XXV
In every way
Note de l'auteur : 25e chapitre. Déjà. C'est juste la fic la plus longue que j'ai écrite.
La croisière arrive sur sa fin. C'était bien sympa, mais j'avais dit 2 ou 3 chapitres et je me suis déjà largement attardé.
Bonne lecture!
PS : Le yoga c'est sympa. Un Hannibal Lecter, c'est mieux.
La fumée de la cigarette passa mes lèvres dans un filet blanchâtre, avant de se disperser en volutes vaporeuses dans la brise nocturne. À ma droite, Alejandro présentait sa bouche ronde comme un « O » à la Lune, en s'amusant à faire des cercles brumeux qui flottaient dans l'air quelques secondes avant de s'envoler. Nous étions sur un coin reculé du pont. L'endroit était le témoin de tous nos rendez-vous « secrets » depuis un certain nombre de jours. Ils se limitaient principalement à des conversations soi-disant à cœur ouvert, où je ne faisais que peaufiner un peu plus ma fausse histoire avec Hannibal. Je noircissais le tableau chaque soir un peu plus, lâchais des infos, des sous-entendus, comme par inadvertance, et il s'empressait de les interpréter exactement comme je l'attendais de lui. Je me tenais délibérément près de lui physiquement, comme une demande muette de réconfort, avant de le repousser timidement, dès qu'il devenait un peu trop entreprenant. Souffler le chaud et froid ainsi, ne faisait que raffermir mon emprise sur lui. Il n'attendait que le jour de notre arrivée, où il s'imaginait s'enfuir avec moi, loin d'Hannibal, où il pensait me sauver.
Il m'offrait toujours une cigarette ou deux, puis un bonbon à la menthe, pour ne pas que j'ai d'ennui. Bien entendu, il ne savait rien de l'odorat affûté d'Hannibal. Mais j'acceptais bien volontiers, en faisant comme s'il ne me faudrait pas brûler mes vêtements, prendre au moins deux douches et me laver quatre fois les dents, pour espérer qu'il ne sente pas l'odeur du tabac sur moi. Je jetai le mégot dans l'océan noir et gobai la friandise, la fit racler contre mes dents avec ma langue, en savourant le piquant mentholé.
« Quand a-t-il prévu de t'organiser une soirée avec l'autre porc ? » Demanda-t-il, en parlant de Blake Bass.
Nous avions quelque peu éludé le sujet, jusqu'à maintenant. Je savais qu'il cogitait mes paroles depuis le soir où l'homme était monté à bord et le laissais volontairement mariner dans les marasmes de sa conscience. Alejandro était clairement doté d'une personnalité à double tranchant. Il croyait certainement ses sentiments pour moi sincères et purs, inconscient qu'il était de sa propre nature, mais cette lueur qu'Hannibal avait vue dans mes yeux, je la voyais dans ceux de l'homme en face de moi, à présent. Il n'était pas à proprement parler un tueur. Non. Mais, il aimait clairement tout contrôler, y compris moi. Du moins pensait-il me contrôler. Et cela agissait comme une drogue sur lui. Je voyais bien avec quelle véhémence il venait à nos entrevues, comme si même le naufrage imminent du bateau ne pourrait l'empêcher de me rejoindre. Et c'était avec un certain plaisir que j'alimentais son moulin.
« Demain soir. » Lui répondis-je, en lui faisant part de la date dont nous avions convenu avec Hannibal.
Nous débarquerions au Havre dans deux jours et il nous restait encore nos dernières cartes à jouer. Ensuite, nous pourrions disparaître. Pour de bon, cette fois-ci. Du moins, je l'espérais.
« Dans sa cabine ou la vôtre ? »
« La nôtre. Zacharia ne prête pas ses jouets facilement. Il tient à être présent pour s'assurer que Bass ne dépasse pas certaines limites. » L'informai-je.
« Il compte sérieusement s'asseoir dans un coin et se rincer l'œil ? Comment peut-il prétendre t'aimer après ça ? » S'indigna-t-il.
« Il m'aime vraiment. De sa manière tordue et étrange. »
Et ce n'est que quand les mots sortirent de ma bouche, que je pris conscience qu'ils étaient vrais, à une époque. Peut-être même que c'était encore un peu le cas, aujourd'hui. Notre manière de nous aimer était quelque peu tordue et étrange. Mais, personne ne le comprenait mieux que moi et c'était réciproque.
« Ce n'est pas ce que j'appelle de l'amour. »
« Qu'en sais-tu ? » Répliquai-je, sur la défensive, sans pouvoir m'en empêcher.
« Je suis amoureux de toi, Gabriel. Depuis que mes yeux se sont posés sur toi, je désire que tu m'appartiennes, de toutes mes forces. C'est ça l'amour. »
Ses paroles firent écho à celles d'Hannibal. Lui aussi m'avait voulu dès qu'il m'avait vu. Mais il avait fait tellement plus que m'offrir du cancer en stick, des bonbons à la menthe et une oreille attentive mais intéressée. Bien plus qu'un très vague engagement à faire quelque chose d'encore indéfini pour me sortir d'une mauvaise passe. Et venant de Alejandro, cela ne me fit même pas frémir une seconde. Mon cœur continua inlassablement de battre à son rythme lent et calme, comme s'il venait de me dire que la Lune était belle ce soir.
« Je suis flatté, mais je ne suis même pas certain de ressentir la même chose. »
« Tu as l'esprit embrouillé par ce tyran. Il t'a manipulé si longtemps. Mais, quand nous serons loin d'ici, tu y verras enfin clair à nouveau. Je saurais être patient, et tu m'aimeras en retour. »
L'homme était réellement dangereux. Je n'eus aucun mal à percevoir la menace sous-jacente dans son discours, alors qu'il n'était même pas assez honnête avec lui-même pour se rendre compte de ce qu'il serait capable de faire, si par malheur je refusais de le suivre au final. Ce qui ne manquerait pas d'arriver, évidemment. Mais, à ce moment-là, il ne voudra probablement plus que je parte avec lui.
« J'espère que tu as raison. » Prétendis-je, en lui souriant timidement.
Je comprenais l'intérêt de ce genre de jeu, bien sûr. J'y prenais clairement autant de plaisir qu'Hannibal, inutile de le nier. Mais, cela commençait sérieusement à me porter sur les nerfs de jouer la potiche, le faible, incapable de soutenir un regard. Hannibal dirait, dans son jargon de psy, que c'était parce que cela me rappelait trop mon ancienne condition. Avant que nos routes se croisent, et même un peu après, durant tout le temps qu'il m'aura fallu pour ouvrir mon esprit à d'autres horizons. Le temps qu'il lui aura fallu pour briser ma psyché, afin que je puisse la reconstruire comme elle se devait d'être. Sans barrière, sans chaînes, sans jugement.
« Bien sûr que j'ai raison. Je peux voir en toi, tu te rappelles ? Le commun des mortels ne sait pas ce dont nous sommes capables. Mais toi, tu es comme moi, tu sais comment je fonctionne. »
Et c'était justement ce qui causerait sa perte. Car, dans son narcissisme exacerbé, il ne lui venait pas à l'esprit que je voyais également clairement en lui et que, puisque je savais comment il fonctionnait justement, j'étais parfaitement capable de lui cacher absolument toutes mes pensées, de lui faire croire ce que je voulais. Je savais quelles expressions afficher, quels termes employer et à quel moment. C'était comme jouer d'un instrument connu par cœur et pratiqué depuis des années.
« Que comptes-tu faire à propos de Bass ? » Le pris-je au dépourvu, pour l'obliger à prendre une décision.
« Je n'avais pas prévu la présence de Zacharia. À deux contre un, je n'arriverai à rien. Je vais avoir besoin que tu l'éloignes d'une manière ou d'une autre. »
« J'en fais mon affaire. » Lui assurai-je.
Et c'était vrai. Hannibal et moi ne serions pas bien loin, mais nous ne ferions rien pour l'aider ou l'arrêter. Et quand finalement, il aurait fait ce qu'il avait à faire, nous serions sa seule porte de sortie, sa seule alternative pour qu'il ne finisse pas en prison. À ce moment-là, il sera à nous.
« Si nous voulons faire porter le chapeau à Zacharia, tu es conscient que tu devras aller jusqu'au bout. Si Bass survit, il témoignera et nous serons foutus. Je mettrai un somnifère dans un verre d'alcool que je laisserai sur la table de nuit. Il s'empressera de le boire en attendant notre arrivée. Je retiendrai Zacharia autant que possible pour te laisser une fenêtre de tir suffisamment large. »
« Et que dois-je faire de Blake, une fois qu'il sera profondément endormi ? »
Pour toute réponse, je lui tendis discrètement un paquet, en prenant garde à ce que personne ne soit dans les alentours en train de nous observer. Il le prit, le soupesa, curieux, avant de finalement jeter un œil à l'intérieur. Un éclair de panique passa dans ses yeux et il manqua de le laisser tomber, mais il se reprit et leva sur moi un regard indescriptible.
« Où t'es-tu procuré ceci ? » Me demanda-t-il.
C'était un calibre 38 avec silencieux, que Ricardo s'était vanté de posséder un soir où il avait un peu trop bu. Hannibal y avait vu une occasion et raccompagné l'homme qui tenait à peine debout, avant de lui subtiliser l'arme quand il la lui avait montrée pour étayer ses dires. Mais ça, Alejandro n'avait pas besoin de le savoir.
« Aucune importance. » Balayai-je, d'un geste de la main. « Fais-en bon usage. Tu as suffisamment d'imagination pour ça. Je fumerais bien une dernière cigarette, s'il te plaît. »
Il soupira, empocha le sac dans sa veste et sortit son paquet de clopes, avant de m'en tendre une. Je m'en saisis, puis il se servit de son briquet pour me l'allumer, avant de tout remettre dans sa veste.
« Je vais y aller. Nous nous sommes déjà trop attardés. Il va finir par te chercher. » Conclut-il.
« Il est à la piscine, en train de faire ses longueurs. Mais tu as raison, il ne devrait plus tarder. Pars devant. Je te recontacte demain. » Répondis-je, en tentant de rester détaché.
Mais, si je ne voulais pas qu'il se défile au dernier moment, il fallait que je tende encore un appât. Alors, quand il se pencha vers moi pour déposer ses lèvres sur les miennes, je me fis violence pour ne pas reculer, comme j'en avais l'habitude. Cela ne dura qu'une seconde. La crainte d'être surpris le rendait moins audacieux et le baiser resta très chaste. Cela ne m'empêcha pas de m'essuyer la bouche avec ma manche, dès qu'il disparut à l'angle, dans l'escalier qui menait au pont inférieur.
Il ne me fallut qu'une bouffée de fumée supplémentaire, avant d'entendre des pas discrets derrière moi. Je tendis le stick de tabac sur ma droite et Hannibal referma ses lèvres autour du filtre, avant d'aspirer doucement, faisant rougeoyer l'extrémité dans la nuit noire, avant d'expirer par le nez, en prenant des airs de dragon furieux.
« Tout est réglé ? » Me demanda-t-il, en s'accoudant à la rambarde.
« Comme du papier à musique. »
Satisfait, il posa doucement une main sur ma nuque, caressa mes cheveux, avant de glisser sur mon épaule gauche et de me tirer contre son torse. Je m'y blottis, pour fuir la fraîcheur du soir et nous terminâmes notre cigarette à deux, dans un silence confortable, avant de rentrer dans notre cabine.
…
Le jour se leva sur nos corps alanguis sous les draps défaits. La tête d'Hannibal reposait sur ma poitrine, un de ses bras jeté paresseusement en travers de mon ventre. Je passai mes doigts dans ses cheveux désordonnés, sans ouvrir les yeux, bien décidé à grappiller encore quelques minutes de sommeil. Également à demi réveillé, il raffermit sa prise sur mon flanc et déposa distraitement un baiser sur un de mes tétons encore sensible. Je n'avais aucune idée de l'image que je pouvais bien renvoyer, mais au souvenir des multiples morsures et autres suçons, je préférai m'abstenir de l'imaginer pour le moment. Dire qu'Hannibal n'avait pas apprécié que Alejandro me touche de nouveau était un euphémisme. Il n'en avait pas après moi, bien évidemment, mais à défaut de pouvoir le ficeler comme un rôti dans l'immédiat, il avait mis beaucoup d'ardeur à effacer toute trace de lui sur moi – ce qui n'était pas bien compliqué – et à me faire oublier jusqu'à mon nom quand il en eut fini avec moi. La jalousie chez lui, quand elle n'était pas un motif de meurtre, le rendait sexuellement très créatif. Cela me donnait presque envie de la provoquer volontairement, si seulement je me sentais capable de supporter des nuits comme celle-ci plusieurs fois d'affilée. Mon corps, actuellement, n'était qu'une énorme courbature et la plupart de mes muscles semblaient sur le point d'avoir une crampe. Pourquoi s'emmerder à faire du yoga, quand on était l'amant d'Hannibal Lecter ?
J'émergeai complètement peu de temps après et m'étirai prudemment, alors qu'il se redressait pour s'asseoir sur le bord du lit et se lever. Mon dos craqua, ma nuque aussi et je retombai lourdement sur le matelas, avant d'ouvrir mes paupières en luttant contre la lumière éblouissante du jour qui perça par la fenêtre quand il ouvrit les rideaux. Il resta un instant entièrement nu devant la vitre, son regard perdu sur l'océan, avant de revenir vers moi.
« Tu as faim ? » Me demanda-t-il.
« Je suis affamé. » Avouai-je, rejetant le drap au pied du lit.
Hannibal glissa sur moi un regard scrutateur, où je perçus l'acuité du médecin chevronné et la satisfaction du prédateur, teintée de la douceur de l'amant amoureux. Et, quelque peu provocateur, je le laissai volontiers évaluer ses propres dégâts sur mon corps dénudé. Et le résultat ne devait pas être si alarmant, car il se détourna sans aucune inquiétude sur le visage, avant de se rasseoir et de se saisir du téléphone fixe directement relié à la réception, sur la table de chevet. Il commanda rapidement deux petits-déjeuners complets, sa main traînant sur ma cuisse dans un geste inconscient, avant de raccrocher.
« Tu peux aller prendre une douche si tu veux. Je vais attendre notre repas. » Me proposa-t-il, alors que sa main remontait lentement vers mon aine, contredisant ses paroles.
« Merci. Je me dépêche. » Répondis-je, en me levant. Mieux valait ne pas traumatiser un membre d'équipage.
Je déposai un baiser aérien sur ses lèvres, avant de disparaître dans la salle de bain.
…
La journée passa rapidement. Nous étions sur le qui-vive. J'étais partagé entre l'impatience et l'appréhension. Et la nuit finit par tomber, plutôt douce. Comme convenu, je laissai un verre de scotch où je dissous deux valium, alors qu'Hannibal était normalement avec Blake, pour convenir d'un rendez-vous dans notre cabine, sous un prétexte de son invention. Une fois tout en place, je quittai la chambre, pour retrouver Hannibal sur le pont supérieur. Il m'y attendait déjà, dos au bastingage, et dès qu'il me vit, un petit sourire se dessina sur ses lèvres fines que je m'empressai d'embrasser.
« Tu as vu Alejandro ? » Me demanda-t-il.
« Oui. Normalement, il est déjà en route pour notre cabine. Attendons-nous ici ? »
« Non. Nous devons être vus ailleurs, pour ne pas être soupçonnés si jamais nous n'arrivons pas à dissimuler sa mort jusqu'au débarquement. » Répliqua-t-il.
« Nous n'avons pas le temps de dîner, mais j'irais bien grignoter quelque chose avec un apéritif. » Proposai-je.
Et nous nous mîmes en route vers le restaurant. L'hôtesse nous accueillit, avec son sourire habituel, et nous installa à une table bien visible, à la demande d'Hannibal. Plusieurs visages, maintenant familiers, nous saluèrent de loin. L'attente pouvait commencer.
…
Nous laissâmes passer un temps raisonnablement long. Si quoi que ce soit s'était mal passé, par exemple, si Bass n'avait pas bu son verre, nous en aurions déjà eu écho. La consigne de Alejandro était de patienter dans la chambre jusqu'à ce que je lui fasse un signe. Et je l'imaginai parfaitement, plus ou moins paniqué, à côté du cadavre. Tuer pour la première fois était une expérience traumatisante. J'avais d'ailleurs moi-même choisi l'arme à feu, pour qu'il puisse avoir la même impersonnalité, la même distance que moi, quand j'avais tiré sur Hobbs. Il n'aurait jamais eu la force d'égorger ou éventrer l'homme.
Quand nous le jugeâmes bon, nous payâmes la note, avant de prendre le chemin du retour. Quand nous arrivâmes devant la porte, aucun bruit ne perçait à travers le battant. Nous fûmes donc bien obligés d'entrer, pour savoir ce qu'il en était. J'entrai en premier, laissant Hannibal en retrait, camouflé dans le couloir, au cas où. D'un seul regard sur la pièce, je compris immédiatement deux choses. Bass était bien mort et Alejandro restait contemplatif en réagissant à peine à mon arrivée. En m'approchant du lit, je fis une troisième constatation qui me prit totalement au dépourvu. L'homme gisait sur les draps, un trou d'entrée sur la tempe droite, un de sortie qui ressemblait plus à de la bouillie là où se trouvait auparavant sa tempe gauche, le sang et la cervelle s'étaient répandus sur la literie, et l'arme se trouvait dans sa propre main posée sur l'oreiller. Si j'avais été un flic lambda, j'aurais immédiatement pensé à un suicide. Alejandro avait fait preuve d'une ingéniosité et d'un sang-froid insoupçonnés. Peut-être avais-je mal mesuré le potentiel de l'individu. Cela changeait la finalité de notre plan initial. Un suicide ne donnerait lieu à aucune enquête immédiate et occuperait suffisamment l'équipage pour que personne ne remarque tout de suite la disparition de Alejandro. Nous n'avions plus besoin de lui pour endosser quoi que soit. Il venait de lui-même se condamner prématurément.
Il leva ses yeux sur moi et je plongeai dans son esprit complètement ouvert à cet instant. J'y vis le choc, la difficulté à faire face. Il découvrait une part de lui qu'il ne connaissait pas. J'y vis également la détresse, une question muette. Et maintenant ? Et Hannibal choisit ce moment pour entrer. Ce fut comme si Alejandro avait pris une violente décharge électrique. Il se leva et recula jusqu'à la baie vitrée, son regard voyageant entre nous deux, sans comprendre.
« Que… Que fait-il là ? » Articula-t-il difficilement.
Pour toute réponse, je m'approchai d'Hannibal pour me coller à lui d'une manière équivoque. Nous échangeâmes un regard entendu et je sus qu'il en était venu aux mêmes conclusions que moi.
« Il n'a jamais eu l'intention de laisser Bass s'amuser avec toi, n'est-ce pas ? » Comprit-il instantanément. « Pourquoi m'avoir poussé à faire ça ? »
« J'étais curieux de voir ce qui allait se passer. Et ce porc ne méritait pas mieux. » Lui répondis-je, en haussant les épaules.
« Mais qui êtes-vous, bon sang ?! Qui pousse au meurtre pour satisfaire sa curiosité ? »
« Mon nom est Will Graham. » L'informai-je, en sachant très bien qu'il serait mort dans quelques minutes.
« Pourquoi cela me dit quelque chose ? »
« Le nom d'Hannibal Lecter vous parlera peut-être plus. » Répliqua Hannibal, en faisant un pas vers lui.
Et cela lui parlait bien plus visiblement. Je perçus quand la compréhension, suivie immédiatement par l'horreur, s'affichèrent sur son visage. Mais bien trop tard. Il n'eut même pas le temps de crier.
