Bonsoir à tous! Je me permets de vous offrir, ce soir un chapitre plus doux que les précédents. Parce qu'un peu de douceur, ça fait du bien tout de même! Il ne sert pas à grand-chose, j'avoue, mais je pense que les personnages en avaient besoin autant que moi! En espérant qu'il vous plaise. Toute ma tendresse, Lou De Peyrac.
Chapitre 24:
Sous ses paupières se dessinait tout un monde. Un monde qu'elle n'avait jamais connu, mais qu'elle avait imaginé tellement de fois. Un monde où le loup avait su garder un semblant d'humanité au fond de l'être. Très distinctement, devant elle, se dressait un village fière, en cette belle soirée d'été. Personne n'était inutile, chacun avait sa place, son rôle précis au sein de la tribu. Tous vaquèrent à leur tâches, en laissant apparaître quelques sourires au coin de quelques visage.
Une douceur de vivre, une chaleur d'être ensemble, régnait sur le lieu qui semblait inviolable, protégé de tout. Un peu partout, des feus étaient allumés, réchauffant les plus jeunes, et les anciens.
Soudain, une explosion sourde se fit entendre, sous la terre quelque chose trembla, et dans les airs, le ciel devint rouge. Des hommes, des milliers d'hommes sortirent de nulle part, s'immisçant dans le village, enfermés dans d'étranges armures, brillants dans la nuit. Les loups ne le savaient pas encore, mais ces hommes, ces humains, armés de fouets étincelants, venaient leur arracher leur dernier souffle.
Mak se réveilla en sueur, se redressant rapidement malgré la douleur, encore tyrannique de son dos. La louve regarda instinctivement autour d'elle. Elle était toujours dans cette caverne, dans cette caverne avec Elsa.
Un peu plus loin, Olaf et Anna dormaient encore paisiblement, l'un contre l'autre, à deux, contre le froid.
- Tout va bien, mon loup?
Demanda la princesse, en posa une main sur la tête de la jeune femme, appuyée sur un coude.
Mak jeta un coup d'oeil à l'extérieur de la caverne. Le soleil n'était même pas levé. Elle passa une main sur son visage, soupira, et se rallongea en prenant garde à ne pas rouvrir ses plaies.
- Oui, ça va. Désolée de t'avoir réveillée.
Elsa sourit en haussant les épaules.
- Je ne dormais pas.
Mak fronça les sourcils suite à cette déclaration. Elsa n'avait jamais manifesté une quelconque difficulté à dormir.
- Tu veux en parler?
Essaya-t-elle.
Elsa leva les yeux au ciel.
- Et toi? Tu veux en parler?
Demanda la princesse, en faisant référence à son cauchemar.
Mak sourit à son tour, et se tut simplement en plissant les yeux.
Il était inutile de faire part de ce cauchemar ridicule à Elsa, la louve se sentait déjà poids mort de part son état plus que lamentable, elle ne voulait pas l'ennuyer davantage.
- Vous êtes déjà réveillées?
Demanda Anna, en ouvrant un œil qui aurait bien préféré resté clos encore quelques heures. Elsa laissa échapper un rire en voyant la tignasse rousse s'élever en d'énormes épis, comme si l'apesanteur n'existait pas.
- Je pensais que ça te passerait en grandissant.
Rit la reine.
- Ne te moque pas! On ne peut pas toutes avoir une chevelure parfaite et disciplinée comme la tienne.
Répliqua la princesse, en tenta vainement de dompter sa masse rousse.
Un sourire triste passa sur le visage de Mak, n'arrivant pas à s'habituer à sa nouvelle coupe de cheveux. Elle savait pourtant qu'elle n'avait pas le choix. Elsa remarqua son changement d'attitude, et passa négligemment une main espiègle dans le peu de cheveux qu'il restait à la louve. La princesse se pencha à son oreille, et murmura:
- J'aime bien. Et je n'ai pas besoin de ça pour savoir ce que tu vaux.
Mak répondit simplement d'un sourire peu convaincu. Au moins, elle aime…
Le ventre d'Anna gronda, les ramenant toutes les deux à la réalité.
- Je suis désolée. Je n'ai pas mangé depuis qu'on a quitté la maison.
La maison? L'énorme palais sans doute...Pensa Mak, en haussant un sourcil moqueur.
- Je vais aller chercher quelque chose à manger.
Lança la louve, en se redressant déjà, une grimace sur le visage. Elsa l'arrêta bien vite, la forçant à se rassoir.
- Hors de question. Tu restes là, et tu te reposes. Je vais y aller.
- Toi, tu vas chasser?
Demanda la louve, en retenant un rire.
Le visage d'Elsa prit un air indigné.
- Ah c'est ce que tu penses? Je suis la reine quand il s'agit de te sauver la vie, par contre, tu me crois incapable de chasser notre dîner?
- Petit déjeuner…
Rectifia Mak, ne pouvant s'empêcher de sourire, malgré l'air tout à fait outré de sa princesse.
Devant le regard noir d'Elsa, Mak leva les mains en signe d'abandon, et déclara:
- Très bien, votre Altesse, pour cette fois, je reste ici et tu vas chasser. Sois prudente. Essaie de ne pas t'attirer d'ennuie.
Finit la louve en se recouchant sous les couvertures.
La reine esquissa un sourire, et se leva, intimant à sa sœur de la suivre.
- Oh, et Elsa?
Dit la couverture.
La blonde se retourna.
- Hum?
- Ramène nous quelque chose qui se mange.
Piqua Mak en ricanant.
Elsa soupira, tentant de garder son sang froid devant le caractère si joyeusement insupportable de son amie. Enfin, elle sourit et déclara:
- Olaf, réveille toi. Je crois que Mak a envie d'un gros câlin!
Le petit bonhomme de neige, endormi jusque là, se réveilla instantanément, et courut pour sauter au cou de la louve.
Elsa rit, heureuse de sa petite vengeance, et sortit de la caverne en entendant: Lâches-moi, on a déjà parler de ça, je déteste les gros câlins! La prochaine fois, Mak réfléchirait à deux fois avant de la provoquer.
Les deux sœurs marchaient d'un pas lent, appréciant la tranquillité du lieu. Le sourire aux lèvres, les bras croisés sur la poitrine, Elsa attendait patiemment la rafale de questions qui, elle le savait, n'allait pas tarder à s'abattre sur elle. Anna avait toujours été d'une nature très curieuse, et effectivement, après quelques minutes de marches, cela ne manqua pas.
- Bon, on peut en parler?
Le sourire de la reine s'élargit.
- De?
Demanda-t-elle, désirant que sa sœur assume sa question jusqu'au bout.
- De la sublime déesse qui te dévore des yeux!
S'enflamma la princesse, en gesticulant telle une enfant autour de sa sœur, comme souvent, presque impassible.
- Mak est un loup, pas une déesse. Heureusement d'ailleurs. Je n'ose même pas imaginer ce qu'elle ferait si elle s'élevait au statut de déesse. Remarque, peut-être que le monde se porterait mieux…
Déclara la reine, en réfléchissant.
- Elsa! Tu détournes le sujet!
Un rire cristallin s'échappa du corps d'Elsa devant l'impatience attendrissante de sa sœur.
- Très bien, je m'incline. Qu'est ce que tu veux savoir?
La pauvre Anna se retrouva bien bête devant cette question. Que voulait-elle savoir après tout? Des mots simples, pourtant, s'imposèrent à elle.
- Tu l'as embrassée?
- Oui.
Répondit simplement Elsa, sans interrompre sa marche, toujours souriante.
- Et, elle embrasse bien?
- Oh oui.
Souffla la reine, plus transparente qu'elle ne l'aurait voulu. Mais, il était normal de parler de ce genre de chose entre sœur n'est ce pas?
- Tu es amoureuse d'elle?
Elsa parut réfléchir un instant, et enfin répondit:
- Je crois oui.
Anna resta silencieuse un instant, et enfin demanda, incertaine:
- Qu'est ce que ça fait? D'être amoureuse, je veux dire.
Elsa fronça les sourcils.
- Tu ne le sais pas? Tu n'étais pas amoureuse de Hans?
Anna haussa les épaules, sachant qu'elles s'engageaient toutes deux sur une pente glissante.
- Je n'en suis pas sur...Il a été le premier homme, presque la première personne, que j'ai réellement rencontré quand les portes se sont ouvertes. Je vois comment elle te regarde. Et, je vois aussi comment tu la regardes, tu es mordu, ça crève les yeux.
Si tu savais...Pensa Elsa, se remémorant leur première nuit en rougissant, sa sœur n'aurait put trouver de mot plus juste.
- Et, Hans ne te regardait pas comme ça?
Demanda la reine en se raclant la gorge, faisant taire le feu qui brûlait déjà dans son bas ventre.
- Je ne crois pas l'avoir déjà vu me regarder ainsi…
Avoua la princesse, en baissant les yeux.
- Je suis désolée Anna… J'aurais aimé qu'il soit différent, mais je sentais qu'il n'était pas fait pour toi.
- Ça m'allait tant qu'il ne le savait pas. Je suis désolée du mal qu'à dut endurer Mak à cause de lui.
Un malaise s'installa entre les deux sœurs. Mais Anna n'était pas décidée à se laisser abattre, et comptait bien obtenir réponses à ses questions?
- Alors, ça fait quoi d'être vraiment amoureux.
Elsa leva les yeux au ciel comme si celui-ci allait lui offrir une réponse parfaite, et répondit:
- C'est étrange...C'est à la fois merveilleux, tu ne vois plus la vie de la même façon. Tout t'apparait sous un angle différent. Tout est plus beau, plus facile. Tu te sens plus forte, capable d'accomplir l'impossible, de franchir toutes les barrières que tu t'étais imposées. Et en même temps, c'est terrifiant.
- Pourquoi ça?
Elsa soupira bruyamment, peinant à trouver ses mots.
- Et bien...j'ai toujours vécu seule enfermée dans ma chambre, et je m'étais habituée à cette vie. Puis, Mak est arrivée. Et d'un coup, d'un seul, je me suis retrouvée complètement dépendante d'elle. Que ce soit moralement, affectivement, ou physiquement. J'ai eu du mal à me faire à cette idée. Et je crois qu'elle aussi d'ailleurs.
Finit-elle, songeuse, prenant conscience du changement qui avait opéré sur son loup depuis leur première rencontre.
- Et maintenant?
Demanda Anna, buvant les paroles de sa sœur.
- Maintenant, j'accepte simplement le fait que je serais incapable de vivre sans elle. J'imagine que c'est le rêve que tout le monde fait sur Terre. Trouver quelqu'un qui voit en toi quelque chose qui vaut la peine de se sacrifier. C'est ce que je te souhaite en tout cas.
Termina Elsa en souriant chaleureusement devant les yeux ébahis de sa sœur. Les yeux d'Anna devinrent soudain espiègles.
- Et...vous avez…?
Elsa rit chaleureusement.
- Je ne répondrai pas à cette question, jeune fille.
Anna grimaça, sachant qu'elle devrait se contenter ce cette réponse.
Un éclair passa dans les yeux bleus de la reine. D'un geste rapide, elle envoya un éclair glacé droit devant elle. Un cri de surprise s'échappa de la bouche d'Anna, mais un sourire apparut sur son visage, quand elle vit un bloc de glace emprisonnant un lapin.
- Le petit déjeuner...Rentrons, j'ai peur que Mak ne finisse par dévorer Olaf.
Rit la reine, en empoignant la main de sœur, heureuse d'avoir enfin partagé un moment avec celle-ci.
