Bonjour !
Voici le nouveau chapitre. J'ai été prolifique ces derniers jours. Je ne ferai pas de grand discours. Profitez, et ne me tuez pas. C'est tout ce que vous avez à retenir.
Bisous à tous et à bientôt !
Lauriane
Chapitre 22. Le mot « viol »
***
Le lendemain matin, le réveil fut doux. J'étais toujours étroitement enlacée à Edward et je ne pouvais imaginer meilleure place que celle-ci. J'étais tellement loin des sentiments qui m'avaient habité il y a encore peu ! Cette peur, cette fragilité. Parfois je me demandais comment tout cela était possible. Je veux dire cette avancée était tellement étonnante et peu probable… Mais pourtant, le moment d'intimité que nous avions partagés Edward et moi la veille avait bien existé. Et rien que d'y penser, mon cœur se gonfla de joie et d'amour.
Je me levai finalement, du moins je tentai de me lever car une main me retint. A première vue, il n'avait pas décidé de me laisser aller travailler. Son grognement me le confirma, ce qui m'arracha un rire. Sa poigne se raffermit contre mon corps.
- Edward, je dois aller en cours. Dis-donc je ne me souvenais pas que tu étais aussi groumph le matin. Si tu continues tu vas battre Emmett !
- Aussi quoi ?, me répondit-il les yeux toujours fermés mais un sourire aux lèvres.
- Groumph. Un terme pour te traiter de vieil ours mal léché sortant d'hibernation. Allez, debout !
Je réussis à m'évader sous un grognement de l'ours. A première vue, il n'avait pas décidé de se lever ce matin et moi j'étais d'humeur joueuse. Je décidai de me remettre sur le lit, ou plus précisément sous la couette. Puis, doucement, j'approchai mes mains de son torse parfait et… le chatouillai ! Surpris, il ne comprit pas immédiatement ce qui lui arrivait, mais finit par réussir à se débattre et à emprisonner mes mains. Il avait dorénavant les yeux parfaitement ouverts et me fixait intensément, avec un sourire de vengeance. Oups.
- Dites-moi mademoiselle Swan. On ne vous a jamais dit que ce n'était pas prudent de chatouiller un vieil ours mal léché sortant d'hibernation ?
- Je crois que mon frère me l'a signalé une ou deux fois, mais j'avais complètement oublié… Toutes mes excuses !
Je lui fis un air de chien maltraité pour tenter de le convaincre de ne pas répliquer, car j'étais et je suis toujours extrêmement chatouilleuse. Même bien au-delà je crois. Malheureusement, l'homme qui se tenait devant moi n'eut aucune pitié et commença à me chatouiller à son tour. Je le suppliai d'arrêter entre deux fou-rires, ce qu'il fit au bout de quinze secondes. Ouf ! Nous nous levâmes finalement, hilares et incroyablement de bonne humeur.
Quand nous arrivâmes dans la cuisine, Alice était déjà levée. Cela ne m'étonna pas. Son rendez-vous avec Jasper était le soir même, et connaissant ma meilleure amie elle était déjà excitée comme une puce. Je fus finalement contente d'aller en cours, au moins je n'aurais pas à la canaliser toute la journée. Elle nous accueillit avec un grand sourire, puis suivirent tous les autres au fur et à mesure. Même Jasper semblait tendu. Incroyable !
Une fois prête, je pris les clefs de ma voiture pour aller en cours. Je demandai aux filles de ne pas venir, sauf si je les appelais pour leur demander. Je voulais affronter cette journée toute seule. Et puis, pour les rassurer, je leur rappelai qu'il y avait Angela avec moi. J'embrassai tendrement Edward, lui montrai mon lecteur de musique pour lui rappeler implicitement que j'avais ses musiques avec moi pour me rassurer, et partis.
Si je niais avoir ressenti de l'angoisse durant le trajet, ce serait un énorme mensonge. J'avais beau faire bonne figure devant tout le monde, je n'en menais pas large en réalité. Au fond de moi une voix me disait que je faisais une erreur. J'aurais pu ne pas reprendre les études tout de suite, passer du temps avec Edward, me trouver un travail une fois réellement prête à affronter le monde extérieur et revenir à l'école qu'à partir de l'année prochaine. J'aurais pu. Pourtant, je ne le fis pas. Mon pied était toujours posé sur la pédale d'accélérateur et mes mouvements de volant me conduisaient à l'école. Quelque chose m'empêchait de faire demi-tour. Le soutien de ma famille et de mes amis peut-être. Surement d'ailleurs, mais pas seulement. La conviction que je pouvais le faire. Oui, cette conviction je l'avais au fond de moi, et elle me permit de descendre de voiture.
Tous les regards furent tournés vers moi. Je sentis des appareils photos me scruter, des prunelles me détailler, des murmures me détailler. J'évoluais dans un monde de béton avec les bâtiments autour de moi. Que du gris, du dur, du triste. Des bâtiments construits vite sans aucun souci d'esthétisme. A ce moment précis, j'eus l'impression d'être un fantôme parmi d'autres fantômes. J'évoluais, me sentant finalement transparente car tous les autres étaient transparents pour moi. Je ne cherchais qu'un seul visage, celui d'Angela. Les autres m'importaient peu.
Je la trouvai trois minutes plus tard. C'est ensembles que nous allâmes à notre premier cours. Je ne regardai même pas les flashs des professionnels. J'avais conscience d'une chose. Pour l'instant ils étaient cruellement sur leur faim car ils n'avaient aucune photo d'Edward et moi, ensembles. Et comme ni l'un ni l'autre n'avions confirmé ou infirmé une quelconque rumeur, ils étaient forcément frustrés. Et cette frustration était certainement la meilleure vengeance que j'avais devant leurs babillages.
Finalement, monsieur Cheney avait raison : je vais apprendre beaucoup de cette expérience. Leçon numéro un, ce n'est pas en courant comme un boulet après la personne que l'on soutire des informations, au contraire.
La matinée fut assez longue. Deux cours s'enchaînèrent, et certains tentèrent de venir me parler. Je leur répondis par des monosyllabes jusqu'à ce qu'ils se découragent. Et encore, c'était quand ils parlaient de la pluie et du beau temps. Pour ceux qui attaquèrent directement au sujet d'Edward, je me contentai de les ignorer. Au bout d'un moment, une poufiasse commença vraiment à m'échauder. Je n'avais même pas retenu son nom, c'était inutile.
- Et de un, ma vie privée ne te regarde pas. Et de deux, si tu as une vie aussi peu palpitante que tu te sentes obligée de vivre la mienne par procuration, c'est ton problème, pas le mien. Et de trois, tu ferais mieux de refaire ta coloration de blonde-poufiasse, on commence à voir tes racines ce qui nous laisse penser que tu es peut-être intelligente. Tu ne voudrais quand même pas mentir à tout le monde ?
J'ai cru qu'elle allait me sauter à la gorge, mais je lui lançai un regard tellement noir que je la vis déglutir et tourner les talons avec ses doubles. Angela éclata de rire, ce qui me fit sourire à mon tour et me calmer. A part ce léger détail, la matinée fut assez calme. Nous allâmes manger toutes les deux à la cafétéria, toujours sous les regards de tout le monde. Etrangement, je supportai cette situation plus facilement que prévu. Je suis certaine d'une chose. Si j'avais eu à subir toute cette attention sans l'expérience de cet été, j'aurais déserté sans demander mon reste. Mais là, je m'en fichais en quelque sorte. J'étais… comment dirait-on ? Blasée. Oui, je crois que c'est le mot. Blasée car finalement j'avais acquis une maturité qui me faisait passer au-dessus de tout cela.
L'après-midi, nous avions le professeur Cheney. Pardon. Ben, pour Angela qui le dévora des yeux pendant tout le cours. Et bien nous étions mal parties toutes les deux si l'une se mettait à sortir avec une star internationale et l'autre avec un de ses professeurs… Car, bien que je sois certaine qu'Angela ne s'aperçut de rien, je suis certaine des regards que ledit professeur lui lançait parfois. Alerte ! Filles en perdition !
Je me mis à rire toute seule à ma place. Angela me regarda étrangement, et je m'aperçus de la situation. J'arrivais à rire maintenant, certes, mais jamais toute seule et sans raison apparente. Bon sang ! Qu'est-ce que c'était bon de se retrouver ! Je ne savais pas combien de temps cette situation allait continuer, mais j'espérais que ce soit le plus longtemps possible.
Enfin la journée de cours s'acheva. Je montai dans ma voiture le plus vite possible après avoir salué Angela, et commençai à me diriger vers chez Rosalie et Jasper. Je changeai toutefois de direction et allai au commissariat. J'entrai dans le bâtiment, et demandai mon père. Non, il n'était pas en prison. Mon père était commissaire.
- Bella ? Il y a un problème ?
Mon père semblait paniqué et je m'en voulus sur le moment. J'aurais dû le prévenir que j'allais passer quand j'avais pris cette décision.
- Non, aucun. C'est juste que tu me manques, comme maman d'ailleurs, alors je suis passée te voir. Mais je te dérange sûrement…
- Pas du tout. Au contraire je suis très heureux de te voir. Viens, allons dans mon bureau. Oh, les gars, vous ne nous dérangez qu'en cas d'extrême urgence si vous voulez-bien.
Je les vis opiner de la tête et me sourire. Pour beaucoup je les connaissais depuis toujours ou presque. Je ne sais si papa leur avait dit ce qui m'était arrivé, mais en tous cas ils avaient toujours été adorables avec moi et cela n'avait pas changé apparemment.
- Je suis heureux de te voir. Comment vas-tu ?
- Bien, étrangement. J'arrive à gérer la pression, aussi bien devant les journalistes qui m'attendent à l'école que devant les élèves de l'école. J'arrive même à en remettre à leur place !
- C'est génial ça. Me voilà rassuré. Et avec Edward… comment ça se passe ?
Je le vis regarder ses pieds et rougir en me demandant cela. Décidément, les conversations sur les garçons ne seront jamais notre fort à tous les deux ! J'étais aussi gênée que lui.
- Tout va pour le mieux. Sans lui je ne sais pas ce que je ferais.
- Je sais que c'est une question délicate, mais est-ce qu'il compte repartir bientôt ? Je veux dire qu'il avait une vie là-bas…
- A vrai dire il doit être en ce moment même en train de chercher un appartement. Il s'installe à Paris, tout comme Alice papa.
Je vis tout l'étonnement se peindre sur son visage, puis un sourire sincère. Je compris à ce moment là qu'il craignait que je veuille repartir avec lui. Je bravai alors toutes les petites voix sadiques qui retentissaient dans ma tête pour lui faire un câlin tel que nous avions rarement eu. Je prenais conscience qu'il avait eu vraiment peur de me perdre, tant après mon séjour qu'après l'arrivée d'Edward. Je ne pouvais pas lui en vouloir, bien au contraire. Il avait assumé cela sans ne jamais rien laisser paraître, gardant le sourire devant moi. J'avais définitivement de la chance de l'avoir pour père.
Je partis quelques minutes plus tard, lui demandant d'embrasser maman pour moi. Quand j'arrivai à la maison, Edward était là et j'entendais de la musique dans la salle de bain. Il me confirma qu'Alice y était déjà depuis un moment, ce qui me fit rire.
Il me raconta ensuite sa journée. Comment il s'était organisé pour finir son album ici, retardant tout déplacement jusqu'à la promotion. Son agent allait le rejoindre à Paris pour quelques jours et il l'aiderait à trouver un appartement digne de ce nom. Il lui avait donné toutes les caractéristiques essentielles : suffisamment grand pour accueillir du monde, mais pas trop spacieux non plus. Il le voulait chaleureux, avec le confort nécessaire mais sans en faire trop. Exemple, il était inutile d'avoir un sauna chez lui. D'autant plus que ce serait dangereux car Alice voudrait le squatter tout le temps.
Je lui racontai ensuite la mienne, relatant même quand j'avais remis en place la pouffiasse. Il me regarda avec de grands yeux, tant et si bien que je crus l'avoir choqué. Puis, il éclata de rire et m'étreignit encore plus fort.
- Je ne savais pas que je pouvais t'aimer davantage, mais chaque jour tu arrives à me surprendre et à me montrer à quel point tu es extraordinaire. J'aurais aimé être petite souris pour assister à la scène ! En tous cas, je vois qu'Emmett et toi êtes vraiment frère et sœur. Rappelle-moi juste de ne jamais te mettre en colère.
Je ris devant sa remarque, sachant qu'il lui serait certainement impossible pour lui de me provoquer un tel sentiment. Emmett et Rosalie arrivèrent peu après, alors que nous continuions de parler. Rosalie avait l'air très enthousiaste, et je la questionnai sur son rendez-vous chez le banquier. Elle me confirma qu'il s'était très bien passé, et que même si elle n'avait aucune confirmation écrite elle était certaine d'avoir les fonds.
En résumé, tout se mettait merveilleusement bien en place. Ce qui me fit encore plus fondre, c'est quand Jasper a sonné à la porte et qu'Alice m'a demandé d'aller ouvrir. La vision que j'eue était magnifique : Jasper habillé à la perfection et un bouquet de roses rouges dans les bras. Je ne pus retenir un sourire, mais je sais qu'il ne fut rien comparé à celui de Jasper quand il vit Alice.
Ils partirent finalement, et de notre côté nous décidâmes de commander des pizzas. Ce fut soirée DVD pour tout le monde, devant l'Âge de glace. Et oui, on ne se refait pas ! Evidemment, ma place était dans les bras d'Edward. Mais nous fûmes agréablement surpris de voir Emmett et Rosalie se rapprocher au fil de la soirée pour finalement terminer comme nous.
Nous finîmes par aller nous coucher. Emmett et Rosalie se dévoraient du regard, mais chose étrange, Emmett réussit à se retenir de lui sauter dessus. Avec le recul, je pense qu'il ne voulait pas la brusquer, mais surtout il ne voulait pas me mettre mal-à-l'aise. Entendre ce genre de cris aurait pu me rappeler des mauvais souvenirs, et cela aurait été pire si mon frère était impliqué dedans. Emmett ne dit pas grand-chose, ne parait pas toujours sérieux, mais au fond il pense beaucoup aux autres. A sa manière.
La nuit fut calme. Je n'entendis même pas Alice et Jasper rentrer, mais les sourires de l'un et de l'autre le lendemain au petit déjeuné étaient assez significatifs.
La semaine se passa ainsi, sans évènement majeur dans mon existence. Le seul détail majeur fut le jeudi. Je suis rentrée de l'école et j'ai retrouvé par hasard Alice et Edward devant la porte qui rentraient également. Quelle ne fut pas notre surprise quand une fois dans l'appartement nous avons surpris Rosalie à cheval sur Emmett sur le canapé, chacun ayant la langue dans la gorge de l'autre. Heureusement ils étaient encore habillés. Le choc passé, nous nous sommes regardés et avons souri avant de nos gratter la gorge simultanément. Aussitôt les deux pris en flagrant-délit se figèrent, et se tournèrent lentement vers nous. Fou rire général en voyant leurs têtes, nous ne pûmes nous en empêcher. Et depuis ce moment là Emmett et Rosalie sont officiellement ensembles. Au moins, on peut dire que nous sommes une famille unie !
Le week-end, mes parents nous rejoignirent pour manger le dimanche midi. L'ambiance a été très bon enfant. J'évoluais comme une personne normale. Il n'y avait plus de star, de psy, de violées, juste des couples, des parents et surtout des amis. Mes parents insistèrent pour faire une photo de tous les six. Même si j'en avais assez des flashs, nous nous exécutâmes.
Rosalie alla directement l'imprimer en dix exemplaires. Pourquoi dix ? Pour les parents d'Alice et d'Edward quand nous les verrons à l'occasion.
Une deuxième semaine s'écoula. Similaire à la première. Les journalistes me lâchaient un peu et je commençais à être moins observée à l'école. Je ne donnais rien de croustillant. Edward et moi évitions pour l'instant de nous afficher publiquement.
Le week-end qui suivit, Edward me fit la surprise de m'emmener quelque part. Nous montâmes au dernier étage d'un grand bâtiment, et il ouvrit une porte fermée à clef. Je compris immédiatement. Le rêve devenait réalité.
- Je ne le loue pas, je l'ai complètement acheté. Mes affaires sont arrivées hier, mes parents me les ont envoyées. C'est officiel, j'habite Paris dorénavant.
Il me l'avait dit en français, pour me montrer que ce n'était pas juste une lubie. Nous nous trouvions dans son nouveau chez-lui, son appartement. « Oh mon dieu ! » fut tout ce que je trouvai à penser. C'était magnifique. Ni trop grand, ni trop petit. Enfin quand je dis pas trop petit, je pense au fait de pouvoir accueillir tout le monde. Et le mieux, c'était que je me sentais bien.
- Bella, je sais que c'est sûrement un peu tôt pour toi, mais sache que ça peut devenir un chez-nous. Tu n'as qu'un mot à dire. Le jour où tu seras prête, je serai heureux que tu viennes habiter officiellement avec moi.
Je me tournai, complètement sidérée. Enfin quoi ? Cela faisait combien de temps que nous étions officiellement ensembles ? Que nous nous connaissions ? Et il me proposait d'emménager vraiment avec lui ? Etait-il fou ?
Je plongeai mon regard dans le sien. Non, il ne l'était pas. Et le pire, c'est que j'en avais autant envie que lui. Il y a encore très peu de temps j'étais muette, amnésique, avec pour seul passé celui d'un viol. Aujourd'hui j'envisage d'habiter avec l'homme que j'aime.
Je pris conscience de quelque chose en pensant cela. Jusqu'à maintenant j'avais toujours évité de penser au mot « viol ». J'évitais toujours de lui donner un nom, car cela paraissait trop réel. Et là, j'y arrivais sans qu'il y ait un coup de poignard en plein cœur. Je compris que j'avais vraiment avancé. Beaucoup plus que ce que je croyais. Et j'étais prête à toutes les folies.
- Et si je te prenais au mot ?
Il me regarda, complètement médusé. Un sourire s'étira sur ses lèvres et remonta jusqu'aux oreilles. Je fus complètement éblouie à ce moment précis.
- Tu ferais de moi le plus heureux des hommes, bien que je le sois déjà.
Je me jetai alors sur ses lèvres avec une grande ferveur. Le baiser fut plus passionné qu'il ne l'avait jamais été. Pouvoir penser ce que je voulais ou presque me donnait un sentiment de liberté incommensurable. J'étais même libre de mes pensées. Je n'avais jamais ressenti cette liberté. Avant mon viol – incroyable ! – je ne m'étais jamais penchée sur la question, je n'en avais eu aucune raison. Et maintenant… Et bien c'est sensationnel. C'est comme si je venais de gagner contre la partie sombre de moi-même.
Quand nous nous séparâmes, nous haletions tous les deux.
- Je refuse de passer une nuit loin de tes bras. C'est une des seules certitudes que j'aie.
Nous nous embrassâmes encore et encore pendant de longues minutes. Nos corps se serraient toujours un peu plus l'un contre l'autre s'apprivoisant. Les mains d'Edward allaient parfois à la recherche de mes formes, délicatement. Les miennes commencèrent à faire de même, et je fus à la fois surprise et heureuse quand je m'aperçus que j'arrivais à arracher des frissons à Edward.
Nous fûmes néanmoins interrompus quand quelqu'un sonna à la porte. Nous nous regardâmes, à la fois étonnés et inquiets. Heureusement, il y avait un « œil » à la porte pour pouvoir voir qui était à l'extérieur. Je le vis regarder, afficher un air très étonné et sourire un grand coup avant d'ouvrir.
- Papa ! Maman !
Et là je vis le docteur Cullen ainsi que sa femme que je n'avais pas encore rencontrée prendre Edward dans leurs bras.
Ils me firent ensuite face et je leur tendis moi-même la main pour les saluer. Je vis de la fierté dans le regard du docteur.
- Bella, je suis très heureux de te revoir. Tu es resplendissante.
- Merci beaucoup, docteur Cullen.
- Je t'en prie, appelle-moi Carlisle maintenant. Je crois que tu ne connais pas Esmée.
- Enchantée.
- Moi aussi Bella. Cela faisait si longtemps que j'avais envie de te rencontrer !
Je vis qu'elle se retint de me prendre dans ses bras. Nous appelâmes tout le monde pour inaugurer l'appartement lors d'un dîner, mes parents compris. Bien sûr, aucun mot ne fut dit à propos de nos invités-surprise. Ouille mes tympans quand Alice arriva et vit ses parents ! Elle se jeta dans leurs bras et les embrassa sous tous nos rires. En revanche, je suis certaine d'avoir vu Jasper pâlir. Il se présenta dans les formes et je découvris à Carlisle un nouveau trait de personnalité. Il commença à lui faire subir un interrogatoire en bonne et due forme sous les regards effarés d'Alice et d'Esmée pour finalement éclater de rire. Il est vrai que la détresse de Jasper était une chose à voir au moins une fois dans sa vie. Il avait réussit à faire marcher Jasper avec une facilité déconcertante, et sans le savoir entra dans le cœur d'Emmett et de Rosalie.
J'appréhendais aussi la rencontre entre les parents d'Edward et les miens, mais finalement cela se passa très bien également. Tout le monde approuva l'appartement, mais le clou du spectacle fut quand j'annonçai qu'Edward m'avait proposé d'emménager avec lui et que j'avais accepté. Là, un silence total s'installa pendant que l'on nous jaugeait, puis des cris. Les cris provenaient évidemment d'Alice essentiellement. Nous eûmes l'autorisation de tout le monde – je ne savais même pas que j'en avais besoin, à l'exception éventuellement de mes parents. Une lueur que je ne connaissais pas s'était d'ailleurs installée dans les yeux de papa et de maman. Celle que tout parent a quand il s'aperçoit que l'enfant a bien grandi et prend son envol.
En résumé, tout allait bien dans ma vie. Jusqu'à ce que je découvre les titres le lendemain matin, dans un journal à scandale.
« La petite amie d'Edward Masen victime d'un viol aux Etats-Unis »
Vous pensiez vraiment que ça allait rester rose ? XD
