A notre arrivée au poste, je pus noter qu'il régnait une étrange effervescence. Ma mère fila directement à la cafétéria tandis que Maura et moi nous dirigeâmes vers les ascenseurs. Plus nous nous rapprochions de mon bureau et plus le poste ressemblait à une zone de guerre. Je voyais des hommes courir dans tous les sens. Je pris Maura par la main et fonçait directement vers le bureau de Cavanaugh. Sans même prendre le temps de frapper nous sommes entrées. Cavanaugh était à son bureau. Il leva la tête prêt à nous hurler dessus mais aucun son ne sorti lorsqu'il nous vit devant lui. Après quelques secondes il se leva.
- Bon sang, mais qu'est-ce que vous faites ici Rizzoli ? hurla-t-il.
- On a du nouveau chef et l'agent Thomas a disparu.
- Je suis au courant pour l'agent Thomas, mais vous comment l'avez-vous appris ? demanda-t-il sur un ton radouci une fois assis.
- L'agent Dean… il pensait qu'elle était venue nous voir chez le docteur Isles, dis-je décidée à protéger la relation que Maura entretenait avec l'agent du FBI.
- Bien, alors comme ça vous avez du nouveau ?
- Oui chef, on fera un petit briefing avec le FBI. J'ai demandé à Frost d'aller chercher Mle Raven, la victime survivante du tueur. Je voudrais la mettre sous protection et l'interroger à nouveau.
- Belle initiative Rizzoli, autre chose ?
- Non, juste organiser le briefing.
- Alors qu'est-ce que vous faites encore dans mon bureau… Allez dépêchez, dehors.
Sans attendre je sortis suivi de Maura. Quand je rentrais dans la salle où se trouvait mon bureau, je constatais qu'il y régnait une certaine effervescence. Où était l'agent Thomas ? Avait-elle réellement été kidnappée ? Je commençais à croire qu'elle était peut-être partie sur une nouvelle piste sans prévenir personne, d'autant plus si, comme Maura l'avait sous-entendu, elle faisait de la rétention d'information. J'attendais avec impatience l'arrivée de Dean, Korsak, Frankie et Frost avec notre seul témoin. Dean venait à peine de rentré dans la salle avec un carton de dossier dans les bras lorsque mon portable sonna.
- Jane, c'est Frost. Je suis chez Mle Raven. J'ai besoin de l'équipe de la scientifique.*
- Frost est-ce que le témoin est en vie ?
- Je ne sais pas, mais je crois qu'il y a un message de notre tueur.
- On arrive.
Je raccrochais et demandais à Maura de réunir l'équipe scientifique et de se rendre à l'adresse que je lui notais sur un papier. J'attrapais Dean pour lui annoncer que nous avions un problème et qu'il fallait que le FBI nous accompagne. Il appela trois hommes et j'interpellais Korsak alors qu'il franchissais la porte avec Frankie. Alors que je les rejoignais Dean m'attrapa par le bras.
- Jane j'aimerais que tu montes avec moi en voiture et que tu prennes le temps de jeter un coup d'œil à ce dossier, dit-il en me tendant une chemise en papier.
Je pris le dossier tout en le tirant par le bras vers le bureau de Cavanaugh pour l'informer que l'on devait repousser le briefing pour rejoindre Frost. En arrivant au garage je vis l'équipe de Maura s'affairer autour de leurs voitures, les hommes désigner par Dean montèrent dans une voiture, Dean et moi dans un second véhicule et Korsak avec Frankie. Pendant le trajet je jetais un coup d'œil au dossier que l'agent Dean m'avait remis. Il s'agissait du profil dressé par l'agent Thomas. Il était bien plus épais que l'exemplaire qu'elle nous avait remis quelques semaines auparavant. Au fur et à mesure de ma lecture je réalisais que l'agent Thomas nous avait tous manipulé en dissimulant certaines informations qui, si je n'avais pas demandé au Docteur Isles de dresser un nouveau profil, aurait pu avoir des conséquences sans doute dramatiques. Je regardais Dean n'osant formuler à voix haute les soupçons que ce que je lisais faisait naître dans mon esprit. Il existait peu de raisons pour lesquels un agent expérimenté que Caitlin Thomas dissimulerait des information cruciales pour une enquête. En fait je n'en voyais que trois : l'agent Thomas était notre tueur en série, l'agent Thomas connaissait le tueur et le protègeait en dissimulant des indices ou en était le complice. Le dernier motif, le plus improbable, la jalousie dont l'agent Thomas faisait preuve était si surdimensionné qu'elle mettait en péril toute une enquête et des vies pour garder Maura.
- Dean…
- Tais-toi Jane, je crois savoir ce que tu penses et je n'arrive pas à croire que l'agent Thomas ait un quelconque lien avec le tueur.
- Je suis désolé Dean. Il va falloir que l'on enquête sur elle et sur ses états de service.
- Je sais. J'arrive pas à croire que je me suis fais avoir comme un débutant. Merde Jane comment j'ai pu être aussi aveugle ?
- Tu ne peux pas t'en vouloir Dean, les psychopathes ressemble à Monsieur tout le monde.
- Jane, je suis censé être formé pour attraper ces ordures.
- Dean rien ne nous dit qu'elle est le tueur. Elle peut-être une victime que le tueur a manipuler.
- Arrête Jane, même toi tu ne crois pas à ce que tu viens de dire.
- Sans doute, mais il est un peu tôt pour sauter aux conclusions, pour une fois je vais faire comme Maura et attendre les preuves de la culpabilité de l'agent Thomas.
Dean poussa un soupir, mais je voyais ses jointures blanchir tant il serrait le volant avec force. On arrivait en vu de la rue de notre témoin, Mle Raven. On remarqua rapidement plusieurs voitures de police et des policiers devant l'immeuble où vivait la victime survivante. Frost nous attendait sur les escaliers.
- Alors que se passe-t-il ? demandais-je à Frost tout en le suivant à l'intérieur de l'immeuble.
- Juste après ton coup de fil j'ai tenté de joindre Mle Raven sans succès. En arrivant… vous verrez, dit-il
En arrivant à l'étage où vivait notre témoin une étrange odeur métallisée assaillit mes narines. Je connaissais bien cette odeur, c'était celle du sang. Ce n'était pas la première fois que je sentais cette odeur, et je ne saurais dire pourquoi cette fois sentir l'odeur du sang fut différent. Je dus m'arrête pour chercher de l'air frais. Pourquoi l'odeur était-elle plus oppressante aujourd'hui ? Je devais réagir, la nausée me gagnait, je sentais les battements de mon cœur s'accélérer. Respire Jane, respire. D'habitude l'odeur du sang m'insupportait mais pas au point de perdre connaissance. Pourtant c'est ce qui se passa, je me suis évanouie. A mon réveil j'étais allongée à l'arrière d'une voiture la tête posée sur les cuisses de… Maura. Seigneur, je ne savais pas si je devais me sentir honteuse ou heureuse. La main de mon amie caressait mon visage. Je me sentais ses caresses se prolonger jusqu'à ma chevelure. J'étais bien.
- Que s'est-il passé ? demandais-je la bouche sèche
- Tu as perdu connaissance, répondit Maura.
- Merde. On est où là, dis-je en tentant de me lever
- En route pour le poste, précisa mon amie en me faisant comprendre de rester allonger d'une légère pression de la main sur l'épaule.
- Maura tu devrais être sur la scène de crime à examiner le corps.
- J'ai pris le temps de le faire, ne t'inquiète pad, j'étais sûre que tu te serais énervée si j'avais laissé un membre de mon équipe faire les premières constatations à ma place, dit-elle en me souriant.
- Pour une fois tu seras mes yeux. Je n'ai même pas eu le temps de voir l'appartement.
- Tu peux me dire ce qui s'est passé pour que tu perdes connaissance ? demanda inquiète mon médecin particulier.
- Je sais pas, l'odeur du sang m'a semblé plus forte et incommodante que d'habitude, c'était comme si mon odorat était plus sensible. Plus j'avançais, plus l'odeur était forte et plus j'étouffais jusqu'à perdre connaissance.
- Vu la quantité de sang je peux comprendre, on a été obligé de porter des masques pour supporté l'air qui était, effectivement, irrespirable.
- Tu peux m'en dire plus ? demandais-je
- D'après tout le sang présent je dirais qu'il y a sans doute plusieurs donneurs et que les victimes sont sans aucun doute mortes.
- Il y avait tant de sang que cela ?
- Pour reprendre l'expression de Korsak, on était dans l'abattoir d'une boucherie.
- Seigneur, je crois que je vais vomir, dis-je en fermant les yeux.
Les dires de Maura, bien que manquant de précisions, avaient suffit à me rendre de nouveau malade. Rien que l'idée de devoir voir les photos de la scène de crime était insupportable pour mon esprit. Bon sang Jane, tu es flic, tu as déjà vu des scènes de crime immonde, enquêté sur des crimes abominable et Maura a besoin de ton aide, secoue toi ma fille, c'est pas le moment de te transformer en fille et en plus en une vrai chochotte. Prend exemple sur Maura.
- Jane, j'aimerais te faire quelques analyses pour m'assurer que c'est juste le forte odeur du sang de notre scène du crime qui t'a rendu malade. Demanda Maura sur un ton que je ne lui avais entendu que de très rare fois.
- Si cela peut te rassurer, dis-je sans autre commentaire.
Je fermais les yeux et me laissais bercer par les caresses et la tendresse de mon amie, de mon amour.
