Réponses aux review:
S10: Merci beaucoup pour ta review! Oui, Moriarty a beaucoup de choses de prévus pour Sherlock :)
Bonjour tout le monde, voici le nouveau chapitre. Plus que 10 avant le fin, le temps passe terriblement vite!
Bonne lecture!
Chapitre 25
Les dès étaient lancés, ce ne serait plus très long. L'Homme le répétait sans cesse, Sherlock Holmes allait souffrir et encore souffrir, souffrir comme jamais il aurait pensé en être capable. Il mettrait tout en œuvre pour ça. Parfois l'Homme lui donnait même l'impression qu'il était près à mourir pour ce simple but.
Il aurait encore des taches à lui confier, mais L'Homme était formel, Holmes ne comprendrait pas ce qui se tramait, il sera trop troublé, bien trop troublé. Et puis il aurait peur. Ah ça oui, l'Homme l'affirmait encore et encore et à chaque fois, cela faisait rire comme un dément. Mais c'était vrai ; son plan était des plus plaisants.
Cruelle chose que l'espoir, John le savait bien et depuis longtemps. Alors qu'il espérait rentrer chez lui au plus vite pour mettre ses idées au clair et si possible avoir une longue conversation avec Sherlock, voilà que, surprise (bonne ou mauvaise, il ne se fixait pas) la voiture de Mycroft suivit d'une petite escorte s'était garée entre deux voiture de polices.
Il nous observe, il se cache dans un fourré et attend le meilleur moment pour se pointer.
Absurde, cette idée, mais elle ne cessait pas pour autant de marteler l'esprit de John. Mais John aurait été d'accord pour dire qu'à cet instant, son esprit n'était pas des plus lucides, il était encore sous le choc du nom maudit inscrit sur ce putain de papier.
-C'est vous qui l'avez fait venir ? grinça Sherlock à l'adresse de Lestrade.
Saluer son frère ne lui aurait jamais traversé l'esprit et au vu de la situation, personne ne lui fit la remarque.
-Tu ne crois tout de même pas qu'il est le seul de mes…informateurs, mon cher frère ? répondit Mycroft avant même que l'inspecteur n'ait pu ouvrir la bouche.
-Bien sûr que non. Je démasque ceux que tu envoies pour me traquer à longueur de journée.
Mépris. Mépris et nonchalance, remarqua John. Il s'est remis du choc. Non. Non, c'est une façade. Il va mal, il va très mal, je vais mal et si Moriarty à décider de se remettre à jouer, bientôt tout le monde ira mal.
-Tu en démasques quelques-uns.
Il avait un regard suffisant et le ton sarcastique, là aussi, une façade. John connaissait les frères Holmes suffisamment bien (du moins, il l'estimait) pour se rendre compte de ce genre de chose. Si Mycroft se mettait à être inquiet, la situation était bien plus grave qu'elle ne le semblait déjà. Vu l'air de plus en plus sombre qu'affichait Greg, celui-ci était parvenu à la même conclusion.
Sherlock glissa sur la pique de son frère et arracha le bout de papier des mains de John pour lui tendre.
-Moriarty, dit-il simplement.
-Je sais.
-Bien sûr que tu es au courant et tu le sais depuis un moment. Pourquoi n'as-tu rien dit ?
Les lèvres de Mycroft étaient si pincées que dans une autre situation ça aurait pu s'avérer comique.
-Duncan, l'homme retrouvé mort dans la chambre froide, c'était son œuvre.
-Evidemment que ça l'était étant donné que les meurtres était lié ! Depuis quand le sais-tu ?
-Quelque temps.
-Donc tu avais parfaitement compris que Moriarty avait recommencé à jouer avec moi. POURQUOI N'AS-TU RIEN DIS !
Sherlock était vraiment très en colère et il n'était pas le seul, John sentait à son tour une rage sourde monter en lui.
Sherlock aurait pu mourir, si Moriarty avait décidé de le tuer aujourd'hui, il aurait pu le faire. Et Mycroft qui ne vient que maintenant…
Une soudaine envie d'enfoncer son point dans le visage de l'aîné des Holmes le traversa soudain. Il eu du mal à la refréner.
-Mes agents avaient la situation en main, nous pensions contrôler tous les faits et gestes de Moriarty...
-Vous pensiez? siffla John avec colère. Vous pensiez sans doute être bien trop intelligent pour vous laisser duper par James Moriarty!
Mycroft n'était pas homme à se laisser insulter sans réagir et John voyait bien aux contractions compulsives de sa mâchoire, l'aîné des Holmes n'avait pas apprécié la remarque. Sherlock le dévisagea ; l'espace d'une seconde le détective sembla se préoccuper d'autre chose que Moriarty. Puis son regard se durcit et se tourna à nouveau vers son frère.
-Depuis quand Moriarty a-t-il échappé à votre surveillance ?
-On s'en est rendu compte il y a quelques jours.
-Mais aviez-vous seulement, à un moment donné, une réelle prise sur lui ? demanda John.
Mycroft se contenta de le fusiller du regard, ça valait toutes les réponses. Moriarty s'est joué d'eux comme il se joue de nous actuellement. John frissonna à cette idée, c'était lui qui avait préparé tout ça, qui avait mis ce piège en place.
Lestrade s'interposa entre eux, la rage de John devait être palpable.
-Ecoutez, ça ne sert à rien de chercher un responsable maintenant. On connaît tous Moriarty, on sait de quoi il est capable, l'important c'est de le retrouver avant qu'il ne soit trop tard.
Sherlock émit un petit rire sarcastique qui sonnait étrangement dans sa bouche.
-Moriarty prépare son coup depuis longtemps et il s'est payé le luxe de nous voir tomber dans le panneau. Il est sans doute déjà trop tard.
Cela ne ressemblait pas à Sherlock de se montrer défaitiste de la sorte, mais vu les regards haineux qu'il lançait à Mycroft, John se doutait que tout cela n'avait que pour but de le faire culpabiliser ; à compter que Mycroft Holmes soit constitué de sorte à ressentir la culpabilité, ça, il n'en avait pas de preuve formelle.
-Lestrade !
C'était Donovan, elle s'avançait vers eux, dévisageant Sherlock comme si cet endroit lugubre lui appartenait, comme s'il était le seul et unique responsable de toutes les saloperies que recelait la maison. John déjà passablement énervé (et effrayer, il fallait l'avouer) dû lutter avec l'envie de lui hurler à la figure ; quand cesseraient-ils, tous autant qu'ils étaient, de considérer Sherlock comme un coupable alors qu'il se trouvait être la victime.
-Sergent ?
Au ton grinçant de Lestrade, John constata que lui non plus n'appréciait pas les accusations qui émanaient de Donovan.
-Vous devriez venir jeter un œil à l'intérieur, tout est louche là-dedans et on a un cadavre. Ça va nous prendre la nuit.
Elle jeta un nouveau regard venimeux à Sherlock. Le détective venait de leur offrir ce qui ressemblait au quartier général d'une secte meurtrière et voilà toute la reconnaissance qu'il recevait en retour.
-Il y a plusieurs flacons de sangs, vous devriez les analyser en priorité. Qui sait, ces gens on peut-être fait d'autre victimes qui n'on pas été signalé. Oh, et il y a un livre là-dedans qui appartient à Dave Browner, je veux l'examiner moi-même.
Lestrade acquiesça sans même protester, John savait qu'il laisserait le champ libre à Sherlock autant que possible si cela pouvait permettre d'arrêter Moriarty au plus vite.
-Je vais avoir besoin de prendre votre déposition à tous les deux, commença Lestrade en passant une dans ses cheveux. On peut s'en occuper tout de suite ou vous préférez attendre demain ?
Sherlock fit nerveusement crisser le gravier sous ses chaussures. De toute évidence, parler de ce qu'il avait trouvé dans cette maison ne l'enchantait pas et John pouvait bien le comprendre.
-Je pense qu'il serait possible d'éviter cette…perte de temps inutile, intervint Mycroft.
-Ça va contre la procédure.
A la résignation de Lestrade, personne n'aurait pu ignorer qu'il était familier au contournement que se permettait Mycroft.
-Les procédures sont dictées par le gouvernement et le gouvernement vous autorise à faire abstraction de cell-ci, inspecteur.
Il y avait tant d'autosuffisances dans sa voix que John ressentit l'envie virulente de rétorquer. Mais éviter une déposition qui serait éprouvante autant pour lui que pour Sherlock n'était pas un luxe qu'il pouvait se permettre de refuser.
Le soupir de soulagement discret, mais néanmoins perceptible de Sherlock le conforta dans cette idée.
Mycroft avait longuement insisté pour les ramener à Baker Street, mais Sherlock protesta avec tant de virulence qu'il finit par abandonner. Lestrade eu un peu plus de chance pour sa part et c'est tout de même après quelques remarques désobligeantes à son égard que Sherlock finit par grimper dans la voiture de l'inspecteur.
Le détective s'était engouffré à l'arrière de la voiture et avait claqué la porte avec tellement de force que John n'avait eu aucun mal à comprendre le message. Il monta à l'avant avec Greg ; Sherlock avait besoin de réfléchir, seul et en silence.
Silencieux, le trajet le fut bien assez, un peu trop même au goût de John. Ses doigts ne cessaient de tapoter nerveusement contre la portière et lorsqu'il parvenait à les arrêter, c'est sa jambe qui prenait le relais. Lestrade dut aussi trouver le silence trop pesant, car il tripatouilla les boutons de la radio jusqu'à ce qu'une musique (trop actuelle au goût de John, mais c'était toujours mieux que le silence) s'en échappe. L'inspecteur jeta un rapide coup d'œil dans le rétroviseur. En temps normal Sherlock aurait râlé d'une telle nuisance sonore, sauf que cette fois John aurait gagé que la musique, il ne l'entendait même pas.
-Si c'est Moriarty qui est derrière tout ça, ça peut expliquer que les bases de donner du Yard aient été piratées sans qu'on ne le remarque, marmonna Greg.
Certes, le silence gênait John, mais il n'avait pas vraiment envie de parler de la façon dont cet enfoiré les avait manipulés et de tout ce qui lui était passé sous le nez ces derniers jours.
-Qui sait depuis combien de temps il s'amuse avec nous.
La réponse, il l'avait presque dans sa question. Des mois et des mois, peut-être même avant que cette pauvre fille ne se fasse tuer. John réprima un frisson. C'était tout cet enchaînement d'affaires sordides qui avaient fait que lui et Sherlock s'étaient retrouvés à partager le même lit…et plus encore. Il en venait à se dire que c'était James Moriarty qui les avait poussé dans les bras l'un de l'autre. Ça lui fit peur et ça lui retourna l'estomac.
Moriarty était-il au courant de ce qu'il s'était passé entre eux ?
Pitié non, surtout pas ça, songea John. S'il savait, Moriarty tenait alors entre ses mains leur plus grande faiblesse à l'un comme à l'autre ; s'il savait, ça le rendait encore plus dangereux.
-Qui sait ou se malade peut bien se trouver maintenant, continua Lestrade complètement inconscient de ce qui se passait dans l'esprit de John.
-Pas loin, souffla le médecin alors qu'une boule de plus en plus encombrante gonflait dans sa gorge. Où qu'il soit, il n'est pas loin.
Il jeta à son tour un coup d'œil à Sherlock, mais celui-ci restait totalement hermétique à leur conversation.
Sherlock ne redonna signe de vie que lorsque la voiture s'arrêta devant chez eux. A peine le moteur coupé qu'il bondissait déjà à l'extérieur pour scruter les environs. Une brume épaisse s'était levée et dans la nuit noire, on ne discernait plus que les pâles lueurs émanant des réverbères.
-Tu crois qu'il se serait aventuré jusqu'à Baker Street ? demanda John.
Il resserra son manteau autour de lui en pure perte ; l'humidité vous glaçait jusqu'à la moelle malgré les couches de vêtements et de toute façon, elle n'était pas la seule responsable de ses frissons.
-Moriarty est une araignée et ses toiles sont déjà toutes tissées. Des toiles pleines de petits moucherons formatés pour nous espionner. Il peut y en avoir n'importe où.
- Au moindre signe suspect, contactez-moi, insista Lestrade. Moriarty va s'en prendre à vous à un moment ou un autre, mieux vaut être préparé.
Leurs réponses fusèrent en même temps :
- On n'y manquera pas.
-On se passera de votre aide.
Le médecin et l'inspecteur échangèrent un regarde entendu. Le refus catégorique de Sherlock n'en surprenait aucun des deux. Au moins, les choses étaient claires, en cas de danger, ce serait le rôle de John de servir de relais.
Lestrade les abandonna devant leur porte. Il avait confié la scène de crime à Donovan le temps de les ramener chez eux ; courte pose avant un retour brutale au travail. John ne doutait pas que les nuits de Greg allaient être très courtes pour les jours à venir. Quelque part au fond de lui, il avait le pressentiment que les leurs le serait également.
Tout était calme à l'intérieur. Il commençait à se faire très tard, Mrs Hudson était encore chez sa sœur et Arsenic qui dormait profondément sur le fauteuil de Sherlock avait à peine remué en les entendant rentrer.
Sherlock était toujours aussi tendu. Ses yeux parcouraient la pièce à une telle vitesse que John en eu le tournis.
-Il n'a pas pu venir ici, dit-il en essayant de se rassurer.
-Bien sûr que si. Il peut aller n'importe où.
-On fait quoi alors ? On reste planté au milieu du salon en attendant que Monsieur le criminel consultant daigne se pointer pour qu'on puisse en finir une bonne fois pour toute ?
Sherlock ne sembla même pas discerner le sarcasme dans sa voix.
- Trop facile et trop rapide. Pas assez amusant. Moriarty vient tout juste entrer en jeu et je peux t'assurer qu'il entend en profiter un maximum.
Cela recommençait. Malgré la colère d'avoir été manipulé et la peur d'avoir un psychopathe aux trousses, une partie de Sherlock prenait indubitablement du plaisir dans cette situation.
-Il faut qu'on l'arrête avant que ça n'aille trop loin, souffla John en plongeant ses yeux au fond de ceux de Sherlock.
Ils savaient tous les deux que par « trop loin », le médecin entendait « avant de risquer à nouveau une chute qui pourrait être fatale ».
Sherlock ne lui répondit pas, il ne fit même pas un signe pour montrer qu'il était d' accord avec ça. Il se contenta de détourner le regard.
-Je vais prendre un bain.
Et John ne chercha pas à le retenir.
Ce n'est qu'en entendant l'eau se mettre à couler que John réalisa qu'il était toujours là, planté au milieu du salon, à fixé une porte close comme un imbécile.
Léthargique, il balança sa veste sur son fauteuil et partit s'écrouler dans le canapé. Quelques minutes plus tard, une boule de poils pas tout à fait réveillé vint se blottir sur ses genoux pour se rendormir instantanément.
-Toi au moins, tu n'as pas à te soucier de tout ça.
Arsenic se mit à ronronner alors que John lui caressait doucement le haut de la tête.
-Mais qui sait, Moriarty est assez fou pour s'en prendre à toi aussi
Moriarty.
Ils avaient su que ce moment finirait par arriver. Quand le criminel s'était envolé dans la nature, ni Sherlock, ni John, ni personne n'avait été suffisamment inconscient pour le croire disparu pour de bon. Non, Moriarty s'était caché pour mieux débouler à nouveau dans leurs vies et leur faire vivre un enfer. Ils avaient profité d'une longue période de tranquillité, à tel point qu'ils avaient fini par oublier le danger, le grand méchant loup qui les guettait dans l'ombre. Mais le loup avait pointé le bout de son nez désormais et il leur fallait redoubler de vigilance.
-Moriarty veut Sherlock et il fera tout pour l'obtenir.
Sa propre voix lui paraissait distante. John sentit ses yeux se fermer, il se mit à divaguer.
Il aurait pu perdre Sherlock dans cette maison, le perdre pour toujours. Bien sûr, ils n'avaient très certainement l'un comme l'autre couru aucun danger, Moriarty avait besoin d'eux vivant pour continuer à s'amuser. Mais tout de même, le piège s'était tendu devant eux, grand ouvert et bien visible et Sherlock n'avait pas hésité une seule seconde avant de s'y engouffrer. Si cette fois n'avait pas pour but d'être fatal, qu'en serait-il des prochaines ?
Les yeux de John se fermèrent et il revit le cadavre sans tête se balancer au plafond, il vit ses bras blancs et mort se tendre vers Sherlock pour l'attraper, il vit la porte se refermer entre eux et il entendit le hurlement alarmant de Sherlock qui lui transperça le corps. Une nouvelle fois, toute la peur qu'il avait ressentit là-bas se rependit en lui. Il ne cessait de réentendre le cri que Sherlock avait poussé encore et encore lorsque la porte s'était refermée.
Sauf que Sherlock n'avait pas crié.
Une sensation de froid vint étreindre ses jambes lorsqu'Arsenic bondit sur le sol dérangé par les mouvements du médecin.
Arsenic n'était pas venu avec eux dans cette foutue maison, alors que faisait-il là ?
John eu un temps de latence avant de réaliser qu'il ne s'y trouvait plus, mais qu'il était assis, somnolant sur le canapé. Un coup d'œil à l'horloge lui apprit que minuit approchait. Il ne somnolait pas, il s'était endormi. Cependant, le cri qu'il entendait n'était en rien l'effet d'un rêve, il provenait de la salle de bain ; de Sherlock.
Il ne lui fallu que deux secondes pour traverser l'appartement et ouvrir à la volée la porte de la salle de bain, heureusement déverrouillé.
Une fois dans la pièce, il se figea. Tout semblait normal, si ce n'est Sherlock, allongé dans l'eau désormais froide, passant une main trempé dans ses cheveux tout aussi mouillé. Au moins il ne criait plus.
L'espace d'un instant John, s'était attendu se trouver face à Moriarty en entrant.
- Est-ce que tout va bien ? Que c'est-il passé ? s'affola John en s'engouffrant dans la pièce sans se soucier de la nudité de Sherlock.
Sherlock ne s'en souciait pas non plus, il s'activait pour sortir de l'eau, frissonnant. John lui tendit rapidement un peignoir.
-Je vais bien. Je vais bien.
-Je t'ai entendu crier.
-Ce n'est rien. Un cauchemar. Juste un cauchemar. Je me suis endormi dans mon bain.
Un peu rassuré, John s'autorisa à souffler.
-Tu veux en parler ?
Sherlock ne répondit pas et John songea que le lieu n'était pas le plus adapté.
-Ecoute Sherlock, on est tous les deux épuisés. Va te coucher, je vais préparer du thé, cela ne pourra pas nous faire de mal.
Le détective hocha vaguement la tête. John pouvait voir dans ses yeux les décombres du rêve qui peinait à s'estomper. Il s'approcha et passa précautionneusement une main sur la joue glacé de Sherlock. Celui-ci ne fit rien pour se défaire du contact.
-Va te coucher, insista John, J'arrive dans une minute.
Un sourire crispé étira les lèvres de Sherlock.
-Je te remercie.
Et sans vraiment y réfléchir, John se hissa sur la pointe des pieds et lui déposa un doux baisé sur le front.
-J'ai un mauvais pressentiment John.
Allongé face à face, les tasses de thé désormais vides sur leurs tables de nuit, ils se sentaient déjà un peu mieux. Mais quelques chose était devenu étouffant dans l'atmosphère, comme si à partir de maintenant, tout pouvait arriver et à tout moment.
-Il a tué des gens pour attirer mon attention, pour me faire des cadeaux. Il l'avait déjà fait auparavant et je sais qu'il ne se gênera pas pour recommencer.
D'une main douce, John lui effleura la tempe, repoussant les épaisses boucles noires sur son front. Pour Sherlock, son instinct était presque aussi précieux que ses déductions et si celui-ci lui laissait croire que les choses allaient mal se passer, c'est que c'était sans doute le cas.
-Il n'est pas trop tard pour arrêter Moriarty, murmura le médecin en essayant de se montrer rassurant.
-Peut-être que si. Son plan est bien fixé et il nous a pris au dépourvu. S'il a décidé de se montrer maintenant, tu peux être sûr qu'il a alors plusieurs longueurs d'avance.
-Cela ne te ressemble pas d'être aussi défaitiste. Tu étais surexcité la dernière fois que…
Il ne finit pas sa phrase ; il ne savait pas comment. La dernière fois que quoi ? Que Moriarty avait commis des meurtres pour attirer leurs attentions ? La dernière fois qu'il avait peu à peu détruit de l'intérieur ? La dernière fois où il était presque parvenu à les tuer tous les deux ?
Il n'eu heureusement pas besoin de finir, Sherlock avait compris.
-La dernière fois, il m'a fallu plus de temps pour réaliser tout ce que j'avais à perdre.
John sentit son cœur se mettre à battre à tout rompre lorsqu'il comprit où le détective voulait en venir. Il sentit également la main de Sherlock venir se glisser contre sa hanche puis descendre le long de sa jambe. L'inquiétude du détective était palpable, ou peut-être était-ce sa propre peur que John ressentait. Il ne savait pas et de toute façon, cela n'avait plus aucune importance.
Brusquement, comme si sa vie dépendait, il agrippa les hanches de Sherlock pour l'attirer contre lui et leurs bouches se pressèrent ensemble avec un empressement non contrôlé.
-Tu ne me perdras pas Sherlock, souffla John contre ses lèvres.
-Tu peux me le promettre ?
Il hésita. Pouvait-il ?
-A une seule condition.
-Tout ce que tu voudras.
-Que tu me promettes également que je ne te perdrais pas.
Sherlock se figea un instant. John ne s'en détacha pas moins de lui. La réparation erratique, leurs fronts collés l'un contre l'autre, John attendit.
-Promis, finit par murmurer Sherlock.
-Promis alors.
Ils firent l'amour cette nuit-là, animés par autre chose que le désir ardent qui les avait habités tout le long de leur voyage en Ecosse. Ils firent l'amour comme s'ils n'auraient plus jamais l'occasion de se toucher, comme si leur besoin le plus vital était de se ressentir l'un et l'autre. Ils ne se posèrent pas la moindre question, ne doutèrent pas et ne pensèrent pas aux conséquences. Ils oublièrent l'accord qu'il avait passé à l'auberge. Ils oublièrent tout.
Ils ne prononcèrent plus un mot. Ils n'en avaient pas besoin.
Comme toujours, j'espère que ça vous a plu.
N'hésitez pas à laisser une review, j'adore avoir votre avis ;)
A la semaine prochaine
Bye!
