Joyeux Noël tout le monde ! J'espère que vous avez passé une bonne journée, remplie de joie et de cadeaux. Pour fêter ça, voici le mien : une nouvelle scène coupée, qui provient du chapitre 12 partie 2. C'est le récit de la sortie en mer des Swan-Jones offerte par Killian pour Noël, justement.
J'espère que ce petit bonus vous plaira, et à bientôt pour la suite ;)
_Un joyeux Noël…_
En milieu de matinée, après avoir ouvert les cadeaux et une fois tout le monde chaudement habillé, un pique-nique prêt dans un sac que Killian portait avec d'autres affaires essentielles à leur sortie en mer, les Swan et les Jones se rendirent au port, où le jeune homme leur présenta avec enthousiasme le bateau qu'il avait loué pour la journée : le Cygnus, pouvait-on lire son nom sur sa coque. Appellation qui n'échappa forcément pas à Emma, qui s'exclama en le voyant :
« Sérieusement ? Le Cygnus ? C'est fait exprès ?
– Bien sûr, Swan, répliqua l'intéressé en insistant sur le patronyme de la blonde. J'ai tout de suite su que c'était lui que je voudrais prendre, quand je l'ai vu. Il ne te plaît pas ?
– Oh si, si ! s'empressa d'affirmer la shérif devant l'air interrogateur de son ami. »
Elle ajouta toutefois après un court instant, songeuse :
« Mais il est un peu petit, non ? »
Non pas qu'elle s'en plaignait – elle s'était seulement imaginé quelque chose de plus imposant, sans vraiment savoir pourquoi, au fond. Car à bien y réfléchir maintenant, il était facilement compréhensible que pour quatre personnes, et sans s'éloigner trop de la rive au vu du peu de temps qu'ils avaient pour eux, il n'avaient pas besoin de plus que ce qu'ils avaient là, face à eux.
Surtout que de ce qu'il lui en avait raconté, Killian avait travaillé pendant des années dans ce domaine-ci. Il devait donc parfaitement savoir ce qu'il faisait, en prenant cette embarcation et pas une autre. Tout n'était alors qu'une question de nom, au fond. De clin d'œil qu'il avait voulu lui faire.
A la surprise d'Emma, cette interrogation le fit bondir, quand il l'entendit. Ses paupières s'ouvrirent en grand ; il fit mine d'être indigné, choqué, même, comme si c'était son navire qu'on insultait.
Ou, pire encore, lui-même.
« Swan ! s'exclama-t-il. Tu sauras que ce ne sont pas de bonnes manières que de se moquer de la taille du bateau d'un marin. »
L'intéressée le dévisagea, incrédule et amusée qu'il le prenne ainsi, avant d'éclater de rire face à l'expression complètement outrée de son visage.
« Ce n'est pas le tien, fit-elle remarquer, alors de quoi est-ce que tu te plains ?
– C'est vrai, admit l'irlandais après une courte considération. Si tu le voyais… le mien est bien plus gros que ça. »
Suite à quoi il offrit un énorme rictus à sa vis-à-vis, et un clin d'œil entendu.
L'espace de quelques secondes qui suivirent cette réponse, voyant l'attitude à son tour réjouie du jeune homme, Emma se demanda s'ils parlaient toujours de navires, ou si le sujet avait dévié vers autre chose, des sous-entendus plus douteux, comme seul le brun en avait le secret. Elle sentit ses joues s'empourprer à cette pensée qu'elle ne devrait clairement pas avoir.
C'est pourquoi elle se reprit bien vite, se souvenant de lorsqu'il lui avait parlé de sa vie en Irlande, quelques jours plus tôt, et qu'il lui avait fait part de ses aventures à bord du Jolly ainsi que son rêve de faire le tour du monde avec, avant d'apprendre que sa femme était enceinte. Alors bien entendu que oui, ils parlaient bel et bien toujours de bateaux, dont le sien devait effectivement être bien plus gros que celui dans lequel ils s'apprêtaient à embarquer. Il n'y avait aucune raison de voir plus loin que les simples faits.
Pourquoi voudrait-elle voir plus loin que cela, de toute façon ? Ce n'était pas comme si d'autres sujets l'intéressaient…
Malgré cela, elle était heureuse de se rendre compte que, malgré leur mésentente de la veille, ils arrivaient à passer au-dessus de celle-ci, au moins pour aujourd'hui, et rester aussi complices que d'habitude, sans gêne, comme si rien n'était arrivé. Qu'ils puissent rire ensemble de cette manière.
Et ainsi partager un moment dans la joie et la bonne humeur pour cette journée de Noël.
« Il n'est pas aussi bien que le Jolly, précisa le jeune homme, avec plus de sérieux cette fois, après un temps de silence qui commençait à devenir gênant pour son amie. Mais ça fera parfaitement l'affaire. »
Suite à quoi il monta en premier à bord, sans attendre de réaction particulière de sa part, porta les deux enfants l'un après l'autre pour leur éviter de rater la marche, qui se trouvait haute et quelque peu éloignée de la rive, puis tendit une main vers la shérif pour l'aider à son tour. Elle l'accepta sans broncher, un petit sourire à présent tout à fait sincère, et non plus rieur, au bord des lèvres.
Quand tout le monde fut enfin sur le pont du Cygus, Killian se dirigea vers la cabine à l'intérieur de laquelle se trouvait la barre, prêt à prendre le large.
« Est-ce que je peux le faire, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît ?! demanda Sarah, tout à coup pleine d'une excitation nouvelle, elle qui paraissait tout à fait dans son élément sur ce bateau – elle n'était pas la fille de l'irlandais pour rien.
– Dès que je nous aurai sorti du port, je te laisserai, promis, lui fit son père tout en commençant à manœuvrer. »
Emma le contempla faire avec intérêt, son rictus d'autant plus large qu'auparavant. Il était tellement concentré sur sa tâche, qui semblait si facile, à le voir faire, d'ailleurs.
Il y avait quelque chose d'adorable dans sa façon de faire et d'être. Elle ne l'avait jamais vu ainsi, à ce point dans son élément, détendu et heureux. La mer était vraiment sa maison, il n'y avait pas de doute à avoir là-dessus. Il suffisait de regarder son visage illuminé de joie pure pour s'en rendre compte.
Ce dernier, sentant les irises émeraude portées sur lui, tourna légèrement la tête en direction de la blonde, et lui sourit en retour quand leurs yeux se rencontrèrent, cette même lueur de bonheur toujours présente à l'intérieur de ses pupilles à la couleur de l'océan sur lequel ils se trouvaient – décuplée à présent, même.
Emma s'y serait presque perdue dedans, à le contempler, s'il ne l'avait pas ramenée à la réalité en faisant soudain un geste brusque, lui-même perdu dans sa propre admiration, à ne plus porter son attention sur rien d'autre qu'elle pendant fallait-il croire trop longtemps. Il se concentra alors à nouveau sur la barre tandis que la jeune femme décida d'aller regarder l'horizon, accoudée contre le navire.
C'était une vue des plus apaisantes.
Un long moment elle resta dans cette position, seule, à tenter de s'habituer aux secousses des vagues qui venaient se heurter sur la coque. Il fallait avouer qu'elle ne se sentit pas très à l'aise au début – elle avait le mal de mer, en clair. C'est pourquoi elle ne bougea pas d'où elle se trouvait, même si elle aurait bien voulu rejoindre Killian et les enfants dont elle pouvait entendre les rires résonner depuis l'intérieur de la cabine.
« Maman, viens voir ! fut-elle tout de même appelée après un certain moment de navigation. C'est moi qui dirige le bateau, regarde. »
Elle fut donc forcée par son fils à se retourner, et eut la joie de le voir, tout sourire, la barre entre les mains, Sarah et à ses côtés et l'autre adulte juste derrière, à lui donner des instructions sur comment faire pour tourner. Elle leur fit un petit signe de la main, son cœur serré de bonheur devant l'enthousiasme de son enfant, avant de reporter son attention sur l'eau.
Elle n'allait vraiment pas bien.
Néanmoins, après quelques minutes, elle sentit une présence venir s'accouder à ses côtés, restée silencieuse d'abord, avant de la questionner :
« Alors comme ça on a le mal de mer, Swan ? »
Elle dévia le regard et aperçut alors Killian, dans la même position qu'elle, les yeux rivés devant lui. Il n'y avait bizarrement aucune moquerie dans sa voix – juste du réel souci pour elle, ce qui l'étonna légèrement, à vrai dire.
« Un peu, oui, avoua-t-elle. Mais ça va déjà mieux.
– Je suis désolé, s'excusa le jeune homme, surprenant encore plus la blonde. J'aurais dû penser que c'était votre première fois à tous les deux, et choisir un bateau où l'on sent moins l'océan en-dessous, au cas où justement l'un de vous aurait le mal de mer… »
Il paraissait vraiment contrarié qu'elle ne puisse pas apprécier la journée comme il se devait.
« Eh, voulut-elle donc le rassurer en posant une main sur la sienne, le forçant à la regarder enfin. Tu n'as aucune raison de t'excuser, c'est un super cadeau que tu nous fais là. Regarde Henry, comme il est content d'être là ! Tu ne pouvais pas tout prévoir. Et je t'assure que c'est parfait, je n'aurais pas rêvé mieux. Je vais m'y faire, ne t'inquiète pas. »
Plus ou moins soulagé par cette réponse de sa vis-à-vis, son interlocuteur lui offrit un timide rictus, mais ne prononça pas la moindre parole en retour. Ils demeurèrent ainsi dans le silence un moment, jusqu'à ce qu'une petite île apparemment déserte n'apparaisse dans leur champ de vision.
« Qu'est-ce que… s'écria Emma, elle qui ne s'attendait pas à voir de la terre à des kilomètres.
– C'est notre point de pique-nique, l'informa l'irlandais. Les pêcheurs m'ont dit de venir ici, que c'était très beau et calme, comme endroit. »
La jeune femme le dévisagea, incrédule. Il avait réellement pensé à tout, en fait. Et effectivement, quand ils amerrirent, elle ne put que confirmer les dires des hommes de la mer : le lieu était magnifique, surtout à cette période de l'année, tout recouvert de neige fraîche sur laquelle personne n'avait encore marché. Il n'en fallut d'ailleurs pas plus pour que les enfants, devant toute cette étendue blanche, ne se lancent dans une bataille de boules juste avant manger pendant que leurs parents installaient une couverture par terre, et leur repas.
Ce fut dans les rires et la bonne humeur partagée que le repas se passa, et ils ne repartirent de leur île (que les plus jeunes avaient choisi de renommer leur propre Pays imaginaire tant elle paraissait presque magique) qu'après une deuxième bataille, où cette fois les Swan affrontèrent les Jones dans une guerre acharnée. Il fut toutefois difficile de déterminer un gagnant, au vu de l'état de chacun quand ils remontèrent à bord du Cygnus.
Malheureusement, ce à quoi ils n'avaient pas pensé, perdus dans leur jeu, était le vent marin qui s'empressa de les refroidir dès qu'ils reprirent le large, trempés par la neige. Mais il fallait croire que l'homme du groupe avait vraiment tout prévu, car il se rendit bien vite dans la cabine pour en ressortir avec de grosses couvertures entre les bras dans lesquelles tous se hâtèrent de s'enrouler pour se réchauffer.
Maintenant qu'elle s'était davantage habituée aux sensations, Emma put enfin se promener plus aisément sur le petit bateau. Elle accepta même quand les trois autres insistèrent pour lui apprendre à le diriger à son tour. Comme il l'avait fait avec son fils, le brun se plaça juste derrière elle et prit ses mains afin de lui montrer où les positionner au bon endroit.
Et, comme à chaque fois qu'ils se retrouvaient ainsi proches l'un de l'autre, l'intéressée ne put empêcher son cœur de battre plus vite à ce contact, et son corps de frisonner – non pas de froid… – à chaque toucher. Elle essaya néanmoins de ne pas y prêter (trop) attention, se concentrant plutôt sur les dires de son camarade, et ses propres gestes pour faire tourner le navire.
Elle y prit rapidement goût, et tout malaise disparut alors bien vite de son esprit.
A la nuit tombée, aux alentours de dix-sept heures, ils décidèrent, avant de rentrer en ville puisqu'il commençait à faire vraiment très froid, de s'asseoir tous ensemble sur le point pour admirer les étoiles qui peu à peu venaient éclairer le ciel, écoutant les histoires que Killian avait à raconter sur elles.
Il en savait tellement, sur tant de choses… il ne cessait d'impressionner Emma.
Puis, peu avant le dîner, ils retournèrent à l'appartement de la jeune femme, où ils s'installèrent autour d'un bon repas bien chaud pour conclure cette merveilleuse journée de Noël. Les plus jeunes, après s'être autant dépensés dehors, ne tardèrent pas à aller se coucher, épuisés. Les adultes, eux, restèrent un moment à discuter devant la télévision comme à leur habitude (heureux l'un comme l'autre de voir que celle-ci n'avait été brisée le temps que d'une seule nuit, et que leur quiproquo de la veille n'avait finalement pas tout gâché entre eux) mais ils les rejoignirent assez rapidement, eux aussi fatigués par leur escapade.
Avant de se quitter cependant, la blonde arrêta l'irlandais dans sa course, et lui fit sincèrement :
« Merci pour cette journée.
– Merci à toi, plutôt, répliqua l'intéressé du tac-au-tac, un timide sourire venu s'imprimer sur ses lèvres. Ce Noël… c'était l'un des plus beaux que j'ai pu passer, et c'est en grande partie grâce à Henry et toi. »
Elle de son côté resta muette, touchée par ces mots, et se contenta de lui rendre son doux rictus, le cœur battant dans sa poitrine. Sourire qui se trouva toujours présent quand elle s'endormit.
Car elle aussi venait de passer l'un de ses meilleurs Noëls. Si ce n'était le meilleur. Entourée de son fils, et de cette personne qui, aussi étrange que cela pouvait lui paraître, avait fini par prendre une place énorme dans sa vie, finissant même par devenir l'un de ses meilleurs amis.
Si ce n'était le meilleur.
