Merci à tous pour vos reviews qui me touchent toujours énormément.
Je m'améliore en temps de publication avec ce chapitre 25 qui arrive moins de 6 mois après le précédent !
Si je résume vos souhaits, vous vouliez que Harry guérisse vite et que Drago s'en sorte facilement. C'est mal me connaître :D
Bonne lecture
CHAPITRE XXV : Ce n'était qu'un répit
Il avait fallu du temps à Ginny pour comprendre le geste de Pansy. La vision horrible de ce Poufsouffle grossièrement rattaché à son corps avait été un premier choc, et une première explication, mais était restée insuffisante pour la convaincre du bien-fondé de l'action. C'est en errant dans la Grande Salle que, peu à peu, l'effroyable et l'innommable apparaissaient devant ses yeux. Tous ces gens allongés étaient morts. Morts. Ils n'étaient pas immobilisés par un sort. Personne ne les avait endormis. Et personne ne les réveillerai jamais. Cette mère ne réveillerait pas ce garçon. Cet Auror ne réveillerait pas sa collègue. Il avait l'air de tenir à elle il ne pleurait même pas et se contentait de tenir entre ses mains énormes celle, plus fine, de la brune au sol. Elle ne le sentirait pas. Plus jamais. Ginny retint un sanglot et détourna les yeux.
A son réveil, elle avait immédiatement compris ce qu'avait fait la Serpentarde et en avait ressenti une rage et un sentiment de trahison extrême. Expéditivement, elle avait été éjectée de l'infirmerie pour faire de la place aux blessés qui arrivaient continuellement. On lui avait indiqué la Grande Salle pour « se rendre utile ». Elle avait cherché la brune pendant tout le trajet, rageant et pestant. En poussant les portes, une odeur avait agressé ses narines. Une odeur forte, angoissante. Celle du sang, et de la magie noire. Elle avait alors commencé à chercher sa famille des yeux, paniquée. Ses frères étaient venus se battre. Ses parents faisaient partie de l'Ordre. Où étaient-ils tous ?
Rapidement, elle avait repéré leurs cheveux roux distinctifs mais contrairement à leur habitude, aucun bruit n'émanait des gens présents. En s'approchant, Ginny avait commencé un macabre compte. Maman, présente, debout. Papa, présent, debout. Fred, présent, debout. George, présent, debout. Bill, présent, allongé. Charlie, présent, allongé. Percy … Percy, présent, dans un coin de la pièce, hagard. Ronald. Où était Ron ? Son pouls s'était accéléré et c'est le cœur au bord des lèvres qu'elle avait finalement intégré le groupe de Weasley silencieux. Ron n'était pas au centre des lits. Elle n'avait pas eu le temps de regarder ses deux frères blessés que sa mère l'attrapait dans une étreinte à couper le souffle elle la serra plus fort encore.
Quand Molly l'avait relâchée, Arthur avait pris le relais, toujours aussi silencieux, puis les jumeaux enfin seulement elle avait pu tourner la tête vers les deux aînés de la fratrie. Bill était défiguré par de grandes cicatrices en travers du visage et certainement de la poitrine, au vu des bandages. Il semblait dormir, et Ginny avait vu les yeux de sa mère se fixer régulièrement sur les mouvements de son thorax, comme pour s'assurer qu'il respirait toujours. Charlie était juste à côté, les yeux fermés. Son visage était en revanche loin d'être paisible, la bouche tordue en une grimace douloureuse. Ses cheveux étaient complètement brûlés sur un côté, laissant voir une peau noircie et sanguinolente. La brûlure descendait le long de son oreille, de son cou et mangeait une partie de son menton, de sa joue gauche et son œil. Le reste de la peau, blafarde, donnait un contraste macabre qui l'avait faite frissonner. Fred avait posé une main sur son épaule et elle avait remarqué qu'il lui manquait trois doigts. Il n'avait pas semblé s'en soucier.
C'était à peu près à ce moment qu'elle avait aperçu Pansy, penchée vers une tête blonde. Drago, certainement. La colère l'avait submergée et elle avait fondu sur la jeune femme mais elle s'était laissée distraire par les cris de Suzy Adams et la Serpentarde en avait profité pour se défiler, la laissant les bras ballants et la bouche chargée de paroles colériques. Elle était ensuite tombée sur Neville, qui semblait errer entre les lits de fortune. Tantôt déterminé, tantôt complètement abattu, il avançait avec une drôle de démarche, appuyé contre une canne. Ils s'étaient brièvement étreints avant que la rousse n'entame la discussion.
« Ta jambe ?
- Elle se réparera. Et toi, tu as été blessée ? S'était enquit le Gryffondor, faisant renaître la colère dans les yeux de la plus jeune
- Je n'en ai pas eu l'occasion. Parkinson m'a attaquée et endormie de force. Je n'ai rien pu faire de la bataille. Avait-elle craché
- Endormie de force ? Tu es sûre ? Mais … Pourquoi …
- Parce que c'est une putain d'égoïste. Je la déteste. J'ai dormi tout ce temps Neville. Dormi ! Et maintenant Bill et Charlie sont blessés, et je ne retrouve pas Ron ... »
Sa voix s'était éraillée sur le dernier mot, les larmes menaçant de la submerger. Elle les avait effacées d'un geste rageur, consciente que si elle craquait, elle ne saurait jamais s'arrêter rapidement. Hors, elle voulait absolument mettre la main sur Pansy et … et ensuite elle ne savait pas. Lui faire goûter à son Chauve-Furie peut-être. Neville avait alors interrompu ses pensées, d'une voix lointaine.
« Luna est morte. »
Il lui avait dit comme ça, sans détour, sans fioriture ni prévenance. La violence de l'information lui avait coupé le souffle et elle avait cherché des yeux son camarade. Il lui avait refusé le contact, baissant la tête et joignant ses doigts sur ses paupières. Ses genoux l'avait lâchée, elle s'était assise sur ses talons, muette, tandis que Neville restait debout et silencieux.
« Comment ? Souffla-t-elle
- On l'avait confiée à un autre groupe de masqués. Ils étaient presque au château quand il a commencé à se soulever. » Commença à raconter Neville.
Ginny tiqua. Le château s'était soulevé ? Mais elle n'avait pas interrompu le jeune homme.
« Le temps que quelqu'un ait l'idée de faire léviter les blessés, le groupe a été attaqué par des Mangemorts. Il paraît que Bellatrix était dans le groupe. Elle a … ils ont … tout le monde. » Avait terminé Neville, incapable de prononcer les mots fatidiques.
La nouvelle l'avait électrisée et abattue. Elle avait mieux compris l'état étrange du blond. La rage de l'injustice faite à son amie se battait contre l'immense tristesse de savoir cette dernière irrémédiablement perdue. Luna morte … C'était une chose inconcevable. Luna était un tas de choses, fantasque, loufoque, profonde, altruiste, déterminée … mais morte, non, ça ne lui ressemblait tellement pas. Neville avait finit par lui tendre la main, les yeux toujours ailleurs.
« Je cherche … les autres, parmi les nouveaux arrivants. Tu veux m'accompagner ? »
Ginny avait pris une grande inspiration et en relevant la tête, elle aperçut sa mère serrer contre sa poitrine opulente son frère Bill, visiblement réveillé.
« Je … Je vais plutôt aller voir mes parents. Je crois que … Ouais, je vais aller avec eux. Peut-être que tu devrais joindre ta grand-mère ?
- Pour lui dire quoi ? Que je n'ai pas réussi à …
- Ne commence pas à dire n'importe quoi jeune homme ! Je sais ce que tu as fait pendant la bataille et tu as été exemplaire ! Tes parents auraient été fiers de toi ! »
La matriarche Londubat leur était tombée dessus, agrippant fermement son petit-fils, la bouche tirée en une moue sévère. La dureté de son visage contrastait avec la chaleur de ses paroles. Neville lui répondit, amer.
« Ce que j'ai fait ? Me faire attaquer pendant le premier quart d'heure, perdre ma jambe et me retrouver à l'infirmerie incapable de faire quoi que ce soit ?!
- Stupide gamin ! Tu as aidé à trier tous les blessés ! Tu as arrêté des hémorragies ! Tu as orienté les médicomages vers ce pauvre Lupin. Et c'est toi qui leur a apporté suffisamment d'herbes de Rizel pour faire cesser les souffrances des français qui avaient reçu ce sortilège noir. Ne dis pas que tu n'as rien fait, Neville Franck Londubat, car moi on m'a rapporté les faits d'un héros. » Avait déclaré la petite sorcière, finissant par attraper le visage du sorcier entre ses paumes, l'air toujours aussi dur, comme pour prouver son sérieux.
Neville s'était alors effondré à genoux, enfouissant son visage contre la robe de sa grand-mère en répétant une même phrase. « Elle est morte grand-mère. Je n'ai rien pu … Elle est morte ». La vieille sorcière avait entouré le jeune homme de ses bras maigrelets et avait commencé à le bercer doucement, se contentant de caresser les cheveux blonds en silence.
Ginny s'était redressée, laissant les deux Londubat à leur peine. Sa place était auprès des siens maintenant. Cependant, sa colère envers Pansy n'avait pas diminuée. Apprendre que Luna était … Partie, ne faisait que renforcer sa rage et son incompréhension. Elle aurait pu être utile, elle aurait pu faire tellement de choses, pourquoi la Serpentarde l'avait-elle ensorcelée ? Déterminée à avoir des réponses, elle était retournée avec ses parents et Bill nouvellement réveillé en attendant de mettre la main sur la brune.
Quand Pansy était revenue la fois suivante, Charlie venait de se réveiller et il geignait de façon incohérente, cherchant à gratter sa peau noircie. Ginny l'en avait empêché en se jetant contre lui, cherchant à le calmer comme il le faisait lorsqu'elle était petite et lui si grand. A ce moment, confronter la brune lui avait paru secondaire. Ses parents s'étaient décalés vers l'altercation entre les Aurors et Malefoy et, à la fin de la discussion, elle avait entendu que Neville partait à la recherche de Ron et Hermione. Leur groupe repassa peu de temps après et c'est encore Neville qui vint les voir tandis que les Serpentards se contentaient de filer vers l'intérieur du château, suivis par le dragonnier Archer. Malgré cela, Ginny sentit le regard brûlant de Pansy dans sa nuque sans réussir à accrocher son regard. Neville leur avait alors appris la situation exceptionnelle de son frère et d'Hermione, et elle avait vu sa mère être soulagée et catastrophée en même temps. Il leur avait ensuite assuré qu'un Dragonnier allait venir aider à les remonter tous les deux, et ensuite … Tout dépendrait de Harry.
Ils ramenèrent les deux rochers qu'étaient Ron et Hermione avec l'aide d'un Dragonnier aux traits asiatiques qui les menait avec un grand sceptre serti d'une grosse boule cristalline. Ginny ne s'était pas approchée jusqu'à les toucher. Leur aspect était vraiment trop perturbant. C'étaient comme des sculptures beaucoup trop réalistes de son frère et de sa meilleure amie, figées pour … ne pas y penser.
Encore une fois le groupe de Neville déboula dans son champ de vision, suivis par des dizaines d'enfants qui portaient ce qui semblait être un gros sac … Non, c'était Archer ! Neville était luisant de sueur, Pansy encore plus blanche qu'à l'accoutumée et Malefoy … Bien peu auraient pu croire qu'il était l'héritier d'une noble famille avec ses vêtements déchirés, son visage plein de poussières et de sang et son air misérable. Qu'avait-il bien pu se passer pour que Drago Malefoy ait l'air misérable ?
Mc Gonagall vint à leur rencontre, rapidement dépassée par Pomfresh qui ne savait plus vers qui diriger sa baguette. Neville flageola quelques secondes avant de tomber lourdement à terre, sa jambe artificielle l'ayant lâché. Du sang se répandit au sol et Pansy gémit avant de se mettre à pleurer. Elle rejoignit rapidement Neville au sol, tremblant de tous ses membres. Malefoy s'appuya contre un pilier et ferma les yeux, tenant fermement dans sa main le poignet d'un jeune garçon bien trop jeune pour voir cela.
Le remue-ménage attira vite l'attention d'autres personnes des environs et le Dragonnier qui avait amené Ron et Hermione se jeta sur Archer, désormais au sol sur une civière. Il cria dans une langue que Ginny ne connaissait pas et pinça les lèvres face à l'absence de réponse de son compagnon. Ensuite, malgré sa carrure plutôt frêle, il empoigna le robuste français et le souleva comme si l'effort ne lui coûtait rien. D'un pas décidé, le Dragonnier allait quitter la salle lorsque Malefoy l'interrompit, attrapant son bras de sa main libre.
« Attendez, vous devez … Commença-t-il, à bout de souffle après ces trois mots
- Je n'ai pas le temps. Gronda le japonais en se dégageant de la prise du Serpentard d'un geste brusque.
Ginny vit Malefoy serrer les dents et son visage parut encore plus pâle sous la couche de poussière qui le recouvrait.
- Prenez le. Le garçon. Pour Thomas. Grimaça-t-il en tendant vers le Dragonnier la main du jeune qu'il tenait toujours.
Le Dragonnier ne répondit rien et jaugea l'offrande du regard, incertain de ce qu'il fallait faire.
- C'est pour lui que votre ami s'est mis dans cet état alors amenez le à ce putain de Potter, qu'on n'ait pas fait ça pour rien. Jura soudainement Pansy depuis le sol.
Son feulement agressif sembla décider le mage qui acquiesça en regardant le jeune garçon.
- Merci Callaway. » Souffla encore Malefoy en se laissant glisser lentement contre le mur.
Callaway hocha simplement du menton et suivit les deux sorciers sous le regard gris intense du Serpentard.
Ginny observait la scène en se sentant comme spectatrice d'une mauvaise pièce de théâtre. Le sang était trop rouge, les cris trop bruyants, les silences trop lourds, les douleurs trop vives. Pomfresh avait fini de stabiliser Neville et sa grand-mère avait pris le relais pour l'amener à des médicomages. L'infirmière de l'école était maintenant penchée sur Pansy et grommelait ses habituelles imprécations en même temps que les formules de soin. La Serpentarde manquait cependant de sa verve habituelle, malgré son attaque contre le Dragonnier. Ginny fit un pas vers la brune, la colère se disputant à l'inquiétude. Son dilemme prit fin lorsque la Serpentarde se mit à convulser sous ses yeux horrifiés et les jurons de Pomfresh. Personne ne vit quand les Aurors avaient mis la main sur Malefoy, mais quand Pomfresh eut calmé les tremblements de Pansy, le blond avait disparu.
Harry patientait dans cette pièce humide et puante depuis des heures et il rongeait son frein. Il avait à peine eu des nouvelles de son dragon, des autres Dragonniers et des élèves de Poudlard que Gaïa l'avait sommé de suivre Idriis pour trouver une solution à son problème de vue. Enfin, problème de vue … C'était un bien mince résumé de l'affaire. Son visage était en feu, et ses yeux inefficaces le faisaient souffrir le martyr. Garder les paupières fermées n'apaisait rien mais empêchait de rajouter une sensation de sécheresse qui empirait les symptômes.
« Idriis, dis moi que vous avez au moins quelque chose pour cette sensation de brûlure. J'ai l'impression de fondre. Grogna le Survivant, les poings serrés.
- Je suis désolé Thomas. Aucun de nos essais n'est efficace contre la magie démoniaque. Lui répondit le malien, contrit.
- Dorian est partit chercher dans les Archives du Temple. Il nous tiendra au courant à la minute où il aura quelque chose d'intéressant. En attendant, reste immobile, je vais essayer autre chose. Ne bouge pas. » Ordonna Carrie, la Maître des Potions du groupe.
Elle versa rapidement trois gouttes d'une mixture jaune dans chaque œil d'Harry tout en faisant signe à Idriis de se tenir prêt à le ceinturer si besoin.
Depuis plusieurs heures, les deux alchimistes enchaînaient les essais sans résultat. Ils prenaient les plus grandes précautions pour ne pas faire souffrir leur ami, mais le sort lancé par Voldemort était une invention, une aberration magique, et ils n'avaient jamais eu à faire face à une telle blessure. Par prudence, ils limitaient les actes magiques au strict minimum pour ne pas interférer avec les soins d'Harry. Malheureusement, ça voulait dire pas de filtre de Paix ni d'enchantement relaxant. Carrie espérait que ce nouvel essai apaiserait au moins les souffrances du Dragonnier. Elle n'avait pas d'espoir de lui redonner la vue, les dégâts étaient hors de portée d'une potion confectionnée au débotté.
Harry sentit le liquide atterrir sur ses orbites, d'abord froid et légèrement gluant puis, rapidement, il atteignit la même température que son visage, et la dépassa. Il hurla quand ses yeux irradièrent, comme emportés par une rivière de lave. Peut-être qu'il pleurait mais cela lui semblait impossible avec la fournaise qui occupait ses orbites. Idriss l'empêchait de frotter ou toucher ses yeux et il ne savait même pas s'ils étaient encore là. Il n'avait pas pris le temps de vérifier en se réveillant. Qui vérifie que ses yeux sont encore là ?
« Shhhh Thomas. Ça va aller. Ça va aller. Pense à Mazreth. Pense au vol. Pense au lien. Lui souffla doucement Idriss, réconfortant.
- Pourquoi je ne peux pas l'avoir avec moi … Geignit Harry
- Il ne comprend pas ta douleur. Il deviendrait intenable. Les autres dragons tentent de l'apaiser en ce moment. Ajouta Carrie en caressant doucement les cheveux du brun.
- Ça fait tellement mal. Sanglota Harry.
- Je sais honey. Si ça ne fonctionne pas, je promets qu'on te rendormira le temps de trouver mieux. » Assura l'américaine
Visiblement, la potion ne fonctionnait pas. Harry semblait toujours aussi douloureux et ses iris étaient toujours aussi opaques. Idriis jeta un regard grave à son mentor. Il ne doutait pas un instant de l'immense talent de Carrie Switch, Maître des Potions à neuf ans, recrutée à onze ans par les Dragonniers. Il n'en doutait pas et pourtant ils butaient sur le cas de leur compagnon. Harry se tordait dans leurs bras depuis leur arrivée et le sentiment d'impuissance qui montait dans ses veines l'enrageait. Il était chez les Dragonniers depuis peu lorsque Gaïa avait amené un jeune homme sans l'annoncer à personne. Un garçon plus vieux que les recrues habituelles et visiblement avec un lien spécial à la magie. Idriis avait reçu de ses ancêtres un don de spiritisme qui s'exerçait aléatoirement, le connectant avec la magie des esprits et des fantômes en de rares occasions. Ce qu'il avait ressenti en revanche la première fois qu'il avait touché Thomas n'était pas ce à quoi il s'était attendu. Deux âmes dans un seul corps ... Du moins, une âme et ... une chose pourrie qui tentait de tout dévorer.
Idriis avait dû maîtriser son sentiment de dégoût pour ne pas le laisser paraître et il avait immédiatement demandé une entrevue à Gaïa pour lui exposer ce qu'il avait perçu d'horrible dans le corps du nouvel arrivant. La mère des Dragonniers l'avait remercié et lui avait ensuite demandé comment son apprentissage se déroulait. Comprenant que la discussion était close, Idriis n'avait pas abordé le sujet avant plusieurs mois, avant que Thomas ne vienne directement le voir. Le jeune anglais lui avait alors expliqué brièvement sa vie, le sacrifice de sa mère et la folie de ce mage noir qui refusait de mourir. Les sorciers de son pays avaient des récits sur les choses comme lui qui poursuivaient la gloire plutôt que la sagesse et Idriis avait frissonné en imaginant partager son crâne avec un morceau de l'esprit d'une telle abomination. Néanmoins, la confession avait rapproché les deux benjamins du groupe et Idriis avait fait de son mieux pour endormir l'esprit malfaisant après un cauchemar particulièrement violent de Thomas.
Carrie coupa court aux souvenirs d'Idriis en jetant la fiole sur la paillasse, l'air dépité. Elle abandonnait pour cette mixture. Ils allaient replonger Thomas dans le coma, et chercher ... autre chose. Harry sentit que la prise d'Idriis changeait, et il prit la parole.
« On n'arrivera à rien comme ça … Vous êtes épuisés, vous vous êtes battus et là je vous …
- Thomas, Thomas n'en dit pas plus. L'interrompit l'américaine. Nous savons ce que nous faisons. Mais je ne peux plus te laisser dans cet état. Nous allons arrêter les essais, et on va chercher autrement avec Idriis d'accord ?
- Ça veut dire que je vais être inconscient encore ? Soupira l'anglais
- C'est mieux Thomas. Le corps ne peut supporter qu'une quantité de douleur limitée. Commenta Idriis
- Mais est-ce qu'au moins ... »
La demande de Harry fut interrompue par l'arrivée de Shijô. Il avait déboulé dans l'infirmerie des Dragonniers en portant Pierre, un jeune élève sur les talons. Sans dire un mot, Pierre encore dans les bras, il avait amené le garçon face aux potionnistes en faisant fi de son visage chamboulé.
« Apparemment, Pierre s'est mis dans cet état pour nous amener cette jeune personne. Il pourrait aider pour Thomas. Déclara le japonais à ses compagnons en montrant Callaway.
- Quoi ? Dans quel état est Pierre ?! Shijô qu'est-ce qui est arrivé ?! S'alarma Harry, une bouffée d'angoisse et de colère envers sa cécité explosant dans son ventre
- Il est inconscient. Je n'en sais pas plus. June viendra sûrement te voir. »
Shijô était abrupt quand il était inquiet, et Harry avait appris à ne pas lui en tenir rigueur; sa propre inquiétude ne lui fit pas oublier que Shijô avait mentionné une autre personne.
« Et donc … Qui pourrait m'aider ? » Demanda-t-il à la cantonnade, ne sachant où se tourner.
Il fallut de longues secondes pour qu'une petite voix lui réponde.
« Moi. Je … Je m'appelle Robin Callaway et … Drago Malefoy pense que ma potion pourrait vous aider mais … » Hésita le jeune Serpentard, impressionné.
Le nom de Malefoy fit faire une embardée au cœur d'Harry. Il avait vaguement cru sentir sa présence lors de son réveil, mais le blond ne s'était pas montré depuis. Gaïa lui avait assuré qu'il était sain et sauf et c'était déjà un soulagement, cependant il aurait vraiment aimé pouvoir en certifier. Le tenir, lui parler … Rien qu'il ne pouvait faire enfermé dans cette salle détestable.
« Continue garçon, nous t'écoutons ta potion ? Le relança Carrie, appuyant son ton encourageant d'une oeillade rassurante.
- Oui j'ai … Enfin avec le professeur Rogue, nous avons travaillé sur la potion Poussos, pour mon frère. Il est aveugle. Nous avons bien avancé. C'est plutôt à lui que vous devriez parler. Bredouilla le garçon, embarrassé.
- J'ai bien peur que nous ne puissions faire appel qu'à vous monsieur Callaway. Le professeur Rogue est … Commença Carrie, avant de capter l'air désapprobateur d'Idriis. Il n'est pas en état de nous aider actuellement. » Finit-elle
Harry n'entendit pas la fin de la conversation, qui vit Robin accepter d'expliquer ses travaux aux deux alchimistes. Rogue était mort. Drago était sûrement anéanti. L'homme était ce qui se rapprochait le plus d'un père pour le blond, surtout depuis que le vrai l'avait renié pour s'être enfui. Et ses pensées le ramenaient encore à Malefoy. Et Pierre, blessé. Et les autres … Il ne savait toujours pas si tout le monde était sauf ou …
Ses pensées furent interrompues par un enchantement de Carrie. Elle avait mis sa promesse à exécution et venait d'endormir profondément le Dragonnier. Ils avaient du pain sur la planche.
[T.B.C]
Oui je suis toujours méchante, méchante, méchante.
Si néanmoins cela vous convient, ou au contraire cela vous frustre, n'hésitez pas à m'écrire.
J'accepte aussi les critiques et les tomates (mais basilic / vinaigre balsamique)
