I'm back !
Etant donné que je n'ai pas trouvé le « One plant », j'ai décidé de vous poster ce chapitre. Il est plus long que ce que j'avais prévu, mais je ne pense pas que ça vous embêtera. Bref, je vous souhaite une bonne lecture ^^
Réponse aux Guest :
Isa et iiii : Merci pour vos review ! En effet, Tsunade est très choquée par ce qu'elle vient de voir. Mais bon, qui ne le serait pas ? ^^
Chapitre 24
La femme chancela.
Pendant un court instant, Madara crut qu'elle s'évanouirait et qu'il pourrait en profiter pour s'enfuir avec Hashirama.
Il prétendrait ensuite que tout cela n'était jamais arrivé, que la petite fille de son ami ne l'avait pas surpris en train d'embrasser l'homme en question, et il irait se blottir sans un mot sous les draps de son futon chez Sakura.
Malheureusement, ce serait mal connaître Senju Tsunade : Il semblait que ses balancements n'étaient dus qu'à son état d'ébriété avancé et, à peine amorçait-elle une descente vers le sol, que ses talons s'y enfonçaient profondément.
-A quoi tout cela rime ?! Rugit-elle en se redressant.
Un de ses poings percuta durement le mur, y creusant de profonds sillons.
Son regard se planta alors dans celui, choqué, de Madara. Paralysé, l'homme resta aussi immobile qu'Hashirama qui ne le lâchait pas.
A vrai dire, l'Hokage paraissait plus se cramponner à lui que le retenir. Le Ninja pouvait le sentir trembler contre lui.
-Grand-père ? Répéta-t-il d'une petite voix aiguë. –Elle vient de dire grand-père ?
Personne ne lui répondit.
-Grand-père… Commença alors Tsunade d'une voix doucereuse. –Ecarte-toi de lui…
-Je suis ton grand-père ? Balbutia Hashirama en ignorant sa précédente remarque.
Il paraissait incapable de passer au-delà de ce fait.
-Mais… Mais tu devrais avoir au moins quatre-vingts ans !
-Elle porte un sceau qui la fait paraître plus jeune qu'elle ne l'est en réalité, déclara Madara en repoussant doucement Hashirama.
En vain : L'homme semblait le considérer comme son unique accroche à la réalité. Il ne le laissa pas partir.
-Hashirama, siffla l'ex-tête de clan, alors qu'un sentiment d'urgence l'assaillait : Le visage de Tsunade s'assombrissait de seconde en seconde.
-Je veux des explications ! Exigea-t-elle. –Naruto m'avait informée de votre présence dans le village, mais je ne m'attendais pas à tomber sur… Sur… Sur ça !
Ses dernières paroles sortirent sous forme d'un sifflement rauque et, si c'était possible, son visage se rembrunit davantage.
Dans ses yeux brillaient une haine féroce et froide.
-Qu'est-ce que ça veut dire !
Sa voix prit un accent hystérique, signalant qu'elle ne tarderait pas à perdre son semblant de calme d'une seconde à l'autre.
Madara était parfaitement conscient que, lorsque cela se produirait, il serait la première personne que la kunoïchi attaquerait.
Comme prévu, il n'eut pas tort :
-Pourquoi vous ne dites rien ?! Leur hurla finalement la femme.
Avec un grand cri de rage, elle se jeta sur eux.
La séparation d'Hashirama et Madara fut brutale. Déchaînée, la kunoîchi venait de se saisir des deux bras de son grand-père qu'elle tira en arrière, le forçant à lâcher l'Uchiha, et se tint ensuite entre les deux, tel un mur infranchissable.
-Toi ! S'écria-t-elle se tournant soudainement vers l'ex-tête de clan.
Elle fit un pas en avant.
-Toi... Gronda-t-elle.
Madara se mit en position de combat.
-TOI ! Beugla-t-elle en jetant sur lui.
Le shinobi s'attendait à tout. A tout sauf à ce qu'elle fit :
Avec un énième mugissement furieux, le bras de la femme s'élança vers lui avec la même puissance que la charge d'un rhinocéros…. Et sa main se referma sur une poignée de ses cheveux.
Sa bouche s'entrouvrit, et il fut tellement stupéfait qu'il réagit à peine en voyant la kunoïchi lui adresser un sourire sauvage.
Par contre, il fut forcé de reprendre pied avec la réalité lorsqu'il sentit, justement, ses pieds quitter le sol, et l'air lui fouetter le visage.
Un horrible tiraillement lui vrilla le crâne.
Il n'eut pas le temps de s'en préoccuper : Il se dirigeait droit vers un mur qu'il percuterait d'une seconde à l'autre.
Sans porter la moindre attention au cri horrifié d'Hashirama, il effectua une pirouette en plein vol, et atterrit souplement contre la paroi.
Il concentra le chakra dans ses pieds pour s'y maintenir, et leva la tête pour rencontrer le regard de Tsunade.
Madara se raidit, et un halètement lui échappa alors qu'il se laissait tomber au sol.
Lentement, il porta une main sur sa tempe gauche en même temps qu'il avisait la poignée de cheveux onyx dans la main de la femme.
Il s'aperçut avec horreur que du sang maculait ses doigts.
Sa tempe en était couverte.
Tsunade ricana, narquoise :
-Combien de fois j'ai voulu faire ça quand je voyais ces maudites choses se balancer dans tous les sens durant la Quatrième Grande Guerre.
Elle leva son poing, et l'ouvrit, laissant les mèches noires s'éparpiller au sol dans la boue. Pas une fois elle ne détourna ses yeux de ceux de Madara.
A la vue de cela, l'ex-tête de clan, profondément humilié, sentit une colère noire l'envahir.
Très calmement, il fit un pas en avant et prit une grande inspiration :
-Tu es morte, lui déclara-t-il froidement.
San attendre de réponse, il fondit sur la femme, tel un rapace.
Celle-ci ne parut pas s'attendre à ce qu'il soit aussi rapide semblait-il : Elle se prit son coup de poing de plein fouet, et fit un magnifique vol-plané dans un tas de sacs-poubelles.
Cependant, Madara n'eut pas le temps de savourer sa victoire : Tsunade jaillissait sans attendre des ordures, et enchaînait coup sur coup sans parvenir à l'atteindre.
L'ex-tête de clan évita chacun de ses poings infusés de chakra. Ce n'était peut-être qu'un détail insignifiant, mais sans le poids de son armure, le ninja était encore plus leste qu'à l'accoutumé.
C'est pour cela qu'il bondit, tournoya, et effectua un ballet d'acrobaties qui firent davantage enrager la femme lorsqu'elle comprit qu'elle ne le toucherait jamais ainsi.
La ruelle dans laquelle il se trouvait était étroite, et ses mouvements, contrairement à ceux de Madara qui pouvait se tordre selon des angles improbables, étaient bien trop raides.
Sa force brute lui faisait manquer de flexibilité. Aux yeux de l'ex-tête de clan, elle lui évoquait un taureau capable uniquement de charger droit devant lui, sans pouvoir changer de direction.
Elle était certes vives, aussi bien physiquement que mentalement, et était sans aucun doute ce qu'on pouvait appeler une force de la nature. Or, tout ce qu'elle était, Madara l'était multiplié par dix.
D'ailleurs, il ne perdit pas une seconde pour le lui faire comprendre.
Lorsque Tsunade tenta de lui assener un nouveau coup, il activa son sharingan, anticipa son mouvement, et sauta en arrière.
Il effectua trois flips, se réceptionna contre sur le mur de l'allée, puis s'en servit d'appui pour se propulser à une vitesse étourdissante sur la femme qui ne vit rien venir.
Ils s'écrasèrent tout deux dans la boue, y glissant sur plusieurs mètre mètres jusqu'à finalement s'immobiliser.
Haletant, Madara sortit de son yukata, désormais maculé de saletés, un kunaï qu'il mit sous la gorge de Tsunade actuellement allongée sur le dos, sous lui.
-Un geste et c'en est fini de toi, la menaça-t-il.
La femme grimaça.
-Qu'est-ce que tu as fait à mon grand-père, cracha-t-elle en ignorant, tout comme l'ex-tête de clan, le son des pas d'Hashirama se rapprochant.
-Rien, répliqua Madara, mêle-toi de tes affaires, harpie.
-Me mêler de mes affaires ?! Comment oses-tu ! C'est mon grand-père que tu embrassais !
-Et alors ? Rétorqua Madara en tentant d'avoir l'air aussi indifférent et bravache que possible. –Ce qu'il fait ne te concerne pas.
-Bien sûr que ça me concerne ! La dernière fois que je vérifiais, mon grand-père était attiré exclusivement par les femmes. Pas les hommes ! Et surtout pas toi !
-A ce propos… Commença Hashirama sans se faire entendre.
-La ferme !
-La ferme ? S'esclaffa Tsunade. –C'est donc tout ce que tu trouves à dire ? Pardonne-moi, mais je trouve cela plus que pathétique.
Même sous lui, immobilisée, et courant le risque de se faire égorger, elle continuait à le défier. Madara ignorait s'il s'agissait de courage, ou de stupidité, mais cela l'exaspérait au plus haut point.
Il voulait juste ôter cette expression railleuse du visage de la kunoïchi.
Une idée germa dans son esprit, et un sourire mauvais étira ses lèvres.
Sa main se posa sur le côté gauche de la tête de Tsunade qui cligna des yeux, avant de les écarquiller, lorsque le ninja se saisit d'une poignée de cheveux blonds.
-Œil pour œil, dent pour dent, ronronna-t-il malicieusement, en savourant l'expression épouvantée de la femme.
-Madara ! Non ! Lui hurla Hashirama.
Il avait compris ce qu'il allait faire.
Les yeux luisant d'un malin plaisir, l'ex-tête de clan s'apprêtait à tirer lorsque, soudain, Tsunade passa à l'action :
D'un mouvement incroyablement rapide, elle attrapa les épaules de Madara, et inversa leur position.
L'homme en eut le souffle coupé, mais ne tarda pas à contre-attaquer.
Il ramena ses genoux contre sa poitrine, et botta la kunoïchi hors de lui.
Tsunade atterrit sur ses pieds, une main au sol.
Elle releva la tête, repoussant ses cheveux boueux en dehors de son visage, avant lui jeter un regard absolument courroucé, tandis que ses dents se serraient tellement que Madara croyait pouvoir les entendre grincer d'où il se trouvait.
-C'est bon, murmura-t-elle d'une voix tremblante de colère. –Je vais en finir avec toi. Et je vais réussir cette fois !
Sur son front, des lignes partant de du minuscule losange l'ornant, s'épanouirent sur l'intégralité de son visage et sa poitrine.
Madara ne fut pas en reste : Il ouvrit le poing droit, et laissa une flamme y faire une apparition.
Celle-ci enveloppa sans attendre sa main dans un cocon de feu.
-C'est moi qui vais en finir pour de bon avec toi, gronda-t-il alors qu'ils fonçaient simultanément l'un sur l'autre.
-Arrêtez !
Du coin de l'œil, Madara aperçu l'expression désespérée d'Hashirama alors que l'homme, le bras tendu droit devant lui, courait dans leur direction.
Tout à coup, il se rappela que ce n'était pas une simple kunoïchi contre laquelle il gardait rancune.
C'était aussi la petite-fille de son ami qui, il en était convaincu, l'aimait déjà bien qu'il ne l'eût rencontrée que quelques minutes plus tôt.
Son corps agit de lui-même : Le feu qui entourait son poing mourut, le laissant démuni face à Tsunade dont les yeux s'arrondirent de surprise.
Malheureusement, elle ne pourrait jamais s'arrêter à temps. Du moins, c'était ce que tous deux pensaient car, au dernier moment, de solides racines jaillirent du sol boueux, et empêcha leur collision en s'enroulant autour d'eux.
Interdit, Madara les fixa pendant un bref instant, avant de porter son regard vers Hashirama qui s'était figé à mi-chemin, bouche-bée.
Ce n'était pas lui, réalisa l'ex-tête de clan avec choc.
-Il était moins une, dit soudain une voix masculine, en les surprenant.
Le capitaine Yamoto, le regard grave, surgit à l'angle du mur de la ruelle. Appuyé contre lui, se tenait Kakashi, un bras passé autour de son épaule, qui pointa un doigt tremblant vers Hashirama :
-Je vous déteste, ahana-t-il.
-Oh ! Fit le premier Hokage, embarrassé. –Je suis désolé.
Son regard dériva ensuite vers Yamato, et il sursauta, tout comme Madara, en constatant que celui-ci avait serré ses mains l'une contre l'autre, y entremêlant ses doigts.
C'était là le même geste qu'effectuait Hashirama avant de déchaîner le mokkuton.
-Est-ce… Est-vous qui avez fait ça ? Hoqueta le premier Hokage, sidéré.
Yamato hocha simplement la tête.
-Mais comment ?!
-C'est une longue histoire, soupira l'homme en laissant ses yeux balayer la scène.
-Bon sang, mais que s'est-il passé ici ?! S'écria-t-il. –Pourquoi vous attaquiez-vous ? Surtout vous Cinquième ? Que faites-vous ici ?
-Naruto m'a informé de leur présence, grogna Tsunade alors qu'elle était relâchée.
Madara, quant-à lui, dut se faire assister par Hashirama qui l'aida à sortir de sa prison végétale : Yamato n'avait pas jugé nécessaire de le libérer.
-Ça va ? Lui chuchota l'Hokage en l'examinant de la tête au pied.
-Ça va, affirma l'ex-tête de clan.
Il s'épousseta, et grimaça en voyant que son yukata était recouvert de terre.
-Madara… Dit Hashirama en attirant de nouveau son attention.
Il lui sourit doucement :
-Merci, lui souffla-t-il.
Il lui caressa brièvement le bras, et se tourna vers les trois shinobis qui les dévisageaient.
Senju Tsunade bouillait de rage.
-Grand-père ! Hurla-t-elle. –Te rends-tu même compte de ce que tu fais ?!
-Euh… Dit Hashirama, visiblement à court de mots.
Il était bien trop occupé à fixer la femme avec émerveillement réalisant probablement, seulement maintenant, qu'elle était la chair de sa chair.
-Fait quoi ? Intervint Kakashi d'une voix pâteuse.
Madara se tendit. Les yeux de Tsunade se plissèrent dangereusement.
-Eh bien… Murmura-t-elle. –Je n'arrive pas à croire que je vais dire ça mais quand je suis arrivé, ces deux-là…. deux-là…
Toujours sous le choc, elle ne parvint pas à finir sa phrase et gémit, furieuse contre elle-même.
-Ces deux-là ? Répétèrent Yamato et Kakashi en se penchant légèrement en avant.
-Ces deux-là se pelotaient mutuellement ! Hurla soudain la femme en les désignant à grand renforts de gestes frénétiques.
Madara tressaillit.
Choqué par le choix de vocabulaire, il se retrouva déchiré entre se sentir mortifié où bien enragé.
Un lourd silence s'abattit dans la ruelle.
-Avez-vous bu ? S'enquit prudemment Kakashi avant de hoqueter.
Tsunade lui jeta un regard furibond :
-C'est toi qui me dis ça ?! Cingla-t-elle. –C'est l'hôpital qui se fout de la charité !
-Certes… Mais tu comprendras que ce que tu me dis me paraît un peu tiré par les cheveux… Je veux dire… Ces deux-là? Impossible ! Le premier Hokage a épousé votre grand-mère je vous rappelle.
L'homme secoua la tête, et un petit rire incrédule lui échappa.
A cet instant précis, Madara souhaita que le sol s'ouvrît et l'avalât.
La femme gronda :
-Je sais ce que j'ai vu, clama-t-elle, je ne suis pas folle quand-même !
L'ex-tête de clan avait des doutes, mais il ne se risqua pas à les formuler à voix haute.
-Allons Tsunade-sama, commença Yamato pour aussitôt se faire interrompre par Hashirama :
-Tsunade, c'est cela ? Demanda-t-il en s'adressant à sa petite fille.
Les bras croisés, et le visage blême, la femme hocha sèchement la tête.
-Excuse-moi, mais je peux t'appeler Tsuna ?
La kunoïchi sursauta.
-Ou… Oui ! Bien sûr, bredouilla-t-elle. Aucun problème.
Soudain, elle parut beaucoup plus calme. Il fallut un petit moment à Madara pour se rappeler que « Tsuna » était en fait le surnom affectueux que son ami donnait à sa descendante. L'entendre après toutes ces années avait certainement dû adoucir la femme.
-Je suis désolé !
Le cri d'Hashirama en surpris plus d'un.
Estomaqué, Madara observa le shinobi se jeter à genoux et plaquer son front contre le sol en un son humide.
Une gerbe de boue atterrit sur les chaussures de Tsunade.
-Je suis désolé, répéta Hashirama. –Mais il semble que nous ayons créé une toute nouvelle ligne temporelle à notre époque. Une ligne temporelle dans laquelle tu n'existeras pas.
Il garda le visage contre le sol ignorant les chuchotements de Madara qui lui ordonnait de se relever.
-Quoi ?
Ce fut un simple mot que dit Kakashi. Pourtant, celui-ci paraissait contenir cinq questions différentes à la fois.
Il y avait quelque chose de trompeusement calme dans ce simple mot. Quelque chose qui fit presque frissonner Madara.
-Je n'ai jamais épousé Uzumaki Mito, déclara Hashirama. –De toute manière, elle ne voulait pas de moi et vice-versa : Notre mariage était censé être politique.
L'homme se hissa de nouveau sur ses pieds, puis se dirigea vers l'ex-tête de clan qui, médusé, ne fit pas un geste lorsque son ami s'empara d'une de ses mains qu'il pressa entre les siennes.
-J'ai eu le droit de choisir avec qui je voulais être, reprit-il sans quitter des yeux Madara. –Et je m'estime chanceux que Madara m'ait accepté en tant que compagnon.
Il sourit, ne remarquant évidemment pas que les ninjas lui faisant face semblaient avoir été frappés de plein fouet par la foudre.
-NON !
Le hurlement horrifié de Tsunade les ramena tous à la réalité.
Dire que la femme était épouvantée serait un euphémisme. Pas un mot n'aurait pu décrire l'expression d'horreur abjecte qui tordait son visage.
Kakashi et Yamato n'en menaient pas plus large : Si le premier se contentait de rester figé, le second avait battu en retrait contre le mur de la ruelle, et ouvrait et fermait la bouche sans qu'un son n'en sorte.
-Non, non, non… Bredouilla Tsunade, tel un mantra.
Elle répéta ce mot plus d'une dizaine de fois, sans jamais reprendre son souffle, puis se tut subitement.
Madara se crispa.
Un lourd chakra se rependit dans l'allée sombre, et la femme leva un visage livide vers eux.
-Est-ce que tu sais ce qu'il a fait ? Murmura-t-elle d'une manière indéniablement menaçante.
-Oui, déclara solennellement Hashirama.
Sa petite fille haleta :
-C'est une blague ? Si tu sais ce qu'il a fait, pourquoi tu prétends l'aimer ? Il a essayé de me tuer ! Il a essayé de tuer tout le monde !
Elle hurlait. Mais pas de colère. C'était quelque chose d'autre, quelque chose d'affreusement poignant, et qui coupa le souffle à Madara qui se retrouva soudain écrasé par le poids de la culpabilité.
La femme se sentait trahie. Trahie par une des personnes à qui elle avait toujours eu confiance.
Il connaissait ce sentiment et ne put, en conséquence, s'empêcher de détourner la tête.
Hashirama allait s'excuser, songea Madara. Que pouvait-il faire d'autre après tout ? Après avoir lâché une pareille bombe.
Cependant, l'homme le surprit :
-Je sais ce qu'il a fait, répondit-il sans se laisser démonter. –Il m'a tout dit.
Tsunade l'impression de s'être fait gifler. Son expression hagarde et son air déboussolé ne firent qu'accentuer cette impression.
Elle tituba, et fut rattrapée in-extremis par Yamato dont les mains se mirent à trembler autour de ses épaules.
-Et tu lui pardonnes ?! S'écria-t-elle, une fois stabilisé.
-Je ne lui pardonne pas. J'accepte et vais de l'avant, c'est là toute la nuance.
Cette réponse en abasourdit plus d'un.
Et, alors que Madara sentait sa tête commencer à tourner, Kakashi prit la parole :
-Et pour aller de l'avant, vous avez besoin de vous acoquiner ? L'interrogea-t-il, incrédule.
Au même moment, Tsunade éclata d'un grand rire rauque, et plaquait une main sur son visage.
Tous la dévisagèrent avec effroi, se demandant si elle ne leur faisait pas une crise de démence.
Il semblait que non : La kunoïchi se reprit bien vite.
-C'est une blague ?! Vociféra-t-elle. –Comment peux-tu dire ça ? Ne te sens-tu pas coupable ?!
-Coupable ? Dit Hashirama en clignant des yeux. –Coupable de quoi ? De l'aimer ? Si c'est ça, alors…
-Ce n'est pas à ça que je faisais référence ! L'interrompit Tsunade.
-Alors à quoi ?
-Au fait que tu l'aies tué. Tu le sais non ? Lorsque j'étais plus jeune, tu m'en parlais souvent. Tu disais toujours que tu regrettais énormément tes dernières paroles.
Un frisson parcouru l'échine de Madara.
Elle ne faisait tout de même pas référence à…
-Mes dernières paroles ? Répéta le premier Hokage sans se douter une seconde de la panique qui commençait à envahir l'ex-tête de clan.
-Oui, siffla sa petite fille.
Elle jeta un regard dédaigneux en direction de l'Uchiha.
-Apparemment, il ne t'a pas tout dit on dirait… Renifla-t-elle. –Ca ne m'étonne pas, mensonges et tromperies sont sa spécialité.
Ses yeux se plissèrent :
-Laisse-moi donc t'éclairer dans ce cas…
-NON !
Affolé, Madara se campa devant Hashirama.
La kunoïchi l'ignora au profit de son grand-père.
-La nuit où tu l'as tué, déclara-t-elle de but en blanc, tu lui as déclaré que ce n'était plus votre village, mais le tien. Tu le lui as affirmé, alors que lui plantait ta lame dans le dos.
Cet aveu, aussi soudain que choquant, les paralysa tous.
Pendant un instant, il n'eut pas un bruit, pas même le son d'une mouche puis, Hashirama gémit.
Les yeux exorbités, l'homme recula de trois pas, comme si ces mots l'avaient atteint physiquement.
Ensuite, à la surprise générale, il vacilla.
Si Madara ne s'était pas précipité sur lui, aucun doute que celui-ci se serait effondré à genoux dans la boue.
Le souffle court, l'ex-tête de clan mit son orgueil de côté et laissa son ami poser son front sur son épaule.
Il eut l'horrible impression de voir un chêne centenaire succomber aux rafales d'une puissante tempête.
-Toi ! Maudite sorcière ! Rugit Madara en dardant un œil rouge sang vers Tsunade.
-C'est moi que tu traites de sorcière ? Rétorqua celle-ci sans manifester la moindre crainte à la vue du sharingan. –Tu es la seule monstruosité ici ! Ne fait pas semblant d'être pourvu de la moindre compassion. Tu n'en as pas, tout comme le reste d'ailleurs. Tu n'es qu'une bête dans cœur.
Les pupilles dilatées, Madara prit une grande inspiration.
Elle avait raison, se dit-il bien qu'il se refusât d'être atteint par ces paroles.
Il les avait entendus tellement de fois par le passé, alors qu'il était encore dans le village. Si à l'époque, il les avait considérés comme fausses, il devait s'avouer qu'elles étaient désormais devenues vraies.
C'était la vérité, il était une bête. Mais une bête qui devait être crainte.
Il allait le lui montrer.
-Non… Madara, s'il te plaît… Non.
Une main agrippa son épaule, et Hashirama se redressa. Ses longs cheveux lui couvraient la moitié du visage lui conférant une allure lugubre.
Dans cette ruelle enténébrée, il ressemblait à un spectre.
-Ne lui faits pas de mal, murmura-t-il.
Il contourna lentement son compagnon, et fit face à sa petite fille.
-Tu as compris ? S'enquit-elle, les bras croisés.
Elle avait presque l'air peinée.
-Non.
Sa bouche s'entrouvrit sous le coup de la stupeur.
-Qu… Quoi ? Bredouilla-t-elle en décroisant lentement les bras.
-Non, répéta avec fermeté Hashirama. –Il n'y a rien à comprendre. Le passé est le passé. Point. J'ai décidé de changer les choses, et ce ne sont pas mes pêchés qui vont m'en empêcher.
-Pêchés ?! Que racontes-tu ? Tu n'as commis aucuns péchés.
-Si : J'ai blessé et dit des choses horribles à une personne que j'aimais. A mes yeux, c'en est un.
-Mais tu es fou !
Elle leva un bras devant elle, et fit un pas en arrière. Ensuite, son visage s'éclaira, comme si elle venait de réaliser quelque chose.
-C'est ça, murmura-t-elle en un souffle. –Tu n'es pas mon grand-père, il n'y a pas d'autre explication.
-Quoi ?!
Plusieurs exclamations retentirent.
Kakashi, Yamato, Hashirama et Madara s'envoyèrent des regards sidérés, cherchant en vain les réponses à leurs questions dans les yeux des uns des autres.
-Tu ne peux pas être mon grand-père, insista Tsunada. -Senju Hashirama n'était certainement pas le kunaï le plus pointu du lot, mais il avait plus de jugeote que cela.
-Que racontes-tu ? S'exclama Hashirama en reprenant du poil de la bête. –Bien sûr que si c'est moi !
-Non ! Claqua violemment la femme. –Tu l'as dit toi-même non ? Tu viens d'une ligne temporelle différente. Par conséquent, tu ne l'es pas.
Face à l'implacable logique dont venait de faire preuve Tsunade, Madara lui-même s'en retrouva sans voix.
-Mais… balbutia le premier Hokage.
-Tais-toi ! Lui cria la kunoïchi. –Pas un mot, imposteur !
Hashirama pâlit.
-Tsuna… Tenta-t-il d'articuler.
C'était une supplique.
Pourtant, il n'obtint qu'en retour qu'un regard assassin, et Tsunade s'avança à grand pas vers lui, le dépassa sans un mot, et s'arrêta à la hauteur de Madara qu'elle fixa avec hargne.
Malgré le fait qu'elle mesurait une bonne tête de moins que lui, elle lui sembla soudain bien plus grande qu'elle ne l'était en réalité.
-Ca ne t'a pas suffi, hein ? Persifla-t-elle à mi-voix de manière à ce que seul lui l'entende.
-Ruiner sa vie dans sa première existence ne t'a pas suffi, poursuivit-elle. –Il fallait que tu reviennes pour la lui gâcher de nouveau. Tout ce que tu touches devient noir, gronda-t-elle. Tu n'es qu'un oiseau de mauvais augure.
Elle claqua son talon dans le sol, envoyant une gerbe de boue sur les chaussures du ninja, puis fit brusquement volte-face et s'éloigna.
Tétanisé, Madara demeura immobile.
-Tsunade-sama ! Hurla soudain Yamato, le premier à revenir à la réalité.
Il voulut se lancer à sa poursuite, mais sembla se rappeler seulement à l'instant que Kakashi ne pouvait pas être laissé seul.
Cependant, l'homme ne paraissait pas partager son avis :
-Va-y, lui dit-il. Nous ignorons si Shizune est avec elle. Si ce n'est pas le cas, alors il faudra que quelqu'un l'empêche de boire.
-Et vous ? Répliqua le shinobi. –Vous n'avez pas encore décuvé. Je ne peux pas vous laisser avec eux !
-Ça ira, soupira Kakashi. –Ils m'ont eu une fois, pas deux. De plus que je ne pense pas qu'ils soient en état pour faire quoique ce soit avec ce qu'il vient de se produire…
Yamato pinça les lèvres. Durant plusieurs secondes, il parut partagé entre écouter ou désobéir aux ordres de son supérieur, mais finit par choisir la première option.
Désormais livrés à eux-mêmes, les trois hommes restant demeurèrent immobile un long moment.
Madara se sentait particulièrement mal. Encore une fois, il avait fini par ruiner les choses. Le pire était probablement qu'il n'avait rien fait cette fois.
Il serra les poings, puis jeta un coup d'œil en direction d'Hashirama pour aussitôt avoir l'impression qu'une pierre chutait dans son estomac :
Son ami paraissait tout bonnement abattu.
Légèrement hésitant, l'ex-tête de clan s'approcha.
-Hashirama ? Murmura-t-il.
L'Hokage sursauta.
-Ah ! Fit-il. C'est toi…
L'homme lui adressa un sourire forcé, et émit un petit rire :
-Je suppose que ce n'était pas la meilleure scène de retrouvaille familiale, n'est-ce pas ? Commenta-t-il d'un ton bien trop enjoué pour être sincère.
Il rit de nouveau, et se passa une main sur la nuque.
Ce faux étalage de bonne humeur et nonchalance mit immédiatement Madara sur le qui-vive.
Il fronça les sourcils :
-Hashirama… Tu…
-Alors comme ça on me laisse pour aller se fricoter dans des coins sombres ?
Kakashi surgit soudain entre eux, interrompant avant même qu'elle ait commencé, la discussion que s'apprêtaient à avoir Hashirama et Madara.
Surpris, les deux hommes se tournèrent vers l'ex-Hokage, et découvrirent que celui-ci leur souriait.
-Plus sérieusement, reprit le shinobi, en instant plus tard et avec gravité. –Vous vous rendez compte que je vais devoir en faire part à Naruto ?
-Pardon ?! S'étrangla Madara. En quoi cela le concernerait-il ?!
-Eh bien, je pense qu'il vaut mieux qu'il l'apprenne de moi que de Tsunade, lui répondit Kakashi.
L'ex-tête de clan referma sa bouche.
-Oh, dit-il d'une voix blanche.
Il s'imaginait déjà la femme ouvrir à la volée la porte du bureau de l'Hokage, et se mettre à hurler sur Uzumaki Naruto pour l'informer que son grand-père avait embrassé l'homme qui avait failli la tuer.
-Par Rikudo, gémit-il en se passant une main sur le visage.
C'était une catastrophe.
Soudain, quelque chose effleura sa tempe, à l'endroit même où Tsunade lui avait arraché les cheveux.
Alarmé, il leva la tête, et croisa le regard préoccupé d'Hashirama.
-Elle t'a bien eu, dit donc, marmonna celui-ci en examinant la blessure.
Madara le fixa, l'air étourdit. Pas un instant, il ne songea à le repousser.
Maintenant que leur interaction avec Tsunade était terminée, une étrange fatigue s'était emparée de ses membres, le laissant presque amorphe.
-Ça va, articula-t-il en reculant pour faire face à Hashirama. –Inquiète-toi plutôt pour toi, je vois bien que ça ne va pas…
-Tu es couvert de boue, continua son ami en faisant mine de ne pas l'avoir entendu. –Rentrons chez Sakura, tu pourras te laver.
Il lui attrapa la main, et voulut l'entraîner à sa suite.
-Hashirama ! Protesta Madara en résistant.
-Quoi ?! S'écria l'homme en se retournant. –Tu ne peux pas faire ce que je dis pour une fois ?!
Sa voix se brisa, et il sembla s'apercevoir qu'à l'instant qu'il avait haussé le ton.
Un souffle haché lui échappa.
-Dé… désolé, balbutia-t-il, déjà prêt à se confondre en excuse.
Madara ne lui en laissa pas le temps :
-C'est bon, dit-il en levant une main. On va faire ce que tu dis. Si moi j'ai besoin d'une bonne douche, toi tu as besoin de repos.
Le ninja soupira, puis se tourna en direction de Kakashi qui, en bon spectateur, se contentait d'observer la scène sans émettre le moindre son.
-Nous rentrons, lui expliqua-t-il, je suppose que tu vas nous raccompagner.
-Tout à fait, affirma l'homme bien que ce ne fut pas une question. –Il est hors de question que je vous laisse seul après ce qui s'est passé.
-C'est compréhensible, souffla Madara avant de se mettre en marche.
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oOo
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La nuit, le Konoha de ce temps était différent de celui de leur époque où, dès 19 heures, la population abandonnait les rues à la faune locale. Ici, c'était tout l'inverse : la nuit illuminée de néons et de réverbères semblait attirer les gens à l'extérieur.
Les étoiles étaient invisibles. La pollution lumineuse avait transformé le ciel en une toile jaunâtre.
Cette constatation chagrina Madara qui, soudain, désira être de retour à son époque.
Ils étaient à mi-chemin lorsque Kakashi prit la parole :
-Au fait, s'enquit-il, si ce n'est pas indiscret… Cela fait combien de temps que vous êtes ensemble ?
Hashirama et Madara marquèrent un arrêt. Quelque peu étonnés, les deux hommes se concertèrent brièvement du regard avant que l'Hokage se résolve à répondre.
-Pas longtemps… Vraiment pas longtemps… Murmura-t-il.
-Oh, je vois, répondit Kakashi.
L'homme se tût pendant une dizaine de seconde.
-Eh bien… Reprit-il avec hésitation. Félicitation… Je suppose ?
-Hein ?!
Le son disgracieux jaillit simultanément des bouches des ninjas venant du passé.
-Vous… Vous n'êtes pas choqué ? Scandalisé ? Haleta Hashirama.
-Euh… Non ? Ce n'est pas la première fois que je vois des couples homosexuels vous savez.
-Attendez, intervint Madara, le cœur battant. –Ce que vous dites… Est-ce que cela signifie que l'homosexualité n'est pas une chose condamnable à cette époque ?
-Bien sûr que non, répliqua Kakashi en fronçant les sourcils. –Bien évidemment, il y aura toujours des personnes pour critiquer cela, mais cela fait plus d'une trentaine d'année que c'est accepté, ou du moins toléré.
-Vraiment ?! S'étranglèrent Hashirama et Madara.
-Vraiment, approuva l'ex-Hokage.
Il tourna les talons, leur signalant que la discussion était close, et reprit son chemin.
N'ayant pas d'autres choix, les deux autres shinobis lui emboitèrent le pas, la tête pleine de pensées sur ce dont venait de leur faire part le ninja.
Ils étaient tellement absorbés par celles-ci, qu'ils s'aperçurent à peine qu'ils étaient arrivés devant la porte de l'appartement de Sakura. Kakashi toqua trois fois, et attendit.
Une minute plus tard, des pas se faisaient entendre, et la femme leur ouvrait.
-Kakashi-sensei ? S'étonna-t-elle. –Vous ramenez encore le Premier et… Par Rikudo !
Son regard tomba sur Madara, et elle se cramponna au chambranle de la porte pour ne pas tomber.
-Madara ! S'étrangla-t-elle. –Que t'est-il arrivé ?
-Il a fait une rencontre fortuite avec Tsunade, répondit Kakashi à la place de l'ex-tête de clan.
-Tsunade-sama est de retour ? Hoqueta la kunoïchi.
-Oui, et en pleine forme… Bon ! Je vous laisse. Je dois retrouver Yamato… Prends bien soin des deux tourtereaux ! Ajouta-t-il d'un ton moqueur.
L'homme agita la main, ignora le regard meurtrier que lui envoyait Madara, et fila comme une flèche dès qu'il en eut l'occasion.
-Tourtereaux ? Répéta bêtement Sakura.
Elle resta un instant pensive, puis parut conclure qu'il devait s'agir d'une plaisanterie de son ancien mentor.
-Très bien, déclara-t-elle en refermant la porte. –Retirez vos chaussures avant de rentrer. Je viens de faire le ménage et je ne tiens pas à recommencer.
Les deux hommes hochèrent la tête. Une fois que Madara eut retiré ses sandales crottées, il se dirigea vers la salle de bain.
En passant dans le salon, il y vit Thorn, sur le canapé, qui haleta à sa vue :
-Par mes piquants ! S'exclama-t-elle. –Qu'est-ce qui s'est passé ? Et quelles sont ces horribles choses sous tes yeux ? Ah, pardon, ce sont tes rides.
Madara ne prit même pas le temps de lui répondre.
A la place, il s'enfonça dans le couloir, et ne put réprimer un léger sourire lorsqu'il entendit le rire d'Hitomi en provenance de la chambre de Sarada.
Une fois dans la salle de bain, il se déshabilla, et manqua de pousser un cri en croisant son reflet dans le miroir au-dessus du lavabo.
Pas étonnant que Sakura ait hurlé à sa vue : Il ressemblait à un des zombies qu'aurait invoqué par erreur Tobirama.
Sa peau était encore plus pâle qu'à l'accoutumé, et parcourue de stries sanguinolentes. Les poches sous ses yeux avaient viré au violet, et ses cheveux s'étaient changés en un nid d'oiseau.
D'ailleurs, sur le côté droit de son crâne, une bonne partie d'entre eux avaient été arrachés. Ce qu'il en restait était collé à sa tempe par la coagulation de son sang.
Ce n'était pas trop grave, tenta-t-il de se convaincre, bien que ses mains se crispent autour des bords du lavabo. Il lui suffirait de recouvrir la misère par d'autres mèches plus longues et le tour serait joué.
Cette femme allait le lui payer, songea-t-il tout de même alors qu'il laissait l'eau chaude laver la saleté qui le recouvrait de la tête au pied.
Il ne la tuerait pas, pour le bien d'Hashirama, mais ne laisserait pas cet affront impuni. Sûrement pas.
C'est sur ces sombres pensées qu'il sortit de la douche, et enfila son yukata blanc après s'être séché.
Il était en train d'essayer de démêler ses cheveux à la main, lorsque quelqu'un s'affaissa lourdement contre lui laissant ses bras pendre autour de son cou.
-Tu es lourd, grogna Madara.
Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait d'Hashirama : L'odeur de terre humide que dégageait l'homme était suffisant pour qu'il le reconnaisse.
La prise autour de son cou se resserra, et un nez inquisiteur vint inspecter ses cheveux.
-Allons Hashirama, soupira l'Uchiha en tapotant le bras de son ami. –C'est mouillé, je ne pense pas que tu apprécies…
-Je t'aime, l'interrompit l'Hokage, tu le sais n'est-ce pas ?
Madara se tendit, soudain mal à l'aise pour une raison quelconque.
-Oui, répondit-il prudemment, tu me le dis et prouve souvent ces derniers temps…
-Je suis profondément désolé.
Le cœur de l'ex-tête de clan se serra, et il fit volte-face.
-Ne me dis pas que tu t'excuses à cause de ce que ta petite-fille t'a dit, souffla-t-il.
Hashirama se tut, lui prouvant ainsi qu'il avait raison.
-Tu es un idiot, le rabroua-t-il en tentant vainement de croiser le regard de l'homme.
-Je t'ai renié, répliqua Hashirama. Pire encore, je t'ai littéralement écarté de la réalisation de notre rêve, me l'appropriant totalement.
-C'est faux ! S'exclama Madara. –Je suis le premier à l'avoir renié notre rêve ! Je suis le seul qui ait quitté Konoha !
-Cela n'excuse en rien ce que je t'ai fait, murmura l'Hokage, les yeux dans le vide. –Je peux l'imaginer, chuchota-t-il, aussi clairement que je te vois… Je peux me voir te planter une épée dans le dos, et te dire ces horribles choses avant d'abandonner ton cadavre sans me retourner.
Sa voix craqua, et tout son corps frissonna de la tête au pied. Horrifié, Madara réagit au quart de tour :
-Arrête, feula-t-il en attrapant le visage de l'homme.
Il le força à le regarder.
-Tu n'as rien fait de mal, tu n'as jamais rien fait de mal comparé à moi. Arrête de te blâmer ! S'il y a quelqu'un qui dois s'excuser ici, c'est moi. J'ai causé un différend entre ta petite fille et toi.
-Madara… Ca ce n'est rien, je suis sûr qu'il lui faut juste un peu de temps à Tsuna pour réfléchir.
Le ninja roula des yeux :
-Elle t'a traité d'imposteur, bouffon optimiste ! Ragea-t-il. Je suis sûr qu'il lui faudra un peu plus « qu'un peu de temps » pour qu'elle accepte de te parler.
-Mais je suis sûr qu'elle le fera.
-Une fois qu'elle m'aura étripé, oui.
Les deux hommes se turent, la respiration pantelante ne réalisant que maintenant qu'ils s'étaient éloignés du sujet principal.
Madara déglutit:
-Ecoute, commença-t-il d'une plus douce. Je ne t'en veux pas. On peut arrêter la conversation ici ?
Hashirama secoua la tête.
-Non, protesta-t-il, pas à moins que tu me promettes que nous ne nous ferons plus jamais de mal.
-Ça, nous ne pouvons pas le savoir, soupira l'ex-tête de clan.
-Promets-le-moi !
-Tu ne m'as pas écouté ? J'ai dit…
-Promets-le-moi ! Insista l'homme, le regard déterminé.
-Très bien, très bien ! Je te le promets ! Hurla Madara, exaspéré, en jetant ses bras en l'air. –Tu es content maintenant ?!
L'Hokage lui sourit radieusement :
-Très ! Gloussa-t-il, l'air d'aller soudain beaucoup mieux.
Agacé, Madara laissa échapper un « tch » dédaigneux, et croisa ses bras.
-Pourquoi je te laisse être avec moi ? Se lamenta-t-il.
-Parce que, si ce n'était pas le cas, je te manquerai trop, renifla Hashirama, amusé.
Il se pencha en avant, et frotta son nez contre celui de l'ex-tête de clan dont les yeux s'arrondirent.
-S'il te plaît, se plaignit-il, arrête de faire ça, c'est vraiment embrassant.
Pour toute réponse, son ami pouffa.
-C'est le but, plaisanta-t-il avant de lui faire signe de lui suivre.
-Tu ne vas pas te laver ? Lui demanda Madara alors qu'ils rejoignaient le salon.
-Plus tard, lui dit l'Hokage.
-Eh bien, il y a intérêt ! Je refuse de dormir dans la même chambre qu'un porc !
-Toujours aussi sympathique à ce que je vois sensei ! Ricana Hitomi en les voyant entrer dans le salon.
La jeune fille était assise, avec Sarada, à même le sol sur le tapi devant la télé. Les adolescentes semblaient jouer à un jeu de société avec Thorn, qui mâchonnait une des pièces de celui-ci, tandis qu'une Sakura accroupie tentait de la récupérer.
Apparemment, elle n'avait pas beaucoup de succès à voir son expression frustrée.
-On dirait que vous vous amusez bien, commenta Madara en venant s'asseoir sur le canapé.
Hashirama prit aussitôt place à ses côtés.
-Oh oui, grogna Sakura en forçant les mâchoires de Thorn à s'ouvrir. –Vous n'avez pas idée !
Une petite pièce argentée en forme de pâtisserie tomba sur le tapis.
-Mon gâteau ! Gémit le porc-épic.
-Ce n'est pas un gâteau ! C'est une pièce de jeu, bon sang ! S'écria la kunoïchi au moment où Hitomi poussait un cri de victoire :
-Parc gratuit ! S'écria-t-elle. –A moi le pactole !
-Zut ! Jura Sarada en observant, avec envie, son amie s'emparer d'un tas de faux billets au centre du plateau de jeu qu'elle lança en l'air, tout en caquetant follement.
-A quoi vous jouez ? S'enquit Hashirama.
A vrai dire, Madara lui-même était curieux : Jamais de sa vie il n'avait vu un jeu pareil.
-Au Monopoly, les éclaira Hitomi en comptant ses biens. –Ce truc est absolument génial ! Dommage qu'on n'ait pas le même à notre époque.
Elle leva les yeux, et laissa un sourire fleurir sur ses lèvres avant que celui-ci se fane lorsque son regard tomba sur son mentor.
-Sensei ! Hoqueta-t-elle en se levant d'un bond, qu'est-ce qui s'est passé avec vos cheveux ?!
L'adolescente se rua sur lui dans le but d'inspecter les dégâts.
-On dirait qu'on vous les a arrachés… Constata-t-elle. –Qui est la personne qui a fait ça ? Je vais la retrouver et la scalper !
-Tu ne vas retrouver personne, grogna Madara en s'éloignant des mains invasives qui lui tâtaient le crâne. –Ce n'est rien d'ailleurs, je vais juste couvrir ça avec mes cheveux. Je pense que j'en ai suffisamment pour que cela ne se voie pas trop…
-Mais les gens attentifs le remarqueront tout de suite !
-Et alors ?
-Je peux vous arranger ça si vous voulez ?
La voix de Sakura les prirent tous au dépourvu. Ils la fixèrent avec étonnement.
La femme elle-même paraissait abasourdie par ce qu'elle venait de dire.
-Euh... Fit-elle. Bien sûr, c'est seulement si vous voulez… Vos cheveux me rappellent un peu ceux de mon mari à vrai dire… Ou du moins la frange…
-Oh, dit Madara, qui ne savait, justement, pas quoi répondre.
-Quelle bonne idée ! Intervint alors Hashirama. –Ce serait vraiment génial si vous pouviez cacher un peu ce désastre, nous en serions très reconnaissants.
-Quoi ? Hoqueta l'ex-tête de clan.
-Vraiment ?! S'exclama Sakura. –Merci !
L'air de très bonne humeur, elle se dirigea vers le canapé, s'y laissa tomber, puis écarta sans manifester aucune crainte les cheveux de Madara de son visage.
L'homme en fut tellement choqué qu'il se pencha inconsciemment vers Hashirama en voulant reculer.
-Hmm… Marmonna la kunoïchi sans s'apercevoir de son trouble. –Pas tout à été arraché… Mais je reconnais que ce n'est pas beau à voir… Sensei à une sacrée poigne, n'est-ce pas ?
C'était une question rhétorique, si bien que personne ne s'embarrassa à lui répondre.
-Je me demande s'il ne vaudrait mieux pas couper cette partie…
-Pardon ?! S'étrangla Madara en se revenant subitement à la réalité. –Dans tes rêves ! Fais ça et je te jure que même Hashirama ne pourra pas te venir en aide !
Il découvrit les dents, et gronda sauvagement.
Pour une fois, Sakura parut intimidée.
-D'accord, d'accord ! Bredouilla-t-elle en levant les mains en signe de reddition.-On ne coupe pas !
L'ex-tête de clan se détendit.
-Il vaut mieux, maugréa-t-il en lui jetant un regard furibond.
-Je vais tresser dans ce cas, lui proposa Sakura une fois de nouveau calme. –Je vais te faire trois petites tresses collées de côtés. Comme ça, tu n'auras plus besoin de passer tes cheveux derrière tes oreilles, et ça te dégagera un peu le visage.
-Ca m'a l'ait d'être bien, déclara Hitomi sans laisser le temps à son mentor de protester.
Il envisagea de lui dire que, si elle faisait ça, ses poches sous ses yeux seraient encore plus visibles, mais s'en abstint : Thorn en profiterait pour se moquer de lui s'il admettait qu'il avait les cheveux longs en partie pour dissimuler ses imperfections.
-Vous avez de jolis cheveux, le premier Hokage et toi, déclara soudain Sakura quelques minutes plus tard.
Sarada et Hitomi avaient repris, avec Thorn, leur partie de Monopoly Si bien que Madara eut du mal à l'entendre à travers leurs cris d'enthousiasme.
-Euh… Merci ? Marmonna-t-il sans la regarder.
En ce moment, les mains de la femme étaient aussi douces que sa voix. Il avait l'impression d'avoir affaire à une personne différente par rapport à ses premiers jours chez elle.
-N'est-ce pas ? S'exclama joyeusement Hashirama en prenant la parole.
Il se passa les doigts dans ses cheveux bruns.
-Tu n'imagines même pas tout l'entretien que ça demande !
-Je sais, répliqua Sakura sans détourner les yeux de sa tâche. –Je les aie eus longs moi aussi.
-Et tu les as coupés ?! Haleta Madara sans pouvoir s'en empêcher.
La femme haussa un mince sourcil rose :
-Eh bien, oui, ils me gênaient pour le travail, répliqua-t-elle. –C'est si choquant que ça ?
-Je déteste les cheveux courts, renifla le ninja en levant le menton.
-A chacun ses goûts, déclara la kunoïchi avec indifférence.
Elle s'écarta de lui, et hocha la tête d'un air appréciateur.
-J'ai fini, dit-elle.
-Fait voir, fait voir ! S'écria immédiatement Hitomi en se levant.
-Oui ! Fait voir ! Grinça Thorn. Est-ce que ses rides sous ses yeux sont encore plus visibles ?
Les deux se précipitèrent sur Madara qui, instinctivement, s'enfonça plus profondément dans le canapé.
Son élève fut la première à faire un commentaire :
-Ça vous va bien, dit-elle, c'est la première fois que je vois totalement un côté de votre visage.
-On voit encore plus tes rides maintenant, ricana Thorn.
Elle se prit un coup de pied de la part d'Hitomi, mais la mordit en guise de représailles.
Tandis que la jeune fille pestait bruyamment, Madara ne pu s'empêcher de se tourner vers Hashirama, comme s'il recherchait son approbation.
L'homme lui adressa un grand sourire :
-Ca change, déclara-t-il, ça te rajeunit !
-Ah, parce qu'à tes yeux j'ai l'air vieux ? S'offusqua l'ex-tête de clan.
Il ignora le « Tu n'as pas l'air vieux, tu l'es » de Thorn, et laissa le mangekyou-sharingan faire une brève apparition dans ses yeux pour signaler son mécontentement à son ami qui pâlit subitement.
-Non ! Non, bien sûr que non ! Bredouilla Hashirama en secouant la tête en tout sens. –Tu es parfait !
-Je préfère, renifla Madara, vaguement amusé, en lui donnant un coup de coude amical.
Apparemment, il frappa plus fort que prévu étant donné que l'Hokage gémit.
Satisfait, l'homme se retourna brusquement et tomba nez à nez avec Sakura qui lui lança un regard étonné.
La femme fut la première à reculer.
-Désolée, toussota-elle, c'est juste que… Je vous trouve très proches tous les deux…
-Oh… Tu n'as pas idée, ricana Hashirama.
Madara lui envoya un regard noir.
Par chance, Sakura ne parut pas saisir l'insinuation, à l'inverse d'Hitomi et Thorn qui étrécirent les yeux d'un air soupçonneux.
-Je vais devoir partir, déclara alors la kunoïchi en se levant, je suis de garde cette nuit à l'hôpital… Il y a de la nourriture dans le frigo, n'hésitez pas à vous servir.
Elle s'étira, puis soupira avant de se diriger vers le hall.
-Je vous dis à demain, leur dit-elle avant de claquer la porte derrière elle.
C'était la première fois qu'elle quittait sa maison sans se mordre la lèvre, en fixant Madara comme s'il allait profiter de son absence pour tuer sa fille.
Voilà qui était inattendu, songea le ninja en passant doucement les doigts sur sa nouvelle coiffure.
-Ma… Madara ?
Une petite voix aiguë le tira de ses pensées, et il leva la tête pour tenter de rencontrer le regard fuyant de Sarada.
-Oui ? Fit-il.
-Je… Euh…
Elle bégaya quelques paroles sans queue ni tête, puis se mura dans le silence.
-Sensei, intervint Hitomi, la prenant en pitié. –Elle veut vous poser des questions sur le sharingan.
-Hitomi ! Haleta l'adolescente.
Ses joues étaient rouges, et elle redressa nerveusement ses lunettes sur son nez.
Madara ne prêta aucune attention à cela. Il était bien plus préoccupé par le fait qu'une jeune Uchiha veuille lui poser des questions sur leur kekkai genkai.
-Pourquoi ? Demanda-t-il. Tu n'as pas le sharingan ?
-Si ! Glapit Sarada. –Cela fait déjà quelques mois que je l'ai !
Les yeux de l'ex-tête de clan, ainsi que ceux d'Hashirama s'arrondirent :
-Qu'as-tu perdu ?! S'exclama le premier.
-Pauvre enfant ! Hoqueta l'Hokage.
-Ce que j'ai perdu ? Répéta l'adolescente sans comprendre. –Je n'ai rien perdu.
Les deux hommes se jetèrent des regards interloqués.
-Mais dans ce cas… Comment as-tu éveillé ton sharingan ? L'interrogea Madara, de plus en plus perplexe.
-J'allais rencontrer mon père pour la première fois, lui expliqua Sarada. –J'étais tellement excité et triste à la fois que je l'ai débloqué…
Un ange passa.
-Qu'avez-vous voulu dire par perdre quelque chose ? Ajouta-t-elle après coup.
Madara grimaça.
-Ton père ne t'a donc rien expliqué ? Grinça-t-il, estomaqué.
-Elle vient dire qu'elle l'avait rencontré il y seulement quelques mois… Lui murmura Hashirama en accroissant sa stupeur.
Alors comme ça, Uchiha Sasuke avait laissé à sa femme le soin d'élever un enfant seul ?
Ses dents se serrèrent à cette pensée. Cela lui rappelait son père qui n'avait regardé aucun de ses fils jusqu'à ce que ceux-ci soit en âge de se battre.
Madara prit une grande inspiration.
-Sarada, déclara-t-il solennellement, je dois m'avouer surpris que tes parents ne t'aient rien dit… Bien que je pense que ce soit pour te protéger…
-Vous n'allez rien me dire vous aussi alors ? Marmonna amèrement l'adolescente.
Le ninja secoua la tête.
-A vrai dire non, je compte te dire la vérité…
Sakura n'en serait pas ravie… Mais il s'en fichait.
-Ecoute, commença-t-il avec gravité, la première forme du sharingan…
-Première forme ?!
-Oui, première forme, soupira Madara en se massant les tempes.
Cela promettait une longue discussion, il le sentait jusqu'à la moelle de ses os. Hashirama sembla d'ailleurs le prendre en pitié, et lui frotta l'épaule.
-Comme je disais, poursuivit-il, pour obtenir le sharingan à son premier niveau, il faut perdre quelque chose de cher. Jusqu'à maintenant, j'ignorai qu'on pouvait le débloquer simplement par… Excitation tu as dit ?
Sarada hocha la tête.
-Quelles sont les autres formes du sharingan, sinon ? S'enquit-elle.
-Eh bien, si tu es parvenu parvenue à obtenir un sharingan mature, c'est-à-dire avec trois tomoes, ce qui suit est le mangekyou-sharingan…
Il marqua un arrêt dans son récit, revivant soudain le jour ou il avait assassiné son père. Un frisson de dégoût le parcouru, et il résista à l'envie de plaquer une main contre sa bouche.
-Madara ?
Hashirama le fixa avec toute la préoccupation du monde.
-Ca va, souffla-t-il avant de reporter son attention vers Sarada.
-Le mangekyou-sharingan est très puissant, souffla-t-il, mais nécessite de vivre un immense traumatisme pour l'avoir.
-Un immense traumatisme ? Déglutit Sarada. –Comme quoi ? Vous avez ce mangekyo-sharingan n'est-ce pas ?
-J'ai l'éternel mangekyou-sharingan, nuance. Mais sinon, par traumatisme, je parle évidemment de la perte d'un être cher…
La jeune fille parut tout bonnement répugnée.
-J'espère ne jamais l'avoir dans ce cas… Murmura-t-elle. –Je n'ai pas besoin de ça pour devenir forte.
Un petit sourire flotta sur les lèvres de l'ex-tête de clan.
-Tu as bien raison, dit-il en se penchant en avant pour ébouriffer les cheveux de l'adolescente. –Ce n'est pas en se reposant sur son sharingan qu'on devient puissant.
Sarada devint rouge comme une pivoine, et plaqua ses deux mains sur sa tête.
-De plus que le mangekyou finit toujours par rendre son porteur aveugle.
-Hein ?
L'embarra de la jeune fille s'évanouit, telle une brise printanière. Même Hitomi, qui se contentait d'écouter jusqu'à là, parut choquée.
-Que voulez-vous dire ? Balbutia-t-elle. –Vous n'êtes pas aveugle, si ?
-Bien sûr que non, intervint Hashirama. –Mais à un moment, il l'a presque été. Du moins, jusqu'à Izuna lui donne son propre Mangekyou sur son lit de mort.
-Qui ? S'exclamèrent les deux jeunes filles en cœur.
-Son frère.
Cette fois, ce fut au tour de Thorn de se joindre à la conversation. L'animal se dandina jusqu'au canapé, et l'escalada difficilement à l'aide de ses griffes pour aller s'affaler sur les genoux de Madara.
-Izuna était un adorable jeune homme, soupira-t-elle, les yeux dans le vide. –Madara et lui s'adoraient… Malheureusement il a succombé aux blessures que lui avait infligées Senju Tobirama.
Un lourd silence accueillit cette déclaration.
-Le… Le deuxième Hokage a tué le frère de Madara, parvint à croasser Sarada, une minute plus tard.
-Oui.
-Par le Sage, haleta Hitomi, et vous avez le courage de travailler avec lui, sensei ?!
-Il le faut bien, grimaça Madara, dans ma première vie, mon incapacité à accepter sa mort est une des choses qui m'ont poussé à quitter le village.
-C'est… C'est sa mort qui vous a fait éveiller ce Mangekyou ? Lui demanda Sarada.
-Non, je l'avais déjà avant. C'est la mort de mon père qui a provoqué son apparition…
-Oh… Vous deviez être très proche alors.
Madara secoua la tête :
-Non, je ne l'aimais pas vraiment pour tout te dire… Ce n'est pas le fait que je l'ai tué qui m'a fait activer le Mangekyou, mais plutôt de la manière dont je m'y suis pris pour le faire.
A ses côtés, Hashirama se raidit.
-Comment ça ? Demanda précipitamment l'homme.
-Oui, comment ça ? Renchérit Sarada, avant d'ajouter rapidement : -Si ce n'est pas indiscret bien sûr !
-Je lui ai arraché la jugulaire, à dent nue, répondit Madara en se perdant dans ses souvenirs, et n'entendant à peine les exclamations d'épouvante qui suivirent sa confession.
-Il venait tout juste de tenter de tuer Izuna… Continua-t-il. J'avais tenté de le défendre, mais à cette époque j'étais faible : Mon père a réussi à me plaquer au sol et menaçait de me tuer à mon tour… J'étais désarmé, je n'avais plus rien pour me défendre. J'ai donc utilisé les dernières armes dont je disposais : Mes dents.
Il acheva son récit en un murmure se frottant inconsciemment les coins des lèvres.
Il se rappelait encore des jours qui avait suivit ce funeste événement : Il avait vomi tous ses repas, et n'avait cessé de rincer la bouche à chaque fois qu'il en avait l'occasion.
Si Izuna n'avait pas été à ses côtés à ces moments-là, aucun doute qu'il serait devenu fou.
-Vous voyez, déclara l'ex-tête de clan en adressant un sourire tordu à son audience. –C'est ça les horreurs de la guerre et des combats : Elle pousse les hommes à commettre des actes dont ils s'ignoraient même capables. Pour le meilleur ou pour le pire. Voilà ce qu'un être humain est capable de faire s'il est poussé dans ses derniers retranchements.
Sarada et Hitomi écoutèrent son récit jusqu'à la fin avec une fascination morbide.
-C'est horrible, chuchota finalement la première adolescente.
Son amie hocha la tête, blême.
-Vous en avez du courage de vivre avec ça, sensei, hoqueta-t-elle.
-Ce n'est pas du courage, la contredit Madara, mais de la persévérance.
Durant les minutes qui suivirent cette affirmation, personne ne pipa un mot, méditant sur ces paroles. Seul Hashirama se risqua à ouvrir la bouche :
-Vous avez faim ?
Son brusque changement de sujet lui valut plusieurs regards consternés.
-Moi, oui, répondit Thorn, en haussant les épaules.
-Moi aussi en fin de compte, déclara Hitomi.
-De même je suppose, marmonna Sarada. –Je vais voir ce qu'il y a dans le frigo.
-Pas besoin, lui dit Madara en se levant (Thorn fut sans scrupule envoyée à terre). –Je vais m'en charger. Finissez votre partie de Monopolo.
-C'est Marco-polo, le corrigea Thorn, le museau enfoncé dans le tapis.
-N'importe quoi ! S'indigna Hitomi. C'est Monopoly !
-C'est ce que je disais, grogna l'invocation.
Madara n'écouta pas le reste. Avec Hashirama, il se dirigea vers la cuisine et s'empara de la nourriture que Sakura leur avait laissée dans le frigo.
A eux deux, en à peine une dizaine de minutes, ils avaient mis les couverts et servaient le repas.
-De la soupe aux champignons ! S'exclama joyeusement Hashirama en s'asseyant. –J'adore ça !
-Vous aimez tous les légumes de toute manière, gloussa Hitomi.
-Pas faux. Mais les champignons sont ceux que je préfère.
-Est-ce que les champignons sont-ils même des légumes ?
-Madara… Ne me dis pas ça, je vais y réfléchir toute la nuit sinon.
-En fait, intervint Sarada en prenant un ton docte, selon les dictionnaires, les champignons sont des légumes. Cependant, botaniquement, ils constituent une espèce à part.
Un silence accueillit sa déclaration, et la jeune fille parut gênée par les regards qu'elle recevait.
-Eh bien, voilà qui répond à notre question, déclara Madara, un instant plus tard. –Tu en sais des choses !
-Oh ! Merci ! Haleta l'adolescente, flattée.
La tension retomba, et tous purent savourer leur repas. Madara était en train de finir sa soupe lorsqu'Hashirama se redressa soudainement.
Sa cuillère se retrouva suspendue entre son assiette et sa bouche.
-J'allais oublier ! S'écria l'Hokage.
-Oublier quoi ? Grommela Thorn qui mangeait à même le sol.
-Oublier de vous annoncer que Madara et moi nous étions finalement mis ensembles !
La cuillère de l'ex-tête de clan atterris dans sa soupe, envoyant des éclaboussures sur son yukata blanc. Il n'y prêta aucune attention, bien plus préoccupé par la bombe que son compagnon venait de lâcher.
-Oh mon dieu !
Le cri d'Hitomi retentit dans la cuisine, et la jeune fille bondit littéralement de sa chaise.
Ses yeux brillaient, et elle semblait rayonner de joie.
-Enfin ! Je suis tellement contente pour vous. Tu ne penses pas Sarada ?
-Hein ? S'étrangla son amie, le teint verdâtre, et l'air secoué.
-Mito avait raison ! Enchaîna sans attendre Hitomi. –Est-ce que ça veut dire que vous allez vous installer ensemble ?!
-Quoi ? Souffla Madara, choqué par la réaction inattendue, à ses yeux, de son élève.
-S'installer ensemble ? Répéta Hashirama. J'admets que ce serait fantastique si vous vous veniez vivre chez moi !
-Attends ! L'interrompit l'ex-tête de clan en fronçant les sourcils. –Pourquoi chez toi et pas chez moi ?
L'Hokage lui adressa un regard torve :
-Parce que le fond d'une forêt n'est pas l'endroit idéal pour vivre. Surtout pas pour Hitomi qui a besoin d'être en contact avec le monde extérieur pour ne pas devenir une asociale comme toi.
Profondément indigné, Madara s'apprêtait à répliquer lorsque Sarada se racla la gorge :
-Excusez-moi, bégaya-t-elle, mais… Mais le premier Hokage n'était pas supposé avoir une descendance ?
Elle jeta un regard sceptique à Madara, s'attardant sur son corps comme si elle le soupçonnait d'être en réalité une femme en secret.
Réalisant que ce n'était pas le cas, elle fit de même avec Hashirama et parut en conclure la même chose.
-Est-ce que c'est parce que Madara est resté au village que les choses ont tourné ainsi ? S'enquit-elle finalement.
-C'est cela, approuva Hashirama en s'emparant d'un morceau de pain qu'il jeta sans ménagement dans sa bouche.
-A l'origine, ajouta-t-il, je devais épouser Mito, ce que j'ai apparemment fait dans cette ligne temporelle. Sauf que je ne le voulais pas plus que avons alors harcelé Madara pour qu'il nous tire de ce mauvais pas.
-Oh… Je vois, marmonna Sarada, visiblement rendue mal à l'aise par cette idée. –Tant mieux pour vous dans ce cas…
-Deux petites secondes ! Intervint Thorn en grippant sur la table. –Si vous vous êtes ensemble…
Elle fit face à Hashirama, ses piquants soudain plus hérissés qu'à l'accoutumé.
-Est-ce que ça veut dire que vous avez fait… Quelque chose ?
Elle retroussa les babines, révélant sa mâchoire édentée.
Hashirama déglutit bruyamment, et le cœur de Madara se mit à battre à cent à l'heure.
-Euh… Commença l'Hokage, pour te dire la vérité, en fait la réponse est…
-Pas devant des enfants ! Rugit Madara en s'emparant d'un morceau de pain qu'il fourra violemment dans la bouche de son amant qui se mit immédiatement à suffoquer.
-Je ne suis pas une enfant, sensei ! Protesta soudain Hitomi en sautant sur le dos de son mentor pour s'y cramponner, tel un bébé koala.
-Je vais te tuer ! Tonna alors Thorn.
L'animal tenta de se jeter sur Hashirama, mais se vit retenu par Sarada qui avait dû bondir sur la table pour l'empêcher de s'en prendre au premier Hokage.
L'homme était actuellement occupé à tirer sur l'arrière du yukata de l'ex-tête de clan qui semblait bel et bien déterminé à l'étouffer.
Ce fut à ce moment précis que la porte de l'appartement s'ouvrit.
Les cinq occupants de la cuisine se figèrent.
Des sons de pas se firent entendre, et Sasuke passa le seuil de la cuisine pour aussitôt marquer un arrêt lorsqu'il tomba sur cette scène grotesque.
Paralysé, l'homme les observa avec incrédulité. Madara, lui, le dévisagea avec horreur, mortifié de s'être fait surprendre à agir de la sorte.
Il fallut un long moment avant que quelqu'un se résolve à prendre la parole.
-Euh… Bienvenu à la maison ? Balbutia Sarada.
Et c'était le chapitre 24 !
Franchement, j'ignore ou non si vous trouverez que la réaction de Tsunade est juste ou non, alors n'hésitez pas à me le dire. Bref, de toute manière je pense que chacun d'entre vous se doutait qu'elle ne prendrait pas bien le fait que son grand-père embrasse le plus grand criminel que le village ait connu et, accessoirement, un homme.
En gros c'est comme si votre grand-père vous annonçait, après soixante de mariage avec votre grand-mère, qu'il la quittait pour l'autre papy du coin de la rue.
Le choc est assuré.
Bref… Passons aux…
Commentaires en vrac ! :
-Vous savez pourquoi Tsunade a arraché les cheveux de Madara en réalité ?
-Elle vérifiait que ce n'était pas une perruque.
-Durant la quatrième grande guerre, elle s'est plusieurs fois demandé si Madara n'avait pas arraché la peau d'un hérisson, et se l'était foutu tel quel sur la tête.
-Bref, que dire d'autre… (Je n'ai aucune idée pour ces commentaires en vrac).
-Ah !
-Ah non en fait…
sawqthjgggggggggggg
-Lol, mon chien vient de mettre sa tête sur le clavier de l'ordi. On dirait qu'il nous a laissé un message.
-Mais bon… Ce n'est pas le plus important.
-Comme vous vous en doutez, Sasuke est sur le c*l. Ce n'est pas tous les jours qu'on tombe sur Uchiha Madara qui tente de tuer le premier Hokage avec un vulgaire morceau de pain. Le pire c'est que Sarada s'est retrouvée mêlé à tout ça sans rien demander.
-Ce doit être le prix à payer pour être amie avec Hitomi…
-Oh ! Avant de terminer (oui, parce que je n'ai vraiment mais alors vraiment aucune idée pour ces commentaires).
-Vous avez probablement remarqué que traiter Madara de vieux était le running-gag de cette fic. Je ne sais pas si ça vous fait marrer, mais moi oui. Très même.
Bon, voilà pour ce chapitre.
Avant de partir je veux juste dire que le nombre de review à assez diminué. Je sais qu'il ne se passe pas grand-chose d'intéressant dans les derniers chapitres, alors j'espère que celui-ci aura réussi à vous séduire. L'action arrive dans pas longtemps, promis.
Voilà, à part ça, je vous dis à la prochaine fois ^^
