Allez je suis d'humeur généreuse, la suite! Pour reprendre ma réponse à Kairi Sakura, il ne reste que 4 chapitres avant la fin de Lonely angels. Mais mais, don't cry whovians, la suite est déjà prête! Ce premier tome est suivi d'une longue, longue suite, les tomes 2 et 3 sont déjà écrits et prêts à être publiés, héhé..
WARNING: sexe au début (Jack..), flirt, Amstrong, flirt, amitié, couple à trois (dans beaucoup de sens), humour et.. ai-je mentionné le flirt?
Chapitre 25
Jack grogna en sentant les canines s'enfoncer dans son cou. Oh, c'était tellement bon. Il ne pensait pas s'en lasser un jour. Son amant continua de jouer avec la peau fine de son cou, laissant des traces rouges dans son sillage en même temps qu'il venait et allait en lui. Jack ferma les yeux, ses bras enroulés dans son dos le maintenant fermement contre lui. Il gémit lorsque Klaus accéléra brusquement ses mouvements, un son qui se transforma bientôt en cris enthousiastes alors que le plaisir brûlait chaque parcelle de son corps. Le Dhempir gronda, une fine pellicule rouge recouvrant lentement ses pupilles au fur et à mesure qu'il les menait vers le sommet. Le couple vint en criant, et se laissa retomber lourdement sur le matelas, le souffle court.
-Bordel …
-Assez, oui, fit Klaus en regardant les draps salis avant de tendre la main vers la table de chevet pour saisir un tissu et nettoyer son ventre.
Jack esquissa un sourire moqueur devant son geste.
-Tu sais que c'est totalement inutile ? Qu'il faudra bientôt recommencer.
-Ne critique pas les habitudes d'un homme, répliqua Klaus en venant le recouvrir de nouveau.
Le jeune homme rit, et l'attira à lui pour un baiser tendre. Celui-ci se fit bientôt passionné, chacun bataillant pour dominer l'autre. Leurs ébats avaient duré toute la nuit, depuis le moment où Klaus l'avait attrapé pas si discrètement par la manche après sa dernière prestation sur scène. Lui et Louis avaient joué une partie de la soirée, parfois seuls, parfois à deux, toujours avec passion. Klaus l'avait attaqué dès qu'ils avaient été seuls dans le couloir, le torturant contre un mur avant de le pousser dans la première chambre venue. Le Dhempir s'était montré aussi sauvage qu'attentionné, le comblant sans aucun doute. Leur échange avait été libérateur, permettant au capitaine d'exprimer ses démons sans crainte de le blesser.
D'un coup de hanches, Jack inversa leurs positions, ses mains attrapant déjà les poignets de son amant pour les pousser vers les barreaux.
-D'habitude, c'est moi qui les attache.
Le duo se retourna brusquement, pour apercevoir Camille sur le pas de la porte. Jack se sentit saliver devant le spectacle offert par la blonde : celle-ci avait retiré sa robe pour enfiler une nuisette à bretelles en partie transparente qui ne laissait presque aucune place à l'imagination. Ses boucles blondes tombaient sans aucun contrôle sur ses épaules, rehaussant la paleur de sa peau qui, comme Jack nota depuis son esprit embrumé, était ornée de ci de là de marques violettes. La jeune femme s'avança, refermant la porte derrière elle, et Jack nota enfin la cravache qu'elle tenait en main.
-Cela vous gêne si je me joins à vous ?, demanda-t-elle en haussant un sourcil, son regard bleu les détaillant de haut en bas sans bouder son plaisir.
-Ah non, pas du tout! s'exclamèrent avec enthousiasme les deux hommes.
Camille esquissa un sourire purement diabolique. Oh, il aimait tellement cette époque.
Le Docteur roula des yeux en voyant Jack descendre les escaliers, accompagné du couple d'enfer. Le jeune homme semblait positivement satisfait de lui-même, une expression orgueilleuse dévorant tout son visage. Pas besoin d'être un devin pour savoir où il avait passé la nuit. Et avec qui. À côté de lui, Rose contint à grand peine un pouffement. Elle avait le sentiment que ce genre de scène allait se répéter très souvent à l'avenir. La blonde lança un regard appréciateur à Klaus, qui en retour lui rendit un sourire bestial.
-Bonjour tout le monde, lança le Dhempir au groupe. Il reste de la marmelade ?
-Tu planifies de terminer tout le pot ? Dans ce cas, non, il n'en reste pas, répliqua son frère.
-Qu'est-ce que j'ai encore fait pour que tu tires la gueule dès le matin ? À moins que ta nuit n'ai pas été satisfaisante, commenta son frère en le fixant, taquin.
-Ma nuit a été parfaite, merci bien. La tienne aussi, visiblement.
-Excellente, merci de demander, rétorqua Klaus en passant un bras autour d'un Jack amusé. Le réveil aussi.
-Je me passerai des détails, merci, grogna l'ainé en avalant son thé alors que sa belle-sœur s'asseyait de l'autre coté de Jack. Cami, pas à table.
Le Docteur s'étouffa dans sa tasse.
-Au moins, il est mignon, commenta Gia d'un ton badin, les yeux rivées sur son journal. Ils ont remonté leurs critères. Parce que le dernier ..
-Oh, je ne suis pas le seul? s'exclama Jack en portant la main à son cœur, faussement blessé. Me voilà meurtri. Je suis certain qu'un baiser guérira mon cœur.
-Je suis sûr que cela marcherait, répliqua Elijah en lui renvoyant un sourire de loup. Mais un baiser de qui ?
Le groupe pouffa en voyant Jack virer rouge pivoine.
-J'aime vos petits-déjeuners, commenta Rose en mordant dans sa tartine. Ils ne doivent jamais être ennuyeux.
-Oh, ils ne font que s'échauffer, répondit platement Gia.
Cette fois, Rose explosa de rire. Le son fit sourire ses voisins, détendant l'atmosphère. Personne ne pouvait bouder trop longtemps en présence de Rose.
-Et vous, Doc ? Vous avez passé une bonne soirée? demanda Jack, un sourire charmeur aux lèvres.
-Ne m'appelez pas Doc! Et oui, excellente! Louis est vraiment l'un des meilleurs trompettistes de tous les temps. Cette façon qu'il a de jouer avec son instrument, c'est..
-Indécent ? Répliqua le capitaine, provoquant de nouveaux fous rires et un Seigneur du temps aussi rouge qu'une tomate.
-Pas comme ça ! Pourquoi vous rapportez toujours tout à ça?
-Quoi, moi ? C'est vous qui me provoquez tout le temps !
Rose laissa tomber sa tête contre la table en les entendant se chicaner à nouveau. Ça aussi, elle sentait qu'elle allait devoir s'y habituer.
-Ils sont mariés ? Souffla Cami à son oreille.
La jeune fille s'étouffa dans son verre, avant de pencher la tête en arrière, son rire résonnant de nouveau. Le duo lui lança un regard perturbé, presque outré d'être interrompu.
-En cours, répondit-elle avec sarcasme en jouant de ses sourcils à leur intention.
Le Seigneur du temps la fixa d'une expression placide, comme s'il devinait ses pensées.
-Un admirateur de Monsieur Amstrong, donc, Docteur? demanda Elijah comme s'il ne s'était rien passé, bien qu'un fin sourire trahisse son amusement.
-Qui ne le serait pas? répondit-il, soulagé qu'au moins une personne autour de cette table possède encore quelque décence. Son jeu est extraordinaire, sa dextérité fantastique! s'exclama-t-il avec un large sourire.
-Je suis heureux que vous l'appréciez. Vous pourrez discuter plus longuement avec lui si vous le désirez cet après-midi, nous l'avons invité à partager le thé.
-Fantastique ! Merci !
Le petit cri enthousiaste de Jack se superposa à l'exclamation du Docteur. Ce fut le tour de Rose de rouler des yeux, son amusement ne faisant que croitre: ces deux-là se ressemblaient tellement, bien plus qu'ils ne voulaient l'admettre. Elle s'amusait tellement à les voir interagir, c'était comme regarder une des séries télévisées dont sa mère était fan. La jeune fille étouffa un petit rire à cette pensée. Le Docteur la tuerait s'il l'entendait dire cela à voix haute.
La jeune fille et le Docteur passèrent le reste de la matinée à se promener dans La Nouvelle-Orléans, Rose prenant des cours accélérés d'architecture et histoire locale. Le capitaine ne s'était pas joint à eux, préférant suivre l'invitation de Klaus pour une balade à cheval dans la campagne aux alentours. Bien sûr qu'il avait accepté de l'accompagner, pensa Rose. La tension sexuelle entre ces deux prédateurs était étouffante. On était en 1928, néanmoins, et bien que l'éducation des Dhempirs était clairement plus ouverte que celle des humains d'alors, ils devaient toujours se conformer aux normes de leur époque, forçant les deux hommes à se cacher loin de la vue de tous.
Lorsque le Docteur et Rose rentrèrent dans la petite cour de la maison familiale, ce fut pour y découvrir le duo de l'enfer affalé sur un canapé, le bras de Jack enroulé possessivement autour du cou de Klaus en même temps qu'il expliquait avec enthousiasme une anecdote. Si le Docteur en jugeait aux rires de l'assistance, celle-ci avait marqué son point.
-Doc ! Dokidoc ! Je me demandais si vous reviendrez parmi nous ! Je vous pensais perdu dans les rues de la belle ville, seul avec Rosie..
-Harkness, grogna le Seigneur du temps.
-Vous vous êtes amusée, Rosie de mon cœur? demanda Jack en se poussant pour lui faire une place.
-Autant que vous, visiblement, commenta la blonde en haussant un sourcil narquois.
-Ne le lancez pas, pesta le Docteur.
Mais qu'est-ce qui lui avait pris d'accueillir ce morveux à bord ? Il déteignait sur Rose et était en train de la pervertir. S'il ne prenait pas garde, il ramènerait bientôt ses conquêtes sur son Tardis. Un frisson d'horreur le parcourut à cette pensée.
-Ne vous offensez pas, Docteur. L'attitude de votre ami est rafraichissante, sourit Gia.
-Un peu trop, justement, maugréa-t-il.
-J'espère que vous n'allez pas tirer la gueule comme ça quand Louis viendra cet après-midi, ou je vous enferme dans une chambre! grommela Jack, sa bonne humeur disparaissant lentement.
L'expression du Docteur s'éclaira à ce rappel.
-Est-ce qu'il jouera? demanda-t-il en tapant ses cuisses de ses mains. J'adore quand il joue !
Le groupe cligna des yeux devant le soudain changement d'humeur. Une seconde il était prêt de bouder, la suivante il piaillait comme un enfant. Jack lança un regard perturbé à Rose, qui haussa les épaules, blasée. Elle avait vu cette attitude se répéter maintes fois depuis qu'elle était montée à bord du Tardis. C'était un des charmes du Docteur, ou, selon le jour, ce qui le rendait incroyablement agaçant.
-Et vous, Docteur? demanda Camille. Jouez-vous d'un instrument ? Vous qui semblez apprécier la musique à son juste niveau.
Le regard du Docteur se fit nostalgique.
-La guitare, à une époque.. Mes mains étaient habiles en ce temps, mais j'en suis incapable maintenant, se lamenta-t-il en les fixant avec tristesse.
-Oh, je suis sûr que vous réussiriez de nouveau avec un peu d'entrainement, répondit gentiment Jack en se penchant pour serrer son bras.
Le Docteur lui rendit un sourire mélancolique. Il ne pouvait pas lui expliquer que ce n'était pas exactement lui qui en avait joué, mais une ancienne incarnation. Sa septième, si vous vouliez être précis. Un souvenir depuis longtemps endormi se réveilla, et il ajouta sans réfléchir :
-Je jouais des cuillères aussi. Une autre époque.
-Vous quoi ?!
Le cri avait été commun, mélangé à des rires d'incrédulité. Le sourire du Seigneur du temps se fit taquin alors qu'il répliquait :
-Tant de résonance dans les cuillères, tant de profondeur... un vrai plaisir à manier.
Jack s'étouffa dans sa tasse. Il le faisait exprès, ce n'était pas possible.
-Je veux voir ça, affirma-t-il.
-Oh, moi aussi, fit Klaus en faisant signe à une servante. Amène-nous un lot de cuillères, de toute taille.
-Allez Docteur ! Montrez-nous, rit Rose. Parce que là, j'avoue que je ne vous crois pas !
L'homme à la veste de cuir croisa les bras, faussement blessé, avant de grogner malicieusement quand sa compagne le tapa sur le bras.
-Vous n'obtiendrez rien en me battant, vous savez.
-Et si je dis s'il vous plait? susurra la blonde en battant des cils.
-Bonne fille, grogna une nouvelle fois le Docteur.
La main de Jack se contracta sur l'épaule de Klaus, son sexe palpitant dangereusement.
-Ils vont me tuer, souffla-t-il à son amant qui pouffa.
-Ils sont toujours ainsi? lui demanda ce dernier très bas, sa main se glissant déjà vers sa cuisse.
-Pire ..
-Tu n'as jamais essayé de te joindre à eux ?
-Ce n'est pas faute..
Inconscients de l'image qu'ils renvoyaient, le couple continua à se chamailler joyeusement quelques minutes encore, jusqu'à l'arrivée des fameuses cuillères. Et le groupe ne fut pas déçu : le Docteur maitrisait toujours correctement la base du jeu, permettant une démonstration aussi amusante que pédagogique. Les applaudissements furent sincères, et les rires chaleureux. C'est dans cette ambiance festive que débarqua Louis Amstrong, accompagné de son éternelle trompette.
-Louis ! Entre, entre! s'exclama Klaus en se levant pour accueillir le nouveau venu.
Jack s'étouffa une nouvelle fois dans sa tasse, et se leva précipitamment, tirant nerveusement sur ses manches sous le regard amusé de ses amis.
-Bien le bonjour, Monsieur Kaelson, sourit le musicien. Vous semblez en forme, davantage que ce que l'on peut attendre après une soirée aussi longue.
-J'ai pu me reposer longuement, rit Klaus en l'entrainant vers le groupe. Assied-toi. Veux-tu boire quelque chose ?
-Avec plaisir, accepta le musicien, étrangement à l'aise dans ce décor bourgeois.
Le Docteur fut surpris de le voir s'acclimater si facilement : il était évident que ce n'était pas la première fois qu'il rendait visite aux Kaelson.
-Capitaine, je suis heureux de vous revoir, fit Amstrong en serrant la main d'un Jack aux anges.
Rose se demanda si des ailes n'allaient pas pousser dans le dos de ce dernier tant il était heureux. Elle rougit lorsque l'artiste la salua d'un baisemain, comme les autres dames de la maison. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous avec le baisemain à cette époque ? Non pas qu'elle s'en plaignait, cela la changeait agréablement de son époque. Ce n'était pas Mickey qui se montrerait si galant, ah.
-Alors, Louis, où en sont vos compositions? interrogea Gia. La dernière fois que nous en discutions, vous étiez frustré. Vous affirmiez que votre dernier morceau ne vous plaisait pas, qu'il manquait de dynamisme.
-Vous êtes en pleine création? interrogea le Docteur, les yeux brillants aussi fort que ceux de Jack qui observait son idole la bouche semi-ouverte.
-Je tente, répondit modestement le jeune homme.
-Écoutez-le ! Muggles est un chef d'œuvre ! Et que dire de Fireworks! protesta Camille.
-Des classiques! s'exclama le Docteur.
-Vous exagérez.. Je ne les joue que depuis quelques mois.., sourit Louis.
-Ils sont déjà connus de tous ! Vous deviendrez célèbre, Louis, affirma le Seigneur du temps en serrant son bras.
-Peut-être, peut-être pas, répondit le musicien en haussant les épaules. Je suis déjà chanceux de pouvoir vivre de mon art. Je vous dois tout, ajouta-t-il en inclinant la tête vers Elijah qui secoua vigoureusement la sienne.
-Tu dois ta chance à ton talent, je n'ai fait que te remarquer.
-Un bon patron peut aider en ces temps difficiles, nota doucement Jack, son expression semblable à celle d'un enfant en plein rêve.
-Mais un artiste n'est rien sans une muse, répondit Amstrong en lui souriant.
Le si assuré capitaine changea de couleur, avant de bafouiller pitoyablement. Rose et le Docteur n'étaient pas en meilleur état, leurs yeux écarquillés fixant le duo. Jack secoua la tête, et réussit à rassembler suffisamment de neurones pour demander :
-Je... quoi ? Moi ? De quoi ? Je ne suis pas votre muse !
-Il semble que si, commenta Gia amusée.
-Mais .. pourquoi ? Je n'ai rien fait !
-Vous plaisantez ? Je n'ai pas entendu une voix aussi magnifique que la vôtre depuis des années !, protesta le trompettiste.
Jack rougit violemment. En temps ordinaire, il aurait rétorqué d'une réplique salace, mais que le compliment lui vienne de Louis Amstrong en personne lui faisait perdre toute assurance.
-Et grâce à vous, Jack, j'ai enfin réussi à écrire une nouvelle composition, ajouta ce dernier en saisissant son instrument.
Le jeune homme sentit les larmes lui monter aux yeux en entendant les notes s'élever. Il reconnut sans peine la musique. West End Blues. L'un des morceaux de jazz les plus célèbres de l'Histoire. La main plaquée sur la bouche, il écouta les yeux écarquillés Louis jouer, regardant incrédule les doigts de ce dernier voler sur la trompette.
Un long silence tomba lorsque celui-ci reposa son instrument, attendant tendu la réaction de la petite foule. Cette dernière avait les yeux rivés sur Jack, qui pleurait abondamment. Se levant précipitamment, il se jeta dans les bras du musicien, le serrant contre lui avec force.
-Merci … merci, murmura-t-il au milieu de ses hoquets.
-Merci à vous, rectifia Amstrong en lui rendant l'étreinte. Vous avez augmenté l'étendue de mon inspiration.
-La boucle du voyageur temporel, souffla très bas le Docteur, les yeux brillants.
-La quoi? murmura Rose qui observait la scène, un sourire illuminant son visage.
-Provoquer soi-même un événement historique... Cela m'est déjà arrivé plusieurs fois, avec beaucoup de musiciens aussi, d'ailleurs, mais j'adore en vivre.
-Pas seulement un observateur, alors ?
-Dans la majorité des cas, si.
-Tout est dans le mot 'majorité', le taquina Rose alors que le petit groupe applaudissait copieusement le musicien.
Louis continua à les ravir de sa musique une partie de l'après-midi, Jack se joignant parfois à lui. Rose avait fini par fermer les yeux, blottie contre le Docteur qui l'enveloppait de son bras. Elle avait décidé qu'elle aimait le jazz, en particulier si cela signifiait Jack qui chantait. Celui-ci s'était prêté à de nombreuses improvisations avec son idole, son visage illuminé par le soleil mettant en valeur sa jeunesse.
-Je vais devoir vous quitter, s'excusa finalement le musicien en début de soirée. Ma famille m'attend.
-Bien sûr … Je vais te faire raccompagner, les rues ne sont pas sures à cette heure, répondit Elijah en serrant sa main.
-Tu as intérêt à vite revenir, commenta son frère. Gia va devenir insupportable si elle ne te revoit pas bientôt, taquina-t-il sa belle-sœur, mais son sourire démentait toute méchanceté.
-Ce sera avec plaisir, comme toujours, répondit Amstrong amusé. En particulier si cela signifie revoir Monsieur Harkness.
L'expression de Jack se fit chagrine.
-Je ne suis que de passage, malheureusement .. Nous repartons bientôt.
-Vraiment? demanda Rose en haussant un sourcil, le fixant de ses grands iris marron.
-Vraiment, confirma le Docteur. Mais rien ne vous force à revenir avec nous, Jack. Vous pouvez rester ici.
Il le fixa d'un air interrogateur, lui demandant silencieusement ce qu'il désirait faire. Si le garçon voulait rester ici, il ne l'en empêcherait pas. Il pouvait clairement trouver le bonheur dans cette maison.
Le plus jeune secoua la tête.
-Vous savez bien que non.. Ce n'est qu'un doux rêve.
Ce n'était pas son foyer. Cela ne le serait jamais. Il n'y avait pas de place pour lui dans cette demeure, pas sur la durée. L'expression peinée de Klaus contrastait avec celle en partie soulagée de Rose, lui laissant un goût mitigé dans la gorge.
-Cela a été un honneur de vous rencontrer, monsieur, fit-il à l'intention d'Amstrong à qui il serra fermement la main.
-Vous aussi, Jack. N'arrêtez jamais de chanter ni danser.
-Soyez sans crainte, répliqua le capitaine avec un sourire narquois. Je ne compte pas stopper.
Une ombre hésitante passa sur son visage, avant qu'il ne saisisse le visage du musicien de sa main et se penche pour déposer un baiser chaste sur ses lèvres. Le trompettiste haussa un sourcil mais ne le repoussa pas, un petit sourire étirant sa bouche. Le capitaine le regarda partir le cœur battant, ses yeux étincelants aussi forts que les derniers rayons de soleil.
-Amstrong, hein? commenta le Docteur en venant se tenir à coté de lui. Vous allez tous me les faire ?
-Bien possible..
-ça va? demanda gentiment le Seigneur du temps.
Il hocha la tête, avant de murmurer, perturbé :
-Vous m'avez appelé Jack.
Le Docteur haussa un sourcil.
-Et ?
-C'est la première fois que vous m'appelez par mon prénom.
-Peut-être est-ce la première fois que vous le méritez.. Vous êtes certain de ne pas vouloir rester ?
Le jeune homme secoua la tête.
-Je n'appartiens pas à ce temps. Il n'y a pas de place pour moi ici.
Avant que le Docteur n'ait pu protester que cela ne tenait qu'à lui, Jack se détourna pour faire face à Klaus qui le saisit par le bras.
-Reste, murmura ce dernier.
-Je ne peux pas, répliqua doucement le capitaine en saisissant tendrement son visage pour le caresser du bout des doigts.
-Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'en empêche ? Surement pas nous ! Seul le silence lui répondit. Je le savais.. tu es trop sauvage pour cela.. Tu ne peux pas rester enfermé… On se ressemble sur ce point, souffla le Dhempir avant de saisir à son tour son visage pour l'embrasser férocement.
Jack le lui rendit avec une force égale, s'agrippant à ses boucles blondes aussi longtemps qu'il le pouvait sans avoir à rompre le baiser pour respirer. Lorsqu'il recula finalement, ce fut pour poser son front contre celui de son ami, les yeux clos dans une veine tentative de faire perdurer ce moment.
-Au revoir, souffla-t-il.
-Adieu, rectifia tristement Klaus.
Les lèvres de Jack se tordirent. Il ne pouvait pas nier. Il n'existait que très peu de chance qu'il revienne.
-C'est visiblement l'heure des adieux, commenta Camille en venant serrer la main de Rose, imitée par Gia.
La jeune fille sourit en voyant son ami effectuer pour sa part le baisemain traditionnel, et ce bien qu'elle devinait son malaise intérieur. Le Docteur n'était pas très doué avec les conventions sociales, il se montrait même très souvent totalement déphasé au milieu de groupes. Jack se sépara avec réticence de Klaus, reculant pour se tourner vers le maitre de maison qui avait observé la scène sans un mot.
-Merci pour votre hospitalité, fit-il en se placardant un sourire sur le visage, la main tendue.
Elijah haussa un sourcil, avant de se rapprocher et murmurait de sa voix brulante dans son oreille :
-Quoi, je n'ai pas le droit à un baiser d'adieu ?
Jack écarquilla les yeux. Il avait bien entendu ce qu'il pensait ? Son souffle se fit soudainement très court lorsque le plus vieux des Dhempirs vint saisir son visage pour l'embrasser avec passion. Des petits cris et sifflements s'élevèrent dans l'assistance féminine, alors que Jack sembla s'élever du sol, battant frénétiquement des bras.
Lorsqu'Elijah recula, un sourire orgueilleux rivé sur ses lèvres charnues, ce fut pour laisser un Jack aux joues rosies par le plaisir et clairement la tête dans les nuages.
-Bon voyage, petit garçon, murmura l'être en le fixant de son regard pénétrant.
Le commentaire fit rougir l'intéressé jusqu'à la pointe des oreilles. Il ne pouvait juste pas se retenir. Si Klaus était la sauvagerie, le contrôle qu'exerçait en permanence son frère sur lui-même le rendait horriblement séduisant. Il ne pouvait que rêver de ce que cela signifiait au lit. Le capitaine se lécha les lèvres, se sentant déjà durcir juste à cette pensée.
Une petite toux l'en arracha. Le Docteur le fixait, les bras croisés, une expression totalement blasée sur le visage. Un sourire terriblement satisfait de lui-même rivé à ses lèvres, Jack les rejoignit, se sentant plus heureux qu'il ne l'avait été en une longue période.
Oui oui. Amstrong, Klaus, Cami, Elijah. Bref. Jack m'a échappé sur ce coup. Oups xD?
Ceci étant dit, c'est un de mes chapitres préférés, il contient tout ce qui l'essence de la série et Jack: flirt, humour, personnage historique, amitié.. et un maudit couple à trois qui commence à bien s'installer et va bien nous rendre fous encore longtemps xD
