Coucou ! Voilà un petit chapitre tout beau tout neuf !

Sinon, je glisse un petit mot pour dire que certains auteurs ne sont pas assez reconnus, je trouve. Je ne parle pas pour moi, mais pour des personnes de ma connaissance qui ne se doutent certainement pas du petit mot que je laisse en ce moment-même. Ainsi, que se soient milyi, Amanda7430, L'Oubliée et d'autres encore, le nombre de reviews n'est pas véritablement correct. Car, et cela concerne ceux qui ne laissent guère trace de leur passage, il faut savoir qu'écrire prend du temps, de l'énergie. Alors, certaines fois, face au peu de commentaires, on peut souffrir d'un coup de moue, d'une démotivation. Pour faire bref, ce message n'est pas simplement là pour vous dire « laissez-moi une review », mais plutôt pour dire que peu importe l'histoire que vous lisez, laisser une petite trace à l'auteur c'est un moyen de le remercier, alors presser la petite touche « Post Review », je vous assure qu'elle ne mord pas ! (vu le nombre de fois que je la presse, je sais de quoi je parle !). Mais je remercie également ceux qui me suivent et ceux qui commentent les autres histoires, car c'est du courage que vous donnez à l'auteur, un peu de réconfort dans les moments de doutes.

Bref, mon petit discours est terminé. Voici ce chapitre un peu sérieux au début, mais qui part en sucette vers la fin. (Pas à prendre très au sérieux, les Elfes ont dû avoir une commotion cérébrale suite à une chute de cheval...). Voilà, voilà...

Après mon monologue que personne n'aura écouté, place aux réponses des reviews !

Guest/MMBB : Et bien, je suis contente que tu te sois accroché et que tu aime l'histoire. Hum... Oui, Elenna est forte d'esprit, malgré tout ce qui lui est arrivé. Enfin, les personnes réagissent différemment. Certaines s'en sortent et deviennent plus fortes. De même, cinq ans se sont écoulés depuis la disparition des trois membres de sa famille. Cela lui a permis de faire un certain deuil même si la douleur est toujours présente, elle ne vous quitte jamais totalement. Et son viol... Et bien, elle fait comme si rien ne s'était passé, elle le met de côté, refuse d'y penser... Bref... voilà quelques réponses sur l'esprit d'Elenna. Sinon, je suis heureuse que tu trouves mon histoire bien écrite et mon personnage attachant. J'avoue n'avoir jamais confiance en mes écrits, donc recevoir des reviews m'aident beaucoup et je te remercie de m'en avoir laissé une. Voili, voilà, à peut-être une prochaine review si tu passes par là...

milyi : Ma chère et même très chère Emilie, oui, tu presses et re-presses ce petit bouton ! T'as compris qu'il était inoffensif ! (pas comme d'autres) Tu es en colère contre Haldir ? Ah, je peux parfaitement te comprendre, même s'il garde une petite place dans mon cœur. T'as perdu ton béguin ? Ah, c'est bon, Rúmil le remplace ! Moi aussi j'aime cette petite tête blonde ! Pour Orophin... Il n'y a pas de lion en Terre du Milieu ! Il peut donc pas en manger... Peut-être peux-tu lui envoyer les céréales Kellogs (faut demander à chrono post) ? Ah, c'est juste qu'il trouve les arguments de son frère convaincants... Un soldat et une noble... C'est pas tous les jours. Et certains sont un peu bouchés. Mais si les fëa de deux Elfes sont liés, rien ne peut les séparer. Car il est dit qu'un Elfe ne peut aimer qu'une fois, qu'il s'agit de son âme sœur. Et ça, ça fait fermer le clapet aux autres qui finissent par courber la tête de mauvaises grâce. Mais je suis bien d'accord avec toi, il devrait s'enlever les doigts de son « bip » et aller contre la décision de son frère. Enfin ce n'était pas seulement son frère, mais son supérieur qui lui a donné cet ordre... Bref, tu verras bien la suite ! Gros bisous tout doux et tout tendres. Ta Lady Julie.

L'Oubliée : Hé ! Je suis pas un chameau ! Non, juste une fille un peu sadique envers ses lectrices... Merci pour ton premièrement. Je suis contente que ça ait plu quand même. Personnellement, je doutais vraiment très fort. Enfin, ce chapitre est plutôt un petit délire même s'il est un peu sérieux en même temps (début). Et je suis ravie que tu ais beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup (apportez la civière, faut l'amener à l'hôpital, elle meurt par essoufflement !) aimé mon chapitre. Bref, bisous ma chère L'Oubliée, et n'oublie pas de venir à mon enterrement ! (Tu me le dois bien, c'est toi qui m'a tuée !)

waitingfora : je suis contente que tu ais aimé malgré la dureté d'Orophin... Dureté qu'il a beaucoup de mal à tenir, c'est vraiment pas dans sa nature et blesser Elenna est atroce pour lui... Hum... descendante des Valar ? Ça dépend de comment on le voit. Donc oui et non. C'est compliqué mais tu comprendras. Malheureusement non, elle ne contrôle pas les éléments, mais des personnes le pouvant tentent de lui apporter un modeste réconfort... Sinon, l'Elfe aux yeux de saphirs... Et bien les saphirs c'est bleu, n'est-ce pas ? Les cheveux d'ébène, c'est noir ou tout du moins très foncé ? Aldaron, si tu relis sa description, est un ellon aux cheveux blonds et aux yeux verts... Donc non, aucune chance. Mais ça te viendras tout naturellement avec la suite. Enfin, je préfère te prévenir, ce chapitre est plutôt un petit délire. Quand ça va pas trop, j'ai tendance à écrire des âneries... Thérapie par l'écriture ! Bref, j'espère que tu liras tout de même. Bis. Juliefanfic.

Yourfirstfan : Coucou ma tendre Best Friend. Tu as vite rattrapé ton retard, pour sûr ! Tes mots e touchent mon amie. Et oui, le décompte est lancé avant que nous nous revoyions. Enfin... Toi, tu as récupéré ton tel, mais moi même si j'ai mon tel facture mobile impayé (compte bancaire à ma mère piraté donc compte bloqué par la banque donc prélèvement non effectué). Enfin, je pourrai à nouveau m'en servir entre le 7 et le 10, ma mère a changé le compte sur lequel les prélèvements doivent s'effectuer... Bref, notre humour à deux sous m'a aussi pas mal manqué. C'est qu'on en avait des bonnes (je pense se déguiser avec les vêtements de l'autre qui étaient pour toi BEAUCOUP trop grands et les tiens qui m'étaient BEAUCOUP trop petits... Quelle bande de cloches nous faisions ! Mais j'adorais ça!) ! Enfin, oui, tu passes pour une folle et une psychopathe, mais sois en fière, je le suis également ! (Qui se ressemble s'assemble, ne dit-on pas ?) Bref, je te fais mille bisous. À mercredi ma best friend ! (mais moi je commence mardi car ma sœur fait sa seconde !) PS : non, tes comparaison ne me gênent pas. Je m'investis beaucoup dans mon personnage, donc parfois il peut y avoir des ressemblances entre nous... Bis ! (encore un petit PS : si nos délires te manquent, tu devrais aimé de chapitre !)

Et sinon, merci à Melior Sylverdjane et Amanda7430 pour leurs reviews des chapitres précédents ! Vous vous reconnaîtrez quand vous arriverez à ce chapitre !

PS : encore un merci à mes fidèles lectrices qui me suivent et postent régulièrement des reviews ! Ça compte beaucoup pour moi ! Vous êtes adorables de laisser continuellement une petite trace de votre passage ! MERCI !

CHAPITRE 25 : DEPART ET COMPAGNIE EN DELIRE

Elle se réveilla tôt, avant même qu l'aube ne fasse son apparition. Les raisons étaient qu'elle n'était plus fatiguée et que son estomac criait famine. Se levant elle aperçut que son ancienne écuelle était renversée au sol, tandis que son pain était mangé par de nombreuses petites bêtes. Prenant le récipient, elle partit quelques minutes au ruisseau le temps de le nettoyer. Lorsque cela fut fait, elle le rangea avec le reste de la vaisselle. Saisissant deux lembas, elle en plaça un dans sa besace avant de croquer la moitié du deuxième et de ranger le reste. Revenant à sa couchette, elle plia et rangea les couvertures et le plaide dans son gros sac en toile qu'elle installa ensuite sur le dos de Calan. Lorsqu'elle termina ses tâches, elle donna deux pommes à son amie qui buvait tranquillement le long du petit cours d'eau, avant de s'asseoir contre le tronc rugueux d'un arbre. Fermant les yeux et écoutant avec émerveillement les bruits de la vie animal, elle attendit patiemment que l'heure du départ ne sonne.

Lorsqu'elle entendit des pas se rapprocher d'elle, elle ouvrit rapidement les yeux et se releva en posant la paume de sa main sur son épée. Elle se décontracta cependant quand elle s'aperçut qu'il s'agissait d'Haldir. Resserrant sa cape autour d'elle, elle inclina la tête en guise de salutation.

« -Bonjour, Haldir, lui dit-elle avec un sourire. Vous êtes bien matinal, le Soleil n'est pas encore levé.

Riant avec légèreté même si son visage restait grave, il lui répondit :

-Je pourrai dire exactement la même chose pour vous. Vous vous êtes levée avant l'aurore. Mais, reprit-il avec beaucoup plus de sérieux, comment se porte votre main ?

L'agitant devant son amie, elle lui montra les bandes blanches l'entourant ainsi que la pâte d'athelas qui y reposait encore. La feuille des rois la soulageait grandement.

-Orophin fait des miracles, dit-elle avant que son sourire ne se fane. Dites-moi, Haldir, mais avec sincérité je vous prie, pourquoi a-t-il changé brusquement de comportement à mon égard ?

Un long et lourd soupir franchit alors les lèvres du Capitaine de la Garde. Comme lui expliquer sans trop lui en dévoiler ? Elle ne connaissait même pas son identité en ces lieux. Il prit alors le parti de e pas répondre réellement.

-C'est compliqué.

Ouvrant la bouche, Elenna la referma toute aussi précipitamment. Compliqué ? La seule chose qu'il lui répondait était que c'était compliqué ? Ses sourcils se froncèrent sous l'agacement, et elle dut contrôler la colère qui commençait pas à pas à naître en son sein.

-Je veux la vérité, Haldir o Lorien ! La vérité, toute la vérité et seulement la vérité. Je l'ai bien méritée, après tout ce qui a pu se passer depuis que je suis en Terre du Milieu.

-Vos rangs sont trop différents, répondit-il dans un soupir murmuré. Bien trop différents.

-Foutaises ! s'exclama-t-elle sans se rendre compte qu'elle parlait à nouveau dans sa langue maternelle. Vous êtes bien mon ami, vous ! En quoi notre relation à Orophin et moi-même serait différente ?

-Compliqué, dit encore une fois Haldir d'un ton ennuyé avant de reprendre de façon beaucoup plus claire et sans contradiction possible, comme le chef qu'il était. J'étais tout d'abord venu vous informer qu'Astaldo, Aldaron, Aerandir, Rúmil et Isil feraient route avec vous aujourd'hui. Vous partirez sans le reste du camp, d'ici une petite demi-heure. Vous êtes retardée par nous-même et les blessés depuis une quinzaine de jours. Vous devriez atteindre la Lothlorien d'ici une semaine si vous voyagez comme nous aurions dû le faire.

Hochant la tête car elle ne voyait guère ce qu'elle pouvait faire d'autre, et se retourna ensuite dans le but de rejoindre rapidement le camp.

-N'oubliez pas, résonna la voix du Capitaine de la Garde, de préparer votre nourriture pour la semaine et de la mettre dans votre sac. Passez la semaine le ventre vide n'est pas conseillé ! »

Souriant une dernière fois à son encontre, mais d'une façon amère, encore contrariée des explications reçues, elle reprit le chemin vers le groupe, tout en étant suivie par sa fidèle jument.

Elle prit quatre autres lembas dans sa besace, tandis qu'elle faisait tenir neuf pommes, cinq pains, une écuelle, un couteau et une cuillère dans son sac en toile. À peine avait-elle fini qu'elle vit que Rúmil attachait ses affaires sur le dos de sa monture. Les autres ne tardèrent pas à faire de même. Comprenant que le départ était imminent, elle prit appuis sur la crinière de Calan avant de sauter et s'installer sur sa jument. Lorsque cette dernière renâcla bruyamment, montrant à sa maîtresse son impatience à partir, Elenna laissa un léger rire s'échapper de ses lèvres tandis qu'elle lui flattait l'encolure.
Guidant de sa douce voix son amie, elle traversa le camp et s'arrêta devant Haldir et d'autres soldats qui discutaient tranquillement. Elle fut alors abordée par son ami et les guerriers du camp. Ces derniers lui adressèrent leurs encouragements, et lui souhaitèrent de faire bonne route. Elle ria quelques fois, plaisanta, étreignit quelques personnes, mais quand ils partirent et qu'elle rejoignit le groupe avec lequel elle ferait voyage, elle sentit un poids se glisser sur son cœur. Orophin n'était pas venu la saluer. Certes, il était étrange avec elle depuis un certain temps, mais il ne lui avait même pas adressé un signe de tête, ou même un regard. Elle eut mal car elle l'appréciait, et ce malgré le comportement détestable qu'il avait à son égard. Quand elle le regardait, elle ne pouvait s'empêcher de se rappeler l'homme qu'elle avait rencontré pour la première fois, gentil et prévenant. Il avait été des plus agréables avec elle le lendemain. Mais sans prévenir, d'un coup, il était devenu quelqu'un de totalement différent envers elle. Elle se demanda alors quel était le véritable Orophin. Était-ce celui qu'elle avait vu au tout départ, ou alors celui qu'il était devenu ? On disait que le temps révélait les gens. Pourtant cela avait été si brusque, si inattendu qu'elle ne pouvait croire ce diction vrai cette fois-ci.

Quand elle parut aux côtés d'Aldaron, ce dernier lui sourit et lui demanda d'un ton taquin :

« -Alors, Dame Elenna, êtes-vous prête ? Pas de brosse oubliée, de chaussettes mal mises, d'envie pressante ?

-Aldaron, Aldaron, Aldaron... Que vais-je bien faire de vous ? Non, rassurez-vous, ma brosse est dans ma besace, mes chaussettes sont bien mises et je n'ai pas envie d'aller aux aisances. Content ?

Pour seule réponse, l'Elfe se tint bien droit sur sa monture et émit un petit grognement de contentement. Cela fit bien rire les autres, et si elle connaissait la plupart des cavaliers qui montaient avec elle, elle n'avait toujours pas parlé avec la jeune elleth. Cette dernière était grande, svelte, mais elle semblait une excellente guerrière, et l'épée, les dagues et l'arc qu'elle portait ne devaient pas servir de décorations.

-Elenna, se présenta-t-elle simplement en inclinant la tête. Ravie de faire votre connaissance.

-Pas besoin de tant de cérémonie ! s'exclama avec amusement Aerandir. Isil est une jeune femme tout ce qu'il y a de moins conventionnelle ! Elle hait les protocoles de la même façon que les Nains ! Elle aurait pu être naine ! Je la prendrai pour telle d'ailleurs si ce n'étaient sa taille, ses oreilles et...

Il ne put continuer plus car la dénommée Isil avait approché son étalon, et lui avait donné un coup magistral derrière la tête.

-Les garçons sont stupides, dit-elle alors en direction d'Elenna avec un sourire. Pires encore que des gamins. Il faut toujours que nous les femmes soyons près d'eux pour les remettre dans le droit chemin.

-Je ne puis qu'approuver, répondit la jeune femme enceinte qui avait posé sa main sur son ventre dans un geste protecteur.

-Traîtresse ! s'exclamèrent Aldaron et Aerandir tandis que les chevaux étaient lancés dans un léger galop.

-Pfff, les hommes ! répliquèrent en riant Elenna et Isil.

Ces fameux hommes grommelèrent alors dans leur barbe inexistante, tandis qu'Astaldo riait sous cape, s'amusant de la déconfiture des deux soldats. Puis, un grand sourire s'étirant sur ses lèvres, il leur dit doucement comme un secret, mais tout de même assez fort pour que les ellith l'entendent :

-Ne cherchez jamais une femme, mes amis. Elles sont vicieuses, perfides et incroyablement rusées. Et le pire, mes amis, le pire c'est que lorsqu'elles sont plusieurs, elles nouent une grande loyauté appelée la solidarité féminine. Alors, c'est un conseil que je vous demande de prendre, sauf si bien évidemment vous voulez finir découpés en morceaux dans une marmite de soupe, ne les cherchez pas. Elles sont deux et donc incroyablement féroces et dangereuses...

Levant les yeux au ciel devant l'idiotie de leurs connaissances communes, elles ne firent attention à eux. Elles laissèrent le silence s'installer, mais quand ils eurent parcouru quelques kilomètres, Isil s'adressa finalement à Elenna d'une voix douce :

-Pour quand votre enfant est-il prévu ?

-Il ou elle devrait naître dans sept mois... Mais je dois avouer que je ne suis pour l'instant pas pressée qu'il arrive.

-Pourquoi donc ? demanda curieusement la guerrière. Des femmes que je connais et qui ont eu des enfants, je dois avouer que toutes avaient pour principal désir la fin de leur grossesse. Elles n'en pouvaient plus. Leur mari devenait presque fou à la fin.

-C'est différent pour moi, soupira longuement la jeune femme. Je n'aurai pas de compagnon pour m'épauler après la naissance, je ne sais même pas où je vais habiter. Je suis une étrangère sur ces terres. J'ai bien ma sœur qui m'attend quelque part, mais mon instinct me hurle que de très longues années se sont écoulées en Terre du Milieu. Bien plus d'années que sur la Terre où j'ai vécu. Alors, une question se pose à mon esprit : comment serai-je accueillie ? Et puis, il y a Elerinna. Je l'élève depuis qu'elle a quatre ans. Je ne peux concevoir que se soit une autre personne qui prenne la relève. Pour faire simple, je suis remplie de questions sans réponses, et je ne sais ce qu'il adviendra dans un avenir proche.

Un long silence s'était abattu sur le groupe de six Elfes qui galopaient en direction de la Lothlorien. Décidant d'alléger l'atmosphère qui s'était soudainement alourdie, la jeune soldat prit le parti de continuer sur le sujet de sa grossesse, mais d'une autre façon :

-Et que préférez-vous ? Une fille ou un garçon ?

La réponse ne se fit pas attendre. Et à peine Elenna avait-elle entendu son questionnement qu'elle répondit avec précipitation :

-Une fille ! Par pitié, une fille !

-Et pourquoi pas un garçon, demanda narquoisement Aldaron.

-Mais parce que vous êtes rustres, sans aucune manières, de piètres charmeurs. Vous n'avez pas un sous de jugeote, on a toujours besoin d'être derrière vous, et vous êtes de véritables calamités. Est-ce suffisant ? demanda Isil tandis que la jeune Elfe riait à gorge déployée.

-Je vous avais prévenu, ria Astaldo. La solidarité féminine, mes amis, la solidarité féminine ! Elles sont dangereuses à partir de deux ! Quoique même toutes seules, elles le sont également. Les femmes ne sont pas à sous-estimer. Elles sont terrifiantes et redoutables...

Il évita alors de justesse le coup de poings de deux ellith mécontentes. On ne se moquait pas d'elle ainsi ! Mais elles ne purent retenir un rire léger face à l'attitude du guerrier. Ses idioties avaient au moins le mérite de les mettre de bonne humeur.

-Les hommes ont tout de même une qualité, rajouta Elenna. Qu'importe la situation, la plupart d'entre vous est capable de nous faire rire même dans les pires moments !

-Vous entendez ça ? s'exclama Rúmil. Nous ne sommes pas que bourrés de défauts ! Nous avons une qualité !

-Qui n'est pas celle de vous taire apparemment, répondit avec un large sourire la guerrière.

-Hé ! »

Le trajet de la journée s'écoula ainsi, les Elfes riant et plaisantant. Ils dirent de nombreuses âneries, et ce fut une chance qu'ils ne croisèrent nul personne sur leur chemin. Car si tel avait été le cas, plus jamais la race elfique aurait été vu de la même façon. En effet, sur les quatre hommes et les deux femmes, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Ils riaient tous les six de choses les plus stupides les unes que les autres, et souvent ce fut devant une vanne particulièrement médiocre que leur hilarité se dressait. Ainsi ils eurent des discussions sur les barbes naines, l'hygiène plus que douteuse des Orcs, Gobelins et autres monstruosités, et même les avancés en matière de coin des aisances ! Bref, une belle bande de loufoques, auraient dit certains.

Ils s'arrêtèrent quand la nuit commença à tomber. Ils auraient très bien pu continuer leur chevauchée, mais le souvenir de l'évanouissement d'Elenna était encore dans l'esprit de certains. Quand la jeune Elfe descendit de Calan, elle détacha son sac de son amie, avant de la laisser vaquer à ses occupations. Réalisant un cercle de pierres, elle sourit quand Isil et Rúmil lui apportèrent des fagots de bois. Allumant le feu, elle prépara ensuite rapidement son coin pour la nuit.

Tandis que la fumée des flammes montait haut dans le ciel et que les Elfes étaient tous assis autour du feu, une pensée saugrenue vint effleurer l'esprit d'Elenna, et elle ne put empêcher un rire de franchir ses lèvres. Ses compagnons de route la regardèrent alors bizarrement.

« -Je nous imaginais faire griller des marshmallows, se justifia-t-elle. C'est tellement improbable que s'en est grotesque !

-Des marshmallows ? demanda Astaldo, ne comprenant pas.

-Ce sont des bonbons très sucrés et qui sont délicieux quand on les fait griller au-dessus d'un feu. On en fait généralement quand un petit groupe passe la nuit à la belle étoile, autour d'un feu de camp.

-Nous avons également quelques sucreries, nous les Elfes. Mais nous n'en avons pas spécialement pour faire griller au-dessus d'un feu..., l'informa alors Aerandir.

Il y eut un petit moment de flottement dans l'air, avant qu'Isil ne prenne soudainement la parole.

-J'ai envie de quelque chose de sucrée, dit-elle. Tout le monde a des pommes ? Bien, continua-t-ellequand les autres eurent acquiescé, on peut préparer un dessert, alors. Qui a envie d'une compote de pommes ?

Se regardant tous les uns les autres, seuls des hochements de tête finirent par répondre. Nul ne pensant à cet instant que cette proposition était des plus loufoques.

-On part, Rúmil et moi, chercher des baies pour assaisonner le dessert ! s'exclama Astaldo.

Grommelant quelque peu, le soldat finit par acquiescer et ils partirent tous deux dans les bois. L'Elfe aux cheveux d'ébène, lui, sortit d'un sac volumineux une casserole et une spatule en bois.

-On ne va pas touiller la compote avec le bout de notre épée, quand même ! expliqua-t-il avec une note de dégoût. Vous imaginez, de la compote au sang d'Orcs ! Beurk !

Tournant la tête vers Isil tandis que cette dernière faisait exactement la même chose au même moment, elles se mirent à rire toutes les deux, tant la mimique de leur ami était des plus comiques. Ah, il ne fallait pour rien au monde qu'Aerandir ne change !

-Mais, reprit l'Elfe en leur donnant une dizaine de fruits, il n'y a pas de compote sans pommes ! Vous êtes des femmes, la tâche vous est donc toute dévolue !

Il évita avec peine le caillou que la guerrière lui lança. Espèce de macho ! pensa simplement Elenna. Soupirant de concert, les deux ellith prirent chacune cinq fruits avant de les éplucher et de les couper en petits morceaux. La jeune femme enceinte eut un peu de mal avec sa main blessée, mais elles ne rechignèrent pas plus, après tout, c'était de leur faute si une compote était sur le point de naître. Le soldat avait eu envie de ce fabuleux dessert, tandis que l'autre jeune femme les avait fait saliver devant le récit des marshmallows. Elles ne pouvaient s'en prendre qu'à elles ! Quand elles jetèrent dans le récipient les pommes coupés en petits morceaux, le frère d'Haldir et Astaldo arrivèrent avec de nombreuses baies sucrées. Enlevant les quelques feuilles et brindilles qui s'étaient accrochées à eux, les Elfes les nettoyèrent et les jetèrent sans plus de délicatesse qu'un oliphant dans une boutique de poterie avec les fruits coupés. Quelques minutes plus tard, un doux crépitement sortait de la casserole sur le feu. Un doux fumet sucré parvint aux narines de la jeune femme enceinte. L'eau lui monta sans plus de cérémonie à la bouche. Elle avait toujours aimé ces petits plaisirs, mais cela faisait quelque temps qu'elle n'en avait plus eu. Puis, quand elle réalisa qu'ils se trouvaient en Terre du Milieu, une terre attaquée par Sauron qui voulait la dominer et qu'ils n'étaient pas en sécurité, un fou rire sortit du plus profond d'elle-même sous l'incongruité de la situation. Ses cinq compagnons la regardèrent alors, se demandant si elle était folle.

-Par tous les Valar ! s'exclama-t-elle.

Elle ne s'attira en cet instant que des regards interrogateurs. Nul ne s'était encore aperçu de la situation délirante dans laquelle ils se trouvaient, et ce de leur propre chef.

-Vous êtes-vous rendus compte de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? demanda-t-elle. Nous sommes en pause, risquant de nous faire attaquer par les créatures de Sauron, nous devrions nous reposer, mais nous faisons de la compote ! De la compote ! Imaginez-vous donc !

Comprenant l'hilarité de la jeune Elfe, ils se mirent à sourire et de légers rires les secouèrent. Il fallait avouer que leur situation était irréelle. Encore heureux qu'il n'y ait personne d'autre qu'eux ! Les Elfes étaient censés être une race habile à la lame mais aimant plus que tout la paix, et se devaient d'être très sages. En les observant à cet instant, on ne pouvait deviner cette fameuse sagesse.

-Tu as tout a fait raison, compagne féminine ! Je crois que jamais chose pareille ne s'est déjà produit en Arda ! Nous sommes les premiers ! Vive...

Isil n'eut le temps de continuer ce qu'elle disait en riant, Rúmil terminait sa phrase avec un grand sourire :

-... l'intelligence inexistant et la très grande bêtise des Elfes millénaires ! »

Il ne reçut en réponse, qu'une myriade de langues tirées. Oui, la race elfique en ces temps troublés avait beaucoup régressé. Pire que des enfants de dix printemps ! Même ceux de six ou sept ans étaient un peu plus évolués !

Après avoir mangé une écuelle de leur compote qui se révéla étonnamment bonne pour quelque chose préparé sur la route, Elenna remercia les membres masculins de la compagnie qui prirent le partie de nettoyer eux-même les ustensiles de cuisine. Cela lui avait rappelé la fois où sa sœur et elle-même avaient supplié leur mère de faire de la confiture de myrtilles alors qu'ils campaient. Leur père n'en avait pas cru ses yeux, mais leur mère, dans son amour pour ses filles avait accepté sans rechigner. Que n'aurait-elle pas fait pour elles ? Souriant alors qu'elle se lovait sous ses couvertures, elle regarda le beau ciel étoilé au-dessus de sa tête, adressa quelques prières pour que ses parents soient en paix et que sa petite aille bien, avant s'endormir profondément.