Rowling, l'histoire à Vorabiza, les prises de tête pour traduire sont à moi… J'ai comme l'impression d'être perdante, dans cette histoire…

Avertissement : cette histoire (et ce chapitre) contient des relations explicites entre deux personnes du même sexe, vous voilà prévenu(e)s !

Bonne lecture !


Chapitre Vingt-cinq

Harry n'était pas content quand il arriva à l'appartement des jumeaux. Narcissa l'avait gentiment réveillé un peu plus tôt, et il avait dû quitter le confort des bras de Draco pour venir là. Il était déjà en retard avant même de partir, et il avait été bien conscient du sourire moqueur de Snape quand il avait quitté Grimmauld Place.

Son humeur n'avait pas été améliorée par les regards inquiets que lui avaient lancés Remus et Narcissa en voyant qu'il partait avec son balai et la cape d'invisibilité de son père. Il avait expliqué que Ginny ne connaissait pas l'existence de sa nouvelle cape – et il n'était pas certain de souhaiter qu'elle l'apprenne pour le moment – mais il avait refusé d'expliquer pourquoi il avait besoin de la cape ou du balai en premier lieu.

« C'est quoi ton problème, Harry? » demanda Ginny.

« Je parie qu'il vient juste de quitter son lit, » dit Fred.

« Il semble avoir cet air des matins difficiles, » acquiesça George. « Même si il est déjà presque dix heures et demie. »

« On aurait pensé que tu reconnaîtrais cet air, Ginny, » dit Fred d'un ton innocent.

« Ah, mais peut être qu'il n'était pas d'aussi mauvaise humeur ces matins-là, » fit remarquer George.

Harry et Ginny grimaçaient tous les deux à présent. Pendant que Ginny s'en prenait à ses frères, Harry soupira en pensant que Draco n'aurait certainement pas apprécié cette conversation. Lui non plus n'en était pas heureux d'ailleurs, et il aurait de loin préféré retourner dans son lit où il avait laissé Draco, encore profondément endormi.

Après avoir donné l'article à publier, il était retourné à Square Grimmaurd et avait passé l'après midi et la journée suivante à s'entraîner. Avant, il avait pensé que l'entraînement avec Snape était épuisant. Mais c'était loin de s'améliorer quand il avait deux professeurs qui s'alliaient contre lui !

Draco avait été soumis à la même torture, et ils avaient sérieusement souffert en tentant de maîtriser des sorts de protections de niveau supérieur. Le seul avantage que Harry pouvait discerner dans l'entraînement était que Remus s'assurait que Snape les soignait ensuite. Harry et Draco avaient désormais le bonheur douteux de posséder des fioles du baume de qualité supérieure élaboré par Snape, qui soignait à vitesse accélérée. Cela ne les empêchait cependant pas de s'écrouler de fatigue juste après l'avoir appliqué. Non, Harry n'avait vraiment pas voulu se lever ce matin.

Il soupira, sachant qu'il devait s'éclaircir les idées pour pouvoir gérer la situation, et stoppa les disputes et moqueries en demandant comment les jumeaux avaient réussi à convaincre Mrs Weasley de laisser Ginny quitter la maison. Son humeur s'améliora considérablement alors qu'il écoutait, amusé par les explications.

D'après ce qu'il put comprendre, Fred et George avaient élaboré une histoire abracadabrante comme quoi Ginny était la seule qui pouvait les aider à mettre au point un produit. Ils avaient réussi à embrouiller leur mère, et tous les autres, et avaient insisté jusqu'à ce qu'elle accepte.

Ginny leur fit remarquer que si ils ne l'avaient pas prévenue par avance, elle ne se serait jamais faite avoir par les jumeaux comme ça. Le fait que Ginny ait envie d'y aller avait permis de convaincre Mrs Weasley que tout irait bien. Ginny avait, bien évidemment, reçu l'ordre de ne pas quitter l'appartement des jumeaux.

« Mais on ne va pas rester ici, n'est ce pas? » demanda Ginny.

« Ça dépend de toi, » dit Harry. Il jeta un coup d'oeil aux jumeaux qui souriaient d'un air moqueur alors que Harry lançait un sort de silence autour de lui et Ginny.

« J'ai besoin que tu me parles de Jedusor et de la Chambre de Secrets, » dit-il.

« Tu ne veux pas retourner là-bas? » demanda Ginny d'une voix inquiète, alors que son visage devenait blanc comme un linge.

« Et bien, il faudra que j'y retourne, avec ou sans toi, » admit Harry. « En fait, j'espérais que tu viendrais avec moi parce que j'ai besoin d'en savoir plus sur la Chambre. »

« Tu en sais autant que moi, si ce n'est plus, » protesta Ginny.

« Peut être, » dit Harry, en secouant la tête d'un air dubitatif. « Jedusor m'a parlé pendant que j'y étais, mais tu es restée là bas plus longtemps que moi. Et tu as parlé avec lui pendant toute l'année, » dit-il.

« Oui, je lui ai parlé de toi, » dit-elle tristement. « Je ne lui ai pas parlé de la Chambre, ou de quoi que ce soit le concernant. Pour tout ce qui a un rapport avec ces sujets, ma mémoire n'est toujours pas revenue. »

« Oui, c'est ce que je me disais, » admit Harry. « Tu en as déjà parlé. Mais tu te souviens de cette nuit dans la Chambre des Secrets. Jedusor t'a certainement parlé à ce moment là. »

Ginny fronça les sourcils, repensant à cette nuit. « Harry, je ne me souviens pas de grand chose, »dit-elle lentement. « J'étais inconsciente pendant un long moment. Tout ce dont je me souviens, quand j'étais encore consciente, c'est qu'il se vantait de t'attirer là bas. »

« Il a l'habitude de faire ce genre de choses, » dit Harry amèrement.

« Qu'est ce que tu as besoin de savoir exactement? » demanda Ginny.

« Je ne sais pas, » reconnut Harry. « Mais plus je repense à la Chambre des Secrets, plus je suis persuadé qu'il y a quelque chose là bas. J'espère que si on y retourne, le fait de se retrouver là bas va nous rappeler un souvenir, n'importe quoi. »

« Je ne sais même pas ce que je dois chercher, » fit remarquer Ginny. « Est-ce que ce ne serait pas mieux pour toi de regarder mes souvenirs dans une Pensine ? »

« Je n'y avais pas pensé, » admit Harry d'un air coupable. « Je n'en ai pas, mais je suppose que je devrais pouvoir m'en procurer une. »

Ils restèrent silencieux quelques instants alors qu'ils réfléchissaient à la situation. Finalement, Ginny reprit la parole. « Mais ce ne serait pas la même chose qu'y être en vrai, n'est ce pas ? »

Harry haussa les épaules. « J'ai vu beaucoup de souvenirs dans les pensines, et c'est aussi bien qu'y être en réalité, » dit-il. « Ça ne me permettrait pas de connaître tes pensées, mais si tu venais dans la mémoire avec moi... » Il laissa sa phrase en suspens, haussant de nouveau les épaules.

« Tu dois y retourner de toutes façons? » demanda-t-elle.

« Oui, j'ai mes propres souvenirs de ce qui s'est passé, mais j'espère qu'y être en vrai me fera penser à quelque chose, » dit-il.

« Ce qui veut dire que je devrais aussi y aller, » dit Ginny à contrecoeur.

« Tu n'es pas obligée, » dit rapidement Harry. « La Pensine est une bonne idée. »

« J'irai, » dit-elle d'un ton décidé.

« Tu es sûre? » dit Harry. « Tu es te rends bien compte qu'on va sûrement revoir la carcasse du basilic, avec tout le reste de cet endroit lugubre? »

Ginny grimaça. « Super, j'ai vraiment hâte, » dit-elle d'un ton dégoûté.

Harry n'avait pas encore mangé, et ils restèrent donc pour le déjeuner. Fred et George ne semblaient pas particulièrement heureux de les laisser partir seuls, d'autant plus que Ginny était blanche comme un fantôme et angoissée, mais ils n'essayèrent pas de les arrêter.

En chemin vers Poudlard, Harry se demanda si il ne faisait pas une erreur en emmenant Ginny. Ron et Hermione étaient totalement opposés à cette idée. Fred et George étaient de nouveau inquiets. Harry avait l'habitude que Ron et Hermione ne soient pas d'accord avec lui sur certains sujets, mais ces expressions inquiètes sur les visages habituellement souriants de Fred et George le perturbaient.

Mais c'était important. Son instinct lui criait qu'il y avait quelque chose dans la Chambre des Secrets. Voldemort accordait bien trop d'importance à Poudlard, et à la Chambre elle même, pour qu'il ne s'y trouve rien. Il y dénicherait au moins un indice, certainement.

Ils arrivèrent sans problème jusqu'aux toilettes de Mimi Geignarde, et Harry ne s'était pas préparé pour toutes les émotions qui l'assaillirent quand il entra dans la pièce. Il avait été tellement concentré sur tout le reste, qu'il avait oublié ce qu'il avait fait à Draco à cet endroit.

Ginny s'occupa de Mimi alors que les souvenirs de Harry le ramenaient dans le passé. Draco en pleurs. Leur duel. Le sort que Harry avait lancé, et Draco portant les mains à son torse, alors que le sang coulait.

« Harry, tu vas bien ? » demanda Ginny.

Le sorcier hocha la tête. Il ressentait le besoin urgent de retourner à Grimmauld Place et de s'assurer que Draco allait bien, mais ça pouvait aller. Il marcha jusqu'aux lavabos et se demanda une nouvelle fois si c'était une bonne idée. Lui et Ginny allaient probablement être assaillis par les souvenirs en bas, dans la Chambre des Secrets. L'ironie, c'est qu'il voulait être assailli par les souvenirs. Seulement, il n'était plus tout à fait certain de pouvoir les gérer.

Il regarda Ginny d'un air interrogateur et elle hocha la tête, déterminée. Harry inspira profondément, puis se concentra sur le serpent gravé et regarda les lavabos se déplacer.

Ils grimacèrent en regardant le conduit recouvert de moisissure. « C'est écoeurant, » dit Ginny en fronçant le nez.

« Mais ça ira plus vite de glisser jusqu'en bas que d'essayer de manoeuvrer les balais à travers la tuyauterie, » dit Harry. Ginny avait emprunté un des balais des jumeaux, de sorte qu'ils avaient tous les deux un moyen pour sortir. « Ce sera suffisamment difficile de le faire au retour. »

« Fumsec ne va pas nous aider une fois de plus ? » demanda Ginny avec espoir. Le conduit était large, mais pas assez pour voler facilement. Ils seraient capables de le faire, mais ils devraient aller lentement pour ne pas se cogner contre les murs du tuyau.

Harry haussa les épaules. « Je ne sais pas vraiment, » dit-il. « La dernière fois c'était une urgence, mais pas cette fois-ci. J'essaierai de l'appeler quand on sera prêts à repartir, mais je ne sais pas vraiment comment Fumsec réagit. Il vaut mieux avoir les balais, au cas où. »

Il balaya tous ses doutes et sourit à Ginny. « Prête à te salir ? » demanda-t-il.

« Prête pour ma prochaine aventure avec Harry Potter, » dit-elle, sarcastique, souriant aussi.

En riant, Harry commença la longue descente, Ginny derrière lui. Ils atterrirent l'un sur l'autre tout en bas. Ils se séparèrent rapidement et allumèrent leurs baguettes, puis commencèrent le chemin à travers les tunnels.

« Je me demanda comment va Lockhart, » dit Harry, grimpant à travers le trou que Ron avait créé dans la pile de rocher.

Ginny rit d'un rire forcé. Il lui jeta un coup d'oeil rapide, et commença à parler de tout et de rien alors qu'ils marchaient, remplissant le silence et essayant de la distraire de l'atmosphère lugubre.

En arrivant à la Chambre elle-même, il hésita. « Tout va bien ? »

Ginny inspira profondément. « Tout va bien."

Pas particulièrement rassuré, mais hochant tout de même la tête, Harry ouvrit la Chambre. Il prit la main de Ginny dans la sienne, et ils entrèrent ensemble. Harry regarda, stupéfait. La large pièce était exactement comme dans ses souvenirs. Elle était exactement telle qu'elle était quand il était parti. Le basilic lui-même était étrangement le même. Il s'était attendu à ce qu'il se décompose, et réalisa vaguement que la puanteur était aussi la même qu'avant.

« Pourquoi est ce que ça ne pourrit pas ? » demanda Harry, sa voix résonnant dans la pièce caverneuse. Il avait vaguement espéré qu'ils pourraient utiliser les crocs venimeux pour détruire les Horcruxes, mais il ne s'était pas attendu à ce que le serpent en entier soit intact.

« Il fait froid, » dit Ginny à voix basse. « C'est préservé ici. »

Alors qu'elle prononçait le mot froid, Harry se rendit compte qu'il avait la chair de poule. Effectivement, il faisait atrocement froid. Il avait été tellement excité par ce qu'il allait probablement trouver qu'il n'y avait pas fait attention.

Il se demandait si Hermione avait déjà fini ses recherches concernant le basilic quand Ginny serra sa main à lui faire mal. Il remarqua avec surprise qu'elle fixait l'endroit où il l'avait retrouvée. Une trace de sang marquait l'endroit où Harry s'était écroulé à côté d'elle après avoir tué le basilic.

Les souvenirs l'assaillirent et le ramenèrent de nouveau dans le passé. Trouver Ginny. Parler avec Tom Jedusor. Combattre le basilic. Soigné par Fumsec. Les souvenirs le submergèrent.

Il ne savait pas combien de temps il était resté perdu dans ses souvenirs, mais il fut finalement ramené à la réalité par les sanglots de Ginny à côté de lui. Il la serra contre lui, de manière protectrice, et ils se laissèrent glisser contre la pierre. Il resta assis là, la tenant contre lui, lui murmurant des mots rassurants, alors qu'intérieurement, il se maudissait pour la soumettre à tout cela.

Il devait l'admettre, la situation était pesante. Ça n'avait probablement pas été son idée la plus brillante de revenir ici seulement tous les deux. Il sursauta quand elle commença à parler.

« Je ne me rappelle pas comment je suis arrivée ici, » murmura Ginny. Elle se redressa lentement et regarda autour d'elle, semblant retrouver une contenance.

Elle se leva et Harry fit de même, tout en la regardant attentivement. Elle semblait arpenter la pièce sans but pendant quelques instants, mais il comprit qu'elle retraçait un chemin qu'elle seule pouvait voir. Elle secoua la tête et regarda finalement Harry. Harry pensait qu'elle n'avait pas l'air d'aller bien, mais elle semblait de nouveau déterminée.

« Mon premier souvenir est d'être ici, » dit Ginny, indiquant l'endroit où elle se tenait. « Jedusor était là, pas très loin, » dit-elle en pointant du doigt. « Il riait. J'avais peur parce que la dernière chose dont je me rappelais était d'être dans mon lit. Et tout d'un coup j'étais ici. Rien entre les deux. J'étais juste ici, tout d'un coup, et il y avait ce garçon qui me parlait. Je ne savais pas qui il était. Et quand il me l'a dit, au début je ne l'ai pas cru. »

Elle regarda Harry. « Il te ressemble beaucoup, » dit elle en frissonnant.

Harry ferma les yeux, se souvenant de la manière dont Jedusor avait parlé de leurs ressemblances. Ce n'était pas une comparaison dont il était particulièrement heureux.

« Du moment que je ne ressemble pas à Face de Serpent dans cinquante ans, » dit-il d'un ton sarcastique. « Je suppose que je peux vivre avec la comparaison. »

Les lèvres de Ginny se redressèrent en une ébauche de souvenir. « Tu seras toujours plus mignon, » dit-elle.

« Heureux de l'apprendre, » dit Harry, secouant la tête à l'étrangeté de la conversation, mais appréciant cette touche d'humour.

Il écouta attentivement alors qu'elle décrivait sa conversation avec Tom Jedusor. Ce dernier lui avait donné des détails qui l'avait convaincue qu'il était bien le garçon du cahier. Il lui avait expliqué, et maintenant elle l'expliquait à Harry, comment il l'avait attirée là et comment il avait utilisé son énergie pour pouvoir adopter une forme corporelle.

Ginny fronça les sourcils. « Il a dit qu'il y avait quelque chose de spécial dans le journal qui lui permettait de revenir, » dit-elle lentement. Harry n'était pas surpris : après tout, il savait maintenant que le journal avait contenu une partie de l'esprit de Voldemort.

« Il a dit... Il a dit que c'était logique qu'il prenne cette forme ici, parce que c'était une place faite pour beaucoup de secrets, » dit-elle.

« C'était logique, » dit-elle, regardant Harry. Elle sembla soudain plus animée qu'elle ne l'avait été depuis leur arrivée. « Harry, quand j'écrivais dans le journal, il parlait souvent de secrets. A l'époque, je pensais qu'il voulait simplement parler de mes secrets, comme je lui disais tout, » dit-elle amèrement.

Harry attendit avec espoir. L'attitude de Ginny indiquait qu'elle avait découvert quelque chose d'important.

« Je me plaignais souvent d'être le septième enfant, » dit Ginny. « Quand on était ici, il disait que c'était une place logique pour le septième secret. Pas le septième enfant, le septième secret. »

Harry sauta d'excitation, ce qui l'encouragea à continuer.

« Je pensais qu'il se moquait de moi, surtout avec la manière dont il riait, mais il ne se moquait pas, n'est ce pas ? » demanda-t-elle. « Tu cherches son septième secret. »

« Pas exactement un septième secret, » dit Harry en souriant tristement. « Mais quelque chose du genre. » Il regarda autour de lui avec un regard neuf. « Alors c'est vraiment quelque part ici, » dit-il.

« Harry, » dit Ginny, attirant de nouveau son attention.

« Je n'ai jamais pensé que c'était important jusque là, mais Jedusor a dit qu'une fois qu'il se serait occupé de toi, il prévoyait de… » elle s'arrêta, ayant du mal à continuer sa phrase. « Il prévoyait de me jeter dans le nid du basilic. Il a ri et a dit que c'était une place faite pour moi, puisque j'appréciais autant les secrets. »

Le regard de Harry se porta sur l'immense statue en pierre de Salazar Serpentard. Il se souvint de Jedusor parlant à la statue, et la bouche qui s'était ouverte pour libérer le basilic. La bouche était à présent fermée.

Il avança de quelques pas en direction de la statue avant de se retourner vers Ginny. « Reste ici, » lui ordonna-t-il. Il approcha encore de la statue, et leva le regard vers elle. Ne connaissant que les mots que Voldemort avait utilisés, Harry les répéta.

« Parle moi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard. »

Il vit la bouche s'ouvrir, comme il l'avait vu des années auparavant. La bouche s'ouvrit jusqu'à laisser voir un grand trou noir. Un frisson traversa son corps, et il tourna la tête vers le basilic, s'assurant qu'il était mort. Lentement, il marcha jusqu'à la statue et commença à l'escalader.

« Harry! Non! » cria Ginny, courant vers lui. « Tu ne sais pas ce qu'il y a à l'intérieur ! »

Harry pensa qu'elle ressemblait de manière frappante à Hermione. Mais d'un autre côté, cet endroit avait profondément affecté Ginny, et il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir d'être plus prudente. Il la regarda, puis le grand trou noir. « Reste ici. Il faut juste que je trouve ce qui se cache là, » dit-il d'un ton déterminé, recommençant à grimper.

En grognant, Ginny commença à grimper elle aussi.

« Non! » cria Harry. « Je t'ai dit de rester là! »

« Je n'aime pas cet endroit, mais je ne te laisserai pas y aller tout seul, » dit elle d'un ton qui ne laissait pas de place à la discussion.

Harry avait atteint l'entrée de la statue et regarda dans l'obscurité. Il s'assit au bord, Ginny arrivant derrière lui. C'était encore une fois tunnel visqueux, descendant presque à la verticale. Leurs baguettes allumées n'éclairaient pas très loin.

Harry regarda Ginny. Celle ci le défia du regard, et il hocha la tête, résigné, avant de s'élancer. Il glissa, et atterrit bien plus vite qu'il ne s'y était attendu. Il sauta sur ses pieds et alluma de nouveau sa baguette. En la tenant en l'air, ils pouvaient voir des torches sur les murs, et Ginny murmura le sort pour allumer la première.

La lumière se fit sur une plus grande zone, et en regardant autour, Harry fut persuadé qu'ils se trouvaient dans le repaire du basilic. C'était là qu'il avait hiberné pendant très, très, très longtemps. Harry supposa qu'un sort quelconque avait été lancé sur la pièce, car la température était bien plus agréable que dans l'autre pièce.

Cette pièce était large, mais pas excessivement. De forme circulaire. Il ne pouvait pas voir d'autres ouvertures que celle par laquelle ils étaient entrés. Donc, là aussi, seul un fourchelangue pouvait entrer dans la pièce. Le serpent lui même pouvait bien évidemment parler ce langage pour entrer et sortir de son repaire.

Harry, pensif, fronça les sourcils et regarda distraitement Ginny allumer d'autres torches dans la pièce. C'était un endroit idéal pour Voldemort pour cacher un de ses Horcruxes. Cette pièce avait été protégée par un basilic, et seul quelqu'un parlant fourchelangue pouvait y pénétrer. Mais il y avait tout de même le problème du basilic qui aurait lui-même pu détruire le Horcruxe.

« Je passe à côté de quelque chose. Mais quoi ? » réfléchit Harry à haute voix.

« Il n'y a rien ici, » dit Ginny d'une voix tremblante, malgré le fait que la pièce soit vide.

Mais elle avait raison. Il n'y avait rien d'intéressant dans la pièce. Des cailloux polis sur le sol, des fragments d'os et des peaux de serpent. Des torches aux murs, toutes illuminant la pièce pour le moment. Toutes sauf une, remarqua Harry.

« Ginny, pourquoi est ce que tu n'as pas allumé cette dernière torche ? » demanda Harry avec curiosité.

« J'ai essayé, ça n'a pas marché, » dit-elle en haussant les épaules.

Harry la regarda un moment avant de s'avancer rapidement pour examiner la torche. En cherchant, il repéra facilement le petit serpent gravé, exactement comme celui sur les lavabos des toilettes des filles.

Il se mordit la lèvre, réfléchissant rapidement. Le médaillon avait été protégé par des Inferi et une potion. Le basilic et la capacité à parler fourchelangue constituaient à coup sûr les protections pour ce Horcruxe.

« Ginny, retourne dans l'autre pièce, » ordonna Harry. Cette fois, son ton ne laissait aucune place à la discussion.

« Harry, » protesta-t-elle d'une voix faible.

« Non, » dit-il fermement. « Je parle fourchelangue, et toi non. Je ne veux pas prendre le risque que tu te retrouves enfermée. » Il lança un accio pour faire venir son balai. Elle semblait terrifiée à l'idée de le laisser seul, et de retourner dans la Chambre sans lui, mais elle partit sans protester.

Harry inspira profondément, puis revint vers la torche éteinte et se concentra sur le petit serpent gravé.

« Ouvre toi. »

Il recula rapidement, retenant son souffle. Après tout ce qu'il avait déjà vu, il n'aurait pas dû être surpris de voir une porte apparaître, mais il le fut tout de même. Les torches dans la petite pièce s'illuminèrent. Au centre se trouvait une table.

Le coeur de Harry battait déjà vite, mais il s'accéléra encore à la vue du miroir de poche en argent qui était posé innocemment sur la surface de la table. Baguette en main, il s'avança dans la pièce d'un pas hésitant. Il inspecta rapidement la pièce, où il vit des étagères à livres vides le long des quatre murs, mais rien d'autre.

Rien d'autre que la table sur laquelle était posé le miroir.

Avançant encore d'un pas, Harry put voir la lettre R gravée sur la poignée. Rowena Serdaigle. Il en était persuadé.

Il n'était pas certain, cependant, de vouloir le toucher. Il n'avait jamais été aussi effrayé de regarder dans un miroir de sa vie. Si il regardait, verrait-il Tom Jedusor ? Voldemort ? Ou simplement une réflection de lui même?

Il regarda de nouveau les étagères. Il marcha prudemment autour de la table, vérifiant qu'il ne se trouvait rien d'autre dans la petite pièce. Sur l'étagère du bas du mur opposé, cachés par la table quand on se tenait à la porte, se trouvaient un livre et une pierre.

Il ne souhaitait pas plus toucher la pierre que le miroir. Le livre, par contre, était tentant. Il ressemblait horriblement au journal que Harry avait détruit.

Il ne lui échappa pas que si il avait immédiatement saisi le miroir, et que si l'objet était effectivement ensorcelé d'une façon ou d'une autre, il aurait très bien pu ne jamais avoir vu cet autre journal ou la pierre. Parmi ces trois objets, Harry voulait savoir ce qui était écrit dans le journal. C'était un objet avec lequel il était plus familier, et l'autre cahier n'avait été dangereux que quand on y écrivait.

Il se dirigea vers le cahier, et soupira de soulagement quand rien ne se passa quand il l'attrapa. Il l'ouvrit, surpris de voir les pages recouvertes d'écriture. Le mot « Horcruxe » semblait ressortir de ces pages. En parcourant plusieurs passages, Harry acquit la conviction qu'il s'agissait des notes de Voldemort sur le sujet.

En proie à une excitation au delà de toute imagination, mais se souvenant tout de même que Ginny était toujours dans l'autre pièce, Harry rangea soigneusement le cahier dans son sac à dos qui contenait déjà la carte des Maraudeurs et sa cape d'invisibilité. Il avait décidé de ne pas toucher à la pierre ou au miroir pour le moment. Il reviendrait bientôt, avec, il l'espérait, plus de connaissances.

En souriant joyeusement, il quitta la petite pièce, la porte se refermant derrière lui. Il fit venir son Eclair de Feu d'un Accio, et vola prudemment pour remonter le tuyau. En survolant la Chambre, il repéra facilement Ginny. Son sourire s'effaça rapidement, cependant, quand il atterrit à côté d'elle.

« Ginny? Oh, merde! » s'exclama-t-il doucement. « Je suis désolé. »

Il sut d'un seul regard qu'elle avait été absolument terrifiée en l'attendant toute seule ici. Des larmes coulaient sur ses joues et elle tremblait violemment. Il pouvait voir le soulagement sur son visage, mais ce n'était pas suffisant pour surmonter l'horreur qu'elle avait clairement ressentie.

« Tout va bien, Ginny, » dit Harry d'un ton rassurant. « J'ai trouvé plus que ce que j'espérais. Sortons d'ici. » Il rassembla leurs deux balais dans une main, puis passa son bras autour de Ginny pour la guider hors de la pièce et à travers les tunnels.

Elle ne dit pas un mot, mais suivit Harry en trébuchant. Il pouvait sentir qu'elle frissonnait, et s'inquiétait de plus en plus. Son seul souci à ce moment était de la sortir de là. En atteignant le bas du tuyau principal qui les ramènerait en haut, Harry appela doucement Fumsec. Il fut infiniment soulagé en voyant le phénix arriver.

« Est ce que tu pourrais encore nous remonter, Fumsec ? » demanda Harry. L'oiseau battit des ailes devant lui, attendant patiemment.

« Ginny, j'ai besoin de tenir Fumsec et les balais, alors il faut que tu t'accroches à moi, » la pressa Harry. « Comme ça, tu n'auras pas à voler pour remonter. Tu peux faire ça pour moi ? »

Ginny acquiesça d'un signe de tête et serra les bras autour de Harry. Il n'aimait pas l'idée de ne pas la tenir, et réussit à coincer les deux balais entre leur deux corps afin de pouvoir passer un bras autour d'elle. « Très bien, Fumsec, on est prêts, » dit-il. Il s'accrocha aux plumes de Fumsec, et ils commencèrent leur remontée à travers les tuyaux, et atterrirent dans les toilettes de Mimi Geignarde.

« Tu as encore survécu, » dit Mimi d'un ton déçu.

« Oui, » dit Harry d'un ton irrité. « J'ai besoin que tu gardes le secret sur notre venue ici. »

« Je garde toujours les secrets, » dit Mimi, semblant fière de tous les secrets qu'elle devait connaître. Harry la regarda un moment, se demandant pourquoi il n'avait jamais pensé à interroger Mimi avant. Elle aurait pu se révéler une source d'information importante dans le passé. Il secoua la tête pour se débarrasser de ces pensées, et sortit la cape d'invisibilité de son sac. Il consulta rapidement la carte, et vérifia que leur chemin était libre.

Ginny ne prononça pas un mot durant le trajet du retour, mais ses tremblements s'estompèrent graduellement alors qu'ils traversaient le tunnel. Harry essayait de lui parler de manière rassurante, mais ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait faire d'autre pour elle. La ramener là où elle serait en sécurité était la priorité. Il lui promit une douche et un thé chaud, et elle hocha la tête à ces suggestions. Elle lui répondait, mais ses pensées semblaient toujours se ramener à la Chambre des Secrets.

Il fut extrêmement soulagé quand ils arrivèrent finalement à l'appartement de Fred et George sans autre incident.

« Qu'est ce qu'il vous est arrivé, par Merlin ? » s'inquiéta George quand ils entrèrent.

« On va bien, » dit sèchement Harry, lançant un regard aux jumeaux les prévenant silencieusement de les laisser tranquilles. Il laissa tomber les balais, son sac et la cape par terre.

« Ginny ? » appela Fred, semblant inquiet.

Elle secoua la tête, ne souhaitant toujours pas parler.

« Viens, Ginny, » dit doucement Harry, la conduisant à la salle de bains. « Tu as besoin d'une douche, et ça t'aidera à te sentir mieux. »

« Harry, » dit George, semblant de nouveau inquiet. « Tu ne peux pas aller là-dedans avec elle. »

« Bien sûr que si, je peux, » gronda Harry. « Je ne vais pas la laisser toute seule une fois de plus, » dit il, entrant dans la salle de bains après Ginny et claquant la porte.

Harry la regarda, debout au milieu de la salle de bains, semblant perdue. « Oh, Ginny, je suis désolé, » dit-il d'un ton misérable. En soupirant, il s'approcha de la douche pour mettre l'eau à couler.

« Est ce que tu peux te déshabiller ? » demanda-t-il.

Elle le regarda un moment sans comprendre avant de lever des mains tremblantes et d'essayer sans succès de déboutonner sa chemise. Le fait que ses vêtements soient recouverts de poussière et de moisissure ne l'aidait pas.

Se maudissant pour l'avoir mise dans cette situation, Harry entreprit de l'aider. Ginny se mit à pleurer quand il l'aida à enlever ses vêtements. Il hésita quand elle se trouva en sous vêtements, fermant les yeux un moment. Draco allait vouloir le tuer pour ça.

Quand il ouvrit les yeux, il la vit essayer de détacher le soutien-gorge elle-même, sans y arriver. Il inspira profondément, puis le fit lui-même et l'aida à enlever sa culotte, avant de l'envoyer sous la douche.

« Je suis un homme mort, » se marmonna-t-il à lui-même. A voix haute, il appela Ginny. « Est-ce que ça va ? » Ne recevant aucune réponse, il passa sa tête dans la cabine de douche. « Ginny ? »

Celle-ci se contenta de le regarder.

« Oh, Ginny, je sais que c'est difficile, » dit Harry misérablement.

Elle se contenta de rester là sans bouger en le regardant, des larmes coulant le long de ses joues, se mélangeant à l'eau de la douche.

Harry commença à enlever ses vêtements sales, jurant à voix basse. « Je suis un homme mort, » répéta-t-il. « La seule question, c'est de savoir qui va me tuer en premier. »

Quand il se retrouva en boxer, il entra dans la douche avec Ginny. Elle était exactement au même endroit, elle n'avait pas bougé. Harry mit du savon sur une éponge et la lui tendit. « Je vais laver tes cheveux pour toi, mais tu dois laver ton corps toi-même, d'accord ? »

Elle hocha la tête nerveusement, acceptant l'éponge. Harry attrapa la bouteille de shampoing et lui pressa gentiment l'épaule de l'autre main pour qu'elle lui tourne le dos. Aussi vite que possible, il lui lava les cheveux. Cependant, avec toute la crasse qui s'y trouvait, il dut s'y prendre à deux fois. Une fois qu'il eut fini de lui laver les cheveux, il réalisa qu'elle n'avait rien fait avec l'éponge qu'il lui avait donnée.

« Lave toi, Ginny, » lui ordonna-t-il gentiment.

Elle hocha la tête et, cette fois-ci, commença finalement à se laver. Harry Soupira de soulagement et entreprit de laver ses propres cheveux. Quand Ginny eut fini, elle sortit de la douche par elle même. Harry enleva son boxer et finit rapidement de se laver. Coupant l'eau, il attrapa une serviette et l'enroula autour de sa taille avant de sortir. Il essayait au moins de garder la situation aussi convenable que possible.

Ginny était assise sur les toilettes, enroulée dans sa propre serviette. Elle se contentait de fixer le sol. Harry tomba à genoux devant elle.

« Est ce que tu te sens mieux maintenant ? » demanda-t-il d'un ton plein d'espoir.

Elle leva les yeux pour rencontrer son regard. « Un peu, » dit-elle, parlant pour la première fois depuis qu'ils avaient quitté la Chambre des Secrets.

« Je suis désolé de t'avoir emmenée là bas, Ginny, » dit Harry, se sentant absolument misérable.

Ginny soupira. « Ça va aller, » dit-elle. « C'est juste que c'était plus difficile que je n'avais imaginé. »

« Si j'avais su que tu serais autant affectée, je... » commença Harry.

« Tu l'aurais quand même fait, » dit calmement Ginny. « Nous y serions allés de toutes façons. »

« Tu sais pourquoi je devais t'emmener, n'est ce pas ? » demanda-t-il, la suppliant de comprendre.

Ginny sourit faiblement. « Non, Harry, en fait je ne sais pas. Je sais que ça a un rapport avec Voldemort, et je sais que tu étais surexcité, alors ce que je t'ai aidé à trouver, peu importe ce que c'est, devait être vraiment bien. »

« Et bien, ce que tu m'as aidé à trouver est mauvais, en fait, » admit Harry. « Mais le fait que je l'ai trouvé est bien. Maintenant, je dois juste trouver comment le sortir de là. Mais je pense que j'ai peut être aussi trouvé la solution à ce problème. »

Ginny le regarda attentivement. « Harry, à quel point exactement est ce que cette chose est dangereuse? » demanda-t-elle. « J'étais absolument terrifiée que tu ne reviennes pas. »

Il se passa une main dans les cheveux alors qu'il essayait de trouver comment il allait répondre à cela. Il fronça les sourcils en voyant sa main, réalisant que ses cheveux étaient encore complètement trempés. Ceux de Ginny aussi, d'ailleurs. Il attrapa deux autres serviettes de l'étagère et en tendit une à Ginny avant de commencer à se sécher les cheveux.

Ginny se contenta d'enrouler ses cheveux dans la serviette sur le dessus de sa tête. « Tu es en train d'esquiver la question, Harry, » dit-elle.

Harry laissa tomber la serviette autour de ses épaules. « C'est dangereux, » dit-il simplement.

Ginny fronçait les sourcils, inquiète, et Harry secoua la tête. « Ne t'en fais pas pour ça, » dit-il. « Tu as fait ta part, et c'est fini. Personne d'autre n'avait les indices que tu avais. »

« Quelle chance j'ai, » dit Ginny d'un ton sarcastique.

Il lui sourit tristement. « Si ça peut te consoler, je sais exactement ce que tu ressens, » dit-il.

« Oh, Harry, je suis désolée, » dit-elle. « Je sais que c'est bien pire pour toi que pour moi. Je ne sais vraiment pas comment tu peux le supporter. »

Harry haussa les épaules. « Je ne sais pas non plus, des fois, » admit-il. Il secoua la tête pour éclaircir ses idées. « Est ce que ça va aller maintenant ? » demanda-t-il, changeant le sujet.

« Oui, » répondit doucement Ginny. « Je pense que c'était surtout le choc de me retrouver là bas de nouveau. Ça, et le fait que je me suis mise dans un état impossible quand je t'attendais, » dit-elle à contrecoeur.

« Ta famille va me détester quand ils vont apprendre ce que j'ai fait, » dit Harry.

« Ils ne vont pas l'apprendre, » rétorqua Ginny, semblant retrouver un peu de son caractère. « Fred et George sont les deux seuls à être courant de quelque chose. Et Merlin sait qu'ils feront tout ce que tu leur diras de faire. » Elle pencha la tête et étudia Harry attentivement.

Il la regarda avec méfiance. « Quoi ? » demanda-t-il d'un ton suspicieux.

« Qui va t'en vouloir d'avoir pris une douche avec moi ? » demanda Ginny soudainement.

Harry cligna des yeux. « Qu'est ce que tu veux dire ? » demanda-t-il.

Ginny roula les yeux. « Harry, tu as gardé tes sous vêtements dans la douche avec moi. On a déjà couché ensemble, et ce n'est pas comme si je ne t'avais pas déjà vu nu. De toute évidence, tu es avec quelqu'un, » dit-elle.

Harry grogna, baissant la tête et réalisa qu'il aurait du mal à nier étant données les circonstances. « Je suis avec une personne qui va me tuer en apprenant ça, » marmonna-t-il.

« Je suis désolée, Harry, » dit-elle d'un ton compatissant. « Je me rends compte que ça aurait l'air horriblement louche, surtout avec toi qui es aussi secret maintenant. »

« Oui, » acquiesça Harry misérablement.

« Est ce que tu vas lui dire ? » demanda Ginny. « Est ce qu'elle sait qu'on est sortis ensemble ? »

Harry grimaça, sachant que Draco n'apprécierait pas qu'on fasse référence à lui comme d'une fille. Mais il n'avait pas l'intention de corriger Ginny. C'était ce qu'elle supposait, et ça permettrait d'éviter les soupçons. « Je ne vais pas garder ça secret, mais je ne sais pas comment je vais lui expliquer, non plus, » admit-il.

« Alors, elle sait qu'on était ensemble, » affirma Ginny.

Harry se contenta de hocher la tête.

« Tu ne vas pas me dire qui elle est, n'est ce pas ? » demanda Ginny.

Il releva la tête et, souriant légèrement, il fit non de la tête.

« Tu es heureux ? » demanda-t-elle. « Est ce que tu as trouvé ton étincelle ? »

Le sourire de Harry s'élargit. « Oui, c'est incroyable, Ginny. Je n'ai jamais ressenti ça pour personne avant, et..., » il ne finit pas sa phrase, réalisant qu'il était probablement en train de l'insulter.

Ginny lui sourit sincèrement. « Harry, je suis heureuse pour toi. Je pense que c'est formidable que tu aies trouvé la personne faite pour toi. Si tu veux être incroyablement romantique, et sentimental, me faire part de ton bonheur merveilleux et me raconter tous les détails, alors vas-y, » dit-elle d'un ton moqueur.

« Je ne suis pas atteint à ce point là, » rétorqua Harry, mais il souriait toujours.

« Je pense que si, » répondit Ginny. « Dis moi comment elle est. Tu me dois bien ça, après ce que tu m'as fait subir. »

« Je pense que tu as l'air d'aller mieux maintenant, » dit Harry d'un ton moqueur, se levant finalement.

« Raconte, » exigea-t-elle, se levant à son tour et allant bloquer la porte.

Sachant qu'il ne pourrait aller nulle part sans lui en avoir dit au moins un peu, Harry s'appuya contre le mur et ferma les yeux, pensant à Draco. « C'est une personne incroyablement sexy, forte, entêtée, qui a de la répartie, un défi quotidien, imaginative, attentionnée, protectrice, possessive, » ajouta-t-il d'un ton sarcastique. « Pour cette personne, la famille est primordiale, c'est quelqu'un qui est doué en potions, incroyable sur un balai, adore les défis, déteste s'ennuyer, embrasse merveilleusement bien, quelqu'un qui est confortable et câlin au lit. »

« Harry, qui est ce ? » demanda Ginny, regardant Harry d'un air fasciné. « Est-ce qu'elle a un frère ? »

Harry fit un signe négatif de la tête en réponse aux deux questions, le sourire aux lèvres. « Je ne peux rien te dire, Ginny, » dit-il, d'un ton désolé. « On est en plein milieu de cette guerre, et ce n'est pas prudent d'en parler à qui que ce soit. Tu ne peux même pas dire à Ron et Hermione que je suis avec quelqu'un. »

« Toute personne avec toi devient une cible et Ron et Hermione se contenteraient de te harceler jusqu'à ce que tu atterrisses à Sainte Mangouste, » dit Ginny.

« Quelque chose du genre, » acquiesça Harry. « Et Ron et Hermione ont déjà assez de choses à me reprocher comme ça. Ils ne vont pas apprécier que j'aie attendu qu'ils aient le dos tourné pour t'emmener là bas aujourd'hui. Ils ne voulaient même pas que je t'en parle. Mais je devrai sans doute leur dire que je t'ai emmenée, » la prévint-il.

« Ils ne sont pas mes gardiens, » rétorqua Ginny, « et je vais bien. »

« Alors, est ce qu'on peut sortir de la salle de bains maintenant ? » demanda-t-il soudain.

Ginny montra ses mains, qui tremblaient toujours visiblement. « Je vais mieux, Harry, mais je ne pense pas avoir eu assez de détails pour supprimer les tremblements, » dit-elle.

Harry éclata de rire. « Tant pis. Des vêtements chauds et une tasse de thé ou de chocolat bien chaud devraient te faire du bien, » dit-il.

Elle acquiesça de la tête et se tourna pour finalement ouvrir la porte.

Fred et George s'avancèrent nerveusement alors qu'ils sortaient de la salle de bains, les regardant tous les deux d'un air inquiet.

« Est ce que vous allez bien tous les deux ? » demanda Fred.

« On va bien, » dit calmement Ginny. « J'étais un peu choquée, c'est tout. »

« Traîner avec Harry a souvent ce genre d'effet sur les gens, » plaisanta George, d'une voix soulagée.

« Merci, » dit Harry d'un ton sarcastique. « Est ce que vous avez des vêtements pour nous ? »

« Ah, oui, les affaires de Ginny sont dans la chambre, » répondit Fred. « Mais j'ai peur que tu ne soies encore obligé de porter mes vêtements. »

« Encore ? » demanda Ginny d'un ton curieux, s'arrêtant alors qu'elle se dirigeait vers la chambre.

« J'ai dû emprunter les vêtements de Fred une fois, » dit Harry d'un ton nonchalant, acceptant le tas de vêtements. Il avait depuis longtemps abandonné toute prétention au sujet de sa tenue, et ne faisait plus vraiment attention à ce qu'il portait. Il réalisa qu'il y avait là une espèce d'ironie : lui, la personne la moins à la mode de Poudlard, sortait avec la personne la plus à la mode de l'école.

Il haussa les épaules face au regard suspicieux de Ginny et se retourna pour aller dans la salle de bains s'habiller. Il avait à peine fermé la porte qu'il fut plaqué contre le mur, et Draco apparut, l'embrassant possessivement, avant même qu'il n'ait eu le temps de réaliser ce qu'il se passait.

Il répondit automatiquement au toucher de Draco, ne se posant aucune question sur son apparition soudaine. Il gémit dans sa bouche, ses mains agrippant les épaules invisibles de Draco, s'accrochant à lui. Sentant son excitation contre son abdomen, il se haussa sur la pointe des pieds, essayant de les rapprocher.

Il fut surpris quand sa serviette fut soudainement arrachée, mais grogna quand Draco le toucha. Harry avait l'impression de se noyer dans cette vague de plaisir. Draco n'avait pas encore libéré sa bouche, sa langue explorant tous les recoins, le marquant comme sien.

Harry promena des doigts fébriles sur les attaches de la cape, voulant sentir Draco. Il n'arrivait pas à se concentrer, distrait par les mains de Draco qui le caressaient.

Il réussit finalement à défaire les attaches de la cape, et l'ôta des épaules de Draco. Il ignora sa chemise, s'attaquant directement au pantalon. La bouche de Draco s'éloigna de lui alors que sa main trouvait son sexe, le pantalon déjà défait.

« Oh, mon Dieu, Draco, » gémit Harry, alors qu'il caressait l'érection de Draco.

Il reçut un grognement en réponse, avant que Draco n'attaque son cou, mordillant et suçant avidement.

« Draco, je ne peux... Oh mon Dieu... Oui... Oui, Draco, » gémit Harry. Il se cambrait contre la main de Draco, alors qu'il tentait de garder le même rythme que Draco contre lui. Il ne pourrait pas tenir beaucoup plus longtemps.

Ce n'était pas juste l'acte en lui-même. C'était la soudaineté. C'était l'attitude intense de Draco. C'était le caractère possessif de Draco, sa façon de marquer que Harry lui appartenait. Harry avait besoin d'être revendiqué autant qu'il souhaitait marquer Draco comme lui appartenant. Mais il n'y avait pas le temps pour ça. Il allait jouir, bientôt. Maintenant.

L'assaut de Draco sur le cou de Harry ne s'arrêta pas alors que celui ci jouissait. Harry réussit à réunir quelques pensées, et changea de main pour masturber Draco, se servant de sa jouissance pour lubrifiant. Draco chancela, appuyant son front contre l'épaule de Harry alors qu'il jouissait à son tour, contre le ventre de Harry.

Ils restèrent ainsi une minute, mais finalement Draco leva la tête et regarda Harry. « Tu es à moi, » dit-il d'un ton convaincu.

« Oui, » acquiesça Harry. « A toi. Seulement à toi. »

Draco, satisfait, hocha la tête avant de reculer. Harry le regarda se nettoyer et réajuster ses vêtements.

« Harry ? »

Harry cligna des yeux, réalisant qu'il n'avait pas bougé. Son cerveau se remit finalement à fonctionner, et ses yeux s'écarquillèrent. « Tu étais ici tout du long, » dit-il.

« Oui, » dit Draco. « Tu pensais que j'allais te laisser ici tout seul avec Weaselette? »

« Ne l'appelle pas comme ça, » dit Harry automatiquement, mais ses mots n'avaient pas grande conviction alors qu'il essayait de comprendre tout ce qui s'était passé.

« Estime toi heureux que je ne l'ai pas maudite jusqu'à la quinzième génération, » dit Draco. « Elle n'est pas censée prendre de douche avec mon petit ami. »

Harry le regarda nerveusement. « Il ne s'est rien passé, Draco, » dit-il.

« Je le sais, crétin, » rétorqua Draco. « Si il s'était passé quelque chose, tu aurais déjà été maudit toi-même. »

« A cause de moi, elle s'est retrouvé dans un sale état, » dit calmement Harry. « Il fallait juste que je m'assure qu'elle allait bien. Je ne voulais pas me doucher avec elle, mais elle n'aurait pas voulu que Fred et George l'aident comme ça. »

Draco se rapprocha de Harry, entoura doucement son visage de ses mains et le regarda d'un air inquiet. « Je l'ai vue. J'ai vu à quel point elle était mal, » admit-il. « Qu'est ce qu'il s'est passé, Harry? Est ce que tu vas bien ? »

« Je vais bien, » dit Harry en haussant les épaules. « C'était juste une autre de ces tâches déplaisantes dont je dois m'occuper. »

Il s'illumina, embrassant Draco rapidement avant de s'éloigner pour se nettoyer et s'habiller tout en parlant. « En fait, je suis content, » dit il. « J'ai progressé aujourd'hui. »

Il continua à marmonner pour lui même alors qu'il s'appuyait. « Je suis sûr que c'est Serdaigle, ce qui couvre tout sauf Gryffondor. Il n'y en a plus qu'un, qui est Poufsouffle. »

Il s'arrêta un moment alors qu'il enfilait une robe. « Godric Gryffondor, » dit-il. Ses yeux s'écarquillèrent. « Oh Merlin, » souffla-t-il. « Est ce que j'avais raison ? »

Il enfila ses vêtements impatiemment, sans remarquer l'expression inquiète sur le visage de Draco. « Je voulais y aller, » dit-il, en colère après lui-même. « Mais je pensais que c'était simplement moi qui étais sentimental ou quelque chose du genre. Certainement que Dumbledore avait déjà recherché. Mais ça doit être là. Ça relie les deux dernières maisons ensemble. »

Il s'arrêta de nouveau. « Mais comment est ce que Voldemort l'aurait fait ? Dumbledore s'en serait sans doute rendu compte. Je sais que la maison a été détruite, mais je ne sais même pas si il reste encore quoi que ce soit, » dit il amèrement.

« Harry! » s'écria Draco. « De quoi est ce que tu parles ? »

Harry cligna des yeux, réalisant qu'il n'aurait pas dû dire tout ça à voix haute.

« Tu vas encore partir, n'est ce pas ? » demanda Draco, le regardant attentivement.

« Non, pas ce soir, » dit Harry, les épaules tombantes. Il soupira. « Je suppose qu'il vaudrait mieux y aller pendant la journée. » Il se détourna, ne voulant pas parler de ses parents avec Draco.

Ses yeux tombèrent sur sa réflection dans le miroir. « Bordel de merde! » s'exclama-t-il à voix basse, ses doigts caressant l'immense suçon dans son cou.

Draco éclata de rire, entourant Harry de ses bras et posant son menton sur l'épaule de Harry. Ce dernier rencontra son regard amusé dans le miroir. « Tu es fier de toi, n'est ce pas ? »

« Evidemment, » dit Draco d'une voix traînante.

Harry sourit légèrement. « Comment est ce que je suis censé cacher ça ? » demanda-t-il.

Draco grimaça à l'idée de cacher le suçon, mais répondit néanmoins. « Lance un sort de glamour de faible intensité dessus, » dit-il, levant sa baguette et lançant le sort.

Harry fronça les sourcils alors que la marque disparaissait. Passant de nouveau ses doigts dessus, il pouvait toujours la sentir, et il retrouva son sourire.

Draco lui sourit en retour, heureux de la réaction de Harry. Il passa ses doigts à travers les cheveux du brun, essayant de les dompter, au moins un peu, pendant que Harry boutonnait ses vêtements.

« Je suis resté ici tellement longtemps, ils vont probablement pensé que je me suis noyé, » marmonna Harry.

« La paire identique sait que je suis ici avec toi, » dit Draco d'un ton nonchalant.

Harry fut tout d'abord surpris, puis réalisa qu'il aurait sans doute dû s'en douter. Il regarda Draco curieusement. « Alors, tu as décidé de traîner avec Fred et George pendant que j'étais parti ? » demanda-t-il.

Draco grimaça. « Je savais que tu reviendrais ici en premier, » dit-il, sur la défensive, ramassant la cape qui était sur le sol et l'enroulant autour de lui.

Harry se contenta de hocher la tête sans insister. Il savait que Draco s'était inquiété pour lui. Draco s'inquiétait pour lui chaque fois qu'il disparaissait quelque part.

« En plus, » ajouta Draco, « on a travaillé pour ajouter d'autres sorts sur la cape, pour faire en sorte qu'elle masque aussi les odeurs. »

« Oh, » dit Harry, essayant de se faire à l'idée de Draco travaillant de son plein gré avec Fred et George. Mais c'était une bonne idée. « Est ce que vous avez trouvé comment faire ? »

« On y travaille encore, et j'aurai besoin que Lupin nous aide à la tester, » dit Draco. « Mais, oui, je pense qu'on a trouvé une solution. »

Draco mit la capuche, et, secouant la tête, Harry quitta finalement la salle de bains.


Alias64 : merci beaucoup pour ta review, et je suis contente que l'histoire t'ai plu à ce point. Seulement, je voudrai juste préciser que je ne fais que traduire cette histoire, je n'en suis malheureusement pas l'auteur… Mais je suis bien d'accord que cette fic est vraiment super, qu'elle s'améliore à chaque chapitre, et que les relations entre les personnages sont particulièrement bien développée !

Rim999 : je comprends que tu n'aies pas pu t'empêcher d'aller lire la suite en anglais… C'est d'ailleurs pour ça que j'ai mis un lien dans mon profil pour aller lire les fics de Vorabiza ! Qu'est ce que tu as pensé de la suite de la fic ? ça t'a plu ? (je suppose que oui, si tu relis ma traduction…)

Mao : merci pour ta review !

Akira : merci pour ta review !

Adenoide : Hermione aurait préféré que Harry laisse Ginny en dehors de tout ça parce qu'elle n'était pas sûre que Ginny supporterait de se retrouver dans la Chambre des Secrets (d'ailleurs, en lisant ce chapitre, tu as pu voir qu'elle n'avait pas tout à fait tort…)