Chapitre 25
Sirius avait beau être épuisé, il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Les révélations de la soirée avaient achevé de le bouleverser : l'esprit de Voldemort qui errait là, dehors, et ces fichus horcruxes qu'il fallait maintenant trouver et détruire… D'autant plus qu'apparemment, la chose était loin d'être aisée. Regulus avait avoué avoir tenté de venir à bout du médaillon, en vain… Aucun des sorts qu'il maîtrisait ne s'était montré assez puissant pour cela…
Sirius se retourna une nouvelle fois et posa les yeux sur le petit lit de Harry, à ses côtés. Le petit garçon avait semblé un peu perdu, à l'idée d'être séparé de Remus pour la nuit, mais Sirius avait fait de son mieux pour le rassurer. Leurs relations étaient encore loin d'être faciles… Mais Harry semblait avoir intégré qu'il était là pour le protéger, aussi effrayant qu'il puisse être à ses yeux.
Se lancer à la chasse aux horcruxes, c'était bien beau… Mais Harry passait avant tout. Il faudrait bien que Regulus finisse par le comprendre.
« Il lui faudrait un endroit plus sûr, avait admis Remus. Mais avec tout le monde à nos trousses, ça risque d'être difficile !
- N'y a-t-il personne en qui tu ais parfaitement confiance, pour t'occuper de Harry ? lui avait demandé Regulus.
- Tu veux dire, quelqu'un qui soit prêt à mourir pour le protéger, comme Remus serait mort pour lui, si Greyback l'avait attrapé ? Quelqu'un qui ait encore suffisamment foi en moi pour accepter de m'écouter sans se précipiter sur sa cheminée pour alerter les Aurors ?
- Sûr, que des gens qui ont confiance en toi, il ne doit pas y en avoir beaucoup… » avait remarqué Rogue, avec son habituelle condescendance.
Rogue… qui avait épargné son frère… Il avait toujours du mal à l'admettre. A le comprendre. Rogue n'était certainement pas altruiste, et il n'avait absolument aucun sens de l'amitié.
Sauf qu'il avait risqué sa propre sécurité pour sortir Regulus d'Azkaban. Et qu'il était manifestement inquiet pour lui…
Rogue, l'ami de Regulus…
A cette pensée, Sirius étouffa un grognement mécontent dans son oreiller. De tous les amis que Regulus aurait pu se choisir, pourquoi avait-il fallu que ce soit justement ce type-là ! Si détestable, si hargneux… Il fallait voir son regard posé sur le médaillon, cette affreuse avidité…
Peut-être n'était-ce que cela, après tout ? Peut-être que Rogue n'avait jamais été intéressé que par les horcruxes…
« Je te garderais à l'œil, Rogue, sois-en persuadé ! » se promit-il en lui-même.
Harry poussa un soupir et s'agita dans son lit, et Sirius reprit le fil de ses pensées.
Qui pourrait prendre soin de Harry… ?
A la vérité, Sirius n'avait absolument aucune envie de se séparer de l'enfant, et pas seulement parce qu'il voulait être en mesure de le protéger lui-même. Il aimait Harry. Il l'avait aimé dès qu'il avait croisé le regard fier de James, alors qu'il lui déposait son filleul entre les bras, avec des airs gauches de nouveau papa. Il l'avait aimé avant même de le connaître, parce qu'il était le fils de James… Et tout ce qui restait de lui, désormais…
Mais Regulus avait raison. Garder Harry auprès de lui ne ferait que l'exposer à de nouveaux dangers. Les Aurors eux-mêmes n'avaient pas hésité à lancer des sorts sur eux, au mépris de la sécurité de l'enfant…
« Poudlard, avait dit Remus. Le seul endroit sur terre où Harry serait en sécurité, c'est Poudlard. Et Dumbledore, la seule personne au monde à pouvoir s'en occuper. »
Et Remus avait raison, bien entendu. Dumbledore était le meilleur choix. A condition qu'il garde Harry auprès de lui. Mais comment faire pour l'atteindre ?
Encore un problème à résoudre… Comme si se préserver de toutes les personnes lancées à ses trousses n'était pas suffisant ! Et ces fichus horcruxes…
Regulus avait refusé d'en dire davantage. Il disait qu'il était bien trop fatigué pour cela. Cela, Sirius le croyait sans peine. Il n'avait jamais vu son frère aussi épuisé. Mais il y avait aussi autre chose. Il était réticent. Evidemment ! Avec un sujet aussi brûlant, il valait mieux être prudent ! Peut-être Regulus se confierait-il plus facilement à lui seul.
Demain. Il verrait demain. Pour le moment, il lui fallait absolument se reposer. Profiter du calme de la maison. S'il ne détestait pas si absolument Rogue, il le remercierait certainement pour l'avoir débarrasser des jérémiades de sa mère…
Il tendit la main pour la poser sur le dos de Harry et se laissa bercer par la respiration régulière de l'enfant.
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Il savait qu'il devrait dormir, profiter de la sécurité de sa maison pour reprendre des forces dans le sommeil. Mais Regulus ne parvenait pas à se résoudre à monter dans sa chambre. Pourtant, la fatigue l'agitait de tremblements et il tenait à peine sur ses jambes. Mais lorsqu'il se contraignit à quitter le salon, ce fut pour gagner la bibliothèque plutôt que son lit.
Il fut à peine surpris d'y trouver Rogue, plongé dans l'un des livres particulièrement rare et particulièrement interdit de son père.
« Tu devrais monter te coucher, lui dit celui-ci, levant son nez crochu des pages.
- Je sais, murmura-t-il. C'est juste que… » Il passa une main sur ses yeux. Sa vision n'était plus très nette. Pourquoi donc s'entêtait-il à rester debout ! Il était parfaitement en sécurité, ici ! La maison était si bien protégée que personne, que ce soit un Mangemort ou un Auror, ne pouvait y mettre un pied. Et certainement pas à leur insu.
Sauf que rien ne le protégeait des doutes affreux qui le tarabustaient depuis le début de la soirée…
« Qu'est-ce que tu lis ? demanda-t-il plutôt à Rogue.
- Je cherche… répondit celui-ci, avec un haussement d'épaules. Je cherche un moyen de détruire les horcruxes…
- Tu veux vraiment les détruire, alors… ? »
La question lui avait échappé. Il n'était définitivement pas bon pour lui, de s'obstiner à rester éveillé. Maintenant, Rogue se douterait nécessairement qu'il avait des doutes sérieux sur ses motivations.
« Evidemment ! lâcha Severus froidement. Qu'est-ce que tu imagines ?
- Rien… »
Il était trop las, et pourtant, sa langue le brûlait. Il avait été si profondément déçu par l'attitude du jeune homme ! Alors, malgré lui, il enchaîna.
« Pourquoi tu as fait ça… ?
- Fait quoi ? demanda Severus, en refermant le livre qu'il tenait toujours entre les mains.
- Tu as pénétré dans ma tête ! Tu… Tu as profité de ma faiblesse pour prendre avantage sur moi ! »
Rogue ne répondit pas, mais le regard qu'il lui renvoya lui parut absolument dénué de remords.
« Je te faisais confiance… murmura Regulus, en désespoir de cause.
- Ah oui ! fit Rogue, un rien méprisant. Tu me faisais confiance ! Pas suffisamment pour me parler de la menace qui pèse sur ma tête !
- Sur ta tête ?!
- Sur ma tête, et sur celle des autres, bien sûr… Mais le sort de ton frère et de son copain monstrueux ne m'importe pas vraiment, vois-tu…
- Il ne s'agit pas que de nous, tout le monde est en danger !
- Mais je n'ai aucune vocation de héros, Regulus.
- Peut-être que tu aurais dû y songer avant de me sauver la vie, alors ! » riposta Regulus.
Il n'aurait pas dû aborder le sujet comme ça, et certainement pas alors qu'il avait encore les nerfs aussi à vif. Parfois, il n'avait pas plus de jugeote que Sirius, songea-t-il.
Le regard de Rogue sur lui était si lourd que Regulus finit par détourner les yeux.
« Va te coucher, Regulus.
- Pourquoi tu ne réponds pas ! répliqua Regulus d'une voix tremblante. Tu as peur que je découvre quelles étaient tes motivations profondes lorsque tu m'as laissé la vie sauve ?!
- Tu n'es pas en état de discuter ! Regarde-toi, tu ne tiens même pas sur tes jambes ! Va te coucher !
- J'ai besoin que tu me répondes, Severus !
- Oh, très bien ! Tu veux savoir pourquoi ? Eh bien, je n'en sais rien ! Ce n'était pas prémédité, c'est juste… Que je n'ai pas pu te tuer… »
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Rita s'était réfugiée sous le divan pour faire le point. Elle n'avait pas exactement tout compris ce qui s'était dit, mais comme elle avait beaucoup d'imagination, elle parvenait sans mal à compléter les blancs. Ce qui définissait la situation ainsi :
Celui-dont-on-doit-taire-le-nom n'était pas mort
Il pouvait revenir d'un instant à l'autre
Les Mangemorts étaient bel et bien à la recherche d'Harry Potter
Les frères Black n'étaient pas les monstres qu'ils semblaient être.
Chacune de ces informations était un véritable scoop !
Mentalement, elle commença à hiérarchiser ses révélations, et à penser à la meilleure façon de les asséner à la communauté sorcière. Bien sûr, mieux valait commencer par parler des Mangemorts, puisque tout le monde soupçonnait déjà qu'ils avaient enlevé Harry. Mais elle savait que ce n'était pas Remus Lupin, le coupable de l'assassinat de la famille du petit Potter. Non, c'était Fenrir Greyback. Un horrible personnage, celui-ci, qui tenait plus certainement du monstre que ce pauvre Lupin. Rita avait été… attendrie ? par la douceur manifeste du jeune homme, par l'intérêt qu'il montrait pour les gens autour de lui. Avant de se morigéner pour avoir regardé un loup-garou avec indulgence.
Une révélation en entraînant une autre, il lui suffirait de poursuivre avec la cruelle erreur judiciaire dont étaient victimes Lupin, et surtout, les deux Black.
Et de finir en enchaînant avec le plus terrible : le retour potentiel du Lord Noir.
Le tout sur trois articles. Voire quatre. En édition spéciale.
Rita exultait. Avec cela, son avenir était bel et bien assuré ! Sauf que…
Sauf qu'elle n'avait toujours pas l'ombre d'une preuve… N'importe quel confrère jaloux pouvait avancer qu'elle ne faisait que spéculer.
Il faudrait pousser les frères Black à redire devant témoins ce qu'ils ont dit ce soir, songea-t-elle. Certes, elle pouvait toujours les interviewer. Mais qui croirait Sirius Black sur parole ?! Et puis, elle se voyait vraiment mal reprendre forme humaine devant eux pour leur demander de répondre à ses questions !
Une preuve de l'innocence de Sirius Black… A vrai dire, elle ne voyait vraiment pas. Tout ce qu'elle avait, c'était l'attitude du jeune homme envers l'enfant. Son affection si évidente, son désir si fort de le préserver. Et son dégoût affirmé envers la magie noire.
Pas de quoi rouvrir son dossier.
Regulus Black ?
Son cas à lui était encore plus compliqué. D'après ce qu'avait compris Rita, il était bel et bien un Mangemort, et il avait plus qu'un pied dans la magie noire. Elle avait encore les poils des pattes qui se hérissaient, au souvenir de la scène dont elle avait été témoin – cet étrange échange muet entre Regulus et l'autre sorcier, où l'air avait été comme saturé d'ondes néfastes.
C'était un mage noir… mais qui aurait dû mourir selon la volonté de Celui-dont-on-doit-taire-le-nom. Parce qu'il avait pénétré les secrets de son maître.
Elle laissa le cas Regulus de côté pour le moment, découragée.
Que lui restait-il ? Le scoop du siècle. Celui qui bouleverserait le monde magique tout entier. L'ennemi public numéro 1 bientôt de retour ! L'information allait créer très certainement un vent de panique parmi ses concitoyens, tout autant, sans doute, qu'un déni en bloc. Les Sorciers se remettaient à peine des procès des Mangemorts et de toute l'horreur qui les avaient accompagnés. Comment allaient-ils prendre que rien n'était fini, qu'ils n'avaient eu tout au plus le droit qu'à un répit ?
Ils ne me croiront pas, réalisa Rita. Ils préfèreront s'aveugler eux-mêmes, plutôt que d'affronter cela encore une fois.
Sauf si elle pouvait prouver ce qu'elle avançait. On en revenait au point de départ.
Mais sur ce point précis, elle avait quelque chose, n'est-ce pas ?! Sa preuve, elle l'avait eu devant les yeux, brillant d'un éclat sombre entre les doigts de Regulus Black…
Le médaillon.
Si elle parvenait à mettre la main sur ce médaillon, à faire la preuve qu'il contenait vraiment un morceau de l'âme de Celui-dont-on-doit-taire-le-nom, personne ne pourrait l'accuser d'affabuler ! Mieux, elle serait montrée comme le Sauveur du monde Sorcier !
Il devait certainement y avoir des gens, au Ministère ou dans leur fichu Département des Mystères, pour certifier de la nature de l'objet… un expert quelconque… Ou même, elle pourrait demander à Dumbledore ! Le vieux Sorcier était très populaire, auprès du public, s'il y avait quelqu'un capable de relayer l'information qu'elle donnerait, c'était bien lui !
C'était parfait !
Encore lui fallait-il mettre la main sur ce médaillon…
Lorsque Regulus Black avait décrété qu'il avait assez parlé, il avait aussitôt demandé à son Elfe de maison de remettre l'objet en sécurité. Et celui-ci avait immédiatement disparu, sans lui laisser l'opportunité de découvrir sa cachette. Qu'à cela ne tienne ! Elle avait la nuit devant elle ! Elle fouillerait chaque recoin de cette maison s'il le fallait, mais elle mettrait la main sur le bijou.
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Regulus s'était laissé entraîner jusqu'à sa chambre sans protester. Il n'avait pas davantage cherché à pousser plus avant la conversation, et Severus lui en était reconnaissant.
Il n'avait pas voulu désobéir à son maître. Il avait bel et bien eu l'intention de tuer Regulus, lorsqu'il l'avait attraper. Même maintenant, avec le recul, il avait du mal à comprendre ce qui lui était passé par la tête, à ce moment-là. Il aurait été si facile de lever sa baguette et d'en finir !
Bien sûr, il voulait savoir. Comprendre comment ce jeune homme effacé avait réussi à susciter la colère d'un Sorcier aussi puissant que le Lord Noir. Mais la curiosité justifiait-elle vraiment à elle seule qu'il ait pris le risque de voir les Mangemorts se retourner contre lui ? Si sa trahison avait été découverte, il l'aurait payé de sa vie, et il en était parfaitement conscient, alors qu'il abaissait sa baguette au lieu de lancer le sort fatal à Regulus. Pourtant, cela ne l'avait pas arrêté.
Je ne pouvais pas te tuer… avait-il avoué à Regulus. Et c'était vrai. Pourquoi ne pas le reconnaître ? Il avait comme une espèce… d'affection pour lui. De tous les Serpentards avec qui il avait partagé le quotidien à Poudlard, Regulus avait été le seul dont les conversations avaient été intéressantes. Le garçon montrait une ouverture d'esprit qui faisait défaut chez ces adeptes de la puissance et du sang-pur qui deviendraient bientôt la fine fleur des Mangemorts.
Severus était lui-aussi fasciné par la puissance. Il avait toujours caressé secrètement l'idée de développer suffisamment ses propres dons magiques pour se mettre au-dessus des autres. Au-dessus de la masse de moutons imbéciles qui composaient le corps de la communauté des Sorciers. Au-dessus de prétentieux tels que James Potter…
Hors de portée de tous ces idiots…
Mais lui-même n'était pas de sang-pur. Et il avait suffisamment foi en ses propres capacités magiques pour rester réticent à l'idée qu'un Rosier ou un Wilkes puisse lui être supérieur uniquement parce que ses deux parents étaient sorciers.
Regulus affichait la même croyance en la suprématie des Sang-pur. En apparence. Parce qu'en discutant plus profondément avec lui, Severus s'était vite rendu compte que le garçon n'attachait pas vraiment d'importance à cela. Il ne faisait que débiter la leçon apprise chez lui, sans conviction personnelle. Regulus avait l'esprit tout occupé par des intérêts bien plus particuliers.
La mort. La seule chose qui passionnait Regulus, c'était la mort. Ou plutôt, la survie de l'âme après la mort. Et il s'investissait dans ses recherches avec la ferveur d'un authentique mystique. Et une part de Severus l'appréciait pour cela. Pour sa profondeur, qui contrastait si singulièrement avec la superficialité de l'autre Black, Sirius. Sirius fanfaronnait, papillonnait, ne pensait qu'à s'amuser – ce qui impliquait beaucoup de souffrance infligée à ses têtes de Turc – et se révélait être une véritable tête à claques. Severus détestait Sirius. Et il le détestait d'autant plus fort qu'il snobait son propre frère, qui était pourtant un garçon si intéressant à connaître !
Severus aida Regulus à s'allonger sur son lit et le déchaussa. Le jeune homme s'endormait déjà. Même s'il brûlait d'avoir le fin mot de l'histoire concernant les horcruxes, Severus devait bien reconnaître qu'il lui était nécessaire de se reposer. Et puis, maintenant qu'il savait, il pouvait bien lui accorder un peu de répit. Ce n'était pas comme s'il ne pouvait pas reprendre son harcèlement dès le lendemain…
Il rabattit une couverture sur les épaules de Regulus et sortit de la chambre.
Au moins trois horcruxes.
Il était absolument nécessaire de mettre la main dessus. Et de les détruire. Regulus avait l'air de penser que ses motivations étaient troubles. Il allait devoir lui prouver qu'il se trompait. Severus n'avait pas d'autre désir que celui de débarrasser le monde de ces objets. Et de leur légitime propriétaire.
Il jeta un coup d'œil à la porte de la chambre de Sirius, en face de celle de Regulus. Le petit Harry dormait là, avec son parrain. A l'abri, pour le moment. Mais pour combien de temps ? Combien de temps avaient-ils, tous, avant que le Seigneur Noir ne reprenne corps et ne se mettent à leur recherche ? Les Mangemorts ne préparaient-ils pas d'ores et déjà son retour ? Malefoy avait-il trouver un moyen de ramener son maître à la vie ?
Severus reprit le chemin de la bibliothèque. Il n'avait pas fini de compulser le livre qu'il avait déniché plus tôt. Il avait à peine entamé le paragraphe traitant des horcruxes et il était possible qu'il y ait là-dedans quelque chose d'utile.
Sirius n'était qu'un imbécile. Il s'imaginait vraiment être le seul à s'inquiéter pour le gosse… Pourquoi pensait-il qu'il avait accepter de faire le pied de grue devant la maison de Privet Drive ?
Peut-être devrait-il lui dire, que c'était grâce à lui qu'ils avaient pu intervenir à temps ! Que c'était lui, qui avait découvert que les Mangemorts allaient s'en prendre au petit ! Oui, il devrait le lui dire… Rien que pour voir sa tête déconfite en l'apprenant ! Cela avait été une telle jouissance, de voir sa stupéfaction, lorsqu'il avait appris que Regulus lui devait la vie également !
Sauf que… Sauf que Sirius chercherait le pourquoi du comment. Il voudrait savoir ce qui l'avait motivé pour prendre soin du fils de son pire ennemi. Et Severus ne voulait pas parler d'elle.
Il était plus simple de se taire, finalement.
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Malefoy était fatigué. Convaincre Fudge avait été non seulement long, mais également bien plus ardu que prévu. Fudge était du genre frileux, à ne s'engager que s'il était parfaitement sûr de ne pas se compromettre. Et puis, il y avait sa fille, qui entrait dans l'équation. Fudge n'était pas prêt à faire quoi que ce soit qui puisse la mettre en danger.
« Mon père n'a pas eu les mêmes scrupules, remarqua Barty Croupton Jr, du fond du fauteuil où il s'était enfoui.
- Tout le monde n'a pas sa rigueur morale, souligna Malefoy. Des nouvelles de Greyback ?
- Aucune. Franchement, Lucius, faire confiance à un pareil dégénéré…
- Je n'ai pas confiance en lui ! Mais s'il y a quelqu'un de suffisamment motivé pour retrouver Lupin, c'est lui !
- Oui… Et s'il se paye le petit Potter en casse-croûte ?
- Il ne le fera pas. Il n'osera pas.
- Il y a tout intérêt, Malefoy… » fit une voix froide, dans l'angle du mur.
Malefoy frissonna malgré lui. Il n'y avait pas de quoi, pourtant, s'efforçait-il de se convaincre, tout était sous contrôle. Il n'était pas le seul à se sentir mal à l'aise, apparemment, car Croupton Jr rectifia sa position dans le fauteuil.
« Fudge agira conformément à nos plans, assura Malefoy après s'être éclairci la voix. Ensuite, nous limogerons Jorkins de son poste et Azkaban sera à nous. Et nous trouverons Harry Potter. Très bientôt.
- Je l'espère, Lucius… Dois-je te rappeler ce que tu risques ? La perte tragique de ton unique héritier. Ton cher petit Drago… »
