Bonsoir ! Nous revoilà partis pour les aventures de notre petit groupe !
Pour cette fois, je me vois obligé de faire un petit avertissement : ne lisez pas ce chapitre si vous êtes d'humeur chagrine ! et si vous insistez quand même, éloignez les armes contondantes ! Moi je dis ça pour votre bien hein...
Merci à Pimpiericky pour sa bêtalecture !
Et bonne lecture à vous (si j'ose dire...) :
Ça déménage !
chapitre 24 : Les pousses grandissent
Dean dribbla, passa son premier adversaire, arriva devant le suivant, fit une feinte, s'emmêla les pieds et se vianda méchamment au sol. Il jura. C'était déjà la troisième fois depuis le début du match. Un équipier lui tendit la main et le releva.
- Reprends-toi, t'es à côté de tes pompes là !
- Je sais, grogna Dean avant de se remettre en position.
Par un curieux réflexe, il jeta un coup d'œil dans les gradins. Ça le déprima plus qu'autre chose. Sam n'était pas là, Castiel non plus. Cela faisait déjà deux semaines qu'ils étaient revenus de vacances et plus rien n'allait. Sam l'évitait carrément et séchait les cours et quand enfin il arrivait à lui parler, la discussion tournait au vinaigre. Pour Castiel, la situation était inversée, c'était lui qui le fuyait.
- Winchester, sur le banc !
Dean obéit sans rechigner, il venait après tout de carrément louper la reprise du match. Il s'affaissa sur le banc de touche et courba le dos, posant sa tête sur ses bras croisés.
Deux semaines qu'il évitait Castiel. Bordel ce que ça faisait mal ! On était samedi et cela faisait une douzaine de jours qu'il avait l'impression que son cœur était broyé dans un étau qui se refermait un peu plus à chaque instant. Il avait envie de chialer, surtout le soir, et quand il n'avait pas les nerfs à fleur de peau, il avait la tête ailleurs.
Il crevait d'être loin de Castiel et ça l'effrayait plus encore. Comment pouvait-il être aussi accro ? Pourquoi ne l'avait-il pas réalisé avant ? Avant qu'il ne soit trop tard...
- Qu'est-ce qu'il t'arrive Dean ? Ta copine de vacances t'a fait des misères ? demanda un de ses coéquipiers d'un ton moqueur en lui ébouriffant la crinière.
Dean grumpha. Il n'était pas capable de mieux de toute façon. Il ne pouvait pas relever la tête à cause de ses yeux pleins d'eau ni parler à cause de sa gorge serrée. Il voulait Cas', il le voulait terriblement. Il le voulait si fort que ça le tétanisait. Ce n'était pas normal, il n'aurait pas dû être aussi attaché ! Il n'aurait jamais dû laisser les choses en arriver là...
La vérité, c'était qu'il avait besoin de Cas' et que le manque était en train de le tuer de l'intérieur.
- Rappelle-toi le dicton : une de perdue, dix de retrouvées !
Dean écarta le bras que son équipier avait passé autour de son cou d'un mouvement brusque de l'épaule et s'enfuit lâchement aux vestiaires. Ses coéquipiers le laissèrent faire et même le coach n'osa rien dire. Dean se déshabilla rapidement et s'engouffra sous les douches. Le premier jet d'eau froide lui donna un coup de fouet salvateur et puis ce fut l'eau chaude, douce et caressante.
L'eau calcaire et l'eau salée se mêlèrent sur son visage.
Il avait mal au ventre, mal à la gorge, mal au thorax. Il avait laissé trop de place à Castiel dans sa vie, beaucoup trop ! Et voilà le résultat, il était paumé et il avait le cœur en vrac. Il s'était laissé aller à aimer Castiel, à accepter son besoin honteux d'être contre lui, dans ses bras. Il avait lâché prise et donné ce dont il était capable et maintenant il chutait, douloureusement, des épines rocheuses le déchiquetant à chaque nouveau centimètre vers le fond.
- Winchester.
Dean tourna la tête par habitude vers cet appel ressemblant à un ordre. Il tomba sur son coach qui le regardait avec une sévérité inquiète.
- Sors de là avant de te transformer en marsouin.
Dean grimaça et ré-enfonça son visage sous le jet. Il avait envie de s'y noyer. Ce serait bien ça. Se laisser engloutir sous les eaux, ne plus penser, ne plus ressentir. Son coach ne parut pas d'accord avec son projet puisqu'il le tira en arrière avant de l'enrouler dans une serviette pour ensuite l'asseoir de force sur l'un des bancs du vestiaire.
- Je n'ai pas pour habitude de me mêler de la vie privée de mes joueurs, surtout ceux de ton âge. Vous êtes assez grands pour faire vos propres choix et conneries. Mais quand ce joueur me donne l'impression de vouloir sauter par la première fenêtre, c'est une autre histoire. Alors c'est quoi ? Un problème de famille ? De fille ? De résultats scolaires ?
Dean ricana amèrement. Un peu des trois. Son père revenait après les vacances et oui, il y avait de grandes chances pour qu'ils aillent ailleurs. Où ? Pour combien de temps ? C'était le grand mystère. Et la fille, qui était en fait un garçon, s'apprêtait à partir dans une université, un endroit où Dean savait qu'il n'avait aucune chance d'aller. Un endroit qui ressemblait au bout du monde.
- Alors ? insista fermement son coach.
- Fille, marmonna Dean avec la gorge serrée.
C'était encore le plus proche de la vérité.
- Elle va sûrement aller à l'université. Loin.
Ou pas. Il n'en savait rien après tout mais Dean préférait ne pas compter sur sa chance au rabais.
- Et tu hésites à la rejoindre ?
- Non, répondit Dean en laissant échapper un demi-sanglot, le visage caché dans ses mains. Je sais déjà que... Que je la suivrai pas. Je resterai avec mon père et mon frère.
Dean se courba en deux, la tête plongée entre ses jambes. C'était ça le plus douloureux. Il savait qu'il dirait non. Dean aimait Castiel, il n'en doutait plus s'il en avait vraiment douté un jour, il aurait donné énormément pour lui, mais pas sa famille. Ça il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas laisser passer une chance d'être avec son père tout comme il ne pouvait pas abandonner Sammy. Et pire encore, il ne pouvait laisser son petit frère et son père seuls ensemble. Ça le tuait de devoir choisir entre les deux, Cas' ou sa famille, mais le pire était encore de savoir qu'il ne doutait pas, même pas une seconde. Il en chialait de réaliser qu'il ferait toujours passer sa famille avant tout le reste, y compris lui, y compris un possible bonheur. Son père avant tout. Sammy plus que tout.
Les larmes avaient coulé sur ses joues avant qu'il ne s'en rende compte.
- Ce n'est pas la fin pour autant, essaya de le rassurer son coach d'une voix bourrue. Être éloigné ne veut pas dire que vous ne pourrez plus jamais communiquer ou vous voir. Et dans le pire des cas, il y en aura d'autres..
Dean éclata d'un rire misérable entrecoupé de sanglots. Non, il n'allait pas y en avoir d'autres. Après Lisa ça avait été compliqué mais il y avait eu Castiel. Après Castiel ce sera juste impossible. Des relations par-ci par-là, peut-être, mais plus rien de prolongé. Il n'en sera plus capable. Ça faisait trop mal, beaucoup trop mal.
- Habille-toi, pendant ce temps j'appelle un surveillant pour qu'il t'amène à l'infirmerie.
- C'pas nécessaire.
- Ça, c'est à moi d'en décider.
Le coach s'éloigna et Dean se retrouva seul sur le banc. Il pouvait entendre à travers la porte les autres joueurs s'activer. Il aurait dû être avec eux. Sauf qu'il lui manquait deux personnes. Deux qui avaient été là pendant la majeure partie de l'année à le regarder depuis les gradins. Deux dont l'un sera bientôt tellement éloigné de lui que la rupture semblait être la seule et unique solution.
Dean enfila lentement ses vêtements, la bouche pâteuse et le nez congestionné. Il se rendit compte qu'il tremblait. De froid mais pas que. Il se sentait si faible physiquement et moralement... Un surveillant entra dans le vestiaire pendant qu'il enfilait ses chaussures. Il le suivit jusqu'à l'infirmerie où il s'installa sur l'un des lits sans rien dire, sous la surveillance de l'infirmière de garde. Elle tenta de le faire parler mais sans succès. Elle le força tout de même à avaler un calmant à cause de ses tremblements.
Dean passa le reste de l'après-midi jusqu'au repas du soir dans ce lit, voguant entre le sommeil et l'éveil, ses pensées réduites à l'état de marshmallows fondus.
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Sam était plutôt content de lui, il ne toussait plus comme un bébé à chaque taff. Il tira sur sa cigarette avec un sourire, content des regards approbateurs de ceux qui l'entouraient et de celui satisfait de Ruby. Elle éloigna la clope de son bec et l'embrassa. Le baiser avait un goût de cendrier froid mêlé aux fruits des bois de son gloss. Ce n'était pas le parfum le plus glamour qui soit mais il était grisant avec un arrière-goût de danger.
Pour ne pas se faire prendre à fumer dans l'établissement, le groupe était planqué à l'arrière du bâtiment du gardien, à côté du parking. L'un d'eux faisait le guet pour prévenir en cas de venue d'un pion. Des chewing-gums et bonbons à la menthe ainsi que quelques sprays anti-odeurs pour les vêtements étaient là pour parer les problèmes. Sauf que les problèmes, Sam n'en avait plus rien à faire.
Il avait accepté la cigarette quelques jours après son retour et tout le monde lui disait déjà qu'il taffait comme un pro. Sam se sentait bêtement fier de lui face au compliment. Et ce n'était pas le seul auquel il avait droit. Régulièrement, Ruby s'extasiait sur ses muscles, sur son intelligence et les autres confirmaient toujours quand ils n'en rajoutaient pas une couche. Sa taille en particulier en impressionnait plus d'un. Il était le plus grand de son âge et même de la classe au-dessus. Et depuis qu'il traînait avec la bande à Ruby – dont elle était la cheffe avait-il remarqué - on le regardait avec envie. Encore plus maintenant qu'il fumait. Sam avait l'impression que ça lui donnait une aura plus mature, plus adulte. Kevin lui avait ri au nez quand il lui avait dit ça un soir où il se sentait bavard. Mais Kevin ne comprenait rien à rien de toute façon. En plus il n'arrêtait pas de se prendre pour son père ou Dean et de lui dire qu'il ne devrait plus sécher les cours et reprendre sérieusement les études. Sam répliquait qu'il était assez grand pour savoir ce qu'il faisait, qu'il n'avait pas besoin d'un Dean bis sur le dos.
- Tu as déjà visité le dortoir des filles ? lui demanda Ruby en passant une main fine aux ongles joliment peints sous sa chemise.
- On a pas le droit, hésita Sam.
- Et alors ? Si tu viens me rejoindre dans trois jours, le jour de ton anniversaire, je te promets un cadeau à la hauteur, dit-elle en lui léchant le lobe de l'oreille.
Sam avait chaud. La main de Ruby le caressait sans discrétion devant les autres. Son odeur capiteuse de parfum bon marché lui tournait la tête tout comme la nicotine qui courait dans ses veines. Et puis il y avait l'autre odeur, celle de la roulée que se faisaient certains de la bande. Une odeur entêtante et douceâtre qui faisait disparaître toute réflexion, qui lui faisait voir des choses étranges, qui le faisait se sentir bien aussi, quoi qu'il se passe.
Il hésita.
- T'es pas puceau quand même, ricana un type bardé de bijoux pseudo-gothiques.
- Bien sûr que non, se défendit Sam. J'y serai !
Ruby l'embrassa, mêla sa langue à la sienne et il n'y eut plus rien d'autre que ça et sa main qui caressait son ventre tendu.
Oublier.
C'était son maître mot.
Oublier qu'un autre lui faisait ressentir des choses dix fois plus puissantes simplement en lui souriant et dix fois pires juste en le repoussant. Oublier son frère qu'il ne supportait plus, qui ne faisait plus que dénigrer tous ses choix sans l'écouter, qui osait même se méfier de Ruby alors que lui-même avait enchaîné les conquêtes avant.
Juste oublier qu'il avait mal.
Oublier.
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Castiel essayait de faire ses devoirs, sans grande réussite. Ce n'était pas qu'il était inquiet, mais Dean n'était pas revenu le voir depuis le retour des vacances et le temps filait. Il ne lui restait plus qu'une poignée de jours pour rendre ses dossiers de candidature complétés s'il y en avait une d'acceptée. Ça devenait juste. Il espérait sincèrement que Dean n'allait pas lui faire un sale coup, il baisserait alors sérieusement dans son estime et ça sonnerait le glas de leur relation, quand bien même il en aurait le cœur déchiré.
Castiel secoua la tête et revint à son cours. Les jeux étaient déjà faits et il savait qu'il allait avoir son diplôme mais ce n'était pas une raison. Il y avait encore l'après. A l'université si tout se passait bien, à faire des études approfondies de mathématiques. Castiel aimait cela les chiffres et les calculs. C'était simple, ça fonctionnait de manière logique et ça ne mentait pas. Ça ne blessait pas non plus, ne disait pas d'horreur pas mégarde et ne le traitait pas insidieusement de monstre au détour d'une poésie ou d'un vieux texte de loi. C'était là sa voie.
Quelqu'un toqua à la porte et le cœur de Castiel s'emballa aussitôt. Harry sortit de son lit en râlant. Il entrouvrit la porte, prêt à menacer l'audacieux qui voulait mettre la main sur les secrets des ghostfacers – dont la reproduction quasi authentique en quartz blanc d'un crâne de cristal. Pourtant, il n'y eut pas d'interrogatoire en règle. Harry ouvrit la porte et s'écarta immédiatement du passage en grommelant.
- Un jour Winchester, j'aurai la preuve que tu complotes contre moi et les ghostfacers ! râla celui qui avait reçu assez de menaces pour désormais s'en aller sans discuter.
- Mais oui, soupira Dean. File maintenant.
Harry ne se le fit pas dire deux fois.
Castiel se tourna vers son petit copain, ou peut-être son ex. Il avait le teint pâle et des cernes sous les yeux. Dans sa main droite, les trois enveloppes.
- Tu dois être pressé de connaître leur réponse, lâcha Dean.
Castiel acquiesça et s'approcha de son amant. Son cœur accéléra et, arrivé devant lui, il ne put s'empêcher de tendre ses doigts vers le visage de Dean pour lui caresser la joue, mais celui-ci détourna la tête. Le brun retira sa main sans rien dire, douloureusement conscient du rejet, et s'assit sur le lit d'Harry. Il invita Dean à s'asseoir à ses côtés. Ce dernier hésita, regarda Castiel de côté, comme méfiant ou craintif avant d'accepter et de se poser sur le matelas, laissant tout de même dix bons centimètres entre eux.
- Dean, s'il y a une candidature acceptée je... J'irai.
- Je sais.
Une voix sans émotion, froide. Castiel regardait son amant, raide à côté de lui, le regard tourné vers le mur. Quelque chose n'allait pas avec Dean. Ce n'était vraiment pas son comportement habituel.
Castiel posa les enveloppes avant de mettre sa main sur la cuisse du châtain. Son corps se raidit davantage mais Castiel put sentir le frisson qui le traversa, tout comme la contraction soudaine du muscle sous ses doigts.
- Regarde- moi. S'il te plaît.
Dean garda ses yeux obstinément dirigés vers le mur. Il sentait déjà sa cuisse le brûler là où Castiel le touchait. Si jamais il rencontrait les azurs, il ne répondait plus de rien. Pour ce qu'il en savait, il pouvait aussi bien se mettre à chialer comme une gonzesse ou sauter sur Cas' comme un animal sauvage. Il n'en savait rien et ne voulait pas savoir. Il voulait juste que Castiel ouvre ses putains d'enveloppes et ensuite partir. S'il l'avait pu il serait même déjà reparti. Mais Cas' était têtu, au moins autant que lui. Sa main se posa avec douceur sur sa joue et Dean se consuma de l'intérieur. Lentement, sa tête tourna sous la pression tendre et ferme.
Ce fut le bleu. Ça avait toujours été le bleu. Des yeux qui l'emprisonnaient et le forçaient à se dévoiler.
Mais pas cette fois, Dean ne sut pas quel miracle il tint bon mais il réussit à rester neutre et froid, comme une statue.
Puis Castiel posa sa bouche sur la sienne, une main sur sa nuque, l'autre toujours sur sa cuisse. Il lapa tendrement ses lèvres pour demander l'accès. Dean ferma les yeux, le cœur serré devant la douceur de Castiel et ses petites caresses. Sans s'en rendre compte, il se rapprocha et finit par entrouvrir la bouche. La langue de Castiel se faufila contre la sienne morne et sans vie. Elle la caressa, la réchauffa, la réveilla.
Dean prit enfin part au baiser, frissonnant des pieds à la tête. Ça lui avait manqué... Il cessa pourtant assez vite pour caler son visage dans le cou de Castiel.
- Dean...
- Ouvre ton courrier, marmonna celui-ci en enroulant ses bras autour de sa taille, leurs deux torses presque collés l'un à l'autre.
Castiel reprit les réponses, passa un bras autour des épaules de Dean et ouvrit la première enveloppe, son amant blotti contre lui.
- Le MIT a rejeté ma candidature, mais je m'y attendais, indiqua très calmement le brun. Je ne m'attends pas non plus à grand-chose de Vermont et...
Bruit de papier déchiré.
- ... J'avais raison.
- Pourtant tu es bon, ne put s'empêcher de commenter Dean.
- Mais je ne suis pas le seul et j'avais visé très haut pour ne rien regretter. Et puis j'ai quand même fait une pause. Je pense que pour l'université de San Francisco j'ai toutes mes chances par contre, elle est publique.
- Pourquoi celle-là ?
- Balthazar. Ça m'ennuierait de lui demander de m'aider en permanence mais si je peux aller le voir de temps à autre le week-end je me sentirais moins... Moins...
- Moins seul, continua Dean dans un murmure tandis que l'odeur et la chaleur de Castiel l'apaisaient au-delà des mots.
Castiel hocha la tête et ouvrit la dernière enveloppe.
- Alors ? demanda Dean après un long silence.
- Je... Je suis pris.
- Tu as l'air étonné.
- J'ai obtenu une bourse, s'expliqua Castiel en regardant le document. Je pensais pas que... Être accepté oui, mais une bourse d'étude ?
Dean ne fit aucun commentaire, refermant simplement ses bras autour de Castiel.
Ça y était, il avait envie de pleurer comme une fillette. C'était officiel, Cas' partait, en Californie. Et il n'y avait aucune chance pour qu'il aille habiter là-bas avec Sam et son père. Ce dernier semblait accroché au Midwest avec des petites concessions pour la côte Est.
Ils allaient se séparer.
Le plus tôt sera le mieux.
De toute façon, le bruit de la déchirure avait déjà raisonné et il doutait de pouvoir rester plus longtemps contre lui sans... Sans quoi ? Il ne savait pas, mais il ne pouvait pas rester.
Dean se détacha et se leva d'un même mouvement, laissant un grand froid l'envahir là où il s'était collé à Castiel.
- Les félicitations sont de rigueur, dit-il avec un sourire d'apparat. Bravo Cas', et bonne chance là-bas !
- Dean...
L'aîné des Winchester ne laissa pas le temps à Castiel de réagir et prit la fuite, littéralement, courant à travers les couloirs pour rejoindre le foyer et l'abri de potes de passage contre son angelot aux yeux bleus.
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Sam l'avait fait. C'était une affaire réglée. Il avait été dépucelé.
A côté de lui Ruby dormait. L'heure avait un peu tourné depuis qu'ils s'étaient envoyés en l'air mais Sam n'arrivait pas à faire pareil, son cerveau tournant à plein régime. Il tournait dans le vide, mais il tournait quand même.
Sam sortit du lit en prenant garde à ne pas réveiller Ruby, s'habilla et retourna dans sa chambre. C'était encore le milieu de l'après-midi, ils avaient tous les deux séché les cours, il n'y trouva donc pas Kevin, à son grand soulagement. Il n'y trouva que la solitude et la nausée. Il s'assit dans son lit, les jambes repliées contre lui et repensa à sa première fois.
Ruby était douée donc ça avait été... bien ? Agréable. Il avait joui en tout cas et elle aussi. Cela devait vouloir dire que ça s'était bien passé. Pourtant il se sentait mal, c'était incompréhensible. Il avait le cœur et l'estomac au fond des chaussettes. Il ne comprenait pas. C'était bien le sexe pourtant, non ? Tout le monde semblait apprécier ça et en particulier son frère ! Alors pourquoi il avait juste envie de vomir et d'aller se réfugier dans le lit de Dean comme lorsqu'il avait cinq ans ? Il n'était plus un enfant ! Dans peu de temps il serait même un adulte !
Mais dans sa tête tournaient encore et encore les mêmes images...
Ruby qui crie et qui le griffe pendant qu'il va et vient en elle. C'est chaud et humide, délicieusement agréable et pourtant... Pourtant à cela se superposent d'autres images, une en particulier : Gabriel qui lui caresse les cheveux, qui veut le rassurer. Sa voix, son odeur, tout, mêlés à celle du sexe et de l'interdit, de la cigarette, de Ruby. Il était écœuré et incapable de faire le tri. Il aurait eu bien besoin de parler à quelqu'un pour y voir plus clair mais il ne voyait personne pour ça. Son frère se moquerait ou lui dirait qu'il l'avait prévenu, soit rien qu'il ne voulait entendre actuellement. Chuck consignerait tout pour le mettre dans son stupide livre et Kevin lui ferait la leçon. Gabriel... Il n'oserait juste jamais. Il avait bien Castiel, mais c'était le petit copain de son frère. Ou ex. Il avait cru comprendre par sa bande que lui et son frère ne se parlaient plus. Est-ce qu'il accepterait de lui parler à lui ? Il n'était que le petit frère... Mais il avait vraiment, vraiment besoin de trouver une oreille amicale.
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La première semaine de mai se terminait et Castiel ne savait quoi penser. Dean n'était pas revenu lui parler depuis ce jour où ils avaient pris connaissance de sa future destination, lui faisant des félicitations en forme d'adieu. Castiel avait peu dormi cette nuit-là, tournant et retournant la scène dans sa tête, essayant de comprendre. Avait-il rêvé ce Dean blotti contre lui ? Avait-il fantasmé ce souffle dans sa nuque, ce baiser qu'il avait eu tant de mal à commencer ? Pourquoi tout lui paraissait irréel ? C'était comme s'il marchait dans un brouillard de confusion depuis ce moment. Il y avait eu ce Dean, son Dean, proche, ses bras autour de lui, ses lèvres dans son cou et sa voix, tendre et concernée, et puis il y avait eu l'autre Dean, froid, indifférent, qui l'évitait, qui avait déjà tourné la page. Mais ce n'était pas possible hein ? Ça n'avait pas pu être si rapide ? Pas après avoir passé deux semaines si proches l'un de l'autre qu'on aurait pu les croire siamois !
Castiel laissa tomber sa tête sur son bureau. Il se sentait perdu. Il n'était même pas capable de dire si sa rupture avec Dean lui faisait mal puisqu'il n'arrivait pas à l'admettre ! Pas quand il sentait encore son corps chaud et musclé contre lui, pas quand il avait l'impression que Dean ne demandait qu'un geste de sa part pour finir à nouveau contre lui, l'embrasser et le faire frémir de plaisir. Et pourtant c'était bien lui qui l'évitait et le repoussait.
Castiel était perdu. Complètement. Son cœur le serrait douloureusement et ses capacités de concentration étaient sérieusement amoindries. Dean était le premier gars avec qui il sortait et le seul avec qui il voulait être. L'idée même que tout soit déjà fini le rendait malade.
Quelques coups frappés à sa porte et Castiel se remit à espérer.
- Entrez, fit-il d'une voix qu'il maudit pour son léger chevrotement.
Son cœur battait fort. Il n'y avait qu'une personne qui venait le chercher ici, qu'une personne pour venir le voir. Tout allait s'arranger.
- Je te dérange ? demanda le nouvel arrivant avec une certaine timidité.
- Entre Sam, se força Castiel en masquant sa déception. Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé.
- Depuis le début de l'année, répondit le cadet avec une agressivité et une amertume mal contenues.
Castiel fut choqué par ce ton si éloigné du calme et gentil Sam qu'il avait toujours connu. Il ne comprenait pas les raisons de cette attaque. Il avait mal fait quelque chose ?
- Tu as quelque chose à me dire ? s'enquit Castiel, perplexe.
- J'ai plein de trucs à te dire, répliqua Sam avec toujours un peu de rage dans la voix. Mais je suis pas là pour ça.
Même pas du tout, pensa le plus jeune en se rendant compte que son comportement n'allait pas l'aider. Attaquer gratuitement le type à qui il voulait demander des conseils n'était probablement pas la meilleure idée qu'il n'eut jamais eue. Les yeux bleu sombre de Castiel semblaient confirmer qu'il était en train de s'en faire un ennemi. La poisse. Il n'avait juste pas réussi à se retenir.
Et en même temps... Castiel était fautif aussi, non ? C'était lui qui lui avait piqué son frère ! Il avait tout à fait le droit d'être en colère contre lui ! Il avait même le droit de le détester ! Lui, son cousin et toute sa famille ! Si lui et Dean ne les avaient pas croisés tout irait bien mieux ! Il n'aurait pas mal, il ne se dégoûterait pas lui-même et son aîné serait toujours près de lui à le veiller gentiment sans vouloir le restreindre, l'emprisonner ou... Ou... En tout cas ce serait différent ! Très différent ! Si ni Castiel ni Gabriel n'avaient croisé leur route il... Il...
- Sam, s'écria soudain Castiel en voyant les larmes couler à flot sur ses joues.
En deux pas il fut à ses côtés et le prit contre lui, très inquiet.
- C'est t-ta faute, bégaya Sam en s'agrippant à sa chemise, enfonçant ses ongles dans le tissu blanc. Tout est de t-ta f-faute.
- D'accord, si tu veux, accepta Castiel d'une voix apaisante sans le lâcher.
- S-si t'avais pas été l-là et s-si... Ça aurait été... C'est ta faute ! continua le plus jeune en serrant toujours plus fort le coton.
- J'ai compris Sam.
- Je t-te déteste ! J'vous dé-déteste tous les d-deux !
Et les mots s'échappèrent de la bouche de Sam, sans lien, sans cohérence. Des impressions, de la colère, des regrets, beaucoup d'amertume et de la peur. Sam ne contrôlait plus rien. Il se vidait devant Castiel avec l'impression qu'on serrait son cœur comme une éponge pour en tirer le moindre jus fielleux. Il ne savait plus pourquoi il était venu et encore moins pourquoi il insultait son frère, son père, Gabriel et Castiel tout en étant collé à celui-ci, pas plus qu'il ne comprenait pourquoi le brun encaissait tout y compris ses quelques coups de tête sur son torse, s'en broncher. Le pire c'était que rien de tout ça ne le soulageait ! Au contraire, chaque mot qui sortait d'entre ses lèvres le blessait en retour, lui broyait la gorge et le ventre. Si bien qu'à la fin, Sam ne dit plus rien, se contentant de serrer la chemise de l'autre à l'en déchirer tout en pleurant dans son giron.
Castiel attendit patiemment que la crise passe, étonné par la virulence des propos de Sam à son encontre et celle de Gabriel et Dean. Les paroles confuses ne lui avaient pas laissé beaucoup d'indices sur le problème mais il avait tout de même pu deviner que Sam le considérait coupable de l'éloignement de Dean envers lui. Castiel culpabilisa en retour. C'était horrible de se dire que son propre bonheur avait causé le malheur d'une tierce personne mais c'était bien ce qu'il s'était passé, à l'insu de sa volonté. Il n'avait jamais voulu mettre Sam à part et pourtant ça s'était fait, sans même qu'il le réalise. Il se décevait tout en reconnaissant que si c'était à refaire, il aurait probablement agi de la même manière. Il aurait juste bien plus intégré Sam auprès d'eux. Le protégeant comme le faisait Dean, parce que c'était Sam et que celui-ci n'avait qu'eux. Il aurait dû être plus vigilant...
Et puis, aussi rapidement que ça avait commencé, Sam se calma, s'éloigna de Castiel et essuya ses joues. Les larmes diminuèrent drastiquement sans réellement s'arrêter.
- J'étais pas venu là pour ça, bougonna-t-il d'une voix rauque sans oser regarder Castiel dans les yeux.
- Ça ne me dérange pas Sam. Tu peux venir me voir quand tu veux.
Sam serra les dents et se força au silence, une violente réponse brûlant sa langue. Il avait de nouveau envie de répondre violemment, de faire mal.
- Oui Sam, même quand je suis avec Dean, fit le brun en répondant à la question informulée. Si ça peut te rassurer, tu ne risques plus de nous trouver ensemble actuellement.
- Qu'a fait mon frère encore ? soupira Sam.
Ça avait été automatique. Sam appréciait Castiel et adorait son frère, il les détestait de l'avoir mis de côté mais voulait plus que tout qu'ils restent ensemble et soient heureux. C'était contradictoire mais la contradiction résumait assez bien son état de penser actuel. Il voulait tout et le contraire. Son frère près de lui à le materner tout en ne supportant pas l'idée d'être couvé. Il était heureux du couple que formaient son frère et Castiel tout en le haïssant, adorait Castiel en le détestant, voulait sa liberté en n'attendant qu'une chose : qu'on la lui retire.
Bref, il était paumé. Pour autant, Dean et Castiel devaient être ensemble, il le savait. C'était pour le bien de son frère et parce que s'ils n'étaient plus ensemble, l'univers ne tournerait plus rond. Toute la colère du monde n'aurait pu le détourner de cette nécessité. S'il y avait de l'eau dans le gaz entre son frère et Castiel, il devait les aider à remettre les choses à plat.
- Rien qui ne devait arriver un jour, souffla tristement Castiel en secouant la tête. Mais c'est toi qui es venu me voir Sam. Je peux t'aider ?
- Te force pas. Je doute que t'en ais encore envie, grimaça le plus jeune en essuyant ses dernières larmes.
- Sam. Dis-moi ce qui ne va pas.
- Rien, tout va très bien ! répondit vivement Sam. Je voulais juste te rappeler que le bal de promo approchait. Tu ferais mieux de faire retrouver la raison à mon frère. Traite le d'idiot, souvent ça le réveille et lui remet les neurones en place, au moins un peu.
- J'y penserai, soupira Castiel.
Sam acquiesça d'un hochement de tête et partit rapidement avant de craquer à nouveau. Castiel le regarda faire, les sourcils froncés. L'attitude du plus jeune lui semblait étrange mais ce qui l'avait le plus dérangé c'était son odeur. Sam fumait ? Depuis quand ? Dean allait tuer son petit frère quand il allait savoir ça... Mais avant de le lui dire, Castiel voulait en savoir un peu plus, comprendre exactement dans quoi s'était fourré Sam. Après il en informerait Dean et ils verraient ensemble comment agir, car désormais Castiel était décidé, il allait récupérer Dean. Il n'était pas question qu'ils gâchent le peu de temps qu'il leur restait avant son départ !
Castiel passa donc les jours suivants entre ses cours et l'observation discrète de Sam. Il se découvrit un véritable talent pour la filature et pour n'être remarqué par personne. Il effaçait sa présence, se souvenant de ces années de doutes où il avait juste voulu se cacher des autres et c'était comme s'il n'existait plus pour personne. C'était à la fois déprimant et grisant. Cependant, Castiel n'avait pas le temps de s'extasier devant ses facultés d'espionnage, surtout au vu de ce qu'il découvrait grâce à elles. Sam s'était réellement fourré dans les ennuis jusqu'au cou. De ce que Castiel avait pu apercevoir, il n'allait pratiquement plus en cours et fumait avec des « amis » à longueur de journée.
Et puis, en milieu de semaine, Castiel découvrit que Sam ne se contentait plus de simples cigarettes, il était passé au cannabis. Ce fut un choc de le voir avec son joint, le regard vide, et Ruby accrochée à lui avec un sourire triomphal. C'est ce qui avait poussé Castiel à courir au gymnase.
Il avait ouvert la porte de la grande salle et s'était précipité vers le bord du terrain.
- Dean ! cria-t-il le souffle court en le cherchant désespérément des yeux au milieu des joueurs qui dribblaient sur le terrain.
Les matchs d'entraînement s'arrêtèrent et tous les regards se tournèrent vers lui, rendant mal à l'aise Castiel malgré l'urgence. Des doigts lui indiquèrent le banc de touche où Dean le fixait avec des yeux ronds comme des soucoupes.
- C'est Sam, réussit à crier Castiel.
Ce fut comme un électrochoc pour l'aîné qui se leva aussitôt pour le rejoindre et l'emmener à l'extérieur.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Où est-il ? Il est blessé ?
- Suis-moi.
Castiel prit le poignet de Dean et courut en direction du parking.
Dès l'instant où Dean vit son petit frère, joint au bec, le regard flou, Ruby sur lui la main dans le pantalon, une sorte de voile rouge tomba devant ses yeux.
Castiel ne fit rien pour arrêter son amant, donnant plutôt un coup de main – de poing – au besoin.
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- Inadmissible ! gronda le proviseur aux trois garçons.
Ceux-ci regardaient le sol, mal à l'aise, penauds, honteux, les trois à la fois en quantités différentes selon la personne, avec une pointe de fierté coupable pour les deux avec les poings contusionnés.
- Non seulement vous vous battez dans mon établissement mais en plus les surveillants découvrent de la drogue sur vous !
Sam grimaça.
- J'ai prévenu vos parents, vous resterez la fin de la semaine et le week-end chez eux et vous pouvez vous estimer heureux de n'être réduits qu'à deux jours d'exclusion ! Je suis conciliant uniquement parce que nous sommes en fin d'année et que vos professeurs m'assurent que vous ne posez pas de problèmes habituellement !
Dean écouta le proviseur les sermonner en attendant leur tuteur. Il espérait sincèrement que ce serait Bobby qui allait venir et non son père, sinon ça allait vraiment être l'horreur. Cela dit, il ne doutait pas trop, son père n'était pas censé revenir avant encore deux mois, grand minimum.
Il jeta rapidement un coup d'œil à Sam qui se tortillait nerveusement, puis à Castiel qui semblait mortifié de se retrouver là. Par une curieuse coïncidence ou simplement parce que le brun avait senti son regard, leurs yeux se rencontrèrent. Dean lui sourit avec malice, pas vraiment perturbé d'être dans le bureau du proviseur et pouffa devant le regard horrifié que Castiel posait sur lui.
- Ça vous fait rire Winchester ?
- Du tout M'sieur ! répondit aussitôt Dean avec un visage très sérieux dans une posture quasi militaire.
- J'espère bien !
Le discours reprit et cette fois ce fut Dean qui capta le regard de Sam sur lui. Aussi paniqué que Castiel. Il lui fit un clin d'œil et un sourire rassurant.
Ils étaient peut-être dans la mouise jusqu'au cou mais rien n'aurait pu empêcher Dean d'être content de ce qu'il avait fait ! Il avait dérouillé la salope qui abusait de son frère et ses copains tarés ! Après ça il avait serré Sam contre lui en lui jurant qu'il ne le lâcherait plus d'une semelle et ça avait été comme si ces derniers mois ne s'étaient jamais écoulés. La grande asperge qu'était son frère – mais pas plus grand que lui, l'honneur était sauf – s'était mille fois excusé, le nez dans son épaule pendant que Castiel veillait au-dessus d'eux, les couvant de son regard attendri.
Et puis le monstre était arrivé. Le gardien.
Dur d'expliquer pourquoi deux filles et quatre garçons étaient plus ou moins allongés au sol et gémissaient de douleur autour d'eux ! Encore plus dur d'expliquer pourquoi le lynchage avait été tout à fait mérité. La fouille des poches des blessés et la découverte des sachets de résine et paquets de nicotine avaient aidé. La découverte d'un reste de joint dans la poche de Sam beaucoup moins. Ils avaient quand même eu un meilleur traitement que les autres et Sam avait eu droit à l'indulgence grâce à ses résultats et aussi un peu, pour ne pas dire beaucoup, grâce à ses yeux de chiot triste.
Des coups frappés à la porte stoppèrent le proviseur au milieu de son speech moralisateur.
- Entrez !
Contrairement à ce que Dean attendait, ce ne fut pas Bobby qui entra dans le bureau. Ce fut Balthazar, en pull anthracite et pantalon de marque, un sourire charmeur aux lèvres à destination du proviseur.
- Bonjour, je viens pour vous débarrasser de celui-là, indiqua-t-il en jetant un regard sévère à Castiel qui rentra malgré lui la tête dans ses épaules.
- Vous êtes ? demanda le proviseur en tendant la main.
- Balthazar Skyfall, l'oncle du jeune délinquant.
Dean et Castiel se regardèrent, perdus mais surtout extrêmement déçus. Ça avait semblé comme une évidence que Castiel suivrait les Winchester chez Bobby, comme toujours. Ils avaient fait erreur.
Autant les remontrances du directeur ne leur avaient rien fait, autant la soudaine séparation après cette espèce de communion, c'était une autre histoire. Il y avait eu comme un espoir que tout redeviendrait normal et là...
- Tu viens Castiel ? appela Balthazar.
- J'arrive.
Castiel se tourna vers ses deux amis sans savoir quoi dire. Un sourire à Sam et l'affaire était réglée et les pardons échangés mais pour Dean... Finalement, Castiel prit sa décision, en toute conscience, s'approcha de celui qui était encore son petit ami jusqu'à preuve du contraire et l'embrassa.
Étrangement, Dean répondit au baiser sans se faire prier.
C'était si bon. Ça faisait si longtemps. C'était comme une résurrection. Castiel aurait pu rester comme ça des heures mais une main sur son épaule le tirant en arrière abrégea l'instant.
- Je te rappelle que tu es actuellement puni Castiel, indiqua Balthazar sévèrement avant de lui montrer du menton le visage encore plus dur du proviseur. En route.
Dean et lui s'échangèrent un dernier regard et il s'en alla aux côtés de son oncle. Les élèves le regardèrent passer avec étonnement, déjà au courant de toute l'histoire – lui et Dean se seraient battus et auraient vaincu une cinquantaine de gars dont deux de plus deux mètres pour sauver Sam d'un trafic d'organes ou de Lucifer, ça dépendait des versions.
C'était la deuxième fois de sa vie que Castiel ressortait d'une école avec un parent à ses côtés et il se sentait vraiment nerveux. Il craignait la suite et le rejet probable de Balthazar après son coup d'éclat. Il essaya de se faire tout petit, entrant silencieusement dans la voiture. La voiture ne démarra pas tout de suite et Castiel attendit l'engueulade. Soudain, sur le siège conducteur, son oncle éclata de rire sous les yeux hallucinés du brun.
- Pas si élève modèle que ça finalement, sourit Balthazar à son neveu une fois remis de son fou rire. Rebelle, bagarreur et capable d'embrasser son petit copain, à l'aise, alors qu'il vient de se faire exclure.
Castiel rougit. Il avait effectivement fait fort...
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Plus bourru que jamais, Bobby regardait d'un œil noir les deux adolescents qui l'avaient attendu pendant près de trois heures, assis dans la salle de permanence.
- On va avoir des choses à se dire les garçons.
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A suivre...
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Je pense que je vais m'en prendre plein la tête là XD
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