Titre : La violence des Sangs Purs.
Résumé : 1975 Les maraudeurs entrent en cinquième année. Mais Sirius, d'ordinaire si charmeur et drôle, a maigri, sa tête a dégonflé et il parait fatigué. Que se passe-t-il ? Comment les Maraudeurs, le groupe populaire semant la bonne humeur pourrait-il survivre à l'éloignement du leader, Sirius Black ? Plongé dans l'intrigue de l'histoire des Maraudeurs.
Rating :M
Publication : Tous les mercredis (n'hésitez pas à me secouer si je traîne)

Enjoy !

Pdv Regulus.

Slughorn venait d'ouvrir la pièce dans laquelle Lupin et moi étions enfermés. Sirius était à terre, dans les bras d'Evans. Potter était assis contre le mur, tremblant de tous ses membres. Pomfresh avait la main sur la bouche et Dumbledore avait l'air consterné. C'était bien le moment de l'être ! Après tout ce qu'avait subi mon frère… Et tout ce qu'il venait de subir, uniquement pour me protéger. Et il y avait Rogue. Stupéfixié, à terre. Lestrange s'était tiré après nous avoir enfermés. Lupin se précipitait vers Potter, et je restais à ma place. Merlin. Je ne savais pas quoi dire, quoi faire. Je savais ce que vivait Sirius. Mais je ne me l'imaginais pas. Ses cris et les ordres que Rogue avait prononcé à voix assez haute pour que je les entende m'avaient laissé tout le loisir de me l'imaginer. J'avais envie de vomir. Pomfresh prit les choses en mains, et demanda à Potter, Sirius et moi de l'accompagner dans son infirmerie. Dumbledore voulait s'entretenir avec Lupin. Je me dirigeais vers mon frère qui était toujours à terre et lui tendit la main. Il me fit un maigre sourire et me la prit. Sa robe en lambeaux au niveau du dos me confirmait ce dont je me doutais. Il fallait que je sois fort, pour lui. Il passa donc son bras sur mes épaules et je passais le mien en dessous de ses aisselles. Nous parvenions à l'infirmerie rapidement et sans avoir croisé d'élèves. Il faisait nuit, mais je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était.

Quand nous fumes entrés, Pomfresh me fit asseoir sur un lit. Elle commença à soigner le sang qui coulait de mon arcade sourcilière et du coin de mes lèvres ainsi que le bleu qui me lançait sur ma mâchoire. Sirius était allongé sur un lit à côté du mien. Quand Pomfresh en eut fini avec moi, elle se dirigea vers lui. Elle s'afféra, lui donnant différentes potions, comme si elle était habituée à le voir ici. Ce qui était probablement le cas, finalement. Je n'avais pas vraiment parlé à Sirius depuis qu'il était venu à la maison pendant les vacances de noël. Mais je savais que, maintenant, il me considérait comme son frère. Ce n'était plus juste un lien de sang. Potter avait été mis sous potion calmante et s'était endormi. Mcgonnagal vint donner la petite à Sirius. C'était la première fois que je la voyais. Sirius se releva et la pris dans ses bras. Il dut sentir un regard sur lui car il se tourna vers moi et demanda :

Tu veux la prendre ?

Eu… Pourquoi pas…

Sirius se leva doucement, vint s'allonger à mes côtés et me la donna. Elle lui ressemblait beaucoup. Elle avait ses yeux et son nez. Les cheveux aussi, finalement. Elle avait la grâce des Black, et ressemblait à Bellatrix. Mais cela ne resterait jamais qu'une ressemblance physique. Sirius ne la laisserait jamais mal tourner. Elle se mit à pleurer et je sursautais. Sirius la repris, attrapa le biberon que Pomfresh avait posé sur la table de nuit et lui mit dans la bouche. Il était un peu gauche, mais se débrouillait assez bien. Pour quelqu'un de quinze ans. Sirius avait sûrement grandi trop vite. Comme nous tous, en fait. Une génération entière élevée dans la haine, dans la guerre. Je soupirais, pensant à tout cela. Quand la petite fut rendormie, je chuchotais :

Comment vas-tu Sirius ?

Bien… Ne te fais pas de soucis, Regulus. Je m'en suis toujours sorti.

Je n'en doute pas. Mais je veux que tu sache que je suis là, désormais. Tu n'es plus seul. Ne l'oublie pas. Je suis ton grand frère. (Regulus est le petit frère de Sirius il me semble)

Ouais. On ne peut pas dire que t'as joué ce rôle auprès de moi…

Je le regrette beaucoup. Il faut que tu me croies.

Mais je te crois. Seulement, on ne peut pas tout oublier. Je veux dire, je ne vais pas te prendre dans les bras et te faire plein de bisous au nom de l'amour fraternel, tu comprends ?

Bien sûr. Tu devrais la mettre dans son berceau et retourner dormir dans ton lit. Tu as des cernes qui feraient peur à Tu-sais-qui lui-même.

Ouais…

Au fait, comment s'appelle-t-elle ?

Jessie

Okay. Bonne nuit Sirius.

Bonne nuit Regulus.

Je regardais mon frère se retourner, coucher la petite puis se coucher à son tour, me tournant le dos. Je poussais un soupir et me tournait. Il fallait que je dorme.

Je me réveillais en sursaut. Les cris de Sirius hantaient mes nuits. Je me tournais vers lui pour vérifier qu'il était toujours là. Une présence magique crépitait autour d'eux. Probablement un sortilège de surdité, je n'avais pas du tout entendu la petite pleurer. Je jetais un tempus et me rendis compte qu'il n'était que cinq heures du matin. J'enfilais un peignoir en polaire et sortit discrètement de l'infirmerie, incapable de me rendormir. Je sortis une cigarette, jetais un sort de flamme et pris une première inspiration en m'appuyant contre un mur de Poudlard. La pierre était assez froide, malgré la fin avril. On n'avait pas eu beaucoup de chance, niveau température. Ce n'est pas vrai, j'étais en train de penser à la pluie et au beau temps. Pathétique fut le seul mot qui me vint à l'esprit.

Vous ne devriez pas fumer, Monsieur Black. Encore moins dans l'établissement.

Je sursautais et me retournais pour faire face à Dumbledore. Merde. J'écrasais mon mégot au sol et me penchais pour le récupérer et le ranger dans ma poche.

Excusez moi, Monsieur, je ne voulais pas faire quoi que ce soit de contraire au règlement, c'est juste que…

Je comprends, ne vous inquiétez pas. C'est difficile, n'est-ce pas… J'ai moi-même du mal à y croire. Ce que je ne comprends pas, c'est ce silence… Pourquoi personne n'a parlé ?

Je pense que nous avions tous juré à Sirius de ne rien dire. Et lui devait avoir honte…

Oui, sûrement. Les aurors viendront demain. Ils voudront probablement vous auditionner.

D'accord.

Retournez vous coucher maintenant, Regulus. Vous ne devriez pas être debout et je ne devrais pas vous parler en plein milieu d'un couloir. Et dire que je suis directeur de cette institution…

Dumbledore laissa échapper un léger rire puis me fit une tape dans le dos. Cela me fit une impression étrange. Bien sûr, Dumbledore était un directeur plutôt cool, mais il ne se laissait pas souvent aller à de tels signes d'affection. Je retournais dans l'infirmerie. Narcissa y était encore, des contusions encore visibles sur son visage pale. Elle fixait le plafond d'un œil vide.

Cissy ?

Oh, bonjour Regulus.

Je ne te demanderais pas comment ça va, hein. C'est encore Lucius ?

Elle acquiesça sombrement.

Il n'est pas méchant au fond.

Tu te moques de moi ? Pas méchant ? Il te bat constamment.

Ce n'est pas ça, c'est juste que je discute avec des garçons… Il est d'un naturel jaloux. Je devrais faire plus d'effort, après tout il va devenir mon époux et je devrais lui donner un héritier.

Tu n'as pas réussi à faire changer d'avis mon oncle sur ce point ?

Non…

C'est triste. Mais je suis avec toi !

Oui. Andromeda a accouché.

Tu l'as vu ? Comment va-t-elle ?

Très bien. Elle est ravie. La maternité lui va très bien. Elle était radieuse. Ça m'a encore déchiré le cœur de devoir la laisser.

Comment s'appelle sa fille ? C'était une fille, n'est-ce pas ?

Oui. Elle s'appelle Nymphadora.

Elle a tout de même perpétré la tradition familiale alors.

Elle a dit que ce prénom lui plaisait. Elle aurait voulu que Sirius soit le parrain, mais…

Oui. Cette saleté de guerre…

Je ne te le fais pas dire…

Elle me fit un pale sourire et je succomba à la tentation de la prendre dans mes bras. Elle n'avait qu'un an de moins que moi mais semblait si fragile…

De quel droit tu prends ma femme dans tes bras ?

C'est ma cousine, espèce d'abruti !

Je me tournais, et vit Malfoy, son visage hautain m'exaspérant toujours autant que lors des galas et diners que ma mère organisait quand nous étions petits.

Sais-tu à qui tu parles ? Je suis un Malfoy !

Et moi, un Black. Mais visiblement, les valeurs se portent mieux chez les Black que chez les Malfoy.

Qu'est ce qui te fait dire ça ?

Jamais on ne verra un Black violenter sa compagne.

Je fais ce que je veux, la façon dont je gère mon couple ne te regarde point.

Bien sûr que si, c'est ma cousine.

Et ça en reste là ! Éloigne-toi, te voir m'horripile.

C'est à toi de partir. Dégage, Malfoy !

Ne me donnes pas d'ordre !

Alors déguerpi !

Je te conseil de la fermer.

Pardon ? Qu'est-ce que tu as dit ?

Je m'approchais de lui d'un pas menaçant. Il ne me faisait pas peur. Mais il devança mon geste et me colla son poing dans le visage. Nous partîmes alors dans une bagarre sous les cris de Narcissa. Pomfresh arriva et nous sépara d'un sort. C'est là que nous réalisâmes. Nous venions de nous battre comme de vulgaires moldus en public. Nous allions tout deux recevoir une sacré punition. Je retirais mon peignoir et détournai les yeux quand j'aperçus une partie de la Marque sur mon avant-bras. Je ne voulais pas la voir, plus jamais.