Bonjour à tous!
En ce début de hiatus, j'espère que vous n'êtes pas trop démoralisés ^^
Voici le chapitre 25! J'essayerais de poster le 26 avant les vacances de Noël mais je ne peux rien vous garantir. Sinon il va falloir attendre malheureusement jusqu'au 1er janvier.
Mais bon, profitons déjà de celui-là hein!
Bonne lecture à vous!
LSAfor'
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Réponses aux reviews:
seve2904: la réponse, maintenant! ^^
covergirls06: contente que ça te plaise toujours, merci!
Aoquesth: Malgré la pub assez longue, voici la suite lol. C'est vrai que je publie assez rapidement, mais je n'y peux rien j'aime trop écrire et puis c'est le Calzona quoi! Cela dit, ce n'est pas encore sur pour une autre fic, j'ai une idée de fond faut que je la développe maintenant. Sinon, contente de te voir toujours aussi présente! Merci.
Elooo: Contente que ça continue de te faire autant réagir ^^. Je n'en dis pas plus. En tout cas merci pour tes reviews!
DroDroV: merci pour ta review!
KRISTENNE: Je suis contente de t'avoir fait accrocher au Calzona de ma fic, surtout si à la base ce n'est pas un de tes ships! Merci pour les compliments, en espérant que la suite te plaira autant ^^
Charlie89: J'ai vérifié plusieurs fois et malheureusement non il n'y a pas erreur, cette fic a bien une fin mdr. Mais il faut bien, sinon je risque de lasser à force!
kalex44: c'est vrai que c'est vraiment un sujet d'actualité. Merci pour ta review.
Chapitre 25 :
Le sentiment de peur s'intensifia pour Callie. Elle avait entendu ce qu'Alex lui avait dit, mais son cerveau avait du mal à l'intégrer. Arizona ne pouvait pas être à l'intérieur du lycée, c'était impossible, inconcevable.
Callie s'avança un peu vers le jeune homme avec une expression grave.
-Tu es sûr de toi ? lui demanda-t-elle.
-On était au deuxième étage lorsqu'on s'est séparé, expliqua Alex d'une voix tremblante. Elle m'a dit qu'elle devait imprimer un truc en salle info donc elle… elle est partie dans l'autre sens et là le coup de feu a retentit. À notre étage et… et ça a été le chao total, je l'ai perdu de vue.
-Comment tu peux être sûr qu'elle est encore à l'intérieur ?! répéta Callie d'une voix plus forte, perdant patience face aux divagations de Karev.
Elle savait qu'elle avait un comportement abjecte, que le jeune homme était choqué par son expérience, mais à ce moment-là c'était le cadet de ses soucis. Elle devait savoir où était Arizona et s'assurait qu'elle allait bien.
-On est sorti les premiers, intervint Jo, prenant ainsi la relève d'Alex. Et on a guetté son arrivé mais elle n'est jamais sortie… Je suis désolée, ajouta-t-elle d'un ton penaud.
Callie se détourna d'eux et commença à s'avancer d'un pas précipité en direction du portail. Elle fut rattrapée par Erica qui la retint par le bras.
-Que comptes-tu faire ? demanda la blonde.
-Il faut que j'y aille, répondit Callie d'un ton paniqué. Je… Je dois la retrouver !
-Si tu penses que je vais te laisser retourner à l'intérieur du lycée, menaça Erica en la maintenant fermement par la poigne.
La Latina se dégagea brutalement.
-Il est hors de question que je laisse Arizona à l'intérieur ! s'exclama-t-elle d'une voix forte.
-Ils barricadent toute l'école, cingla Erica. La police ne va pas tarder à arriver et le tireur est toujours à l'intérieur…
-Raison de plus, la coupa Callie en s'avançant dans la foule.
Erica lui courut après et la retint de nouveau.
-Je ne te laisserais pas risquer ta vie pour une fade amourette de lycéenne, affirma la blonde.
Callie commença réellement à perdre patience. Elle se tourna d'un geste brusque et fit face à Erica.
-C'est là que tu te trompes, répondit Callie. Ce que je ressens pour elle est loin d'être un banal béguin…
-Oh je t'en prie ! ricana Erica. Si je n'avais pas quitté la ville, jamais tu te serais retourné sur son passage. Pas avec ce qu'on partageait… Tu as juste cherché à combler mon absence. Ouvres enfin les yeux Callie, une blonde aux yeux bleus !
Callie s'avança d'un pas déterminé et approcha son visage à quelques centimètres de celui d'Erica.
-Je peux t'assurer que même si tu étais restée, je serais tombée follement amoureuse d'Arizona Robbins. De cette fille au charme fou qui a le don de me rendre heureuse juste par sa présence, qui m'a appris ce qu'était le véritable amour…
- … qui t'as trompé avec ta pire ennemie, ironisa Erica en levant les yeux aux ciels.
- Si tu savais à quel point je n'en ai rien à faire à l'heure actuelle! s'exclama Callie.
- Callie il est temps que tu arrêtes de te jouer de moi, dit Erica. J'ai compris, tu as voulu me faire payer mon départ en sortant avec elle, mais là tu vas trop loin.
Un sourire narquois vint naître sur le visage de Callie. Elle réalisa à quel point Erica était loin de comprendre réellement ce qui se passait dans sa tête. Elle ne bougea pas d'un centimètre, fixant toujours la blonde et se décida à être claire sur ses sentiments une bonne fois pour toute.
-Tu ne comprends donc pas ? continua Callie. Je remercie le destin tous les jours pour ta lâcheté. Parce que sans elle, Arizona Robbins ne m'aurait jamais sauvé… Je suis là, face à toi, à quelques centimètres de ton visage et de tes lèvres et pourtant je ne ressens rien du tout. La seule chose à laquelle je pense c'est qu'elle est l'amour de ma vie et que j'ai été la pire des idiotes en la perdant à cause de toi.
Elle s'éloigna un peu mais ne la quitta pas des yeux, remarquant l'expression scandalisé qui se dessinait sur le visage de la blonde.
-Donc je ne vais pas perdre plus de temps à discuter avec toi alors qu'un cinglé risque de faire du mal à CELLE que j'aime !
Callie se détourna sans cérémonie de son ex et se dépêcha de s'enfoncer à nouveau dans la foule. Elle retrouva ses amis et prit Mark à part.
-J'ai besoin de ton aide, lui dit-elle.
Le jeune homme la fixa, attendant qu'elle lui apprenne ce qu'elle attendait de lui.
-Il faut que tu fasses diversion auprès de Webber pendant que je retourne à l'intérieur, demanda Callie.
-Hors de question ! répondit Mark scandalisé.
Callie s'attendait à cette réponse mais n'abandonna pas pour autant.
-Arizona est à l'intérieur Mark ! dit-elle d'une voix suppliante. Mets-toi à ma place, tu aurais fait quoi si c'était Lexie.
Mark resta silencieux et lui adressa un regard grave.
-Je viens avec toi, dit-il après quelques secondes.
-Deux personnes ça risque d'attirer l'attention, remarqua Callie.
-Callie…
-Ne t'inquiète pas Mark, rassura-t-elle, je la retrouve et on sort par la sortie de secours vers le bureau du proviseur.
-Celle qu'on prenait pour sécher, dit le jeune homme, comprenant où elle voulait en venir.
C'était une sortie que peu de gens connaissaient. Lui et Callie l'avait emprunté tellement de fois qu'il voyait pourquoi elle y avait pensé.
Il poussa un profond soupir, tout en la fixant puis accepta.
-Je t'en prie Torres ne joue pas les héroïnes, la mise en garde le jeune homme.
-Tu me connais…
-Justement, répondit Mark d'une voix grave.
Il lui tapota l'épaule puis se dirigea vers le proviseur qui discutait avec un surveillant prêt du portail. Callie l'observa réussir habilement à éloigner Webber puis s'approcha à son tour du surveillant.
-Salut Steve, lança-t-elle d'une voix faussement enjouée.
-Hey Torres, répondit le dit-Steve. Tu ne devrais pas trainer par ici…
-Oui je sais, dit Callie. Je voulais juste te prévenir que Webber te demandait…
Steve se gratta le sommet de la tête avec une expression d'incompréhension. Callie trouva que ça lui donnait un air encore plus débile qu'en temps normal.
-Il vient tout juste de partir, lança-t-il. Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ?
-Tu veux vraiment en débattre maintenant alors que le ciel nous tombe sur la tête !? répliqua Callie en secouant la tête.
Le jeune homme s'avança d'un geste hésitant, laissant le passage de libre à Callie qui ne perdit pas de temps et se faufila à l'intérieur.
-HEY ! lança Steve. Tu n'as pas le droit !
Elle ne prit pas la peine de se tourner vers lui et s'avança dans la cour du lycée à grand pas. Elle marqua un temps d'arrêt face au silence inhabituel qu'arboraient les lieux.
Tellement de choses s'étaient passés entre ces murs. C'était ici qu'elle s'était battu pour ses convictions. C'était entre ces murs qu'elle avait subi ses persécutions, qu'elle avait eu le droit à des regards scandalisés, des chuchotements sur ses passages. Mais c'était aussi à cet endroit qu'elle avait partagé de nombreux éclats de rire avec ses meilleurs amis. C'était dans les coins sombres de ce lycée qu'elle amenait Arizona pour l'embrasser…
Elle y avait connu autant de bon que de mauvais moments, mais jamais elle ne se serait imaginée trouver Link's aussi désert et effrayant qu'il l'était à l'heure actuelle.
Callie longea précautionneusement les murs jusqu'à arriver à la grande porte battante qui menait au bâtiment où il y avait la grande salle informatique. D'après Alex, c'est là-bas qu'Arizona allait lorsqu'ils se sont séparés. Elle fixa les poignées avec un geste d'hésitation. Et si elle tombait sur le tireur ? Que ferait-elle ? La panique commença à l'envahir de nouveau, ses mains étaient prises de tremblement alors qu'elle se sentait se dégonfler. Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration en pensant à Arizona. Sa volonté de la retrouver était plus forte que ses angoisses, ça elle en était sure.
Elle ouvrit doucement la grande porte et passa la tête dans le Hall. Elle jeta un regard circulaire pour s'assurer qu'il n'y avait personne avant de rentrer complètement à l'intérieur. Puis, sans perdre de temps, elle se dirigea vers les escaliers en essayant de faire le moins de bruits possibles.
L'endroit était complètement vide et silencieux. D'après ce que lui avait dit Alex, c'est dans ce bâtiment que le coup était parti. Le fait qu'il n'y en ait eu qu'un seul pour l'instant était rassurant. Mais si le tireur avait touché quelqu'un ? Si la victime était Arizona ?
Callie secoua la tête pour chasser ses sombres pensées. Même si la blonde était dans le même étage que le cinglé, il n'y avait aucune raison de s'imaginer le pire. Callie priait pour qu'elle la trouve en salle informatique et surtout saine et sauve.
Elle arriva enfin au second étage. Avant de s'engouffrer à l'intérieur du couloir, Callie jeta un nouveau coup d'œil pour vérifier que la voie était libre. Lorsqu'elle vit qu'il n'y avait rien d'anormal, elle s'avança à pas feutrés, ignorant le battement anormal de son cœur et serrant les poings pour contrôler ses tremblements. Elle atteignit la porte de la Salle Informatique et remarqua qu'elle était entrouverte.
Elle s'en approcha doucement et passa de nouveau la tête en premier. La salle était plongée dans le noir, ce qui fit grandir son angoisse.
Callie ouvrit entièrement la porte et fit entrer un halo de lumière. Elle chercha à tâtons l'interrupteur mais ne le trouva pas.
-Arizona ? appela-t-elle à voix basse.
Aucune réponse.
Et si elle n'était pas là ? Callie se sentit perdre pied. Elle entra tout de même à l'intérieur et s'avança doucement, sans savoir où elle se dirigeait.
-Arizona ? insista-t-elle d'une voix un peu plus forte.
Callie tendit de nouveau l'oreille mais toujours aucun signe d'une quelquonque présence. Elle s'apprêtait à faire demi-tour lorsque la lumière s'alluma.
-Callie ? lança la voix d'Arizona.
Elle se tourna et vit la blonde se redressait de sous le bureau, un clavier à la main et une expression de soulagement au visage.
-Dieu soit loué, commenta Callie en la regardant s'approchait d'elle.
Sans réfléchir, Arizona se débarrassa du clavier, sauta dans les bras de la brune et lui enlaça la nuque. Callie referma l'étreinte sur la taille d'Arizona et enfouit son visage dans le cou de la blonde, savourant le contact et le soulagement de la voir sauve.
-Je suis contente de te voir, avoua Arizona contre l'épaule de la brune.
Elles restèrent encore quelques secondes dans les bras l'une de l'autre, soulagées de se retrouver. Puis, peu à peu, elles retrouvèrent leurs esprits. Arizona se dégagea doucement de l'étreinte, mal-à-l'aise.
-Tu allais vraiment te défendre avec un clavier ? lança Callie dans le but de détendre l'atmosphère.
Arizona ne répondit pas, se contentant de sourire. Elle mit un peu de distance entre elle et la brune et se tourna de nouveau vers elle.
-Tu sais ce qui se passe ? lui demanda-t-elle d'une petite voix. Je… J'ai entendu le bruit d'un coup de feu puis des cris et des bruits de pas précipités.
-Tu n'as pas bougé d'ici ? demanda Callie doucement.
Elle remarqua les tremblements qui parcouraient le corps d'Arizona, signe de son angoisse. Elle aurait voulu parcourir cette distance qui les séparait et prendre la blonde dans ses bras pour la rassurer mais elle se retint.
-Non, répondit Arizona. J'ai paniqué quand j'ai vu les gens courir de partout, alors je me suis cachée ici… Puis je n'ai plus rien entendu mais je n'ai pas osé bouger. Donc j'ai décidé d'attendre que quelqu'un vienne me trouver.
Elle leva les yeux vers Callie et se sentit apaisé. Le seul fait de la voir arrivait à apaiser ses angoisses et cet aspect-là ne semblait pas avoir changé avec leur rupture.
-Il y a un tireur dans l'école, l'informa la Latina.
-Tu veux dire que…
-Oui, anticipa Callie. Un élève est entré au lycée avec une arme et a tiré sur la foule…
Arizona se retint au bureau, digérant l'information que venait de lui donner Callie. Puis elle leva de nouveau les yeux vers elle.
-Comment m'as-tu retrouvé ? demanda la blonde.
La Latina détourna le regard et fit mine d'étudier la pièce, se donnant ainsi quelques secondes pour répondre.
-Par chance, dit-elle dans un souffle. J'étais à l'étage…
Elle connaissait Arizona et le fait de lui dire la vérité, qu'elle était revenue pour elle, risquait de la faire culpabiliser. Elle préféra donc lui mentir.
Arizona fronça les sourcils et s'apprêta à poser une autre question lorsqu'un bruit retentit dans le couloir, les faisant taire.
Instinctivement, Callie éteignit la lumière et tira Arizona qu'elle colla contre le mur derrière la porte pour se cacher au cas où on pénétrerait dans la pièce.
Elles avaient leurs corps collés l'un contre l'autre alors que seulement quelques centimètres séparaient leurs visages. Callie leva la tête et croisa le regard d'Arizona, sentant son cœur battre contre elle. Leurs souffles s'emmêlèrent et pendant quelques secondes, elles oublièrent où elles étaient. Elles oublièrent qu'un tireur se baladait dans les couloirs et que leurs vies étaient menacées. Pendant de précieuses secondes, elles oublièrent Lauren et Erica, elles oublièrent leur rupture et leurs blessures. Elles avaient leurs regards plongeaient l'un dans l'autre, l'azur se mélangeant au brun. Leurs sens se mirent en éveils alors que leurs neurones se déconnectés peu à peu.
Arizona pouvait sentir les frissons que lui procuraient la main de Callie sur sa taille, sa poitrine collé à la sienne et ses lèvres ne demandant qu'à être emprisonnés. Elle ferma les yeux, savourant pleinement le contact, les lèvres de la brune s'approchant dangereusement des siennes.
- Je crois qu'il est parti, dit Callie d'une voix rauque.
Arizona rouvrit les yeux juste à temps pour voir Callie s'éloigner brusquement d'elle. Elle prit une profonde inspiration, cherchant à retrouver un rythme cardiaque normal puis se ressaisit.
- Tu crois que c'était lui ? demanda Arizona en cherchant à adopté une voix détachée.
- Il y a des chances, répondit Callie en détournant son regard de la blonde.
Elle pouvait encore sentir le souffle chaud d'Arizona contre elle et son corps collé au sien. Elle n'avait jamais autant désiré l'embrassé qu'à cet instant-là, et pourtant elle s'était ressaisi à temps. Pourquoi? Elle n'en savait rien. La seule chose qu'elle savait c'est que dès qu'elles franchiraient ces murs, elle ferait tout pour reconquérir la blonde. Au diable Lauren et Erica, au diable leur rupture. Tout ce qui comptait pour elle, c'est qu'elle l'aimait plus que tout. Si Arizona lui en donnait la chance, elle ferait tout pour arranger les choses. Le reste n'était que des détails futiles dont elles auraient toute leur vie pour s'occuper.
- Ce qui est sûr, poursuivit Callie en s'éclaircissant la gorge, c'est qu'il faut qu'on sorte d'ici tout de suite…
- NON ! répondit vivement Arizona. C'est trop dangereux…
- Pas plus que de rester, dit Callie avec calme.
Arizona se laissa glisser contre le mur et s'assit à même le sol. Elle enfouit son visage dans ses mains puis releva les yeux vers Callie et la darda d'un regard déterminé, ce qui déboussola un peu la brune.
- Il faut suivre le protocole, dit la blonde en tapant nerveusement son pied contre le sol. Le règlement est clair, dès que l'alarme retentit nous sommes tenus de nous mettre en quarantaine. C'est la meilleure des choses à faire…
Callie s'avança vers elle de sorte à lui faire face.
- Arizona, je connais une sortie où on p…
- Est-ce que pour une fois tu pourrais arrêter de jouer les téméraires ! la coupa Arizona en s'emportant. La prudence n'est pas un signe de faiblesse Callie.
La Latina la regarda stupéfaite.
- Je n'ai jamais dit que…
Callie s'interrompit et observa plus attentivement Arizona. Elle voyait très bien que la blonde était effrayée, et si par le passé elle aurait cherché à lui faire dépasser sa peur, cette fois-ci elle décida d'aller dans son sens.
- Tu veux qu'on reste ici et qu'on attende ? demanda-t-elle.
- Oui s'il te plait, répondit Arizona.
À sa grande surprise, elle vit Callie s'approcher et s'asseoir à côté d'elle contre le mur.
- Bien, concéda la Latina. On va attendre alors.
- Merci, souffla Arizona.
Elle laissa sa tête aller contre le mur et ferma les yeux. Alors qu'en temps normal, elle trouvait une certaine quiétude dans le silence, celui-ci l'angoissait. Malgré tout, la présence à côté d'elle la rassurait. Le fait que Callie soit là, lui procurait un sentiment de sécurité, de confiance. Comme ce jour-là où elle était montée sur la rambarde et qu'elle avait oublié son vertige. Elle rouvrit les yeux et croisa ceux de la brune qui la fixait. Lorsque Callie se rendit compte qu'Arizona venait de la surprendre entrain de l'observer, elle détourna le regard.
- J'ai l'habitude avec les armes, lança Arizona, rompant ainsi le silence qui s'était installé. Mon père est Colonel, donc les coups de feu font partie de mon quotidien. Je l'ai même accompagné à un stand de tir une fois…
Elle marqua une pause, sentant ses yeux la piquer et sa gorge se nouer.
- Mais quand j'ai entendu celui de tout à l'heure, continua-t-elle. Je me suis retrouvée totalement tétanisée…
Callie s'aventura à lui jeter un nouveau regard et remarqua les larmes qui perlaient ses yeux. Elle esquissa un mouvement pour lui prendre la main mais arrêta son geste en milieu de route. Arizona le remarqua mais ne dit rien, même si la seule envie qui l'habitait à ce moment-là était de la lui saisir et se lover dans ses bras.
- Tu sais qui c'est ? demanda Arizona.
- Le tireur ?
Arizona acquiesça.
- Non, répondit Callie.
À son tour, elle laissa sa tête aller contre le mur.
- Je n'aurais jamais pensé qu'une chose pareille pourrait se produire ici, à Poundtown, continua la brune. Je connais tout le monde, j'ai grandi avec la plupart des élèves de ce lycée et je ne vois personne qui pourrait être capable de ça.
- On croit souvent connaître une personne, puis un jour on se rend compte qu'on avait tout faux, commenta Arizona.
Callie tourna sa tête vers la blonde qui avait les yeux baissés vers ses chaussures. La brune comprit que sa remarque lui était adressée. Elle poussa un profond soupir et relaissa sa tête se poser contre le mur.
- J'ai toujours été moi-même avec toi, déclara Callie doucement.
Arizona resta silencieuse puis laissa échapper la remarque qui lui brulait les lèvres :
- Tu l'es avec Erica maintenant…
Callie se redressa vivement et la lorgna d'un regard interrogateur. Arizona resta concentrée sur ses chaussures, évitant à tout prix de lever les yeux vers la brune.
- Pourquoi tu dis ça ? demanda Callie.
- Tu sors avec elle maintenant, dit Arizona.
La Latina réalisa qu'il s'agissait plus d'une affirmation que d'une question.
- Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- Je vous ai souvent vu ensemble, répondit la blonde.
Arizona se maudit intérieurement. Elle s'était juré de ne plus se laisser concerner par ces histoires.
- Et bien tu te trompes, affirma Callie calmement. Il ne s'est rien passé entre nous…
- Sauf le jour de la fête foraine, corrigea Arizona.
Elle avait enfin levé les yeux vers elle et la brune pouvait encore y voir de l'amertume à son égard.
- Oui, répondit-t-elle simplement.
Arizona détourna de nouveau le regard vers ses chaussures. Callie voulait lui dire à quel point elle s'en fichait de tout ce qui s'était passé, que la seule chose qu'elle voulait c'était la retrouver. Elle voulait lui avouer qu'elle l'aimait plus que tout et qu'elle avait eu peur pour elle. Qu'elle avait eu peur de ne plus jamais avoir l'occasion de lui dire.
Elle se redressa et se tourna vers Arizona. Elle prit une profonde inspiration puis ouvrit la bouche pour parler, mais Arizona la devança :
- J'ai eu une réponse positive de Stanford, apprit Arizona.
Callie referma sa bouche et fronça les sourcils. Pourquoi diable parlait-elle de ça maintenant ?
- Et j'ai accepté, finit la blonde.
La Latina sentit une pierre tomber dans son estomac. Voilà pourquoi elle le lui disait maintenant. Arizona lui montrait qu'elle avançait, qu'elle passait à autre chose. Peut-être qu'elle, elle était toujours au même stade, mais il semblait que ce n'était pas le cas d'Arizona. Il semblait que cette dernière arrivait très bien à s'en remettre et cette constatation brisa le cœur de Callie.
Elle détourna les yeux et se releva.
- Je suis contente pour toi, dit-elle d'une voix faible.
Arizona l'observa s'approcher de la fenêtre, déçue de sa réponse. Elle aurait voulu entendre autre chose de sa part, quelque chose qui lui aurait montré que Callie n'était pas aussi indifférente qu'elle en avait l'air, qu'elle tenait encore à elle. Elle aurait voulu la voir réagir vivement et non pas de cette manière-là. Oui Arizona lui avait balançait cette information par pure provocation. Après tout, ces plans-là, elles les avaient montés ensemble ! Comment diable la Latina pouvait-elle oublier tout ça ?!
Callie essaya de mettre de côté son sentiment de peine et de se reconcentrer sur ce qui se passait. Elle jeta un coup d'œil à l'extérieur et réalisa que depuis l'endroit où elle était, elle avait une vue parfaite sur ce qui se passait sur le parking de l'école. Elle remarqua que la foule n'avait pas diminué, au contraire elle avait l'impression qu'elle avait décuplée. De nombreuses voitures du département du sheriff étaient présentes, ainsi que quelques ambulances. Callie se demanda vaguement combien de blessés il pouvait y avoir. Puis elle remarqua le mouvement qui s'opérait vers le portail… Les choses risquaient de bientôt bouger.
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- Toujours pas de nouvelles de Callie ? demanda Meredith.
Mark fit non de la tête puis enfouit son visage dans ses mains. Lexie posa une main réconfortante sur son visage.
- Je n'aurais jamais dû la laisser y retourner, culpabilisa Mark.
- Tu sais très bien qu'elle serait tout de même partie, dit Lexie. Callie est têtue…
Ils furent interrompus par l'arrivé de Derek.
- Les gars de la SWAT s'apprêtent à rentrer dans le lycée, les informa-t-il.
- Mais ils n'ont même pas identifié le tireur ! s'exclama Meredith indignée.
- Ils veulent évacués les bâtiments un par un d'abord et ensuite ils aviseront. C'est ce que Webber dit en tout cas. D'après le dernier recensement ils resteraient une vingtaine d'élève dans le lycée et il se trouverait parmi eux.
- Et pour Callie et Arizona ? demanda Mark plein d'espoir.
Derek lui répondit par un hochement négatif de la tête. S'en suivit un silence dans le groupe alors qu'ils se tournaient du côté de proviseur pour suivre les évènements.
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Callie vit un alignement de personnes en uniformes bleus se mettre en place. Elle comprit qu'ils allaient intervenir dans le lycée et que donc de nouveaux coups de feu risquaient de fuser. Elle revint précipitamment vers Arizona qui n'avait pas bougé de sa place et s'accroupit face à elle.
- Écoute, lui dit-elle d'une voix déterminée, je sais qu'on avait dit qu'on resterait à attendre mais il faut absolument qu'on sorte d'ici…
Arizona secoua vivement la tête de gauche à droite.
- C'est trop dangereux, souffla-t-elle.
Callie prit son visage en éventail entre ses mains et la força à la fixer dans les yeux.
- S'il te reste un minimum de confiance en moi je t'en prie suis-moi, dit Callie d'une voix suppliante. Je te promets qu'il ne t'arrivera rien…
- Ce n'est pas pour moi que j'ai le plus peur, répondit Arizona dans un souffle. Je te connais Callie…
D'un geste naturel, la Latina lui caressa la joue tendrement. Arizona ferma brièvement les yeux, profitant du contact.
- Je ne ferais rien d'irresponsable, promit Callie. On se rend au bâtiment administratif et on prend la sortie du provo', tout simplement. Pas d'actes idiots de ma part, c'est promis…
- Mais il faut une clé, contesta Arizona.
Elle fixa un instant Callie qui esquissait un petit sourire puis soupira.
- Bien sûr tu l'as…
Malgré elle, Arizona rompit le contact avec Callie et se redressa.
- Très bien, dit-elle. Je te suis…
Elles sortirent en silence dans le couloir puis se dirigèrent doucement vers les escaliers. De façon très naturelle, la main d'Arizona trouva celle de Callie et leurs doigts s'entrelacèrent.
- On va passer par le passage des Sciences Nat', chuchota Callie.
Arizona acquiesça puis la suivit jusqu'au rez-de-chaussée où la Latina les fit passer par un passage que la blonde ne connaissait pas. Elles arrivèrent rapidement au vestibule qui menait à tous les bureaux administratifs du lycée, de la conseillère d'orientation au proviseur. Mais Callie tourna à un moment donné et elles atterrirent derrière le bureau du proviseur Webber.
- Avec Mark durant notre première année, on passait notre temps à vagabonder par ici, raconta Callie avec un sourire en s'avançant vers une grande porte en métal. Jusqu'à ce qu'on se fasse attraper et menacer d'être virés.
Elle lâcha à contrecœur la main d'Arizona pour s'approcher de la porte.
- Je suis contente d'être ici avec toi, avoua Arizona malgré elle. 'Fin ce n'est pas que je suis contente que toi aussi tu sois coincée sous la menace de te faire tirer dessus, s'empressa-t-elle de corriger. C'est juste que le fait que tu sois avec moi, ça a tendance à me rassurer… Tu as toujours réussi à calmer mes angoisses.
- Je suis heureuse de savoir que ça, ça n'a pas changé, répondit Callie d'un ton plein d'amertume.
Arizona la regarda s'accroupir face à la porte avec un regard interrogateur. Que voulait-dire sa dernière remarque ?
- Beaucoup de choses n'ont pas changé, affirma Arizona doucement, dans une volonté de clarifier les choses. Les sentiments forts ne disparaissent pas du jour au lendemain.
Callie oublia momentanément la porte et se tourna vers Arizona pour la dévisager et remarqua le regard brillant qu'abordait la blonde. Elle s'apprêtait à lui demander ce qu'elle voulait dire par là mais un bruit derrière elles les firent toutes les deux sursauter. Callie tira Arizona vers elle et jeta un coup d'œil vers l'entrée du bâtiment. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle reconnut le visage familier de Lydia.
- Hey Lyd' tu ne devrais pas être ici, prévint Callie. C'est dangereux…
La jeune fille ne répondit pas et s'approcha un peu plus d'elles. Callie sentit Arizona tirait sur sa manche, elle se tourna vers elle et vit une expression paniqué sur son visage alors qu'elle lui faisait un signe de tête en direction de Lydia.
Callie suivit son regard et remarqua avec horreur une arme dans la main tremblante de la première année. Elle s'apprêta à s'avancer vers elle mais Arizona la retint par le bras.
- Lydia est-ce que ça va ? questionna Callie d'une voix prévenante.
La jeune fille leva les yeux vers elle. Callie remarqua l'expression tétanisé qu'elle arborait. Elle devait être complètement dépassée par les évènements.
- Je ne voulais pas en arriver là, déclara Lydia d'une voix morne. Je… j'ai perdu mon sang-froid. Cette peste de Boswell m'a encore poussé à bout et… il faut que je l'arrête une bonne fois pour toute ! Elle est méchante !
Callie se sentait dépassée. Elle ne quittait pas Lydia des yeux et l'écoutait divaguer alors qu'elle avait toujours son arme baissé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? lui demanda-t-elle en se reculant doucement vers la porte, Arizona toujours à côté d'elle.
- J'allais en cours, raconta Lydia. Avec la peur au ventre, comme d'habitude. Et elles m'ont bousculé !
- Donc tu as sorti ton arme et tu as tiré, en conclut Callie calmement.
- ET QUE VOULAIS-TU QUE JE FASSE ?! s'écria Lydia.
Callie sentit Arizona sursauter à côté. Elle n'osait pas la regarder, de peur de perdre un instant de vue Lydia, mais glissa discrètement sa main dans la sienne pour la rassurer.
Comment cette fille aussi gentille et douce pouvait-elle en arriver là ? Elle savait qu'elle était fragile, qu'elle était le souffre-douleur des cheerleaders, mais jamais Callie n'aurait pensé qu'elle puisse entrer au lycée avec une arme pour se protéger. Oui, parce qu'il était évident que pour elle, si Lydia avait une arme en sa possession c'était avant tout dans le but de se défendre. Son sentiment de peur laissa place à de la peine.
- As-tu blessé quelqu'un ? questionna Callie.
La jeune fille secoua vivement la tête d'un air perturbé.
- Non, répondit Lydia. La balle a atterrit dans un casier… Mais il faut que je les retrouve. Il faut que ça se termine !
Lydia détourna son regard de Callie et le posa sur Arizona qu'elle semblait tout juste remarquer. Elle fit quelque pas en avant.
- Tu es une des amies à Boswell, lança-t-elle en soulevant son arme vers la blonde. Je t'ai vu à plusieurs reprises avec elle !
Callie sentit une vague de panique l'envahir. Elle se dégagea de l'étreinte d'Arizona et s'interposa entre les deux.
- Callie, souffla Arizona dans un sanglot. Arrêtes je t'en prie !
La Latina décida tout de même de s'avançait un peu vers Lydia. Elle leva ses deux mains en signe de sa bonne volonté.
- Lydia regardes-moi, dit Callie d'une voix qu'elle essaya de rendre rassurante.
La jeune fille fixa de nouveau Callie sans pour autant baisser son pistolet.
- Arizona est quelqu'un de bien, tout comme toi, continua Callie calmement.
Elle s'avança encore un peu plus, ce qui amena Lydia à paniquer et à pointer son arme sur la brune. Callie s'immobilisa immédiatement et leva un peu plus ses bras.
- Callie ! supplia de nouveau Arizona.
- Ne bouges pas, lui intima la brune en continuant de fixer Lydia. Concentres-toi sur moi Lyd', ajouta-t-elle à l'adresse de la jeune fille. Tu me connais, tu sais qui je suis, on est amies toutes les deux…
La première année acquiesça vivement, des larmes coulant sur son visage et le bras toujours pointé sur Callie.
- Je comprends ce que tu ressens, rassura Callie. J'ai eu moi aussi des envies de meurtres à l'encontre de Lauren Boswell. Elle m'a rendue à moi aussi la vie difficile, tu le sais. Elle m'a fait beaucoup de mal et ça n'a fait qu'augmenter ma haine à son égard…
Elle remarqua que Lydia semblait se détendre et en profita pour s'avancer de quelques pas vers elle. Plus que deux mètres les séparait dorénavant.
- Cependant, continua-t-elle, je me suis rendu compte que si je cherchais à me venger je ne vaudrais pas mieux qu'elle. Et toi Lydia, je peux t'assurer que tu vaux largement mieux que Lauren Boswell et ses amis…
- C'est trop tard maintenant, sanglota Lydia. Je suis partie trop loin pour reculer.
Callie fit de nouveau quelques pas vers elle de sorte à ce qu'elles se retrouvent face à face, seulement un mètre les séparant.
- Tu n'as fait de mal à personne, répondit Callie. Donnes-moi ton arme et je peux t'assurer que les choses vont s'arranger.
Elle lui adressa un sourire rassurant avant de tendre doucement sa main en direction de l'arme. Lydia abdiqua peu à peu alors que Callie posa sa main sur le canon. Arizona poussa un soupir de soulagement, voyant les choses s'arrangeaient et esquissa un geste pour s'approcher de Callie.
Cependant, en quelques secondes les évènements prirent une tout autre tournure. La SWAT força la porte du bâtiment faisant ainsi un bruit assourdissant qui fit sursauter les jeunes filles.
Sous la panique, Lydia appuya sur la détente et le coup partit. Arizona poussa un cri d'horreur lorsqu'elle remarqua Callie se figer.
La Latina se retrouva le souffle coupé. Elle fixa le visage paniqué de Lydia puis baissa les yeux vers son ventre et vit une tache rouge se former sur son t-shirt. Une douleur lancinante l'envahit. Elle voulait hurler mais elle était dans l'incapacité de reprendre sa respiration. Sa vue commença à se brouiller, les cris d'Arizona lui paraissait étouffés, à des kilomètres d'elle. Elle se sentit tomber, ne sentant rien d'autre que la sensation de brûlure intense au niveau de son abdomen jusqu'à ce qu'elle ne ressente plus rien. Qu'elle n'ait conscience de plus rien.
