Hey~
Merci à nikkouyoku, Nocturnis-Lepus, anna, Flo et Traff Lamy ! Gros bisous sur vos fesses x3
Flo : Ben la Krys-chan elle a pas trop le choix, soit elle se débrouille comme il faut soit c'est Sakazuki qui vient la tacler XD Et Sylver aussi. J'espère que ce nouveau chap te plaira ! Y a oune surprise dedans... mwa ha ha ha ha ! (ce rire ne m'a jamais fait peur ._.)
Traff Lamy : Oh nan et moi qui espérais salir ton image du beau chirurgien ! XD Un peu voyeur ? Seulement un peu ? C'est carrément indiscret ! Bon j'admets que sa venue part d'une bonne intention... mais là il a abusé ! x)
Nocturnis-Lepus : Passe un bon moment mon muffin, avec Law le violeur nocturne ! (On tient un truc, nan ?)
Fufufu... Sur ce bonne lecture ! J'ai prévenu un éventuel lemon ? Muiiiiiiiii x3
Big bad wolf
Lorsque ses paupières s'ouvrirent sur ses appartements attitrés, un soupir la submergea aussitôt. Elle se leva et effectua la routine matinale : se débarbouiller la face, enfiler son armure et jeter un œil aux dossiers que Sylver laissait traîner sur son bureau le matin avant de partir. Mais tandis qu'elle s'efforçait d'y comprendre un traître mot, son corps lui semblait étranger. Il n'était pas normal. Un peu comme si l'on avait joué avec comme l'on manipulerait une poupée de chiffon. Krys s'empressa de faire coulisser la vitre du balcon. Elle étouffait et le vent sur sa peau faisait remonter un sentiment vulnérable. En voulant retourner à son bureau son pied buta contre quelque chose. La jeune fille se rattrapa tout juste contre le mur.
-C'est quoi ça… murmura-t-elle pour elle-même.
Ce qui lui avait barré la route se trouva être un grand sac noir avec de multiples poches. Elle s'accroupit sourcils froncés. Est-ce que Sylver l'aurait oublié là ? Mais ça n'était pas son genre… Elle tira doucement sur l'ouverture et plongea les mains à l'intérieur, quoique légèrement apeurée. Ses habituels pressentiments face à l'inconnu s'étaient tus. Du bout des doigts elle arrivait à distinguer du papier… une enveloppe. Un tissu imperméable avec un symbole tout en relief… sa combinaison portant le moineau d'or. Du cuir et le pommeau d'une petite lame gravée… sa précieuse dague. La cyborg retint difficilement un cri de peur en les sortant du sac. Ses genoux mous la picotaient. Toutes ces belles choses étalées à ses pieds ne lui rappelaient que trop bien sa décision cruelle et vitale de se séparer du chirurgien. C'est le coeur battant à cent à l'heure qu'elle devina quel homme prétentieux avait eu assez peu de neurones pour s'aventurer jusqu'à la chambre d'une commandante. Et pourtant elle sautillait comme un cabri un peu partout la chère combi' serrée contre sa poitrine : pour elle, c'est lui, l'homme le plus fort du monde ! Krys respirait le bonheur, le vêtement s'était imprégné du parfum de son héros ! Elle se laissa rebondir comme une enfant sur le lit. Mais où était-il ? Son corps sembla se vider tout à coup. Est-ce qu'un de ces idiots en bleu aurait osé lui barrer la route ? Qu'importe ! Rien n'arrête un grand méchant loup, se disait la petite innocente présumée. Et plus rien ne pouvait lui retirer son sourire niais, hormis un Sylver sur ses gonds. Le véritable loup en chair et en os pénétra dans ses quartiers sans toquer et l'accabla aussitôt.
-Le vote est ce soir Krys ! hurla-t-il. Tu comptes y passer à l'improviste peut-être ?! Tu avais huit dossiers à lire ce matin ! Où sont-ils ?
-E-Euh…
Elle craignait de les avoir égarés en batifolant dans toute la pièce.
-Hum...Mais ne t'inquiète pas, tout est dans ma tête !
-Oh non je ne pense même pas qu'il y ait grand-chose dans ta tête !
Le docteur n'eut qu'à soulever les draps et tâter le dessous du lit pour découvrir les cachotteries de la cyborg. Il saisit l'enveloppe au nom du rookie sous son regard suppliant.
-Est-ce que je dois menacer de la lire à Akainu pour que tu daignes te mettre au travail ?
-S'il te plaît… bougonna-t-elle. J'ai juste oublié de la passer Shakky en fait ! E-Et la combinaison était dans l'armoire et...
-Tu me prends pour un idiot ? Ça crève les yeux, quelqu'un est venu te les apporter, et qui d'autre que ton cher amant pour risquer sa vie ?
Les traits de Krys se durcirent subitement.
-Moi aussi j'aimerais que tu ne me prennes pas pour une idiote ! Je n'ai jamais demandé à ce qu'il vienne !
-Tu l'y as encouragé.
-Non !
-Écoute-moi bien. Je me fiche de ce type. Je ne chercherais même pas à le dénoncer ! Mais tu ne peux pas être sa complice, pas étant commandante à la fois ! Tu n'es même pas sûre de ce qu'il veut ! Imagine une seconde qu'il soit un ennemi à ce qu'on essaie de bâtir, et toi tu t'envoies en l'air avec.
-Quoi ?! Nan mais… mais je sais absolument pas quand ce sac a atterri chez moi ! Je te le jure ! J'ai pas vu Law !
-Tu le verras crois-moi… il ne perdra pas son temps.
Un triste soupir franchit ses lèvres.
-Sylver, tu penses que c'est mal ? chuchota Moineau.
-Je pense que c'est lui qui est à blâmer. Tu l'aimes et ça je peux le concevoir mais il n'a aucunement le droit de faire ce qui lui chante ni de t'influencer.
-C'est pas un homme mauvais…
-Qu'importe ce qu'il est Krys ! C'est toi qui fait le bien, lui il n'a jamais lutté pour autre chose que la survie de son clan. Tu prends les décisions et il n'a pas son mot à dire dans nos affaires. Est-ce clair ?
-Moui…
-Et je te rappelle que tu l'as infecté avec ton sang, alors n'hésite pas à le lui faire comprendre si jamais il ne s'en tient pas à tes exigences.
-C'est pas mon chien ! s'écria-t-elle avec une moue dégoûtée.
-Non, mais c'est ton humain paraît-il, alors tu vas t'en occuper comme tu le désires, et gérer en parallèle ce que tu as à faire. Correctement !
Il jeta une pile de dossiers sur son bureau.
-On va lire ça ensemble.
-Merci, répondit la brune d'un air boudeur.
Le loup la traîna de force sur ses genoux, la serra fort contre sa poitrine et posa son long museau au sommet de son crâne.
-Tu es censée faire ça toute seule ma grande…
-Ben c'est pour ça que je te dis merci !
-Un "merci" ironique. Allez, dégonfle moi ces joues et concentre-toi. On va entrer dans le vif du sujet. La première étape, dit-il en indiquant de la griffe un passage en grosses lettres, est d'annoncer notre offre, nos conditions, et de les faire valider une à une par les hauts-gradés.
-Ça sert à quoi ?
-Si on ignore cette étape cruciale cela signifie que tu consens à ce que ton unité, si elle est acceptée, n'ait aucun droit proprement dit. Or nous cherchons un maximum d'indépendance.
-Hm… ok ! Je vois !
-Tu n'as pas compris, n'est-ce pas ?
-En gros on pourrait passer premier au réfectoire ? C'est ça ?
-Tu sais quoi Krys ? On va passer directement à la seconde étape.
-Je plaisante ! Évidemment que j'ai compris !
Il souffla. Il savait bien que même Joker n'avait pas réussi à lui enseigner les enjeux du pouvoir, alors il ne comptait pas lui imposer ces choses ennuyeuses d'adultes. Ce n'était pas comme si elle ne trouvait d'intérêt qu'en l'amusement ! La jeune fille est capable d'agir en chef si son coeur bat comme tel, si elle se dit que c'est ce dont on a besoin. Et bien que la forcer à lire et comprendre ne serait-ce qu'un paragraphe était un défi dur à relever, le docteur conservait un franc sourire sur ses babines, et lui lisait à voix haute ce qu'elle avait à savoir pour éviter toute confusion ce soir. Il désirait aussi secrètement mener une confrontation avec Vegapunk. Car il est bien connu que Sirius et lui étaient bons rivaux autrefois. Certes, au final leurs travaux avaient abouti à des réussites, mais Vegapunk se considérait meilleur car il lui en restait plusieurs sous la main, alors que Dr. S avait cessé d'être et ne restait de cet homme qu'une petite cyborg apeurée. Sylver s'était dit en l'apprenant que sa mission était de protéger cet héritage fragile ! Mais il avait bien une raison de le faire et mettre en jeu sa notoriété. Le loup aurait apprécié être comme son défunt collègue un chercheur indépendant de tout ordre. Il ne l'était pas. Il avait signé allégeance à la puissance mondiale. Il pense comme un soldat malgré lui, ce que Krys ne sait pas. Cette dernière le surprit perdu dans ses pensées, elle le réveilla d'une petite caresse sur le bout du museau.
-Oï ! J'essaie de t'écouter, tu pourrais faire un effort toi aussi !
-Excuse-moi je m'étais assoupi. On en était ?
-Les convaincre que cette unité doit être formée !
-Oui. Alors déjà on évoque les personnalités en présence, il faut des noms, chaque caractéristique, le contenu exact de l'unité et signaler impérativement si elle leur coûtera du matériel. Ensuite votre force de frappe, c'est-à-dire jusqu'à où vous vous mesurez. N'hésitons pas à exagérer un peu, connaissant Vegapunk il va nous contredire avec des foutus calculs et faire croire à toute la salle qu'on sous-estime ses chers cobayes.
-Sentinelles Sylver ! reprit la commandante. C'est leur nom, et pour moi Sacha n'est pas un cobaye !
-Roh si tu veux… Et ensuite ?
-Parler de nos idéaux et et de ce que nous sommes capables d'apporter dans cette guerre.
-Tout à fait. C'est un sujet plus délicat. Les mots sont à manier avec précaution. Sois moins violente dans tes propos cette fois, essaie simplement de minimiser ce que tu as déjà dit dans l'arène, c'était très bien. Et enfin pour remettre de l'ordre dans le débat après les avoir chamboulés avec des idées de paix, on parle évidemment de quels ravages une unité pareille pourrait faire. L'occasion à ne pas louper en somme.
Krys hocha vivement la tête. Mais encore fallait-il que cette unité composée des "sentinelles" de Vegapunk et d'elle-même en soit une ! En tant que cobayes ils n'ont pas d'influence alors leur accord n'est pas demandé, mais la cyborg lutte aussi pour une certaine égalité donc si, leurs avis importe. Elle avait beau ne pas encore bien connaître Sacha elle ne doutait pas que la rousse serait de tout coeur avec elle, contrairement à Jango. Ce genre de type indomptable, sociopathe et sûr de lui l'effrayait, et on ne peut pas diriger un homme qui nous effraie ! Krys le sait, elle compte bien sur "Ange", de son vrai nom Sorath, pour maîtriser la situation. Le blond s'est avéré être aussi un sujet de Vegapunk alors elle avait songé qu'il connaissait assez bien le croque-mort pour le convaincre, sans compter qu'il s'était dit être le frère de Sacha ! Ça a beau être naïf, elle avait immédiatement vu en Sorath de l'espoir : il lui rappelait son propre frère, Mir. Pourtant ils ne se ressemblent pas ! Mais ils dégagent cette même aura de protection. Krys avait envie de lui faire confiance et croire de tout son coeur qu'il garderait sa sœur en vie jusqu'au bout de leur quête. Car Sacha et Sorath ont ce qu'elle n'avait pas et n'aurait jamais eu avec Mir : le lien du sang. Certes ça n'a pas son importance quand on aime, mais ça n'en est pas moins précieux.
Ses pensées se perdaient vite entre préparation à discours pour plaire à son futur public et nostalgie du chirurgien. Tous les mots de Sylver frôlaient son oreille, tout d'un coup elle ne voulait plus que ça, le voir et sentir sa peau contre la sienne. Narguer les lois qui les séparent dans des baisers à couper le souffle ! Car non rien ne les sépare sauf eux-mêmes ! Désormais ils seront les seuls à décider du chemin à suivre. Il n'y aura pas de Joker pour fixer les règles du jeu. Mais comme l'avait assez crié le loup cette fois c'était au supernova d'accepter son idéologie. Certes moins radicale que la sienne, moins réfléchie aussi, avec des failles, mais c'est bien pour ça qu'elle avait besoin d'hommes comme Sylver et Law.
Et hormis ce côté technique dont elle n'aimait pas parler, c'était les sentiments qui la perturbaient et la tiraillaient dans tous les sens ! Comme la proie qu'elle n'est pas ça hurlait "Le grand méchant loup est là !"
Mais où est-il ? Elle ne demandait qu'à le voir ! Ses sens s'alarmaient à chaque tournant, son nez se faisait désireux de respirer à nouveau son parfum, ses cordes vocales la démangeaient de hurler son nom, qu'il se montre enfin. Et la sachant complètement agitée par l'image du noiraud le docteur tâcha de l'occuper jusqu'au soir. Sylver ne connaissait pas le lien entre eux, qui n'est pas seulement un virus, mais la joute passionnelle que s'étaient livrés les amants avant de daigner se voir dans le miroir, car malgré les apparences ils avaient mis du temps à s'accepter. Ça semblait surréaliste comme amour, ça n'est pas celui dont parle les poésies, il n'a rien de si beau à en chanter des vers ni à finir en tragédie romantique. Il est né de leurs actes confondus, bons ou mauvais, il est juste neutre. Mais cette envie constante de pousser le jeu et le vice à tout ce qu'on dit "penchant interdit" leur menait la vie dure ! A tous les coups faute de contrôle c'était sur le bureau d'Akainu qu'ils allaient atterrir !
La jeune fille ravala sa salive en tournant en rond comme un fauve impatient de lutter devant la grande porte. Sylver lui caressa doucement la nuque, elle chassa le criminel de ses pensées. Il aurait suffi à cette grande table d'un regard noir pour la faire se planquer comme une gamine derrière le dos du loup. Conformément à ce que ce dernier lui avait enseigné elle se présenta à son entrée, face à l'Amiral. Krys avait plaqué sa main droite à plat contre son coeur et serré dans le dos son poing d'acier en guise de salut militaire. L'homme-lave arqua un sourcil, le docteur se racla la gorge.
-Hum… Krys, ça n'est pas le salut requis.
-Je sais. C'est le mien. Un chef doit représenter ses idées non ?
Son sourire innocent laissa de marbre Sakazuki. Il lui jeta seulement un regard suspicieux en se rasseyant. Elle déglutit, un premier pas de travers ! Sylver lui tira la chaise à cette table d'hauts gradés et s'assit à sa gauche, affrontant discrètement du regard le sourire de Vegapunk. Il se lécha les babines.
-La commandante M-21 et moi-même avons jugé qu'il était temps de regrouper nos atouts. Avec l'accord du professeur Vegapunk, bien évidemment, nous aimerions mettre les sentinelles sous les ordres de Krys.
A cette annonce "improbable" un léger brouhaha se leva dans la salle, que l'Amiral fit rapidement taire.
-Professeur ?
Celui-ci hocha la tête. Krys nota pour elle-même son sourire en coin destiné au loup, qui poursuivit.
-Bien. La commandante va dès à présent vous parler de nos requêtes.
-L'Unité Sentinelle est une unité indépendante, lâcha la cyborg la gorge en feu face à son auditoire. Elle ne nécessitera même pas d'armement, puisque l'artillerie, vous savez bien que c'est nous. Séparés nous restons utiles, mais ensemble, dans une même stratégie, j'estime nos forces à plus qu'une île que nous pourrions détruire. Monsieur Vegapunk ici présent, pour avoir démontré la force de ses sujets dans l'arène, pourra vous le confirmer. (Ses phalanges blanchirent un peu, serrées sur ses genoux.) Et par conséquent, je réclame à ce que cette unité possède une certaine liberté dans ses manœuvres. Si nous sommes bridés par le même règlement que celui des recrues nous ne pouvons pas exploiter nos compétences à grande échelle.
-Je suis de l'avis de la commandante, lança Vegapunk. C'est la seule manière d'obtenir des résultats concluants. En revanche, je vous demanderai quelques explications quant à vos projets commandante M-21. Votre conseiller n'a pas été très bavard à ce sujet.
Si le loup fut en colère, alors il n'en montra rien ! Les deux restèrent parfaitement neutres face à l'offensive du scientifique. Krys osa même un sourire complaisant.
-Étant donné que ce sujet délicat n'était pas bien vu au sein du quartier général, j'ai préféré éviter de perturber les mentalités plus encore. Veuillez nous excuser si ce silence vous a paru hostile professeur, ça n'était pas notre intention…
Son ton à la fois mielleux et belliqueux fit frissonner le mink. Mais depuis quand dégageait-elle une telle force ?
-L'Unité Sentinelle est à mes yeux le début d'une forme pacifique de Justice. Pacifique dans le sens où l'humanité a une chance, une seule de se racheter ! Ce qu'elle n'a pas actuellement.
-Vous insultez encore notre manière de faire les choses ? rétorqua un marine.
-Je ne fais que donner mon point de vue. La violence semble légalisée dans la Marine, et pourtant on arrête des hommes à cause de leur violence. Contradictoire n'est-ce pas ? Un soldat faible aura besoin de vider son chargeur dans le crâne de l'ennemi, mais un soldat fort, il saura juger dans la mesure où un humain a le droit de juger les actions de ses semblables.
-C'est n'importe quoi…
-C'est ainsi que je vois l'Unité Sentinelle. Tuer ne doit pas être vu comme une nécessité mais comme un dernier recours qui dégoûte les soldats ! Car si on encourage le meurtre ni plus ni moins alors je ne pense pas que nous valons mieux ! Voici mon projet. Dans vos oreilles c'est surréaliste je sais, vous me direz que je suis trop jeune pour en parler devant vous, qui avez tellement plus d'expérience ! Mais c'est peut-être ma naïveté dans ce domaine qui me permet justement de vouloir changer ce que je vois. Donnez une chance à mon unité ! Onegai !
La cyborg effectua ce même salut cher à son coeur, tout en s'inclinant, main droite de paix contre son coeur, poing gauche serré dans le dos prêt à incarner la colère des gens comme elles sous la mouette bleue. Le loup quitta son siège et en fit de même. L'air surpris de Vegapunk lui arracha un sourire en coin. Et oui, il avait lui aussi trouvé son parti.
-Je vote contre, s'écria une femme en bout de table. Cette unité n'a pas lieu d'être.
-Si on donne un pouvoir militaire à une commandante qui vient à peine d'être promue et ces cobayes, alors où est-ce qu'on s'arrête ? Je vote contre aussi !
La jeune fille serrait les dents tandis que les avis fusaient et divergeaient dans tous les sens. La salle auparavant rythmée du son claquant d'un débat n'était plus qu'une grande foire qui amusait le regard avisé du scientifique. Le silence de Sakazuki face à ces débordements de la part des hauts gradés faillit la stupéfier si la seconde suivante il ne les avait pas tous fait taire de sa voix si dure et autoritaire. Une fois qu'il ouvrait la bouche, ils étaient tous de pauvres enfants à gronder. L'Amiral avait beau avoir opté pour un vote, il ne sembla pas tenir compte du choix de ses collègues.
-Accordé, cracha-t-il.
-C-C'est vrai ? L'unité est…
-Ne me faites pas répéter commandante. La réunion est close. Que tout le monde retourne à ses occupations.
Les vestes blanches à belles épaulières retrouvèrent leur propriétaire et la jeune fille restait pétrifiée. Le déclic ne se fit qu'au départ d'Akainu. Elle sauta dans les bras du mink.
-On a gagné !
-Ne t'enflamme pas, il a accepté dans son propre intérêt…
-Ça t'embête d'être un peu heureux ? Allez, avoue que t'es au moins content d'avoir impressionné Vegapunk !
-A peine…
-T'es trop mignon Sylver ! s'écria-t-elle en embrassant le museau gris.
Les grands yeux du loup s'écarquillèrent. Il se racla aussitôt la gorge, prit une voix un peu rauque et expédia immédiatement la jeune fille dans ses appartements pour la calmer de son accès de joie. Ce contact sur sa fourrure l'avait troublé et il n'aimait pas montrer ses failles. Krys ne pouvait pas comprendre, alors il n'avait rien dit, mais ce qu'elle venait de faire pouvait être interprété comme une marque d'affection importante, étant donné que les minks n'ont pas la possibilité d'embrasser comme des humains. Malgré lui ses instincts s'étaient réveillés et il avait eu envie de faire de même et lui exprimer un peu de chaleur. Mais pour elle, c'était comme une caresse sur l'épaule. Sylver craignait d'oublier ce détail : elle n'est pas née de la même tribu. Ce geste lui a semblé banal. Et si le défunt Dr. S le voyait en ce moment, si proche de sa chère enfant, jamais il ne le lui pardonnerait.
La jeune fille claqua la porte de sa chambre en grommelant. Ça l'embêtait après une si belle victoire de se faire déjà "punir" par le docteur. Elle aurait bien aimé passé la soirée avec lui, à fêter ça… parce que c'est ce qu'elle se verrait faire avec un ami. D'habitude elle savait pour quelle bêtise on la punit, mais là elle ne comprenait vraiment pas ! Elle n'avait rien fait qui puisse le fâcher ! La cyborg, après avoir pénétré dans la salle de bain pour se doucher et se changer les idées, n'eut pas le temps de faire un pas de plus sur le carrelage. Cet inconnu muet dont elle ne vit même pas le visage se glissa dans son dos, le couteau prêt à lui déchirer la jugulaire. Un frisson la parcourut jusqu'au bout des ongles, chassant toute crainte sur son passage, car cette grâce féline dans sa manière de l'immobiliser ne présageait aucune violence.
-Qu'est-ce que vous me voulez ? chuchota-t-elle en tentant malgré tout de lui échapper. Il y a cinq gardes dans le couloir, si je crie vous êtes prévenu.
-Hmpf… Et tu me menaces maintenant ? Quelle impolie.
-Quoi… Law ?!
Le chirurgien jeta son couteau à terre comme une babiole et la retourna face à lui, un sourire l'illumina. Et ce n'était rien comparé à ce soleil qui embrasa la cyborg. Il agrippa ses cuisses, elle croisa les pieds dans son dos, silencieusement, le regard subjugué par le sien et vice-versa.
-Pardon Law…
-C'est utile de t'excuser ? Je n'ai pas fait pire ?
-C'est différent ! T'as pas à être là ! Dépêche-toi de partir !
Il souffla. Avait-il donc fait tout ce chemin pour qu'elle le dégage ? Oh non, ce n'était pas à elle d'en décider ! Il la fit taire et grogner d'une petite morsure à la bouche.
-Miss la commandante je ne suis pas sous tes ordres, moi, alors pour commencer on va célébrer nos retrouvailles comme il faut, susurra-t-il au creux de de son oreille, et ensuite tu auras tout le temps de me crier dessus…
La jeune fille ne se laissa pas démonter par les papillons dans son ventre. C'était dur de surpasser le magnétisme du capitaine mais elle parvint à ne pas se regarder fondre dans ses yeux électriques.
-S'il te plaît vas-t'en… Sylver a déjà tout deviné à cause de ton foutu sac ! Qu'est-ce que tu faisais dans ma chambre la nuit dernière ?
Ses mots le firent trembler de la tête aux pieds : il repensait à ce qu'il avait fait cette fameuse nuit. Bon… il ne comptait pas le lui cacher, même en sachant que ce n'est pas très glorieux, mais là ça n'était pas le bon moment. Il se racla la gorge.
-C-C'était un accident. Et puis si je suis encore là, c'est qu'il ne m'a pas dénoncé, n'est-ce pas ?
-T'as surtout de la chance que ce soit tombé sur lui ! Franchement Law… tu trouves pas ça un poil suicidaire ?
-Du moment que tu me couvres, non.
-Où est ton équipage ?
-Loin d'ici. Je suis seul.
-De mieux en mieux…
-T'es tout stressé petit chiot, ricana-t-il. Viens là. T'as besoin de te détendre.
-Oh sans blague ! J'ai passé la journée à stresser pour le vote, stresser pour toi, stresser pour ma vie ! Et tu te pointes dans ma salle de bain comme si tout était réparé ! Je t'ai abandonné Law. Tu l'oublies ?
-Absolument pas je note aussi que tu m'avais manipulé, et alors ? On tourne la page Krys-ya. Je suis venu t'apporter mon aide, et sans mentir te convaincre de laisser tomber tout ça.
-Jamais ! Tu n'as pas le droit !
-J'essaierais… s'il le faut. Mais pour le moment j'ai choisi qu'on serait du même camp. Alors peut-être que tu ne l'acceptes pas Moineau mais je reste ici, et je squatterais tes appartements à ma convenance alors range tes sous-vêtements tu n'en auras pas besoin !
-Crétin ! lâcha-t-elle en le serrant fort dans ses bras.
Le chirurgien inspira lentement le parfum de ses courts cheveux bruns. Son étreinte avait ce quelque chose de revitalisant, comme s'il n'avait fait que courir se mettre à l'abri depuis tout ce temps, et trouvait enfin le repos le nez enfoui dans son cou chaud. Il avait beau parler comme s'il n'en avait rien à foutre de tout ça il comptait bien lui prouver le contraire. Ses dents trouvèrent un goût délicieux sur la peau de lys de Moineau. Il la mordit doucement, tandis que ses mains défaisaient cette armure d'adulte. Lentement il fit tomber la carapace de la jeune fille, et elle fit tomber la sienne. De partout il la couvrait de baisers passionnés, de morsures aimantes, car c'était si bon de marquer son corps. Krys ne parvenait déjà plus à le suivre, ni à trouver le nord dans la valse chargée d'embrassades qui les conduit jusqu'au lit. Le regard de Law s'imprégnait d'obscénités.
Une chaleur bouillante se mit à descendre dans ses reins. Face à cette bouille d'ange qui le narguait comme le séduisait il n'existait plus de "chirurgien de la mort" seul un homme restait dans la pièce, qui ne perdit pas de temps pour mêler sa salive à la sienne et la débarrasser comme lui de ses derniers vêtements. Il prit plaisir à goûter chaque parcelle de peau, sa mélodie préférée dans les oreilles : les gémissements de Moineau l'excitaient à un point qu'elle n'imaginait pas ! Il captura le dernier souffle qui franchit sa bouche.
-Je t'ai manqué ?
La jeune fille hocha vivement la tête, et pourtant il s'attristait de son regard fuyant de fausse timide. Il bascula à quatre pattes au-dessus d'elle et bloqua ses poignets. Une fois sous son ventre Krys avait toujours cette fâcheuse manie de se mordre la lèvre pour ne pas lui montrer d'expressions joliment perverses, mais il adorait voir ses sourcils se froncer et ses dents se serrer sous les spasmes. Et vu comme elle s'était déjà auto-frustrée, il ne lui manquerait plus qu'une dernière note sensuelle pour lui faire un crescendo. Le capitaine embrassa sa joue pour la rassurer et lui chuchota aux creux de l'oreille que promis il serait le plus doux possible malgré une furieuse envie d'agir comme un animal en manque et assouvir ses pulsions quoi qu'il puisse lui en coûter. Mais sa bouche ne commit aucunes maladresses, et joua patiemment avec la douce langue avant de s'attaquer à sa poitrine qu'il couvrit de baisers possessifs. La cyborg ne cessait toujours pas de se mordre pour retenir ses cris euphoriques, et parfois jusqu'à ce qu'un goût ferreux s'enfonce dans sa gorge. Le chirurgien s'en rendit compte à leur prochaine embrassade. Il lui donna une violente fessée.
-Ah ! Mais qu'est-ce qui te prends ?
-Tu arrêtes de faire ça ! cria-t-il.
-Mais…
-Pas de mais qui tienne, poursuivit-il plus doucement. Tu n'as qu'à me mordre.
-Quoi ?
Il ne lui laissa pas le temps d'en dire plus et plaqua son pouce entre ses dents. De cette manière il saurait rapidement quand c'en sera trop pour elle. La salive chaude coulait déjà le long de sa main, et au coin de la bouche de la jeune fille, qu'elle était obligée de garder ouverte si elle ne voulait pas le blesser. Le capitaine la trouvait affreusement mignonne à s'accrocher ainsi à ses épaules en espérant qu'il lui donne satisfaction dès maintenant. "Quelle impatiente.." songea-t-il, bien qu'il ne soit pas mieux.
La sachant complexée par sa maigre poitrine il s'appliqua à donner beaucoup d'amour à celle-ci, tandis que son autre main s'occupait de zone plus sensible. Comme prévu Moineau ne tarda pas à lui chanter un crescendo. Ses muscles se tétanisèrent sous la violence de l'orgasme. Elle se laissa fondre dans ses bras les larmes aux yeux.
-Épuisée mon petit chiot ?
-P… Pardon.
-Ça t'apprendra à t'exciter toute seule, la sermonna Trafalgar.
-Qu… Non ! C'est toi qui m'as fait ça !
-Tu n'aurais pas fini si vite si tu n'avais pas passé la journée à rêver de ce qui t'attend.
-Arrête… C'est même pas vrai… chuchota-t-elle sur son épaule nue.
Il la serra fort contre son torse. De si beaux mensonges devraient être interdits.
-Tu ne crois pas que c'est le moment de rattraper le temps perdu ?
Après avoir été bien rouge le visage de Krys se mit soudain à pâlir.
-Tu sais, j'ai pensé à pas mal de choses, et il semblerait que mademoiselle s'est souvent dérobée...
-Pitié non.
-Je vais te faire goûter à toutes les formes de plaisir, susurra-t-il d'un ton luxurieux en commençant à se lécher les doigts.
-Non !
La commandante pesta : jamais elle n'aurait dû ouvrir la porte à Law et ses sales plans pervers ! Elle maudissait le chirurgien, et à la fois le remerciait de lui donner de si bonnes sensations. Car rien ne pouvait être comparé au torrent de lave qui s'écoulait dans son bas-ventre, mais ça n'était pas une raison pour s'en croire maître ! La jeune fille, toute enveloppée dans la couverture en guise de rempart à sa nudité, s'empressait déjà de fuir son regard lubrique quand elle se retrouva plaquée au matelas et à la merci du capitaine pirate, qui se fit un malin plaisir à forcer le passage jusqu'à sa langue. Elle poussa un cri silencieux de protestation. Mais il ne fut pas assez pour l'empêcher d'unir son corps au sien. La chaleur vibrant dans ses entrailles fit cambrer son dos. A peine avait-il commencé ses va-et-vient que la cyborg grinçait déjà des dents. Mais elle avait beau griffer ses épaules sous ses assauts ou tenter de gémir des plaintes inarticulées, ils se connaissaient trop… trop pour même daigner s'entendre ! Même dans ses hurlements sensuels absorbés par les baisers elle n'accusait pas vraiment le chirurgien de la violenter, car elle savait pertinemment qu'il accordait une grande importance au paroxysme du plaisir et à son consentement. Si les deux n'étaient pas présents alors il ne le supportait pas, car l'un sans l'autre et ça virait à la catastrophe. Et d'ailleurs, c'était bien pour cela que le chirurgien avait pris son temps jusqu'alors avant de la surprendre. Krys étant assez timide avec ces choses-la, et inexpérimentée, elle ne lui dirait jamais "Prends-moi !". Alors il lui fallait d'abord être sûr que le petit chiot se laisse apprivoiser pour espérer embrasser sa chair. Le métal se crispa tout autour de son bras : sa limite était bientôt atteinte. Il ralentit doucement son rythme frénétique pour laisser le temps à quelques morsures amoureuses avant l'extase. Ses phalanges tatouées capturèrent celles d'acier en guise de dernière étreinte. Puis les coups de reins se firent plus violents, plus animés à tel point qu'elle peinait à rester sur terre. Plus rien ne parvenait à couvrir les aboiements de petit chiot. Law se délectait de chaque cri, c'était comme s'ils se propageaient dans tout son corps et venaient tripler son excitation déjà à son comble. La cyborg lui chanta son dernier crescendo de gémissements avant d'entendre les râles de plaisir inonder ses tympans. Tout comme elle avait envahi son coeur et son sang, lui envahit son intérieur de sa semence. Ses hanches se tordirent délicieusement. Elle s'agrippa doucement à son cuir chevelu pour l'embrasser.
-Je t'aime.
La réponse naturelle lui brûle la bouche, c'est juste au bout de sa langue, il le sent, il a l'habitude de sourire et l'esquiver avec un baiser pour le taire. Krys qui le connaît le sait, ce voile noir est ancré en lui. Mais au moins pour cette fois, elle l'avait mérité, il allait le déchirer. Ses lèvres penchèrent doucement sur les siennes.
-Je t'aime aussi…
Il eut droit aux beaux sourires de Moineau, dont il entendait seulement maintenant la respiration haletante. Il caressa affectueusement ses cuisses encore pressées contre ses hanches.
-C'est l'heure d'aller au lit petit chiot…
-E-Et toi ? suffoqua-t-elle prise à la gorge par l'excitation incandescente.
-Chuut… Je vais fermer la porte à clé. Repose-toi.
La jeune fille acquiesça seulement d'un mot. Il l'avait complètement vidée, elle ne demandait qu'à fermer les yeux et se laisser guider par le monde des rêves où cette sensation unique dans son bas-ventre perdure à jamais. Krys atteignit l'inconscience sous les caresses chaudes du capitaine. Croire qu'il ne serait peut-être pas là à son réveil l'attristait déjà. Le coeur du pirate n'était pas plus léger. "Je t'aime." n'est plus assez. "J'ai envie de toi." est trop peu pour considérer sa faim. Les mots les abandonnaient toujours. Il ne leur restait, exactement comme avant, plus que le contact physique pour se comprendre. Il palpa doucement les fragiles épaules de la commandante, lui caressa la nuque, et allongea son corps dépourvu d'armure sur le sien. L'avoir si près, si brûlante, enflammait de nouveau ses reins, et quelle torture de retenir ses propres mains si envieuses de l'explorer, encore et encore. Si la fatigue n'existait pas en ce monde sans doute auraient-ils fait l'amour pendant des heures jusqu'à trouver eux-même l'épuisement. Mais ça n'était que la première nuit depuis quelques mois, et elle avait eu une longue journée. Promis ils le referaient demain, après-demain, et encore après-demain. Chaque jour un peu plus violemment jusqu'à la passion tant désirée.
