Commentaire d'auteur :

Coucou mes petits loups, comment ça va cette semaine ? :D L'attente est enfin terminée et le chapitre est enfin là, en espérant qu'il vous plaira ! :)

Je l'avais déjà terminé lundi soir à vrai dire, car c'était un chapitre très important, et qui me touchait énormément à écrire, que je brûlais donc de faire ! :D Il me tient à coeur donc j'espère que vous allez aimer ! ^^

Autre chose, à présent c'est sûr et certain, la fanfic devrait s'arrêter sur 29 ou 30 chapitres (même si je préfèrerai 30 pour le nombre rond, on verra comment ça va se mettre en place ! :)) Car je pense qu'après la dernière chose que je veux faire, on aura honnêtement fait le tour. J'ai peur qu'à force le récit commence à s'essouffler, et je préfère arrêter cette histoire au sommet de sa gloire plutôt que de la continuer bêtement et voir la qualité devenir médiocre et les évènements se répéter (comme ces séries fleuves du genre de Supernatural qui reviennent aux sources par manque d'idées, je ne veux pas que ça arrive ici, on va donc éviter si possible x))

Mais ne vous inquiétez pas, évidemment que je continuerai à écrire sur eux et pleins d'autres, je ne m'en vais nulle part ! XD

Quoiqu'il en soit, la semaine dernière, Tony et les enfants avaient décidé de se rendre au portail pour aller dans le royaume des morts et demander à Hela de ramener Loki. Je n'en dis pas plus et je vous laisse lire, en espérant vraiment que vous allez aimer ce chapitre ! :)

PS : Tant que j'y pense, lorsque certains discutent avec moi ou laissent une review, vous me vouvoyez x) Pitié je vais seulement sur mes 20 ans et je sais de source sûre (oui, je stalke certains de vous :p) que certains de mes lecteurs sont même plus vieux, je ne suis pas si vieille, tutoyez moi ! XD)


Chapitre 25 : Le royaume des morts

Heimdall avait donné à Tony quelques informations supplémentaires, lui apprenant ainsi que cette fameuse "porte" se trouvait dans un temple d'une ville afghane du nom de Hérat - au moins n'aurait-il pas à chercher en plein milieu du désert brûlant qui lui rappelerait davantage encore de mauvais souvenirs.

Avec le jet privé, le chemin n'avait pas été trop long, quoique les trois enfants aient été plutôt agités, peu habitués à prendre l'avion, et encore moins à rester des heures durant sans rien faire. Tony avait dû les surveiller, remarquant en même temps à quel point ils ressemblaient à Loki, par certains côtés. Fenrir était le plus flagrant d'entre eux, avec ses cheveux aussi sombres que ceux de son père, et les mêmes prunelles émeraude. Comme il l'avait déjà vu, Jör avaient les cheveux aussi clairs que les écailles du cou de sa forme de serpent géant, son regard d'un orange acide bien trop déstabilisant pour qu'il le fixe vraiment. Il était plus grand que les deux autres, dépassant Fen de presque une tête, mais cela ne semblait déranger aucun d'entre eux.

Sleipnir était le seul dont Tony n'avait pas eu l'occasion de voir la forme auparavant, et il avait été assez surpris devant la longueur des cheveux bruns, et du regard d'un vert d'eau presque cristallin du cheval à huit pattes, qui semblait non loin de l'âge adulte sous une telle forme, devenu bien silencieux depuis leur départ. Le milliardaire pouvait comprendre ce mutisme - après tout, même s'ils croyaient tous les trois en lui pour ramener Loki, le plus vieux des trois avait tout de même vu son père être assassiné sous ses yeux, et ce n'était pas rien, loin de là.

- Savez-vous à quoi ressemble le royaume des morts ? leur demanda soudain Tony après plus d'une heure de silence, les lèvres pincées - parce qu'il n'était pas sûr de vouloir la réponse.

Aucun des enfants ne répondit, l'obligeant à se tourner vers eux, et finalement ce fut Fenrir qui secoua la tête en signe de négation, ajoutant :

- Jamais. On a été emprisonnés avant d'avoir eu l'occasion d'y aller voir Hela...et de toute manière, c'est quasiment impossible d'y aller, paraît-il. C'est déjà un miracle que papa ait trouvé le moyen de s'y rendre sans mourir... sûrement qu'Hela lui avait dit, pour qu'ils puissent se voir...

- Je suppose que c'est ça, confirma Sleipnir avant d'ajouter : On dit que c'est un lieu où on doit faire face à tout ce qui nous a hanté de notre vivant... qu'on doit réussir à s'en défaire pour avoir l'occasion de voir Hela et lui parler...

Déglutissant avec difficulté à ces mots, Tony tenta un faible trait d'humour, peur rassuré :

- Elle fera peut-être une exception pour nous, non ?

Secouant la tête, Sleipnir répondit avec un air véritablement désolé :

- Pour nous, sûrement. Elle nous connaît depuis longtemps à présent, même si on ne s'est jamais vus... mais toi... tu ne seras qu'un intrus dans son royaume, rien de plus... et je ne pense pas que Loki ait l'occasion de la prévenir, après tout, il ne s'attendra sûrement pas à ce que l'on parvienne au royaume des morts sans son aide.

- Tout ça pour dire, que tu devras être prêt à n'importe quelle éventualité lorsqu'on sera de l'autre côté, les coupa Jör. En espérant pouvoir revenir tous entiers.

Soupirant, Tony passa une main sur son visage. Tout cela ne le rassurait pas, mais il ne ferait pas demi-tour pour autant, car il savait que c'était le seul moyen de ramener celui qu'il aimait - alors il n'hésiterait pas.

Au bout d'un certain temps, ils étaient finalement arrivés sans encombre à Hérat, ville d'Afghanistan heureusement à peu près épargnée par la guerre qui faisait rage dans la plus grande partie de ce pays, et Tony n'était pas du tout à l'aise. Il n'aurait jamais pensé revenir sur le sol afghan un jour après ce qu'il s'était passé voilà des années plus tôt à présent, et il souhaitait seulement trouver le portail au plus vite et quitter les lieux, sans chercher davantage. Il savait bien qu'aucun terroriste allait se jeter soudainement sur lui pour le torturer par la noyade et tout un tas de procédés dont il ne souhaitait en aucun cas se souvenir, mais il restait extrêmement nerveux, allant jusqu'à vouloir se rendre au royaume des morts au plus vite, alors que cela semblait être tout sauf un endroit engageant. Habillés dans des tenues traditionnelles du coin, lui et les enfants progressaient en silence dans la gigantesque ville, bien décidés à ne pas se faire remarquer alors qu'ils se rendaient jusqu'au temple dont avait parlé Heimdall.

Même avec l'inquiétude qui le rongeait, Tony parvint tout de même à remarquer à quel point cette ville était belle : les maisons, basses et faites généralement de pierres brunes, s'entassaient et s'alignaient dans un ordre chaotique, et les rues pavées serpentaient dans chaque recoin disponible. Il y avait plus de verdure qu'il n'aurait pensé pour un endroit aussi sec et en permanence sous un soleil brûlant, et l'endroit était bondé de monde, les gaz des voitures ainsi que la promiscuité, couplé à la chaleur, rendant les lieux parfois difficilement respirables. Il y avait bon nombre de commerces entassés le long des rues, proposant tout un tas de frippes ou d'objets inutiles dans le but d'attirer quelques visiteurs crédules, mais ils continuèrent leur chemin sans s'en préoccuper, avançant ne direction de la mosquée.

- Je crois qu'on y est... mais ça m'étonnerai que des étrangers aient le droit d'entrer comme ça... fit remarquer Sleipnir en fixant les lieux.

La bâtisse gigantesque s'élevait au fond d'une large place pavée de carreaux aux motifs orientaux, dans des tons d'un bleu magnifique. Deux tours s'élevaient de chaque côté en direction du ciel d'un bleu aveuglant, narguant les oiseaux et les rares nuages qui faisaient l'affront de faire une apparition. Tout était dans des tons d'ocre, de jaune et bleu, le soleil tapant rendant le tout difficile à supporter.

- Nous n'avons pas besoin de rentrer, Heimdall m'a dit que le portail se trouvait sur la place, fit Tony en embrassant cette dernière du regard.

- Mais... elle est totalement vide, constata Fenrir en avançant un peu, regardant partout autour de lui comme si une gigantesque porte allait soudainement apparaître devant ses yeux, comme par miracle.

- Il a parlé du sol... je n'en sais pas plus, continua le milliardaire en haussant une épaule.

Il était légèrement inquiet concernant la suite des évènements - comment allaient-ils trouver l'entrée ? C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin, avec la surface gigantesque qu'était la place devant la mosquée !

- Cela pourrait être un motif sur le carrelage de la place, commenta soudainement Jör.

Les trois autres se tournèrent vers lui, lui jetant un regard plus que surpris. Gêné, il haussa les épaules et expliqua :

- Là où j'étais enfermé sous la mer, il y avait bon nombre de salles secrètes, et l'une d'elles s'ouvrait lorsqu'on appuyait sur un motif particulier.

- C'est... actuellement une bonne idée, constata Tony, surpris. Bien joué, Jör !

Le garçon se contenta de lui rendre un sourire timide qui lui réchauffa le coeur. Tous les deux, ils n'avaient pas eu vraiment l'occasion de discuter, restant distants, et l'ingénieur était heureux de les voir tous les quatre soudés dans toute cette histoire, dans un même but commun qui leur tenait à coeur plus que tout au monde.

- Alors on doit chercher un truc qui ne fait pas oriental dans toutes ces arabesques sur le sol... c'est parti, je suppose !


Après plus de deux heures à évoluer sous le soleil brûlant, le premier à trouver quelque chose fut Sleipnir, qui les appela à grands renforts de cris - sous les regards surpris des visiteurs qui ne comprenaient pas ce que cet homme et ces trois enfants faisaient depuis maintenant deux heures.

Une fois Tony, Fen et Jör arrivés, le plus vieux des enfants leur désigna une marque sur le sol, qui sortait de l'ordinaire. Elle était petite, coincée entre deux arabesques, ne faisant pas plus de dix centimètres de haut. La marque bleue représentait un crâne ouvert en deux, d'où s'échappait une sorte de fumerolle d'un blanc légèrement bleuté, qui devait sûrement représenter quelque chose comme l'âme.

- C'est sûrement ça, confirma Tony, ravi, s'accroupissant pour la fixer de plus près.

L'effleurant, il fronça les sourcils en voyant qu'il ne se passait rien de notable.

- Elle ne s'actionne sûrement pas juste au toucher, commenta Jörmungandr à son tour. Sinon, n'importe qui la touchant ou marchant dessus se retrouverait au royaume des morts.

- C'est pas faux... constata l'Iron man .

Se penchant davantage, il remarqua alors, en minuscule, une écriture serrée, coincée dans la machoîre du crâne, à peine lisible car effacée par les siècles passés, mais c'était bel et bien là.

- « Sanguinem homicida » lut-il à voix haute, fronçant légèrement les sourcils. C'est du latin, non ?

- « Sang de meurtrier », traduisit aussitôt Fenrir, le nez plissé.

Tony fixa l'inscription d'un regard vide, se demandant si l'univers continuait de se moquer de lui d'une telle manière. Ces deux mots en latin n'étaient qu'un douloureux rappel à l'ordre de qui il était vraiment, de qui il avait été par le passé, quelque chose auquel il avait du mal à faire face, et pourtant...il n'avait pas d'autre choix. Que ce soit indirectement ou pas, il était un meurtrier - ses armes et ses missiles avaient fait le travail pour lui, et s'il n'avait pas plongé directement les mains dans le sang, c'était tout comme.

Sans un mot, le coeur serré, ordonnant à l'élément liquide de devenir rigide, il attrapa un bout de métal de son armure dans sa valise et se coupa le doigt, sous le regard pesant des trois enfants qu'il sentait le fixer, poser sa main perlant de quelques gouttes de sang sur le crâne.

Aussitôt, ce dernier sembla s'illuminer brusquement, les aveuglant complètement, les obligeant à détourner les yeux avant de sentir leur estomac se retourner, et la seconde suivante, c'était le noir complet.


Lorsque Tony commença à reprendre conscience, il remarqua immédiatement son mal à la tête, dû au fait qu'il s'était apparemment cogné en tombant. Grognant légèrement, il finit par ouvrir les yeux, tombant sur un ciel d'un gris terne, aux nuages d'un noir d'encre juste au-dessus de lui. Se redressant avec lenteur, il remarqua aussitôt qu'il se trouvait dans un endroit totalement désolé, une large plaine d'un gris aussi insipide que le ciel s'étalant à perte de vue. Les seuls éléments du paysage constituaient en quelques arbres tristes et rabougris, aux branches noires et sèches, morts depuis ce qui semblait être un bon demi-million d'années.

Une fois debout, il remarqua aussitôt l'absence de sa mallette concernant son armure, ce qui n'était pas pour le rassurer, loin de là. Regardant tout autour de lui, il ne remarqua rien capable de lui indiquer la route à suivre, et décida finalement de marcher droit devant lui, attendant de voir s'il allait tomber sur quelque chose.

Il se souvenait parfaitement de la marque, du sang qu'il avait déposé sur cette dernière - d'ailleurs, la coupure de son doigt avait mystérieusement disparu sans qu'il ne comprenne pourquoi - mais il ne parvenait pas à se rappeler précisément pour quelle raison il se trouvait là en cet instant.

- C'était important, j'en suis sûr... murmura-t-il pour lui-même, fronçant les sourcils.

Pourquoi ne parvenait-il pas à se souvenir ? Il sentait pourtant que c'était là, tout proche, presque à sa portée mais tout de même inaccessible.

Au bout d'un certain temps, il remarqua que le sol gris devenait plus coloré, et il distingua ce qui ressemblait à une ville, au loin. Pressant le pas, il finit par courir jusqu'à arriver aux premiers bâtiments, attendant un instant pour reprendre son souffle avant de reprendre un pas plus tranquille, observant les lieux qui étaient déserts. Néanmoins, finissant par remarquer des éclats de voix, il avança jusqu'à trouver deux personnes, et se figea soudainement, le coeur tombant au fond de sa poitrine.

Assis en terrasse, à un petit café qui devait se situer à la fin des années quatre-vingt, se trouvaient Howard et Maria Stark. Tous les deux avaient déjà quelques décennies au compteur, et ils avaient la même apparence que peu de temps avant leur mort, à quelques années près, tout au plus. Ils étaient installés devant des cafés entamés, semblant en pleine discussion. Howard paraissait frustré, en colère même, et sa femme n'était pas dans un meilleur état, semblant chercher à s'interposer sans réel succès. Avançant davantage, le pas plus tremblant, Tony s'arrêta lorsqu'il entendit la voix de son père s'exclamer :

- Tu ne comprends pas, Maria ! Jamais il ne prendra ses responsabilités, si cela continue ! Il se comporte comme un enfant gâté !

Se figeant, il fixa la silhouette de son paternel, la gorge nouée, n'osant pas se montrer, alors que sa mère répliquait, le défendant comme elle l'avait toujours fait :

- N'est-ce donc pas ce qu'il est, au final ? Tu sais que c'est toi qui l'a rendu ainsi, Howard, à montrer notre argent pour écraser les gens.

Baissant les yeux, elle touilla son café d'un geste distrait avant d'ajouter :

- De plus, il peut-être parfois bien plus mature que tu ne le crois. Tu ne prends juste pas le temps de le voir, voilà tout.

Secouant la tête, refusant de l'écouter, Howard fit remarquer, la voix toujours aussi froide qui arracha un frisson d'horreur à son fils à quelques mètres de là :

- Il ne grandira jamais. J'avais placé tant d'espoirs en lui... c'est... ce n'est pas assez. Il ne fait pas assez. Il ne fera jamais assez.

Ecarquillant les yeux, Tony recula à pas lents, refusant d'aller jusqu'à eux alors que les paroles de son père résonnaient jusque dans ses os, s'imprimant au fer, lui donnant la nausée. Il le savait déjà, que son père ne l'avait jamais considéré comme autre chose qu'un dérangement dans sa vie parfaite, mais l'entendre le dire était complètement différent - terrifiant, même. Sentant ses membres commençant à trembler, il se détourna de la scène grotesque que ses parents formaient, dans ce café désert passant du David Bowie sur un vieux tourne disque crachottant dans cette ville vide de monde, et se mit à courir, cherchant à mettre le plus de distance entre eux et lui.

Il ne fallut qu'une poignée de secondes pour trouver un autre groupe de personnes, reconnaissant presque aussitôt la chevelure d'un roux pâle de Pepper. Se figeant brusquement, il avança vers elle et reconnut également Rhodes. Tous les deux étaient installés sur un banc, dans un parc à la pelouse d'un vert si terne qu'elle paraissait grise, semblant perdus, discutant à voix basse. Même si un mauvais pressentiment lui rongeait la poitrine, Tony avança jusqu'à être à portée de voix, écoutant la jeune femme qu'il avait aimée, il y a des années de cela, parler de lui.

- Il se met toujours en danger, n'en fais qu'à sa tête... ne m'écoute jamais, ne veut pas changer... je n'en peux plus.

Rhodes lui jeta un regard désolé, sans oser répondre. Tony était son ami, et il était ainsi, sans qu'il n'y ait grand-chose à y faire.

- Je l'aime, fit la jeune femme après un autre silence. Mais pas assez pour supporter sa folie.

Un rire amer secoua Tony à ces mots, mais il sembla qu'aucun d'eux ne l'entendit, alors qu'il se détournait déjà. Tout ce qu'il venait d'entendre de la part d'Howard et Pepper semblait lui coller à la peau comme une deuxième couche visqueuse dont il ne pouvait se débarrasser. Il aurait pu se remettre à courir, mais c'est comme si toute vie l'avait quitté et il avança, trainant des pieds, impuissant, dans ce simulacre de souvenir qui n'avait aucun sens, sans parvenir à se rappeler de ce qu'il faisait ici.

Marchant à travers cette étrange ville aux couleurs fades, il croisa bon nombre de gens qu'il connaissait. Certains parlaient de lui, d'autres étaient silencieux. Il se rendit auprès de ces derniers, comme Natasha, ou encore Thor, qui lui semblaient plus agréables, moins agressifs envers lui, mais ses paroles tombaient dans le vide, comme si aucun d'eux ne le voyait. Pris d'une angoisse soudaine, il secoua la main devant les yeux de l'espionne rousse, qui ne remarqua rien. Pris de panique, il recula d'un pas, et s'exclama, plus fort qu'il ne l'aurait voulu :

- Hey ! Natasha ! Je suis là !

La rousse l'ignora, ou plutôt, elle ne le vit même pas, et cela lui contracta le coeur. Pourquoi était-il invisible ?! Pourquoi personne ne le voyait ?!

Pourquoi personne ne faisait attention à lui ?

Sentant le début d'une crise de panique, il s'éloigna aussitôt, se remettant à courir comme s'il avait le feu à ses trousses, et il lui sembla qu'une éternité passa vant de remarquer Steve qui tournait à l'angle d'une ruelle. Hésitant un instant, de peur de l'entendre lui aussi cracher tout ce qu'il pensait à son sujet, il finit tout de même par craquer et accélérer jusqu'à lui emboîter le pas.

- Steve ! appela-t-il sans réfléchir, cherchant à l'arrêter.

A sa plus grande surprise, le blond stoppa sa marche et se retourna, le fixant arriver jusqu'à lui avec un regard neutre, qui n'avait rien de menaçant ou méchant de prime abord.

- Stark, fit-il néanmoins remarquer d'un ton froid.

Déglutissant avec difficulté, Tony l'observa un instant sans un mot, mal à l'aise sans savoir pourquoi, avant de demander :

- Que se passe-t-il, ici ?

- Ce qu'il se passe ? répéta Steve, haussant les sourcil d'un air incrédule, comme s'il était choqué que le brun ne sache rien. Tu le sais très bien, pourtant. Que tout est de ta faute.

- Que...quoi...? murmura le milliardaire, incertain.

- Le fils d'Howard Stark, commenta le blond, secouant la tête avec dérision. Lorsque je me suis réveillé après soixante-dix ans dans la glace, et qu'on m'a annoncé qu'un ami de mon passé avait eu un fils, je me suis dit que j'avais peut-être un minuscule petit quelque chose à quoi me raccrocher... et regarde-toi.

Ces derniers mots heurtèrent Tony de plein fouet, qui sembla se recroqueviller sur lui-même, le visage tordu d'une grimace de peur qui lui était peu habituelle.

- Pourquoi tu me parles comme ça ? demanda-t-il finalement, la voix faible, bien loin de son arrogance habituelle. Pourquoi agis-tu comme ça ?

Steve ignora ses questions, le fixant d'un air de dégoût qui lui donna envie de pleurer, même si son regard resta fermement sec, juste rouge, comme au bord du précipice, alors que le soldat continuait, imperturbable, presque cruel :

- Regarde-toi. Imagine ma réaction lorsque je t'ai rencontré pour la première fois à Stuttgart.

Le regardant de haut en bas, il finit par lâcher du bout des lèvres, comme un venin trop longtemps contenu au fond de son coeur :

- Une véritable déception.

Tony recula d'un pas comme si Steve l'avait frappé, sentant ses joues se colorer de honte et ses jambes faiblir stupidement.

- Ne... ne me parle pas comme ça ! s'exclama-t-il avec moins de force qu'il ne l'aurait souhaité, peu sûr lui-même de ses propres mots.

- C'est pourtant la vérité. Qui pourrait aimer quelqu'un comme toi ?

Tony se remit à trembler, son coeur écrasé au fond de lui, le faisant presque suffoquer de douleur, le regard trouble. Est-ce qu'il pleurait, finalement ? Avait-il été incapable de tenir le masque face aux paroles si cruelles de Steve ? Il semblerait.

Et tout cela parce que Steve avait raison. Qui aimerait quelqu'un com-

La réalisation le frappa de plein fouet, tant et si bien que le regard dégoûté du soldat passa au second plan, et que le sien s'écarquilla davantage encore. C'était ça, ce dont il cherchait à se souvenir avec tant de force depuis le début. Il avait trouvé.

- Quelqu'un m'aime, fit-il après un instant d'hésitation, relevant la tête avec défi, dévisageant Captain America.

- Vraiment ? s'exclama son interlocuteur, un sourire moqueur aux lèvres, qu'il était loin d'arborer en temps normal, le rendant irréel, presque factice. Qui pourrait être assez fou-

- Loki, le coupa brusquement Tony - et pour la première fois depuis qu'il était ici, un doux sourire fleurit sur ses lèvres, chassant tous les sentiments négatifs qui s'étaient accumulés en lui depuis le début.

Tout sembla lui revenir soudainement, comme une explosion au fin fond de son esprit et il sourit plus largement, ajoutant :

- J'essayais d'aller au royaume des morts. Je dois le sauver, le récupérer avant qu'il ne passe de l'autre côté pour de bon. Je ne sais pas comment je suis arrivé ici, mais... tu n'es pas Steve. Rien de tout ceci n'est réel. Je dois voir Hela, et rien d'autre.

Steve le fixa un instant, puis un sourire se dessina sur ses lèvres et il rit, s'exclamant, d'une voix devenue indubitablement plus féminine, plus enfantine également :

- Bien joué, Tony Stark ! J'ai bien cru que vous alliez vous perdre en chemin !

Et avant qu'il ait eut le temps de répondre, le décor s'effaçait à nouveau, alors qu'un rideau noir tombait à nouveau devant ses yeux.


- Tony ? Tony, est-ce que ça va ?!

Grognant, le brun repoussa la main qui lui secouait violemment l'épaule et se redressa tant bien que mal sur le sol, ouvrant les yeux comme la dernière fois, commençant à saturer de tomber dans les pommes sans raison apparente. Son regard tomba aussitôt sur le regard inquiet de Fenrir, sans compter Jör et Sleipnir qui se tenaient derrière lui. Le louveteau poussa d'ailleurs un soupir soulagé, se jetant dans ses bras avec un grand sourire avant de s'exclamer :

- Tu nous as fait peur ! On est arrivés dès que tu as touché la marque, mais tu étais couché au sol et impossible à réveiller !

Se frottant l'arrière du crâne, là où sa tête avait heurté le sol en tombant, il lui sourit faiblement et s'exclama :

- Comme Sleipnir et Jör l'avaient deviné, j'ai dû... passer ce qui ressemblait à une épreuve, pour arriver ici.

- Et... ça a été difficile ? s'inquiéta le louveteau, le fixant.

- Plus qu'on ne l'imagine, murmura l'ingénieur en pensant au regard dégoûté de Steve sur lui, et les paroles de tout ceux qu'il pensait être aimé.

Se levant pour de bon, Tony regarda autour de lui. L'endroit était tout aussi désertique et gris que dans son souvenir, et la seule chose qui changeait, était le gigantesque château au pied duquel ils se trouvaient tous les quatre.

- Wow... je suppose qu'il faut entrer... fit-il avant de se diriger vers les grandes portes, décidé.

Lui emboîtant le pas, les trois enfants s'occupèrent de surveiller leurs arrières, mais la gigantesque bâtisse s'avérait totalement vide, et aucune présence ne venait troubler les lieux, mis à part quelques formes blanches flottant dans l'air à leur hauteur, rendant les lieux plus lugubres encore.

- Qu'est-ce que c'est ? souffla Fenrir, intrigué, n'osant pas s'approcher pour toucher.

- Vous croyez que ce sont des âmes ? continua Sleipnir.

Tony se contenta d'acquiescer, n'ayant pas vraiment envie d'en savoir davantage, et continua sa route à travers le château. Tout était fait de pierre froide, sombre, semblable à un tombeau où ils allaient finir leurs jours. Malgré tout, le chemin semblait facile à suivre, et il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour arriver dans la salle principale, où se trouvait Hela, désespérément seule, assise sur un petit fauteuil de velours noir brodé d'or à l'air terriblement confortable.

Malgré le fait qu'elle ne devait pas être beaucoup plus jeune que Sleipnir, Tony fut surpris par son air enfantin auquel il ne s'attendait pas du tout - il n'avait après tout rien trouvé au sujet de la fille de Loki durant ses lectures, des mois plus tôt. Elle avait l'air d'avoir huit ans, tout au plus - même si le milliardaire savait qu'elle devait avoir plusieurs siècles au compteur, tout comme ses frères - son visage poupin était encadré de boucles d'un noir d'encre comme une nuit sans lune, tout comme ses yeux entièrement noirs, sans le moindre éclat de blanc ou même de couleur. Elle portait une magnifique robe à plusieurs volants d'un doré digne de l'abondance exubérante d'Asgard. Elle aurait finalement pu passer pour une enfant ordinaire, si son bras droit et sa jambe gauche n'avaient pas été de simples squelettes d'un banc laiteux, lui donnant un aspect morbide n'entachant en rien sa beauté enfantine.

Avançant avec davantage d'attention sous son regard noir, il se figea finalement à quelques mètres de là, remarquant les trois autres rester en retrait, et leva la tête.

- Tony Stark, le salua-t-elle après un moment de silence, un sourire mutin aux lèvres. Tu as fleurté si souvent avec la mort que je pensais te voir en ce royaume bien plus tôt, et sûrement pas encore en vie.

La blague arracha un sourire contrit à Tony. Ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait remarquer sa presque obsession à survivre - c'était terriblement ironique, quand il pensait au nombre de fois où il avait voulu en finir par le passé.

Dans tous les cas, c'était déstabilisant d'entendre une enfant à l'air si jeune parler avec une voix si mature et adulte qui ne correspondait pas à son physique.

- Pourquoi une telle épreuve ? Je ne comprends pas, fit Tony après un instant de silence, l'air toujours déstabilisé face aux horreurs auxquelles il avait dû faire face pour arriver jusqu'ici.

Hela sourit avec douceur, faisant apparaître une focette au coin de ses joues, et expliqua :

- Tu as dû affronter tes pires peurs, Tony Stark, rien de plus. C'est l'un des nombreux prix à payer pour entrer dans un tel lieu.

Tentant de faire abstraction du "nombreux prix à payer" il préféra froncer les sourcils, réfléchissant avec attention sans comprendre. Voyant qu'il ne parvenait pas à voir ce que tout cela signifiait, elle lui jeta un regard désolé, presque empli de pitié qui le fit frissonner avant de dire :

- La peur de ne pas être assez, d'être inutile. D'être invisible à ceux qui te sont chers. D'être une déception pour eux.

Elle le fixa, et malgré son visage d'enfant, elle paraissait plus adulte que n'importe lequel d'entre eux, en ajoutant avec gentillesse, comme si elle ne souhaitait pas le brusquer :

- Tu as dû affronter ce que tu as toujours redouté : n'être rien. N'être personne, pour qui que ce soit. D'être tout seul.

Tony recula face à cette affirmation, se sentant honteux. Certains avaient peur de la mort, des araignées, ou dieu savait quoi d'autre encore, et il n'y avait que lui, pour être terrifié par la solitude, par la peur de ne pas valoir la peine pour qui que ce soit, d'être un poids mort, inutile. Il se trouvait ridicule, gêné d'entendre cela, gêné également de savoir que les trois enfants l'avaient entendu aussi bien que lui, presque inquiet de les voir lui jeter un regard de pitié.

Voyant qu'il semblait mal le vivre, Hela finit par descendre de son piédestal et approcha jusqu'à lui, ignorant son mouvement de recul pour effleurer son visage de ses doigts avec douceur en se mettant sur la pointe des pieds, se grandissant le plus possible, avant de s'exclamer :

- Tony, il n'y a rien de honteux à avoir peur de la solitude, bien au contraire. Cela prouve à quel point vous aimez les gens qui se trouvent dans votre vie, à quel point vous feriez n'importe quoi pour eux. C'est une preuve d'amour très pur, et je suis honorée d'avoir vu une telle chose de mes propres yeux.

Il baissa la tête, sans oser prononcer le moindre mot. Hela recula prudemment, lui donnant davantage d'espace. Finalement, le brun lâcha, du bout des lèvres :

- Vous- tu sais pourquoi je suis ici, fit-il après un instant d'hésitation - parce que malgré tout cela, elle restait la fille de Loki, et qu'il ne pouvait pas la traiter différemment de ses frères, bien silencieux derrière lui.

- Je sais, se contenta-t-elle de répondre.

- Est-ce possible de le ramener ?

Lui souriant gentiment, elle expliqua :

- Tu as de la chance dans ton malheur... je n'avais pas vu papa depuis des années, car Odin faisait garder toutes les portes pour l'empêcher de venir me voir... nous avons beaucoup discuté pour rattraper le temps perdu, et il n'est donc pas encore passé par la porte pour rejoindre le Valhalla. Ce n'est qu'une question d'heures, cependant.

Tony acquiesça, un sourire un peu tremblant mais néanmoins soulagé au coin des lèvres.

- Et quel sera le prix à payer ? Il y en a toujours un, et j'ai appris au cours des derniers mois qu'il s'agit toujours de choses "immatérielles", comme des années de vie par exemple, fit-il, une grimace visible sur les traits.

Cela lui rappelait son bracelet arme, dont il avait tendance à oublier l'existence, préférant tout de même son armure pour les combats, si bien que l'objet était resté sagement enroulé à son poignet depuis des semaines, néanmoins prêt à servir à la moindre occasion.

- Pour récupérer une âme déjà arrivée ici, le prix à payer sont des souvenirs, expliqua Hela.

Tony se contenta d'acquiescer. Ce n'était pas la première fois qu'il était confronté à cela et ça ne l'inquiétait pas le moins du monde, s'étant attendu à quelque chose de bien plus inquiétant.

- C'est parfait, assura-t-il, avançant vers elle avant de rajouter : Ramenez-le.

- Tony Stark, tu n'as pas conscience de ce que tu dois donner, murmura l'enfant, ses mains se crispant, provoquant des bruits de claquement d'os désagréables. Ce n'est pas comme acheter une vulgaire arme sur un marché. On parle de rattacher une âme à son corps.

- Et alors ? Où veux-tu en venir ? commença à s'agacer le brun, ignorant la main réconfortante de Fenrir posée sur son épaule.

- Pour ramener une âme, c'est qu'on y tient énormément, et ce n'est pas un petit sacrifice. Pour ramener Loki, tu devras te séparer de tous les souvenirs de ta vie qui n'ont aucun lien avec lui, murmura-t-elle d'un air véritablement désolé.

- Comment ça ? fit le brun en sentant son visage devenir blanc, reculant un peu, comme si la jeune déesse allait se jeter sur son cerveau pour lui arracher des souvenirs.

- Les seuls souvenirs que tu garderas alors seront ceux passés en compagnie de Loki, et de tout ce qui se rapporte à lui. Tu pourras donc te souvenir d'Odin, Thor, les enfants qu'il a eus et que tu connais à présent, tout ce que tu as lu à son sujet... et rien d'autre. Tu lui dédis tes souvenirs, ta vie, et accepte d'y renoncer.

Un silence pesant plana après cette déclaration, et Tony sentit son coeur se serrer brusquement dans sa poitrine. Les lèvres pincées, refusant de laisser passer la moindre émotion, il se contenta de demander :

- Je n'aurai plus aucun souvenir de ma vie avant Loki ? Des Avengers, de comment je suis devenu Iron man... de mes parents ?

- Tu n'auras plus rien de tout ça, même tes souvenirs à son propos pourront être modifiés pour qu'ils soient possibles. Comme ceux incluant les Avengers, qui seront en partis modifiés pour ne garder que Loki, lui confirma Hela - et elle semblait presque se sentir coupable.

Tony baissa les yeux un instant, un pauvre sourire se glissant sur ses lèvres. Le choix lui brisait le coeur, pourtant il n'était pas si compliqué, finalement. Qui aurait voulu vivre dans un temps révolu, dans de vieux souvenirs au lieu de ramener celui qu'il aimait ?

- Je suis d'accord, fit-il.

- Non ! s'exclama brusquement Fenrir, sa main posée à présent sur son bras se crispant, tandis que le louveteau se postait devant lui. Loki n'aurait pas voulu que tu sacrifies tes souvenirs pour lui !

- Je sais, mais c'est la meilleure chose à faire. Il ne peut pas mourir. Il ne... il ne peut pas, murmura l'ingénieur, la lèvre inférieure tremblante.

- Tony, tu ne sais pas ce que c'est de retirer tant de souvenirs de ta mémoire, continua le plus jeune, paniqué. Ce n'est pas comme un petit truc sans importance comme avec cette arme à ton poignet ! C'est un trou béant, une sensation de vide que tu ne pourras jamais combler ! Tu passeras ta vie à chercher en vain ce qu'il te manque, juste là, termina Fenrir en pointant l'emplacement de son coeur.

Avec douceur, l'ingénieur repoussa sa main pour y poser la sienne. Il le fixa longtemps, avant de finalement faire remarquer :

- Il me manque déjà quelque chose, ici, tu sais. C'est trop tard pour cela, pour se poser des questions existentielles de ce genre.

Souriant, il les dévisagea tour à tour et répondit :

- Je le savais déjà, des mois plutôt, quelque part au fond de moi. Que tout finirait comme ça, que je donnerais le peu qu'il me reste pour lui, et je ne voulais pas ouvrir les yeux, tout simplement. Mais je sais au fond de moi, que ce que je fais en cet instant, est juste.

Fenrir le fixa, le regard perlant de larmes. C'était la première fois depuis sa naissance qu'il croisait quelqu'un prêt à tout sacrifier à ce point pour son père qu'on avait toujours haï et traîné dans la boue, et il ne savait pas comment réagir face à cela, face à cet élan d'affection qu'il ressentait en pensant à Tony, et à ce qu'il s'apprêtait à faire.

- Tu es la personne la généreuse que j'ai jamais rencontré, avoua-t-il finalement, souriant à travers son regard rouge de larmes.

Tony eut un petit rire, gêné du compliment - il avait toujours compté ceux qu'on lui faisait sur les doigts d'une main - et l'attira à lui pour planter un baiser sur son front.

- Merci, petit.

Se tournant vers Jör et Sleipnir, ces deux-là se contentèrent de sourire, et cela termina de le décider. Inquiet, il avança à nouveau vers Hela, et s'exclama :

- Avant de commencer... je voudrais faire une vidéo pour les Avengers... je pense qu'ils méritent de savoir pourquoi je ne reviendrais sûrement plus jamais les voir... et laisser tout ce que j'ai créé entre de bonnes mains.

La jeune déesse acquiesça, et répondit :

- Je me chargerai de la leur faire parvenir, sois sans crainte.

- Merci beaucoup. J'ai aussi besoin d'en faire une pour Loki... il faudra lui montrer dès qu'il sera revenu, et il devra être le seul à la visionner.

- Ce sera fait, confirma Hela.

Un nouveau silence plana quelques secondes, puis le midgardien inspira à fond, prêt à tourner ces vidéos, et à perdre quaisment l'intégralité de ses souvenirs - de son existence même.


Il était là. Son corps avait été ramené au royaume des morts, rappelé par son âme, se matérialisant brusquement - et ayant sûrement créé un mouvement de panique à Asgard pour ceux gardant le corps du prince sous surveillance.

Quoiqu'il en soit, Tony le fixa avec de grands yeux écarquillés, parce que cela semblait si simple - ça n'avait pas été si compliqué. Et il était de retour.

Loki le regardait avec de grands yeux, se demandant sûrement un instant comment il avait pu réintégrer son enveloppe charnelle, puis son visage s'illumina en reconnaissant l'ingénieur.

- J'aurai dû me douter que tu ne pourrais pas me laisser mort, charia-t-il avec un sourire chaleureux, plaisantant même dans une telle situation.

Tony ne répondit rien, se contentant de franchir les quelques mètres qui les séparaient pour l'aggripper brusquement, l'attirant dans une étreinte à couper le souffle, étouffante même, cachant son regard rougit par les larmes du mieux qu'il pouvait. Il avait réussit l'exploit de flirter avec la mort pour ramener Loki, et il n'était pas sûr que ce soit réel tant cela paraissait incroyable - même avec le coprs du jötun pressé contre le sien.

Se redressant légèrement, il chercha ses lèvres dans une urgence presque désespérée, les posant violemment sur celles du dieu qu'il avait pensé un instant ne plus jamais pouvoir effleurer. Les grognements dégoûtés des quatres enfants lui arrachèrent un sourire et il s'écarta légèrement de Loki, se retenant de se coller à lui comme s'il pouvait se fondre dans sa silhouette.

- Je suis désolée d'interrompre ces retrouvailles touchantes, mais je dois montrer quelque chose à Loki, c'est urgent, intervint alors Hela.

Un peu surpris, Tony la regarda sans comprendre de quoi elle parlait, ayant même oublié avoir enregistré deux vidéos. Hésitant, il laissa le dieu s'éloigner après un dernier effleurement du bout des doigts, restant en retrait avec Sleipnir, Jör et Fenrir tandis qu'Hela et Loki se rendaient dans une salle adjacente.

- Contente de voir que tu ne vas pas au Valhalla avant un moment, commenta Hela avec un petit sourire.

- Moi aussi, se contenta de répondre le dieu, l'air toujours aussi ému de la détermination de l'ingénieur à le ramener parmi eux.

- Tony t'a enregistré une vidéo qu'il faut absolument que tu regardes, fit-elle, désignant une tablette sortie d'on ne savait où. Je te laisse voir ça.

Elle quitta alors la salle, le laissant seul avec l'objet déjà allumée sur la vidéo, prête à être lancée. Sentant son coeur se serrer sans vraiment comprendre pourquoi, il avança avec lenteur, s'asseyant à la table disponible dans cette petite pièce et récupéra la tablette, inspirant à fond avant de lancer la vidéo.

Le début commençait avec Tony, installé dans la même salle que celle dans laquelle il se trouvait en cet instant. Il avait le regard humide, mais les larmes refusaient de couler - comme toujours, fier jusqu'au bout - malgré tout un sourire traversait son visage ravagé.

« - Hey Loki... donc... tu te demandes bien ce que c'est que cette histoire de vidéo...autant que tu saches la vérité tout de suite... pour te ramener, j'ai dû payer le prix fort. Des souvenirs. »

Sentant son sang se glacer, le dieu fixa l'écran, attendant avec appréhension la suite des évènements.

« - Pour être exact, j'ai abandonné tous les souvenirs où tu n'étais pas. Lorsque tu reviendras me parler après avoir regardé ça, le dernier souvenir de ma mémoire sera sûrement notre première rencontre à Stuttgart, et encore, je ne me rappellerai que de nous deux, pas des Avengers. Tout ce qui n'était pas lié à toi a été effacé, comme un disque dur formaté. Il ne reste plus que le programme Loki . exe . » lâcha Tony en plaisantant, la gorge néanmoins nouée, son sourire trop tordu pour être naturel.

Qu'avait-il fait ?! Pourquoi venait-il de faire une chose pareille ?! Il n'en valait pas la peine ! C'était quasiment son existence entière qu'il avait supprimée !

« - Je sais que ce choix que j'ai fait ne te conviendra pas, mais c'est mon choix. »

Souriant, le Tony de la vidéo se tordit les mains, et lâcha soudainement :

« - Tu te rappelles lorsque tu es venu me demander de l'aide il y a plusieurs mois ? Si je t'aidais à te débarrasser de ce bracelet anti-magie, tu me devrais une faveur. Je veux l'utiliser maintenant, et la voici : "Ne cherche pas à me rendre mes souvenirs, par quelque moyen que ce soit". »

Riant un peu, l'air néanmoins amer, le brun continua :

« - Oui je sais, ça ne te plait pas, tout ça. Mais je ne veux pas du moindre souvenir. Imagine ce que ça pourrait être, se souvenir juste de quelques noms, quelques visages que tu parviendrais à me rappeler, sans tout savoir en intégralité ? Ce serait une torture, ne m'inflige pas ça. Pas si tu tiens vraiment à moi. Pour une fois, pour la seule et unique fois de ma vie, je veux être laissé dans l'ignorance. Heureux sont les simples d'esprit, comme on dit. »

Loki sentit ses mains se crisper sur la tablette et ses dents se serrer, se retenant de la briser entre ses doigts d'un geste brusque.

« J'ai également confié à Hela le soin d'envoyer une autre vidéo pour les Avengers. S'il te plait, lorsqu'on reprendra notre voyage, ne m'amène pas sur Midgard avant plusieurs siècles, le temps que mon existence soit oubliée. »

Un long silence se fit après cela, durant lequel le Tony de la vidéo se leva, commençant à faire les cent pas, se mordant le pouce avant de se rasseoir à nouveau, et dire :

« - Laisse-moi dans l'ignorance. Et si je te pose des questions, invente-moi une vie passée, quelque chose de... banal. Je te fais confiance pour ça. »

Loki refusait tout les mots qu'il entendait, comme si ce n'était qu'une farce, pourtant le visage mortellement sérieux de l'immortel lui affirmait que tout était vrai, et cela lui donnait la nausée.

« Ce ne sera pas si mal, tu sais ? Je sais que... que tu es capable de prendre soin de moi, de nous, des enfants. Pour la première fois de ma vie, j'aurai enfin l'impression de faire partie d'une vraie famille, et c'est tout ce que j'ai toujours voulu, au final. »

Tony se leva, comme pour aller éteindre la caméra, ou quoi que ce soit qu'il eut utilisé pour filmer, puis se figea devant l'objectif pour se pencher et qu'on puisse voir son visage. Il avait toujours cet air triste mais déterminé malgré tout, et termina finalement, dans un murmure :

« Et, Loki ? Je t'aime.»

Et la vidéo s'éteignit, avant que la tablette n'émette un bruit de sifflement inquiétant et ne se mette à brûler, tombant en débris carbonisés en une poignée de secondes.

Le laissant là, les bras ballants, avec le coeur en morceaux et des larmes qu'il ne parvenait plus à retenir.


- Natasha, tu sais de qui vient ce colis ? fit la voix de Steve dans la cuisine de la tour Avengers, alors qu'il allait prendre un verre d'eau après un footing épuisant, désignant le paquet sur la table où l'équipe mangeait tous les jours.

- Pas du tout, c'était déjà là ce matin, mais j'ai pas eu le temps de l'ouvrir, répondit la rousse en se jetant dans le canapé.

- Il y a écrit "Pour les Avengers" dessus...

Fronçant les sourcils, Steve posa son verre sur la table, attrapant le paquet plat et allongé, le déballant pour en sortir une tablette. Encore plus surpris, il l'alluma - Tony lui avait montré comment faire des mois plus tôt - et tomba immédiatement sur le début d'une vidéo avec le visage de son ami. Pensant qu'il s'agissait d'une sorte de journal de bord envoyé par le milliardaire, il sourit et lança la vidéo, pressé de voir ce que vivait l'Iron man au fil de son voyage dans l'espace.

Il tomba de très haut.

- Nat...Natasha... appela la voix pressante et cassée du blond, attirant aussitôt l'espionne, surprise par le ton de sa voix.

- Qu'est-ce qui se passe ?! s'inquiéta-t-elle, se figeant brusquement en voyant le regard perdu de Steve, et ses mains qui tremblaient sans même qu'il ne s'en rende compte.

- Tony ne reviendra plus, murmura-t-il finalement, sentant une unique larme franchir le barrage de son coeur, une main devant sa bouche, fixant Natasha d'un regard bouleversé qu'elle ne lui avait jamais vu.

Et quelque part, elle se sentit tout aussi brisée que lui.


Commentaire d'auteur :

Tout d'abord, ne me détestez pas pour un tel chapitre, s'il vous plait ! XD J'avais l'idée qui trainait en tête depuis très longtemps, peu de temps après avoir écrit le troisième chapitre où Tony doit payer avec des souvenirs, et je savais que j'allais réutiliser ça un moment donné (oui, je l'ai tout à fait gardé sous le coude pendant des mois et plus d'une vingtaine de chapitres, y'a quoi ? XD). C'est pareil pour la faveur que Loki doit à Tony après l'avoir aidé à se débarrasser du bracelet anti-magie, j'ai fait exprès de vous le faire oublier pour que ça revienne comme une claque juste ici, mouahahaha x)

Rien à voir mais j'ai eu l'occasion de voir Black Panther jeudi et franchement...woaw. Je ne vais pas spoiler évidemment, comme à chaque fois que je parle des nouveaux marvel avec vous, mais tout comme Docteur Strange, il semble à peine faire partie des autres films tant il est différent et pourtant s'en est un. Un véritable hommage aux traditions et aux personnes de couleur (qui ont enfin un superbe film de super héros pour eux, c'est trop génial ! :D (je sais qu'il y en a eu d'autres comme Hancock et j'en passe, mais on est bien loin des marvel et leur notoriété. Ce film a cloué le bec a bon nombre de petits cons racistes et misogynes, ça fait du bien ! :D je suis déterminée à retourner le voir et payer ma place de ciné avec grand plaisir ! XD), un des plus beaux marvel à ce jour, courrez le voir bon sang, restez pas plantés là ! XD

Tant que j'y pense, j'ai posté hier le début d'une nouvelle fic avec Tony et... Peter Quill en couple principal ! Oui, tout à fait ! xD Allez donc jeter un oeil en passant ! ;)

Je ne sais pas quand le prochain chapitre arrivera, sûrement dans une ou deux semaines puisqu'il me reste une semaine de cours très légère (quasiment vide en fait, j'ai juste un cours le lundi, trois le mardi, un le jeudi et un le vendredi xD) avant une petite semaine de vacances x) Donc je vous dit à bientôt pour la suite ! :D