Coucou! Hi! Ola! Namaste! Sa salam Alaykom! God dag! Ay! Yambo! Azul! Aloha! Fè! Ni hao!

Comment allez-vous les z'amis? Moi plutôt bien... apparemment le dernier chapitre vous a plu et vous m'en voyez absolument comblée!:) pourvu que ça dure! ;)

Krassnaia: merci ma bellotte! Merci pour tout! Tu es merveilleuse et je suis très touchée par tout ce que tu peux penser à propos de cette nébuleuse histoire...et de ta patience à m'écouter blablater durant des heures!

Poly Pops: heureuse qu'une certaine rôdeuse t'ait plu... la beauté exotique au bras de Legolas! ^^ merci pour tes compliments! Tu sais à quel point ils me vont droit au cœur... A demain! ;)

Juliefanfic: tu es adorable ma tite Lady! Tu sais à quel point j'apprécie nos échanges... un petit éclair de soleil dans la pénombre!:) heureuse que les jumeaux te plaisent... on les revoit ici et encore pendant quelques temps je pense... au vu de vos retours!

Mane-Jei: encore merci pour ta review ! Elle a illuminé une journée bien morose en me faisant bien rire! Que d'imagination... je vais peut-être suivre ton idée et créer le 1er colloque des jumeaux sur Arda! Comme je te l'ai dit par MP, un petit clin d'oeil t'ait dédié... à toi de le trouver ! mais attention il est tout pitit pitit...:)

Mathy: ma tomate !;) qu'est ce que j'ai pu rire! Klaùs est tout à toi ma tomatocollègue! La Wallen le plus insaisissable de tous et je dois avouer avec grand plasir qu'il rencontre un certain succès...:) lui comme moi sommes charmésJe te l'échange contre Bombur! Heureuse que ce chapitre t'ait plu et d'ailleurs j'ai aussi glissé un ptit clin d'oeil à ton attention suite à ta review! À toi de le trouver !

Virginie : ma belle, merci de me suivre comme cela, tu es trop mimi !:) et merci pour tes jolies illustrations! Elles sont magnifiques! XD

Anonyme : Monsieur ou Madame, bien le bonjour et merci pour votre avis !

Sandra : que dire d'un tel commentaire mis à part un grand merci qui paraît bien fade !... Toi qui a enfreint ta propre ligne de conduite... Merci pour cette fine analyse où je peux dire que je retrouve absolument chacun de mes persos ainsi que pour tous ces merveilleux et incroyables compliments ! je pense à celle de Finnàm par exemple qui m'a touché... Tout son caractère est ainsi décrit ! je ne sais pas si j'en mérite autant quand même... ^^ Diabolo en encore sous le choc que lui a procuré Satanas... tu es totalement folle mais on s'y retrouve si bien ! heureuse de t'avoir à mes côtés...:)

Relectrice : Toutouille que je remercie pour son temps précieux ainsi que pour celui qu'elle prend afin de mettre de jolies reviews en plus de ses relectures... Merci, tu es adorable ! Avoir ton point de vue est un réel réconfort avant le post tellement j'appréhende...

Merci à tous les autres ainsi qu'à ceux qui lisent par le blog, je pense particulièrement à Marie Noëlle... gros bisous à vous tous qui, je peux le voir, êtes nombreux ! merciiiiii !

Bonne lecture ! J'espère que cette suite ne vous décevra pas...:)

Chapitre 24,

Klaùs, Finnàm, Fingall et Fillan.

Le Dragon,

Le Wallen se réveilla en sursaut, encore hébété de sa très courte nuit. Il aurait juré avoir entendu un bruit. Mais qui aurait pu dire dans cette imposante montagne? Encore embrumé par les vapeurs d'alcool qui suintaient par tous les pores de sa peau, il s'assit difficilement en regardant tout autour de lui. Bon, de toute évidence, il n'était pas arrivé à rejoindre sa chambre. Il grimaça. L'impression qu'un pivert lui picorait le cerveau tandis qu'une colonie de minuscules araignées lui grignotait l'estomac.

Vaincre le mal par le mal, le seul enseignement qu'il avait retenu de son père et de sa longue expérience en matière d'éducation parentale... Avisant une carafe encore pleine, il s'en saisit et la vida d'une traite avant d'essuyer sa bouche rougie d'un revers de la main.

Voilà bien longtemps qu'il ne s'était autant amusé! Ces derniers mois avaient été difficiles à tous points de vue. Les complots contre Ilyrià, les elfes, le départ d 'Anaïsa, Finnàm qui déraillait, être le seul dépositaire du secret de sa cousine, les elfes encore et toujours. Il s'était senti usé et las... lui qui était en dehors des affres du monde s'était retrouvé plongé dedans. Plus les années passaient et plus il s'était réfugié dans une solitude salvatrice ne gardant qu'un œil distrait sur les affaires de son adorable peste. Même s'ils s'étaient éloignés, il avait toujours eu à cœur de prendre soin d'elle. Tout le monde le croyait insensible et distant mais la réalité était autre. Il se préoccupait d'au moins deux personnes, sa cousine et son Ceanar. Les autres...

Et bien il était vrai que leur devenir n'était pas quelque chose de vital pour lui. Il était ainsi fait. Le reptile en lui faisait qu'il était épris de liberté en étant un soldat... qu'il aimait son entourage mais n'aspirait qu'à la solitude... Il aimait la nature sauvage tout en en sachant apprécier à leur juste valeur les beautés étincelantes que pouvaient receler cette montagne ou bien encore la maison du roi, à Mirkwood. Ce Wallen là était un animal bouillant au sang froid. Telle était la dualité du Dragon.

Des ronflements sonores qui tenaient plus de grondements féroces le sortirent de sa rêverie et il sourit. Les jumeaux. Quand il les avait découvert dans les appartements de sa cousine, un énorme éclat de rire l'avait secoué. Son oncle était décidément un filouteur de première. Il avait réussi à faire croire au roi nain qu'il ne voyait aucune objection à la démonstration de sa fille tout en lui envoyant deux de ses pires calamités. Avec une joie mauvaise, il les avait regardé troubler gentiment le début de soirée avant de mettre tout leur savoir-faire au service de cette destruction programmée. Comme tous les Wallens, ils avaient une capacité à ingurgiter de grandes quantités d'alcool sans en ressentir les effets inhérents. Or là, Fillan et Fingall s'étaient surpassés! Tout en démontrant leur talent comme lors du maniement des lames pendant la danse d'Ilyrià... avant de se trouver d'autres occupations nocturnes...

Le Wallen se cala le dos contre le dossier de la banquette sur laquelle il avait lamentablement échoué et extirpa un cigarillo esquinté de sa poche de pantalon. Alcool, tabac et sexe... un excellent résumé de sa nuit de débauche... Après le départ du roi elfe et de sa cousine, il avait préféré s'enivrer plutôt que de penser aux conséquences lourdes de leurs actes. Car il était un dragonnet certes mais fort avisé... Il ne doutait pas un instant de ce qui était en train de se tramer entre ces deux-là. Il les avait pourtant prévenus encore et encore. Cependant, cela n'avait servi absolument à rien. Thranduil comme Ilyrià étaient irrémédiablement attirés l'un vers l'autre... à un tel point que cela ne lui paraissait pas naturel.

Bon. Il n'était pas du tout porté sur les choses de l'amour mais quand même... Quelque chose ou quelqu'un se jouait d'eux à un niveau qu'il ne saisissait pas, du moins pour le moment. Sinon comment expliquer qu'un être plusieurs fois millénaires n'arriva pas à voir au-delà de la croupe, certes voluptueuse, de sa si jeune cousine, Walllen qui plus est? Ilyrià, elle, et bien elle était aussi fougueuse que naïve même si elle était persuadée du contraire. Oui, la damoiselle qu'était sa co-ogha était une Wallen pur jus qui n'avait pas sa langue dans sa poche, mais peut être dans une oreille pointue à l'heure qu'il était songea-t-il horrifié... mais elle aussi était si ignorante dans tout ce qui concernait ce fatras qu'étaient les sentiments amoureux.

Cela dit, lui même était mal placé pour en juger. Hormis l'affection portée à Ily, il n'avait jamais ressenti ce genre de choses qui pour lui s'apparentait plus à une affliction. L'indifférence, voire le désamour, que lui avait porté son père l'avait rendu, si ce n'était insensible, au moins d'un extrême recul. Le jeune homme s'était construit seul au détour des rares interventions paternelles. Son oncle, le roi, avait bien tenté quelques approches mais lui ne l'avait pas encouragé, le repoussant doucement mais sûrement. La carapace qu'il s'était ainsi forgée l'avait rendu relativement imperméable aux autres. L'unique plaisir qu'il avait toujours retiré de ces interactions avec les autres n'était que charnel, la soumission à des sens qu'il avait de très exacerbés... femmes, hommes... peu lui importait. Quand il voyait quelqu'un qui lui plaisait, il le prenait. C'était un Wallen et, en tant que tel, il était à l'écoute de la moindre de ses envies. Peut-être était-il même l'un des plus libérés qui fut au sein de la cité... tout comme son paternel. Ils n'avaient aucune limite, ne s'imposaient rien, absolument rien. La seule personne qui ait réussi à le dominer était son chef, Finnàm. Le respect, l'admiration qu'il éprouvait à son égard était même teinté de quelque chose de plus fort encore. Ils se connaissaient depuis toujours. Le loup avait pris, dès leur plus jeune âge, le dragon dans sa meute et en avait fait son lieutenant, son bêta en dépit de ses pulsions parfois à la limite de l'incontrôlable...

Le cigarillo fini, il l'écrasa entre son pouce et son index, indifférent aux températures. Brûlantes, glaciales, il s'en moquait. C'était exactement la même chose pour lui... Il se passa la langue sur ses lèvres charnues et ne put empêcher un sifflement de passer la barrière de sa gorge. Son côté reptile lui avait toujours permis de sentir avec son appendice lingual. Or, l'air ici était encore saturé des effluves de la nuit. Des émotions toutes plus humaines les unes que les autres se bousculaient encore dans la grande salle. Il les prenait de plein fouet. Il pouvait goûter chaque sentiment qui se répercutait sur sa peau. Ils laissaient tous une empreinte incrustée dans sa chair. Tout ce qu'il percevait là n'était que concupiscence et gourmandise...

Le Wallen lui aussi avait passé cette nuit de bras en bras, accumulant les conquêtes dans son sillage. Quelles qu'elles fussent, peu ou prou en fallait pour les attirer comme une abeille vers un hanap d'hydromel. Cependant, il devait bien avouer que son fiddle l'avait bien aidé dans sa tâche... Rien de tel que jouer les musiciens pour apaiser les mœurs ou les embraser... Tout dépendait du point de vue où l'on se plaçait... Cette pointe de cynisme le fit sourire.

Il sentait déjà ses écailles faciales onduler faiblement comme preuve du réveil de son désir. Un soupir s'exhala de sa dernière compagne. Une Harradrim au teint hâlé et aux yeux aussi noirs que les abîmes qui s'était montrée extrêmement joueuse. A demi dénudée, elle reposait sur un des sofas d'alcôves, dissimulée sous la tunique du Wallen. Avec le sourire d'un chat devant sa proie encore inconsciente du sort qui l'attend, il repoussa lentement la chemise du bout de son index. Il voulait profiter pleinement du spectacle... L'air frais émoustilla l'épiderme de la jeune femme. Elle ouvrit grand les yeux. Le regard langoureux qu'elle lui retourna finit de le décider.

Oui, il aurait tout le temps de réfléchir plus tard. Pour le moment, le décorum improbablement grandiloquent du lieu lui donnait le tournis. Des idées plus délirantes les unes que jamais tournoyaient dans son esprit.

Il se redressa et se dévêtit rapidement avant de posséder d'un violent coup de reins sa partenaire d'une nuit.

Klaùs n'était plus d' humeur badine. Il avait seulement envie de conquérir. Et il en avait tout le temps.

O0o0o0o0o0

Le loup,

Finnàm ne se lassait pas d'observer l'elfine endormie à ses côtés. Même dans les bras d'Irmo, elle restait divinement belle, un régal pour tous les yeux qui avaient le bonheur de se poser sur elle. La peau laiteuse de son épaule, la rondeur de sa poitrine... chaque détail le faisait saliver d'envie. Il étouffa un grondement qui remontait dans sa gorge. Son loup était d'accord avec lui...à tel point qu'il le sommait d'écarterles cuisses de l'elleth pour s'y perdre, profiter pleinement de tout ce qu'elle avait à lui offrir. Elle était à lui, à eux... Non! Elle avait besoin de repos et il ne voulait pas être celui qui l'en priverait.

Le Ceanar se leva aussi nu que le jour de sa venue au monde et alla se plonger dans l'eau du bain préparé la veille et qu'il n'avait pas pris le temps de prendre. La morsure du froid lui hérissa la peau mais c'était plutôt salutaire. La nuit, sans être une débauche à la hauteur de Klaùs ou pire des oursons, avait été aussi courte qu'intense. Il était ainsi passé par une foule de sentiments aussi violents les uns que les autres.

S'il avait pu, Finnàm aurait étranglé le roi nain de ses propres mains après que ses griffes eurent écorché chaque millimètre de sa peau ridée. Voir sa princesse s'exhiber devant tous ces hommes avait été un vrai supplice et si Elëa n'avait pas été là... nul doute que Thror pendrait désormais au lustre par ses entrailles.

La réaction du seigneur sylvestre le contrariait aussi. La colère qui avait contracté son visage au demeurant toujours si impassible lui posait un réel problème. Et si le retour de bâton s'annonçait terrible pour son amie? Il n'était pas certain de pouvoir le supporter... Lui, le si fier Commandant de la Garde et Second du roi Wallen impassible devant la mort, tremblait comme une jouvencelle. Les maudits cauchemars qui l'assaillaient depuis quelques nuits le hantaient et le rendaient nerveux. Il n'avait pas encore eu le loisir d'avoir une franche conversation avec Ilyrià et, honnêtement, le soldat redoutait cet instant. Que dire? Qu'il dormait mal et que cela jouait sur ses nerfs? Pour qui donc passerait-il, lui qui était connu pour son flegme comme son courage?!

Le Wallen plongea la tête dans l'eau, les yeux grand ouverts. Il pouvait voir sa longue tresse louvoyer à la surface... Elle serpentait comme les idées qui lui passaient par la tête depuis quelques temps déjà... Il ne l'avait encore dit à personne mais le Wallen avait pris une grande décision, de celle qui changeait toute une vie voire même deux.

Encore six mois. Six mois à rester au service d'Ilyrià, à la suivre comme son ombre en attendant son mariage avec le prince elfe et il partirait. Il rendrait sa claymore au roi en espérant que celui ci ne voit pas rouge. Après tout, Ilyrià ne serait pas si mal dans ces cavernes que lui même avait appris à apprécier. Comme quoi tout changeait... les à priori s'étaient mués en un respect teinté d'admiration au fil des mois. Le prince comme le roi étaient des ellons pour qui le mot honneur avait le même sens que lui. Ils ne seraient jamais amis, trop différents pour cela, mais il savait qu'il pouvait placer en eux toute sa confiance quant à la sécurité de la jeune femme. Ils ne lui feraient jamais défaut. Legolas l'aimait sans aucun doute possible. Quant à Thranduil... Honnêtement, il avait énormément de mal à décrypter les émotions du souverain envers sa protégée. Toutefois, il restait persuadé que le seigneur ferait ce qu'il fallait pour préserver sa princesse quoi qu'il lui en coûte. Après tout, ne l'avait-il pas démontré lorsque Finnàm avait abattu Lomion sans rien lui demander? Il n'avait pas cherché à protéger l'un des siens, au contraire. De plus, les tensions entre le roi et la Wallen s'étaient grandement atténuées. A défaut d'être cordiaux, ils semblaient s'entendre sur une espèce de pacte de non-agression, un statut-quo qui leur convenait. Au moins ne s'écharpaient-ils pas pendant ce temps-là...

Quant à lui... ces derniers mois l'avaient changé au delà de ce qu'il avait cru possible. C'était un soldat. Le goût du sang comme celui des lames s'entrechoquant resteraient à jamais ancrés dans son âme et sur son corps ainsi qu'en témoignaient les nombreuses cicatrices disséminées ça et là. Mais... d'autres envies lui tordaient les tripes... Les rouages politiques, les manipulations et les divers complots l'épuisaient. L'excitation de la chasse n'était plus la même. Il avait perdu quelque chose... Peut-être était-ce dû au fait qu'il ne suivait plus aussi aveuglément les ordres qu'il avait reçu de son roi. Jamais il n'avait failli. Jamais il n'avait contrevenu un ordre jusqu'à cette nuit-là avec sa soeur. Ça, il n'avait tout simplement pas pu s'y résoudre. Elle était absolument tout son univers. Il n'avait pas pu lui ôter la vie... ça aurait été un non sens pour lui qui avait été jusqu'à tuer leur propre mère victime de sa folie lupine pour protéger sa cadette...

Soudain, le fil de ses pensées fut interrompu par une ombre auréolée de lumière au-dessus du tub. Un teint de porcelaine, de grands yeux bleus inquiets et d'une douceur sans commune mesure, le soleil en guise de cheveux... Elëa se tenait là à le regarder intensément. Finnàm sortit la tête de l'eau en l'aspergeant.

- Tu ne peux donc rien faire dans le calme, mellon? rit-elle.

- Bien sûr que je le peux! Pour qui me prends-tu, mo ruin? Klaùs?

L'elleth lui sourit, illuminant la pièce. Le cœur du loup eut plusieurs ratés devant la beauté mais aussi l'amour qu'elle lui renvoyait. Elle ne lui avait jamais avoué ses sentiments, estimant qu'un homme tel que lui ne pouvait ressentir quoique ce soit de cet ordre. Et à bien y réfléchir, elle avait certainement eu raison... jusqu'ici. Pendant un temps, Elëa n'avait été qu'une aimable distraction dans le paysage horriblement terne des cavernes de la Forêt de Grand'Peur. Cependant, la douceur, la patience de l'elfine l'avaient apprivoisé tout comme son ardeur dans un domaine qui n'était pas pour lui déplaire.. Jamais il n'aurait pensé les elfes aussi fougueux et demandeurs que les humains! Encore un préjugé qui faisait tomber ses barrières... Bien sûr, lui n'était pas immortel même si sa durée de vie était étonnamment longue à l'instar des Dunedains, voire plus encore. Le Wallen finirait par vieillir et mourir comme tout à chacun... Mais il se sentait l'âme égoïste et n'avait pas peur de se l'avouer. Il désirait une vie à lui avec une personne à ses côtés qui tiendrait à lui en tant qu'homme et non soldat. Il voulait sa propre meute et pourquoi pas quelques louveteaux. Était-ce même seulement possible? Il ne le savait pas mais était prêt à le découvrir. Seul l'avenir le lui dirait mais encore fallait-il qu'il s'en donne les moyens...

Avec un rictus mutin, il l'attrapa et l'entraîna dans la baignoire avec lui. L'elfe glapit en se lamentant sur sa robe désormais bonne pour les ordures. Cependant, la lueur amusée dansant au fond de ses prunelles lui chantonnait une toute autre ritournelle.

- Je te préfère nue mo ruin, murmura-t-il en lui mordillant le lobe de l'oreille.

Il captura son menton d'une main tandis que l'autre fourrageait sous le tissu trempé qui collait à la peau d'albâtre. Il remonta jusqu'à son corsage qu'il déchira impitoyablement. Malgré ses protestations, le Wallen n'avait qu'une seule idée, un unique objectif... celui de se perdre en elle, jouir de sa douceur et de son amour.

Finnàm soupira une dernière fois contre la peau d'Elëa. Encore quelques mois et il serait libre de commencer cette nouvelle vie loin des turpitudes et de la mort. Mais là tout de suite, il ne voulait plus penser. Il avait tout le temps.

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Les ours,

Fingall se réveilla, tiraillé par la faim. Son estomac grondait furieusement. Ses jambes le titillaient sans relâche. Il avait envie de courir, de se battre... de faire quelque chose, n'importe quoi. Le Wallen se retourna pour se caler sur son autre flanc et profiter encore quelques instants de la chaleur dégagée par leur dernière conquête. Ses yeux croisèrent ceux de son frère, couché de l'autre côté de la jeune femme en question. Fillan posa un doigt sur ses lèvres avec un clin d'œil. Hors de question de la déranger et de perdre surtout du temps en conjectures et autres discussions stériles. Avec un mouvement parfaitement synchronisé comme ils en avaient toujours eu l'habitude et qui les caractérisait, les deux hommes roulèrent sur eux même pour s'écarter. Ils se levèrent d'une pirouette. Les Wallens étaient encore dans une des alcôves de la salle où s'était déroulée le banquet. Nus, ils firent quelques pas et regardèrent d'un œil satisfait autour d'eux. Tout était sans dessus dessous... Les tables avaient été renversées, les décorations arrachées et bien d'autres méfaits encore...

- Mo brathair, un typhon s'est-il écrasé contre a beinn (la montagne)? Ce serait une grande première... lâcha Fillan aussi innocemment que l'eut fait un nouveau-né.

Fingall se mit à rire grassement. Il tordit ses longs cheveux roux et les noua avec une de ses propres mèches. Quelque chose de poisseux était incrusté sur la peau fine de son cou. Poisseux et douloureux au toucher... Il passa de nouveau sa main sur sa chair et regarda. Du sang coagulé lui tâchait les doigts. Il soupira et leva les yeux au ciel. Quand arrêteraient-ils donc tous les deux de se blesser?

Leur mutation oursonne était horriblement difficile pour les frères. Leur côté animal était imprévisible et d'une force inouïe y compris sous leur aspect purement humain. La bestialité qui leur était inhérente leur collait à la peau et il ne leur était pas rare de se blesser. Il n'y avait d'ailleurs qu'à les regarder. Leurs corps musculeux étaient couturés de cicatrices plus ou moins longues, larges ou bien épaisses... Leurs peaux n'étaient que des patchworks de balafres, tatouages et autres tâches de rousseur. Ils étaient d'ailleurs persuadés qu'ils mourraient un jour de leurs propres mains et se montraient d'un fatalisme abhérant à ce sujet.

- Acras... grogna Fillan. (faim...)

- Tu as toujours faim, ricana son frère.

- Nous avons toujours les crocs, brathair!

Fillan avisa la table royale où des plateaux de nourriture avaient été abandonnés. Il faut dire que le banquet avait été légèrement écourté devant l'ébriété de plusieurs de ses convives... Les jumeaux avaient la fâcheuse habitude de pousser au crime leurs comparses et là, ils s'en étaient donnés à coeur joie. Nains, Rohirrims, Gondoriens... tous auraient pu rouler par terre.

Le Wallen courut en multipliant pirouettes et sauts plus que périlleux. Il atterrit à même la table sans ciller. Il attrapa les mets présents et les enfourna consciencieusement dans sa bouche encore sanguinolente des coups de crocs qu'il n'avait pu s'empêcher de se donner pendant la nuit. Le jeune homme s'allongea ensuite pour observer son frère le rejoindre en sautant de table en table. Ce dernier s'assit ensuite sur les talons et regarda le désordre régnant avec un sourire torve.

- A raoir (la nuit dernière)... màth dhà riribh! (excellent!) Méfaits accomplis! Am faigh mi sin cèic? (puis-je avoir un gâteau?)... Avant que tu ne te sois empiffré de tout ce que traîne!... A monadh (les landes) me manquent déjà... gronda-t-il en regardant autour de lui avec une moue dégoûtée. Comment peut-on vivre ainsi enfermé sous terre? C'est un non sens à la vie...

- Tha fois agam (je sais), répondit son jumeau.

- Cha, brathair. A ceanar est avec son elfine... Dias! (par les dieux!) Quelle idée! Elle est bien trop grande...

- Bien trop maigre... continua Fillan en plissant son nez cassé.

- ... il n'y a rien à attraper ni à pétrir, se désola en Fingall. Il mima un geste particulièrement obscène qui fit rire son frère.

- Ces mois passés chez les elfes lui ont retourné l'esprit! approuva l'autre. Où est Klaùs?

- Ecoute et tu le sauras... souffla le Wallen aux cheveux longs.

Des gémissements étouffés leur parvinrent. Fingall fit un clin d'œil à son double.

- Am'b'e? ( c'est lui?)

- Possible...

- Par Erù! Ils sont tous devenus fous! Quelques mois hors de la cité et nous les retrouvons sans plus aucun sens commun!

- ... et si c'est nous qui le remarquons... cela craint brathair... dit négligemment Fingall. As-tu vu notre princesse? Dans quel état nous est-elle apparue, chamboulée par tous ces aelficas qui lui tournent autour... Galla! Je ne les reconnais plus et cela me procure grands désagréments je dois bien l'avouer... Qu'est-ce que tout ce larmoiement?! Nous devons y remédier mon frère!

- Certes, certes... nous y mettrons bon ordre... Par les Valar! s'écria Fillan en se levant. -debout sur la table, il mit un coup de pied frustré dans un vase débordant de fleurs délicates- Je m'ennuis dans cette a beinn!

- Une partie de chasse est organisée latha math (cet après-midi)...

- C'est beaucoup trop loin, se plaignit le Wallen. Ces quelques heures de sommeil m'ont revigoré comme cette charmante donzelle! Je veux bouger, moi! J'ai faim! J'ai soif!

- Sortons, proposa Fingall, en attendant que tous daignent se joindre à nous...

- Et puis ce n'est pas le besoin de préparer un quelconque matériel pour cette chasse qui nous retient...

- Cha en effet, fit Fingall les yeux étincelants.

Il laissa ses griffes monstrueusement grosses s'allonger tout comme ses crocs avec un air carnassier à souhait.

- Ce n'est pas comme si on avait besoin d'un petit arc de fillette... grogna-t-il en lacérant la table qu'ils venaient de quitter et qui s'effondra sur elle-même avec un craquement sinistre.

D'un commun accord sans avoir échangé un seul regard, ils se mirent à courir comme des dératés en slalomant entre les chaises renversées. Malgré leurs manières grossières et leurs corps massifs, ils étaient l'un comme l'autre incroyablement gracieux et rapides. Quiconque les aurait vu dévaler les différents escaliers aurait pu jurer que les jumeaux survolaient le sol. Ils terminèrent leur course effrénée dans les jardins en se jetant une nouvelle fois dans la fontaine. Au moins là se sentaient-ils chez eux. L'air gelé du matin comme la morsure de l'eau glacée leur donnaient l'impression d'être de retour dans un des fjords de leur cité. Ils avaient tout le temps devant eux.

O0o0o0o0o0o0o0o0o

Ilyrià,

La jeune femme ouvrit les yeux en sentant la place vide et froide à ses côtés. Un court instant, elle se dit qu'elle avait dû halluciner, que l'elfe qui régnait sans partage sur elle n'avait jamais partagé sa couche et ne l'avait pas faîte sienne mais la réalité la rattrapa rapidement. Son odeur si caractéristique avait tout imprégné, absolument tout de ses draps à sa propre chair. Elle se prélassa encore quelques minutes savourant les effluves boisées encore présentes avant de se décider à se lever. Elle regrettait qu'il ne l'ait pas prévenue de son départ mais à bien y réfléchir, c'était certainement mieux ainsi. Elle aurait probablement été tentée de le retenir près d'elle alors que la situation était plus trop nébuleuse. Repenser ses activités nocturnes fit remonter une bouffée de désir intense qui lui mordit les reins et un délicat pourpre lui enflamma les joues.

Qu'allait-elle faire maintenant? Qu'allaient-ils donc faire?

Thranduil avait été d'une clarté sans équivoque. Pour l'ellon, les choses avaient évolué dans le sens où tous les deux ne pouvaient se cacher derrière une erreur imputable à une quelconque catastrophe. Si la première fois qu'ils avaient fauté avait été un réflexe quasi animal, une échappatoire physiologique pour oublier la crasse et la lie de ce qu'elle avait subi, cette fois-ci... et bien cette fois-ci était relativement mûrie. Elle comme lui avaient eu tout le temps de s'arrêter et de s'éloigner sagement l'un de l'autre. Or aucun des deux ne l'avait fait. Tout leur avait semblait si naturel... Faire l'amour avait été une évidence, un besoin épidermique de s'appartenir, de s'unir...

Cependant, rien n'était simple. Certes, le souverain s'estimait être le seul détenteur du corps de la Wallen mais elle savait, tout comme lui elle en était certaine, que c'était très loin d'être le cas. Elle avait été promise à quelqu'un d'autre, une personne qu'ils aimaient tous les deux qui plus est. La situation ne pouvait être plus compliquée et délicate. Évidemment, Ilyrià n'aimait pas Legolas de la manière totale et sauvage qu'elle éprouvait à l'égard de Thranduil mais d'un sentiment plus doux et peut-être plus authentique... une relation qui s'était faîte au fil du temps et non ce besoin viscéral d'attirance quasi répulsive qui lui avait embrasé le ventre dès qu'elle avait posé les yeux sur le roi. Le prince était tendre et dur à la fois, doux et cassant si nécessaire et elle ne doutait pas que la vie avec l'elfe serait belle et délicieuse. Cela dit, sa nature emportée la ramenait inexorablement vers celui qui alimentait son tempérament tempétueux avec le sien. Ilyrià plongeait et replongerait toujours dans les affres délectables des sentiments que lui inspirait l'ellon hautain et irascible qu'était le seigneur sylvestre. Il y avait tant de choses à découvrir derrière la façade qu'il s'imposait constamment... Le peu qu'elle avait réussi à entrevoir lui donnait envie de gratter plus en profondeur. Un lien l'unissait à lui et se repousser indéfiniment ne servait à rien.

Cela dit, il ne fallait pas se leurrer, les temps à venir seraient d'une complexité inextricable...

Ses réflexions s'interrompirent lorsqu'elle s'immergea dans l'eau chaude qu'avaient apportée des servantes naines. Des picotements reconnaissables entre tous remontèrent le long de son échine. Les habituels grésillements précédant sa mutation lui firent perdre le fil de ses pensées. Une unique obsession, une seule urgence.

La Wallen cala ses pieds contre le rebord du tub en cuivre et s'abandonna avec soulagement. Les tatouages le long de ses cuisses comme ceux de ses jambes ou de ses flancs se mirent à onduler jusqu'à ce que de vraies écailles vinrent les supplanter. Un gémissement de bien-être s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'elle se cambrait pour se donner plus de place. La nageoire émeraude prenait tellement plus d'importance que ses appendices humaines...

Un raclement de gorge masculin déchira le silence. La Wallen se redressa d'un mouvement brusque, éclaboussant toute la salle d'eau. Tournant la tête, elle découvrit un prince nain trempé de la pointe de ses tresses au bout de ses énormes bottes coquées. Son air penaud et son teint coquelicot la firent éclater de rire avant de se rappeler dans quelle tenue elle même se trouvait. Ilyrià se couvrit la poitrine malgré le fait que les écailles la dissimulaient entièrement. Elle voulait plus préserver la pudeur du nain que la sienne et ne pas rajouter au malaise visible de Thorin.

- Ma Dame, n'avions-nous pas convenu de nous retrouver dans vos appartements pour une collation matinale?

- Et j'avais oublié, caraid! Purement et simplement! s'exclama la sirène en ne cessant de glisser dans la baignoire.

Le nain se pencha en une courbette courtoise.

- Une autre fois alors...

- Cha, prionnsa! Allez donc vous changer, vous allez attraper la mort! Quant à moi, je vais passer quelque chose de plus décent. Retrouvons-nous d'ici une demi-heure, mon ami.

- Ce sera avec grand plaisir, Ilyrià.

La Wallen attendit d'entendre la porte claquer pour sortir de son bain. Elle se dépêcha de se sécher à l'aide d'une serviette dénichée au fond d'une malle. Elle avait totalement oublié cette histoire de déjeuner, la soirée étant drapée d'un magnifique flou artistique... Sans parler de la chasse à laquelle ils avaient été conviés et qui ne l'enchantait le moins du monde. Ilyrià n'avait jamais eu de goût pour cette activité mais bouder l'offre du roi Thror n'était pas, diplomatiquement parlant, quelque chose à faire. Et puis, la jeune femme se refusait de faire défaut au roi elfe même s'il lui répugnait de l'aider à récupérer ses maudites gemmes... qu'elles aient ou non appartenu à sa défunte épouse. La Wallen avait bien des qualités mais la mansuétude et la compréhension n'en faisaient pas vraiment partie... Par contre, la jalousie était un de ses gros défauts! Elle ne le dirait jamais fière qu'elle était mais elle aurait aimé qu'il prenne la décision de les laisser là où elles étaient. Ilyrià était jeune et avait encore la tête formatée d'idées toutes préconçues sur les sentiments. Elle avait certes appris certaines choses et était passée outre plusieurs principes qu'elle avait crû inaliénables en quittant sa cité mais son tempérament fougueux n'était pas prêt de se calmer. Pourquoi donc se souciait-il de ses pierres maintenant? Des centaines et des centaines d'années plus tard? Après tout Legolas lui même aurait préféré les abandonner aux mains des nains que de la voir danser pour le roi sous la montagne! Oui mais les choses étaient ce qu'elles étaient... Thranduil n'avait pas le caractère de son fils et les nuances grisâtres dans lequel il baignait depuis des millénaires lui faisaient voir la vie comme ses aléas différemment.

Ilyrià soupira en enfilant un sarouel brun avant de passer une tunique rouge trop ajustée et non la verte que lui avait préparée Elëa. Ce geste aurait agréer le seigneur des bois mais la Wallen, après ses désagréables réflexions, n'était pas sûr que cela l'agréerait, elle. Cette petite pointe de mesquinerie la fit sourire. Il était si bon de se retrouver! Depuis la veille, elle avait l'impression de sortir la tête de l'eau, de ne plus voir à travers un filtre qui déformait sa vision... et elle adorait ça! A quoi cela était-il dû? Elle n'aurait pu le dire sans aucun doute mais il était si agréable de redevenir soi même! Elle ne voulait pas être une petite souris qui avait peur de son ombre ni encore moins être le jouet de Wallens ou d'elfes qui décident de sa vie à sa place! Était-ce l'arrivée des jumeaux et le souffle frais qui l'avait sorti de sa léthargie? La colère que lui avait inspiré Thror? Ou bien encore le choix qu'elle avait fait cette nuit? La jeune femme ne le savait pas mais par Erù que c'était bon de se retrouver!

Au lieu de se coiffer sagement de tresses jolies certes mais qui lui faisaient l'effet d'un carcan, elle préféra les brosser vite fait et les ébouriffer avec sa main. Le miroir lui renvoya l'image d'une femme libre de ses mouvements. Elle en était merveilleusement satisfaite.

Un coup retentit à la porte. Persuadée qu'il s'agissait de Thorin, la Wallen alla ouvrir en sautillant, un grand sourire aux lèvres. Ilyrià se retrouva alors nez-à-nez avec un prince certes mais pas celui auquel elle s'attendait.

- Legolas, dit-elle avec un sourire beaucoup plus incertain. Comment vas-tu mo caraid?

Il était toujours magnifique mais des cernes grises cerclaient ses beaux yeux azurs. Il était aussi un peu plus pâle qu'à l'ordinaire.

- La nuit a été difficile, wen nîn, soupira l'elfe en lui baisant légèrement la main. Et toi, ma Dame... Comment vas-tu? J'ai voulu venir après le banquet, continua-t-il sans voir le frisson qui secoua la jeune femme... mais il était exagérément tard.

- Tu as bien fait, assura Ilyrià. As-tu profité de la soirée?

- J'aurai souhaité la quitter tout de suite après toi mais le départ de mon père m'a obligé à prendre sa place... Heureusement j'ai pu compter sur le soutien de Paoel... et le divertissement offert par tes compagnons de danse a été plus que... divertissant c'est le cas de le dire!

- Les jumeaux? fit-elle, étonnée puis, avec une éclair de compréhension: Qu'ont-ils donc faits, ces sales bêtes?!

- Ils ont joué leur rôle à la perfection...

Il se rapprocha un peu plus d'elle qui n'avait pas quitté l'embrasure de la porte et passa sa main valide dans ses boucles en s'attardant un peu. La caresse de son pouce sur le lobe de son oreille la fit frémir. Il la surplombait de toute sa hauteur et il n'était pas facile d'échapper à son regard perçant. Il sentait merveilleusement bon l'herbe fraîche après la pluie, une odeur qui n'était pas sans lui rappeler les vallées de sa cité.

- J'aime beaucoup ces petites bouclettes... On dirait qu'elles dansent autour de ton visage... murmura l'elfe, songeur. Tu es tellement plus fidèle à toi même ainsi... -il se reprit, plantant ses orbes bleues dans les siennes- Veux-tu me faire le plaisir d'aller marcher un peu? Cet enfermement joue sur mes nerfs qui sont déjà fortement sollicités depuis notre arrivée. J'ai besoin de grand air, de respirer autre chose... Je suis privé de chasse, ordre du guérisseur, maugréa-t-il avec une grimace. Je ne peux pas même vous accompagner tout simplement. Il ne croit pas que je saurai m'en tenir à la selle de mon cheval...

- A-t-il tort, caraid? se moqua gentiment sa compagne. Tu saurais résister à l'appel de ton arc? De ta dague?

- Peut-être pas, admit l'ellon en lui attrapant la main. Viens-tu?

Ilyrià retira sa main des siennes et la posa sur son torse comme pour le repousser.

- Cha prionnsa. Je ne le puis. J'ai d'autres engagements avant cette maudite chasse... une collation avec le prince Thorin et, dit-elle en le voyant tenter de répliquer, je ne me dédirai pas. Je te proposerai bien de rester mais l'inimitié que tu éprouves à leur égard risquerait de mettre à mal la possible amitié que nous pourrions développer. Je m'entends bien avec lui, plaida la jeune femme devant l'air pincé de l'ellon. Ce serait dommage de gâcher les relations amicales que nous pourrions entretenir avec le futur roi d'Erebor.

Legolas se retourna et fit quelques pas avant de faire volte-face et de la plaquer contre le mur du corridor.

- je déteste l'idée que tu sois seule avec ce nabot. Je déteste l'idée que tu ailles en forêt sans moi pour te protéger. Je hais le fait que la compagnie de ces nains te plaisent autant car tu retrouves certains comportements des tiens chez eux. -il se pencha contre elle et marmonna dans son cou, ses lèvres frôlant la peau de la Wallen- Je hais que qui que ce soit t'approche sans que je ne sois là. Rappelles toi que tu n'es plus seulement une princesse de la cité sur la Mer, Ilyrià... tu appartiens au peuple elfe maintenant. Ne l'oublies pas. Jamais.

Il caressa sa joue et posa très légèrement sa bouche sur la sienne sans qu'elle puisse faire un mouvement.

- Jamais.

Sur ce dernier mot qui sonnait aux oreilles de la jeune femme comme une promesse autant qu'une menace, l'elfe se détourna et partit en croisant le prince nain qu'il salua d'un bref hochement de tête. Par les Valar, qu'il ressemblait à son père, hautain comme cela! C'en était relativement perturbant! La Wallen se reprit vite et invita le nain à s'installer confortablement devant la petite table qu'elle avait fait dresser.

- Votre fiancé ne se joindra pas à nous? demanda Thorin, un sourire au coin des lèvres.

- Vous êtes aussi impossible que lui, le réprimanda-t-elle, les sourcils froncés. Jouons cartes sur table, comme on dit chez moi. Je lui ai demandé de partir car il ne peut vous souffrir... tout comme vous à son encontre. Ne croyez-vous donc pas qu'il est temps de mettre fin à cette querelle ancestrale?

- Vous ne savez de quoi vous parlez, dame Wallen. Votre peuple est trop en dehors des affaires de ce monde pour que vous puissiez en comprendre les tenants et les aboutissants... Mon grand-père, tout comme le roi Thranduil, ne pourront jamais passer outre les différents qui les opposent. Ils s'en nourrissent...

- Certes, je le comprends au contraire très bien, le coupa Ilyrià en reposant sa tasse de thé. Elle plongea ses yeux dans ceux du nain. Votre aïeul a certainement ses raisons. Quant au seigneur des bois... il a vécu des traumatismes qui jamais ne pourront le quitter. Il est bien trop tard pour cela, soyons réalistes... Et oui, mon père nous a tenu à l'écart d'un monde qu'il juge bien trop violent et dégradé mais cela ne veut pas dire que nous soyons des oies blanches... Vous comme Legolas représentez une nouvelle génération qui peut, si elle le souhaite, faire table rase du passé et s'unir en une alliance inaltérable... Voyez plus loin que le bout de votre montagne, Thorin, de votre trésor! Une ombre grandit et étend ses griffes sur Arda. Nous le savons et je suis certaine que vous aussi pressentez aussi un danger. Personne ne sait de quoi il retourne pour le moment mais nous devons nous préparer et faire en sorte d'avoir des liens dans ce monde, ne pas nous retrouver seuls et désarmés chacun dans notre coin. On ne gagne que dans la coalition et l'union... non dans la solitude d'une prison de roches même avec tout l'or qui soit.

Thorin regarda la Wallen pensivement. Elle pouvait voir que ses paroles avaient touché le prince. Elle n'avait pas du tout prévu d'aborder un tel sujet mais la nuit dernière avait modifié la donne. Il lui fallait prendre en compte de nombreux nouveaux facteurs. Son union avec Legolas était désormais plus que compromise par sa relation avec le roi mais aussi par son père à ce que lui avait raconté Fingall. Il réfléchissait selon ses dires à briser purement la promesse d'engagement. La jeune femme n'oubliait pas que ce mariage n'avait pour but initial que de lier deux peuples dans une alliance impossible à rompre contre quelque chose qui risquait de tous les mettre en péril. Même si l'on ne savait de quoi il s'agissait pour le moment, il ne fallait pas pour autant l'occulter.

- Vous parlez sagement, Ilyrià, en digne représentante de vos deux peuples, commença l'héritier de Durin.

- Mais?

- Mais tout cela reste du domaine de la conjecture. Où vous parlez de menace, je ne vois que rumeur... et même si je souhaitais ardemment vous cautionner dans ce projet somme toute honorable à plus d'un titre, je ne suis pas le roi, trancha Thorin d'une voix caverneuse.

- Prionnsa...

- Non, Ilyrià, vous ne comprenez pas, l'interrompit le nain en se penchant au dessus de la desserte. Le roi... Le roi n'est plus celui qu'il a pu être. Loin de là. J'aime mon grand-père et le respecte. Mon allégeance est sans conteste mais son coeur comme son esprit sont assombris. Seuls le pouvoir, l'or et la domination lui sont désormais importantes. Rien ne pourra le faire changer... Vous avez pu vous en rendre compte, j'en suis sûr, comme tout à chacun d'un tant soit peu observateur...

- Cette soif là ne peut que le précipiter dans une chute vertigineuse, soupira la Wallen en haussant les épaules.

Thorin se leva. La discussion était close.

- Peut-être avez-vous raison, peut-être que non. L'avenir nous le dira...

La jeune femme le raccompagna à la porte, déçue.

- Vous êtes une demoiselle tout à fait remarquable, dame Wallen, et vous serez une compagne que le prince elfe ne pourra qu'apprécier. Votre souci de leur devenir comme de celui de votre père est plus que méritant, conclut-il avant de lui baiser les doigts. Nous nous reverrons tantôt.

Le temps avait passé bien trop vite. Il était l'heure pour Ilyrià de se rendre aux écuries pour rejoindre le reste de la troupe qui avait été conviée à la chasse organisée par Thror. Le dénommé Balin qui les avait si aimablement accueillis à leur arrivée vint la chercher pour la mener aux montures prévues à cet effet. La simple idée de devoir monter sur un cheval lui était plus que désagréable. Seul Silmë avait trouvé grâce à ses yeux mais elle savait qu'elle ne pourrait le monter sans la présence de son maître. Plus elle avançait, plus son esprit tournait à plein régime pour trouver l'excuse parfaite qui la dédouanerait de ce pénible exercice mais rien de plausible ne lui venait. Lorsqu'ils arrivèrent enfin aux différentes stalles, elle nota avec plaisir la présence de son cousin, de Finnàm et des jumeaux qui, comme à leur habitude, paraissaient surexcités. Leurs yeux avaient déjà virés de couleur et ils ne tenaient plus en place. Plusieurs étaient déjà partis dans la forêt et il ne leur fallut que l'approbation discrète de leur Ceanar pour s'élancer dans les bois. Ils n'avaient même pas encore disparu entre les arbres qu'elle entendit de terribles grondements. Klaùs rit en lui adressant un clin d'œil mutin et s'enfonça à son tour en sautant en haut d'un immense chêne. Elle le connaissait bien lui comme sa technique et savait qu'il chasserait des hauteurs, dissimulé aux yeux de tous que ce soient des animaux comme des chasseurs. Il aimait la clandestinité. Pour lui, mieux valait être caché pour mieux surprendre ses proies. L'exercice semblait lui plaire comme l'idée de se dépenser un peu. Le Ceanar quant à lui prit un cheval au grand étonnement de la Wallen avant de voir sa gracieuse compagne elfine monter derrière lui. Ceci expliquait cela. Un grand nain tatoué à la crête noire comme le jais s'approcha d'eux. Son air aimable avait de quoi décourager les plus persévérants...

- Vous monterez sur un de vos étalons elfiques, dame Wallen.

- Dwalin, sois plus doux avec la demoiselle, intervint Balin. Demoiselle Ilyrià, je vous présente mon frère, Dwalin... Ne soyez pas effrayée...

- Un air revêche ne me fait pas peur, le rassura-t-elle avec un rictus torve. Au contraire, il me rappelle ma cité et les miens! Vous n'avez jamais vu mon père messieurs!

- Mais vous vivez avec les « belles gens » maintenant, dit le nain brun avec une moue dégoûtée.

- Oui enfin regardez-moi bien maître nain... rit la jeune femme. Je n'ai rien moi même de leurs critères de beauté! Petite, charpentée... il ne me manque que la barbe et je passerai aisément pour une des vôtres!

Tous les trois se mirent à rire et Ilyrià sût que la glace était brisée avec le frère de Balin. Il pouvait voir qu'elle n'avait rien de la présomption hautaine des elfes à leur encontre. Soudain, une voix claqua au milieu de leurs débordements joyeux.

- Ilyrià! Vous devriez retenir vos paroles... Les insanités que vous débitez sont, quant à elles, bien trop grandes...

La jeune femme se raidit. Évidemment il ne pouvait qu'arriver à ce moment là! Avait-il donc un don d'omniscience qui lui permettait de savoir à quel moment elle faisait l'idiote pour arriver toujours à cet instant précis? Elle se retourna et le regarda avec un air bravache qui eut quelques loupés en le voyant aussi sûr de lui. Comment faisait-il pour en imposer ainsi? Son plastron argenté le faisait paraître encore plus grand et la noblesse qu'il dégageait ne pouvait qu'édicter le respect au moins de sa charge. Ses yeux polaires ne la quittaient pas. Elle pouvait voir au delà de l'impassibilité qu'ils renvoyaient comme une eau miroitante. Le souverain était en colère de la voir fraterniser allègrement avec ceux qu'ils considérait à la limite de l'ennemi. L'entendre se comparer à une naine alors qu'il l'avait faite sienne la nuit précédente le contrariait sans aucun doute possible. A sa droite se tenait Legolas lui aussi visiblement agacé par le comportement d'Ilyrià. Dwalin regarda le roi et, l'ignorant avec superbe, se tourna de nouveau vers la Wallen.

- Je vais chercher votre cheval, demoiselle.

- Ce n'est pas la peine, maître nain. Il vaut mieux éviter de la mettre là où elle s'attirera encore nombre de problèmes. Wen Ilyrià montera avec moi.

La jeune femme le regarda comme s'il avait perdu l'esprit. Ce qui aurait au moins eu le mérite d'expliquer cette brillante suggestion. Les deux nains échangèrent un regard surpris. Quant à Legolas, à part un furtif froncement de sourcils, il ne pipa mot.

- Vous ne connaissez de toute évidence pas Dame Ilyrià comme nous. S'il y a une catastrophe à faire, vous pouvez être sûrs qu'elle la trouvera. Elle a failli bien se briser le cou hier lors de notre escale...

Ilyrià n'en croyait pas ses oreilles. Comment osait-il? Furieuse, elle ne dit rien et se contenta de sourire aux deux frères avant d'aller se poster près de Legolas. Ils les laissèrent donc se préparer à partir ayant eux même à sceller leurs poneys. Le prince se tourna légèrement vers elle. Ses yeux étaient teintés d'une déception qu'elle eut du mal à soutenir.

- Je croyais t'avoir demandé de ne pas trop en faire avec eux, ma Dame?! Comme de bien entendu, pourquoi ai-je cru que tu suivrais mes conseils?

- Je n'ai pas d'ordres à recevoir, prionnsa! se rebella la jeune femme. Je voulais juste leur être agréable! Quel mal y a-t-il à ça!

- Tu n'es pas une Wallen ici, grinça l'ellon. Ils te voient tous comme une extension du peuple elfique! Alors agis en tant que telle!

- Ça ne veut pas dire se comporter en goujat, prionnsa! Galla! jura-t-elle en tapant du pied. Tu es juste en colère de devoir rester ici! Et vous! continua Ilyrià en se tournant vers le roi qui les observait les bras croisés. Je suis assez grande pour prendre soin de moi! Il n'était pas utile de leur donner matière à rire sur mon dos! Je sais tenir à cheval, merci! Ou je peux y aller à pied comme les jumeaux ou Klaùs! Pour qui me prenez-vous? Et que croyez-vous? Qu'un vilain renard va me manger toute crue?! Galla! Vous êtes impossibles, thu a aelficas!

- Votre langage! tonna Thranduil. Il attrapa la bride de son élan que venait de lui amener Gallion et s'approcha d'elle.

Le regard venimeux qu'elle lui renvoya ne sembla pas l'émouvoir outre mesure. Il sauta gracieusement sur la bête. Ce n'était pas possible d'être aussi gracile! Elle le maudit rien qu'à l'idée de devoir monter à son tour sur son monstre qui la toisait d'un œil moqueur. Devoir monter là-dessus la minait déjà mais savoir que les deux ellyn l'observaient l'agaçait au plus haut point. Avoir l'air ridicule ne la touchait pas trop en règle générale mais là... c'était quand même... eux. Tout à coup, elle se sentit quitter le plancher des vaches. Legolas la soulevait et l'installa derrière le roi qui avait fait courber l'échine à son compagnon de route. La Wallen ne savait trop comment se positionner qui plus est sous les yeux inquisiteurs du prince. Elle culpabilisait d'être là et de s'y sentir si bien. Legolas les regarda s'éloigner avant de tourner les talons pour rentrer. Si elle s'était retournée à ce moment là, elle aurait très certainement capté la lueur étrange au fond de ses prunelles bleues. Mais elle ne se retourna pas. La jeune femme n'était que trop consciente du corps devant elle. Lorsque l'élan partit franchement au galop entre les arbres, elle ne put retenir un cri de frayeur. Instinctivement, elle fit ce qu'elle s'était refusé à faire depuis qu'elle s'était retrouvée là. Ilyrià se moula à Thranduil et entoura sa taille de ses bras en tentant d'ignorer la chaleur au creux de son ventre qui gagnait en intensité. La course effrénée de l'animal dura une éternité aux yeux de la Wallen, à croire qu'il faisait exprès.

A croire qu'il faisait exprès...

Ilyrià jura entre ses dents. Bien sûr que cet elfe de malheur se jouait d'elle sciemment. Il lui faisait payer son insolence et son impudence face aux nains. Une bouffée de colère celle là la saisit et elle se mit à crier outrée:

- Arrêtez-vous! Je veux descendre tout de suite! - voyant qu'il ne prenait même pas le peine de lui répondre, sa rage contre lui s'accentua- Je veux descendre, amadan righ! Vous n'avez pas le droit...

- Je vous l'ai déjà dit une fois il me semble... J'ai tous les droits, melda heri, rétorqua l'ellon d'un ton si hautain qu'elle n'y tint plus.

Ilyrià le lâcha brusquement sous le coup de la colère pour frapper son dos de ses deux poings. Bien évidemment cela n'eut aucun effet sur lui, ce qui eut le don de décupler sa colère.

- Vous êtes ridicule, ma Dame, soupira avec affectation le roi.

- Ah oui? Amaideach? Vraiment?! Arrêtez-vous, je vous ai dit...

La Wallen n'eut pas le temps de terminer sa phrase. La monture fit un écart pour éviter une souche et, ayant lâché sa prise sur la taille du roi en plus d'être une piètre cavalière, elle bascula avec un cri. Elle tomba lourdement sur le sol pour rouler un peu plus loin. Elle sentit le goût métallique du sang lui emplir la bouche avant de perdre connaissance.

Lorsqu'elle revint à elle, la souffrance lui arracha un gémissement plaintif. Elle avait l'impression d'avoir été battue à mort. Sa tête l'élançait terriblement et ses côtes douloureuses l'empêchaient de respirer correctement. Seul un sifflement parvenait passer la barrière de ses lèvres. Le seul réconfort lui venait de la voix douce qui murmurait à son oreille. Elle n'y comprenait rien mais ils l'enveloppaient comme un cocon salvateur. Ilyrià ouvrit les yeux avec difficulté et la première chose qu'elle vit fut le visage ravagé de l'elfe au dessus d'elle. Son elfe. Il semblait complètement effrayé et c'était là quelque chose d'absolument terrifiant, plus encore que la douleur qui refluait. Ilyrià se passa la langue sur ses lèvres asséchées et lui fit un petit sourire.

- J'ai dit que je voulais descendre, marmonna-t-elle, pas être jetée à bas de votre monstre à quatre pattes...

- Il n'y a pas matière à plaisanter, melleth nin, la tança Thranduil. J'ai bien crû vous avoir perdue... Où avez-vous mal?

- Ça va... Je vais bien, souffla-t-elle.

La jeune femme posa une main tremblante sur sa joue pour le rassurer mais rien n'y fit. L'ellon la fouillait du regard pour détecter le moindre tic facial qui lui prouverait qu'elle lui mentait. Il ne servait à rien de tenter de donner le change à cet elfe aussi buté qu'elle. Elle prit sa main en entrelaçant ses doigts aux siens pour les guider vers la source de la douleur la plus tenace.

- Les côtes? lui demanda-t-il pour chercher son assentiment.

Elle tenta de lui sourire bravement mais ne réussit qu'à lui renvoyer une grimace qui le fit frémir. Il l'allongea alors plus confortablement sur le tapis de mousse où ils se trouvaient pour l'examiner. Il délaça sa tunique avec délicatesse et s'arrêta quand il la sentit frémir.

- Douloureux?

- Non.

- Ne me mens pas, Ilyrià, la réprimanda-t-il en la tutoyant.

- Je ne mens pas, murmura-t-elle indignée.

- Manan? Quoi alors? s'impatienta Thranduil, les dents serrées.

- C'est toi! éclata la Wallen en rougissant comme une pivoine.

L'incompréhension se lisait sur le visage du roi jusqu'à ce qu'il réalise en baissant le regard la raison de son trouble. Les coins de sa bouche ourlées se relevèrent subrepticement. Ses doigts frôlaient la peau de la jeune femme et elle ne faisait qu'y réagir. La voir s'énamourer malgré la douleur à ce simple contact semblait l'enchanter au plus haut point alors qu'elle même aurait voulu s'enfoncer six pieds sous terre. L'ellon fit courir son index le long du ventre d'Ilyrià et s'amusa de voir son épiderme s'animer. Il finit cependant de l'ausculter du mieux qu'il le pouvait.

- Rien de grave. Quelques contusions, wen nîn. Même au plus près de moi, vous réussissez à vous mettre en danger, soupira théâtralement le roi. C'est vous qui êtes impossible...

Cette grandiloquence agaça prodigieusement la Wallen. Elle récupérait vite même si elle savait que demain, tout lui paraîtrait beaucoup moins aisé. Là tout de suite, son mécontentement prenait le pas sur la douleur. Il se moquait, se jouait d'elle et du trouble qu'il lui inspirait! Comme si elle ne pouvait pas faire la même chose et faire en sorte qu'il soit aussi ridiculement échauffé... Après tout, elle ne se vantait pas en sachant qu'elle pouvait le galvaniser tout autant. C'était un jeu tout à fait déplacé et hautement dangereux mais elle n'en avait cure. Tout ce qu'elle voyait, c'était le désir odieusement excitant que chaque toucher, chaque regard faisait naître en elle et qui la rendait plus qu'irritable. Et puis elle appartenait à un peuple qui n'avait jamais su refréner la moindre de ses envies... Quant à son double sirène, il fallait bien admettre qu'il avait une légère tendance à décupler certaines de ses émotions et pas les plus pudiques... Après tout, elle avait le temps...

Ilyrià se redressa et s'assit difficilement sur ses talons, la tunique encore béante. Elle entreprit de la relacer sous les yeux d'un elfe imperturbable... du moins le crut-elle jusqu'à ce qu'elle sentit son bras s'enrouler autour de sa taille et l'attirer brutalement contre lui. Il couvrit son visage et sa gorge encore dénudée de baisers voraces, alternant douceur et violence dans une danse hypnotique.

- Que cherches-tu à faire là, adaneth? Me rendre fou? Te prouver que je suis aussi perdu que toi? Aussi dépendant? Ne te l'ai-je malheureusement pas déjà prouvé?

- Malheureusement? souffla Ilyrià en se cachant le visage contre le plastron de Thranduil. Il empauma sa joue et la força à lui faire face. Ses yeux de glace étaient incroyablement sérieux.

- Je ne peux pas dire que cette situation me ravisse... Nous avons tellement à perdre, le plus important étant... tu sais de quoi il retourne. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi, pourquoi ... Ni comment sortir de ce marasme... Alors ne joue pas, cela ne sert strictement à rien.

Elle ne répondit rien mais attrapa sa main sur son visage et la pressa contre ses lèvres tandis qu'il ne pouvait s'empêcher d'explorer son corps de l'autre, la glissant sous le tissu de sa chemise. Thranduil la regarda droit dans les yeux. Elle ne sut exactement ce qui la fit frissonner mais elle se sentit chavirer sous la brûlure de ses prunelles glacées. Il la fit basculer sur la terre froide du bois. Lui maintenant les poignets emprisonnés dans ses mains puissantes, il la crucifiait de tout son poids mais elle ne broncha pas. Elle devait admettre qu'elle aimait le sentir ainsi contre elle. Il plaqua fougueusement sa bouche sur la sienne, la forçant de sa langue à entrouvrir les lèvres. Le corps de la Wallen se mit à onduler en cadence sous celui de l'ellon. Soudain, un hurlement déchira le silence du bois. Ilyrià sursauta.

- Ce n'est qu'un loup, ma Dame. Ne crains rien... Que me fais-tu faire, sorcière? souffla-t-il, le nez perdu dans ses boucles.

- De toute évidence, n'importe quoi.

Les deux amants se séparèrent d'un bond. Thranduil se remit lestement sur ses pieds et aida Ilyrià à se mettre debout. Klaùs était là, adossé à un arbre. Passé la stupeur, la Wallen allait l'invectiver lorsque le visage décomposé de son cousin la frappa. Lui toujours si narquois avait l'air totalement perdu et fermé. Ses yeux n'avaient pas cette lueur moqueuse qu'il arborait perpétuellement. Pire encore, sa tunique était imbibée d'un sang qui n'était visiblement pas le sien. Une traînée rougeâtre séchée sillonnait sa joue mal rasée. Oubliant de se réajuster correctement et faisant fi de la douleur, elle sentit son corps devenir incroyablement lourd comme si ses veines se figeaient peu à peu. Un seul mot franchit les lèvres du Wallen. Un unique mot qui la terrassa.

- Elëa.

Le temps qu'ils avaient tous cru avoir s'était retourné contre eux.

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Alors * tremblante et retremblante *... Pas déçus ? C'est un chapitre quasiment wallen pur jus mais que voulez-vous... Je souhaitais développer un peu leur vision des choses, du dragon mal dégrossi aux oursons... A la semaine prochaine pour voir ce qu'il est advenu d'Elëa... Que pensez-vous qu'il ait pu lui arriver ? Et à votre avis, Legolas... ne commence-t-il pas à avoir quelques soupçons ? n'hésitez pas à me laisser vos impressions !

Bisous tout doux les didous !