Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils viennent de la série Queer as folk.
Rating : M
Pairing : Brian/Justin
Note de l'auteur : Inspiré par une fanfic américaine lue sur le site, j'ai eu envie, moi aussi, de raconter quelques « premières fois » entre Brian et Justin. Ce sera donc le récit alterné Brian/Justin..
Bonne lecture !
Ted : Son premier cheveu blanc.
Dire qu'il tombait très mal, celui là, c'est un euphémisme. On attendait JH Blackwell 3ème du nom, le roi des matelas d'eau. J'étais planté devant la porte des toilettes, mes dossiers à la main et j'attendais que Brian sorte... Je trouvais ça un peu long, en plus, je savais qu'il n'était entré avec personne, donc, aucune raison de prendre un telle pause pour aller pisser.
« Brian ? Tout va bien ? Faudrait peut-être y aller, non ? » Pas de réponse. J'avais avancé timidement que j'allais entrer, pris brusquement d'une crainte d'un malaise...
Et je l'avais trouvé adossé au mur, les yeux dans le vague.
« Ho, quelque chose ne va pas Brian ? » Franchement oui, j'étais inquiet.
« Théodor, qu'est-ce que tu vois ? Là ! » M'avait-il répondu en pointant son doigt sur sa tempe.
Ben, rien, je voyais rien du tout.
« Là ! Regarde-moi cette putain de saloperie ! »
Oh putain ! Là, on était parti pour un psychodrame : le premier cheveu blanc !
« Brian, c'est normal, tu as 42 ans, c'est pas un drame, regarde-moi ! Je m'y suis bien fait, je trouve que ça donne du charme »
« Du charme ? Aux blaireaux, oui, sûrement, mais moi, sois sérieux ! Tu me vois avec ça sur la tête ? »
« Ben, faudra bien, tu vas pas te teindre, tout de même, j'en connais un, pour le coup, qui trouverait ça… Pathétique ! »
Brian, me fixait, interrogateur...
« Justin. Brian… Je suis certain qu'il s'en fout, détend-toi ! » Je savais que cet argument porterait ses fruits, j'avais pris l'habitude, en presque 10 ans de collaboration, de le rassurer, de lui servir modestement de confident. J'étais heureux, parce que c'est à moi que Brian demandait quoi offrir à son ange à Noël, c'est à moi, qu'il demandait de caler ses RDV avec le cancérologue pour ses visites de contrôle, et c'est encore à moi qu'il confiait l'organisation des visites de Gus à New York. Alors son premier cheveu blanc, il était un peu logique, que je le gère ! J'étais toujours un peu ému quand il me montrait sa fragilité, le grand, le beau, le magnifique Brian. Et je peux vous assurer, que ce cheveu ne lui enlevait rien de son magnétisme.
Brian : La première fois que je l'ai revu à sa sortie d'hosto.
Des semaines que je passais toutes mes nuits à le regarder dormir à travers cette putain de vitre, des semaines que je me consumais d'angoisse et de culpabilité. Sunshine gisait sur ce lit, infirme et détruit et c'était de ma faute.
Je savais qu'un jour, il finirait par sortir. Sa vie n'était plus en danger et cette perspective me terrorisait. Les mots ne me venaient pas, qu'aurais-je pu lui dire ? Comment même arriver à soutenir son regard d'oiseau blessé ?
Et puis, on s'était retrouvés là, affalés au bar du Wood'ys, Mickey et moi. J'étais déchiré autant que je pouvais, c'était pour moi le seul moyen pour continuer de vivre. Défoncé, la douleur était supportable, mais ça, personne ne le comprenait ! Mais qu'est ce que j'en avais à foutre que les autres me comprennent ! Ce soir, j'avais l'intention de me mettre le plus minable possible dès que je me serais débarrassé de Mickey. Et brusquement, Justin était apparu, recroquevillé, terrorisé, les yeux fermés, se protégeant le visage... Acculé contre le mur, on aurait dit un petit animal traqué tremblant de peur.
Holly shit ! Qu'est-ce que ce connard de Hobbs avait fait de lui ? C'était comme si une sorte de courant glacial avait envahi mon corps. J'étais tétanisé, incapable de bouger un orteil ou de prononcer le moindre son. Je le regardais, lui, si fragile, si vulnérable, et je n'avais qu'une envie, le prendre dans mes bras, le protéger, faire barrière de mon corps, comme j'aurais du le faire quelques mois plus tôt !
Mais me voilà, seul responsable de ce drame, et cet enfant que j'avais laissé estropier sans pouvoir réagir...
Je n'avais plus aucun droit, seulement le devoir de me tenir le plus éloigné possible de lui pour qu'il ne lui arrive plus jamais rien par ma faute.
Seulement Justin, il suffit qu'il me sourit pour que je perde tout contrôle, toute volonté. Et là, il avait planté ses yeux dans les miens et ses lèvres me murmuraient des mots dont je ne comprenais pas le sens. Comment alors ne pas le ramener chez moi, au moins pour m'assurer qu'il n'était pas un mirage, que son corps était toujours aussi chaud, que cœur contre ma peau battait toujours aussi fort ? Justin, chez moi au loft, dans mes bras ! Il me semblait retrouver enfin, la lumière du jour !
Justin : Notre première sortie officielle après notre mariage.
La vie à New York, c'est beaucoup plus intense qu'à Pittsburgh. On avait pas vu passer les semaines après notre mariage. Entre mon expo, l'ouverture de l'agence, le déménagement dans cet appart sur central Park, on avait à peine de temps de se retrouver le soir et les virées en boite devenaient très rares.
Ce matin là, j'étais resté à la maison parce que j'y avais donné rendez-vous à mon agent. J'étais descendu le raccompagner dans le hall quand le concierge m'interpella :
« Monsieur Taylor , votre courrier ! »
Au milieu du tas que me tendait notre gardien, une belle enveloppe d'un élégant vélin attisait déjà ma curiosité.
Il y avait un logo que je reconnaissais pour l'avoir déjà vu dans les papiers de Brian, c'était celui du Syndicat des publicitaires New-yorkais, une sorte de cercle professionnel. Et dire qu'il allait falloir attendre le soir pour connaitre le contenu de cette mystérieuse missive. J'avoue même que je m'étais demandé si je n'irais pas la porter moi-même au bureau de Brian.
Le soir venu, c'était trépignant d'impatience que je l'avais aidé à ôter son manteau. J'avais laissé l'enveloppe bien en évidence sur la table du salon. Il l'avait regardée :
« Tiens, pourquoi ils m'envoient ça ici, et pas au bureau ? » avait-il lâché.
« Tu n'ouvres pas ? » Je ne tenais plus.
« Si, si » Il avait le sourire au coin de la bouche.
« Alors ? C'est quoi ? »
« Une invitation pour la soirée de remise des prix de l'année. »
« Oh, c'est génial, tu viens juste d'ouvrir ton agence, ça prouve que tu fais déjà parti des publicitaires New-yorkais ! » Je l'enlaçais pour le féliciter.
« Mmm, c'est une invitation pour 2. Tu sais, sunshine, le genre "venez accompagné" »
Je le regardais fixement, attendant la suite, le cœur battant.
« Alors, voyons voir, est-ce que tu es libre le 23 ? »
Si j'étais libre ? Plutôt 2 fois qu'une ! Ce serait notre première sortie officielle de couple marié. J'étais tellement heureux que je manquais de l'étouffer !
« Du calme, du calme, t'emballe pas, on va pas non plus ouvrir le bal, Honey ! »
Non, ça, je savais bien. Mais en fermant les yeux tandis qu'il me déshabillait, je ne pouvais pas m'empêcher de me revoir, 5 ans en arrière, à ce putain de bal de promo ! Aujourd'hui, nous étions mariés, nous avions un foyer, des projets de bébé, un avenir, et plus aucun Hobbs à l'horizon. Et je pleurais de joie tandis que les mains de mon homme parcourraient mon corps.
Lindsay : Leur première visite à Toronto.
Brian était déjà venu nous rendre visite plusieurs fois depuis notre emménagement dans cette banlieue résidentielle. Pour être franche, je commençais à regretter cette fuite précipitée. Cet environnement calme et lisse, c'est tout ce dont j'avais rêvé pour Gus et j'avoue qu'au début j'avais apprécié cette vie tranquille. Sauf que… Quand Brian déboulait chez nous, s'invitait avec lui l'air de Pittsburgh, le parfum incomparable de Liberty, ses rires, ses joies et peines. Mais que tout cela me manquait terriblement... Bien sûr, je ne comptais pas sur lui pour avoir des rapports détaillés des derniers potins mondains, j'avais Debbie et Emmet pour cela mais sa seule présence était suffisante pour faire monter en moi des larmes de nostalgie.
J'étais heureuse d'apprendre que Brian envisageait sérieusement de déménager à New York pour rejoindre Justin et je les avais invités tous les 2 pour le premier Noël de Gus au Canada. Notre fils était au comble de l'excitation. « Tin » allait venir ! Je l'écoutais énumérer tout ce qu'ils allaient faire ensemble et je n'avais pas le cœur à objecter, que en 4 jours, tous ses vœux ne pourraient pas être exaucés. Malgré la désapprobation de Mel, qui trouvait qu'il était trop tard pour le sortir, j'étais allée chercher Brian et Justin à l'aéroport avec notre fils. Et j'avoue que le voir se précipiter dans les bras de Justin tandis que Brian déposait leurs bagages sur le chariot.
Notre enfant arc- en -ciel ! Quelle chance il avait ! Et quel bonheur aussi de voir le couple que formaient Brian et Justin à présent. Envolées les années de doute et de tristesse, disparue la crainte de l'abandon, l'amour leur allait si bien, ils n'avaient jamais étés aussi beaux !
Brian : La première panne de Justin.
Je ne vous parle pas de sa période noire d'après son agression, ça c'était bien plus grave... Non, je veux parler de la panne con, celle qui arrive à tout le monde sauf à moi, cela va sans dire ! C'était à New York, peu après notre déménagement. Justin était épuisé, il gérait son expo et l'aménagement de notre appart, parce que moi, je n'avais pas le temps, j'étais à fond dans la recherche de locaux pour ma future agence New Yorkaise. Enfin, bref, pour m'excuser de l'avoir un peu laissé se démerder tout seul sur ce coup là, j'avais organisé un diner tranquille dans notre nouveau « home sweet home ».Vous savez, le genre « champagne, caviar, homard » qu'apprécie particulièrement Sunshine. Le genre de truc qui rend la baise de fin de repas plus « romantique ». Tout se passait pour le mieux, Justin est le champion du monde des pipes qui tuent ! Je l'avais déshabillé à présent, et je m'apprêtais à m'occuper de son corps. Et là ! Drame ! Rien ! Rien de rien, le calme plat, si j'ose le jeu de mots. Alors, bien sur, je m'étais mordu la joue pour ne pas dire les 3 mots qui flinguent, à savoir : « c'est, pas grave », mais Justin avait le front plissé et son air buté.
« Ho... On fait une pause, on arrête, relax ! » lui avais-je dit, en le prenant dans mes bras. Il avait relevé la tête en me tendant un regard de noyé.
« Héé, Justin c'est bon, ça arrive ce genre de chose, tu es très stressé en ce moment, ça va passer. » Enfin, je pense que j'aurais fait plus d'effet en parlant à un mur. Il avait aussitôt entrepris de m'empoigner pour reprendre de plus belle. Je l'avais stoppé.
« Ça va, mon ange, tu n'es pas en grande forme, le sexe attendra, j'ai envie de regarder un DVD. »
« Mais moi j'ai envie de te faire plaisir » m'avait-il répondu le regard triste.
« Et moi, si toi tu n'en as pas, ça ne me dit rien ! Compris jeune Taylor ? » Et j'avais embrassé cette bouche de rêve, dont les lèvres tremblaient légèrement au contact des miennes. Si Justin n'avait pas eu cet air désespéré, je l'aurais bien vanné en lui disant que, ça y était, je ne lui faisais plus aucun effet, mais j'avais bien senti que ce n'était pas le moment. Une bonne nuit de sommeil, et tout rentrerait dans l'ordre ! À 23 ans ! Franchement ! Où est le problème ?
À suivre...
