Hello ! On se retrouve pour un nouveau chapitre, merci de suivre cette histoire qui est à un tournant décisif !
Disclaimer : JK possède tout (c)
Note : Les musiques de la playlist, sont ici, vraiment, super importantes, à vous de deviner pourquoi :)
Playlist : Vangelis : Monastery of la Rabida - Vangelis : Luis Moreira - Melanie Martinez : Bittersweet Tragedy
« Les innocents sont toujours les premières victimes, dit-il. Il en a toujours été ainsi, il en sera toujours de même. »
Harry Potter à l'École des Sorciers, JK Rowling
21 Janvier 2025
Lily en venant tremblait. Les petites chaines à ses poignaient bougeaient dans un bruit strident au milieu de cette grande salle emplie d'oreilles et d'yeux voraces de sa détresse. Elle jetait des coups d'œil craintifs à son frère et puis à Ginny et lui. En s'essayant, elle les fixa : « Arrêtez, arrêtez ça ! » semblait-elle hurler, ses grands yeux bruns agrandis de fatigue et de peur.
—Nous pouvons continuer avec vous jeune fille ? Il me semble que vous ne dites pas tout, recommença McFleetwood d'un air ennuyé.
Frère et sœur se mirèrent, consternés.
—Je suis prêt à prendre sa place ! répondit James. Elle ne va pas bien. Laissez-là !
—Parlez avec un peu plus de respect, Potter.
—Ma fille ne va pas bien, bondit finalement Harry. Si l'interroger peut lui être dangereux-
—Taisez-vous aussi Mr Potter, commanda une voix venant d'une vieille sorcière aigrie. Devons nous vous évacuer avec votre femme ?
Ginny bondit à son tour.
—Comment oseriez-
—Je vais le faire, cria Lily d'une voix perçante. Je vais le faire ! Je vais le faire.
oOo
Lily arrêta la voiture. James, Tom et Al fixaient silencieusement le groupe de sorciers face à eux les lèvres serrées en une fine ligne dans l'obscurité.
—Qu'est-ce qu'on fait ?
—On attend le bon moment, puis on attaque, lâcha James, auquel Tom les dents serrées voulut donner raison.
Qu'ils se détestent était une chose, qu'ils soient quelque part si semblables en était une autre. Lily jeta un coup d'œil à Albus. Il croisait les mains sous son menton.
—Ils ne nous attaquent pas eux mêmes, ce n'est pas un comportement normal. Ils attendent quelque chose.
—Des renforts, glissa Tom d'une voix sirupeuse.
La poignée de sorciers en noir face à eux ne semblait pas prête à une offensive. Ils ne bougeaient pas, comme des statues mais avaient leur baguette entre leurs deux mains jointes devant eux. Ils les jaugeaient ?
—Je crois qu'ils veulent qu'on sorte. On ne va pas leur rouler dessus de toute façon.
Aussitôt James, sauta entre le volant et les genoux de Lily pour s'éjecter à l'extérieur du véhicule. Sous le regard des trois autres, il s'avança vers les sorciers baguette tendue, tenta de leur parler, mais ils ne disaient toujours rien. Las, Tom descendit à son tour, suivit d'Al aidé de Lily. Ils restaient méfiants, pourtant rien chez ces sorciers ne semblait être menaçant, ils portaient une robe de sorcier sombre brodée de fils argentés dans des motifs complexes.
D'un coup ils s'écartèrent. Simultanément, Lily, Al, Tom et James pointèrent leur baguette vers le trou dans leurs rangs d'où émergea un énorme vers hideux et blanc. Il tourna vers eux une tête affreuse et prononça les paroles suivantes :
« Payez moi avec la preuve de votre douleur. »
Ils se regardèrent interloqués. Lily hésitante, se rapprocha du vers en tenant toujours Albus. C'était un test, réalisa-t-elle. Voilà pourquoi, les sorciers les observaient en silence, ils les testaient avec ce monstre. Al le comprit aussi, mais pas Tom et James.
—Qu'est-ce que tu fais Li ?
—Ça ne te rappelle rien ? La Fontaine de la Bonne Fortune.
Le vers réitéra sa demande. Lily mue d'un drôle d'instinct saisit la main de ses frères et les posa avec la sienne sur la tête du ver entre ses deux yeux. Avidement le monstre se servit dans leurs souvenirs. Ils poussèrent un hoquet surprit en sentant frémir sous leurs doigts, l'animal.
Le vers se recula, ses yeux aveugles et vitreux grands ouverts de contentement. Il disparut dans un trou du sol. Un sorcier s'avança.
—Il ne vous a pas dévorrré. Vous pouvez passer. Vite. La frrrontièrrre n'est pas sûrrre.
Ils se dépêchèrent de contourner le groupuscule de sorciers, toujours légèrement méfiants, leur baguette tendue. Tom n'avait pas desserré les dents. Ils franchirent une barrière invisible, avec l'impression de passer une bulle de savon. Aussitôt quelque chose changea, l'air n'était plus aussi sec, et à la fois plus aussi glacé. Lily vit une vraie végétation sous ses pieds au lieu d'une terre desséchée, et peu à peu un point blanc et lumineux se dessiner.
Un immeuble ? Non, un monastère. D'un escalier minuscule une petite forme descendit, alors les sorciers qui les accompagnaient en silence, les laissèrent. La forme en s'approchant grandit, c'était un vieil homme au crane rasé mais tatoué de symboles étranges. Il dégageait de cet être la plus grande bonté du monde. Lily en fut saisie. Elle oublia toute réserve, jamais cet homme là ne saurait être un danger.
—Bienvenus, bienvenus. Albus m'a envoyé un patronus, vous avez été rapides. Je suis Père Paegon Athénodoros. Mais appelez-moi Père Athénodore. Bienvenus au Monastère Saint Innocent.
…
.
.
Lily avait éprouvé beaucoup d'émotions, au court de sa courte vie. De la joie, de la tristesse, de la peur, de l'horreur, mais jamais au grand jamais elle n'avait senti cette sérénité. En pénétrant dans le Monastère Saint Innocent à la frontière Albanaise, Lily se sentit incroyablement calme, bien, comme purifiée. Le gigantesque plafond blanc, les murs couverts de mosaïques multicolores et l'absence de bruit terrassèrent d'un coup toutes ses inquiétudes. La rousse fut figée par tant de beauté. C'était si beau, si serein, qu'elle eut envie de s'effondrer.
Elle était bien, en vie, et avec ses frères et Tom. Cela n'avait pas de prix. Tout était si calme et si reposant dans ce huis clos. La bâtisse de pierre en forme de dôme paraissait les protéger de tout, même de Grindelwald et de ses sbires. Ils avaient réussi, ils étaient sains et saufs. Après cette traversée éprouvante, le Monastère Saint Innocent paraissait surgir pour les laver de leurs épreuves.
Quand Père Athénodore les conduisit dans une petite pièce annexe et rustique, elle tomba sur le premier banc qui passa.
—Reposez-vous, fit il, vous me raconterez votre épopée jeunes gens.
Des sorciers de la même robe sombre, que ceux à la frontière Albane vinrent apporter des pichets d'eau sur une table en bois, ainsi que des victuailles. Lily entendit son ventre rugir, comme ceux des autres. Ils s'attablèrent en silence et mangèrent. Une sorcière habillée du même type de robe vint voir Albus et lui tendit une potion violette. Athénodore traduisit que cela aiderait à commencer la désinfection de sa jambe.
Tom, face à elle, se saisit d'un bout de pain qu'il chipota avant de demander à leur bienfaiteur :
—Quel est cet endroit ?
Le vieil homme laissa échapper son trouble, il ouvrit légèrement ses yeux bleus face à ceux sombres du Serpentard.
—Le Monastère Saint Innocent est un havre de paix, protégé par un groupe de sorciers cherchant avant tout la justice, l'amour et la paix. Nous protégeons ce qui doit être protégé dans ce lieu d'asile pour tous les sorciers d'Europe compte tenu de la guerre. Nul ne pénètre si nous ne sommes pas certains de ses intentions.
Il lui jeta un coup d'œil appuyé que les trois Potter remarquèrent. Il n'avait pas passé le test du vers et leur bienfaiteur le savait. Tom grimaça.
—Vous êtes religieux ? nota Lily pour dégeler l'ambiance.
—Sorcellerie et religions ne sont pas antinomiques. Les hommes et les femmes sont libres de pratiquer leur magie et d'exercer leurs croyances selon leur bon vouloir. Les divergences d'opinions quelles, quelles soient créent des fossés entre les hommes, moldus ou non.
—Vous parlez un anglais parfait, constata Albus.
Le vieux sorcier sourit. Il les resservit d'eau et d'un peu de bouillon, avant d'épousseter sa bure et de se lever.
—Je suis né en Grèce, mais durant ma longue existence, je n'ai jamais côtoyé une école de sorcellerie, j'ai tout appris par moi même, en marchant où la Magie et le Destin me menaient. Ces deux entités vont ont menés à moi aujourd'hui car vous en aviez besoin, comme ils m'ont mené jusqu'à ce Monastère pour que j'en reprenne la suite. Vous resterez dormir ici le temps qu'Albus Dumbledore finisse son combat avec Grindelwald, ou plutôt j'espère, se remette. Toi, mon garçon tu as terriblement besoin de soins, dit-il en regardant Al. Je suggère que tu me suives jusqu'à notre hospice avec ton frère et ta sœur.
Le trois interpellés se levèrent, restaurés. Père Athénodore se reporta à Jedusor.
—Quant à toi mon garçon, j'imagine que tu n'as pas envie d'être mêlés à leur intimité, notre bibliothèque te sera montrée par Sœur Klara.
James saisit Al par l'épaule pour l'emmener, ils quittèrent la petite salle rustique, non sans que Lily ne jette un regard à Tom avant de partir. Cette dernière marcha au même niveau que le sorcier prêtre :
—Comment saviez-vous que Tom n'était pas notre frère ? Quelques sorciers s'y sont laissés prendre.
Le vieil homme sourit en lui tendant son bras pour qu'elle l'aide à marcher. Il déclara naturellement :
—Il est bien trop dissocié de vous pour l'être, et puis jeune enfant, tu ne portes pas sur ce garçon un regard que l'on porte à un frère.
Lily détourna les yeux, et fut persuadée que si James avait entendu cette dernière phrase, il aurait disjoncté. Ils arrivèrent dans l'hospice, comptant en tout et pour tout cinq petits lits contre les murs de pierre et séparés par des tentures aux motifs sans doute locaux. Le sol était damé de mosaïques.
Lily fut une fois de plus frappé par la beauté de l'endroit. Ils allongèrent Al et le vieil homme, accompagné d'un jeune homme en bure et à la tonture à moitié couverte de tatouages étranges l'examinèrent.
—Tu as été salement amoché. Grindelwald excelle dans l'art du poison. Il a beaucoup reculé, je vois là l'utilisation du bézoard, nous allons pouvoir rendre une figure à peu près présentable à ta jambe, mon petit.
—Pourra-t-il remarcher correctement ? demanda James les dents serrées.
—J'ai beau être religieux et sorcier, je ne peux pas faire de miracle. Tu boiteras pour le reste de ta vie.
Albus accusa le coup mais ne dit rien. Lily lui saisit la main, alors que James restait en retrait. Leur cadet se laissa faire plusieurs minutes avant de demander :
—Pourquoi avez-vous des runes sur vos cranes ?
—Tu sais les lires ? C'est bien, rares sont les aussi jeunes sorciers à être en mesure de les déchiffrer.
—Vous avez un passage du Sorcier et la marmite sauteuse sur votre tête, et cet homme de Babbitty Lapina…
—Pour rentrer ici nous avons traversé une épreuve de La Fontaine de la Bonne Fortune, réagit Lily.
—Pourquoi tout à un rapport avec Beedle le Barde ?
—Je ne crois pas que le Destin et Dumbledore vous aient mené ici spécifiquement, s'ils n'étaient pas au courant de la particularité de cet endroit, et certainement de la votre mes enfants. Bois cette potion, garçon, je m'expliquerai, si vous, vous expliquez ensuite. Vous ne soupçonnez pas la place des contes de Beedle le Barde en Europe centrale, il est un personnage d'une importance capitale. Ses contes sont connus de chaque enfant du monde sorcier. Beedle a existé, c'est indéniable, et il est probable qu'aujourd'hui encore ses descendants soient en vie disséminés en Europe. Et tout comme lui, les histoires et les personnages qu'il nous décrit ont existé des siècles avant nous. Le fait est que, vous vous trouvez en ce moment même sur le lieu de sépulture d'un personnage d'une de ses histoires.
Il leur laissa le temps d'encaisser, puis Al et Lily s'écrièrent en chœur :
—Un personnage de la Fontaine de la Bonne Fortune ?
—En effet. Souvenez-vous Altheda, la pauvre sorcière à qui l'on vola baguette et argent, puis devint riche grâce aux plantes bordant la fontaine ? Après avoir goûté à la vie et à la bonne fortune que refermait celle-ci, s'exila ici pour offrir ses soins aux moldus. Elle ne réutilisa jamais plus sa baguette jusqu'à sa mort. Ce lieu n'est certes pas aussi sacré que peut l'être la fontaine, bien que je ne l'ai jamais trouvée, mais assez puissant et pur pour mériter d'être protégé. Avant l'émergence de Grindelwald, il servait de lieu de pèlerinage à beaucoup de sorciers. Le ver pour la douleur de ce côté des montagnes, une colline pour le labeur à l'ouest, et les trésors d'un passé pour espérer franchir mes barrières par le nord et le sud.
—C'est complètement dingue ce que vous racontez.
—Si j'en crois le regard de ce bon garçon que je soigne, cela ne semble pas si fou.
Albus s'étrangla dans sa salive. Il regarda James, puis Lily d'un air pressant, comme s'il avait retenu son savoir longtemps. Il s'attarda sur sa jambe le temps que le jeune homme à la tonture s'en aille, puis commença à parler, près d'un quart d'heure.
Il raconta avec difficulté son passage dans les geôles, sa torture, puis les révélations aussi sinistres qu'invraisemblables que lui avait soufflé Grindelwald entre deux sorts en occultant leur époque d'origine pour le vieil homme. Quand il finit, plus une mouche ne volait dans l'hospice. Lily avait la bouche grande ouverte en un ovale parfait et incrédule.
—Les contes existent, pas sous la forme qui nous plairaient le plus, mais font partis de notre monde. Pour les moldus nous sommes des mirages, alors pourquoi ces personnages seraient plus intangibles que nous le sommes ? Ignotus Peverell a eu des descendants, et vous êtes là aujourd'hui, possesseurs d'une relique. Les reliques de la Mort et leur pouvoir sont vraies. Je suis honoré d'avoir pu vous rencontrer descendants d'Ignotus. Cet endroit sera votre, autant de temps que vous le désirerez.
Une lueur de respect étincelait dans les yeux clairs du sorcier. Toute cette histoire semblait invraisemblable aux yeux de Lily. Elle aimait ces contes, mais les imaginer réels ? C'était trop. Grindelwald ne les laisserait jamais en paix si tel était le cas.
—Des milliers de sorciers à travers les siècles ont cru à ces contes et à leurs personnages et se sont mis à la recherche des objets, que ce soit la fontaine, les reliques, ou même une bête marmite sauteuse ! L'objet que vous possédez n'est pas le plus désiré, et pourtant, ni plus ni moins qu'un des objets les plus sages. Nous ne pouvons arrêter la Mort, et Ignotus l'avait bien compris, nous ne sommes sur terre que pour vivre et repousser le plus possible notre rencontre avec celle-ci.
—La baguette de sureau est plus utile, songea James à voix haute, l'air rêveur.
—Non, la cape, malgré ce que j'ai pu en penser, est notre héritage, et une bonne raison de nous assurer une protection. Elle nous a tiré de bien des mauvais pas, contredit Albus.
—La pierre, débuta Lily. Elle ne ramènerait jamais Papa et Maman, mais nous pourrions tous les trois leur parler, éponger nos blessures.
Leurs divergences d'opinion les firent sourire. Athénodore s'inclina puis prit congé d'eux.
Ils se reposèrent une heure ou deux, alors que le soleil se levait, doucement. Dumbledore avait-il pu fuir à son tour ? Arriverait-il ? C'était ce que Lily se demandait en observant la course lente du disque solaire dans un ciel immaculé, la tête appuyée contre la fenêtre. Elle avait toujours froid, mais au moins le soleil aidait un peu.
La jeune fille quitta l'hospice, alors qu'Albus préférait le calme de la bibliothèque et James l'appel de la nature. En accompagnant leur cadet, elle trouva Jedusor occupé à feuilleter des ouvrages de runes. Il avait prit un bain, contrairement à elle, encore tâchée de sang et de boue. Ses cheveux mouillés en arrière lui conféraient une allure encore plus stricte, il fit la moue en les voyant.
—Je sortais, j'ai besoin de me dégourdir les jambes. Tu veux m'accompagner, Tom ? Ne le prends pas mal Al-
—Ça va, coupa Albus d'une voix sèche. De toute façon, le boiteux a besoin d'être seul.
Lily fit un pas en arrière, vexée et désolée. Elle soupira en voyant la démarche clopinante de son frère disparaître entre les étagères immenses du lieu. Tom contourna son frère et traversa l'entrée avec elle. La rousse fut encore saisie par le sacré et la beauté du lieu. Tout était si calme !
—Ton frère ne va pas bien.
—Non. Il encaisse, il ne marchera plus jamais correctement. Je suppose qu'il s'en doutait depuis des jours, mais il en a la confirmation. Mais je pense qu'il ira mieux sous peu. Les livres sont pour lui le meilleur remède, fit Lily en descendant le bout de colline surplombant un lac d'un bleu aveuglant. Et puis, regarde cet endroit, tu as vu comme il est pur ? La Magie y est tellement puissante ! Je pense qu'il se régénérera.
—Mmh.
Ils se stoppèrent un instant, appréciant le panorama.
—On y est arrivés. On est en vie, tous. Je pense qu'il est l'heure de-
« Stop ! hurla Lily Luna Potter »
oOo
Lily se ratatina dans son siège alors que Douglass manquait de tomber en arrière face à la violence soudaine de la jeune fille.
—C'est bon, j'en ai assez montré !
Des magicogardes sautèrent sur leurs pieds, prêts à intervenir.
—Pourquoi avoir arrêté la séquence aussi brutalement ? questionna McFleetwood.
—Je vous ai laissé voir suffisamment ! Laissez James prendre le relais, il le veut bien !
—Mais vous ne nous dites pas ce que vous cachez.
—Je ne cache rien, gémit Li d'une voix plaintive.
Harry et Ginny se lorgnèrent, le Magenmagot poussait Lily à bout, James s'esbignait sur sa chaise dont les chaines étaient de plus en plus serrées. Elle poussa de nouveau un gémissement aigu et douloureux qui les fit de nouveau bondir.
—Je suis désolée ! D-d-désolée !
—Une pause ! aboya James. Elle a besoin d'une pause !
—Mais de t-t-toute façon… ils le v-v-verront. J. Ils le sauront !
Mais savoir quoi ? voulut hurler Harry, accompagné silencieusement de Fleur, Bill, Mrs Weasley et Angelina qui s'étaient joints à eux. Sa fille baissa la tête un instant, inspira puis le releva, prête à recevoir de nouveau le sortilège. Son cœur de père s'emballa d'appréhension.
oOo
—On y est arrivés. On est en vie. Je pense qu'il est l'heure de répondre à tes questions, fit Lily.
Tom la regarda, circonspect. Il s'assit sur le sol les bras croisés sur ses genoux, la rousse ne tarda pas à faire de même. Les sœurs et les frères sorciers s'activaient dans le champ en contrebas. James, sous sa forme de loup, batifolait derrière deux petits moines. Il finit à l'eau. Aucune question ne venait, Lily prit la parole.
—Je ne suis pas Hollandaise.
—Je ne l'aurais pas deviné, se moqua-t-il.
—Je t'ai menti, à toi et aux autres sur mes origines, et mon nom. En fait je viens… de Grande Bretagne, comme vous tous.
Dire la vérité, toute la vérité ? Impossible. Quelque part, une minuscule, microscopique petite voix lui soufflait de ne pas révéler toutes ses origines à Tom et de broder autour d'elles.
—Mes frères et moi n'avons pas fréquenté Poudlard, nous avons été dans une petite école privée en Écosse, inventa-t-elle. Mes parents y faisaient classe et connaissaient Dumbledore puis ont été tués à cause des positions de mon père, dirons nous. Les circonstances sont un peu longues à expliquer… Je ne sais pas par où commencer.
—Commençons par vos vrais noms.
—Albus Severus, pour Al', James Sirius, et, moi ah !
D'un coup James lui saisit le bout de sa jupe entre ses babines de loup et l'attira dans la descente. Elle bascula. Il se retransforma avant qu'elle n'ait dévalé la pente et la jeta sur son épaule.
—James ! Qu'est-ce que tu fais ?
—Tu te souviens quand on était petits et qu'on prenait le bain ensemble ?
—Oui ? Non ! Non ne fais pas ça !
—Trop tard !
Oui trop tard, car il courut pour descendre la colline et tous les deux les jeter à l'eau. Elle tomba dans l'eau froide dans un bruit sourd, et ressortit violemment la tête en aspirant une grande goulée. Non loin d'elle James riait aux éclats. Il tapait dans ses mains, fiers de ses bêtises. La rousse furieuse, lui envoya de l'eau, et il répondit en l'aspergeant encore plus.
—Tu n'es qu'un idiot !
—Un idiot à l'eau, affirma l'autre.
Lily plongea à nouveau dans l'eau, désireuse de se venger. Elle nagea, prit de l'eau dans sa bouche pour la recracher sur le visage de James qui continuait à ricaner. Il s'étrangla dans son rire.
—Ah ! T'es dégueulasse soeurette !
—Bien fait !
Ils repartirent dans une joute dans l'eau, emplit d'allégresse, tous les deux. Ils retrouvaient ici une innocence qu'ils croyaient avoir perdu. Lily riait elle aussi aux éclats, en envoyant de l'eau, sautant sur son frère, pendant plusieurs minutes.
Bientôt, cependant, le froid la rattrapa, elle ressortit de l'eau, et se jeta un sortilège de chauffage en grelottant. Puis, sous le regard méfiant de son aîné, elle remonta la colline vers Jedusor. Il n'avait pas bougé d'un iota. Elle retomba près de lui, la tête dans l'herbe.
—Pardon. J'ai un frère stupide parfois. On en étions-nous ? Cet endroit me rend un peu euphorique, je ne sais pas trop quelle magie s'y trouve.
—Une pure magie blanche, grinça le brun. Cet endroit, représente parfaitement la niaiserie de la Fontaine de la Bonne Fortune.
—Je suis étonnée que tu connaisses ce conte, toi qui es si rationnel.
—Je ne l'ai jamais lu. Quand j'étais en deuxième année, le professeur Berry, qui enseignait la botanique avant Bouturet a voulu le mettre en scène à Noël. J'étais à côté de la fille Crabbe, elle me l'a vaguement raconté, car les acteurs ne sont jamais allés au bout. Ils se sont battus et ont mit le feu.
Tom se permit un léger ricanement sarcastique à ce souvenir.
—Ce sorcier prêtre est un illuminé, ses barrières ne nous protégeront pas longtemps.
—Et pourquoi ne nous protégeraient-elles pas ? Pour passer chacun d'entre elles, la vers, le court d'eau et la colline, il nous faut montrer les part les plus humaines de nous mêmes. Toi qui es si pessimiste, aurais-tu pu offrir un trésor de ton passé ?
—Ça ne te concerne pas, répondit-il sèchement.
Ils se turent. James plus bas lançait des ricochets dans l'eau. Après avoir vidé son stock de pierres plates, il partit en vadrouille en chercher.
—Avec que tu m'as déjà dit et ce que j'ai entendu de Grindelwald, j'ai émis une théorie.
—Quelle est-elle ?
—Tu ne me dis pas tout, c'est évident. Mais je pense qu'après le meurtre de vos parents, tes frères et toi, avez fait quelque chose. Une sorte de rituel pour retrouver l'assassin de vos parents, qui pourrait impliquer une cape d'invisibilité comme la vôtre ? J'ai vu vos mains à tous les trois, elles sont brûlées, comme pour un rituel non maîtrisé. Je ne suis pas sûr de l'utilité de l'objet, mais Grindelwald en avait après lui, car il a dû dégager une puissance magique, mais désormais, c'est après vous qu'il en a. J'ai entendu la conversation de Dumbledore et Grindelwald. J'en ai donc déduit que votre rituel vous a d'une façon ou d'une autre donné la possibilité de voir le futur.
—…
—Ce qui pourrait expliquer comment tu t'es retrouvée avec le journal mentionnant mon géniteur, et comment tu as su aller là bas, alors que j'ai mis plusieurs jours à trouver ce comté perdu. Tu t'es fourré dans ta petite tête l'idée de m'aider, tsss.
Elle le sentit se tendre à l'évocation de son père. Lily roula sur le côté pour l'observer. Il ne bougeait plus l'air songeur. Cette hypothèse qu'il émettait n'était qu'à moitié fausse, Lily fut gelée de la perspicacité de ce garçon. Il ne lui avait fallut que peu de temps, et peu d'éléments pour démêler tous ses mensonges et les vérités qu'ils cachaient. Elle ne pourrait jamais lui dire la vérité sur ses origines. Au pire, il les trouverait tout seul, au mieux, il se conforterait dans cette version.
—J'ai vu dans ton regard, ce que tu allais faire. Et je ne me suis pas trompée. Tu aurais fait une erreur.
—Et c'est à moi, et à moi seul d'en juger !
Lily se releva de l'herbe, refusant d'en démordre. Ils s'affrontèrent du regard, les lèvres serrées. La rousse soupira et détourna le regard.
—Je ne m'excuserais pas pour ce que j'ai fait. Je te présente mes excuses les plus plates pour t'avoir mêlé à tout ça. C'est tout. Je te suis cependant vraiment redevable, tu m'as sauvé la vie, tu m'as aidée avec Albus. J'ai l'impression de passer ma vie à te remercier, c'est ridicule.
Elle se rendit compte qu'elle n'avait même pas remercié James. Elle le chercha dans l'horizon, sans le trouver. La rousse se pencha vers le brun.
—Tu sais ce qui est le plus ridicule dans tout ça ? C'est que malgré la relation inutilement compliquée que nous entretenons, le souvenir que j'ai utilisé pour mon premier patronus, c'était toi. La chose la plus heureuse qu'il m'ait été donné de trouver à cet instant là, c'était toi. Toi en vie, trainé par ce vieux sorcier alors qu'on ôtait une lame de ta gorge. Tu étais en vie, et j'avais espoir.
Alors doucement, elle l'embrassa. Lily s'apprêtait déjà à reculer, en s'attendant à ce qu'il la repousse sèchement, avec en prime un commentaire mesquin, mais autre chose se produisit. Tom resta sans bouger quelques secondes, puis répondit à son baiser avec violence. Ses lèvres capturèrent les siennes, sa langue s'imposa avec force, faisant perdre ses moyens à la rousse. Un imbroglio de sensations se disputa en même temps dans la tête de Lily. Le souffle glacé de Tom, sa bouche, ses mains tenant son visage, produisirent enfin de la chaleur en elle. C'était à la fois si agréable et si féroce.
—Hey ! Vous gênez pas !
James campé sur ses deux pieds saisit Tom par sa veste et entreprit de lui coller un uppercut. Lily, toute magie envolée, sauta sur ses jambes pour l'arrêter, mais le Serpentard, plus agile et plus leste l'évita et donna un violent coup de genou dans le ventre. James tomba le sol, le souffle coupé.
—Arrêtez !
Tom n'en avait pas fini, il continua méticuleusement à donner des coups de pieds brutaux au même endroit, une expression de pure rage sur le visage. Ils se détestaient, mais à ce rythme, ils allaient se tuer ! Lily sortit sa baguette tandis que le brun martelait son frère.
—Ne. Me. Touche. Plus. Jamais.
La rousse jeta un sortilège pour les expulser loin de l'autre et se plaça entre eux, furieuse.
—Ça suffit !
Tom sortit sa propre baguette de même que James, emplis de hargne. Ils n'eurent cependant jamais le loisir de se lancer leur sort, quelque chose ébranla toute la colline violement les faisant tous les trois tomber. Lily leva la tête. Deux petits dragons rouges et noirs, des Cornelongues Roumains, survolaient la bulle à cent mètres de hauteur. Sur le dos, devina-t-elle des hommes de Grindelwald.
Car les sœurs et les frères du monastère avaient brandi leur baguette, prêts au combat, un air paniqué sur leur visage habituellement si serein. Père Athénodore et Albus arrivèrent au même moment, très soucieux. Les dragons faisaient des cercles dans le ciel au dessus de leur bulle sans qu'ils n'aient l'air de les remarquer ?
—Nous voient-ils ? cracha James en hésitant entre attaquer les dragons et Tom.
Il renifla et cracha du sang.
—Normalement non, murmura le vieillard. Mais quelque chose a dû les attirer. Ils n'auraient pas dû vous sentir, c'est impossible.
—Alors c'est que quelqu'un est entré, proposa Albus d'une voix serrée d'anxiété.
Ils se retournèrent et pointèrent leur baguette vers l'endroit où se trouvait le vers au loin. Il était retourné dans un trou et une petite forme s'avançait.
La petite forme grandit de plus en plus, pour laisser apparaître ses traits si reconnaissables. Ce fut la grande silhouette d'Albus Dumbledore qui se dressa devant eux. Il était blessé, son bras était en écharpe et sa barbe un peu tâchée de sang, la fatigue se lisait sur ses traits, ainsi qu'un peu de soulagement sans doute à les savoir arrivés à bon port.
—Professeur Dumbledore ! s'écria Albus appuyé sur une béquille.
Les deux dragons continuaient leur patrouille, James tenait son ventre en fusillant Tom du regard et ce dernier lui rendait dégoût et dédain à un degré si puissant que la tension était horriblement forte. Le vieil homme s'approcha de Père Athénodore et lui serra les mains dans sa seule valide.
—Mon cher vieil ami. Merci d'avoir permis à ces jeunes gens de trouver asile.
—Ce n'est rien Albus. Allons nous mettre à l'abri.
Ce qu'ils firent rapidement. Dumbledore s'attarda sur Tom, un instant, puis sur elle et James qui bouillonnait de rage à ses côtés. Ils entrèrent dans le hall. Quand Lily regarda par une meurtrière, les dragons continuaient à onduler dans le ciel.
—Je suis bien heureux de vous savoir ici, vous quatre, commença Dumbledore. J'ai été plus que surprit en vous sachant tous à Nurmengard…
—Comment avez-vous su qu'on était là bas ? demanda James.
—Par un heureux hasard, j'étais au Ministère de la Magie quand une lettre à destination de Mr Jedusor pour utilisation d'un sortilège d'expelliarmus en présences de moldus a été envoyée. Simplement, le lieu du sortilège et la destination de la lettre étaient imprécis. J'ai pris la liberté de la suivre, et je pense avoir eu raison.
Dumbledore tendit à Tom la lettre le concernant. Il la toisa, puis en fit de même avec Lily, comme s'il oubliait totalement leur baiser. Elle avait lancé l'expelliarmus qui aurait pu alerter Dumbledore de ses agissements, elle était donc coupable.
—Bref, ce n'est pas tout ça, mais on est dans ce coin paumé, mais maintenant on fait quoi ?
Lily et Albus fusillèrent leur aîné pour son manque de tact purement Gryffondor, Père Athénodore eut un doux sourire peu vexé de sa remarque.
—Vous avez vaincu Grindelwald ? demanda Lily à brûle-pourpoint.
—Ô, j'aurais aimé. Je n'ai pu que gagner du temps, Miss Pieters. Là était mon but en venant vous chercher. L'heure n'est pas encore aux combats frontaux avec Grindelwald. Il est trop puissant. Mon but à l'heure actuelle est votre protection à tous. Je vais déjà renvoyer Mr Jedusor à l'orphelinat qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Tom serra les dents quand Dumbledore lui jeta un regard appuyé comme s'il se doutait de quelque chose.
—Bon débarras.
—James ça suffit !
James cracha au sol. Lily siffla entre ses dents. Elle nettoya d'un sort, en s'excusant auprès de Père Athénodore. Le vieil homme continuait de sourire tranquillement, peu dérangé par le manque de savoir vivre de leur aîné. James tremblait, remarqua-t-elle. Il était en manque. Ce constat l'agaça encore plus.
—Paegon, puis-je prendre ce pot ? questionna Dumbledore en pointant un vieux pot en terre cuite, ébréché et aux motifs particulièrement hideux.
—Fais donc. Cet endroit doit avoir assez de puissance pour créer un relais.
Le sous directeur de Poudlard opina joyeusement. Il pointa sa baguette sur le pot et commença à prononcer l'incantation.
Jedusor se pencha pour le ramasser alors qu'il s'illuminait d'un bleu électrique. Quand le bleu, tourna au blanc foudroyant, Lily regarda ses frères, puis Tom. Elle se précipita pour poser sa main sur le Portoloin.
—Li ! Non ! fut la dernière chose qu'elle entendit avant de quitter l'Albanie.
…
.
.
Lily retomba sur un sol pavé, et Tom suivit. L'eau les éclaboussa tout le deux alors que le pot désormais inutile s'éclatait contre les pavés. Il faisait froid, le soleil se levait à peine dans Londres derrière de gros nuages sombres avides de déverser leur bruine habituelle.
La rousse se releva, pour qu'à peine debout Tom lui saisisse le bras violemment :
—Qu'est-ce que tu viens de faire, idiote ?
—Ne me crie pas dessus !
—Encore une de tes bonnes idées, n'est-ce pas ? Tu ne veux pas me mêler à tes problèmes et tu fais tout pour te trouver sur mon chemin !
—Car tu voulais que je le sois ! grinça Lily encore plus vexée. Je viens de faire une erreur, okay, mais je ne pouvais pas rester avec James ! J'en ai jusque là de lui, de ses manies, de sa violence et de son irrespect pour tout. Après ce qu'il t'a fait… et-
—Ne reparle plus de ce qu'il s'est passé ! C'était encore une fois mon problème !
—Un baiser concerne deux personnes jusqu'à preuve du contraire ! hurla Lily à son tour au beau milieu de cette petite rue étroite moldue, faisant s'allumer les lumières dans les immeubles contigus. Où vas-tu ?!
Il partait déjà, furieux, les mains dans les poches et sa tête baissée pour se protéger de la pluie. Lily le vit commencer à disparaître au détour d'une ruelle sombre. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait, mais ce n'était pas du tout, mais vraiment pas du tout bien famé.
—Je vais à l'orphelinat. Toi restes ici si tu veux, à attendre tes idiots de frères, ou bien suis moi. Nous sommes à Whitechapel, tu ne tiendras pas une heure.
Elle le vit soupirer comme pour expulser la colère qui émanait de lui, et alors que les gens alentours se réveillaient furieux d'être tirés aux aurores de leur lit, elle se dépêcha de suivre le brun.
oOo
—Non !
C'était Harry Potter qui avait hurlé, d'une voix aussi horrifiée et dégoûtée que lors de la torture de ses fils. Un cri déchirant de souffrance, alors que Lily Luna Potter était gelée sans oser bouger. Son visage était contracté en une expression désolée que seules ses dents serrées empêchaient de se dissoudre en un long sanglot. McFleetwood clignait des yeux comme une sorte de grosse carpe tout juste échappée d'un bassin, la Haute Juge Susan Bones avait l'air catastrophé, mais les Potter et les Weasley, c'était là le mieux. Ils arboraient un visage d'une totale incrédulité oscillant entre horreur et dégoût d'avoir vu leur petite Lily embrasser le si noir Seigneur des Ténèbres. Rita était heureuse.
Elle l'avait enfin le si grand secret de cette gamine. Cette rouquine toujours si irréprochable voyait enfin son vernis se craqueler par un simple baiser. Un baiser avec un monstre.
—Je… je suis désolée P'pa ! M'man ! Je ne voulais pas que… que vous sachiez…
—Non…
Alors, sous le regard affolé, terrifié de sa petite dernière, le Survivant, livide se releva et sortit de la salle.
—Papa ! Non Papa ! Attend ! M'man ! Je suis désolée ! Je ne savais pas !
Alors Rita éclata de rire. Un rire certainement très mal venu pour le tout venant qui avait juste découvert le grand secret de Lily Luna Potter, mais tellement défoulant. Son rire se répercuta dans l'assemblée pour atteindre les oreilles de la petite rousse qui bondit de son siège pour la regarder, horrifiée :
—Vous… vous allez mourir.
Aussitôt Ginny Potter hurla, ainsi que James Sirius et les Weasley car les magicogardes et les aurors se jetèrent sur la jeune fille pour la ceinturer. Elle venait de la menacer en vus et su d'un auditoire complet. Elle continua à hurler la voix teintée d'une sorte d'agonie alors qu'on la trainait hors de la salle.
—Le procès… est ajourné, prononça McFleetwood ressaisit et soudainement bien plus satisfait. Nous reprendrons demain…
Le ton fut donné. James Sirius, hurlait à son tour alors qu'on le trainait au dehors de la salle d'audience. Ginny Potter ne tarda pas à quitter la salle bien vite suivie de sa petite famille parlant à voix basse, alors qu'évidemment après une telle révélation les sorciers parlaient à qui mieux mieux, pressés de donner leur avis à leurs voisins. Rita renifla, elle s'apprêta à descendre quand une personne se poste devant elle.
Veronica Madone, ses cheveux lissés avec soins, s'agitaient au rythme effréné de la mastication de son chewing gum, ou plutôt de son Liss-Gum la dernière invention des Sorciers Facétieux. Veronica était une grande sorcière aux formes plantureuses à faire pâlir d'envie Madame Rosmerta. Le décolleté de sa robe de sorcier rose pervenche arrêta un petit sorcier quand elle se pointa devant elle.
—Rita très chère !
—Veronica.
Au milieu de cette salle où venait de se dérouler un drame, indifférentes aux gens tentant de descendre, les deux journalistes se firent la bise. Nonobstant que leur façon de faire la bise consistait à fendre l'air bouches serrées en un o parfait et frôler le bout de leurs pommettes, on entrapercevait dans ce simple geste la plus grande hypocrisie du monde. Elles se détestaient, mais ne le diraient jamais l'une à l'autre.
—Tu as fait sensation Rita, la petite Potter t'a menacée. Tu ne crains rien ?
—Absolument rien, certifia la vieille chroniqueuse en descendant les marches, sa plume à papote filant se réfugier dans son sac comme si elle craignait la Madone.
—Si la petite Potter s'est acoquinée avec le Seigneur des Ténèbres tu es peut être la prochaine, fit l'autre d'une voix de fausset.
—Oh darling, c'est charmant de te préoccuper de moi.
Les deux femmes se sourirent. « Petite garce », pensait l'une, « vieille toupie », cinglait silencieusement l'autre. Elle serait la dernière sur la liste du Seigneur des Ténèbres, car ce qu'elle écrivait n'intéressait qu'une petite masse de gens débiles et incultes.
—Je comptais mettre ça dans mon nouvel article, je suis sûre que les lecteurs vont adoooorer le nouveau visage dévoilé de la Miss Lily Potter.
—Mais bien sûr, roucoula Rita en tentant de cacher son agacement.
—Je voulais absolument te parler, Rita chérie, la coupa la femme. Je sais que tu écris un livre sur cette charmante petite famille que sont les Potter, mais il me semble que dernièrement tu t'es beaucoup intéressée à cette chère famille Bittersweet.
—En effet, répondit Rita toujours souriante mais soudainement méfiante.
—Il se trouve que depuis l'attaque de Mrs Bittersweet je commence à m'intéresser à ce petit couple bien secret que sont les Bittersweet. Et j'ai pensé qu'il serait intéressant que nous partagions nos informations… vois-tu ?
—Il n'est pas grand chose dont tu ne puisses m'informer. Tu sais Veronica, l'essence même du journalisme est d'être au courant de tout.
Elle sourit encore. Vlan. Prend ça.
—Et si je te disais que j'ai le moyen d'accéder à la chambre d'Annick Bittersweet ? Tu ne penses pas que c'est de l'information ?
—Tu avais piqué ma curiosité très chère, mais là tu as mon attention.
—Voilà, en échange de quelques informations, tu en auras toi aussi de première main. Alors ? Partante ?
Les deux femmes se serrèrent la main, avides de jeter l'une ou l'autre dans la fosse aux lions dès que l'occasion se présenterait.
oOo
(1) Certains passages sont clairement des mentions aux Contes de Beedle le Barde, notamment à propos du professeur Berry, etc...
Et voilà. La fin de la partie I, "Le Temps de l'Innocence'', qui en comptera trois. On se retrouve bientôt pour une seconde partie en grande pompe baptisée, "Moments de Décadence" L'innocence et la décadence de qui, hum ?
(2) Pour ceux qui s'inquiètent de cette "romance" entre Jedusor et Lily, je tiens à prévenir... que je ne suis pas du tout romantique, et que tout à un but, eh eh.
J'ai aussi remarqué un peu tristement qu'il y a beaucoup de lectures et peu de petits messages, ce sont vos messages qui m'encouragent à écrire, tout vos compliments et vos remarques qui m'aident à m'améliorer. :)
À bientôt !
Love,
Hugs,
Reviews ?
La chauve souris requin transgénique
