))REVIEWS((
Mayra : Mwahaha! Vive le sadisme! Je crois cependant qu'un bon Avada Kedavra bien placé devrait faire l'affaire. Après plusieurs Doloris, bien entendu…
Klaude : Tu as parfaitement raison! Et bien souvent, il y a des choix à faire, et pas toujours les meilleurs… Pour Harry, c'est vrai qu'il subi calmement ce qui lui arrive sans poser de questions, cela ne lui ressemble pas. Je mets ça sur le compte de l'état de choc:P Quand il va commencer à se questionner sérieusement, ça va barder!!
Elise : Il faut bien que Ron ait son heure de gloire de temps en temps! J'en avais marre de le faire passer pour le crétin qui ne dit jamais rien d'intelligent :P Pour Harry et Lyra un peu de patience, c'est moche quand c'est trop facile ;-)
Emma : Héhé, je trouve ça intéressant comme triangle amoureux moi! Malheureusement, Drago ne semble pas avoir beaucoup de partisans mdr! Et puis tu as hâte que Harry sache pour Lyra… méchante… tu es si pressée de lui faire vivre ça, la pauvre!!
Bartimeus : Percy est un crétin, mais quand même. Je me suis dis qu'il devrait bien s'interroger sur son choix, pendant quelques secondes ;-) Désolée pour Harry et Lyra, ce n'est pas dans ce chapitre-ci que tu trouveras ton compte…néanmoins, on les verra davantage dans les suivants!!
Monsieur S : Comment ça, qui l'eut cru? C'est Percy le crétin, pas Ron! Et non, inutile de questionner, je ne donne pas de spoiler niak niak niak!
Voilà pour les reviews non signées! Merci beaucoup tout le monde! XD
EDIT 07-05-07: Désolée pour le "re-up", j'ai corrigé quelques fautes à ce chapitre!! Le suivant arrivera cette semaine. Bisous!
Bonne lecture à tous!
øøø
Chapitre 24 : Les… Maraudeuses?
Il était minuit et quelques minutes. Harry était à mi-chemin entre le réveil et le sommeil, lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit tranquillement. Dans le rai de lumière se découpait une silhouette floue – Harry n'avait pas ses lunettes – mais vraisemblablement féminine. Elle était cependant trop petite pour être celle Lyra et ce fut la voix d'Hermione qui chuchota :
« Ron?
-Mrrrffgh? grogna Ron.
-Dors-tu? demanda Hermione.
-Je dormais, oui. Mais c'est gentil de t'en inquiéter, répondit Ron d'une voix pâteuse.
-Il fallait que je te parle…je n'aurais pas dû venir…Excuse-moi! »
Ron semblait parfaitement éveillé, à présent.
-Oh c'est pas grave, maintenant que tu es là… aller, viens!
Harry était dos à eux, mais il devinait Hermione assise tout près de Ron. Tous deux chuchotaient, mais Harry perçut quelques petits commentaires idiots tels que « tu m'as manqué » alors qu'ils avaient passé la journée ensemble. Harry étouffa un grognement, qui aurait facilement passé pour un ronflement. Hermione aurait-elle oublié que Ron n'était pas seul dans la pièce? Ne pouvaient-ils pas jouer le petit couple heureux ailleurs?
-Est-ce que Harry est endormi? demanda soudain Hermione.
-J'en sais rien.
-Harry? appela Hermione – mais Harry fit semblant de dormir. Eh bien, il est endormi! conclut-elle.
-Je ne sais pas, dit Ron d'un ton moqueur. Il pourrait très bien faire semblant cet imbécile…
-Imbécile toi-même! rétorqua aussitôt Harry.
Ron et Hermione pouffèrent, et il comprit alors qu'il était tombé dans le panneau. En temps normal, Harry aurait ri lui aussi, mais ce n'était justement pas un temps normal et il n'était vraiment pas d'humeur.
-Vous pouvez parler, dit-il sèchement, je vais aller faire un tour.
Et il ferma la porte derrière lui, bien décidé à aller passer la nuit au salon. Le couloir était faiblement éclairé par des torches et Harry nota avec amertume que tous les placards étaient maintenant cadenassés. Toute la journée, il avait repoussé ses pensées, mais à la vue du placard à chaudrons de Mondingus, il ne pouvait plus s'y résoudre. Harry s'en voulait de s'en faire à ce sujet. Après tout, il avait des tas d'autres raisons de s'en faire, des raisons beaucoup plus importantes auxquelles il n'avait pas repensé depuis un certain temps…
Puis Harry réalisa que c'était grâce à Lyra qu'il ne s'en faisait plus avec tout ça. Quand il était avec elle, il oubliait tout le reste et pouvait se permettre de s'amuser, comme tous les sorciers normaux de son âge. Et il dut admettre – à son grand dam – que Lyra lui manquait terriblement. Il aurait voulu que Lyra vienne le retrouver à minuit, comme Hermione, pour lui chuchoter des commentaires idiots, comme Ron. Il aurait voulu la faire rire avec ses plaisanteries complètement nulles, il aurait voulu rire d'elle quand elle se mettait dans des situations impossibles. Il aurait voulu qu'elle soit là, avec lui, et que rien n'ait changé. Mais, par-dessus tout, il aurait voulu la comprendre. Pourquoi un jour elle l'aimait et l'autre jour elle ne l'aimait plus, pourquoi elle était si mystérieuse, pourquoi elle effrayait tout le monde… pourquoi elle était amie avec les Serpentard et pourquoi, pourquoi elle recevait des cadeaux de la part de Malefoy! Puis il lui vint à l'idée que Malefoy était peut-être amoureux de Lyra et cette pensée lui révulsa l'estomac.
Après avoir parcouru plusieurs couloirs et gravi quelques marches, Harry se retrouva devant une large pièce dont il avait – par la faute de Lyra, sans doute – complètement oublié l'existence. La stalle de Buck, l'hippogriffe. En se demandant si l'animal y était encore, Harry poussa la porte et entra. L'intérieur sentait la paille et le bois, et Harry constata que Buck y vivait encore, mais qu'il n'était pas seul. Quelqu'un, un homme, lui lissait distraitement le plumage. Le cœur d'Harry fit un bond dans sa poitrine et, sans réfléchir, il appela : « Sirius! »
Mais il ne s'agissait évidemment pas de Sirius. L'homme se retourna lentement, c'était Lupin. À sa vue, Harry fut soudainement si déçu qu'il eut une boule dans la gorge.
-Harry? fit Lupin.
-Oh, euh…je suis désolé, je…j'ai cru…, balbutia Harry.
-Harry, dit doucement Lupin. Viens là…
Harry obéit et s'approcha. Il s'inclina machinalement devant Buck, qui s'inclina aussi, et s'assit près de Lupin.
Ils restèrent un bon moment sans parler et Harry reprit peu à peu contenance.
-Je viens souvent ici, lui apprit Lupin. Quand je suis incapable de dormir. Ici, j'ai l'impression qu'il est encore là…
Harry savait qu'il parlait de Sirius et comprenait très bien ce qu'il voulait dire. La vue de Buck lui rappelait inévitablement son parrain.
-Il me manque, lâcha soudain Harry.
-Oui, à moi aussi, dit Lupin sans cesser de caresser les plumes de Buck.
Harry se rendit compte, à ce moment-là, qu'il n'était pas le seul à souffrir de la mort de Sirius. Lupin avait longtemps été un de ses meilleurs amis et il le connaissait beaucoup mieux que Harry. Son départ devait lui avoir fait aussi mal, sinon plus. Lupin, comme Harry, se retrouvait seul.
-Remus? demanda Harry, en pensant subitement à quelque chose.
-Oui?
-Parlez-moi d'Adorabelle.
Lupin se tourna vers lui, interloqué.
-Tu es au courant pour Adorabelle?
Harry acquiesça et lui raconta brièvement comment il était tombé sur la carte de Chocogrenouille.
-Pourquoi je n'en ai jamais rien su? voulut-il savoir.
-C'est une sale histoire, dit Lupin en secouant la tête. Je n'ai aucun mal à comprendre pourquoi Sirius ne tenait pas à en parler.
-Racontez-moi, s'il vous plait, Remus.
Lupin soupira. Il leva les yeux, comme s'il réfléchissait et eut un léger sourire.
-Tu connais déjà l'histoire des Maraudeurs, bien sûr…mais tu ne connais pas celle des Maraudeuses.
-Les Maraudeuses?
-Nous étions quatre à avoir créé cette carte, dit Lupin. Mais nous n'étions pas les seuls à nous en servir. Nous avions tous une petite amie à l'époque…
-Même…Peter? s'étonna Harry.
-Même Peter, répondit Lupin en riant. Une fille étrange, qui semblait toujours un peu perdue. Elle s'appelait Moon Star, mais Sirius et James aimaient bien la surnommer « Monster ». Oh, mais elle n'est pas restée longtemps. Elle s'est mariée, plus tard, avec un certain Lovegood, je crois…
-Lovegood? La mère de Luna?!?
Pour peu, Harry en aurait ri, mais en fait c'était plutôt dramatique : Luna aurait pu être une Pettigrow!
-Adorabelle n'était pas à Poudlard depuis la première année, poursuivit Lupin. Elle faisait ses études à Beauxbâtons, en France, puis sa famille a déménagé en Grande-Bretagne. Le ministère venait tout juste d'abolir la loi Anti-Transfert…
-Qu'est-ce que c'était?
-Eh bien, tu sais Harry, toutes les écoles de sorcellerie vivent dans le plus grand secret.
-Je sais, oui.
-Il était donc interdit aux élèves de se faire transférer d'une école à l'autre, risquant ainsi de trahir les secrets de leurs anciennes écoles. Cette loi n'était pas vraiment pratique pour les familles qui déménageaient d'un pays à un autre…c'est ainsi qu'une pétition fut signée et la loi retirée. Adorabelle a été la première élève à changer d'école, après cela. Elle est arrivée à Poudlard en quatrième année. Je m'en souviens vaguement. Ç'a été plutôt discret, Dumbledore n'en avait pas fait toute une cérémonie. Adorabelle est arrivée par le Poudlard Express, comme tout le monde, puis elle est allée s'asseoir à la table des Gryffondor pour le banquet. Sa répartition avait eu lieu quelques jours avant la rentrée, en privé.
-Personne n'a remarqué sa présence, alors?
-Une fille comme Adorabelle passe difficilement inaperçue, dit Lupin en souriant. Je ne sais pas quelle photo tu as vue sur la carte de Chocogrenouille, mais c'était une très belle fille. Un peu trop d'ailleurs, malheureusement pour elle.
-Vous voulez dire heureusement, corrigea Harry.
-Non, j'ai bien dit malheureusement, dit Lupin en souriant. Tu sais, les trop jolies filles ont tendance à être jalousées par les autres et convoitées par les garçons. Ça ne doit pas être drôle tous les jours d'être aimée ou détestée pour les mauvaises raisons. Ça a d'ailleurs été très long avant qu'Adorabelle se fasse des amis à Poudlard…
-Comment Sirius a fait pour sortir avec elle?
-Eh bien en fait, ils bénéficiaient de deux grands points communs : tous deux étaient lourdement convoités par le sexe opposé… et tous deux s'en fichaient complètement. On peut donc dire qu'ils étaient mutuellement les seuls à pouvoir se parler sans mauvaises intentions. Ils sont devenus bons amis, puis Adorabelle a commencé à faire partie de la bande. Sirius et elle assuraient qu'il ne se passerait jamais rien entre eux, et c'était le sujet favori de James pour se moquer de son meilleur ami.
-Mais ils ont fini par se marier.
-Ils ont commencé à sortir ensemble après la septième année, puis tout s'est enchaîné très rapidement. Ç'a été comme un coup de foudre à retardement.
-Et comment ça c'est passé, pour mes parents?
-Eux aussi, ils ont mis du temps. Ils sont d'abord devenus amis, en sixième année, puis un couple au début de la septième. Ça s'est passé assez tranquillement.
Harry se sentit rassuré de savoir que tout était bien allé, que malgré ce qu'il avait vu dans le souvenir de Rogue, ses parents avaient fini par s'aimer pour les vraies raisons.
Lupin semblait content de lui raconter tout ça. Il était plongé dans ses souvenirs, le regard nostalgique, ignorant Buck qui tapait de la patte – il voulait se faire caresser le plumage de nouveau.
-Nous étions tous à Gryffondor, poursuivit Lupin. Chaque soir, c'était la fête dans la salle commune, jusqu'à ce que tout le monde aille se coucher. Là, on en profitait pour sortir, avec la carte du Maraudeur. Les filles venaient presque toujours avec nous. En fait, les seuls moments où elles ne venaient pas, c'était lors de mes transformations.
-Elles savaient que vous étiez un loup-garou?
-Elles ont fini par l'apprendre. Heureusement, elles ont toutes bien réagi. Mais comme elles n'étaient pas des animagi, elles ne pouvaient pas nous accompagner.
Harry commençait à se demander à quel moment cela allait devenir « une sale histoire ».
-Après nos études, dit Lupin, nous sommes restés en contact, évidemment. James et Lily se sont mariés, Sirius et Adorabelle aussi.
-Et vous? demanda Harry.
-Non, répondit tristement Lupin.
Il regarda ailleurs.
-Ma fiancée a été assassinée.
-Oh! fit Harry.
Il sentit qu'il ne devrait pas approfondir le sujet. Lupin tournait une bague autour de son annulaire. C'était un anneau étrange, avec tout plein de gravures dessus.
-Et euh…après leur mariage…, dit maladroitement Harry.
-Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, dit sombrement Lupin.
-Attendez…des enfants, vous dites? J'ai des frères et sœurs? C'est impossible. Mes parents sont morts quand j'avais un an.
-Excuse-moi, dit Lupin. Je me suis mal exprimé.
Il secoua la tête, comme pour chasser de sombres pensées et reprit son récit.
-Évidemment, James et Lily n'ont eu que toi. Sirius a été nommé parrain, et Adorabelle marraine. Si tu savais comme ils étaient heureux, tous les quatre, Harry!
Lupin semblait amer. Il avait dû envier leur bonheur, pensa Harry, lui qui souffrait tant…
-Adorabelle a eu son bébé presque en même temps que Lily, ajouta Lupin.
Harry n'aurait pas été plus assommé si Lupin lui avait envoyé son poing en pleine figure. Adorabelle? Un bébé? Mais alors…Sirius avait eu un enfant! Mais pourquoi Harry n'en savait rien? Qu'était-il advenu de ce bébé? Ce devait être un sorcier de son âge…peut-être le connaissait-il?
Lupin se rendit compte de son erreur en voyant l'air béat de Harry.
-Je ne sais pas pourquoi je t'ai dit ça. Quel imbécile je suis! Écoute, oublie ça, Harry.
-Mais…mais…
Harry ne savait pas quelle question poser en premier.
-Mais qu'est-il advenu de cet enfant? Pourquoi ne l'ai-je jamais vu? Remus, dites-le moi!
-Mort subite du nourrisson, dit rapidement Lupin. Je n'aurais pas dû t'en parler, c'est inutile. Ne le dis à personne, d'accord?
Harry comprenait de moins en moins. Sirius avait eu un enfant et ce dernier était mort. C'était terrible, mais pourquoi ne devait-il pas en parler? Personne d'autre n'était au courant?
-C'est ça…la sale histoire? dit lentement Harry.
-Oui. Après cela, tout a dégénéré. Tes parents ont été tués, un an plus tard. Tu connais la suite…Sirius a été accusé, puis emprisonné. Adorabelle a un peu perdu la tête, tu comprends.
Harry comprenait.
-Lors de son évasion, Sirius a tenté de revoir sa femme, mais elle a refusé de le voir, dit Lupin.
-Elle ne croyait pas en son innocence, c'est ça? supposa Harry.
-Elle a toujours voulu le croire, mais les preuves étaient accablantes, avant qu'on ne découvre la vérité. Puis quand la véritable histoire a été étalée au grand jour…c'était trop tard…
Harry sentit sa gorge se serrer. C'était injuste. Sirius était accusé de meurtre de ses meilleurs amis, juste après la mort de son bébé, puis avait passé douze ans à Azkaban avec les Détraqueurs…il s'était évadé, mais sa femme refusait de le voir, puis il avait vécu enfermé dans cette maison avant de mourir au ministère de la Magie, en voulait sauver son idiot de neveu.
-Adorabelle doit s'en vouloir, dit Harry.
-Elle s'en veut énormément, oui, dit Lupin. Je l'ai revue quelques fois. Elle était très dépressive. Tu te souviens d'Améthyste?
-Améthyste?
-Elle fait partie de l'Ordre et elle a mangé ici l'autre soir. Elle n'arrêtait pas de se plaindre…
-Mais oui! La sorcière aux yeux mauves! se souvint Harry. C'est la sœur d'Adorabelle?
-C'est exact. Améthyste me donne souvent des nouvelles de sa sœur. Apparemment, elle ne va pas très bien.
Harry arrivait sans mal à imaginer ce qu'elle devait éprouver. Elle avait toutes les raisons du monde d'être dépressive!
-Une sale histoire, soupira Lupin en baissant la tête.
-Oui, une bien sale histoire. Mais, Remus?
-Hmm?
-J'aimerais bien rencontrer Adorabelle, un jour. Ma marraine.
-Oh, je ne sais pas si c'est une bonne idée, Harry. Qui sait comment elle pourrait réagir en te voyant…
-Vous croyez que ça pourrait aggraver son état?
-Je n'en sais rien. La meilleure façon de le savoir serait de le lui demander.
-Vous le ferez?
Lupin se tourna vers lui et sourit à son regard implorant.
-Je le ferai, dit-il enfin. À une condition.
-Laquelle?
-Tu dois me tutoyer.
Harry sourit.
-D'accord, dit-il.
-Marché conclu, dans ce cas! déduisit Lupin.
Harry s'appuya contre le mur et passa sa main sur le sol couvert de paille. Il aurait tant aimé que Sirius soit là! Son innocence reconnue, il aurait pu être heureux enfin. Harry se dit qu'il l'aurait bien mérité.
Lupin tournait toujours sa bague, l'air songeur. Raconter cette histoire devait avoir ravivé beaucoup de mauvais souvenirs, pour lui.
-Comment était ta fiancée? demanda Harry.
Puis il regretta sa question. Lupin n'avait sans doute pas envie d'en parler.
-Elle était merveilleuse, répondit Lupin après un moment. Tout le monde l'aimait. Elle faisait partie de l'ancien Ordre du Phénix, tu sais?
-C'est vrai?
-Bien sûr. Fol Œil t'avait donné une photo, non?
-Oui. Qui était-elle?
-Elle s'appelait Dorcas, dit Lupin. Dorcas Meadowes.
Harry avait déjà entendu ce nom. Il se souvenait maintenant de ce que Maugrey avait dit en lui remettant la photo : Dorcas Meadowes avait été assassinée par Voldemort en personne, tout comme Lily et James Potter. C'était affreux, mais à présent, Harry comprenait très bien pourquoi Remus affichait toujours cet air triste et piteux.
-Bon, fit Lupin en se levant lentement, il est temps pour toi d'aller au lit, Harry. Il est tard.
-Il est plus tôt que tard, à cette heure, fit remarquer Harry.
Il lui vint amèrement à l'esprit que c'était une des dernières choses qu'il avait dites à Lyra.
-Oui, je te l'accorde, répondit Lupin avec un sourire contrit. Je vais aller dormir aussi, si j'en suis capable. Je dois reprendre des forces avant la prochaine pleine lune… Bonne nuit Harry.
-Bonne nuit, Remus.
Harry caressa la tête de Buck en guise d'au revoir et sortit. Arrivé devant la porte de sa chambre, il se rendit compte qu'il avait oublié sa décision de passer la nuit au salon. N'ayant pas envie de descendre, il ouvrit la porte avec prudence, comme s'il craignait qu'un monstre bondisse de la chambre pour lui sauter dessus ou, plus vraisemblablement, que Ron et Hermione lui hurlent de ficher le camp. Mais Hermione n'était plus là et aucun monstre ne surgit de la pénombre, bien évidemment. Harry fut content de se blottir dans la chaleur de son édredon et, malgré toutes les pensées qui le tourmentaient, il parvint presque à s'endormir. Mais une voix le tira de sa somnolence. L'absence de ronflements aurait dû le prévenir que Ron ne dormait pas, mais Harry n'y avait pas fait attention.
-Harry? fit Ron d'une petite voix.
-Mmm? marmonna Harry dans son oreiller.
-C'est…c'est toi?
-Qui veux-tu que ce soit? grogna Harry, agacé que son ami l'empêche de dormir pour lui demander une chose aussi stupide.
-Personne, dit rapidement Ron. Euh…tout va bien?
-OK, dit Harry en se redressant après avoir mis ses lunettes, qu'est-ce qui se passe?
-Oh rien, rien du tout, vraiment…rien! dit Ron d'un ton qui se voulait naturel mais qui était plutôt nerveux.
-Ron. Tu me réveilles à presque trois heures du matin pour me demander si c'est bien moi et si tout va bien.
-C'est juste que…j'ai voulu m'assurer que…j'ai pensé…
-Ron, je suis fatigué, dit Harry d'un ton las. Cesse de tourner autour du pot.
-D'accord, soupira Ron. Je me demandais si tu dormais, parce que je voulais m'excuser de t'avoir traité d'imbécile tout à l'heure.
-Tu es sûr? fit Harry, dubitatif.
-Mais…oui. Que veux-tu que je dise d'autre?
Harry haussa les sourcils, bien que Ron ne puisse pas le voir dans la noirceur, puis il enleva ses lunettes et se recoucha.
-Ok, ça va, je te pardonne.
-Super! Euh…bonne nuit Harry.
-Ouais, bonne nuit.
Harry se tourna sur le côté et ferma les yeux. Sa dernière pensée, avant de s'endormir, fut que Ron était vraiment un très mauvais menteur.
Mais...pourquoi Ron ment-il? A suivre...
