Ayant été particulièrement inspirée par ce chapitre, je vous l'offre à l'heure! Je ne vous cache pas que j'ai eu un peu de mal à l'écrire, et j'espère donc qu'il va vous satisfaire, je ne suis pas hyper sûre de moi. Pour cette fois, je vous cache le programme du jour! (Oui, il se passe des choses que je ne souhaite pas divulguer^^) Vous découvrirez tout en lisant!
Bonne lecture:)
25. Les attributs de la loyauté (première partie)
...
Les pans de la robe de Narcissa se frottèrent aux murs du vestibule, trop vétustes pour accueillir son ample vêtement. De façon générale, aucun élément de la maison des Tonks ne concordait avec l'aura de puissance et de noblesse que Narcissa dégageait ; Andromeda n'en était toutefois pas embarrassée. Elle était fière de ce cocon chaleureux et douillet qu'elle avait forgé en joignant ses efforts à ceux de son mari. La richesse n'avait jamais été une chose attrayante pour elle, pas plus que l'environnement coquet où elle avait évolué étant jeune. « Le seul point commun que Bellatrix et moi partageons est notre désintérêt pour le matérialisme. Narcissa est différente. », songea Andromeda avant de regretter d'avoir souligné un fait qui pouvait la rapprocher de sa sœur aînée.
Les lèvres plissées avec un dédain manifeste, Narcissa balaya des yeux la salle de séjour qui se présenta à elle en s'attardant sur le piano hérité des parents de Ted et le vieux couffin de Nymphadora ; un petit ricanement s'échappa même de ses lèvres quand elle ausculta les photos immobiles du mariage de Ted et Andromeda qui tapissaient les murs. Elle demanda ensuite d'une insupportable voix doucereuse :
- Où est ta fille ?
- Dans la salle à manger... Tu peux t'asseoir, tu sais, ajouta Andromeda en tendant une main vers le canapé le plus proche.
En jetant un bref regard en direction de la causeuse en question où trônait une serviette un peu rapiécée, Narcissa rétorqua – d'un ton très cassant, cette fois-ci :
- Je ne vais pas m'attarder.
Au même moment, la petite silhouette de Nymphadora se glissa dans l'entrebâillement de la porte ; elle traversa la pièce avec sa turbulence habituelle en renversant sur son passage la pile d'habits que son désordonné de père avait la fâcheuse manie d'empiler dans un coin du salon (et Nymphadora, très mobile, faisait souvent les frais de cette négligence). La robe de travers tachetée de bouillie de porridge, ses cheveux aujourd'hui bleus vif dressés sur sa tête, et ses prunelles brillants davantage de malice que de sagesse, Nymphadora évoquait un lutin de Cornouailles – elle possédait tout ce qui pouvait déplaire à sa tante Narcissa, à savoir l'extravagance et l'indiscipline.
En l'apercevant, Nymphadora se rapprocha d'elle avec curiosité. Sa tante ne dissimula guère son dégoût en la scrutant et elle se refusa même à l'effleurer ; et encore moins à lui adresser la moindre parole gratifiante. La petite, quant à elle, l'observait avec un sourire, intriguée par cette jolie femme.
- Voilà le genre de résultat désastreux que donne le mélange avec le sang impur, dit froidement Narcissa sans lâcher sa nièce des yeux. J'espère que l'anormalité de ta fille te sert de leçon.
Les paroles cruelles de sa sœur firent monter à Andromeda de la bile jusqu'au fond de sa gorge. Sous l'effet de la colère, elle perdit tous ses moyens et ne parvint qu'à s'écrier :
- Tais-toi, Narcissa ! Tout de suite !
- N'espère pas que j'ai le moindre égard pour cette fille de sang-de-bourbe, répondit sa sœur en dégageant sans le moindre scrupule son jupon en mousseline auquel Nymphadora s'était agrippée avec insistance.
Ce geste impardonnable envers sa fille fit réagir Andromeda au quart-de-tour : elle s'empara de sa baguette et la dirigea droit vers Narcissa. Imperturbable, cette dernière fronça légèrement les sourcils en répondant :
- Je te conseille de ranger ça immédiatement si tu ne veux pas voir ta fille morte dès ce soir ; car, au cas où tu l'ignorais, elle est autant dans la ligne de mire du Seigneur des ténèbres que toi et Tonks (Andromeda frémit violemment en laissant sa baguette se dérober sous ses doigts sans même s'en rendre compte)... Maintenant, écoute-moi attentivement.
La jeune femme n'eut pas d'autre choix que de garder le silence tandis que sa sœur poursuivait :
- Le choix de Bella d'être guerrière est pris très au sérieux dans notre famille ; je le respecte tout autant, et je lui ai toujours apporté tout mon soutien. Cependant, son comportement m'inquiète... elle est trop impulsive et passionnée par ses missions pour être en mesure d'accorder un minimum de considération à son propre bien. Mourir n'est rien pour elle. Tout ce qui compte à ses yeux est de servir le Lord (face à l'expression perplexe d'Andromeda, elle poursuivit) Ce que je veux dire est qu'elle ne se souci de personne à part lui ; elle n'a pas d'enfant à protéger et ne semble pas aimer son mari à la folie. De plus, le fait qu'elle affirme haut et fort sa dévotion envers le Seigneur des ténèbres est problématique, car elle a attiré l'attention du camp adversaire et elle est même devenue leur cible principale... Bellatrix est potentiellement en danger de mort, est-ce que tu comprends ? Ajouta-t-elle d'une voix aux accents dédaigneux.
« Ce qui est inquiétant concernant Bellatrix n'est pas la foi extrême qu'elle accorde aux croyances de son maître, mais le fait qu'elle soit avant tout une femme secrètement amoureuse, se dit Andromeda. C'est ce qui la rend complètement irrationnelle dans ses actes... Et le fait qu'elle puisse mourir à tout moment n'a rien d'inattendu : elle s'est engagée dans l'une des guerres les plus destructrices de notre siècle, son choix est fait depuis longtemps. » Nullement désireuse de divulguer le secret de Bellatrix (déjà suffisamment pesant à garder pour elle) à Narcissa, Andromeda se contenter de hausser les épaules en répliquant :
- N'attends rien de ma part, Narcissa. Il est impossible d'aider Bellatrix.
- Pourquoi ? Demanda celle-ci avec un air mauvais.
- Parce qu'elle a fait de Lord Voldemort le centre de sa vie.
Le sous-entendu voilé derrière la déclaration d'Andromeda ne fut pas compris par Narcissa, en revanche, elle fut quelque peu prise au dépourvu puisqu'elle la considéra longuement en rivant sur elle un regard soupçonneux. Sans ciller, Andromeda ne rompit pas le contact visuel ; il était exclu qu'elle laisse sa sœur avoir le dessus sur elle. Elle se moquait autant de ses tentatives d'intimidations que de l'importance qu'elle se donnait depuis qu'elle était devenue la propriétaire légitime d'un manoir. Si seulement elle était restée Cissy... la même Cissy sensible et délicate de qui elle avait autrefois pris soin comme une seconde mère.
Mais aujourd'hui, il ne subsistait plus que de la haine entre elles. Rien de plus et rien de moins.
- Est-ce que c'est ton dernier mot ? La fit sursauter Narcissa qui venait de remettre ses gants.
- Je n'ai rien de plus à ajouter.
- Très bien.
Narcissa lui tourna le dos. Elle baissa brièvement les yeux sur Nymphadora pour ajouter :
- Continue de t'occuper de ta fille pendant que tu le peux.
Puis elle partit ; Andromeda ne la retint pas. Avant même que Narcissa ne franchisse le pas de la porte, elle avait su qu'il lui serait impossible d'accepter un quelconque marchandage avec elle. Elle voulait garantir la sécurité de sa famille par elle-même... Et pour cela, être obligée d'oublier que Bellatrix, sa propre sœur, sa chair et son sang, risquait de très mal finir si elle continuait d'être obnubilée par son amour malsain pour Lord Voldemort. Mais au fond d'elle, Andromeda gardait l'espoir que si le mage noir ne répondait pas aux sentiments de Bellatrix, cette dernière finirait par se lasser de son adoration pour lui.
...
Comme prévu, le Seigneur des ténèbres s'entretint avec Regulus au manoir de Little Hangleton ; la tante Walburga n'avait pas manqué d'étaler avec orgueil sa fierté concernant le fait que parmi la poignée d'adolescents au sang-pur de l'âge de Regulus, son deuxième fils était le seul à avoir suscité l'intérêt du maître de sa nièce. Alors qu'elle avait grandement appréhendé l'ambition de Bellatrix (celle de devenir guerrière), elle avait de tout cœur encouragé celle de Regulus, le seul garçon de la famille encore susceptible d'honorer leur nom.
Aujourd'hui, Bellatrix était au paroxysme de sa joie et jamais elle n'avait éprouvé un tel élan d'affection pour son plus jeune cousin : il était à l'heure actuelle encore en train de passer le test de présélection pour devenir mangemort (dont elle anticipait bien évidemment la réussite), et elle était déjà avide de connaître le déroulement de l'entretien. Plantée devant la porte de la salle de réunion, elle attendait depuis une heure en narguant, par sa posture hautaine et assurée, tous les fidèles qui passaient dans le couloir, et qui étaient frustrés de voir leur maître « perdre son temps avec un adolescent d'une famille débauchée ». Derrière elle, Igor Karkaroff, mangemort depuis peu, attendait également, comme si l'événement avait un quelconque intérêt pour lui.
Cet homme fraîchement débarqué de Russie il y a peu n'avait intégré les rangs du Lord que pour le prestige, même s'il s'était qualifié « d'amateur certifié de magie noire ». Peu net et renfermé, il y avait chez lui un sarcasme volontairement acéré et une sournoiserie qui étaient loin d'être au goût de Bellatrix ; selon elle, il faisait partie de la catégorie des potentiels traîtres. L'aversion qu'elle avait pour lui surpassait même celle qu'elle avait pour Lucius Malefoy. En se tournant dans sa direction, elle se retint de lui intimer de dégager sur-le-champ.
- Qu'est-ce que tu fiches ici, Karkaroff ? Cracha-t-elle tout de même.
Les cheveux noirs bouclés de ce dernier encadraient un visage svelte – terminé par un bouc discret – où brillaient deux yeux malfaisants. Ses vêtements de sorcier, très soignés, lui conférait une noblesse aristocratique qui se ternissait une fois qu'il laissait apparaître ses dents jaunis. En contemplant Bellatrix avec froideur, il répondit :
- Le sort du jeune Black m'intéresse.
- Tiens ! (Bellatrix émit un bruit de langue grossier) Et pourquoi ça, Karkaroff ?
- Parce que j'ai hâte de voir venir le jour où le Seigneur des ténèbres le mènera à l'abattoir, une fois qu'il se sera servi de lui. Il n'y a que de la canaille chez les Black, tu es bien placée pour le savoir, Lestrange, ajouta-t-il avec un sourire cruel.
À présent, bien enragée, Bellatrix tonna :
- Espèce de sale... !
Elle fut interrompu dans son élan par la porte de la salle de réunion qui s'ouvrit à la volée ; puis Regulus apparut. Son teint semblait étrangement blême bien qu'il ait le sourire jusqu'aux lèvres, et des tremblements nerveux agitaient ses épaules. « Il n'a probablement pas maîtrisé son trac face au maître » pensa Bellatrix en se précipitant vers lui avec une brusquerie qui le fit davantage pâlir.
- Alors ? Alors ? Le questionna-t-elle sans attendre. Le Seigneur des ténèbres t'a félicité, hein, Reg ?
- J'ai réussi le test, dit-il, très laconique.
- Mais alors, qu'est-ce que...
Les traits de Regulus se fermèrent, puis il l'interrompit :
- Je te raconterai tout plus tard, Bella.
Sur ces mots, il s'éloigna d'un pas précipité, comme s'il était effrayé à l'idée d'aborder une nouvelle discussion. Igor Karkaroff ne manqua pas de ricaner en le suivant des yeux, paraissant se délecter de la déception qui brûlait dans les prunelles de Bellatrix. Celle-ci sentit sa gorge se nouer lorsque Lord Voldemort en personne sortit à son tour de la salle de réunion ; impassible, comme à son habitude, il ne laissa personne deviner ses pensées. Son regard glacé rencontra néanmoins celui de Bellatrix durant de longues minutes. Pleine d'espérance, elle attendit qu'il parle, mais il finit par se détourner en partant.
Cependant, Bellatrix eut l'occasion de le revoir une heure plus tard dans le bois de Little Hangleton – lieu où son maître passait généralement toutes ses soirées. Il l'avait lui-même convié dans ce lieu, et elle avait aussitôt accouru jusqu'à lui avec toujours cette agréable sensation au ventre quand elle songeait qu'elle allait rester seule à ses côtés de longues minutes et qu'elle était la seule fidèle à bénéficier de cette récompense.
- Maître, est-ce que mon cousin vous a offensé ? S'enquit-elle alors qu'ils longeaient un sentier un peu boueux. Si c'est le cas, croyez-moi...
- Regulus a brillamment réussi mon test, mais il manque encore d'assurance, la coupa Lord Voldemort, les yeux rivés droit devant lui. Tes enseignements médiocres en sont la cause, Bellatrix. Et c'est ce pourquoi je vais laisser ce garçon sous la tutelle de Lucius.
- Ma-Malefoy ? S'écria-t-elle furieusement, incapable de se contenir.
Bellatrix peina à en croire ses yeux : depuis quand son beau-frère avait-il les faveurs du maître ? Depuis quand était-il autant considéré qu'elle-même ? Sa poitrine se souleva douloureusement à la pensée qu'il y avait un risque qu'elle perde son statut de favorite. En tournant ses iris rougeoyantes vers elle, le Seigneur des ténèbres la réprimanda sévèrement :
- Arrête de te comporter comme une enfant ! Crois-tu que j'ai envie de subir tes lamentations idiotes ? Tu as échoué et tu mérites ma colère !
- J'ai peur que vous me rejetiez, maître, avoua-t-elle, avide de lui faire partager ses pensées. Je ne supporte pas de vous décevoir ! Si vous saviez comme je regrette ! Je...
Une main levée la fit de nouveau taire. Ils continuèrent de marcher d'un pas indolent, et Bellatrix sentit son anxiété retomber en savourant la présence du Lord près d'elle ; elle observa du coin de l'œil son profil ainsi que ses longues mèches noires qui comblaient les trous de son crâne en balayant son front, et comme toujours dans ce genre de situation, son imagination s'emballa. Elle imagina les doigts élancés et nobles de son maître s'enrouler autour des siens, son bras l'attirer contre lui, et son visage se tendre vers le sien de sorte que ses lèvres puissent toucher les siennes. « Il faut que je me maîtrise... il faut que je me maîtrise. Je ne dois pas... je ne dois pas », se répéta-t-elle en sentant ses joues s'embraser. Elle sursauta littéralement lorsque le Seigneur des ténèbres s'arrêta en plein milieu du sentier pour la regarder.
- Pardonnez-moi, dit-elle instantanément, mortifiée.
Indifférent, il lui annonça la chose suivante :
- Je t'ai fait demander ici à cette heure-ci pour une raison bien précise.
De nouveau prise au dépourvu, Bellatrix attendit qu'il reprenne la parole en s'efforçant de faire taire son impatience ; l'expression pénétrante de son maître ne lui disait néanmoins rien qui vaille et elle préféra cesser d'espérer une nouvelle positive. D'ailleurs, elle se sentit littéralement suffoquer quand il poursuivit au bout d'une minute :
- Ta tante Walburga est mourante. Le 12 square Grimmauld a subi une attaque il y a moins d'une heure.
- Je vous supplie de me laisser aller la voir, maître ! Cria-t-elle aussitôt.
Des larmes déferlèrent sur ses joues et des spasmes lui coupèrent la respiration. Elle eut l'impression de réentendre un crépitement de flammes bourdonner à ses oreilles... et de revoir une silhouette auréolée de cheveux blonds étendue sur une épaisse couche de neige ; sa mère. À l'instar de cette nuit il y a dix-neuf ans, elle était terrifiée. Incapable d'affronter la mort. Walburga était une seconde mère pour elle... l'idée de la perdre lui était insurmontable. Cela ne pouvait pas arriver.
- Maître, laissez-moi y aller ! S'il vous plaît ! Répéta-t-elle en sanglotant.
- Tu oublies que serons sur le champ de bataille dans trente minutes, lui rappela-t-il, imperturbable. Et que ce sera une bataille capitale qu'il nous faut absolument remporter... Sans toi, Bellatrix, nous ne pourrons pas la mener à terme, tu le sais. Tu es de loin ma combattante la plus douée.
- Laissez-moi voir une dernière fois ma tante, je vous en prie ! Je vous en prie !
Ses genoux tremblants se dérobèrent sous elle, puis, haletante, elle rampa jusqu'à ses pieds en poursuivant ses supplications. Elle ne parvint toutefois pas à attendrir son maître, bien qu'elle lui eut une bonne cinquantaine de fois embrassé la robe. Après deux minutes, il s'inclina vers elle en disant d'une voix suave :
- Bella, je désire t'avoir près de moi à cette bataille. Ta présence m'est indispensable.
Entre ses larmes et sa douleur, les paroles de son maître eurent un effet miraculeux. Brusquement, plus rien n'eut d'importance à part lui, à part lui obéir et le satisfaire. Son regard ne se détacha plus du sien et sa peur s'apaisa. Un court moment, elle avait eu l'affront d'oublier que sa vie avait peu d'importance si le Seigneur des ténèbres n'y était pas inclus et elle s'en voulut. La culpabilité l'envahit.
- Je veux rester près de vous, mon Lord, souffla-t-elle ensuite.
- Bien. Je n'en attendais pas moins de toi, Bella, approuva-t-il en se redressant.
Ce fut là-dessus que leur discussion s'acheva. Trente minutes plus tard, la grande bataille de Bristol débuta ; et Bellatrix ne vécut plus que pour la victoire. Sa tante Walburga ne devint plus qu'une vague figure lointaine pour elle. À chaque nouveau combat contre un adversaire, elle se donnait corps et âme en oubliant sa propre existence. Seule la glorification de son maître comptait. Elle devait à chaque fois se montrer plus performante et repousser ses limites, d'autant plus que les membres de l'ordre du phénix étaient de plus en plus nombreux à la prendre pour cible, la considérant désormais comment l'un des mangemorts les plus dangereux. Chaque combat était également susceptible de l'éloigner de son maître, car au moindre échec, ce dernier cessera de la considérer comme sa plus fidèle.
Comme d'habitude, c'était aux côtés de Rodolphus et Rabastan qu'elle faisait équipe. Ensemble, ils ravagèrent les rues de Bristol, n'épargnant aucun commerce et aucune habitation. Le feu s'animait autour d'eux, et il était presque jouissif de le voir tout effriter : Bellatrix oublia même avoir un jour craint les flammes. Elle serpenta autour, attrapant au passage un enfant sang-de-bourbe qu'elle souleva à bras-le-corps vers les frères Lestrange. Ensuite, Rodolphus leva sa baguette et l'enfant mourut instantanément ; un filet de sang gicla au-dessus du crâne de Rabastan qui s'esclaffa. En constatant que personne ne suivait son exemple, il fit redoubler son rire en s'écriant :
- Qu'est-ce qui t'arrive, Bella ? Tu es vraiment devenue aussi ennuyante que mon frère !
- Arrête de faire le crétin, s'impatienta Rodolphus en secouant sa baguette ensanglantée.
- Ne prend pas ce ton hautain avec moi, frérot, si tu ne veux pas que je raconte à ta femme tout ce que tu as dit quand tu avais du xérès dans le corps !
En tapant du pied, Bellatrix gronda :
- Mais vous allez vous dépêcher ? On est loin d'avoir fait le tour de la ville ! Le Seigneur des ténèbres veut que l'on détruise tout !
Ils repartirent.
Finalement, les fidèles de Lord Voldemort accumulèrent une nouvelle victoire. Bristol subit le même sort que les autres villes d'Angleterre où le mage noir avait laissé une marque de son passage. Mais c'était surtout « Bellatrix, la redoutable guerrière » qui avait une fois de plus marqué les esprits et démontré tout son talent. D'ailleurs, ses compagnons mangemorts lui exprimèrent pour la première fois toute leur admiration et la couvrirent d'éloges au retour du combat. Dans une autre situation, Bellatrix aurait été ravie d'être si adulée, mais le retour à la réalité l'en empêcha. En imaginant le corps mourant de sa tante, elle se sentit brisée, frappée par un violent chagrin.
Elle s'abstint de participer à la fête de post-victoire des fidèles et trouva refuge à l'extérieur de Bristol, près d'une cabane abandonnée. En se laissant tomber sur l'herbe, elle poussa un long hurlement de bête blessée, puis un autre tout aussi virulent. Après, elle demeura au sol, en proie à un fort désespoir. « À quoi bon tout ça ? Le maître ne m'aime pas et ne m'aimera jamais ! À quoi bon continuer de lutter ? De tout sacrifier ? » se demanda-t-elle.
Puis, comme par miracle, une main se referma autour de son bras et la remit sur ses pieds. Lord Voldemort se trouvait là, devant elle. Bellatrix le contempla sans trop y croire.
- Tu as fais du bon travail, ce soir. Je suis venu te donner ta récompense, dit-il en la scrutant.
- Je ne veux pas de récompense, maître, murmura-t-elle, interdite.
Il y eut un silence bref. Après quoi le Seigneur des ténèbres reprit la parole d'un ton plus sec :
- Ne me mens pas, Bella. Je sais tout ce que tu veux... Je connais toutes tes pensées, même la plus intime. Tu es une bonne occlumens, mais pas suffisamment bonne pour duper Lord Voldemort. Je vais satisfaire l'un de tes désirs, mais ce sera au détriment des autres récompenses que tu pourrais obtenir dans le long terme. Il te faut accepter cette condition.
- Non, maître. Je ne comprends pas. Pourriez-vous... pourriez-vous me dire...
La voix balbutiante de Bellatrix se perdit dans son souffle extrêmement irrégulier. Ses jambes peinèrent à la soutenir, et quand son maître réduit brusquement la distance qu'il y avait entre eux, elle ne sut plus où elle se trouvait, ni ce qu'elle ressentait. Cela empira lorsque sa bouche se posa sur la sienne comme elle l'avait rêvé une heure plus tôt. L'effleurement de lèvres de Lord Voldemort, à peine accompagnés de quelques mouvements muets, comme pour refuser un contact plus poussé, n'avait rien d'un baiser ; l'acte était bien trop froid et rigide pour être qualifié en tant que tel. Néanmoins, cette froideur attisa la fougue de Bellatrix qui tenta tant bien que mal de se maîtriser par crainte que son maître ne s'écarte d'elle.
Elle ne fut cependant pas en mesure de retenir un soupir voluptueux, et sa main se logea instinctivement contre le dos du Seigneur des ténèbres. À ce moment-là, il s'empara de son poignet et la plaqua contre le mur de la cabane pour la maintenir immobile. Ses yeux rouges étaient livides.
- Maître, je suis désolée... Ne partez pas, je ne vous toucherai plus ! S'affola Bellatrix.
- C'est le dernier avertissement que je te donne, siffla-t-il.
Il se rapprocha de nouveau d'elle. Puis elle ferma les paupières, prête à s'abandonner.
...
La fin est ambiguë, j'en conviens, mais n'allez surtout pas imaginer des choses tordues! Un peu de bon sens, c'est à Voldemort que nous avons affaire:) Ne laissez donc pas votre imagination trop déborder. Je suis disponible pour répondre à vos questions, n'hésitez pas (et pour les questions, par contre, vous pouvez laisser le champ libre à vos petites idées^^). Un avis fait toujours plaisir!
