Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Note des auteurs : voir chapitre 18


Partie II

Bairim

Chapitre 25

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

Je n'avais plus croisé Charlie de la journée et il était à présent de garde tandis que je m'occupais de Bairim. Honnêtement, je ne savais même pas si je voulais le voir ou lui parler maintenant. Le plus simple serait d'aller m'excuser et faire comme si tout allait bien mais je n'étais pas certain d'en avoir l'envie, ou même le courage. Coupable. Voilà ce que j'étais pour lui parce que je m'inquiétais pour mon fils. En fait non, lui faisait confiance aux Dragons alors je le devais également, parce que sinon cela signifiait que je n'avais pas confiance en lui. Sauf que moi, je ne leur faisais pas confiance mais ça, ça ne signifiait rien, et certainement pas que lui devrait peut-être également se méfier un peu. Non, tout allait toujours dans un seul sens de toute façon, et toujours le même. Et j'étais le coupable. Parmi tous les mots que la langue anglaise avait à offrir, il avait fallu qu'il choisisse celui-là.

Oui Merlin, évidemment que j'étais coupable. J'avais confié Draco à des personnes qu'il n'aurait même pas dû approcher et je ne voulais pas refaire la même erreur. Je voulais seulement que les choses soient vraiment différentes cette fois-ci. Je voulais faire cela bien et ne pas mettre en danger la vie de mon fils. Était-ce vraiment si mal que ça ?!

— Pada, m'interpela d'ailleurs ce dernier. On peut aller voler ?

— Non Bairim, pas aujourd'hui.

— Pourquoi ? Je suis sage !

— Oui mon cœur, très sage c'est vrai, mais je n'ai pas envie aujourd'hui, désolé.

Il fit une moue triste et je soufflai :

— Et une promenade, ça te dit ?

— En forêt ? Oui oui oui, allons y !

— On va enfiler d'autres chaussures dans ce cas, et emmène ta veste aussi.

Il fila comme l'éclair et je me levai pour aller mettre des chaussures plus confortables et prendre une veste légère puisque le soleil ne perçait pas toujours à travers les arbres. Je sortais à peine de la chambre que Bairim était déjà tout prêt et me tirait à l'extérieur. Je le retins cependant et écrivit une note pour signaler que nous étions partis faire un tour en forêt, histoire que personne ne s'inquiète de ne pas nous voir, puis nous sortîmes. Nous pénétrâmes rapidement dans la forêt et Bairim prit ma main dans la sienne tandis que nous marchions. Je souris et nous nous promenâmes un moment sans but précis avant qu'il ne crie « papillon » d'un air émerveillé et ne me lâche la main pour s'éloigner. Il avait un réel attrait pour tout ce qui pouvait voler ou avoir des ailes, si bien qu'il ne pouvait s'empêcher de poursuivre ces pauvres bêtes. Je le suivis de loin et regardai vaguement le sol, me figeant en voyant un morceau de bois découpé étrangement. Je le ramassai et esquissai un sourire en réalisant qu'il s'agissait du petit renard que j'avais sculpté ce qui me semblait être une éternité plus tôt. Je relevai la tête et fronçai les sourcils en réalisant que je ne voyais plus Bairim. Je l'appelais et fut rassuré d'entendre sa voix venir d'une vingtaine de mètres plus loin. Je glissai le morceau de bois dans la poche de ma veste et partis le rejoindre. Je l'appelai une seconde fois et me figeai en réalisant que je ne l'entendais pas.

— Bairim ! appelai-je plus fortement.

— Y a trois papillons Pada ! l'entendis-je me répondre.

Il devait être encore un peu plus loin qu'il ne l'avait été quelques secondes plus tôt et j'accélérais le pas, naviguant entre les arbres quand je me figeai en me retrouvant face à Joaquim, son visage à moins de deux centimètres du mien. Je ressentis une crampe dans le ventre mais refusai de le lâcher des yeux ou même de bouger. Un sourire esquissa ses lèvres tandis qu'une seconde crampe, plus forte encore, me fit grincer des dents. Je l'ignorai cependant et lui demandai :

— Que fais-tu là ?

— Je suis venu te retirer ton bonheur, tout simplement.

— Qu-quoi ? soufflai-je en cherchant Bairim des yeux.

— Ne cherche pas, tu ne le verras bientôt plus.

— Qu'est-ce que tu lui as fait ? grondai-je en l'empoignant.

Mais mes poings refusèrent de se serrer correctement et il rit plus encore.

— Regarde-toi, comme tu es pathétique.

Il me poussa et rit encore, avant de partir. Je le suivis mais fis à peine trois pas avant que les crampes ne me reprennent. Je posai la main sur mon ventre et fronçai les sourcils en sentant quelque chose de chaud et humide la recouvrir. Je baissai les yeux et essuyai ma main sur mon pantalon en réalisant qu'elle était couverte de sang. Le bas de ma chemise était dans le même état et quand je remarquai que mon vêtement était déchiré, la douleur s'accentua à un tel point que cela me coupa la respiration. Je m'adossai à un arbre et appelai Bairim tout en retirant ma veste que j'appuyai ensuite contre ma blessure. Je n'entendis aucune réponse de mon fils et commençai à marcher pour le rattraper mais tombai sur mes genoux au bout de quelques minutes, ou quelques secondes. Ma tête me tournait mais j'essayai de me relever. Je devais retrouver Bairim avant que Joaquim ne le fasse, je devais retrouver mon fils et empêcher l'autre de lui faire du mal. Je devais...

Je fermai les yeux une seconde et en les rouvrant, je réalisai que j'étais allongé fasse contre terre. Je tentai de me relever mais ne parvint qu'à me placer sur le dos. J'attrapai plus ou moins facilement ma veste qui était tombé au sol et l'appuyai sur mon ventre en espérant faire cesser l'hémorragie. Je pris ma baguette et essayai de lancer un sort, n'importe lequel, mais c'était à peine si j'avais assez de force pour garder les yeux ouverts à présent. Je commençai à avoir vraiment froid maintenant et...

Je me forçai à garder les yeux ouverts en pensant à Charlie. Merlin, ce que je regrettais m'être disputé avec lui. Si seulement je n'avais pas engagé cette discussion, Bairim serait probablement en train de voler sur son petit balai et moi je le regarderai faire. Bairim... j'espérais vraiment qu'il avait réussi à partir et semer Joaquim. Avec un peu de chance, l'ancien gardien n'aurait pas envie de s'en encombrer et il l'aura laissé là. Charlie réalisera rapidement que quelque chose n'allait pas et il viendra le chercher. Je voulus déplier ma veste pour la poser sur moi et espérer avoir moins froid mais je pus à peine bouger les doigts. Je ne pus bientôt plus ouvrir les yeux et je sentis à peine une larme rouler sur ma joue.

J'allais mourir ici, comme ça, et la dernière chose dont Charlie se souviendrait c'était notre dispute. Et j'avais mis en danger mon fils, une fois de plus.

Je repensai à Draco et à son comportement étrange de la dernière fois, à Bairim aussi, priant pour qu'il aille bien, et à Charlie. J'aurais voulu pouvoir m'excuser auprès de lui, l'embrasser et le toucher. Et lui dire à quel point je l'aimais...

J'eus de plus en plus de mal à réfléchir et l'impression d'avoir toujours plus froid à mesure que le temps passait. Je sentis néanmoins mon alliance me chauffer un peu, puis commencer à sérieusement me brûler avant de ne plus rien ressentir et d'être englouti par l'obscurité.

POV Charlie

La journée avait mal commencée et j'avais hâte qu'elle se termine. Quand j'avais quitté la chambre, j'étais parti dans la salle de bain et étais ensuite parti m'habiller avant de partir en ville pour faire deux trois courses afin de me vider l'esprit. J'avais d'abord été boire un chocolat chaud et manger un bout, avant de déambuler côté moldu, l'esprit occupé.

Je ne le comprenais pas. Il m'en voulait d'avoir approché Bairim d'Émeraude, d'avoir accepté que Bairim le touche. Mais je le tenais et personne n'avait demandé à Lucius de partir et nous laisser. C'était lui le coupable, pas moi, ni les Dragons. Mais encore une fois, il les voyait comme des bêtes et moi, autrement. Ils pensaient, manipulaient de la Magie, m'avaient fait tomber enceint. Ils avaient une conscience. Ils étaient encore mieux que ce que j'avais pu penser toutes ces années.

Une fois de plus, Lucius me renvoyait que seul mon avis comptait, mais ce n'était pas le cas. Le sien comptait. Mais certaines situations ne permettaient pas que je l'écoute. Que ce soit à la naissance de Bairim, quand il avait fait ses dents.

Voulait-il que les Dragons nous attaquent pour avoir Bairim rien qu'à eux ? Parce que je savais qu'ils ne feraient jamais de mal à Bairim, mais j'étais un chouilla moins sûr à notre propos. Lucius m'énervait à ne pas comprendre qu'Émeraude était le troisième père de Bairim, qu'il le veuille ou non. Sa magie faisait partie de notre fils. Je soupirai et regardai Hulrick qui me regardait alors qu'il aurait dû regarder devant lui.

— Ai-je une sale tête ?

— C'est un euphémisme oui. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

— Lucius, on s'est disputé. Encore.

— Pourquoi ?

— Les Dragons. Encore et toujours. Je suis limite un mauvais père en ayant présenté Bairim aux Dragons à sa naissance, à les avoir permis de le voir quand il faisait ses dents, et de l'avoir laissé touché Émeraude pour sauver les siens en Sibérie. Lucius ne comprend pas que sans les bêtes, comme il le dit, Bairim ne serait pas là.

— Je vois. Et je comprends ton point de vue, vraiment. Mais Lucius n'est pas comme nous. Il n'est pas passionné par les Dragons comme nous autres et certainement pas comme toi tu l'es. Il s'est retrouvé gardien plus par dépit qu'autre chose non ? Je sais pas c'est juste... il est vraiment différent de nous et il ne se rend probablement pas compte de la chance qu'on a de pouvoir les côtoyer, et encore plus pour lui d'avoir un fils qui peut parler avec eux.

— Je sais, et justement, j'ai dû mal à lui faire comprendre. Pour lui, il doit juste se taire et accepter. Mais il ne le fait pas, il fait semblant.

— Je comprends pas, tu veux qu'il se taise et accepte ou qu'il te parle si ça ne lui plait pas ?

— J'sais pas, avouai-je. J'en sais rien bordel !

— Alors juste, sans vouloir sembler désagréable mais... Si tu ne sais pas ce que tu attends de lui, comment est-il censé se comporter afin que tu sois heureux ? Bon sang, vous êtes mariés depuis trois ans maintenant et vous êtes toujours aussi compliqués. D'un autre côté, je suppose qu'on s'ennuierait sans vous.

— Tu as sans doute raison. On est marié, mais on ne se connait pas.

— Ce n'est pas ce que j'ai dit. Tu... veux que vous vous sépariez ?

— Non non, t'es malade ! criai-je. Je dis juste que je ne pense pas avoir fait des efforts envers lui non plus.

— Ah. Et donc ?

— J'sais pas.

— Tu te rends compte que vivre avec toi doit être épuisant, pas vrai ? rit-il doucement.

— Je m'en rends compte, en effet. Que me conseillerais-tu ?

— Tu me demandes conseil ? Tu dois vraiment être désespéré... Néanmoins, je vous conseillerais de discuter calmement, d'exposer vos points de vue chacun votre tour et d'écouter l'autre. Pas seulement l'entendre mais l'écouter, et essayer de se mettre à sa place. Oh et dans ton cas, de faire attention aux mots que tu utilises. Parce qu'honnêtement, ton mari a dix fois plus le sens de la diplomatie que toi.

— Pardon ?

— Quoi pardon ? Tu le sais que tu n'es pas très… Enfin t'es... impulsif quoi.

— Oui, je suis impulsif, mais ça ne fait pas de moi une personne non diplomate. Si ?

Je commençai à douter, là, en voyant sa tête.

— Honnêtement ? demanda Hulrick.

— Oui.

— Tu as certaines qualités mais... niveau diplomatie, t'es tout pourri.

— Tout pourri, à ca point ?

Si c'était le cas, pendant certaines conversations, Lucius avait vraiment dû se sentir... repoussé. D'où ses questions ce matin. Croyait-il vraiment que j'aurais choisi les Dragons ?

— Ce n'est clairement pas une de tes qualités, c'est certain.

— Et... Comment je fais pour l'écouter ? Merlin, je suis un vrai con.

— T'es sérieux là ? Que veux-tu que je réponde à ça ? Tu ouvres tes oreilles et tu fais tourner ta langue dans ta bouche avant de parler.

Je ris et cessai avant de regarder mes mains, ayant reçu une légère douleur.

— Je vais essayer, parce que la dispute de ce matin était plus forte que les précédentes.

— Vous êtes mariés, vous devez tous les deux faire des efforts, dit-il en haussant les épaules. N'empêche, on dit que les filles s'est compliqué mais vous deux... vous êtes bien prise de tête quand même. Heureusement que t'es sympa et que Lucius fait de bons gâteaux.

— Dis tout de suite que je suis chiant !

Je souris, et grimaçai en sentant de nouveau ma main me faire mal.

— On se pose deux secondes, okay ?

— Un problème ?

— Ouais, ma main.

Je descendis et une fois au sol, lâchai mon balai et regardai.

— Je pense que j'attrape une ampoule à force de tenir le manche, ça brûle.

— Fais voir, dit-il en attrapant ma main pour l'examiner. T'as rien pourtant, ça te fait mal si je fais ça ? ajouta-t-il en appuyant son pouce sur des zones précises de ma main.

— Non, répondis-je.

La douleur reprit et je gémis.

— Tu as touché où là ?

— Euh... la jointure entre ta paume et ton annulaire. Mais t'as aucune ampoule là.

— Oh.

Je regardai et quand l'endroit chauffa à nouveau, je compris enfin.

— Putain de bordel, dis-je en remontant en balai. C'est ma bague !

— Le matériau n'est pas bon ? C'est bizarre que tu fasses une allergie au bout de trois ans.

— Non non, répondis-je en partant. C'est le sort lancé dessus. Lucius va mal.

Je fonçais à toute allure, mes mains serrant de plus en plus le manche du balai à mesure que la bague me chauffait. Que se passait-il ? S'était-il blessé suite à notre dispute ? Bordel, si c'était ça, j'allai arrêter mon travail et en trouver un autre, je ne voulais pas que les Dragons soit une source de conflit. Surtout qu'Hulrick m'avait ouvert les yeux. Quand j'atteignis les portes, je les ouvrais et regardai rapidement derrière moi. Voyant qu'Hulrick me suivait, je ne pris pas la peine de fermer derrière moi et filai vers le bâtiment.

— Lucius ? criai-je.

J'allai voir en cuisine, mais il n'était pas là, ni dans la salle à manger. Je jetai un œil au salon, mais il n'y avait que Johanna.

— Tu sais où es Lucius ? demandai-je en allant déjà vers notre chambre.

— Il a laissé une note, il…, répondit-elle. Pourquoi tu me poses la question si tu te casses ?

— Je le cherche, il est en danger ! Quelle note ? aboyai-je presque.

— Là, sur la table basse. Il est parti se promener avec Bairim. Comment ça en danger ?

Je ne l'écoutai déjà plus et quittai l'endroit rapidement, courant dehors. Je regardai, mais ne le vis pas. Il devait être parti en forêt. Je courus, le cœur battant à cent mille à l'heure et m'aventurai dans les bois en les appelant. Je ne reçus aucune réponse alors que ma bague commençait à vraiment devenir douloureuse, mais je ne voulais pas l'enlever.

— Lucius ! Bairim !

J'avais l'impression de tourner en rond et les larmes brouillant ma vue n'aidaient pas. Je courus plus vide, alors que ma respiration se faisait rapide.

— Lucius ! criai-je à bout. Bairim !

Je tombai et me relevai, avant de reprendre mes recherches. Après quelques minutes, je vis enfin quelque chose. Quelque chose que je n'aurais jamais voulu voir. Lucius étendu au sol, plein de sang sur les mains et sa chemise. J'accourus à ses côtés et comprimai la plaie tout en l'appelant :

— Lucius, Lucius, mon amour, réponds-moi !

Il était froid, sans pour autant être glacial. Je pris son pouls et fus rassurée en le sentant là, faible, mais là. Je déglutis en voyant tout le sang perdu et mes mains tremblèrent.

— Lucius ?

Je regardai ensuite autour et quelque chose me choqua. Où était Bairim ?

— Bairim ? hurlai-je.

— Charlie ? Qu'est-ce que... Oh merde, fit Hulrick en venant à mes côtés. Oh merde, comment est-ce que...

— J'sais pas, pleurai-je. Bairim... Il est pas là.

Je pressai les mains sur la blessure de Lucius et le sang était juste mauvais signe. J'avais envie d'hurler, de détruire, mais je voulais aussi tant revenir en arrière.

— D'accord il a dû... Écoute, il n'est pas là et c'est bon signe okay ?! Faut faire quelque chose pour Lucius Charlie, maintenant !

— Charlie ? Hulrick ? entendis-je Johanna appeler.

Il avait raison, je ne pouvais pas laisser Lucius ici. Je retirai les mains de sa plaie et les glissai sous son corps afin de le soulever.

— Par où je vais ?!

Je ne voulais pas perdre du temps en me trompant de chemin.

— Suis-moi. Johanna, dit Hulrick quand elle fut à notre niveau, Bairim a disparu, tu pourrais ?

— Je me mets à sa recherche, allez-y.

Je hochai la tête et commençai à suivre Hulrick, qui merci Merlin, courrait.

— Réveille-toi mon amour, dis-je difficilement avec l'effort. S'il te plait, je m'excuse, je te demande pardon, mais juste réveille-toi. Je t'aime !

Je sentais les larmes couler alors que je raffermis ma prise sur lui, et sentis petit à petit le sang commencer à me salir.

— On y est presque Charlie, me dit Hulrick après quelques secondes.

Je ne répondis rien et me concentrai sur Lucius. Quand nous arrivâmes enfin, j'accélérai et me dirigeai vers l'infirmerie. Je posai Lucius sur la table et fouillai ensuite pour trouver une potion de régénération sanguine, que je ne trouvais pas. Je m'énervai et sentis les larmes de nouveau brouiller ma vue. Je les essuyai et vis le sang sur mes mains. Je sanglotai alors mais continuai de fouiller avant de la trouver, enfin. En attendant les perfusions de sang, ça allait aider un minimum.

Je m'approchai de Lucius et dis à Hulrick :

— Masse-lui la gorge !

J'ouvris la bouche de Lucius et fis couler la potion, qui déborda un peu sur le côté.

— C'est normal qu'il se passe rien ? souffla Hulrick après quelques secondes.

— J'sais pas. Bordel, faut appeler Yanis !

Je retirai la chemise de Lucius et vis deux plaies. Deux.

— C'est quoi ça ? soufflai-je tout en essayant d'arrêter l'hémorragie.

— Je vais voir Geoffroy, je reviens.

Pour ma part, j'appuyai pour que le sang arrête de couler.

— Mon amour, je sais que tu m'entends. Réveille-toi, je suis là. Tu ne peux pas m'abandonner, tu m'entends ?!

J'entendis un léger bruit et tournai la tête pour voir les lèvres de Lucius bouger légèrement. Je m'en approchai et les effleurai des miennes, le sourire aux lèvres.

— Oui, c'est ça, réveille-toi, reste avec moi. Je t'aime trop pour te perdre.

Je regardai ensuite les plaies toujours en train de saigner et décidai de prendre quelques compresses que je posai dessus, avant d'appuyer à nouveau. Mes mains étaient couvertes de sang et sa sentait tout autant, à me donner envie de vomir si ce n'était pas Lucius sous mes doigts.

— Geoffroy est parti chercher Yanis, il devrait pas tarder, me dit Hulrick essoufflé en revenant. Isaac et Abi partent en réserve.

— Lucius, tu entends ça ? Le médicomage va arriver, tiens bon !

— Bairim, dit-il dans un souffle avant de s'immobiliser à nouveau.

— Charlie, me demanda alors Hulrick, tu veux que je reste ou que j'aille aider Johanna ?

— Va aider Johanna. Bairim est perdu, tout seul dans la forêt.

— Je suis déjà parti. Courage okay ?! dit-il en enserrant mon épaule avant de quitter la pièce en courant.

— Lucius, t'es avec moi ? demandai-je afin de le garder conscient.

Il ne me répondit pas et je l'embrassai de nouveau, avant de regarder les plaies. Je me demandai ce qui avait bien pu se passer. Ça ressemblait à des coups de couteaux, mais qui aurait pu faire ça et pourquoi ? Était-ce les Sibériens pour se venger ? Pourquoi Lucius dans ce cas ? Je secouai la tête et retirai l'une de mes mains pour caresser les cheveux de Lucius, lui montrant que j'étais là.

— Mon amour ? Lucius, Lucius reste avec moi, s'il te plait, ne me quitte pas, sanglotai-je.

Seulement il resta silencieux et Yanis arriva enfin et me poussa pour prendre les choses en main.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? me demanda-t-il en évaluant les dégâts.

— Je ne sais pas. Il était comme ça, dans la forêt.

— Vous lui avez donné quelque chose ? ajouta-t-il tandis que Geoffroy entrait dans la pièce à son tour.

— Potion de régénération sanguine, répondis-je en prenant la main de Lucius et en la serrant.

— D'accord, vous avez bien fait, même s'il aurait été mieux de fermer les plaies d'abord. Je devrais pouvoir le sauver, je pense être arrivé juste à temps, mais je vais avoir besoin de sang.

— Le mien, proposai-je.

— C'est quoi son groupe sanguin ? ajouta-t-il en commençant à examiner l'intérieure de la blessure.

— Aucune idée.

Il demanda à Geoffroy de lui donner quelque chose et il préleva un peu de sang sur une languette qui devint bleue.

— Évidemment, O négatif. Ce qui veut dire que j'ai besoin d'un O négatif. Prenez les languettes et testez tous ceux qui vous passent sous la main. J'en ai besoin le plus rapidement possible, et dans une heure grand maximum. J'ai une autre potion régénératrice avec moi mais ça ne va pas aider longtemps.

Je hochai la tête et testai Geoffroy, qui ne convenait pas. Je sortis et allai en forêt rapidement, criant, appelant.

— Charlie ?

Johanna vint vers moi, visiblement embêtée.

— On ne l'a pas encore trouvé. Est-ce que Lucius va bien ?

Je secouai la tête et lui expliquai rapidement ce que j'attendais d'elle. Elle s'avéra aussi être inutile et je lui demandais si elle savait où était Hulrick.

— À quelques centaines de mètres vers l'ouest je dirais.

— Oki, merci.

Je partis et je l'entendis me dire :

— Tu vas vers l'est là Charlie !

Je marmonnai et courus enfin dans la bonne direction. Je tombai rapidement sur Hulrick. Après seulement quelques secondes, je me rendis compte avec désespoir qu'il ne convenait pas. Je fis demi-tour et revins sur mes pas, avant de d'atterrir hors des bois. Je regardai vers la réserve et me dis qu'il ne me restait plus qu'Isaac et Abi, Carlos étant en Angleterre.

OoOoOoOoO

Je regardai Lucius, qui était encore en vie grâce à Yanis et Isaac qui s'était avéré être le seul O négatif de la réserve.

— Il va bien aller, soufflai-je.

— Oui, acquiesça Yanis. Même si vous avez eu de la chance parce qu'à quelques minutes près, cela aurait pu être bien plus grave. Et vous lui avez sauvé la vie, ajouta-t-il en me souriant doucement. Maintenant j'aimerais beaucoup que vous deux arrêtiez de vous vider de votre sang entre mes mains.

— Promis, fis-je en allant prendre la main de mon mari. Lucius ? Tu m'entends ? demandai-je en caressant ses cheveux.

Yanis l'avait nettoyé, afin d'enlever tout le sang et il semblait juste endormi. Seulement, il n'avait toujours pas repris conscience et nous n'avions toujours pas retrouvé Bairim. Il fallait absolument que Lucius nous dise ce qu'il s'était passé, pour savoir où chercher. Parce que les autorités ne seraient pas être utiles sans connaitre ce qui avait bien pu se passer.

— Il risque d'avoir besoin d'un moment pour que son corps récupère et se réveille. Ou je peux lui donner quelque chose mais cela pourrait être douloureux.

— Notre fils a disparu, il m'en voudra si je n'ai pas mis tout en œuvre pour le retrouver, expliquai-je calmement. Réveillez-le s'il vous plait.

Il prit une potion dans sa mallette et releva la tête de Lucius afin qu'il avale. Il recracha un peu de potions et resta immobile quelques secondes supplémentaires avant d'ouvrir les yeux d'un coup puis de les cligner plusieurs fois et de grincer des dents.

— Désolé pour la douleur, soufflai-je. Mais nous ne trouvons pas Bairim. Que s'est-il passé ?

— Quoi ? souffla-t-il comme essoufflé.

— Mon amour, je t'ai retrouvé dans la forêt, en sang et inconscient. Que s'est-il passé ? As-tu une idée d'où pourrait être Bairim ? demandai-je en caressant ses cheveux tout en serrant sa main.

Il essaya de se relever mais siffla de douleur et se rallongea.

— Joaquim, articula-t-il difficilement en fermant les yeux. Désolé, tellement désolé Charlie, j'aurais dû... ma faute.

— Non, c'est la mienne.

Je serrais les mâchoires, sachant enfin qui était derrière tout ça.

— A-t-il prit Bairim ? le questionnai-je difficilement.

— Je sais pas. Il a dit vouloir m'enlever mon bonheur. Il... Je sais pas, termina-t-il une fois de plus à bout de souffle avant de se mordre la lèvre.

— On va le retrouver, tu m'entends ?

Je l'embrassai et soufflai ensuite :

— Je vais te laisser mon amour, je vais chercher notre fils. Reste avec nous, okay ?

— T'aime, marmonna-t-il.

— Moi aussi je t'aime.

Je l'embrassai une fois de plus et regardai ensuite Geoffroy :

— Préviens les Aurors qui sont parti à la recherche de Bairim, qu'il s'est fait kidnapper par Joaquim.

Je sortis ensuite de la pièce et pris mon balai, avant de courir vers la réserve. J'ouvris les portes et me faufilai à l'intérieur, les refermant ensuite. Je volai, espérant trouver Émeraude rapidement. Je criai après, et ne fus pas déçu quand je le vis arriver.

— J'ai besoin de ton aide. Bairim est en danger, tu dois me mener à lui.

Je me posai et voulus monter sur lui, seulement, il recula.

— Tu m'entends ? criai-je. Bairim est en danger ! Mène-moi à lui ! Exigeai-je.

Il leva la tête vers le ciel et cracha des flammes.

— Bordel Émeraude, s'il te plait, vol jusqu'à lui, je ne sais pas où il se trouve et je suis certain que tu le sais !

Je tentai une nouvelle fois de lui monter dessus, mais il recula de plusieurs mètres. J'entendis rugir au-dessus de nous et vis Storme descendre en piqué vers nous. Il se posa rapidement et s'abaissa. Je compris et courus vers lui, grimpant pour la première fois sur son dos. Je pensai à nous lancer un sort de désillusion et il s'envola rapidement, plus rapidement qu'Émeraude.

— Oh bordel, tu vas vite !

Il ne me répondit pas et nous fûmes rapidement devant les portes que j'ouvris, Storme s'étant placé en vol stationnaire.

Il s'élança ensuite dans le ciel et je fermai les yeux, face à la nausée qui montait, parce qu'il volait vraiment vite.

OoOoOoOoO

Je ne savais pas depuis combien de temps nous volions, mais je savais que mon corps était à la limite d'être un glaçon avec l'altitude, et il était aussi douloureux, mais je m'en foutais. Tout à coup, Storme descendit presqu'en piquet et je gémis de peur, fermant les yeux. Je vis rapidement, les nuages ayant disparus, que nous survolions des plaines à pertes de vue. Je ne savais même plus si nous étions encore en Roumanie ou pas.

Je vis en bas une maison isolée et compris que nous allions là quand Storme s'y dirigea. Nous nous pausâmes à une centaine de mètres et je n'attendis pas pour descendre sur la terre ferme. Je m'accroupis quelques secondes et toussai, m'étranglant presque. Je regrettai car j'entendis un Finite Incantatem.

— Charlie, pourquoi ne suis-je pas surpris de te voir ici.

Je me relevai et le vis tenir Bairim, la main sur sa bouche. Mon fils ne pleurait pas encore, cela me rassurait, car il n'avait sans doute pas été maltraité pour le moment.

— Libère-le, fis-je en avançant d'un pas.

Je regardai autour de moi, mais ne vis Storme nulle part. Le sort s'était-il aussi annulé pour lui ? Était-il là ?

— N'approche pas où il risque de finir co... Je suis sérieux Charlie, pas un mouvement, fit-il en resserrant sa prise sur Bairim légèrement.

Je vis mon fils commencer à se débattre, certainement pour me rejoindre et je fis un pas en arrière.

— Relâche-le, s'il te plait.

Je détestai l'idée de supplier ce fils de pute mais il tenait mon fils.

— Non. Je... je voulais seulement être heureux. Je t'aimais Charlie. Je... je t'aime encore. Je peux être un bon père. J'ai tout perdu à cause de l'autre Mangemort mais on pourrait être bien ici tous les trois. Et ensuite on pourrait même retourner en réserve, si tu savais ce que les Dragons me manquent...

— Oui oui, fis-je. Tout ce que tu veux, mais relâche mon fils.

Bordel, dès qu'il le faisait, je lui lançai l'Avada sans aucun remord !

— Donne-moi ta baguette s'il te plait. Jette-la et on verra ensuite.

— Relâche-le et je fais tout ce que tu veux.

Si je lui donnai ma baguette, il pouvait tout aussi bien me tuer ou tuer Bairim.

— Non Charlie, tu me donnes ta baguette maintenant et ensuite on verra.

Je secouai la tête et soufflai :

— Tu vas lui faire du mal si je te la donne.

— Je peux lui faire du mal même sans ça, dit-il en me montrant le couteau dans son autre main. Ta baguette Charlie, maintenant. Tu n'imagines pas combien ces dernières années ont été dures. Plus aucune réserve n'a voulu de moi, je n'avais plus d'amis, plus rien. Je veux juste être heureux tu sais ?! Si tu me donnes ta baguette alors toi et moi et même lui, on pourra être heureux tous les trois.

Je n'hésitai plus une seule seconde et lui lançai ma baguette, certain que si je ne le faisais pas, il était capable de blesser Bairim. Il était juste fou.

— Relâche-le maintenant.

— Pourquoi ? On n'est pas bien tous les trois ?

— Si... mais juste, laisse-le courir un peu, il aime ça. Hein mon chéri ? Tu aimes courir après les papillons et justement, il y en a là, montrai-je. Laisse-le aller jouer.

— On a beaucoup marché aujourd'hui, contra Joaquim, il veut probablement se reposer. Le soleil ne va pas tarder à se coucher en plus, on devrait sûrement aller se coucher. Je n'ai pas encore de vêtements pour lui mais on pourra aller en acheter demain.

— Oui, mais laisse-le un peu jouer, comme ça il dormira et on pourra se retrouver toi et moi, proposai-je.

Il devait lâcher mon fils. Comme ça, je lui sautai dessus et tentai de le tuer à main nue.

— D'accord, sourit-il en le relâchant doucement.

Bairim me sourit et partit directement vers les papillons.

— Merci.

— On va être heureux tous les...

Il ne finit pas sa phrase, le haut de son corps disparaissant. Ce fut le bruit atroce de son corps broyé qui me fit réaliser.

Storme.

Je vis Joaquim se faire manger, sans même ressentir de peine ou de la tristesse. Le bruit était horrible et jamais je n'aurais cru voir et entendre ça. Je m'avançai ensuite et récupérai ma baguette, lançant le contre sort pour voir Storme, juste au cas où.

Je cherchai ensuite Bairim des yeux et le vis assis plus loin, nous tournant le dos, les mains sur les oreilles. Je courus et me plaçai devant lui, afin qu'il n'ait pas peur et souris, avant de lui caresser la joue.

— Je suis là mon chéri. Papa est là.

Je le pris dans mes bras et le serrai contre moi.

— T'es venu 'vec Storme, répondit-il en passant ses bras autour de mon cou.

— Oui.

J'embrassai sa tête, rassurai qu'il n'ait rien.

— Ça veut dire on va voler tous les trois ?

— Oui.

Ne sachant pas où j'étais, il m'était difficile de transplaner, je risquerai de nous blesser.

— Je suis fier de toi, tu n'as pas pleuré. Je suis très fier de toi mon chéri, affirmai-je en le serrant dans mes bras.

Je l'embrassai une fois de plus et respirai son odeur.

— Pourquoi pleurer ? Storme était là. Il m'a dit qu'on pourra voler tous les trois. On peut y aller maintenant ?

— Storme t'a parlé ? demandai-je. Que t'a-t-il dit d'autre ?

J'étais curieux.

— Je devais marcher un peu et pas me retourner. Et poser mes mains sur mes oreilles pour pas avoir bobo et qu'ensuite, on volera tous les trois. J'ai tout bien fait Papa.

— Oui oui, le rassurai-je.

J'étais reconnaissant envers Storme. Je me levai, gardant Bairim contre moi et vis justement Storme à quelques mètres de nous.

— Merci mon vieux, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi.

Il baissa la tête puis se mit de façon à me présenter son dos afin que je monte sur lui.

— Pada pas là ? demanda Bairim.

— Non, il se repose.

Avant de monter sur Storme, je dis :

— Quand nous serons installés sur ton dos, attends mon accord pour décoller s'il te plait.

Je montai ensuite, faisant bien attention à Bairim et m'installai, le gardant face contre moi, lui évitant ainsi de recevoir tout le vent en plein visage. Je lançai un sort de désillusion et demandai :

— Est-il possible que tu voles le plus bas possibles et le plus lentement ?

J'avais besoin de pouvoir me tenir, tout en gardant Bairim.

— Il faut pas t'inquiéter Papa, on peut y aller maintenant ?

— Oui, on peut y aller, soufflai-je.

J'avais juste hâte maintenant de retrouver Lucius. Je voulais le voir, le serrer dans mes bras, lui et Bairim. Tous les deux.

POV Lucius

J'ouvris les yeux mais la luminosité m'aveugla et j'eus l'impression que quelqu'un tapait sur ma tête avec un marteau. Merlin, pourquoi avais-je si mal ? Je me souvins être parti en forêt avec Bairim, le renard en bois et puis... Joaquim. Je rouvris les yeux et tentai de me relever mais me rallongeai aussitôt quand des taches noires apparurent devant mes yeux tout en sentant ma tête me tourner.

— Oh, Lucius, te voilà réveillé, fit Geoffroy.

— Pas si fort, répliquai-je en posant mes mains sur ma tête.

Et rien que ça me parut incroyablement difficile.

— Où est Bairim ? demandai-je.

— Nous ne savons pas.

— Quoi ?

Je me relevai, plus doucement cette fois, et fus satisfait d'avoir une vision plutôt claire. Je jetai un coup d'œil à mon ventre et me pinçai les lèvres en voyant deux cicatrices là où Joaquim m'avait fait Merlin savait quoi. Je me mis sur mes pieds et me tins au lit pour ne pas tomber. J'avisai le tube planté dans mon bras et la poche de sang qui y était raccordée.

— Comment on enlève ça ? demandai-je alors.

— Tu ne dois pas l'enlever, tu es encore faible. Rallonge-toi s'il te plait.

Hulrick entra dans la pièce et parut surpris avant de dire :

— Te voilà enfin réveillé. Tu nous as fais peur. Ça va ? Tu as besoin de quelque chose ? À boire ?

— J'ai besoin de mon fils. Et qu'on me retire ça ! rétorquai-je en essayant de déterminer comment le retirer sans m'arracher un bout de bras avec.

— Non, si tu l'enlèves, tu n'iras pas bien et quand Charlie reviendra, il va nous tuer pour t'avoir laissé faire. Ne me force pas à t'attacher, répliqua Geoffroy en s'avançant vers moi.

— Où est Charlie ? Non, meilleure question, pourquoi n'êtes-vous pas en train de chercher mon fils ?

— Nous le cherchons. Johanna et Isaac le cherche encore dans la forêt depuis maintenant quelques heures, mais selon ce que tu nous as dit, il est probable que Joaquim l'ait prit avec lui.

— Et vous, pourquoi vous êtes là ?

C'était moi qui avais emmené Bairim dans cette stupide forêt, moi qui l'avais laissé s'éloigner et moi qui n'avais pas été capable de le défendre contre Joaquim. Je devais aller le chercher, je devais le retrouver et m'assurer qu'il aille bien. Merlin, Charlie devait probablement vouloir me tuer et il avait raison. Je l'accusais de mettre Bairim en danger mais c'était moi le fautif dans cette histoire, moi qui avait mis la sécurité de Bairim en jeu parce que j'étais trop fatigué pour lui apprendre à voler.

— Nous sommes là pour veiller sur toi. Jusqu'au retour de Charlie.

— Je suis un grand garçon, je n'ai pas besoin de vous. Où est parti Charlie ?

— Nous ne savons pas.

— Très utile, vraiment.

Je pris rapidement le tube entre mes doigts et tirai dessus avant de fermer les yeux et serrer les dents à cause de la douleur que cela entraîna et qui remonta dans tout mon bras. Hulrick posa sa main sur la mienne et souffla :

— Tu as failli mourir, et tu ne seras pas utile à Bairim quand il reviendra en étant dans le coma. S'il te plait, laisse la perfusion Lucius.

— Et s'il ne revient pas ? répliquai-je.

— Il reviendra. Charlie le trouvera !

— Comme tu veux, soufflai-je en me rasseyant.

— Merci. As-tu soif ?

Je haussai les épaules puis demandai :

— D'où il vient ce sang d'abord ?

— C'est celui d'Isaac, c'était le seul O Négatif.

— Ah... je pourrais avoir un parchemin et de l'encre ?

— Oui oui, mais pourquoi ? demanda-t-il devant la porte.

— Écrire une lettre.

Il hocha la tête et quitta la pièce la pièce avant de revenir avec ce que je lui avais demandé. Je le remerciai puis écrivis un mot à Draco. S'il apprenait ce qu'il s'était passé par quelqu'un d'autre que moi ou dans plusieurs jours, il allait me faire la gueule pendant des mois et je n'avais vraiment pas besoin de ça en ce moment. Je refermai le parchemin puis le tendis à Hulrick.

— Si tu pouvais faire parvenir ça à Draco, j'apprécierais.

— Oh Merlin, je savais qu'on avait oublié quelqu'un, grogna Geoffroy. C'est bon, je m'en occupe. Hulrick, veille sur lui en mon absence ! fit-il d'une voix grave avant de sortir.

— Je peux très bien m'occuper de moi, râlai-je en retour.

— Oui, c'est sûr que vouloir retirer la perfusion était une preuve que tu sais t'occuper de toi, répliqua le gardien en prenant place sur une chaise.

— Hm. Tu pourrais me ramener un verre d'eau ?

— Oui.

Il quitta la pièce et je serrai mes mâchoires avant de tirer sur la perfusion et de la retirer. Ce fut plutôt douloureux et ma migraine ne fit que s'accentuer mais je me dépêchai de me relever et de quitter la pièce. Je vacillai un peu et dus m'appuyer sur les murs mais je finis finalement par rejoindre ma chambre pour y prendre un pull. Je retournai dans le couloir et perdis l'équilibre une fois de plus. Je pestai intérieurement et clignai des yeux plusieurs fois avant de rejoindre l'entrée et de commencer à ouvrir la porte qui se referma aussitôt quand une main appuya dessus.

— Tu te fous de ma gueule, cria Hulrick.

— Merlin parle moins fort ! Et je veux juste prendre l'air une minute.

— Alors demande. J'aurais pu trouver un moyen sans que tu n'enlèves ta perfusion.

— D'accord, va la rechercher dans ce cas et je la remettrai.

— Oh non, tu me pends pour un abruti ? Tu vas venir avec moi, et c'est sans appel !

— Et si je refuse ? répliquai-je immédiatement.

— Je serais obligé d'employer la manière forte. Et je le ferais, parce que Charlie me fait plus peur que toi, désolé de te l'apprendre.

— Je vais bien, et je veux retrouver Bairim. Je suis certain que Charlie sera ravi de le savoir et appuiera ma décision, laisse-moi y aller.

— Penses-tu vraiment que Bairim est encore ici ? Nous cherchons encore, afin de ne laisser aucune piste de côté, mais toi et moi savons très bien que Joaquim l'a emmené Lucius.

— Sûrement, mais ils sont peut-être encore dans le coin ! Ou alors Bairim s'est sauvé et il est perdu tout seul là-dehors. Et il fait nuit maintenant, et froid. Écoute, peu importe qu'il soit là ou pas, je dois essayer. C'est ma faute s'il a disparu et si on ne le retrouve pas, Charlie ne me le pardonnera jamais.

Et je ne me le pardonnerai pas non plus mais c'était une autre histoire.

— Tu n'es en rien fautif et ça fait plus de cinq heures que nous le cherchons Lucius. Cinq heures. Et Charlie ne t'en veux pas, je te le jure. Et quand il reviendra, il sera heureux de te voir en bonne santé.

— Pas s'il revient seul. Et je suis en bonne santé, l'air frais me fera sûrement du bien de toute façon.

— Tu es borné ! grogna-t-il. Mais je t'accompagne.

— Comme tu veux.

Je me poussai de la porte afin de l'ouvrir puis sortis, Hulrick sur les talons. Je sentais son regard sur moi et me débrouillai pour ne pas vaciller ou marcher trop lentement. Nous pénétrâmes dans la forêt et Hulrick lança un lumos avec sa baguette afin que nous puissions y voir clair. Nous marchâmes à peine une dizaine de minutes et je m'arrêtai pour m'appuyer contre un arbre, à bout de souffle et la tête prête à exploser.

— Maintenant qu'on voie que j'avais raison, retournons à l'intérieur.

— Non je peux… J'ai juste besoin d'une pause, répliquai-je de mauvaise foi.

— Non, on va rentrer. Maintenant !

— D'accord, soufflai-je en me redressant.

Je fis quelques pas mais m'arrêtai rapidement une fois de plus.

— J'ai juste besoin d'une pause.

Merlin, j'avais entrainé mon fils là-dedans et je n'étais même pas capable de partir à sa recherche. Charlie allait définitivement me tuer, surtout s'il revenait sans Bairim. Non, il ne pouvait pas revenir sans lui. D'après les autres, il avait pris Storme et ce stupide Dragon devait bien savoir comment retrouver mon fils, c'était obligé.

Hulrick m'aida, en enroulant son bras autour de mes épaules.

— On va rentrer et t'installer dans le salon si tu préfères, comme ça, tu pourras regarder dehors et je te remets ta perfusion. Okay ?

Je grognai vaguement mon assentiment et nous repartîmes vers le bâtiment auquel nous arrivâmes une quinzaine de minutes plus tard. Il m'emmena au salon et m'aida à m'installer sur le fauteuil près de la fenêtre avant de partir rechercher ma perfusion. Il l'a mis avec plus ou moins d'adresse et ça fit au moins aussi mal que quand je l'avais retirée. Plusieurs minutes, qui me semblèrent durer des heures, passèrent et il n'y avait toujours aucun signe de Charlie ou Bairim.

— Papa !?

Draco entra dans le salon et je voulus me lever mais me rassis aussitôt en sentant ma tête tourner une fois de plus. A peine quelques secondes plus tard, Draco se retrouva dans mes bras et je le serrai contre moi.

— C'est bon Draco, je vais bien.

— Oh Merlin, papa... je t'aime, et je ne veux pas te perdre.

— Je t'aime aussi Draco, et tu ne vas pas me perdre. Je vais bien, je t'assure.

— Mais tu as failli mourir. A-t-on des nouvelles de Bairim ?

Harry entra dans la pièce et me salua avec un sourire que je lui retournai :

— Je n'ai pas...

Je préférais néanmoins m'interrompre et ne pas terminer ce que je m'étais apprêté à dire parce qu'il avait raison, j'avais bien cru que j'étais mort cette fois-ci.

— Non, pas de nouvelles, repris-je avant de soupirer et de regarder à nouveau par la fenêtre pour contempler le vide devant le bâtiment.

Geoffroy entra dans la pièce à son tour et demanda à Hulrick :

— Ça a été ?

— A-t-on avis ? Il a enlevé sa perfusion, a insisté pour aller à la recherche de Bairim dehors. Il n'a pas pu faire beaucoup de mètre, mais c'est un têtu !

Je lui lançai un regard noir avant de me retourner vers Draco qui me regardait de la même façon que je venais de le faire avec Hulrick. Parfait.

— Je ne vais pas m'énerver sur toi, parce que ça cela ne servira à rien, mais quand toute cette histoire sera terminée, tu vas m'entendre !

— C'est bon Draco, je ne risque rien. Là tout de suite c'est ton frère qui est en danger, à cause de ...

Je ne terminai cependant pas ma phrase et regardai de nouveau par la fenêtre, espérant voir Charlie et Bairim mais ne trouvant que le vide et l'obscurité. Merlin, qu'est-ce que j'avais fait ?! Je n'aurais pas dû le lâcher des yeux, j'aurais dû avoir ma baguette en main et essayer de tuer Joaquim, mais je n'avais rien fait. Je m'étais promis d'agir différemment cette fois, mais j'avais juste une fois de plus mis la vie de l'un de mes enfants en danger. Plus j'essayais de bien faire, plus je faisais tout de travers.

— Si tu allais dire « à cause de moi », déjà, j'ai envie de te frapper et ensuite, ce n'est pas ta faute si un connard devenu fou est venu te poignardé pendant une promenade.

— Je ne vais rien répondre à ça.

— Arrête de te sentir coupable, gémit-il. Tu ne l'es pas !

— Bien sûr que si ! J'ai provoqué une dispute entre Charlie et moi ce matin et ensuite, j'ai préféré emmener Bairim dans la forêt que lui apprendre à voler parce que j'étais en colère. On n'aurait jamais dû se retrouver là-bas en premier lieu !

Je fixai de nouveau mon regard sur la fenêtre et me figeai en croisant les yeux orange de Storme qui devait se trouver à une dizaine de mètres du bâtiment. Je me levai en essayant de ne pas pousser Draco trop fort puis quittai le salon en courant, arrachant la perfusion au passage. Je ne m'inquiétais cependant pas de la douleur pour l'instant et fonçai ouvrir la porte d'entrée en priant pour qu'il ne soit pas revenu seul. Je rejoignis le Dragon et le soulagement que je ressentis en voyant Charlie faire descendre Bairim de son dos m'écrasa presque. Je continuai cependant d'avancer et pris mon fils dans mes bras en le serrant fort contre moi tout en essayant néanmoins de ne pas lui faire mal.

Je l'inspectai sous toutes les coutures et sentis mes yeux s'humidifier en réalisant qu'il allait parfaitement bien. J'enfouis mon nez contre son cou et inspirai son odeur tout en passant ma main dans ses cheveux et en m'excusant de l'avoir laissé.

— Lucius, entendis-je souffler Charlie.

J'embrassai la joue de Bairim qui me regarda étrangement puis me tournai vers Charlie qui n'avait pas bougé. Salazar, j'avais raison, il m'en voulait. Bien sûr qu'il m'en voulait, j'avais failli faire tuer notre fils.

— Je..., commençai-je avant de m'interrompre.

Qu'est-ce que je pouvais lui dire ? Que j'étais désolé ? Ce n'était même pas assez fort pour décrire ce que je ressentais mais ça ne m'excusait en rien. Je fis redescendre Bairim au sol en sentant mes jambes faiblir et ma migraine revenir en force. Je n'avais plus rien ressenti pendant quelques minutes mais maintenant que l'adrénaline était redescendue un peu, la douleur ne se faisait pas attendre. Mon bras me lança et je baissai les yeux pour voir un bleu commencer à se former autour de là où j'avais eu la perfusion. Je ne m'en préoccupai cependant pas plus que ça et relevai la tête tout en cherchant ce que je pourrais bien dire à Charlie pour qu'il accepte de me pardonner. Seulement, il me fonça dessus et me serra dans ses bras, me soulevant même du sol, avant de pleurer contre mon cou en me chuchotant qu'il m'aimait comme un fou. Je le serrai contre moi en retour et passai la main dans ses cheveux, reconnaissant au fait qu'il me tienne parce qu'au contraire, je n'aurais probablement pas pu tenir debout par moi-même.

— Je t'aime aussi Charlie. Merci de l'avoir ramené.

— Je n'ai rien fait, c'est Storme qui a fait tout le boulot.

Il me lâcha et prit Bairim dans ses bras avant de me serrer à nouveau.

— Réunis, enfin.

— Oui, soupirai-je. Ça va mon cœur ? demandai-je ensuite à Bairim.

— On a volé avec Storme ! C'était trop bien. Je pourrais recommencer hein ? Dis dis, je pourrais pas vrai ?

— Tu sais bien que non, pas tout de suite, répondit Charlie. Juste avant ta rentrée à Poudlard, pas avant. Et puis, tu viens de voler plusieurs heures d'affilées, ça compte pas pour toi ?

— Si si mais... et si je suis sage ?

Je passai l'un de mes bras autour de la taille de Charlie et m'agrippai à sa chemise. J'avais l'impression que quelque chose cognait à l'intérieur de ma tête et je voulais m'allonger et dormir mais je ne voulais pas que Bairim voit que quelque chose n'allait pas. Il ne semblait pas le moins du monde traumatisé et il demandait à voler, ce qui était un très bon signe d'après moi. Si, avec de la chance, il ne s'était rendu compte de rien, je ne voulais pas que ce soit moi qui l'effraie. Je déglutis et jetai un coup d'œil au Dragon qui n'avait pas bougé et avisai Draco et les autres juste devant le bâtiment, préférant probablement ne pas trop s'approcher de Storme, ce que je comprenais et approuvais sans l'ombre d'une hésitation.

— Nous devrions rentrer. Draco, tu peux aider Lucius, je dois remercier quelqu'un.

— Je vais bien, répliquai-je tout en observant Bairim me lâcher pour aller caresser Storme.

— Tu es pâle mon amour et tu tiens à peine sur tes jambes. Mais nous allons être tranquille, plus jamais Joaquim ne viendra tenter de t'enlever à moi, ni à faire du mal à notre fils.

— Tu as...?

— Non, et j'étais bien parti pour ne jamais revenir. Mais Storme était là et a... il s'est occupé de Joaquim.

Je claquai ma langue contre mon palais et le pinçai à la hanche, sans grande force cependant, avant de répondre :

— D'accord, tant mieux.

— Je t'aime, souffla-t-il. Et quand tu seras reposé, nous aurons une conversation, et je t'écouterais. Promis.

— De quoi tu parles ?

— De toi, de moi et des Dragons. Parce que tu es plus important qu'eux et je devrais commencer à te le prouver. Mais rentre, s'il te plait.

Il se retourna et appela Bairim.

— Rentre avec Pada, je dois parler à Storme.

Je lâchai Charlie doucement et fus rassuré en réalisant que je tenais debout. Bairim souhaita une bonne nuit à Storme et me rejoignit avant de me prendre la main et de me tirer en avant. Je gémis en sentant mon bras me lancer plus encore et mes jambes trembler mais réussis à tenir debout.

— J'ai volé sur un Dragon aujourd'hui, fit Bairim en courant presque vers Draco.

Je lâchai sa main, certain que si je le laissais m'entrainer, j'allais finir à terre, et il se précipita dans les bras de Draco qui le serra contre lui tandis qu'Harry me rejoignait.

— Besoin d'aide ? me demanda-t-il.

— Je ne veux pas que Bairim pense que je ne vais pas bien.

— Alors on va faire ça discrètement, répondit-il tout en passant son bras autour de mes hanches.

Je fis un signe de tête à Draco pour qu'il rentre à l'intérieur et il entraîna Bairim avec lui. Je m'appuyai sur Harry et le laissai m'emmener au salon. Il commença à me guider vers le fauteuil près de la fenêtre mais je préférai m'asseoir sur le canapé.

— Il faudrait ramener ça à l'infirmerie avant que Bairim ne le voit, dis-je en indiquant la perfusion toujours près du fauteuil.

J'étais certain que mon corps ne dirait pas non contre un peu de sang en plus mais je voulais passer du temps avec Bairim, et il était hors de question qu'il voit ça.

— Pada, c'était super ! Storme est tout chaud et il a volé doucement, pour pas que je tombe, s'exclama Bairim en revenant vers moi.

— Je suis content pour toi, répondis-je en tendant les bras vers lui.

Je l'aidais plus ou moins à grimper sur mes genoux et le serrai contre moi une nouvelle fois.

— Tu..., hésitai-je ensuite. Ça a été, cette après-midi ?

— Oui. Mais je vous ai attendu. Le Monsieur m'a dit que vous étiez occupés et je m'embêtais, il ne voulait pas que je joue dehors. Mais Papa est arrivé et Storme aussi.

— D'accord, super. Je suis désolé qu'on t'ait fait attendre mon cœur. Ça ne se reproduira pas.

Jamais de la vie.

— Si je peux voler avec Storme, je veux bien attendre, souffla-t-il en se blottissant contre moi.

Je ris doucement puis fermai les yeux tout en caressant ses cheveux, le sentant rapidement s'endormir contre moi tandis que je luttais moi-même contre le sommeil.

— Il dort ? entendis-je demander Charlie.

— Oui, marmonnai-je en rouvrant les yeux.

— Allons le mettre au lit, tout comme toi. Harry, Draco, vous pouvez dormir ici si vous voulez.

Charlie vint prendre Bairim de mes bras et caressa ensuite ma joue, me regardant bizarrement.

— Oui, merci Charlie, lui répondit Draco avant de venir embrasser ma tempe.

Charlie me tendit ensuite la main, toujours avec ce même regard posé sur moi. Je me pinçai les lèvres puis pris sa main avant de me relever. Ma tête me tourna immédiatement et je retins un soupir agacé.

— Dès que Bairim est au lit, on te la remet, souffla-t-il en regardant mon bras.

— Quoi ?

Je baissai les yeux sur et réalisai alors qu'il parlait de la perfusion.

— Je vais bien, contrai-je. Et ça ira sûrement mieux après un peu de sommeil.

— Peut-être, mais tu la remettras, grogna-t-il avant de prendre la direction de la chambre de Bairim.

Je le regardai s'éloigner et saluai mon fils et Harry puis partis à mon tour en essayant de marcher le mieux et le plus assurément possible. Une fois dans le couloir, je m'appuyai néanmoins contre le mur en grimaçant. Je me remis ensuite en route et rejoignis ma chambre avant de me jeter sur le lit.

— Alors ? Tout va bien, c'est ça ?!

— Je suis juste un peu fatigué. Rien de bien méchant.

— Regarde-moi dans les yeux, et redis-le, sans mentir, fit-il en plaçant son visage devant le mien.

— Je suis fatigué et j'ai un peu mal à la tête, mais ça va, affirmai-je en le regardant dans les yeux.

Il s'installa près de moi et me prit dans ses bras, embrassant mon cou.

— C'était horrible, ce bruit de corps broyé. Et te voir couvert de sang... Lucius, j'ai cru mourir.

Je me laissais aller contre lui et passai mon bras autour de ses hanches.

— Bairim a vu ça ? demandai-je en comprenant que l'histoire de corps broyé avait probablement un lien avec Joaquim.

— Non, Storme l'avait rassuré et lui avait demandé de s'éloigner et de se couvrir les oreilles sans se retourner.

— Ah, d'accord. Tant mieux.

— J'ai cru te perdre, puis ensuite perdre Bairim. Je ne veux plus jamais ça.

— Moi non plus. Je suis vraiment désolé Charlie...

— Maintenant on va dormir mais sache une chose, j'ai compris. Je suis un con envers toi et je vais tâcher de t'écouter plus souvent, en tournant ma langue.

— Tu n'es pas un con. C'est moi qui... Tu devrais être furieux contre moi pour avoir mis Bairim en danger de cette manière et... j'ai beau chercher, je ne comprends pas cette histoire de langue.

— Oui... Hulrick m'a conseillé de t'écouter et de tourner ma langue avant de parler. Et pourquoi t'en voudrais-je ?

— Je te reproche de mettre Bairim en danger et ensuite je... je ne me mêlerais plus de ce que vous faites avec les Dragons. Je suis juste... j'aurais dû... Peu importe.

— Tu ne savais pas qu'il serait en danger en allant dans la forêt alors qu'avec les Dragons, c'est toi qui a sans doute raison. Il est encore trop jeune.

— Alors maintenant on va se disputer parce que je vais affirmer avoir tort et que pour toi j'avais raison ? soufflai-je avec un sourire en me blottissant contre lui.

— Oui, c'est exactement ça, murmura-t-il.

— D'accord. J'aime t'entendre me dire que j'ai raison.

— Oui, je sais.

Il m'embrassa et chuchota ensuite :

— Je le sais à présent, qu'il m'aurait tué. J'étais désarmé, et lui, il avait sa baguette et un couteau. Je... j'ai failli ne pas revenir. J'aurais dû prendre quelqu'un avec moi.

— Alors pourquoi tu ne l'as pas fait ? Si tu m'avais sauvé pour aller mourir là-bas, je t'aurais ressuscité juste pour pouvoir te tuer moi-même.

— Tu me connais, j'agis en premier lieu et réfléchis ensuite. Un pur Gryffondor en somme.

— Stupide Gryffondor, marmonnai-je en me blottissant contre lui.

— Oui, mais c'est pour ça que tu m'aimes non, j'ai toujours été comme ça. Et je t'aime pour toi.

— Hm...

Le sommeil me gagnait de plus en plus et ouvrir la bouche me semblait à présent être un effort inimaginable.

— Nous sommes tous là, c'est le plus important. Dors mon amour, repose-toi.

Il embrassa mon front et caressa mon nez du sien, avant de picorer mes lèvres. Je marmonnai mon assentiment et glissai l'une de mes jambes entre les siennes avant de passer ma main sous son t-shirt pour toucher sa peau, m'endormant quelques secondes plus tard.


Nous espérons que ce vingt-cinquième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*

Abby and Jes