Eva : Coucou, merci beaucoup, vraiment. Je suis vraiment contente qu'elle te plaise. Et bien, la suite maintenant... pour l'instant, une fois par semaine mais quand j'aurais fini l'histoire, soit bientôt, ce sera plus souvent. Cela dit, quand ce sera le cas, il ne restera plus beaucoup de chapitres avant la fin... Bonne lecture.

Chapitre 23

Je suis réveillée par des rires graves et gémis en voyant l'heure qu'affiche mon radio réveil. Je laisse ma tête retomber sur l'oreiller et tente de me rendormir mais rien à faire. Je me lève et descends pour connaître l'identité des perturbateurs. Je suis surprise de découvrir six indiens dans la cuisine en train d'avaler toutes sortes de gâteaux.

Je reconnais Paul et Jacob ainsi que quelques têtes que j'ai déjà croisées, à la réserve ou au Darkness et tous étaient présents lors de l'affrontement de la semaine dernière.

« Salut petite, me lance Paul.

« Vous m'avez réveillée, grogné-je.

« Ça se voit sur ta tête, ricane-t-il. Il est presque 9h, tu n'es pas censée être en cours ?

Je reste un instant figée. Oui, tiens, ne suis-je pas censée être en cours ? J'ai complètement oublié l'existence du lycée, à vrai dire. Il se passe trop de choses dans ma vie.

« Je ne sais pas quand je suis censée réintégrer l'école.

Je hausse les épaules. Je ne dis pas non à quelques jours de vacances, cependant.

« Tu n'iras pas pour le moment, déclare Edward qui vient brusquement d'apparaître devant moi.

Il me fait un bisou sur le front.

« Bien dormi ? Me demande-t-il.

« Ouais mais ces gens m'ont réveillée, fais-je, faussement boudeuse en balayant l'air de ma main dans leur direction.

« Ces gens ? Répète Paul.

Je lui fais un sourire narquois.

« Je croyais que vous vous détestiez ? Demandé-je.

« Sasha ou l'art de mettre les pieds dans le plat, s'amuse Jasper qui entre tranquillement suivi d'un autre indien baraqué et d'un vampire que je n'ai pas vu depuis longtemps.

Eleazar, l'un des vampires chez qui Edward m'avait emmenée petite.

« Bonjour Sasha, me salue-t-il.

« Bonjour Eleazar, lui souris-je.

« Tu te souviens de moi ?

« Bien sûr... tu es là depuis longtemps ?

« J'étais déjà arrivé avec mon clan le matin où tu es partie chez ta tutrice.

« Ah, fais-je simplement.

Je ne sais pas quoi dire d'autre. Je ne les avais même pas vus. Je m'échappe de la cuisine parce qu'à ce rythme, il n'y aurait bientôt plus de place pour bouger et il faut que j'aille aux toilettes, prendre une douche et m'habiller.

Quand je reviens une fois apprêtée, je trouve Rosalie et Emmett dans le salon en compagnie de la moitié des Quileutes qui se trouvaient dans la cuisine qui est maintenant complètement vide.

« Rosalie ?

Elle tourne la tête vers moi sans afficher la moindre émotion.

« J'aimerais te parler, deux minutes.

Ses yeux se font questionneurs mais elle hoche la tête avant de faire signe à Emmett et aux Indiens de nous laisser.

« Ne me l'énerve pas trop, me prévient Emmett en me décoiffant quand il passe près de moi.

Je grogne pour la forme et me recoiffe. Rosalie s'asseoit sur le canapé et je m'installe sur le fauteuil. Elle attend que je commence et je me rend compte qu'elle ne va pas me faciliter la tâche en engageant elle-même la conversation. Mais c'est moi qui veut lui parler alors, je dois bien commencer.

« Je sais qu'on n'a jamais... été vraiment proche, toi et moi, débuté-je. Et je sais que tu aimes être le centre d'attention et j'ai joué avec ça, au lycée. Je m'excuse pour ça, je ne suis pas... comme ça, d'habitude. J'avais toujours été plus ou moins effacée avant d'arriver à Forks mais je savais comment faire pour attirer l'attention et je l'ai fait juste pour me venger. Désolée.

Pour la première fois depuis nos retrouvailles, elle m'adresse un sourire, franc et sincère.

« Ce n'est pas comme si tu m'avais fait du mal, souffle-t-elle. Tu es déstabilisante, ta facilité à attirer le regard est irritante mais ce qui m'énerve le plus c'est que toi, tu ne m'aimes pas.

« Je ne te déteste pas mais tu n'as rien fait pour que je t'apprécie d'une quelque façon que ce soit.

Ses sourcils se froncent, ses yeux deviennent méprisant.

« J'ai tout fait pour être dans tes bonnes grâces, rugit-elle en serrant les poings.

« Bien sûr que non, protesté-je. Tu faisais tout pour m'éloigner de mon père !

Elle affiche une moue incrédule, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte.

« Je ne voulais pas t'éloigner de lui, je voulais avoir du temps avec toi, m'occuper de toi.

Je prends une grande inspiration pour faire disparaître les vestiges de ma colère naissante. Il y a visiblement un malentendu entre Rosalie et moi.

« Je ne l'ai pas pris comme ça quand tu ne voulais pas qu'il me récupère ou quand tu t'éloignais de lui avec moi dans les bras. Tout ce que j'ai compris, moi, c'était que tu voulais m'en éloigner.

« Oh, murmure-t-elle. Non, bien sûr que non. Ce n'est pas ce que je voulais faire.

« Tu as été la seule à agir comme ça, lui fais-je remarquer. Pourquoi ?

« Viens, approche, je vais te raconter mon histoire, peut-être que tu comprendras.

Je me lève et m'installe à ses côtés, attendant son récit tandis qu'elle prend une grande inspiration.

« A l'époque où j'étais humaine, je n'aspirais qu'à une chose, avoir une famille, des enfants. J'étais fiancée avec Royce King, un bon parti. Un jour, lui et ses amis m'ont fait du mal et m'ont laissée comme morte au milieu de la rue. Carlisle m'a trouvée et m'a transformée. Je me suis vengée, ça m'a fait du bien mais avec ma transformation, je n'avais pas seulement abandonnée mon humanité, j'avais aussi perdue l'espoir d'avoir un enfant un jour. Et puis Edward est arrivée avec toi dans les bras... j'avais pensé pouvoir m'occuper de toi, avec Edward mais tu ne m'en as pas laissé l'occasion. Je comprends maintenant pourquoi, j'aurais dû m'y prendre autrement.

Je lui souris. Peut-être que si j'avais su ça, j'aurais été plus facilement avec elle. Enfin, j'étais petite, je n'aurais pas pu comprendre les conséquences de ce qu'elle avait vécu. Je ne peux pas réparer maintenant, on ne peut pas retourner en arrière mais, peut-être, dans le futur...

Paul et un des ses copains arrivent dans la pièce et nous trouvent l'une assise en face de l'autre.

« On interrompt quelque-chose, non ? Lance joyeusement l'ami de Paul.

« Ferme-la, le chiot, grogne Rosalie en lui lançant un regard assassin.

Celui-ci, guère perturbé ricane. Rose reporte son attention sur moi.

« On a mal commencé, toutes les deux mais nous nous rattraperons, me confie-t-elle. Je te laisse avec ces crétins parce que je les supporte déjà assez comme ça.

Sur ces mots elle quitte la pièce, en ignorant les dits-crétins qui lui lancent des sourires goguenards.

« Hey, je suis Quil, se présente l'Indien près de Paul. Alors, tu es donc Sasha, la fille pas si humaine du vampire pas si sanguinaire ?

« C'est une façon de voir les choses, souris-je, amusée.

Il s'installe à mes côtés, Paul, quant à lui, s'adosse au mur, au fond de la salle.

« Faisons connaissance, je sens qu'entre toi et moi, il y a quelque-chose qui se profile, m'annonce-t-il.

Oh non, un Mike version indienne.

« Tout ce qui se profile entre toi et moi, c'est un gouffre immense, rétorqué-je.

« Oh, tu me vexes, se plaint-il.

Il appuie son regard, comme s'il tente de me faire comprendre quelque-chose.

« Allez, je suis sûr que tu ressens quelque-chose pour moi, j'ai bien vu comment tu m'as regardé tout à l'heure.

Toujours avec son regard appuyé, il me lance un sourire charmeur. J'entends le soupir de Paul et le sourire de Quil s'accentue. Et là je comprends : il m'offre la chance unique de pousser Paul dans ses derniers retranchements. Je me mords la lèvre pour éviter qu'elles ne me trahissent.

« Bon, c'est vrai, je t'ai reluqué, un peu, mais... je ne te connais pas tellement.

« On a tout le temps pour apprendre à se connaître...

« Quil, le prévient Paul d'un ton menaçant.

Je tourne la tête vers Paul en essayant d'avoir un air questionneur, celui-ci hausse les épaules.

« Ignore-le, me suggère Quil.

Ness apparaît sous l'encadrement de la porte qui sépare le salon et le hall d'entrée.

« Jacob est là ?

Quil se tourne vers elle.

« Bonjour, fait-il sarcastique. Il est avec les autres dans la clairière.

Le sourire de Ness s'agrandit et elle s'en va sans demander son reste.

« Bon, en parlant de faire connaissance, lance Quil en se tournant à nouveau vers moi, mes lèvres ont très envie de faire connaissance avec les tiennes.

Je rougis, même si je sais que c'est juste pour pousser mon loup à bout, je ne peux pas m'en empêcher. Quil tend la main vers ma joue, d'une lenteur que j'aurais décrit comme affligeante si Paul avait été à sa place. Quand sa main chaude entre en contact avec ma joue, un grognement animal nous parvient, Quil l'ignore et s'approche doucement de mon visage. Il n'est pas à dix centimètres quand Paul entre dans mon champ de vision, en train de se jeter sur Quil qui se lève, les deux mains en avant.

« Calme-toi Paul, calme-toi, j'allais pas le faire, s'écrie Quil alors que Paul se fait menaçant, l'obligeant à reculer d'un pas.

Paul tremble et Quil lui lance un sourire insolent qu'il n'aurait peut-être pas dû faire puisque Paul l'attrape par le cou et le propulse contre le mur. Je ne bouge pas du canapé, inquiète. Le regard de Quil tombe sur moi et il me fait un clin d'œil. Bon, s'il est toujours amusé, c'est qu'il sait ce qu'il fait.

« Bordel, Paul, tu vas casser la maison de Sasha et je vais être obligé de l'héberger, raille Quil.

Paul lui répond par un autre grognement. Je reste attentive, ne voulant perdre aucune information que ce petit affrontement va me donner.

« Et bien, qu'est-ce qui te prend ? Elle est célibataire, je voulais juste tenter ma chance, ricane-t-il.

« Putain, mais ferme-la ! Gronde Paul. Tu cherches à faire quoi, au juste ?

« Je viens de le dire, s'indigne Quil.

Paul grogne encore.

« Ne t'approche plus d'elle, le menace-t-il.

« Et en quel honneur, je ferai ça ? Rétorque Quil, maintenant énervé.

« Parce qu'elle est mon empreinte, rage Paul.

Quil sourit à pleines dents. Il est bon comédien, on aurait vraiment dit qu'il était énervé deux secondes avant.

« Je le savais ! S'exclame-t-il, fier de lui.

Et moi je suis perplexe. Son empreinte ? C'est quoi ce truc ?

« Putain, souffle Paul. Cours, Quil... cours vite.

Celui-ci ne se fait pas prier et s'enfuit hors de la maison. Paul se retourne vers moi et voit mon air scrutateur. Il ouvre la bouche, puis la referme, il secoue la tête et se lance à la poursuite de Quil. Moi qui voulait des infos, je n'ai rien compris. Ça me confirme juste que Paul n'est pas indifférent à ma petite personne... et ça, c'est une bonne chose.

Je me lève et me dirige dans la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. J'ai la tête dans le frigo quand j'entends un placard claquer derrière moi. Je me redresse et voit Ness prendre un bol, visiblement de mauvaise humeur. Je retourne à la recherche de quelque-chose à me mettre dans l'estomac et déniche une boisson chocolatée. Je m'adosse au plan de travail et pique la paille dans l'encoche prévue. Ness mange ses céréales sans grande conviction et je la regarde de temps en temps, pour ne pas la fixer et la mettre mal à l'aise. Il faut que j'entame mon premier pas vers ma rédemption mais je perds le courage et me dit que ça peut attendre, j'ai la journée pour ça.

Une vampire blonde entre dans la cuisine, Tanya. Je me rappelle avoir voulu l'écraser avec mon trotteur trop petit et pas assez costaud et ne peut m'empêcher de sourire face à ce souvenir.

« Tu as bien grandi, me dit-elle. Enfin, pas tant que ça. Je ne pensais pas que c'était possible de faire plus petit qu'Alice.

« Ah, ah, rétorqué-je.

Elle me lance un sourire avant de continuer :

« Il paraît que tu es devenue une petite peste.

« Laisse-la tranquille, Tanya, me défend Ness.

Je fixe Ness, surprise. Elle vient vraiment de me défendre ?

« Ok, capitule Tanya en haussant les épaules. Tu as l'air de mauvaise humeur, ma jolie.

« Je voulais regarder l'entraînement mais papa m'a envoyée prendre mon petit-déjeuner, s'agace-t-elle.

Tanya ricane.

« Seulement l'entraînement, hein ? S'amuse celle-ci.

Les joues de Ness rougissent et je me demande si elle n'a pas craqué pour l'un des loups, elle aussi. Comme elle a demandé après Jacob tout à l'heure, je ne mets pas longtemps à faire le lien. Mais d'abord, c'est quoi cette histoire d'entraînement ?

« Ils s'entraînent à quoi ? Demandé-je.

« Aux échecs, c'est évident, lance Tanya, sarcastique.

Je lève les yeux au ciel avant de jeter la briquette vide à la poubelle. Tanya ne fait pas partie de ma famille, je ne suis donc pas obligée de l'aimer. Cependant, je retiens l'insulte qui me démange la langue, par égard pour mon père qui est ami avec cette connasse.

Après avoir passé une heure ou deux devant la télé, je décide qu'il est temps de faire un pas vers ma sœur. Ne sachant absolument pas où elle peut bien se trouver, je pars à la recherche d'un vampire ou d'un loup qui pourrait me renseigner. La villa est vide alors je sors mais ignore où tout le monde se trouve. Je vois finalement Emmett et Rose qui rentrent main dans la main, Emmett la regarde d'un air lubrique. Rose me voit et le frappe à l'épaule avant de me pointer.

« Sasha, je ne t'avais pas vue, me dit-il. Tu as besoin de quelque-chose ?

« Je cherche Renesmée, révélé-je.

« Pas la moindre idée d'où elle se trouve, déclare Emmett.

« Tu vas tout droit par là et tu devrais tomber dessus, m'indique Rose en pointant vers ma gauche.

« Ok, merci.

Je leur fait un signe de la main et me dirige dans la direction indiquée. Au bout de dix minutes, je me demande si elle ne m'a pas fait une mauvaise blague en ne voyant toujours personne. Je demande à Tisha d'aller voir pour moi, contente que je fasse appel à elle, elle se dirige tout droit en me faisant profiter de ses sens et arrive finalement près de Ness qui se trouve avec Jacob. Ils discutent assis sur le tronc d'un arbre déraciné et aucun des deux ne fait attention à la panthère qui est arrivée silencieusement. Soulagée, je reprends mes sens et la marche. Tisha s'éclipse pour me suivre de sa forme évaporée. Il me faut dix minutes de plus pour tomber sur eux.

« Salut Sasha, me salue jovialement Jacob.

« On s'est vu tout à l'heure, lui rappelé-je.

« Ouais mais tu avais trop la tête dans le cul pour me saluer, tout à l'heure, rigole-t-il.

« Ouais, bon, ça va, soufflé-je. Tu peux nous laisser ?

« Je pourrais... admet-il.

« S'il te plaît, ajouté-je.

Il se lève en soupirant.

« D'accord, je serai par là, si vous avez besoin de moi, nous annonce-t-il en faisant un geste de la main vers la direction d'où je viens.

Je m'installe à sa place et attend qu'il soit suffisamment loin pour engager la conversation. Ça m'est plus difficile qu'avec Rose et je me rends compte que ce sera pire avec Bella.

« Je suis désolée, dis-je piteusement. Je ne voulais pas faire tuer ta mère ni toute la famille.

« Non, mais tu voulais la faire enfermer, réplique-t-elle.

Il n'y a pas d'animosité dans son ton, elle constate simplement les faits, de façon totalement impassible.

« Je... ouais, désolée. Je me suis laissée aveuglée par ma colère et ma jalousie.

« Et tu t'es faite avoir par une vampire dangereuse, poursuit-elle.

« Ouais, marmonné-je, loin d'être fière.

« Elle est ma mère, Edward est mon père. Bella et moi faisons partie de cette famille, au même titre que toi.

« Je sais...

Une boule s'incruste dans ma gorge. Ouais, on fait partie de la même famille... mais moi, il me reste quoi... 80 ans avec eux, moins peut-être. C'est quoi 80 ans face à l'éternité ? J'ai déjà perdue 12 ans. Son impassibilité se transforme en inquiétude et je me rends compte que c'est parce qu'une larme vient de m'échapper. Je l'essuie rapidement.

« C'est rien, je pensais à quelque-chose, la rassuré-je. Écoute, je ne sais pas comment me faire pardonner ni comment me racheter, ça a été difficile pour moi d'accepter toute la situation. Maintenant, j'essaye juste de rendre les choses plus faciles, je sais que notre père ne veut pas que je passe le reste de ma vie à garder ma rancœur contre vous et je ne veux pas passer ce temps trop court à le faire non plus. Tu n'es pas obligée de me pardonner, tu dois en avoir envie pour le faire et je comprends que tu ne le fasses pas, vu ce que j'ai failli faire.

Je pense que j'ai tout dit de ce que j'avais à dire et me lève pour rentrer.

« Failli, lance-t-elle alors que j'ai déjà fait quelques mètres.

Je me tourne vers elle, elle est toujours assise sur le tronc.

« C'est le mot clé, tu as failli le faire mais tu ne l'as pas fait. Je te pardonne, Sasha, mais je n'oublie pas.

Ooo

Bon, et bien voilà deux choses de faites. Sasha a trouvé un complice pour que Paul crache le morceau... il l'a fait sous le coup de la colère mais comme elle ne sait pas ce qu'est l'imprégnation, ça ne lui parle pas...

Il y a un peu de Paul, j'espère que celles qui se sont inquiétées de son absence sont ravies.