A/N : Bonjour, très chers lecteurs !

Hum... Par où commencer ? Non, je ne suis pas morte et oui, ça fait deux semaines que je me suis absentée. Ahah, l'histoire simple c'est que je me suis faite kidnapper par des mangas. (Non, mais sérieux, je me suis fait piéger !) Nan, mais en vrai, j'ai lu beaucoup de trucs, et j'étais fatiguée, puis j'ai finalement été victime d'une très jolie page blanche. Mais la vérité, c'est que j'avais et j'ai toujours besoin d'une pause. Donc, j'ai galéré pour finir ce chapitre. J'ai essayé de le faire un plus long pour me faire pardonner (bon, j'avoue, j'avais aucun contrôle dessus, et il a dérapé, même s'il aurait pu être sérieusement plus long, si j'avais pas décidé de faire une grosse ellipse). J'espère qu'il sera à votre convenance. Et je suis désolée s'il y a des fautes résiduelles, j'avoue que je n'ai pas trop le courage là.

Bonne lecture !


« Je veux t'emmener voir quelqu'un. Tu es libre aujourd'hui ? » demanda Asami.

Ce matin, elle s'était réveillée le cœur à la fois lourd et léger. Elle avait encore la journée de la veille en tête mais elle se sentait un peu plus libre.

Dans tous les cas, Korra, qui s'était réveillée un peu plus tôt avait jugé bon de prendre soin de sa petite-amie. Donc, avec plein de douceur et une immense gentillesse, elle avait apporté le petit-déjeuner à Asami alors que celle-ci était encore au lit.

Elle avait simplement souri doucement, flattée de cette délicate attention. Elles s'étaient ensuite assises côte à côte et Asami proposa de partager, puisque Korra n'avait pas pris le temps de manger. Et puis, dans ce doux et léger moment dont l'humeur agréable menait à un tendre silence, Asami avait posé cette question ayant juste eu l'idée à l'instant même.

« Bien sûr », répondit seulement Korra.

La femme aux yeux verts sourit, puis elles continuèrent leur petit-déjeuner dans une ambiance aux tons feutrés.

L'endroit où Asami emmena Korra était loin d'être un endroit joyeux. Et la personne qu'elle voulait qu'elle rencontre n'était pas particulièrement énergique. Et pour cause, elle était décédée, voici de nombreuses années.

Pour le deuxième jour consécutif, les deux femmes s'enfoncèrent dans un cimetière, passant les sombres tombes, jusqu'à arriver à une sublime pierre blanche où le nom de « Yasuko Sato » était écrit en curviligne. De nombreuses fleurs s'y trouvaient, claires et vives, qui ne laissaient pas la tristesse tomber sur ce lieu de recueil.

« Korra, je te présente ma mère », déclara Asami.

Elle était debout fière et droite devant la tombe. Elle n'avait pas la mine peinée et pleine de chagrin. Sa mère était morte quand elle avait six ans, elle lui avait beaucoup manqué et elle lui manquait encore de temps en temps. Mais au-delà de ça, c'était un chagrin qui n'était pas aussi terrible qu'en ce temps-là. Maintenant, quand elle venait sur cette tombe, elle retrouvait un peu sa mère, sa joie, son enfance, une amie, certes muette, mais une amie importante.

Elle se pencha alors vers la tombe et mit sa main dessus, comme elle l'avait fait avec Payne ; c'était en fait une habitude qu'elle avait avec sa mère.

« Maman, je suis venue te présenter Korra ! lui dit-elle. On vit ensemble depuis plusieurs mois, mais ça ne fait que quelque temps qu'on sort ensemble. Tu aurais été contente de voir que je l'ai enfin trouvée. Papa était content aussi. »

Korra fit de même qu'Asami, s'accroupissant également. Elle prit alors le relais.

« Madame Sato, je suis désolée de ne pas vous avoir connue, dit-elle. Vous avez une superbe fille et je vous promets d'en prendre le plus grand soin. Je la rendrai heureuse pour le reste de sa vie, c'est une promesse.

- Je t'aime, lâcha Asami en regardant Korra de ses yeux d'émeraude. »

Korra la regarda elle aussi, elle sourit légèrement avant de dire :

« Je t'aime aussi. »

Alors, la femme aux yeux verts se pencha en avant pour souffler un doux baiser sur les lèvres de Korra.

« Asami, on est sur la tombe de ta mère… Tu penses vraiment que le moment est approprié ?

- Il n'y a pas vraiment de moment approprié. Et puis, c'est seulement une tombe… Ma mère aurait été contente de voir ça. Tu lui fais plaisir, ne t'inquiète pas. »

Elle lui fit un clin d'œil avec un petit sourire en coin et Korra soupira simplement.

« En parlant de parents… Korra, tes parents… Tu leur as dit, n'est-ce pas ? interrogea Asami.

- Hum… Non…

- Korra… Ça fait plus d'un mois qu'on sort ensemble !

- Je sais ! Mais j'avoue que je n'y ai pas du tout pensé ! Ça fait tellement longtemps que je ne les ai pas eu au téléphone… J'étais… distraite par toi.

- La belle excuse ! Tous nos amis sont au courant et pas eux ?

- Tu as voulu le dire à nos amis, sinon je n'y aurais pas pensé non plus. Alors, qu'est-ce qu'on devrait faire ? Aller leur rendre visite ?

- Au Pôle Sud ? Il en est hors de question ! Je ne remets pas un orteil là-bas ! Ça gèle !

- Je te réchaufferai…

- C'est qui qui dit des choses inappropriées maintenant ? ironisa Asami, comprenant un certain sous-entendu dans ces paroles. Et c'est très gentil de ta part mais je doute qu'on reste la journée enfermées à l'intérieur. Puis, je te rappelle que tu n'as toujours pas de jours de congés. Alors, c'est eux qui viennent ici ! Je leur prends le billet d'avion s'il le faut !

- Bon, très bien, très bien ! On rentre et on les informe ?

- Oui. »


« Bonsoir, Senna, Tonraq », salua courtoisement la femme aux yeux verts.

Elle se baissa légèrement en signe de respect. Korra et elle avaient décidé d'inviter les parents de la jeune femme de la Tribu de l'Eau chez elles pour le diner. L'appartement d'Asami étant trop petit, ils ne pouvaient séjourner avec elles, mais la jeune ingénieure avait fait en sorte qu'ils puissent rester dans un des meilleurs hôtels en ville, assez près de chez elles, mais aussi à proximité de beaucoup d'activités.

D'ailleurs, elle avait aussi pris soin de pouvoir trouver un lieu où Naga pourrait rester. En effet, les parents de Korra avaient jugé irresponsable de laisser l'animal à quiconque. Ils faisaient bien confiance à Katara mais la vieille femme commençait à se faire trop âgée pour ce genre de choses. Mieux valait qu'elle se repose et qu'elle n'ait aucun effort à faire.

Et puis, Naga était toujours contente de revoir sa maitresse. Du moins, c'est ce qu'Asami avait dit. Elle n'avait pas tort, mais quelque part, Senna et Tonraq avaient l'impression qu'elle voulait vraiment que la bête blanche vienne à Republic City.

« Asami ! Je suis tellement content de te revoir ! » s'exclama Tonraq en laissant immédiatement tomber les formalités.

Il étreignit celle qu'il estimait déjà comme étant sa belle-fille, même si elles n'avaient encore rien dit du tout. Elle s'étouffa presque de se trouver dans les bras de l'homme. Senna s'en aperçut très vite, habituée de voir les débordements d'affection de son mari.

« Tonraq, lâche-la voyons, tu vas l'étouffer ! » avertit-elle.

Il reposa la jeune femme avec un grand sourire fier et fort et Senna prit la main d'Asami en guise de salutation, plus douce et plus discrète.

« Je suis contente de te revoir aussi, Asami », lui dit-elle.

La jeune femme aux cheveux de jais sourit simplement, un peu émue de les revoir de nouveau. Pendant que les deux femmes se saluaient, Tonraq eut le temps de balayer l'appartement du regard.

« Où est Korra ? demanda-t-il, ne la voyant pas.

- Oh, dans la cuisine. Installez-vous dans le salon, je vais la chercher ! »

Le mari et la femme s'assirent sur les chaises autour de la table, déjà prête pour leur repas, faisant comme Asami leur avait indiqué. Du salon, ils pouvaient voir Korra au travail, étant donné qu'il n'y avait pas de porte entre la cuisine et le salon, ni de mur. Il y avait seulement une sorte de long bar. Simplement, ils ne pouvaient la voir depuis la porte d'entrée.

Asami arriva vers elle, sa voix couverte par le bruit des différents aliments qui cuisaient. Elle sembla lui demander quelque chose, mais Senna ne s'en préoccupa pas. Elle se tourna plutôt vers son mari l'informant de ce qu'elle avait vu quelques minutes plus tôt.

« Est-ce que tu as remarqué ? chuchota-t-elle, tout en sachant que le bruit de la cuisine couvrirait sa voix. Asami porte une bague à son annulaire… Très jolie bague d'ailleurs.

- Quel genre de bague ? questionna Tonraq, qui ne l'avait pas vue. Tu penses qu'elles se sont fiancées ? C'est peut-être pour ça qu'elles voulaient absolument nous voir… Mais franchement, elles auraient pu déjà nous informer qu'elles sortaient ensemble. D'ailleurs, je ne vois pas vraiment de changement dans leur attitude depuis la dernière fois. Elles étaient déjà si proches…

- C'est vrai… »

Ainsi, les deux parents regardèrent leur fille interagir avec Asami. Celle-ci prit le relais, cuisinant à la place de Korra, le temps que cette dernière aille dire bonjour à ses parents, ce qu'elle fit. Elle s'excusa ensuite, devant retourner aux fourneaux pour finir leur diner. Avec l'aide d'Asami, ce fut vite fini et les quatre d'entre eux purent s'asseoir à table pour boire un verre avant de diner. Ce ne fut pas long avant que Tonraq laissa échapper un :

« Donc, est-ce que vous allez vous marier ou quelque chose du genre ? »

Asami stoppa son mouvement qui consistait à amener un verre de vin à ses lèvres et jeta un coup d'œil à Korra, dont les joues se tintaient d'une légère rougeur. La jeune femme aux yeux de jade regarda la bague à son doigt. Elle avait encore oublié de l'enlever…

« Je suppose que c'est à cause d'elle que vous posez cette question, déclara-t-elle en l'enlevant. Désolée, Korra, j'ai encore oublié de l'enlever. »

Ce qui leur avait incidemment fait rater leur déclaration. Enfin, l'important n'était pas de bien la faire, mais simplement de la faire, de mettre Tonraq et Senna au courant.

« Non, c'est pas grave », dit Korra en souriant.

Elle reprit la bague des doigts d'Asami, avant de la lui remettre à son doigt avec délicatesse.

« Tu sais que j'aime bien quand tu la portes, rajouta-t-elle. De cette façon, je sais que tu es à moi. Juste à moi. »

Elle prit la main d'Asami et l'embrassa doucement, sur la bague. Le cœur de la femme aux yeux verts se réchauffa et elle sourit tendrement à celle qu'elle aimait.

« Mais on sort seulement ensemble, ajouta la femme aux yeux bleus pour ses parents. Pour l'instant. »

Pour l'instant… Est-ce que Korra avait prévu de changer ça ? Asami n'en avait pas la moindre idée. À vrai dire, elles n'avaient pas vraiment parlé de ce qui arriverait dans le futur. Elles s'étaient déjà accrochées au présent, pour pouvoir se dépecer du passé. Alors, le futur… C'était une notion encore floue et indéfinie.

« C'est bien aussi », commenta Tonraq, sans un enthousiasme évident.

Cela lui valut un coup de coude dans les côtes de la part de Senna, pour qu'il reprenne.

« Je veux dire, c'est vraiment génial ! On est très contents que vous vous soyez trouvées !

- À vrai dire, je pensais que ça arriverait avant, répondit Senna. J'ai incidemment vu la marque d'Asami quand vous étiez à la maison… Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ?

- Hum… un mois ou deux ? dit hasardement Korra.

- Deux mois ! Et c'est que maintenant qu'on est au courant ! s'alarma le père.

- Eh… Désolée, dit Korra en baissant les yeux. J'ai… oublié de vous le dire. Hé, hé, c'est que le temps est passé vite et… j'oublie souvent de penser à des trucs quand je suis avec Asami… En fait, c'est elle qui me l'a rappelé… Désolée… »

Tonraq soupira. Ce que sa fille pouvait être tête en l'air parfois ! Mais il était quand même heureux pour elle, c'est pourquoi il ne lui en tenait pas rigueur. Ça et…

« Oh, ne t'inquiète pas, va, chérie ! Ton père est exactement comme toi ! informa Senna. »

La petite attablée rit, surtout quand Tonraq fit sa petite mine vexée et embarrassée. Alors, Senna l'embrassa sur le joue pour le conforter et les deux jeunes femmes se sourirent affectueusement. Le reste du repas se passa à merveille.

Asami faisait la vaisselle, pendant que Korra installait ses parents pour la nuit. Finalement, Tonraq était un peu trop éméché pour qu'elles le laissent partir. Senna ne pouvait pas soulever la bête s'il se mettait à tomber, car il titubait sérieusement. Enfin, pour une nuit, elles pouvaient s'accommoder.

La jeune femme aux yeux bleus était allée, malgré l'heure tardive, demander un matelas gonflable à leurs voisins pour pouvoir installer ses parents dans la salon. Elle se chargeait donc de trouver de quoi faire leur lit et les mettre à l'aise.

Quand elle revint auprès d'Asami, son père ronflait déjà, sa mère était dans la salle de bain, et la jeune femme avait bientôt fini sa vaisselle. Korra l'étreignit par derrière, posant sa tête sur son épaule.

« Tu veux pas qu'on finisse demain ? demanda-t-elle. Il est tard.

- J'ai bientôt fini, répondit-elle. Tu peux bien attendre cinq minutes de plus, non ?

- Je ne suis pas sûre… »

Alors, elle frotta son nez contre l'oreille d'Asami, ronronnant presque.

« Korra, soupira Asami.

- Oui ?

- C'est pas pratique que tu restes collée à moi. Je vais te mettre un coup sans le faire exprès.

- Mmm… Je pense pouvoir le supporter. Mais si tu as si peur de me mettre un coup, tu peux arrêter… »

Asami soupira, avant de se retourner, les mains encore pleines de savon et d'eau. Elle mit ses bras sur les épaules de Korra et l'embrassa doucement, avant de se retirer.

« Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, est-ce que je peux aller finir ma vaisselle ? » demanda la femme aux yeux verts.

Korra se sentit obligée de rire, avant d'embrasser de nouveau Asami.

« Ce n'était pas ce que je voulais, répondit-elle. Mais j'avoue que ça me plait bien aussi.

- Alors quoi ? Qu'est-ce que tu voulais qui ne pouvais pas attendre ?

- Je voulais savoir, commença-t-elle en enlevant délicatement le bras d'Asami de son épaule, avant de se saisir de sa main et d'enlever l'anneau qu'elle portait au doigt ; si cet anneau voudrait dire quelque chose pour toi si je te l'avais offert maintenant.

- Mais… il veut déjà dire quelque chose pour moi.

- Je sais… Je veux simplement dire… Asami, tu m'épouserais ?

- Tu veux dire… maintenant ?

- Non ! Enfin… Si j'étais amenée à le faire maintenant, oui… Mais c'est sûrement trop tôt ! Quoiqu'on va passer le reste de notre vie ensemble, alors je ne sais pas trop où est le trop tôt ou pas. Mais ce que je voulais dire, c'est qu'on en a jamais parlé. Alors, peut-être un jour, pas maintenant forcément ! mais plus tard… je suppose… »

Voyant que Korra commençait à s'emmêler les pinceaux, Asami décida de la couper d'un baiser planté sur ses lèvres, posant une main toute mouillée dans le cou de sa petite-amie.

« Oui, Korra, répondit-elle après. Un jour, je voudrai bien me marier avec toi.

- D'accord, sourit délicieusement la femme aux yeux bleus. »

Puis, elle décida d'embrasser de nouveau Asami, qui en oublia un peu sa vaisselle. Même totalement, à vrai dire. Elles en oublièrent également leurs invités et se contentèrent de s'embrasser longuement, comme si c'était la première fois. La jeune ingénieure laissa échapper un léger gémissement, et la seconde d'après, un raclement de gorge les interrompit.

Alors, les deux femmes se décrochèrent l'une de l'autre, alors que Senna, qui se trouvait juste derrière, un peu penaude, prononçait quelques mots hébétés :

« Désolée de vous déranger. J'avais juste besoin d'une serviette… L'une de vous pourrait m'indiquer où elles se trouvent ?

- Ce n'est rien, Senna, répondit Asami en souriant. J'ai de toute façon de la vaisselle à finir. Korra, tu t'en charges ? »

Celle-ci opina du chef, un peu embarrassée. Elle prit la main d'Asami pour lui remettre la bague et puis fila chercher une serviette à sa mère, qui la suivit.

La femme aux yeux verts retourna à sa vaisselle, qu'elle finit, avant de se diriger vers sa chambre où Korra était déjà, l'attendant. Elle regardait énergiquement le plafond, ce qui fit un peu glousser Asami quand elle entra.

« Tu trouves que le plafond a du charme ? demanda-t-elle, un peu moqueuse.

- Moins que toi, flatta Korra, en posant ses yeux sur elle. »

Asami fredonna pour toute réponse et entreprit de se changer pour la nuit. Elle retira son haut, se retrouvant en soutien-gorge. Elle avait prévu de le dégrafer et de mettre un haut de pyjama, mais elle n'en eut pas vraiment le temps, tandis que deux mains brunes se saisirent de ses hanches la faisant basculer en arrière, sur le lit.

« Korra ! Qu'est-ce que tu fais ? demanda Asami.

- Mmmm, pour l'instant ? Pas grand-chose, avoua-t-elle. »

Puis, elle se mit à embrasser Asami dans le cou et à lui caresser la peau.

« Est-ce que tu penses vraiment que c'est une bonne idée ? Je te rappelle que tes parents dorment dans la pièce d'à côté, déclara la femme aux yeux verts.

- Et alors ? rétorqua Korra. Mon père dort comme un bébé et ma mère… vient de nous voir nous rouler une pelle dans la cuisine.

- Je pense pas que ce soit exactement la même chose, répondit Asami en se retournant, poussant Korra jusqu'à qu'elle soit au-dessous d'elle, couchée sur le lit, et que ses cheveux de jais lui tombent sur le visage.

- Eh bien, elle se bouchera les oreilles… Si tu crois qu'ils se gênent eux… »

De toute façon, Asami n'eut pas bien la force de lutter plus que cela. Elle se laissa de nouveau embrasser par Korra, qui continua joyeusement ce qu'elle avait entreprit.

Quant à Senna, les ronflements alcoolisés de son mari ne couvraient pas vraiment le bruit de l'amour des deux femmes. À vrai dire, ça la fit sourire plus que ça ne la gêna. Elle n'était pas née de la dernière pluie, elle savait très bien qu'elles ne faisaient pas que se regarder dans le blanc des yeux ; fort heureusement, d'ailleurs !

Korra avait amené des conquêtes à la maison, quand elle était plus jeune, donc ce n'était pas la première fois qu'elle se trouvait dans cette situation. Même si en tant que parent, c'était un peu étrange la première fois de se dire que son enfant avait atteint l'âge et la maturité pour faire ce genre de choses, elle aimait penser que ce sentiment s'amoindrissait avec le temps.

Ça restait étrange, quelque part, d'autant plus que cette fois, elle souriait, heureuse que Korra, son bébé, ait trouvé son âme-sœur. Ce fut sous ce sentiment d'accomplissement personnel, comme le succès d'une mission, qu'elle put s'endormir, tout comme les deux femmes dans la chambre d'à côté.


« Asami, où on va ? gémit Korra pour la quatrième fois en moins d'une heure.

- Tu peux pas être patiente, juste cinq minutes ? dit celle-ci sans vraiment faire attention à sa petite-amie mais en avançant plutôt, en ligne droite, sachant obstinément où elle voulait se rendre.

- J'espère que ce n'est pas encore un cimetière… Parce que ce n'est pas que je n'aime pas voir des gens morts, mais plusieurs fois en moins d'une semaine, ça commence à faire beaucoup !

- Non, ce n'est pas un cimetière… C'est… Ah, voilà ! »

Asami se planta devant une terrain de verdure où siégeait une maison en pierres blanches.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda Korra, voulant plutôt dire « qu'est-ce qu'on fait là ? ».

- Tu sais que j'ai demandé à tes parents d'amener Naga pour qu'elle te voit ?

- Oui, c'est très gentil de ta part, mais ça ne répond pas vraiment à ma question. »

Asami saisit les deux mains de Korra, plantant son regard de jade dans ses yeux océan.

« Tu te souviens quand tu m'as dit qu'on avait jamais parlé de notre futur ? demanda-t-elle, ne répondant toujours pas à la question.

- Oui, mais…

- J'avais pensé que si tu restais avec moi, nous allions sûrement rester à Republic City. Après tout, on a notre travail ici. Mais je me suis dit que ça te forçait à rester éloignée de Naga aussi, et je sais qu'elle te manque, que c'est ta chienne et que tu aurais bien aimé l'avoir avec toi si tu avais pu. Alors, j'ai pensé qu'on allait peut-être pas rester dans cet appartement toute notre vie… Et donc, cette maison pourrait être notre nouveau chez nous. Il y a un jardin, un très grand jardin comme tu peux le voir, pour Naga. Ça fait un moment que je cherchais à la ramener près de chez nous. Et j'ai trouvé ça. Est-ce que l'idée te plait ?

- Attends, tu veux qu'on déménage ?

- Si la maison te plait, oui.

- Pour que Naga soit avec nous ?

- Oui.

- Je l'adore. Ton idée, je l'adore. Je t'adore ! »

Asami sourit devant le visage rayonnant et enthousiaste de sa bien-aimée. Elle empoigna alors sa main, la précipitant vers l'intérieur.

« Viens, allons visiter alors ! » s'exclama-t-elle, heureuse.

Après tout, elles n'avaient jamais vraiment emménagé ensemble en tant que couple, ce serait peut-être un moyen d'avoir enfin un endroit qui serait à elles deux. L'appartement d'Asami était très bien, très fonctionnel, mais il correspondait à Asami.

C'était son territoire depuis des années et Korra y était entrée sans vraiment y changer quoi que ce soit. Alors qu'ici, cette maison, ce serait leur maison, à elles deux. Et peut-être qu'elles pourraient se créer de nouveaux souvenirs, fonder une famille…


Finalement, les parents de Korra rentrèrent chez eux et ils leur laissèrent Naga. Ce fut un peu compliqué pendant un temps de gérer la bête à fourrure blanche parce qu'il n'y avait pas tant de place que ça dans l'appartement et il leur fallait un peu de temps pour se déplacer. La chienne restait donc dans l'appartement, quand les deux femmes travaillaient, à s'ennuyer comme un rat mort.

Pour contrebalancer cet état qui rendait la chienne très triste, les deux femmes la sortaient le reste du temps. Elles passaient généralement leurs weekends à l'extérieur. Heureusement, il faisait beau, alors elles pouvaient camper un peu. Mais à la longue, cette situation était épuisante et intenable.

Mais, comme Asami avait vu juste, Korra et elle n'avaient pas tardé à déménager. Ce qui les arrangeait vraiment, à vrai dire. De plus, elles restaient à une distance plutôt raisonnable du centre-ville, qui n'était donc pas contraignante. Elles pouvaient donc accéder assez facilement à leur travail, tout en profitant d'une habitation plus grande et un grand jardin pour leur amie à la fourrure blanche.

Elles ne mirent pas longtemps avant de se décider à inviter leurs amis pour inaugurer leur nouvelle maison. Ce fut une joyeuse fête. On remarqua que le ventre d'Opal commençait à se faire vraiment très rond, Bolin était surexcité, Mako avait la tête ailleurs.

Il se fit donc persécuter par tout le monde pour savoir ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. On apprit qu'il avait rencontré quelqu'un, sans qu'il décide de nommer qui que ce soit, et tout le monde fut simplement heureux pour lui. Quant à savoir si c'était sa réelle âme-sœur ou pas, cela restait encore indéterminé.

Personne ne put en apprendre davantage avant qu'il parte, ainsi que les autres invités. Finalement, après avoir débarrassé et un peu rangé, Asami se mit à lire dans leur lit pendant que Korra caressait Naga, au pied du lit, qui s'endormait sous son contact.

« Opal a dit que c'était une grande maison, rapporta Korra.

- Disons que c'est sans aucun doute plus grand que l'appartement.

- C'est grand aussi pour deux personnes et une chienne, même si j'avoue que Naga prend beaucoup de place. »

Asami leva les yeux de son livre, pour regarder Korra, un peu perplexe. La jeune femme aux yeux bleus, entendant un petit souffle sonore de Naga, se leva voyant que la chienne-ours polaire était endormie. Elle vint rejoindre Asami sous les couvertures, avant de continuer.

« Est-ce que tu pensais qu'on pourrait être plus que deux, enfin trois, dans cette maison, quand on l'a achetée ? demanda-t-elle.

- Tu parles d'avoir d'autres animaux de compagnie ou… d'enfants ?

- Et toi, tu pensais à quoi ?

- Je ne sais pas. Je me suis dit qu'à n'importe quel moment l'envie pourrait nous prendre d'élargir la famille, alors autant pouvoir le faire. Même si j'avoue qu'étant deux femmes, ce serait peut-être un peu plus compliqué pour avoir un enfant.

- Donc, tu pensais à un enfant.

- Oui. Mais, je veux dire… j'y ai juste pensé. J'ai pas forcément envie d'élever un enfant maintenant. On a le temps pour ça, non ?

- Oui, on a le temps… Je veux t'épouser d'abord.

- L'ordre a vraiment de l'importance ?

- Non. C'est juste que je me sens plus capable de franchir ce pas-là, plutôt que l'autre. Je peux me lier à toi pour l'éternité au niveau de la loi, ça ne changera pas vraiment notre quotidien : tu seras toujours mon âme-sœur, on sera toujours liées ; on aura juste une appellation différente. Mais avoir un enfant… c'est beaucoup plus de responsabilités.

- On a le temps. On a le temps pour décider, pour se préparer s'il le faut. »

Elles avaient le temps pour tout ça. Après tout, ça faisait moins d'un an qu'elles étaient ensemble. Elles n'allaient pas précipiter ce genre de choses ; elles avaient toutes une vie à partager ensemble.


Plusieurs mois passèrent sans que rien ne se passe vraiment. La vie se passait. Asami, Korra et Naga vivaient agréablement dans leur maison. Les deux femmes travaillaient sans trop se surmener, et tout allait extrêmement bien.

Opal finit par accoucher. Ce fut une grand évènement, qui fut accueilli avec beaucoup de joie et de bonne humeur, surtout de la part de Bolin. Opal fut très fatiguée pendant un temps, mais elle reçut néanmoins des visites, courtes.

Quand elle fut plus en forme, elle raconta un peu à Korra et Asami comment s'était passé l'accouchement. Et malgré toutes les souffrances endurées par la nouvelle mère, les deux femmes ne pouvaient qu'envier un peu ce bonheur extraordinaire qui s'était posé sur la petite famille.

C'est d'ailleurs ce dont elles parlèrent, le soir, après avoir vanté la beauté du nouveau-né.

« Hé, Korra, dit Asami, déviant un peu le sujet. Quand on aura un enfant… tu pensais plutôt à adopter ou à le porter ?

- Je ne sais pas vraiment, répondit celle-ci, honnêtement. À la fois, ça semble une sacrée expérience de porter un enfant, mais c'est pas comme si on en avait vraiment besoin… Et toi ?

- Je me suis toujours dit que j'adopterais… Comme ça, un enfant aurait des parents. Je me suis dit que je pourrais être pour quelqu'un ce que je ne n'ai pas eu : une mère. Enfin, en l'occurrence, ça en ferait deux.

- Oh, eh bien, si ça t'arrange, je peux porter une fausse moustache, pour jouer le papa ! Mais tu avoueras qu'à la longue, ça risque d'être compliqué. »

Asami gloussa des idées farfelues de sa petite-amie. Idées farfelues qui avaient quand même pour but de l'arranger, ce qui était à la fois trop gentil et mignon.

« Je pense pas qu'il y ait besoin d'une chose pareille, avoua Asami. Tu es très bien comme tu es.

- Mais je suis très sexy avec une moustache aussi ! plaisanta la femme aux yeux bleus.

- Sans aucun doute… De toute façon, je t'aime avec ou sans moustache. »

Pour appuyer son propos, elle embrassa légèrement Korra et sourit. Non, pas besoin de moustache. Ce futur enfant aurait deux mamans et ce serait tout aussi bien.


« Je peux savoir pourquoi on est de retour au Pôle Sud ? grogna Asami pour la énième fois, soufflant un air blanchâtre et se frottant les bras. Franchement, Korra ! Il fait trop froid !

- Mais il faut bien que tu apprennes à résister un peu au froid ! Et puis, c'est quand même là où a grandi ton âme-sœur pour rappel, tu pourrais un peu plus le respecter que ça.

- Ugh ! La prochaine fois, on va à la Nation du Feu !

- Tu as grandi là-bas ?

- Pas du tout. Mais j'ai des origines, ça compte, non ? Et puis, au moins, il fait chaud… »

Korra explosa de rire.

« Qu'est-ce que tu ferais pas pour fuir le froid et la neige, se moqua-t-elle. Bon, en attendant, on se retrouve ce soir, que je te réchauffe un peu, comme promis.

- Dois-je te rappeler qu'on s'est encore invitées chez tes parents ?

- Dois-je te rappeler que j'en ai absolument rien à faire ? »

Avec cela, elle déposa un rapide bisou sur la joue d'Asami et fila.

Son père et elle allait faire de la chasse au phoque, d'après ce qu'Asami avait compris. Et ce n'était pas qu'elle n'avait pas envie d'y aller mais… elle congelait déjà en posant un orteil dehors, alors passer une journée près de l'eau, avec des risques d'éclaboussures, n'était juste pas possible. Même si cela voulait dire passer un peu moins de temps avec Korra…

Cependant, rester avec Senna lui convenait également, tant que Korra s'amusait. Même rester sous les couvertures lui convenait en fait. Tout lui convenait tant qu'elle ne devait pas se confronter aux températures glaciales de l'extérieur.

D'ailleurs, elle rentra à la vitesse éclair, voyant Korra et Tonraq partir sur un scooter à neige.

Senna buvait un thé fumant. Elle en proposa également à la jeune ingénieure qui s'empressa d'accepter. Une fois la tasse brulante entre les mains, elle se sentit un peu plus sereine. Décidément, elle aimait particulièrement la chaleur.

Si Korra n'était pas venue à Republic City, elles ne se seraient probablement jamais rencontrées, parce qu'elle n'aurait définitivement pas mis un seul orteil sur cette terre de glace. Elle aurait vécu toute seule le reste de sa vie. Ou plutôt avec un fantôme. C'était souvent ce qu'elle se disait.

Dans ces moments-là, elle s'estimait vraiment chanceuse d'avoir rencontré Korra. Elle devait bien avouer que son fantôme ne l'avait pas vraiment quittée… Il lui arrivait de temps à autre, de façon très occasionnelle, de faire un cauchemar. Mais bien que le sentiment était vif au premier abord, elle arrivait à se tranquilliser plus facilement avec Korra à ses côtés, se rappelant de ce qu'elles avaient accompli pour se débarrasser de ce passé encombrant. Non, c'était bel et bien fini. Mais cela restait une jolie cicatrice entretenue pendant bien des années, c'était normal qu'elle soit un peu douloureuse de temps à autre.

Pendant qu'elles buvaient leur thé, Senna et Asami discutèrent brièvement. Puis, la mère décida d'emmener Asami avec elle, pour flâner un peu et faire quelques rapides courses. C'était sans dire que la jeune femme aux yeux verts n'avait pas la moindre envie de sortir, mais elle ne voulait pas non plus rester seule.

Alors, après s'être parée pour une bataille contre le froid, elles sortirent et allèrent jusqu'en ville. Pendant plus d'une heure, elles entrèrent dans des magasins, rencontrèrent des gens — Asami avait l'impression que tout le monde se connaissait et ça la troublait légèrement — et parlèrent un peu. Par contre, la jeune ingénieure ne s'attendit pas à revoir cette vieille voyante qu'elle avait vu l'année d'avant pendant le festival, quand Korra et elle se couraient encore après. La vieille femme la reconnut instantanément et sourit à la fois avec malice et douceur.

« Croyez-vous un peu plus à la voyance, Mademoiselle ? demanda-t-elle sans autre forme de salutation.

- Pas spécialement, répondit très honnêtement Asami.

- C'est bien dommage. Pourtant, je suis bien heureuse que vous ayez bien voulu accepter votre destin plutôt que de l'enchainer à votre passé.

- Mais comment vous pouvez savoir un truc pareil ?

- Il y a simplement des gens un peu plus intuitifs que vous. Je vous annoncerais bien un futur radieux, mais vous n'en avez que faire.

- Je n'en ai pas que faire, et je suis sûre que Korra en serait très contente. Mais… je reste sceptique.

- Alors même que vous êtes vous-même touchée par un phénomène quelque peu magique, au moins surnaturel, vous refusez de croire. Vous êtes bien un drôle d'oiseau. »

La vieille femme secoua légèrement la tête, puis partit, n'ayant rien à ajouter.

Asami ne savait pas si elle était un drôle d'oiseau. Mais elle n'en avait pas grand-chose à faire. Dans sa vie de tous les jours, croire à quelque chose qu'elle ne voyait pas lui était parfaitement inutile, alors elle préférait ne pas faire l'effort de répondre à cette question.

Senna revint, étant allée acheter un stock de bougie.

« Est-ce que cette femme t'a embêtée ? demanda-t-elle, méfiante, en fronçant les sourcils.

- Non, c'est une vieille connaissance, répondit Asami.

- Tu as des connaissances dans la Tribu de l'Eau ? Tu t'intègres vite ! »

Asami gloussa. Non, ce n'était pas vraiment comme ça.

« On l'a croisée l'année dernière. Au festival. Elle s'est juste souvenue de moi.

- Bon. Et si on rentrait ? Ça va bientôt être l'heure de manger ! »

Ainsi, elles rentrèrent. Elles se préparèrent de quoi se nourrir et mangèrent, leurs compagnons respectifs ne rentrant pas pour manger avec elles.

Senna alluma quelques bougies, pour donner une impression de chaleur un peu plus prononcée. Ils avaient le chauffage, mais ça avait l'air moins chaud qu'une vraie flamme ! Et Asami aimait les flammes des bougies. Elle se disait irrationnellement que ça pouvait réchauffer la pièce, bien qu'elle savait que c'était faux. Ou il en faudrait une bonne centaine, voire davantage.

Le soir, Korra et Tonraq rentrèrent, expliquant qu'ils n'avaient rien pu chasser et qu'ils devaient y retourner le lendemain. Les deux femmes n'étaient pas contre, alors ce fut fixé.

La soirée fut fort agréable, tout le monde alla finalement se coucher, Korra et Asami discutèrent un peu avant de s'endormir, la femme aux yeux verts restant intimement collée à sa petite-amie, à cause du froid. Celle-ci en aurait presque rit, cependant elle n'en fit rien comme elle ne voulait pas réveiller Asami. Puis, finalement, elle s'endormit également.

Le lendemain, Korra et Tonraq furent partis très tôt, ce qu'Asami remarqua assez rapidement étant donné que le manque de chaleur la réveilla cruellement. Elle essaya malgré tout de se rendormir, mais ne réussit à dérober au sommeil que quelques petits morceaux de somnolence.

Finalement, elle se leva en même temps que Senna, que le froid ne dérangeait plus. Les deux femmes passèrent tranquillement la journée ensemble, sans que rien ne se passe vraiment.

L'après-midi, elles étaient ressorties en ville, pour une course quelconque, lorsqu'Asami fut saisie d'une douleur à son poignet. Elle dégagea rapidement les quelques couches de vêtements qui le recouvrait, le voyant allumé d'une forte lueur.

« Mais qu'est-ce qu'elle est en train de faire avec ça ? s'exclama-t-elle à haute voix.

- Cache-ça ! s'alarma Senna. »

D'une main, elle saisit le poignet d'Asami afin de cacher rapidement la lumière qui en émanait et, de l'autre, elle la recouvrit des vêtements qui se trouvaient préalablement dessus.

« Voyons Asami, tu sais bien que c'est un secret, l'informa Senna. Tu ne peux pas montrer ce genre de choses en public. Imagine une petite fille te voit, elle pourrait percer le secret de la marque avant l'heure et elle serait maudite ! »

Ah oui… Elle oubliait cette futile superstition…

« Je suis désolée, Senna. Je n'ai pas fait attention, confia-t-elle.

- Ce n'est pas grave. Mais souviens-t'en ! Sinon, tu risques de te faire passer un savon.

- Sérieusement ?

- Oh oui, crois-moi, ils surveillent ce genre de choses. »

Waouh, c'était plus sérieux que ce qu'elle pensait. Elle comprenait maintenant qu'elle n'ait pas réussi à avoir la moindre information avant ! Il paraissait que c'était un peu plus surveillé qu'une simple superstition…

Finalement, les deux femmes continuèrent leur activité et Asami ne put regarder ce que faisait sa marque. Quand elle put le faire, en sécurité chez Tonraq et Senna, elle ne brillait plus. Elle devrait vraiment demander à Korra ce qu'elle avait fait. Pourtant, rien ne semblait changé… Elle ressentait leur lien, et il était intact. Alors, à quoi était due cette soudaine douleur ? Rien n'était arrivé à Korra, elle le saurait sinon… Cela restait un grand mystère, qu'elle contemplait sur son lit, en attendant Korra.

Finalement, le père et la fille rentrèrent. Ils firent à peu de choses près la même chose que la soirée précédente, et Asami n'osa pas demander à Korra des informations supplémentaires sur ce qu'elle avait fait avec la trace avant qu'elles ne soient seules toutes les deux ; ce qui prit encore quelques heures.

Mais enfin, elles s'enfermèrent dans leur chambre, au calme. Korra était allée prendre une douche et Asami l'attendait, allongée sur le ventre et lisant un ancien livre, un vieux classique, que son père avait gardé quand elle eût fini sa scolarité. Il en avait en fait plusieurs et elle avait commencé à les lire peu à peu, quand elle avait un peu de temps.

Finalement, la jeune femme aux yeux verts entendit distraitement l'eau s'arrêter de couler, mais continua de lire. Korra revint à pas feutrés, se demandant si Asami s'était endormie. Elle vit que sa petite-amie était encore éveillée et en fut quelque part soulagée. Elle ne prit pas la peine de s'habiller avant de glisser quelque chose autour de son cou.

Asami sentit une pierre froide et ronde rebondir sur sa poitrine avant de s'y poser fièrement.

« Qu'est-ce que c'est ? questionna la femme aux yeux verts en lâchant son livre et en touchant la pierre pour mieux la voir.

- Est-ce que tu l'aimes ? demanda plutôt Korra. »

Asami regarda la pierre, ronde, lisse, aux étranges couleurs bleu et rouge. La trace qu'elles avaient au poignet semblait incrustée à l'intérieur sans qu'on ne discerne aucun relief.

« Oui. Oui, je l'aime beaucoup, répondit honnêtement Asami, émue.

- Bien, parce qu'ici cela constitue une demande en mariage, avoua Korra. »

Le cœur d'Asami loupa un battement et elle en eut presque le souffle coupé.

« Attends, quoi ? dit-elle en se retournant brusquement pour regarder Korra dans les yeux, mais celle-ci avait pris ses mains et se concentrait dessus.

- Tu penses vraiment que je t'aurais fait venir ici si je n'avais pas une très bonne raison ? demanda Korra d'une fragile douceur. Il y a un rocher ici, que je suis allée chercher avec mon père — et crois-moi, ce n'est pas une mince affaire.

« Il est relié au monde des Esprits, ou c'est ce qu'on en dit. Il suffit de poser notre trace dessus pour qu'il produise cette pierre, avec une trace similaire. C'est une pierre sacrée : seules les âmes-sœurs peuvent en avoir une, et une seule. Et c'est pour ça qu'on s'en sert pour demander notre âme-sœur en mariage. Donc, pour le faire un peu plus conventionnellement que la dernière fois : Asami, tu veux bien m'épouser ? Pour de vrai. Je veux passer le reste de ma vie avec toi et comme ça fait plusieurs fois qu'on parle de fonder une famille de plus de deux personnes et un chien-ours polaire, je me suis dit qu'il était peut-être temps.

- D'accord, répondit simplement Asami, sans vraiment s'en rendre compte, un peu sous le choc. »

Elle avait les yeux un peu écarquillés et essayait de rassembler tous les morceaux, ne pouvant vraiment se concentrer ou même mettre ses pensées dans un ordre convenable. Korra, qui jusqu'à présent lui avait tenu les mains, releva son regard, elle-même un peu perdue, un peu confuse, par les évènements qu'elle venait de provoquer. Lisant dans le regard bleu toute l'incertitude et la confusion qui y siégeait, Asami décida de reprendre :

« Oui, je veux bien me marier avec toi. Je ne sais pas vraiment si c'est trop tôt ou pas, mais ce que je peux te dire c'est que je veux un avenir avec toi, et ça en fait partie. Donc, je t'épouserai. Je serai ta femme et tu seras la mienne, si c'est ce que tu veux aussi.

- Bien sûr ! Je t'aime, Asami.

- Je t'aime aussi, Korra. »

Les deux femmes s'enlacèrent tendrement, ne réalisant pas tout à fait encore cette promesse scellée. Puis, elles s'embrassèrent un instant, avant qu'Asami demande :

« Juste une question : est-ce que tu comptais garder cette serviette ou mettre quelque chose ? Parce que sinon, je me ferais un plaisir de l'enlever. »

Korra rit.

« Non, c'est bon. Fais-toi plaisir. Je suis toute à toi…

- Youhou ! Quelle chance ! »

Et effectivement, la serviette fit ses bagages peu de temps après…


Le lendemain matin, Korra et Asami restèrent un peu au lit, bien que réveillées, dans un silence confortable, dans la douce chaleur de leurs deux corps entrelacés.

« Korra, dit finalement Asami au bout de plusieurs dizaines de minutes, tu ressors aujourd'hui ?

- Non, je ne pense pas, répondit-elle calmement. Après tout, j'ai trouvé ce que je cherchais. Je peux bien passer mes journées avec toi maintenant.

- Dis, c'était ça hier qui a fait briller la trace ? C'était même un peu douloureux je dois te dire…

- Ah oui ? Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment remarqué… Je suppose que j'étais trop excitée.

- Tu m'as vraiment demandée en mariage hier ?

- En tout cas, c'est ce dont je me souviens ! Tu m'as vraiment dit oui ?

- En tout cas, c'est ce dont je me souviens… Mais… ça te fait pas un peu bizarre ?

- De quoi ? De pouvoir dire que tu es ma fiancée ? On l'a déjà fait.

- Mais c'était pour de faux, Korra ! Même si ça avait des allures de réel et que je souhaitais vraiment que ça arrive un jour… Tu ne plaisantais pas ce jour-là.

- À propos de quoi ?

- Tu as dit que ça se trouvait je serais mariée l'année suivante. Tu pensais vraiment me demander en mariage à ce moment-là ?

- Eh bien, disons que j'ai envisagé que ça arrive si j'arrivais déjà à sortir avec toi. Ce qu'on a c'est l'amour éternel, Asami. Peu importe quand j'allais te demander en mariage, je savais que j'allais le faire, c'est tout.

- J'aurais pu le faire moi aussi…

- Je suppose. Mais j'ai l'impression qu'on a pas évolué à la même vitesse dans notre relation.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire que je me suis dit que tu pourrais refuser, simplement parce que tu ne te sentirais pas prête. Après tout, tu as passé des mois à te battre contre ce qui est arrivé à Payne et moi pas. Je veux dire, j'étais là et j'ai fait ce que je pouvais pour t'aider, mais toi tu étais vraiment bloquée, sans possibilité de pouvoir avancer, ce qui n'était pas mon cas. Tu vois ce que je veux dire ?

- Oui, je vois. Mais tu l'as dit, ça n'a pas d'importance quand on se mariera, parce que ça ne changera pas entre nous. Est-ce que ça te va ? Je veux dire, j'ai déjà cette bague et maintenant ce collier… j'ai l'impression que je ne fais que recevoir de toi.

- Ne t'inquiète pas, ça me va très bien comme ça. La seule chose qui compte c'est ton bonheur. »

Pour toute réponse, Asami embrassa Korra doucettement. Son âme-sœur. Sa fiancée. Sa fiancée pour de vrai. Bientôt sa femme. Sa famille…


C'était une journée particulièrement ensoleillée, même pour un mois d'avril. Et c'était pour cela qu'ils avaient décidé d'aller pique-niquer tous ensemble : une bande d'amis profitant d'une belle journée.

L'enfant de Bolin et d'Opal avait bien grandi. Il fallait dire que le bambin avait plus de six ans maintenant ! Il s'amusait joyeusement à chasser les papillons, pendant que les adultes eux, restaient à discuter et à les surveiller, lui et les autres enfants, à l'ombre d'un arbre.

Mako en vint à les quitter assez rapidement, embarqué par son prince, qui était venu le chercher en limousine. Quand Korra et Asami avaient appris que Wu était l'âme-sœur de Mako… elles en avaient d'abord été très surprises, puis elles avaient beaucoup, beaucoup ri. Elles n'auraient jamais pu deviner une chose pareille !

Il ne restait donc plus que Bolin, Opal, Korra et Asami, sur un drap rouge et blanc avec des restes de leur pique-nique bien rangés. Bolin était contre l'écorce brune d'un arbre, et Opal avait la tête posée sur son épaule, le ventre gros de leur troisième enfant.

Asami était également adossée à l'arbre et avait Korra contre elle. Elle tenait sa main et jouait avec son alliance. Elle n'arrivait presque pas à croire que ça allait bientôt faire cinq ans qu'elles étaient mariées. Le temps passait à une allure ! Il fallait dire qu'elles avaient une vie bien chargée.

Hiroshi avait décidé de se retirer des fonctions principales de l'entreprise pour qu'Asami commence à s'habituer à son rôle de PDG, puisque l'entreprise lui reviendrait une fois que son père serait à la retraite. Ainsi, la jeune femme était en apprentissage constant, même si elle maitrisait globalement assez bien les dossiers en ordre général. Mais ses nouvelles tâches lui prenaient quand même un peu plus de temps.

Korra avait aussi changé de travail, pour gagner un peu plus d'influence et pouvoir faire changer les choses un peu mieux.

Mais leur rythme de vie avait aussi changé au niveau privé.

« Gaku ! Ne mange pas la terre, voyons, s'écria Asami.

- Laisse, j'y vais, dit Korra. »

Elle lâcha la main de sa femme et se leva, allant voir leur fils pour le débarrasser de la terre qu'il avait sur les mains et qu'il fourrait dans sa bouche.

Et oui, cela faisait quelque temps qu'elles n'étaient plus deux, mais quatre, avec un chien-ours polaire. Ceci étant, Naga pouvait se révéler assez « pratique », en un sens. Les enfants l'adoraient, et c'était beau de les voir jouer ensemble.

À vrai dire, les deux femmes avaient d'abord adopté une petite fille, Isolina, trois ans auparavant. Elle avait sûrement des origines de la Tribu de l'Eau, avec des yeux aussi bleus que les siens. C'était une gentille fille, très calme, mais pas très extravertie…

Et il y avait moins d'un an, elles ont adopté un petit garçon, encore très jeune. Elles avaient eu peur que les deux enfants ne s'entendent pas très bien, dû au caractère de la petite fille, mais aussi d'une différence d'âge de plus de trois ans — ce qui n'était pas non plus énorme, mais sait-on jamais.

Seulement, bien au contraire, Isolina avait immédiatement pris son rôle de grande sœur très au sérieux et s'était mis en tête de toujours être là et de toujours protéger son petit frère. Ce qui était vraiment mignon à vrai dire, et les deux mères ne pouvaient en être plus fières. La petite fille avait ainsi appris à s'ouvrir un peu et à communiquer davantage. C'était une réussite en tout point !

C'est pour cela que pendant que Korra retirait la terre des mains de Gaku, sa sœur rappliqua de suite pour voir ce que sa mère faisait et si son frère allait bien. Korra lui répéta qu'il ne fallait pas manger la terre, puis se releva pour retourner voir Asami.

La jeune femme aux yeux verts vit Isolina prendre le relais, prenant son frère par la main et l'entrainant plutôt voir les papillons — bien qu'il marchait encore un peu d'un pas déséquilibré — avec les fils d'Opal et Bolin.

Asami sourit de voir leur petite famille comme un noyau soudé. Elle aimait Korra et elle aimait ses enfants, et, naïvement peut-être, elle se dit que ça leur suffirait et qu'à partir de maintenant, ils ne connaitraient plus de tragédie et qu'ils vivraient heureux.

Korra reprit sa main, mit en contact leurs traces, se repositionnant contre elle.

« Oui, je ressens la même chose », dit-elle à Asami en souriant.

Elles n'avaient pas besoin de communiquer par la pensée pour se comprendre ; leurs sentiments étaient suffisants, et ils le seraient toujours.

« Je t'aime, répondit Asami, en lui caressant la joue.

- Je t'aime aussi. »

Asami se pencha et embrassa Korra, son âme-sœur.

Les enfants allaient grandir, les choses allaient évoluer, mais une chose ne changerait jamais : peu importe les difficultés, peu importe les conflits et les désaccords, elles seraient toujours âmes-sœurs. Le lien spécial qui les unit persisterait, leur amour vivrait.


A/N : Bon, voilà, c'est normalement la fin. Je suis contente d'avoir fait le voyage avec vous jusque-là. Je vous serais reconnaissante de me laisser un petit mot, simplement pour... dire ce que vous voulez. Mais peut-être qu'on pourrait terminer sur un petit échange ? Quoi qu'il en soit, je remercie tous mes lecteurs simplement pour avoir lu, pour avoir apprécié cette histoire et je remercie d'autant plus tous ceux qui ont eu le courage de bavarder un peu avec moi et de me laisser leur avis. Chacun de vous est important et chacun de vous m'a apporté un peu de joie et de fierté en tant qu'écrivain. Donc, merci à tous et très bonne continuation !

J'espère qu'on se reverra sur une autre histoire. À vrai dire, j'en ai une bonne liste à écrire, mais je pense m'effacer du monde de la fanfic pendant un temps. Même si... vous savez la petite fille de Korra et d'Asami, Isolina ? Eh bien, j'ai commencé une histoire (en anglais sur AO3, puisque c'était pour la Korrasami week de l'année dernière) dans le monde de LoK avec cette petite fille. J'ai commencé Trace juste avant, et il faut que je finisse également cette histoire... Enfin bon, j'aimerais finir tous mes projets avant de partir ! Ce qui me mettrait très longtemps au vu du monstre qu'est devenu cette histoire xD

Bon, je me tais !

À plus !

Lion


Réponse review 'guest' :

Koringus :

Coucou, Koringus !

Ah, je crains que ce ne soit la dernière fois que je puisse te parler ! Mais si tu veux que je réponde à n'importe quoi, sache que j'éditerai ce chapitre pour modifier la réponse, d'accord ? :) Je suis désolée d'avoir disparue pendant un peu de temps ! Du coup, j'espère que tu seras toujours là pour la fin xD C'est gentil de te libérer pour me lire :) J'espère que je ne t'aurais pas découragé à cause de l'attente !

J'espère que tu apprécieras également la fin et qu'elle ne sera pas trop expéditive. À vrai dire, je n'ai jamais fait ça, donc je ne sais pas ce que ça va donner xD

Ah, c'est moi qui n'ai pas été ponctuelle cette fois. Désolée.

À plus !

Lion