- Je le déteste.
Hermione ne cessait de répéter ces trois mots depuis plusieurs heures maintenant. Après s'être enfuie de la chambre de son adversaire, elle avait filé directement dans la sienne, en oubliant totalement qu'elle avait des recherches à effectuer. Debout devant le miroir, elle passa délicatement son index sur sa lèvre à présent quelque peu gonflée. Dire qu'il avait osé la mordre, comme un animal, c'était tout simplement abject, mais ce qui l'était encore plus, c'était la réaction de son propre corps, qui juste en repesant à la scène, se réchauffait étrangement. La jeune fille se laissa alors tomber sur son lit, la main posée contre son ventre, ses longs cheveux bruns éparpillés autour de son visage. Elle n'avait passé qu'un jour et demi avec Malefoy et déjà deux conflits avaient éclaté, certes elle en était la cause, mais tout de même. Elle n'était pas responsable du fait d'être tombé par hasard sur la conversation intime que la mère et le fils partageait, tout comme elle avait été parfaitement en droit de se moquer de lui avec sa blague sur Stars Wars, lui-même s'était joué d'elle des dizaines de fois auparavant.
"- Tu t'es moqué de moi, je me suis vengé. Point à la ligne".
La réplique du garçon résonna brutalement en elle, ce qui la poussa à se relever et à se munir de sa baguette, tout en regardant l'horloge : 02h13.
- Parfait. Il doit certainement être en train de dormir à cette heure-ci, murmura-t-elle pour elle-même.
Hermione s'observa une dernière fois dans la glace et frémit face à son aspect. Ses cheveux étaient une fois de plus emmêlés, sa lèvre était boursouflée et sa chemise de nuit aurait davantage plu à sa mère qu'à une jeune femme de 18 ans. Mais peu importe, après tout elle n'était pas une gravure de mode, de plus il était inutile d'être bien habillée pour se venger. L'étudiante se précipita dans le couloir et fit quelques pas avant de tomber sur la chambre de Drago, ce dernier ayant bien précisé que sa chambre était collée à la sienne. Et c'est lentement qu'elle entrouvrit la porte, essayant de toutes ses forces de ne pas la faire grincer, puis se faufila dans la pièce à pas de loup. Elle laissa alors courir son regard dans la chambre tout en s'habituant à l'obscurité, que seuls quelques reflets de la lune venaient briser. La chambre était vaste mais curieusement vide, comme si c'était une chambre d'amis et non la chambre de Drago. Son regard se posa alors le grand lit posé au centre de la pièce et pu apercevoir une masse sombre l'occuper, certainement Drago endormi. Et c'est lentement qu'elle s'avança, baguette en main, prête à sévir, quand elle stoppa son geste.
« Suis-je tombée aussi bas pour attaquer un adversaire inconscient ? Non, certainement pas ! Je vais le réveiller et ensuite l'attaquer ! » pensa-t-elle vivement.
- Lumos, chuchota la jeune fille.
Hermione s'approcha encore davantage de Drago, grimpa sur le lit et s'apprêta à le réveiller à l'aide de coups de coude quand elle observa plus sérieusement le jeune homme. Le drap remonté jusqu'à son ventre, découvrant ainsi un torse aux muscles parfaitement dessinés, le garçon semblait être en proie à une certaine agitation, comme s'il était plongé en plein cauchemar. La sueur perlait sur son visage et son corps, sa mâchoire était crispée et ses paupières dansaient à un rythme fou. Mais pire encore, quelques larmes glissaient silencieusement le long de ses joues blêmes, ce qui fit instantanément disparaître en Hermione tout désir de vengeance. Elle ressentait même de la peine et de la pitié à l'égard du Serpentard, qui semblait tellement égaré et torturé, même à travers ses songes. C'est alors que son instinct de femme la poussa à le prendre tendrement dans ses bras tout en murmurant une douce mélodie sans paroles. La même que lui chantait sa mère lorsque celle-ci, enfant, se réveillait en pleurant après un terrible cauchemar. Cette douce litanie avait toujours eu le don de l'apaiser, c'est pourquoi elle fit de même pour le garçon, espérant ainsi le calmer sans pour autant le réveiller, pour qu'ainsi, elle puisse sortir de la chambre ni vu ni connu.
Certes, la détresse silencieuse de Drago la touchait, mais pour rien au monde elle n'aurait souhaité se faire surprendre par ce dernier, assise dans son lit et le berçant paisiblement dans ses bras, ce serait trop avilissant à ses yeux. Elle resta, cependant, de longues minutes posée ainsi, savourant le calme ambiant et ravie de voir le jeune homme s'apaiser peu à peu, à croire que cette mélodie, pourtant moldue, possédait quelques bienfaits magiques.
« Il serait peut-être temps que je m'échappe furtivement hors de la chambre… Encore quelques minutes et je file à toute vitesse… », promit-elle intérieurement.
Drago avançait à pas feutrés dans le long couloir sombre, dont les murs austères et ternes anéantissaient chaque parcelle d'euphorie et de gaieté. C'est alors qu'il se jura de détruire ce manoir une fois la guerre finie, quelque que soit le vainqueur, il lui était désormais impossible de vivre dans cette maison, qui pourtant avait été la sienne depuis tant d'années. Des cris d'agonie résonnèrent à ses oreilles, des pleurs, des suppliques et le douloureux bruit du sang qui coule signifiant que la mort approche. Qu'aurait-il donné pour s'enfuir loin de cet enfer ! Pour échapper à la folie meurtrière de sa tante et des autres Mangemorts ! Pour mettre sa mère en sécurité jusqu'à la fin de ce calvaire !
- Drago ! Dragoooo ! Viens ici !
Bellatrix Lestrange. Cette folle ne le laisserait donc jamais en paix, pourtant il avait réussi sa mission, Dumbledore était mort. Putain… Dumbledore était mort par sa faute… Quelle horreur…
- Drago ! Mon chéri ! Viens chez tata ! hurla-t-elle rageusement.
D'un pas lourd, il gravit les marches de l'escalier et se retrouva devant une vision d'horreur. Six cadavres étaient étendus dans le salon, et un seul corps respirait encore. Un homme d'âge mûr, certainement avait-il été un brave homme autrefois, mais face à la folie maléfique de Bellatrix, il ne dégageait qu'une aura de terreur, de tristesse et d'agonie.
- Dis-moi mon chou, as-tu déjà lancé un Sortilège Impardonnable ? susurra-t-elle d'une voix éraillée.
- Oui…, dit-il dans un souffle.
Il avait lancé l'Avada Kedavra à plusieurs reprises, mais sans jamais avoir atteint sa cible, peut-être n'avait-il jamais réellement souhaité tuer quelqu'un ?
- Tu as donc déjà tué…, railla-t-elle, le regard étincelant.
- Oui, mentit le garçon sans broncher.
- Tue-le ! ordonna-t-elle, toute guillerette.
Les muscles de Drago se crispèrent, il lança quelques regard désespérés à son père, qui l'ignora royalement, avant de découvrir le visage apeuré de sa mère, anéantie de voir son fils devenir un meurtrier de sang-froid. Il s'approcha alors à pas lents de sa future victime, il pouvait sentir l'homme affaiblit et mourant frémir à chacun de ses pas, comme si ces derniers étaient le rythme de son cœur, faiblissant de secondes en secondes. Il n'allait pas faire ça. Il ne pouvait pas le tuer. Merde, allait-il vraiment le tuer ?
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Il n'avait pas réussi… Il avait échoué… Encore… Il avait été à deux doigts de libérer sa famille de l'emprise du seigneur des ténèbres, il aurait seulement fallu qu'il dise trois mots : C'est lui. Parce que oui, bien sûr qu'il avait de suite reconnu Harry Potter, malgré son sort de camouflage, de plus il était accompagné de ses deux imbéciles de Weasley et Granger. Et pourtant il n'avait pas pu le faire, parce qu'il savait ce qu'aurait représenté ces quelques mots. Le reconnaître aurait entraîné sa mort, et une fois mort, Potter n'aurait servi à rien. Il le haïssait de tout son être, mais il détestait encore davantage le seigneur des ténèbres et toute sa clique de tordus. Sans oublier les hurlements de la sang de bourbe, alors que sa tante la torturait sans relâche. A cette seule pensée il eut un haut le cœur, ce qui l'obligea à s'allonger sur son lit, les membres tremblants et trempés de sueur. Puis finalement les trois étudiants avaient réussi à s'échapper avec l'être d'un elfe de maison, et maintenant il était seul, tétanisé à l'idée que le seigneur des ténèbres vienne enfin le torturer pour finalement le tuer. Après tout, il avait failli plusieurs fois à ses missions.
Drago se releva brusquement en entendant sa porte grincer lentement. Son sang se figea, son cœur s'arrêta de battre.
- Drago Drago Drago… Tu as fait une bien grave erreur, encore une fois…, chantonna sa timbrée de tante en pénétrant dans la pénombre de sa chambre, tout en s'amusant avec sa baguette.
Bordel… Quand est-ce que cet enfer allait prendre fin ?
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Personne. Absolument personne hormis sa mère et lui-même. Lucius Malefoy était à présent mort, et tout le monde s'en fichait royalement. Alors qu'il y avait eu tant de personnes pour l'enterrement de Rogue… Jamais le professeur des potions n'avait été à ce point entouré par ses élèves, par les autres professeurs et par d'autres individus dont Drago ignorait même le nom. Rogue avait trahit son père, mais aidé sa mère. Rogue était un héros aux yeux de tous, mais Rogue pourrissait dans sa tombe comme son père. Personne à l'enterrement de son propre père. Il ne savait même pas s'il devait rire ou pleurer de ce coup du destin, qui s'amusait à le torturer et à la consumer depuis tellement longtemps… Narcissa Malefoy était en larmes, affalée sur la pierre tombale. C'est en observant sa mère qu'il comprit. Il ne venait pas de perdre son père, il venait de perdre ses deux parents.
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- Drago ! Je commence un peu à en avoir marre de le faire dans le lit de cette sale sang de bourbe, ronchonna Pansy, pourquoi ne pas aller dans la salle de bain pour changer ?
Le Serpentard ne releva pas les dires de la jeune fille et commença à la déshabiller, sourd à ses piètres protestations. Depuis qu'il lui avait fait l'amour dans le lit de Granger, il lui était impossible de le faire ailleurs, sous peine de perdre son excitation rapidement. Il avait honte de l'avouer, mais faire l'amour à Pansy dans les draps de la lionne exacerbait son désir, ce qui au départ avait hautement plu à la Serpentard, avant qu'elle ne se rende compte que l'excitation du garçon était étrangement liée au fait de le faire dans le lit de la Gryffondor. Malgré les suppliques de Pansy, il continuait à la traîner de force dans ce lit, d'ailleurs il s'y rendait très souvent seul. Alors qu'il était taraudé par la crainte d'être pris sur le fait, il ressentait le besoin de s'allonger entre ces draps, d'humer le parfum de celle qu'il détestait avec tant de ferveur, et de laisser ses fantasmes régir son corps. Ses actes étaient certes honteux, mais tellement savoureux et apaisants, puisque que ce petit rituel était le seul moment où Drago se sentait totalement bien.
- Laisse-toi faire ma belle, tu vas voir, tu vas adorer, murmura-t-il d'une voix suave en lui mordillant le lobe de l'oreille pour la faire flancher.
- D'accord… Mais c'est… c'est la dernière fois…, bégaya-t-elle avant de se laisser emporter dans un flot de sensations exquises.
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- Drago ! Dépêche-toi ! Ta mère n'aime pas attendre, tu le sais très bien !
Drago s'extirpa péniblement de la salle bain, la cravate dans la main, les yeux hagards.
- Quelle heure est-il ?
- L'heure d'y aller ! tonna son épouse d'une voix forte.
Debout devant la porte d'entrée, aussi raide que la justice, Hermione l'observait le sourire en coin, le regard langoureux. Qu'est-ce qu'il aimait lorsqu'elle le regardait de cette façon. En de grandes enjambées, il descendit les marches de l'escalier et prit sa femme dans ses bras en déposant de légers baisers sur son cou et sa nuque. Hilare, elle chercha à le repousser en de tendres caresses.
- Tu ne me décolleras pas de toi en me caressant Hermione…, chuchota-t-il au creux de son oreille.
- Ta mère nous a donné une heure précise, essayons d'être ponctuels pour changer !
- Elle croit que c'est de ta faute si nous sommes toujours en retard…, murmura Drago en laissant courir ses mains sur les hanches de sa belle.
- Je suis au courant ! Elle pense même que mon retard chronique est dû à mes origines moldues ! Allez ! Mets ta cravate et allons-y ! tempêta la femme au caractère prononcé.
Drago accepta sans pour autant la lâcher mais lui tendit la cravate, tout sourire. Et c'est en soupirant qu'Hermione la lui noua autour du cou, le corps parcouru d'agréables frissons alors qu'il la fixait d'un regard animal. Un regard qu'elle connaissait par cœur à présent, et qui en disait long sur les pensées de son mari.
- Dis-moi ma belle… Et si…
- Pas de si ! Je te connais ! Tu es aussi malin qu'un Serpentard ! On file tout de suite, affirma-t-elle en s'éloignant prestement du fauve.
- Tu es cruelle…, dit-il vexé, le regard triste.
- Ce soir…, concéda la jeune épouse.
- Le soir ? La nuit ? Combien d'heures avant la nuit ? Pourquoi ne pas transplaner dans un endroit où il fait tout le temps nuit ? Le Pôle Nord ou le Pôle Sud ?
- Toi alors ! s'exclama-t-elle en l'attrapant par la manche pour l'attirer contre elle et l'embrasser à pleine bouche.
Et voilà… Ils allaient encore être en retard…
Une douce et magnifique mélodie, voilà ce que perçut distraitement Drago à son réveil. Sans même ouvrir les yeux, le jeune garçon savoura ce moment de plénitude, surtout après de tels songes. Les quatre premiers tenaient davantage du souvenir que du rêve, alors le dernier était totalement irréel, mais incroyablement réaliste et magnifique. Il avait presque pu humer le parfum de la Gryffondor, d'ailleurs étrangement, il semblait toujours le sentir, bien que son rêve ait pris fin. C'est alors que ses sens commencèrent à reprendre vie dans le réel, la mélodie était réellement présente dans la chambre, de plus il pouvait percevoir de légères caresses dans ses cheveux, des frôlements tout simplement délicieux. A présent, il ressentait la présence distincte d'une autre personne à ses côtés, un individu qui l'avait pris dans ses bras et lui fredonnait un air aussi doux que de la soie. Il se sentait si bien, tellement heureux, profondément détendu et incroyablement excité… Excité ?
D'un bond il sauta hors de son lit et fit face à la plus exquise des visions, la Gryffondor assise dans son lit, sa chemise de nuit remontant jusqu'à ses cuisses, les joues légèrement rougies. Il allait se moquer d'elle et lui demander pourquoi elle n'assumait pas le fait qu'elle le trouvait magnifiquement beau, quand il prit conscience des larmes qui coulaient le long de son visage. C'est alors qu'il comprit l'effroyable vérité, la Gryffondor l'avait vu pleurer comme une femme dans son sommeil.
- Qu'est-ce que tu fous là Granger ? cracha-t-il de dépit.
De toute évidence anéantie d'être prise sur le fait accompli, elle se releva vivement, réajusta sa chemise de nuit, au grand dam de Drago, et le regarda droit dans les yeux.
- En toute franchise, j'étais venue pour te faire subir un bon vieux Crachelimaces, quand j'ai vu que tu étais en plein cauchemar, expliqua-t-elle posément.
- Et tu as voulu me dorloter comme un enfant ? railla-t-il le regard mauvais
- Je ne sais pas… Tu n'allais vraiment pas bien, d'ailleurs tu semblais allé mieux une fois que je me suis mise à chanter. C'est un air que ma mère…
- Mais je n'en ai rien à foutre ! cria-t-il fou de rage.
Hermione sursauta devant cet accès de colère. Certes, elle n'avait pas réfléchi à ses actes, encore une fois depuis sa venue ici, mais cela partait d'une bonne attention. Malgré son caractère, il lui était impossible de rester impassible face à la souffrance d'autrui, même celle de Drago Malefoy.
- J'avais déjà remarqué à l'infirmerie que tu ne dormais pas bien, tu devrais peut-être prendre un remède, conseilla la jeune fille.
Drago n'en croyait pas ses oreilles. Pourquoi restait-elle plantée là alors qu'il avait chialé comme une lavette dans ses bras ? Etait-elle idiote ? Ou peut-être aimait-elle le fait qu'elle avait l'ascendant sur lui ? Elle tenait sa petite vengeance.
- Dégage de ma chambre ! Tu me dégoûtes ! Comment as-tu pu te coller à moi de la sorte ?
- Tu devrais me remercier, ce n'était pas agréable de te tenir…
- Fous le camp ! coupa-t-il en hurlant.
Tous les cauchemars qu'il avait, tous les souvenirs qui le hantaient, tout revenait à la surface alors que la Gryffondor le toisait d'un regard froid et blessé. Il sentit des sueurs froides couler le long de son échine alors que son corps tout entier fut pris de vertiges.
- Putain, tu n'as pas entendu ? Dégage de ma chambre, grogna-t-il les mains plaquées contre son visage, cherchant ainsi à se cacher du regard accusateur de la lionne.
- Tu n'es vraiment qu'un abruti…, souffla-t-elle avant de s'en aller, tout en prenant bien soin de claquer la porte derrière elle.
Drago garda ses poings fermés contre ses tempes, essayant par tous les moyens de faire disparaître les visions insoutenables de son passé. Bellatrix, Dumbledore, Rogue, son père, sa mère, sa solitude, son agonie, ses remords, sa lâcheté… Et elle. Elle avait pris dans ses bras un homme infâme, elle avait consolé un couard sans scrupules, elle avait eu pitié d'un fou qui ne pensait qu'à une seule chose, la faire sienne, peu importe la façon d'y parvenir. Un air glacé vint le frapper, alors que les tremblements de son corps s'intensifièrent. Péniblement, il déglutit alors qu'un violent haut le cœur le fit hoqueter. Incapable de se retenir davantage, il se précipita dans la salle de bain et vomi tout son mal être dans les toilettes. Sa honte, l'horreur de ses souvenirs, les regrets… Tout ce qui lui était néfaste disparaissait au fond de la cuvette.
- Par Merlin… Je ne pensais pas que je rebutais les gens au point de les faire vomir.
Le corps toujours frissonnant, il se retourna et découvrit la jeune fille, les mains plaquée contre sa bouche, en un signe de stupéfaction totale.
- Mais bordel de merde, pourquoi es-tu revenu sur tes pas ? souffla-t-il, exténué.
- J'avais un mauvais pressentiment, admit-elle, le visage livide.
- Mauvais pressentiment confirmé, maintenant casses-toi, je n'ai pas fini, dit-il sèchement alors qu'un nouveau soubresaut le poussa à replonger la tête dans la cuvette des toilettes.
Alors qu'une nouvelle vague de vomissement le reprit, il sentit une petite main tremblante se plaquer contre son front, la délicate main de cette idiote de Granger qui n'en faisait qu'à sa tête. Il allait lui ordonner de le quitter tout de suite, sous peine de vomir sur ses adorables pieds nus, quand il sentit une once de soulagement se répandre en lui.
- Ma mère posait toujours la main sur mon front lorsque j'étais malade, ça me soulageait vraiment, avoua la jeune fille.
- Granger tu…
- Tu veux toujours que je m'en aille ? demanda-t-elle d'un ton tranchant.
- Non, reste…, chuchota-t-il alors que la nausée commençait à se dissiper.
Les deux étudiants restèrent dans cette position un long moment, Drago affalé contre les toilettes et Hermione accroupie à ses côtés, la main posée sur le front brûlant du jeune homme, tout en prenant soin de retenir certaines de ses mèches blondes, afin qu'elles ne tombent pas devant ses yeux. Lui qui avait toujours était pâle de nature semblait être à l'article de la mort, la femme brune se demandait si c'était vraiment elle qui l'avait mis dans un tel état ou bien les cauchemars qu'il avait fait durant la nuit. Cependant, elle put constater qu'elle le soulageait réellement, et se demanda pourquoi elle avait été si patiente avec lui ce soir. Il était temps qu'elle se forge un cœur de pierre, insensible aux malheurs des autres.
- C'est bon, tu peux retirer ta main, finit par lâcher le Serpentard.
Tous deux se relevèrent difficilement, les muscles courbaturés d'être restés dans la même position aussi longtemps, puis Drago fixa la jeune fille. Dire qu'elle venait de l'apaiser dans ses songes et de le soulager de ses maux, sans même lui demander quoique ce soit en échange, alors même qu'elle le méprisait de toutes ses forces. Son regard s'arrêta alors sur la lèvre gonflée de la jeune fille, meurtrie par sa faute.
- Bon, cette fois-ci je retourne me coucher, ça m'apprendra à vouloir me venger à la façon des Serpentards, bougonna-t-elle.
- Non, reste là un petit moment, murmura-t-il en agrippant son bras nu.
La lionne semblait réellement épuisée, fatiguée au point de ne pas chercher à vouloir s'extirper de la poigne forte du garçon.
- Quoi encore ? soupira-t-elle, lasse de cette nuit chaotique.
- Pourquoi m'avoir pris dans tes bras ?
- Peu importe… C'était une erreur, maintenant je voudrais bien…
- Pourquoi ? insista le grand garçon blond en accentuant la pression sur le bras frêle de la Gryffondor.
- Parce que tu étais au plus mal, c'est tout, répondit-elle laconiquement.
Sans même se contrôler, Drago l'attira contre lui et la couvrit de ses bras, tout en plongeant son visage dans les cheveux bruns de sa femme. Parce que oui, qui d'autre que sa femme aurait le pouvoir de l'apaiser aussi facilement, chose que sa mère ne parvenait même plus à le faire.
- Lâche-moi Malefoy… Arrête, pourquoi fais-tu ça ? s'écria la jeune fille en tentant de se dégager.
- Tu ne devrais pas faire des trucs de ce genre, ça me rends fou, je te l'ai déjà dit, gémit-il.
- Oui c'est bon j'ai compris, j'arrête de t'agacer, même si pour toi consoler signifie agacer, maintenant lâche-moi ! rugit la lionne.
- N'arrête jamais, murmura-t-il alors que ses lèvres allaient entrer en contact avec la peau de l'étudiante.
- Maintenant ça suffit ! tempêta-t-elle en le repoussa férocement.
L'absence du corps de la femme brune collé au sien eu l'effet d'un déchirement pour le garçon, qui se sentait vide sans son odeur, sans ses petits seins pressés contre sa poitrine, sans ses jambes nouées autour des siennes. Il allait se jeter sur elle quand il aperçut le regard qu'elle lui lançait, un regard empli d'effroi.
- Par Merlin… Ton ventre ! Je n'avais pas fait attention tout à l'heure, mais ton ventre est…, chuchota-t-elle dans un souffle, incapable de poursuivre.
En effet, Hermione ne le regardait pas en face, mais fixait son ventre avec frayeur.
« Et merde… », pensa-t-il aussitôt.
- Tu devrais pourtant être complètement guéri ! Pourquoi est-ce qu'il y a toujours une cicatrice ?
Drago ne prononça pas un mot. Comment aurait-il pu ? Lui avouer qu'il enfonçait intentionnellement ses ongles dans sa plaie, empêchant ainsi une petite partie de sa peau de cicatriser convenablement. Qu'il s'était promit de s'infliger cette douleur jusqu'à ce qu'il retrouve l'enfoiré qui avait osé la toucher et la faire souffrir de la sorte. Non, il était inconcevable qu'il admette une telle chose, c'est pourquoi il préféra clore la discussion.
- Tu voulais aller te coucher si je ne m'abuse ? Tu peux y aller, je ne te retiens plus, je vais me doucher, dit-il d'une voix traitante.
- Mais pourquoi n'as-tu pas…
- Arrête avec les questions Granger, nous ne sommes pas à Poudlard, tu n'auras pas réponse à tout.
- Mais quand même…, persista-t-elle.
- Maintenant je vais enlever mon pantalon pour entrer dans la douche, l'interrompit le garçon. Tu veux peut-être m'accompagner ? Si c'est le cas, ta chemise de nuit de grand-mère ne fera pas long feu entre mes mains, menaça-t-il en amorçant un geste pour retirer son pantalon.
- Non merci ! J'ai vu assez d'horreur pour la nuit ! affirma-t-elle irritée, avant de s'en aller d'un pas raide.
Le sourire en coin, Drago prit place dans la douche, actionna le pommeau et resta debout sous le jet d'eau brûlante, tout en s'imaginant partager cet espace étroit avec sa femme, la couvrir de baisers et la faire gémir de plaisir. Certes, elle le rendait faible, mais qu'est-ce qu'il se sentait vivant à ses côtés. Maintenant qu'elle l'avait vu dans un état à ce point lamentable, elle pouvait tout accepter de lui, quoique son côté de fou obsédé et possessif risquait de ne pas être facile à digérer pour la belle Gryffondor indépendante qu'elle était.
« A défaut de l'avoir eu cette nuit… Que ce soit au moins pour le reste de ma vie… ».
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Et voilà un chapitre où on découvre un peu plus les tourments de Drago et qui pourraient expliquer ses réactions parfois violentes ! C'est vrai qu'on sent Drago à chaque fois sur le point de craquer et je crois qu'au final j'adore écrire la tension liée à la montée du désir inassouvi (même si ça me fait passer pour une sadique car je vous fait trop patienter haha).
On m'a demandé combien de chapitres comptaient ma fic, une quarantaine ! Je ne peux hélas pas vous dire quand Drago craquera (et s'il craquera haha) ni vous divulguer quand et comment réagira Hermione... Je souhaite rendre cette histoire crédible donc ça prend un peu de temps et oui je l'avoue, j'adore pousser ces deux petits énergumènes à bout !
Surtout Drago, j'ai envie de le rendre à la fois sensuel, gamin, égoïste, un peu sombre, fou de désir... Qu'il garde ses défauts, son mauvais caractère, son coté "je suis le prince et je vous emmerde" mais en même temps le rendre mignon car totalement paumé et peut-être plus "homme". Donc j'espère ne pas vous lasser car je ne précipite pas trop les choses... ^^'
Je vous remercie encore une fois pour vos reviews, vraiment j'adore, je les relis même plusieurs fois et ça me colle un smile de dingue sur la face ! Et encore une fois, j'ai hâte de lire vos avis concernant ce chapitre, peut-être un peu plus sombre et intimiste que les précédents ! Merci :D
