Bonsoir tout le monde ! Qu'est-ce que ça fait du bien de publier une nouvelle fois ! 2 semaines c'est aussi long pour vous que pour moi. Je vous retrouve donc avec le chapitre 25 qui a un titre un peu particulier. (Vous finirez pas comprendre) Non ce n'est pas un chapitre du point de vue de Scorpius mais bien de Rose. Je me concentre sur notre petite Weasley pour le moment. Pas mal de choses se passent dans ce chapitre. J'espère que vous allez appréciez. On se retrouve à la fin. ;)

Guest: Merci pour tes compliments et ta review ! Ça me fait plaisir ;)

Ne t'inquiètes pas, Rose n'est pas vraiment prête à pardonner à Scorpius. Si les fautes, ça ne t'a pas gêné plus que ça alors tant mieux !

J'espère que la suite va te plaire. N'hésite pas à m'en faire part ! ;)

Chapitre 25: /Scorpius/

Je me réveille, je suis seule dans ma chambre. La neige a disparue ainsi que ma mère. Je descends pour prendre le petit déjeuné et je retrouve ma mère dans la cuisine lisant le journal devant son bol de café.

- Où est Papa ? je demande d'une voix rauque

- Au boulot, il y a eu un autre meurtre

Je me fige instantanément, je prends une inspiration et je demande :

- Qui est-ce ?

- Cet homme, me réponds ma mère en me présentant le journal.

Cette fois le visage de la victime est en première page de l'exemplaire et mon cœur manque un battement quand je reconnais le visage.

- Apparemment se serait le frère de la victime précédente. Les aurors pensent que c'est lui qui a collé toutes ses affiches.

Je me retiens à la table pour ne pas tomber à la renverse. Je n'arrive pas à croire que je lui ai parlé et qu'à présent il n'est plus là.

- Est-ce que ça va ? me demande ma mère inquiète

- Oui tout vas bien merci !

Je lui adresse un sourire forcé et elle semble y croire. Je pose le journal, le plus naturellement possible et je me serre une tasse de café.

- Ta marraine veut te faire une surprise. Elle arrive dans une heure, tu ferais bien de te préparer rapidement.

- Une surprise ? Mais je dois être à 18h devant le théâtre sorcier de Londres, j'explique calmement

- Je sais, c'est elle qui t'y conduira, ne t'inquiètes pas tu seras à l'heure pour ton rencard, dit-elle en souriant

Je m'apprête à lui préciser qu'il ne s'agit pas d'un rencard puis j'abandonne. Après tout, mieux vaut qu'elle pense que je suis passée à autre chose. Je ne veux surtout pas l'inquiéter. Je remonte dans ma chambre me préparer rapidement.

- Rose ! Tante Ginny est là ! s'écrie ma mère en bas de l'escalier

Je jette un dernier regard à mon reflet puis je descends à toute vitesse pour me jeter dans les bras de ma marraine. Elle rit contre moi.

- Tu es prête ? demande-t-elle

- Oui ! je réponds avec enthousiasme

Passer la journée avec elle me fera oublier, ne serais-ce qu'un instant, Scorpius. Tante Ginny m'a promis une surprise. Je soupçonne ma mère de lui avoir confié ma rupture, mais je ne lui en veux pas si cela me permet de passer un peu de temps avec ma marraine.

Je dis au revoir à Hugo et à ma mère avant que nous sortions.

- Où va-t-on ?

- Tu verras, répond-elle avec un sourire malicieux.

Elle prend ma main et nous transplanons. Nous atterrissons sur de l'herbe fraichement coupée. Je lève les yeux et j'aperçois des tribunes. J'éclate de rire en comprenant que je suis dans le stade de Quidditch des Harpies de Holyhead, l'équipe de ma marraine.

- J'ai pensé qu'un petit entraînement de Quidditch te ferais le plus grand bien. Je m'arrête immédiatement de rire en prenant conscience de la situation. Je ne sais plus monter sur un balai.

- Je suis désolée, je ... je ne peux pas, j'avoue honteuse

Ginny m'observe perplexe.

- Comment ça ?

- Je ... cela fait un petit moment que ... je ... je n'arrive plus à jouer au Quidditch.

- C'est impossible, déclare-t-elle. Ça ne s'oublie pas le Quidditch. Que s'est-il passé durant ton dernier match ?

- Je me suis pris un cognard dans la jambe, j'ai dégringolé de mon balai et chuté sur plusieurs mètres avant que le professeur McGonagal ne parvienne à m'arrêter. Le choc a été quand même rude, je suis restée paralysée une semaine à l'infirmerie avec trois côtes brisées et des hématomes un peu partout. Je serais morte si la directrice n'avait pas freiné ma course.

- Ta mère ne m'en avait pas parlé, s'étonne ma marraine

- Elle n'est pas au courant. J'ai suppliée la directrice de ne rien dire. Je savais que sinon maman m'aurait interdit de remonter sur un balai. Finalement elle n'aurait pas eu à le faire ...

Tante Ginny pose ses mains sur mes épaules et plante son regard dans le mien.

- Rose, on a tous nos histoires, nos blessures, nos peurs. Il faut juste chercher à les dépasser, m'explique-t-elle

- Il y a quelques années alors que j'étais enceinte d'Albus, j'ai participé au match de la coupe du monde. J'avais été sélectionnée dans l'équipe d'Angleterre et je savais que si quelqu'un apprenait ma grossesse, je perdais immédiatement le poste. Alors je n'ai rien dit, pas même à Harry, il m'aurait empêcher d'y aller. Le match a été l'un des plus brutal de la coupe du monde. Je me suis pris un cognard sur la tête et j'ai perdue connaissance. La seule chose à laquelle j'ai pensé en m'évanouissant, c'est que j'avais tué mon bébé. J'avais mis sa vie en péril pour un simple match. Quand je me suis réveillée, le médecin m'a assuré que le bébé allait bien. Lorsque Harry a appris la nouvelle, j'ai passé le plus mauvais quart d'heure de toute mon existence, tu peux me croire. Dès que je suis sortie de Sainte Mangouste, j'ai envoyé un lettre à mon coach pour lui annoncer ma grossesse. Je n'ai plus rejoué. Dix mois plus tard quand j'ai voulu reprendre, je ne savais plus rien faire, j'étais terrorisée.

- Comment as-tu fait pour retrouver tes facultés ?

- J'ai trouvé pourquoi j'aimais tant être sur un balai et je me suis concentrée sur les bons souvenirs

Je reste silencieuse un moment cherchant à mon tour la raison pour laquelle j'aimais être sur un balai. D'abord parce que ça me procure une sensation intense de liberté. J'aime sentir le vent dans mes cheveux, son sifflement lorsque je prends de la vitesse. Sur un balai le monde semble différent et tout ça c'est mon père qui me l'a appris. A défaut d'avoir un garçon comme aîné, il m'a tout de même enseigné les règles et les techniques de Quidditch. C'était grâce à lui si j'étais si douée. Cette passion commune pour ce sport nous rapproche et je me souviens de son regard si fier quand je lui annonçais au retour de Poudlard que nous avions gagné la coupe des maisons ainsi que notre match contre les Serpentards. Bien sûr, je ne volais pas uniquement pour faire plaisir à mon père mais son enthousiasme m'encourageait toujours à continuer.

- Tu as trouvé ? demande doucement ma marraine

- Je crois que oui ...

Je me dirige dans les vestiaires pour me changer et Ginny fait de même. Nous revenons sur le terrain, un balai à la main.

- Aie confiance en toi, dit-elle

Je prends une grande respiration et je monte sur mon balai. Je donne une petite impulsion des pieds et je m'élève dans les airs. Je ferme les yeux pour savourer les sensations de mon corps. Soudain je ressens comme une force à l'intérieur de moi qui me pousse à accélérer. j'exécute des figures sans problèmes et je me sens de plus en plus en confiance. Finalement je redescends sur l'herbe pour rejoindre ma marraine qui me sourit.

- Tu vois ! C'est vrai que c'était du gâchis d'abandonner un si bon potentiel. Tu pourrais envisager une carrière tu sais ?

- Il faut que j'y réfléchisse, j'ai plein d'autre projet, je réponds prise un peu de court

- Bon aller ! Faisons quelques exercices, il faut améliorer ta précision.

La journée passe ainsi, à une vitesse affolante. Vers 17h, je retourne me changer et je transplane avec ma marraine jusqu'au théâtre sorcier. Elle me prend dans ces bras pour me dire au revoir et je la regarde disparaître à nouveau. Je reste quelque minutes les bras ballants, attendant que Michaël Lourbeni décide à arriver, puis j'entends une voix m'appeler par mon prénom. Je me retourne et je vois dans l'encadrement de la porte du théâtre. Il m'observe avec un sourire que je n'arrive pas vraiment à interpréter, à la fois amusé et un peu moqueur.

- Il suffisait d'entrer, dit-il en guise de bonjour

- Il suffisait de le dire, je rétorque

Il rit et je rentre avec lui dans le hall. Cette fois, il n'y a personne et je remarque alors que le plafond représente des scènes de la mythologie grecque. Je me rappelle les avoir lu étant plus jeune. On peut y voir, la punition de Prométhée qui dota l'homme de la logique et du feu, l'enlèvement de Perséphone, Pandore ouvrant la boite et laissant s'échapper tous les malheurs sur le monde et bien d'autres épisodes de la mythologie. Soudain, je remarque que les images s'animent pour recréer exactement les scènes.

- C'est incroyable, je n'avais jamais remarqué, avouai-je en désignant le plafond

- La plupart n'y font pas attention, répondit Lourbeni

- C'est une grave erreur, je fais remarquer en souriant

- Alors nous y allons ? Boire ce verre, je veux dire...

J'approuve d'un signe de tête. Il enfile sa veste et nous sortons. Il verrouille les portes du théâtre et nous marchons tout deux dans la rue.

- Je connais un pub irlandais moldu pas très loin, ça vous va ?

- S'ils servent autre chose que du whisky, ça devrait aller, je plaisante pas très à l'aise

Il rit et je me détends un peu. J'ai du mal à me dire que je vais prendre un verre avec un grand dramaturge. Je ne sais pas pourquoi mon esprit n'arrive pas à l'accepter. Quelques pas plus tard, il me fait entrer dans un petit bar chaleureux. Nous nous asseyons à côté de la fenêtre et mes yeux dérivent un instant sur les passants. Je suis déjà venu dans cette rue, mais quand ? Je remarque la vitrine d'en face, elle est décorée pour les fêtes de fin d'années. Un ours en peluche déguisé en père noël semble m'observer. A ce moment je me rappelle, quand j'étais sortie avec Scorpius dans Londres, nous sommes passés par cette route et il avait voulu m'acheter cet oursons. Je m'en rappelle comme si c'était hier.

- Rose ? Que voulez-vous boire ?

Je sursaute en étendant sa voix, il m'observe perplexe.

- La même chose que vous, je réponds simplement

Le serveur repars et Michaël déclare :

- On peut se tutoyer maintenant, je pense ...

- Oui bien sûr ! je réponds en baissant la tête un peu honteuse

- Alors comme ça vous avez détesté ma pièce ?

- Quoi ! Non ! je m'exclame. Ce n'est pas ça que je vous ai dit hier !

Il éclate de rire et cale son dos contre sa chaise.

- Votre pièce était bien, j'ajoute. Mais il y a certains choix scéniques que je n'approuve pas, voilà tout !

Les boissons arrivent, ils s'agit de deux milkshake à la vanille. Je suis un peu surprise, je ne pensais pas que Michaël Lourbeni, plusieurs fois nommé comme meilleur metteur en scène sorcier, buvait des milkshakes. Je me rends maintenant compte que c'est absurde comme réflexion. C'est une boisson comme une autre.

- Tu n'aimes pas les milkshake à la vanille, demande-t-il soudain contrarié.

- Si au contraire, j'adore ça

Je prends ma paille entre mes dents et je commence à boire, savourant chaque gorgée. Le liquide glacé me brûle la gorge mais je n'y fais pas attention. Je suis trop distraite par Michaël qui boit avidement son verre, la paille pliée entre ses dents. Je ne peux pas m'empêcher de penser à Scorpius. Il avait aussi la manie de mordre les pailles et les déformées. Je n'arrête pas d'avoir des Flashs de Scorpius chaque fois qu'une chose me fait penser à lui.

- J'ai nouveau projet, m'annonce Michaël. Je pense monter une pièce d'un auteur moldu. Jusqu'ici je montais mes propres pièces, mais je crois que j'ai épuisé toute mon inspiration alors je pense reprendre un classique. Je pensais à Hamlet ou ...

- Hamlet ! Avec un vrai fantôme, ce serait génial ! Shakespeare, c'est ce qu'il y a de plus enrichissant. Richard III est aussi intéressant à monter. Sinon il y a toujours Roméo et Juliette. En faite je vois bien une version moderne. Vous pouvez toujours vous inspirer du travail de Shakespeare et recomposé une pièce qui mêle à la fois intrigue, suspense et philosophie.

- Quel philosophie peut-on tirer de Roméo et Juliette à part que le destin est impitoyable.

- La haine amène à la destruction de l'amour, je réponds sérieusement

- Leur amour n'est pas détruit puisqu'il meurt tout les deux

- Dans un sens y l'est.

- C'est une vision trop pessimiste pour moi. Je prendrais cette philosophie à l'envers : L'amour amène à la destruction de la haine. Les deux familles cessent leur rivalités uniquement après la mort de Roméo et Juliette. Leur amour met fin à ...

- Non c'est leur mort qui y met fin, je le coupe

Il sourit et se penche sur la table. /Scorpius/

- J'ai l'impression que tu es obstinée comme fille, murmure-t-il un éternel sourire sur ses lèvres /Scorpius/

- Vous venez seulement de le découvrir ? je plaisante en me penchant également sur la table.

Je remarque alors que nos visages sont si proches que pour quelques centimètres nos lèvres se toucheraient. Ses yeux marrons me scrutent, je me noie dans son regard et quand j'arrive enfin à échapper à l'emprise de son regard, je constate que les doigts de sa main droite joue avec une mèche de mes cheveux. /Scorpius/ Je baisse les yeux et il retire immédiatement sa main.

- Je dois y aller, je dis en me raclant la gorge

Alors que je m'apprête à me relever, sa main emprisonne la mienne. /Scorpius/

- Je t'ai fais peur n'est-ce pas ?

- Non, bien sûr que non ... je réponds en riant faussement

- Alors tu acceptes que je te raccompagne ?

- Je vais transplaner

- Je peux toujours t'accompagner dans une ruelle sombre

Nous nous observons un instant puis il éclate de rire.

- Désolé, ça paraissait moins bizarre dans mon esprit, je voulais dire ...

- J'ai bien compris et j'accepte.

Il me sourit, attrape sa veste. Il paye nos boissons puis nous sortons du pub. Le temps s'est rafraichit, je resserre ma veste contre moi et nous marchons dans la rue. Je m'arrête un instant devant une librairie.

- Tu veux entrer ? Il demande

- Pourquoi pas

Il ouvre la porte et me laisse entrer.

- Après vous, Princesse /Scorpius/

Je commence à déambuler entre les rayons de livres. Je m'arrête parfois pour lire la quatrième de couverture de certains ouvrages. Quand j'ai fais le tour de la boutique, je me rends compte que Mike n'est pas derrière moi.

" Michaël ?" je chuchote autour de moi

Je fais le tour des rayons sans trouver une trace de lui. Je commence à croire qu'il m'a abandonner quand il apparaît devant moi, l'air essoufflé, un ourson déguisé en Père Noël dans la main. /Scorpius/

- C'est pour toi, m'explique-t-il. J'ai vu que tu l'observais dans la boutique.

- Je ... merci !

Je ne sais pas quoi dire d'autre. C'est à la fois adorable et déplacé vu les circonstances. Je décide d'oublier qu'il s'agit de l'ourson qu'a failli m'offrir Scorpius et je me contente de sourire. Nous marchons encore jusqu'au théâtre où Michaël s'arrête.

- J'ai été ravi de discuter avec toi, dit-il en enfonçant ses mains dans ses poches et je vais penser à tes propositions. Roméo et Juliette version moderne, ça a du potentiel si on y ajoute un peu de magie. Tu serais parfaite en Juliette moderne !

- Vous ne m'avez jamais vu jouer, comment pouvez-vous le savoir ?

- Intuition de metteur en scène, plaisante-t-il

Je ris et croise mes bras sur ma poitrine.

- Je n'y crois pas !

- Je suis sérieux, si ce projet se concrétise, je te veux en Juliette

- Seulement si vous jouez Roméo

Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. C'est simplement sortit de ma bouche. Je voulais juste lui faire comprendre que j'adorais jouer à ces côtés, peu importe le personnage mais voilà que c'est mon tour de faire des phrases ambigües. Je m'apprête à lui expliquer mais j'en suis soudain incapable. Peut-être qu'il y a un peu de vérité dans cette réplique. Pendant l'après-midi je n'ai fais que remarquer combien il avait de point commun avec Scorpius et peut-être que c'est un signe. Peut-être qu'en réalité c'est le bon Scorpius. Que je l'ai juste rencontrer plus tard mais que le véritable c'est lui. Je sais c'est dingue comme réflexion mais sur le moment ça m'apparaît comme une certitude. Alors je fais la deuxième connerie de la journée, je m'approche de lui et je plaque mes lèvres sur les siennes comme si s'était la seule source de vie de la planète. /Scorpius/ /Scorpius/ /Scorpius/

Je suis un peu étonnée, de ne pas le voir se reculer. Au contraire, il approfondit le baiser et pose ses mains sur ma taille. Finalement nous nous séparons, il me regarde si intensément que j'ai dû mal à soutenir son regard. /Scorpius/

Il pose une fois de plus ses lèvres sur les miennes. Si le premier baiser me paraissait un peu rêveur, celui-ci est bien réaliste et je prends conscience que j'embrasse Michaël Lourbeni. Je me recule doucement.

- Je dois y aller, je murmure

- D'accord, il sourit et ses mains quittent ma taille

Je regarde autour de moi pour vérifier qu'il n'y a pas de moldu. J'ai cru voir une ombre au coin de la rue mais personne ne vient alors je transplane après avoir souri une dernière fois à Mike.

J'arrive directement dans mon salon, faisant sursauter ma mère qui lit au coin du feu.

- Rose ! Ça c'est bien passé ?

- Super, je réponds

J'ignore si elle parlait du Quidditch ou du rendez-vous mais ce mot convient pour les deux, enfin je crois. Ma mère commence à préparer le diner et je monte dans la chambre de Hugo.

- Hey ! P'tit frère ! je m'écrie en ouvrant la porte de sa chambre.

Comme huit fois sur 10, Hugo est assis sur son lit, sa guitare sur ses genoux. Il me sourit, mais je vois que quelque chose cloche. Ce n'est pas un sourire sincère.

- Alors comme ça tu étais à un rencard ? dit-il ses doigts parcourant agilement les cordes de son instrument

- Non, c'était une simple discussion devant un milkshake

Mon frère hausse les sourcils. Je vois bien qu'il n'y croit pas un mot.

- D'accord ça c'est peut-être transformé en rencard, je conçois en riant

- Alors tu n'as plus de sentiments pour Scorpius ?

Ça question m'assomme, depuis que je suis revenu du manoir Malefoy, tout le monde a bien prit soin d'éviter le sujet. Je suis bouche bée devant la spontanéité de sa question.

- Qui ça ? je plaisante évitant avec soin la question

Mon frère m'adresse un sourire forcé. Il soupire, pose sa guitare et s'approche de moi. Toujours sur son lit, il me fait signe de m'assoir à ses cotés. J'obéis avec anxiété, je déteste quand mon frère à cet air si sérieux. Ça ne lui ressemble pas, j'ai l'impression qu'il va m'annoncer qu'il a une grave maladie ou qu'un de nos proches est décédé. A cet instant, il a l'air si mature, ce frère de deux ans mon cadet. Il pose sa main sur ma jambe.

- Rose, je t'en prie ne fais pas semblant d'aller bien

- Je ne fais pas semblant, j'essaye juste d'oublier. Pourquoi tu ne veux pas rire avec moi ? J'ai déjà assez pleurer. Je t'en prie, souris-moi normalement, fais-moi rire, j'ai besoin de ta bonne humeur Hugo !

- D'accord, mais juste avant, je t'ai fais une chanson

J'écarquille les yeux, c'est la première fois que mon frère me dédie une chanson, d'habitude il n'ose pas dévoiler ses paroles, il se contente de reprendre des chansons connues.

Hugo récupère sa guitare, il s'assois convenablement et commence à jouer un air de sa propre invention puis sa voix grave s'accorde aux notes:

"She says she's fine

She says she forget

She says she's jolly

But I knooow she's lying

Yeah 'cause she's my sister

And I know her

I can read in her

She says she doesn't love him anymore

She says she already moved on

She says she's waiting for another

But I knooow she's lying

Yeah 'cause she's my sister

And I know her

I can read in her

I know she's gonna be ok

Yeah 'cause she's my sister

And I love her"

La chanson se termine et j'en ai les larmes aux yeux. Mon frère repose son instrument et je le prends dans mes bras.

- Merci Hugo. Je t'aime aussi

Je me recule et deux larmes coulent sur mes joues.

- Voilà maintenant tu me fais pleurer, je dis d'un ton faussement fâché

Il rit sincèrement, je vois dans ses yeux qu'il est sincère. Je me lève pour quitter sa chambre et au moment où j'ouvre la porte il m'appelle. Je me retourne et il a une fois de plus son air sérieux.

- Tout à l'heure, je suis rentré dans ta chambre et j'ai vu le tableau avec tous ces trucs affichés dessus. Tu cours toujours après le fou furieux que les aurors n'arrivent pas à attraper ?

- Disons que je creuse dans mon coin, je réponds simplement

- Sois prudente ! Je n'aime pas trop te savoir engager dans ce truc

Je souris et m'approche de lui.

- Il ne m'arrivera rien et à toi non plus, je lui assure en lui ébouriffant les cheveux

Je ne sais pas pourquoi mais mon cœur a accéléré quand j'ai prononcé ces mots, comme si au fond je savais que je n'étais pas en mesure de promettre ça, comme si au fond de moi je savais qu'il s'agissait d'un mensonge.

Après le diner, je monte directement dans ma chambre, j'ai besoin d'être un peu seule. Malgré la journée pleines de péripéties, je n'ai pas du tout envie de dormir. Je feuillette un bouquin sur les mondes parallèles, il faut que je sois au point si je veux en créer un. Je m'assois sur ma moquette, mon dos contre mon matelas je prends quelques notes sur le sujet. Le temps passe à une vitesse incroyable. J'entends ma mère et mon père monter se coucher. Je décide d'abandonner les mondes parallèles pour me concentrer sur le tableau devant moi. Mes yeux parcours chaque indices avec ardeur pour déceler n'importe quoi qui aurait pu m'échapper. Sans même m'en rendre compte mes yeux se ferment d'eux mêmes.

Je virevolte sur la piste de danse dans une magnifique robe de mariée. On me fait tourner sur moi même à en perdre l'équilibre, je ris comme une enfant. La toupie s'arrête et des bras musclés m'emprisonne la taille. Je me retrouve face à mon partenaire de danse. Grand, brun les yeux foncés, je le reconnais immédiatement. Vêtu d'un smoking très classe, les cheveux plus ordonnés que d'habitude il me sourit. Ses lèvres se posent sur les miennes, je noue mes bras autour de sa nuque pour approfondir le baiser. J'entends des applaudissements dans la salle. Je me détache de Michaël et j'aperçois du coin de l'œil tous mes proches. Mes parents me sourient, Alice et Louis dansent un peu plus loin. Tout le monde à l'air d'être heureux. Finalement, on s'arrête et mon frère me prend par le bras pour m'emmener un peu plus loin. Il a l'air visiblement fâché par quelque chose.

- Rose tu n'as pas épousé le bon, me dit-il en me faisant la morale

- Qu'est-ce que tu racontes, Hugo ! Mike est parfait, je l'ai...

- Rose ? me coupe une voix dans mon dos

Je me retourne doucement et sa prestance m'éblouie. Tout m'attire chez lui, ces yeux clairs, ses cheveux blonds, son sourire, sa main qui touche à présent la mienne. Ses doigts se lient au mien et je soupire. Cette sensation m'a tellement manqué. Il me tire vers lui et je me retrouve collée contre son torse.

- Tu croyais pouvoir m'oublier ? Tu seras toujours mienne, Princesse, me chuchote-t-il à l'oreille

Je me mords la lèvre, je sais que ce n'est pas correcte et carrément impardonnable mais je le désire tellement à cet instant que mes doigts emprisonnent ses cheveux et ma bouche se plaque contre la sienne.

Tout disparait autour de nous, le paysage change totalement. Je me retrouve debout toujours en robe de mariée, seule sur le lac non loin de chez moi. Je regarde tout autour de moi, la nature m'entoure je n'entends aucun bruit. Un craquement attire mon attention, je baisse la tête pour observer la glace, j'ai à peine le temps de comprendre que je me retrouve au fond du lac. La température glaciale de l'eau me lacère la peau, j'ai l'impression que tout mon corps hurle de douleur. J'ai l'étrange sensation d'être en feu. Puis j'entends cette voix. Cette voix monstrueuse qui fait sursauter tout mon corps.

- Rose... Rose...

Je comprends immédiatement ce qui se passe, alors je fais un effort surhumain pour fermer mon esprit. J'essaye à tout prix de remonter à la surface, il faut que je parvienne à m'échapper mais ma robe m'attire de plus en plus au fond du lac. Je me débat comme une folle et je sens mon esprit dérivé.

- Je sais que c'est toi ... murmure la voix

Je suis terrorisée, je manque bientôt d'air et finalement je laisse l'eau s'infiltrer dans mes poumons. Je remarque alors que j'arrive facilement à respirer, comme si j'étais à la surface. Je peux respirer alors je peux crier. Cette fois c'est la voix de ma mère qui me parvient: « Hurle, Rose si tu as mal, hurle et la douleur passera »

Je saisis l'occasion, je hurle à m'en briser les cordes vocales et chaque fois que je crie je remonte peu à peu à la surface. Une main se tend dans l'eau pour m'aider à remonter.

- Scorpius ! je m'écrie en reconnaissant son bras.

Je saisis sa main et une force me fait remonter.

Je me réveille en sursaut, au moment où la porte de ma chambre s'ouvre violemment. J'aperçois mon père et ma mère sur le seuil de ma porte, mais mon regard est attiré par une flamme. Ma bibliothèque est en feu, littéralement. Je recule effrayée, instinctivement j'attrape ma baguette et je m'écrie :

- Aguamenti

Le sortilège n'a aucun effet, la bibliothèque continue de brûler. C'est moi qui est fait ça, je le sais, une fois de plus mes pouvoirs ont pris le dessus. Cette fois c'est ma mère qui tente un sortilège informulé qui met fin au début d'incendie. Je reste assise par terre, paralysée par l'angoisse. Ma mère me prends dans ces bras.

- Est-ce que ça va, ma chérie ? demande-t-elle inquiète

- Je vais bien, je lui assure en me relevant difficilement. Je suis désolée, j'ai dû m'endormir avec ma baguette dans mes mains.

Mes parents semblent se contenter de cette explication, ils m'embrassent et retournent se coucher, comme si rien ne s'était passé. Je passe le reste de la nuit à débarrasser mes livres de toutes cette cendre à l'aide de sortilège. Ainsi je parviens à récupérer tout mes bouquins et ma bibliothèque est comme neuve, pas une trace des aventures de cette nuit.

Le matin, je descends prendre mon petit déjeuné après ma douche. Mes parents sont déjà partis pour le boulot, je suis donc seule avec Hugo.

- Alors comme ça tu as faillis cramer la maison ? demande-t-il un sourire dans sa voix

- Je m'en veux, tu n'imagines pas comment, je murmure en touillant mon café

- Il y a une lettre pour toi ! annonce mon frère

Je fronce les sourcils en ne reconnaissant pas l'écriture sur l'enveloppe. Je l'ouvre et remarque qu'il s'agit d'une lettre de Mike.

"Bonjour Rose,

Je me permets de t'envoyer cette lettre après l'agréable après-midi que nous avons passé hier. Je ne veux pas paraître brusque mais j'adorerais passer encore du temps en ta compagnie. Après ton départ, l'inspiration m'est brusquement revenue et j'aimerais que tu jettes un coup d'œil à mon futur projet. Ton avis est maintenant pour moi, indispensable. En réalité ta personne toute entière m'est indispensable. Il me tarde de te revoir, je sais que tu vas devoir bientôt repartir à Poudlard et j'aimerais avoir l'occasion de passer du temps avec avant.

J'attends impatiemment ta réponse.

Michaël

En lisant cette lettre, je me sens honteuse. Qu'est-ce qui m'a pris d'embrasser Michaël Lourbeni ? Le voilà à m'écrire des lettres tout droit sorties du siècle dernier. J'aurais du dire qu'il s'agissait d'une erreur. C'est vrai, ça m'a fait beaucoup de bien cet après-midi avec lui mais je ne suis pas prête pour entamer une nouvelle relation et je n'en ai pas envie.

- Qui c'est ? demande mon frère la bouche pleine

- Oh... rien... Molly qui me raconte ces histoires

- Ah bon ? Je pensais que c'était Michaël Lourbeni

- Quoi ? m'étranglai-je. Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

Mon frère rit devant mon air ahurit.

- Oh je sais pas, peut-être parce que dans la rubrique People de la Gazette du sorcier, on vous voit vous embrasser ! s'exclame mon frère apparemment ravi de me l'apprendre.

Je reste un moment silencieuse, incapable de dire quoi que se soit. Il me faut un temps fou pour comprendre les paroles de mon frère, les mots virevoltent devant mes yeux sans que je puisse en saisir le sens. Finalement mon frère me met la photo sous les yeux et là c'est la descente aux enfers. La photo a été prise dos à Mike, si bien qu'on pourrait ne pas le reconnaitre, ce qui n'est pas mon cas puisqu'on devine très bien mon visage.

- Et merde ! je m'exclame en m'affalant sur la table de la cuisine.

J'en peux plus des journalistes, il sont toujours là où il faut pas. Le pire c'est qu'on distingue très bien l'ourse en peluche que Mike m'a offert et que je tiens dans la main. Si Scorpius voit cette article ... Oh ! Je m'en fou ! Tant pis, qu'il le voit, ça ne me fait rien. J'espère même qui va le lire en entier et comprendre que je peux vivre sans problèmes sans lui. J'espère même qu'il va éprouver de la jalousie, à tel point qu'il va se ramener ici pour s'excuser et ... STOP ! Il faut que j'arrête mon délire. Scorpius ne viendra pas ici s'excuser, même s'il lit l'article je ne suis même pas sûr qu'il soit jaloux. C'est lui qui s'est débarrassé de moi.

- Tu vas lui répondre à Mike ? demande mon frère en souriant

- Euh... je sais pas ...

Sur ces mots je monte directement dans ma chambre et je m'écroule sur mon lit la lettre dans la main. Je réponds, je réponds pas. Je croise le regard vide de l'ourson en Père Noël, j'ai l'impression qu'il me juge.

- Oh ça va, je fais ce que je veux, je m'écrie à son attention en balançant la lettre à terre. C'est décidé, je ne répondrais pas.

Et Voilà ! Vous avez envie de me tuer, de me torturer ? Je vous comprends ! Acharnez-vous sur les reviews, je vous en prie !

PS: Demain c'est mon anniversaire alors si je pourrais recevoir une tonne de reviews ce serait le meilleur cadeau du monde. ;)