Rencontre nocturne au sommet
POV Harry.
Il faisait nuit noire dehors. La lune, petit point lumineux, ne semblait rien vouloir éclairer ce soir-là. Il faisait un peu frais pour une semaine de Septembre. Depuis le balcon de la tour d'astronomie je scrutais le parc, ne regardant rien en particulier. J'attendais, soucieux, l'arrivée de celle qui, à partir d'aujourd'hui et que si elle acceptait, serait ma sœur.
J'avais mis du temps à me décider, est-ce que je voulais qu'elle devienne ma famille ou reste une inconnue, et c'est parce que je n'arrivais pas à trancher que j'étais arrivé en retard au cours de ce serpent gras de Rogue. Comme à son habitude, il avait été cynique et odieux, mais je n'étais pas d'humeur à entrer dans son jeu et je l'avais tout simplement ignoré.
Finalement, en voyant Hermione parler avec cette fille, j'avais pris ma décision. Ce soir était le bon moment pour en parler. Je lui avais donc donné rendez-vous après le repas et à ma grande surprise elle avait accepté.
Des pas résonnèrent derrière moi m'arrachant à mes pensées. « Et voilà, le moment est arrivé mon vieux ».Je me retournais, face à moi se tenait Marianne. Reflet de ma propre image. J'étais à nouveaux subjugué par notre ressemblance. Ses yeux dégageaient une force peu commune. Des cheveux noirs en pagailles, une taille similaire à la mienne. Une copie au féminin.
Elle n'avait pas dit un mot et semblait attendre. C'était à moi de parler en premier.
-Euh… Tu as passés une bonne journée, j'espère ? « Super ! T'as rien trouvé de mieux ? »
A ma grande surprise, elle s'était mise à rire. « J'ai merdé ! » Entre deux gloussements, elle me dit :
-Tu as plutôt l'air tendu, surtout pour quelqu'un qui a vaincu la mort plusieurs fois. Survivant !
Elle cessa progressivement de pouffer et ajouta.
-Il ne faut pas être stressé comme ça ! Je te promets, jusqu'à présent je n'ai jamais mangé personne !
Elle avait ce regard malicieux et un peu moqueur. Elle était à Serpentard et aucun doute là-dessus.
-Je suis heureuse de te rencontrer, Harry.
Un sourire éclaira son visage. Radieux, pur. Un de ces sourires qui réchauffe le cœur et qu'on ne peut oublier, appelé sincérité.
-Moi aussi, Marianne. C'est un plaisir de te connaître.
- Appelle-moi Max !
POV Draco
Génial. Une rencontre frère et sœur. - Je suis si content de te rencontrer.- « Beurk ! ». On se croirait à une rencontre entre personnes dépendantes à n'importe quelles substances à la mode sur le chemin de traverse.
En fait, en étant vraiment honnête, je dirais que j'étais jaloux. Le problème avec la jalousie, c'est qu'elle est souvent accompagnée de rancœur. Amertume qui m'obligeait et m'obligera toujours à ne voir que le côté noir des choses. En cet instant, je les haïssais tellement. Je sentais cette douleur habituelle qui me traversait à chaque fois que je regardais le balafré. Il n'avait ni parents, ni famille, pas plus que le pouvoir, et pourtant, il arrivait à sourire. Il était plus heureux que je n'étais ou ne pouvais espérer l'être.
« Il n'a pas le droit d'être heureux pas quand ma vie est un putain de bordel !» Cette pensée me hantait. Je leur ferais payer par pur égoïsme. Parfois, je pense que je suis un parfait sociopathe.
Je n'écoutais pas vraiment leur discussion, mièvre à vomir. Pourtant, cette fille balaya mes pensées d'un sourire. Jamais je ne n'avais vu un tel sourire. Eclatant, doux et sincère. Sur le moment, elle m'apparut différente. Elle était belle.
« On a très bien vu comment tu la regarde ! »
La phrase de Blaise, me revint plus dure qu'un doloris. Oui, elle me subjuguait. « Merde ! » Je ne pouvais pas la contrôler. D'ailleurs, personne ne semblait le pouvoir. Je n'arrivais pas à savoir à quoi elle pensait. Elle lui ressemblait à Potter, cette confiance en soi, cette façon d'attirer les gens mais elle me ressemblait aussi par certain côté. Elle était tout ce que je désirais et détestais à la fois. Je voulais la posséder autant que je voulais la détruire. « Et dire que je viens juste de la rencontrer… »
Une des paroles qu'elle disait dans mon rêve me revint.
« Toi et moi, c'est à la vie à la mort ! »
J'étais perdu depuis que j'avais croisé ses yeux dépareillés et je le savais pertinemment mais se mentir était tellement plus simple. Je la ferais souffrir. « Nous avons commencé un jeu dangereux ! »
POV Max
J'avais passé les dernières minutes à partager mes souvenirs de manières évasives « Pas besoin de lui parler de mon dernier contrat ! Et puis la pitié très peu pour moi ! » Pas de quoi être fière en somme. Mais j'avais été heureuse de rencontrer des gens que j'aimais plus que tout, même si beaucoup étaient morts, je ne regrettais pas de les avoir connus.
-Sois sûr d'une chose, j'étais heureuse et libre d'une certaine façon. L'indépendance, c'est le pied !
Mon frère n'avait pas non plus eu une enfance facile, maltraité par la seule famille vivante qui restait de ma mère. « Il dormait dans un placard ! » Ce n'était évidemment pas comparable. J'avais connu la faim mais ayant le médaillon pour masquer ma magie, je n'avais pas souffert du regard du monde sorcier. Personne n'attendait rien de moi, ce qui n'était pas son cas. Finalement, j'avais connu la misère, mais j'étais plus libre qu'il ne l'avait jamais été. Rentrer à Poudlard était le salut qu'on lui avait offert avant moi. A présent moi aussi j'en profitais.
Discuter, apprendre à se connaître. Je ressentais à présent tout ce qu'on avait raté et ce qui nous avait été volé, l'enfance heureuse que nous aurions dû avoir. Mais la page était tournée et autant lui que moi voulions avancer. A partir d'aujourd'hui j'avais un frère, une famille. Bien sûr il nous faudrait du temps pour nous y faire mais nous étions prêts à essayer.
Depuis un moment, j'avais l'impression d'être observé. Désagréable sensation. Je me retournais mais ne voyais rien.
-Tu as vu quelque chose ?
-Non, j'ai sûrement rêvé.
POV Draco
Elle avait senti que je la fixais. J'avais juste eu le temps de jeter un sort de dissimulation. « A croire qu'elle à un sixième sens !»
-Il y a quand même quelque chose d'étrange dans cette histoire.
Je tendais l'oreille, la discussion devenait enfin intéressante.
-Sirius était passé à travers ce voile et tout le monde le considérait comme mort. Pourtant, Dumbledore savait qu'il reviendrait, il en était persuadé. C'est étrange !
Je détestais Potter, mais il fallait lui reconnaître une chose, sa capacité à soulever les bonnes questions.
-Oui, il cache quelque chose de gros. Mais ce genre d'infos ne doit pas pouvoir être obtenue n'importe comment. Soit le voile à un fonctionnement que lui seul connait soit il lit dans l'avenir.
Marianne avait rigolé en disant ça n'y croyant pas vraiment. Mais Potter et moi étions arrivés à la même conclusion car il ajouta :
-Non, c'est précisément ça !
-Il peut lire l'avenir !? Tu rigoles !?
-Il ne peut pas vraiment lire l'avenir. C'est juste que certaines personnes possèdent ce don et sont capables de transmettre des prophéties, même si elles sont un peu nébuleuses. Le professeur de divination l'a déjà fait pour moi et Voldemort.
Je frissonnais de dégout à l'entente de ce nom.
-Je pense juste qu'il est possible que Dumbledore ne nous ai pas révélé la prophétie complète ou qu'il en existe une autre.
-Tu peux toujours faire des hypothèses. La seule personne qui connait la réponse, c'est lui.
-Je sais et je ne suis pas près de l'avoir cette réponse.
-Tu sais, il y autre chose qui me perturbe. Tu pourrais en parler à ton amie, Hermione. Elle a l'air de savoir pas mal de chose. Ou peut-être que tu peux me répondre.
- Oui je vais essayer mais ne t'inquiète pas, Hermione c'est une vraie encyclopédie sur patte !
-En fait, cette marque elle te dit quelque chose ?
Elle venait de lui tendre un parchemin sur lequel était dessiné le même symbole que sur ma poitrine. Même de loin je l'avais reconnu. Alors comme ça elle cherchait des réponses, de toute façon, elle le saurait bien assez tôt.
La discussion ne présentait plus d'intérêt. J'en avais marre. Je partis en direction de ma chambre. Le fait qu'elle parle de la marque à quelqu'un d'autre et surtout à Potter m'avait un peu énervé. J'étais plus que décidé à me venger et petit à petit, une idée grandit en moi. Sur mon visage, s'étira un sourire qui ne présagé rien de bon.
