Posté le : 13 Juin 2011. Non mais il se passe quoi les gens ? Vous m'envoyez des éclairs.
TU TE POSES DES QUESTIONS QUAND LE COMPTEUR DE TES STATS PERSO T'INDIQUE QUE TU AS DEJA ECRIT UN MILLION DE MOTS POUR TOUTES TES HISTOIRES RASSEMBLEES. TU LEVES LE NEZ VERS LE CIEL. TU REGARDES LE NOMBRE DE VISITEURS. TU TE DIS QUE TU SERAIS INCROYABLEMENT RICHE SI ON TE DONNAIS UN EURO PAR LECTEUR. OU... INCROYABLEMENT MEGALO.
Note caca papillon arc-en-ciel : Bon, les gens, j'allais oublier de vous dire que c'est officiel. Je fais la Gay Pride Paris 2011 (j'ai décidé de me bouger le cul pour mes convictions personnelles). Donc à ceux et celles qui veulent me voir déguiser en trav brésilien, faut venir. (Comment ça je ressemble déjà à un trav brésilien ? J'vous permet pas ! C'pas parce que j'ai un nom exotique que... Je vous EMMERDE ! * air angélique*). Oui bon, j'ai déjà trouvé ma tenue : tee-shirt en résille de pétasse et jean moulant taille-basse et les bottes SM. Ou... La tenue des mille et une nuits. Ou... Mon uniforme de Serpentard... Ou... (Fouille son armoire) Ou... sinon les talons aiguilles de dix centimètres sachant qu'on fait une marche de deux heures dans tout Paris (je sens que je vais tricher en prenant le métro pour arriver dans les premiers, huhu (air angélique). Bon, donc à ceux et celles qui viennent aussi, j'aimerai voir vos bouilles quoi ! Ça serait trop bête de se croiser sans le savoir. Non mais sérieux, j'aime bien qu'on me dise "Oh, t'es encore plus belle que je me l'étais imaginé ! Je t'aime". Oui oui, chatouillez mon ego. * se dandine sur place * Donc, envoyez-moi un MP pour qu'on se prévoit un truc sympatoche. Parce que je SENS qu'il y aura une After Gay Pride au quartier gay. Enfin, j'dis ça... j'dis rien...
SE BALADER MAIN DANS LA MAIN A PARIS AVEC TON POTE (gay en l'occurence) ET QUE LES GENS VOUS PRENNENT EN PHOTO COMME UN COUPLE SUBLIME, CA C'EST DUR. (Oh, regarde, un bateau qui s'appelle Marie-Jeanne !). VOIR SON PERE ACCEPTER DE SE FAIRE MAQUILLER ET DEGUISER EN FEMME POUR QUE LA FRANGINE S'ENTRAINE A MANIER LES PINCEAUX... CA, C'EST LA FIN DU MONDE MES CHERS... (Frangine : "Tu as vu ? J'ai mis du gommage à Papa !" Dairy : "Je vais aller vomir dans l'aquarium de Lemon et faire un tour dans le quartier pour me changer les idées. Puis je reviens et je veux que tout ait disparu. Mes yeux me piquent).
Post-it : Je ne me suis jamais fait aussi chier sur ce site depuis mon arrivée. Ce n'est pas des vacances : c'est l'ENFER !
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~ Va se lancer dans le projet audacieux de créer le Baba O'Riley dans les Sims (c'est ça les vacances avec personne à la maison et tes potes qui passent des exams). Mais, bientôt séjour chez Angie chérie et voyage à Strasbourg avec ma plus vieille amie : quatorze ans de coexistence dans la même classe. C'pas beau ça ? L'amooooooouuuur.
Baba O'Riley
Single 25 : « Cigarettes and Coffee »
"Cigarettes and Coffee" – Otis Redding. 1966. Piste de 4 min 02. Slow. Doux. Aérien. Bluesy. Le vinyle qu'on écoute dans un fauteuil après une dure journée. La chanson qui te fait friser le ciel. Des paroles sonnant comme une lune de miel. Pire que sensuel. Mieux que de la soul. Aujourd'hui, si la musique doit avoir une couleur, c'est bien celle du café. Otis nous vend de l'innommable. Oh, Otis ! Pourquoi a-t-il fallut que tu meures en plein ciel ?
It's early in the morning,
About the quarter till three
I'm sitting here and talking with my baby
Over cigarettes and coffee
And to tell that,
Oh Darling, I've been so satisfied
Honey since I met you
Baby, since I met you
« Otis Redding n'a pas eu le temps de faire de citation. Il est mort à vingt-six ans. »
Tome 1, bis. – « Coucher »
« Coucher avec quelqu'un c'est une histoire d'un soir, sans contrat, qui se fait poliment et dans le respect de l'autre. »
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Le lendemain matin, Harry arriva sur le ponton de la maison-bateau de Draco avec deux cafés encore chauds dans les mains. Il entendit quelqu'un descendre les escaliers et Lithium lui ouvrit.
Sans un mot, ils se regardèrent un long moment. Puis Lithium lui désigna la baie vitrée donnant sur la cuisine, laissant place à une petite terrasse flottante. Ils s'installent sur les deux chaises longues et fixèrent le ciel clair. Harry sortit de la poche intérieure de sa veste une cigarette et en tendit une à Draco qui refusa difficilement.
Il craque.
Il prit juste une taffe et se ravisa de poursuivre ainsi : Il fallait tenir bon.
Harry – le nez en l'air – chantonna une mélodie d'Otis Redding. Putain, quand ce n'était pas une chanson stupide, de la pop, du rock ou du classique, Harry pouvait avoir une belle voix. C'était dingue. Comme si il n'y avait qu'un style qui pouvait lui aller à la perfection. Une voix un peu brisée parce que c'était encore le matin, qui collait bien à la soul et à l'envergure de ce monde qui fourmillait d'énergie, tout en restant dans la langueur des notes.
Lithium lui jeta un regard en biais en dégustant son café devenu tiède. C'était de l'arabica, celui qu'il prenait toujours en venant au Baba O'Riley. Le café était comme le champagne : deux boissons parfaitement inutiles qu'on avait perverti. Les salopes de la bourgeoisie devenues le faste de toutes classes.
Qu'il était délicieux le café !
- Le meilleur café du monde, prononça Draco en brisant le silence, c'est celui que tu bois avec la personne à qui tu penses le plus. Fraîchement moulu de préférence. Avec une pointe de caramel. Tu n'as jamais essayé l'association ?
- Pour moi, ce sont deux choses qui ne vont pas ensemble. Le caramel est trop doux pour le café. Ça va plus avec le chocolat.
- Le chocolat est trop banal pour le caramel. Et puis, il se la joue depuis qu'il sait qu'il est une des meilleures denrées qui existe. Il est bon mais… le café, lui, c'est une valeur sûre. Le chocolat, tu sais, tout le monde voudra mordre dedans. Il ne restera plus rien à caramel. Le café, lui, il est juste parfait. Il enrobe bien le caramel.
Harry éclata de rire.
- Ne t'en fais pas, je ne suis pas idiot au point de ne pas avoir compris ce lourd sous-entendu. Chocolat c'est Blaise. Caramel c'est moi et Café c'est toi…
- N'importe quoi, riposta Draco en trempant ses lèvres dans sa boisson favorite.
- Tu as vraiment peur que je retourne avec Blaise ?
- Je n'en sais rien… Ça m'a juste fait bizarre la dernière fois, de vous voir danser ensemble au Néon. Je n'ai pas aimé ça. Je crois que c'était de la jalousie. C'est grave, docteur ?
Silence.
- Je n'en sais rien, répéta Harry en reprenant scrupuleusement ses mots. Ça m'a juste fait tout bizarre de savoir que depuis tout ce temps tu étais avec un autre type et qui te donnait sa bénédiction pour me sauter la conscience tranquille. J'ai trouvé que la présence de Cédric était malvenue, comme s'il n'avait pas réellement sa place. Tu vois, il y a des gens comme ça, tu t'en fous royalement de ce qu'il peut bien leur arriver. Cédric en fait parti. Je m'en contrebalance de sa gueule d'ange. Mais, j'ai eu du mal à admettre son existence. Dis, tu l'aimes ?
Draco finit d'un trait son café et regarda une embarcation passer devant la terrasse, traçant un sillon d'eau derrière elle.
- Cédric et moi, nous ne sommes pas amoureux. On essaie juste de se tirer vers le haut depuis deux ans. C'est une relation confortable où j'ai beaucoup de liberté. Tu comprends, d'un côté j'ai envie de me caser ; de vivre une vie normale… mais d'un autre, je n'ai pas envie d'avoir les mains liées. Si le vent tourne, j'ai envie de toujours pouvoir me tirer. Quand on rencontre quelqu'un, on n'est jamais sûr à cent pour cent. Je me dis toujours « Et si je pouvais trouver mieux ailleurs ? ». C'est un peu dans ma nature d'être volage. Quand je suis heureux avec quelqu'un, j'ai tendance à tout faire foirer. C'est maladif.
- Mmh, pourquoi est-ce que j'attire tous les handicapés du cœur de cette foutue ville ? gémit Harry en brandissant sa cup de café vers le ciel.
- Peut-être parce que t'en est un ? supposa Draco avec malice. Ecoute, je pense qu'on doit tout de même avoir des atomes crochus.
- Je ne suis pas venu pour te pleurer dessus, Draco.
- Ah et pourquoi ?
- La fresque de ton salon. Je ne sais pas si tu as consulté ton compte en banque récemment mais j'ai déjà encaissé ton chèque. Il ne me reste plus que le boulot à commencer. Tu as conservé les croquis qu'on avait faits avant notre agression ? J'en aurais besoin pour tracer l'esquisse et me remémorer un peu notre savoureux délire sur les lapins sortant des chapeaux.
- Oh, c'est bon, te fous pas de mon originalité à deux balles, râla Draco.
- C'est vrai qu'on ne peut pas en vouloir à un homme d'affaire…
- Fais gaffe à ce que tu vas dire.
Harry s'étira en continuant de regarder le ciel. Son téléphone portable sonna au rythme d'une mélodie de Warren Zevon. Draco arqua un sourcil alors que l'étudiant en art contemporain se précipitait pour répondre.
- Non, Ron, l'entendit-il dire. Ne mets pas ton pull orange pour vos quatre ans… Parce que le orange sur toi, c'est très laid. Mets plutôt ton pull bleu… Tu sais, celui que j'adorais te prendre et que tu ne mettais jamais… Hermione l'adore celui-là. Non, pas de jean ! Surtout pas de jean ! Ron, ne mets pas ton Lévis. Pourquoi ? Parce que le bleu sur le bleu c'est aussi moche que du orange ! Mets le…
- Je vais aller me suicider, grommela Draco.
- Deux minutes, s'il te plaît, prononça Harry à son adresse sans relever ce qu'il venait de formuler. Oui, Ron, le pantalon noir… Je te garantie qu'elle va adorer. C'est sûr. C'est presque mathématique.
Draco leva les yeux au ciel et attrapa le téléphone portable.
- Putain, tu vas nous laisser baiser en paix ou quoi ? gronda-t-il avant de raccrocher. Oh, je te jure celui-là, je lui broierai bien les côtés un de ces jours. On parlait de la fresque murale si tu ne t'en souvenais pas.
- Je m'en souviens oui. Et je te ferai dire que tu as la patience d'un panda en chaleur, c'est dingue ça…, dit-il en ne pouvant cacher un sourire. Je suis désolé. Ron est stressé. Il voudrait faire une demande à Hermione. C'est un grand jour pour eux.
- Les hétéros ont tellement de chance, ironisa Draco. Tu crois que je serai invité à leur mariage ?
- Franchement, je n'y compterai pas trop. Tu es un bel emmerdeur et ils ne prendront pas le risque de gâcher leurs noces… C'est dingue tout de même. Autour de nous, tous nos amis se mettent en couple. On va finir comme des vieilles tatas.
- Parle pour toi, maugréa Draco en subtilisant le café de Harry. Tu me crois si je te dis que j'ai rompu avec Cédric hier soir ?
- Non.
- Sale pute, jura-t-il. Tu n'as pas confiance en moi ?
- Non, dit une fois de plus Harry.
- Eh bien, ça m'a l'air bien parti…
Lithium passa un bras derrière sa nuque et n'ajouta rien. Il pouvait sentir Harry lui envoyer des ondes négatives. A vrai dire, lui aussi n'aurait pas eu confiance envers un type de son envergure. Le pire dans tout ça, c'est qu'il avait réellement rompu avec Cédric hier soir. Il n'aurait pas dû : désormais, il se retrouvait seul.
- Tu te rends compte que cela va faire des mois qu'on se côtoie et je ne sais pratiquement rien de toi, reprit Draco sans changer de position. Je ne sais même pas c'est quand ton anniversaire.
- Le 31 Juillet.
- Ta couleur favorite ?
- Le rouge, répondit-il sur l'air de l'évidence.
- Ta série télévisée favorite ?
- Tu fais chier, Malefoy. Tu avais tout le temps pour me demander ça si tu n'étais pas si préoccupé par le bien-être de ta queue affamée.
- Alors… c'est trop tard ?
- Je suis un peu perdu. C'est compréhensible ça ? Ce que tu m'as dit hier soir a eu un certain impact en moi… Peut-être bien que je devrais me trouver un mec qui saurait me correspondre. Un autre mec que toi. Tu vois… il y a quelques temps j'ai couché avec Lee. Ce n'est pas grandiose comme plan cul mais j'ai apprécié qu'il prenne soin de moi. Je veux dire qu'il a été attentif à mes attentes et à mes désirs. Il ne m'a pas pris comme une vulgaire poupée de chiffon.
- Tu aimes être pris comme une…
- Là n'est pas le point. Parfois, il arrive qu'on aime être prit sauvagement. Du moins, ça fait parti de la nature humaine… On aime le piquant. Mais je ne suis pas que fait de chair. Je ressens autrement qu'ainsi. Je voudrais que tu portes attention à autre chose qu'au sexe. Parce que… Parce que tu dis vouloir changer, faire des efforts, bannir les mauvaises choses de ton existence mais en contrepartie, tu ne changes absolument pas de philosophie de vie. Je sais que tu as beau me dire toutes les plus belles paroles que dans quelques heures à peine tu ne t'intéresseras qu'à l'extérieur et non pas… au réel Harry – celui que tu connais à peine. Je me demande si tu es réellement capable de changer. Parce que je ne demande que ça…
Draco arqua un sourcil.
- C'est fouillis ce que tu viens de dire. Tu me dis oui et non à la fois. Tu dis oui parce que tu as terriblement envie de reprendre notre liaison où on l'avait arrêtée et que tu as encore besoin de me sentir près de toi. Mais tu dis non parce que tu as peur que je me foute une fois de plus de toi et que cela n'en vaille pas la peine. Tu te dis alors qu'un autre mec serait tout à fait disposé à te chérir – je déteste le verbe aimer – et à te combler sentimentalement et sexuellement parlant. Un gentil type qui aurait le physique de Blaise et le caractère de Bill. Est-ce exacte ? Tu es compliqué.
Harry sifflota devant la mauvaise foi apparente de son ancien amant.
- Je ne demande pas grand-chose, tu sais ? Je veux juste quelqu'un que je puisse aimer sans avoir à garder de la réserve de peur qu'il me trahisse ou me dise : « Oh fait, je ne t'ai pas dit ? J'ai déjà un petit-ami ! ». J'ai suffisamment déjà été blessé dans ma vie amoureuse pour que tu en rajoutes. Je ne sais pas si tu l'as déjà remarqué mais moi et l'amour, ça fait un peu deux…
- Ce n'est pas le principe ? Que ça fasse deux ? plaisanta Draco avec un sourire en coin tandis que son interlocuteur levait les yeux au ciel. Tu sais… Moi aussi je n'ai pas un grand palmarès niveau histoire d'amour qui compte réellement. Cédric et moi c'était plutôt un pacte tacite pour qu'on puisse avoir quelqu'un sur qui se reposer. Dans ma vie, j'ai aimé Théodore mais d'un amour juvénile. Tu sais, l'amour à dix-sept ans comment c'est…
- Ouais, je vois très bien.
- Toi aussi tu as eu le coup de foudre en étant ado ? demanda-t-il en tournant légèrement la tête vers lui.
- Ouais, mon premier. Ça c'est très mal passé. Il s'est foutu de moi depuis le début. Alors… Alors c'est pour ça que j'ai beaucoup de mal avec ce que tu m'as fait. Ça m'a rappelé trop de choses douloureuses. J'ai eu peur d'être condamné à ce qu'on se moque toujours de moi… de ne pas être assez bien pour être heureux avec quelqu'un.
- Tu me fais un complexe d'infériorité ? nargua Draco. Arrête. Y'a vraiment pas de quoi.
- Tu sais comment on m'appelait quand j'étais au lycée ? La pute. La folle qui avale. La starlette du porno et j'en passe. Alors le fait de t'entendre m'adresser la parole comme… comme ces gens avec légèreté m'a énormément vexé et blessé. Je n'ai rien dit parce que tu ne connaissais pas mon histoire personnelle et par où je suis passé.
- Tu as souffert de ton homosexualité ?
- Non, enfin… pas vraiment. J'ai eu des amis supers sur qui compter. C'est juste que le premier mec dont je suis tombé amoureux voulait juste… prendre son pied et m'afficher devant tout le monde comme un… enfin, une fiotte quoi. Moi, je l'aimais juste.
Draco se redressa et le fixa longuement.
- Je ne voulais te faire de mal. Je m'étais imaginé que tu t'en foutais de ce que je pouvais bien faire en-dehors du Baba O'Riley, que je ne comptais pas réellement. Tu ne t'en souviens pas ? Un soir quand on a essayé de coucher ensemble… Tout est allé de travers. On rentrait du Baba. C'était la première fois qu'on évoquait la création d'une fresque murale et j'ai fait une crise… une crise d'angoisse. Tu te souviens de ça ? (Harry acquiesça) Ce soir-là, tu m'as dit que ce n'était que pour de la baise. Je t'ai cru. Alors j'ai repris contact avec Cédric. Je pensais réellement que tu n'en avais rien à cirer de moi…
- J'ai dit ça sur le coup de la colère, murmura Harry. Je ne le pensais pas… Je dis plein de connerie quand je suis remonté. J'ai un caractère assez sanguin parfois. J'ai très vite regretté de t'avoir dit ça. J'étais simplement vexé que tu ne me fasses pas confiance pour que…
- Pour qu'on baise ? qu'on fornique ?
- Non, coucher. Je voulais réellement coucher avec toi ce soir-là. Pas comme d'habitude. Pas pour tirer son coup et s'en aller. Je voulais le faire parce qu'autre chose que ma queue avait envie de toi.
- Merci, chuchota Draco. Moi aussi j'en avais envie. C'est juste que je me suis laissé submerger par le passé. Au jour d'aujourd'hui, j'y travaille encore avec mon psy. Je veux aller au-delà de tout ça et ne plus regarder en arrière. Tu penses qu'un jour j'en aurais fini avec tout ça ?
- Honnêtement, non. Mais on peut toujours alléger sa peine et ses blessures. Tu trouveras un moyen, j'en suis sûr.
- On est vraiment mal parti, répéta Draco d'une voix las. Tous les deux nous avons un exécrable rapport avec le sexe. Toi on t'a humilié et moi, on m'a abusé. Et maintenant, on essaie de se reconstruire contre vent et marée. J'aurais vraiment voulu qu'on n'ait pas vécu tout ça, qu'on se connaisse ailleurs et autrement.
- Vierges ?
- On ne va pas aller jusque-là, charria Draco avec un immense sourire. Mais tu vois, une vie où on n'aurait pas dû endurer les mauvais pendant du sexe. A cause de tout ça, on n'a pas pu vivre comme les autres… Je veux dire… nos amis ont pu grandir et apprendre de leurs erreurs. Ils ont pu embrasser quelqu'un qu'ils aiment et qui les aiment en retour. Ils ont pu se laisser transporter sans… sans se dire que c'était faux. Ils ont pu avoir leur premier ou leur première sans en sortir avec d'énorme traumatisme. Ils ont pu les présenter à leurs parents. Ils ont pu s'installer avec et vivre un truc. Moi, je ne savais même pas que l'amour existait réellement. Je pensais que l'amour était un mensonge et que se faire violer était normal.
- Tu sais quoi ? On est des rescapés. Alors on va voir plus loin que le malheur et… et construire notre propre histoire. Et puis la vie sans souffrance, ça serait juste un rêve et non pas la réalité.
Draco s'apprêtait à dire quelque chose de particulièrement amusant mais se ravisa, prenant tout à coup un visage sérieux.
- Tu te rends compte que c'est la plus longue conversation civilisée qu'on a jamais eu sans parler de sexe ou… ou de sexe ?
- Dans six mois, avec un peu d'effort, on ne s'insultera même plus. Dis, tu as réellement rompu avec Cédric ?
- Oui, sauf qu'il ne le sait pas encore mais c'est en voie de…
- Quel salaud tu fais, grogna l'étudiant en art en faisant coulisser la baie vitrée afin de pénétrer dans le salon étrangement vide. Je devrais te faire payer un supplément juste pour devoir te supporter.
Lithium arbora un parfait sourire angélique et s'adossa à une des colonnes en tek soutenant une partie de la mezzanine. Harry étudia toutes les bombes que Draco lui avait acheté, regardant le numéro des couleurs, la marque, leur format et le nombre de centilitres qu'elles contenaient.
- Bon, c'est pour quand le grand art ? s'impatienta Draco tandis qu'il enlevait toutes ses bouteilles d'alcool de sa réserve pour les mettre dans un grand carton.
- Tu veux vraiment que je te fasse un truc à l'arrache et que je te salope le sol ?
- Mmh, je n'y tiens pas vraiment. J'ai acheté de quoi protéger le sol c'est derrière toi.
Draco retourna à son rangement. Puisqu'il ne buvait plus d'alcool, il avait décidé de tout donner à Mel pour la prochaine fête du Baba O'Riley. Enfin, à vue d'œil ça pouvait durer plusieurs fêtes même… Harry déballa l'épais rouleau de film plastifié et le déroula sur le sol en lui donnant un coup de pied. Il sortit de son sac à dos un masque et des gants en plastique.
- Ouh, ça sent le fist, glapit Draco en sortant un rouleau de scotch pour refermer son carton.
Harry lui envoya un regard noir et enleva sa montre ainsi que ses bracelets aux poignets qu'il rangea dans la poche arrière de son jean.
- Tu devrais peut-être aller faire un tour pendant que je fais ça. Il y a des gens qui ne supportent pas l'odeur. Surtout qu'ici, on est dans un endroit clos et non pas dans la rue. Je te conseille de laisser la baie vitrée grande ouverte.
- Non, je suis curieux de voir comment ça se passe un graffiti. Je reste là. Si ça devient irrespirable, je sors ou je… je me mets un torchon devant la figure.
L'étudiant en art haussa des épaules et prit une toute petite bombe noire dans une main et une grise dans l'autre tandis qu'à ses pieds il y avait plusieurs feuilles imprimées avec des motifs. Harry fit une rapide estimation de l'espace dont il aurait besoin. Draco s'étonna de voir qu'en réalité, ce n'était pas aussi étrange qu'il se l'était imaginé. La bombe semblait être un crayon comme un autre. Au début, ça ne ressemblait à rien d'autre qu'à des traits épars plus foncés ou marqués à certains endroits. Mais Harry semblait savoir ce qu'il faisait. Draco étouffa tout de même un glapissement d'inquiétude quand un énorme trait violet vint barrer son mur sur toute sa largeur. Avec quoi allait-il se retrouver ? Curieux, Draco s'approcha du mur et vit imprimée une fameuse peinture de Dali : la grenade sortant du néant ; le tigre sortant de la grenade ; le tigre sortant de la gueule du tigre ; le fusil sortant de la gueule du second tigre et une femme, là, échouée sur une dalle abrupte, nue. Harry s'était approprié l'œuvre : la grenade était devenue un chapeau de magicien et la femme un homme. Quelques heures plus tard, il commença à remplir de couleur quelques formes. Il s'agenouilla pour peindre l'homme. Il lui ressemblait curieusement.
- Tu es en train de te peindre sur mon mur ? prononça Draco avec un sourire.
- J'ai envie que Cédric, en revenant ici, se souvienne que je suis toujours là.
- Et qu'il contemple tes attributs depuis la cuisine ?
- Aussi. J'ai envie de lui en faire baver, grogna Harry en saisissant une bombe auburn pour ajouter des reflets dans ses cheveux. Je peux tricher pour la taille de mon sexe ?
- Oh, tu sais, on n'est pas un détail près…
Harry lui envoya un sourire désarmant et prit une bombe couleur chair et prolongea son membre de plusieurs centimètres avec allégresse.
- Je sens que je vais souvent me branler devant ce mur, souffla Draco en reculant afin de ne plus inhaler de bouffée toxique.
Tout à coup, le téléphone sonna et Draco répondit. Son père. Il s'éloigna sur la terrasse, laissant l'étudiant en art seul.
Harry continua de peindre sur le mur. Lorsqu'il finit de se représenter sur le mur, il reprit son travail au niveau du fusil. Ce dernier tira une marguerite et les tigres blancs eurent le droit à des rayures supplémentaires. Identiques à ceux des Copperfield. En arrière-plan, les éléphants sur leur pattes extrêmement longues et filiformes. L'aurore d'un côté de la toile, le crépuscule de l'autre et entre les deux, six lunes au moins. Il s'occupait de la texture de la peau des éléphants quand Draco revint, contrarié.
- Mon père veut passer vérifier que je me soigne bien. Il est relou quand il s'y met celui-là… Putain, c'est magnifique.
- Merci, mais ce n'est pas terminé – loin de là. Je dois peaufiner chaque élément de ce côté-là. Et tu remarqueras qu'il y a un énorme vide ici. Il me manque des choses. Je crois bien que… que je vais devoir dormir ici pour poursuivre demain.
- Ah, c'est terrible ça… Tu aurais besoin de quoi pour tenir ce soir ?
- Cigarettes et Café. Rien d'autre. Quand je suis inspiré, ça ne va pas plus loin.
- Je vais aller t'acheter des clopes. Il y a un buraliste en haut, sur la rive. Pour le café, je mets la machine en route. Tu n'auras qu'à te servir.
- Merci, murmura Harry, tendu par sa phase créative.
Draco le laissa là et enfila une veste. Lorsqu'il revint, la toile immense avait encore progressé. Désormais, Harry utilisait l'escabeau pour atteindre le haut du mur d'environ deux mètres et demi. Les éléphants étaient presque finis. Draco mis en fond sonore du Bob Dylan : One More Cup Of Coffee et resta là, assis à son bar à contempler un artiste dans toute sa splendeur.
Bordel, il avait baisé un artiste sans le savoir. Ça le rendait encore plus inestimable. Un jour, peut-être, il pourra dire : « Mon mec, c'est un artiste. » Cela faisait tellement chic, prétentieux, bobo. Tu te la pètes parce que ton mec est un conceptuel, un incompris, qu'il fume des clopes pendant que t'es pendu à son bras comme une groupie. Près de lui, tu as douze ans d'âge mental. Tu flambes parce qu'un artiste, ça a la classe sur ton tableau de chasse. Tu as envie d'être sa muse et tous les autres clichés…
Draco chassa ces idées de son esprit et se focalisa sur l'arbre qui jaillissait du mur. Ce dernier ne portait aucun fruit mais des objets liés à la magie – fioles, chaudrons, baguettes magiques, instrument divers etc.
Harry arrêta là, retirant ses gants.
- Une clope, grogna-t-il en reculant pour contempler le travail de la journée.
Draco lui en tendit une par automatisme, regardant également la fresque. Il l'alluma péniblement avec la chaleur des plaques électriques – un peu comme un demeuré dont le cerveau manquerait d'oxygène.
- Bordel, t'es doué, bafouilla Draco en lui tendant la cigarette enfin allumée.
- Ta gueule et admire. Je vais me doucher. Je reprendrai à l'aube puis je me casse.
Le magicien se mordit les lèvres : Harry ne manquait pas d'aplomb quand il en voulait à quelqu'un. Draco contempla le champ de bataille : une bonne dizaine de bombes mortes. Toutefois, il n'osa les ramasser et laissa tout tel quel. Il préféra plutôt mettre en route une compile d'Otis Redding.
Draco rejoignit Harry là-haut et l'entendit sous la douche. Le magicien se déshabilla rapidement et entra dans la salle de bain. Les cheveux d'Harry étaient plaqués en arrière et il se frottait vigoureusement le visage. Draco s'approcha et effleura du bout des doigts son dos humide. Harry sursauta à ce contact et lui envoya un regard dédaigneux.
- Tu n'as pas moins cliché ?
- Les magiciens adorent les clichés, susurra Draco au-dessus de la voix suave d'Otis Redding.
Harry l'ignora un moment avant de répondre :
- Tu as de la chance que j'adore la magie.
- Tu sais, la magie n'existe pas. C'est un truc inventé pour donner de l'espoir aux gens et leur faire croire que tout est possible. On en a besoin, tu vois. L'espèce humaine est crédule par nature – la preuve avec Adam et Eve.
- Tes tours sont très réussis même si la magie n'existe pas.
- Je les réussi parce que je sais sur quelle ficelle tirée. Le cerveau fonctionne principalement sur l'attention. Un magicien capte l'attention de son auditoire avec des paroles, des gestes larges ou des objets évidents pour ensuite faire ses manigances sur des choses infimes juste sous le nez des spectateurs. Regarde mes lèvres, rien qu'elles. Si tu te focalises longtemps sur ma bouche, tu oublieras mes mains. Alors… Alors j'en profiterai pour te caresser. C'est ça la magie. Faire oublier les autres sens – hormis la vue - une fraction de seconde et passer à l'action. Je pourrais te voler un bracelet, tes sens, ton cœur sans que tu ne t'en aperçoives.
Draco passa deux doigts sous le menton de son interlocuteur et essaya de sceller leurs lèvres en un baiser.
- Ce n'est pas toi qui rêvais de coucher avec moi différemment ? poursuivit le magicien. Tu as raison. On peut faire l'amour autrement qu'avec une vulgaire pénétration. Mais ce n'est pas à la portée de tous.
- Faudra m'expliquer.
- Mieux : je vais te montrer, susurra-t-il quelques secondes avant qu'ils ne s'embrassent.
Leurs langues s'étreignirent et le baiser fit évaporer l'eau à la surface de leur peau. Ou peut-être était-ce l'eau qui était particulièrement brûlante. Impatient, Harry plaqua Draco contre la paroi de la cabine de douche, leurs jambes enlacées.
- Si je te touche fort à un endroit, reprit Draco d'une voix hachée, tes sens en oublieront mon autre main qui se balade plus doucement sur ta peau. Tes perceptions se bloquent à cet endroit précis. C'est la mémoire du corps pour les magiciens et le phénomène de postimage pour les scientifiques. Le toucher est très important quand on fait de la magie, tu l'auras sans doute remarqué (Sa main se balada sur son torse et descendit le long de son Chemin de Paradis avec langueur).
- Quoi d'autre ? s'impatienta Harry en lui infligeant un suçon au cou.
- On a fait l'ouïe… le toucher… la vue… l'odorat parfois. Les prestidigitateurs utilisent la magie des chimistes. On aime détourner les odeurs dans certains numéros et les associer dans l'inconscient collectif à une image incompatible. Par exemple… (Harry saisit sa verge tendue dans la paume de sa main et fit de lent va-et-vient) Par exemple… c'est tout bête… Pense à l'odeur du citron. Le truc qui picote sur la langue et qui est doux au nez. Si tu y penses fort et que… je te passe cette huile essentielle sur la peau pendant qu'on couche ensemble… eh bien, ce souvenir y sera rattaché. Dès que tu sentiras ou verras du citron, ton inconscient y pensera.
- Putain, ce n'est pas permis de manipuler les sens comme ça.
- Et puis, je peux aussi te faire volontiers perdre ton temps… Les magiciens aiment bien traîner leur histoire en longueur pour détourner l'attention et empêcher qu'on fasse le lien entre les divers… (Harry l'embrassa durement) éléments… et la chute. Il y a aussi les leurres. (Les mouvements sur le membre tendu étaient de plus en plus rapides et l'empêchaient de se concentrer) Un geste anodin comme remettre ses gants… son chapeau… s'essuyer le front… eh bien… ça…
Son long gémissement fut happé par la bouche de son amant.
Doux. Aérien. Bluesy. Le vinyle qu'on écoute dans un fauteuil après une dure journée. La chanson qui te fait friser le ciel. Des paroles sonnant comme une lune de miel. Pire que sensuel. Mieux que de la soul. Aujourd'hui, si la musique doit avoir une couleur, c'est bien celle du café.
Et demain, qu'est-ce que cela sera ?
A suivre
Haha !
Sadiquement vôtre,
D.
