Je ne possède ni Le Seigneur des Anneaux, ni Rurouni Kenshin.

Ceux-ci appartiennent respectivement à J.R.R. Tolkien et Nobuhiro Watsuki.

Japonais

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Le premier niveau était perdu. La porte avait cédé, et des trolls avaient brisé les rangs des soldats humains alors que l'aube arrivait tout juste et que le ciel s'éclaircissait. Gandalf, sur son cheval, galopait de long en large en ordonnant le repli au second niveau et l'évacuation immédiate des civils. Kenshin et les quelques survivants des remparts fuyaient devant l'ennemi pour rejoindre le reste de la garde plus haut dans la ville. Le jeune guerrier ordonna aux hommes de courir, d'ignorer les ennemis qui arrivaient de toutes parts, de ne pas se laisser ralentir et de prendre les rues les plus étroites lorsque aucun ennemi ne s'y trouvait. Il fallait réduire progressivement la quantité d'ennemis les poursuivants.

Kenshin, pour sa part, se plaça à l'arrière de la troupe d'humains en fuite, tuant les orcs qui gagnaient trop de terrain. Des femmes, des enfants et des vieillards rejoignait la troupe au fur et à mesure qu'ils avançaient, obligeant le jeune homme à reculer pour toujours rester à l'arrière. Il entendit des exclamations de soulagement devant eux, et supposa qu'ils étaient arrivés à la porte séparant le premier niveau du deuxième. Il la vit bientôt, et ils la passèrent toujours en courant, quelques orcs passant après eux.

Il entendit Gandalf ordonner que les portes soit fermées, mais il n'y prêta que peu d'attention, trop occupé à se débarrasser des cinq orcs qui étaient parvenus à franchir la porte avec eux.

Il entendit les battant de la porte que l'on fermait, et soudain tout autour de lui paru étrangement calme. Il regarda autour de lui, et vit que la plupart des hommes avaient décidé de profiter de cet instant de calme relatif pour se laisser tomber à terre et se reposer. Il vit Gandalf et Pippin non loin et se dirigea vers eux. Gandalf lui lança un sourire fatigué tandis que Pippin ne leva même pas les yeux.

« Je suis soulagé de voir que tu va bien Kenshin.

- Moi de même Gandalf-san, Pippin. »

Pippin le regarda enfin de ses yeux vides. Il avait l'air hagard, mais il parvint tout de même à faire un timide sourire. Kenshin s'accroupit devant lui.

« J'ai une requête à vous faire, Pippin. »

Gandalf le regarda avec surprise.

« Tomoe est seule au sommet de cette ville. Les ennemis n'y sont pas encore, mais je n'ai aucun doute qu'elle s'inquiète, et les Nazgûls pourraient très bien voler jusque là-haut. Pourriez-vous la rejoindre, lui assurer que je vais bien et que je ne suis pas blessé, et la protéger dans le cas où elle se trouverait dans une situation dangereuse ? »

Un éclat de soulagement brilla dans les yeux du Hobbit, et Gandalf sourit.

« Bien sûr !

- Je compte sur vous, dans ce cas. »

Pippin hocha la tête d'un air assuré, se leva et parti en courant. Gandalf attendit qu'il soit suffisamment loin pour qu'il ne puisse plus les entendre avant de parler.

« Merci Kenshin. Il m'a suivit dans l'intention de se battre, mais les Hobbits ne sont pas des créatures faites pour la guerre et la violence.

- Aucune créature n'est faite pour de telles choses, Gandalf-san.

- Je vois... Qu'en est-il des orcs, dans ce cas ? »

Kenshin devint plus sombre.

« Les orcs devraient nous faire pitié. Ils ne sont pas adaptés à la survie, ils se tuent et se mangent entre eux, je n'ai pas vu de femmes orcs... La nature ne peut avoir créé de telles créatures... Quelque chose de maléfique est à l'origine de leur existence, et ils n'ont pas choisit de naître ainsi. Ils sont cruels et mauvais, certes, mais de mon point de vue, ils sont aussi pathétiques. »

Gandalf tendit l'oreille aux cris bestiaux est cruels des orcs, et hocha la tête.

« Il est vrai qu'ils ne savent sans doute pas ce qu'est le bonheur, mais je doute qu'ils puissent le découvrir. Ils n'ont pas été créés pour ça. Ils ont été fait pour la guerre et la violence Kenshin, ne te méprends pas.

- Ne vous inquiétez pas, Sensei. Je ne suis pas prêt à laisser ma pitié prendre le dessus. Mes priorités sont clairs et parfaitement définies. »

Gandalf mit sa main noueuse sur la tête du rouquin et lui ébouriffa légèrement les cheveux avant de fouiller dans ses vêtements et d'en ressortir une pipe et de l'herbe.

« En veux-tu ?

- Ah... Ano... Non merci... »

Gandalf rit légèrement.

« N'y a-t-il rien qui te ferait envie actuellement ?

- Pour moi, tout a le goût du sang lors d'une bataille, et plusieurs jours après.

- Umm...

- Mais s'il y avait eut du saké... Mais il n'y en a pas en ce monde, ou du moins pas que je sache. Il s'agit d'un alcool de riz.

- En effet, je n'en ait jamais bu durant tous mes voyages. »

Le soupir que Kenshin laissa échapper fut coupé par un son de corne clair, et Gandalf posa un regard plein d'espoir sur Kenshin.

« Ils sont là. Le Rohan est venu. »

Des cris de guerre humains retentirent, ponctué par la corne du Rohan et des hennissements lointains de chevaux, et Kenshin sourit.

« Et bien... Il était temps ! S'exclama une nouvelle voix à quelque distance d'eux. »

Les deux Istari se retournèrent et virent Boromir arriver vers eux, les traits tendus, mais un sourire néanmoins bien en place. Les hommes semblèrent immédiatement reprendre des forces en présence de leur capitaine, et ils se redressèrent et commencèrent à panser leurs blessures et à faire tourner de l'eau pour pouvoir se désaltérer.

« Comment va Faramir ? » Demanda Gandalf, alors que Kenshin laissait échapper un soupir de soulagement.

Il n'avait pas été prévenu que Boromir était revenu vivant... Gandalf n'avait pas eut le temps avant que la ville soit attaqué. Le vieil Istar lui envoya toutefois un regard d'excuse.

« Il vivra. La blessure est grave, mais tant que Minas Tirith ne tombe pas, alors sa vie n'est pas en danger. Je suis heureux de voir que tu vas bien, Kenshin.

- Pas autant que moi... Je ne pensais pas vous revoir un jour.

- Un Uruk peut me vaincre, mais pas un orc.

- J'ose l'espérer. Si des orcs t'avaient tué, j'aurais douté que tu sois réellement mon fils. »

Boromir se retourna avec choc, et vit son père marcher à grand pas vers eux. Il avait délaissé ses vêtements plus riches au profit d'une armure et ressemblait enfin à l'homme qu'il avait été dans le temps. Les soldats se redressèrent aussi vite qu'ils le purent et le saluèrent, le dos raide et droit. L'Intendant leur fit signe d'abandonner leur garde à vous.

« Père...?

- Je ne pouvais pas laisser mon fils risquer sa vie et attendre la fin sans faire l'effort de mourir honorablement. Je ne suis plus jeune. Je ne pense pas survivre à cette bataille. Mais au moins, je ne serait pas resté en arrière en regardant les jeunes tomber. »

Les yeux couleur lavande de Kenshin se posèrent sur le visage de l'Intendant avec un peu plus de respect qu'ils n'en avait montré jusqu'à présent. Puis ils furent attirés par quelque chose d'étrange.

« Intendant ? Qu'est-il arrivé à votre joue ? »

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« Je suis sûr que tout se passera bien. Théoden est venu, après tout. »

Tomoe aurait voulu pouvoir sourire en entendant l'effort que faisait Pippin pour la rassurer. Mais Tomoe n'avait jamais vraiment sut sourire, même toute petite. Sourire n'était pas quelque chose qui lui venait naturellement, que ce soit en temps de paix ou en temps de guerre. De là où ils se trouvaient, sur l'esplanade au sommet de la ville, ils pouvaient voir tout le déroulement de la bataille. Tomoe avait vu tomber le premier niveau de la ville, ainsi que l'arrivée du Rohan. Mais la victoire n'était pas encore en vue. Des formes gigantesques se dessinaient à l'horizon, et marchaient sur les cavaliers du Rohan qui venaient tout juste de créer une brèche dans les lignes des orcs. Les orcs commencèrent leur retraite derrière les animaux monstrueux, qui s'étaient maintenant rapprochés.

Tomoe n'avait jamais vu de telles bêtes de toute sa vie. Elles avaient d'énormes oreilles tombantes, une longue trompe et des cornes recourbées gigantesques entre lesquelles étaient tendues des chaînes à pointes destinées à faucher les chevaux. Tomoe pouvait voir tout cela dans les détails les plus précis, grâce à sa vision elfique, et cela ne faisait que renforcer son inquiétude. La bataille tournait en leur défaveur. Elle resserra sa main autour de celle qui portait la bague lumineuse, envoyant ses prières aux kamis et aux Valar. Elle sentit, une fois de plus, un peu de sa force la quitter.

Cela avait commencé avec le début de la bataille. À chaque fois qu'elle serrait la bague contre elle et priait pour que Kenshin survive, elle ressentait comme une perte d'énergie. Les combats duraient maintenant depuis presque deux jours, et elle était presque à bout de force et tenait à peine debout. Pourtant, elle refusait de s'éloigner du rebord de l'esplanade. L'Intendant lui avait fait porté des fourrures, de quoi boire et de quoi manger. On lui avait même apporté un siège, sur lequel elle s'asseyait lorsque la fatigue devenait trop grande. Elle avait dormi brièvement, mais avait bien vite été réveillée par des cauchemars.

Ses yeux noirs furent attirés par trois événements presque simultanés. Des trolls tentaient d'enfoncer la porte qui leur bloquait l'accès au second niveau de la ville, et ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne parviennent à la faire tomber. Sur le champ de bataille, dans la plaine, une silhouette sombre se tenait près du cadavre d'un dragon noir, et combattait un soldat du Rohan fin et petit. Le soldat perdait. Le Nazgûl saisit le jeune soldat par le cou. Une petite silhouette au sol planta une épée dans la jambe du cavalier noir, et le soldat à présent libéré de son emprise se redressa et retira son casque. Une longue chevelure ayant la couleur de l'or brillait à présent sous le pâle éclat blanc du soleil.

« Te voilà donc sur le champ de bataille Eowyn... Ton vœu est exaucé. Je te souhaite d'en revenir vivante, Katsuko, enfant de la victoire. »

Pippin jeta un regard curieux à Tomoe que la jeune elfe ignora. Eowyn planta sa lame dans le crâne du Nazgûl, avant de tomber en arrière, épuisée. Tomoe tourna alors son regard vers les bateaux qui avaient remonté le fleuve et venaient de s'amarrer. Une armée de fantômes s'en déversait, tuant tous les orcs sur leur passage.

« Tu as raison, Pippin. Tout ira bien. »

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Boromir avait rarement prit autant plaisir à combattre que maintenant, et jamais n'avait-il combattu aux côtés de son père. La porte du deuxième niveau avait cédé. Kenshin n'avait plus eut assez de magie pour créer un bouclier assez grand pour empêcher tout orc de passer. À cause de cela, le jeune homme, Gandalf, Boromir et son père s'étaient placés au premier rang après avoir organisé la position des soldats autour de la porte.

Kenshin s'était occupé du troll qui avait franchi la porte avec une aisance surnaturelle, qui avait redonné courage aux hommes. À présent, Kenshin et Gandalf combattaient dos à dos et leur travail d'équipe était redoutable. Un large cercle vide d'ennemi et empli de cadavres puants les entouraient. Les orcs n'osaient plus s'approcher d'eux seuls, et se lançaient vers eux en large groupe, ce qui ne faisait strictement aucune différence.

Boromir et Denethor se battaient côte à côte, couvrant successivement les arrières de l'autre. Cela rappelait au capitaine du Gondor les fois où il combattait au côté de Faramir. Son frère et son père avaient les même techniques de combat, et pensaient de manière similaire en plein milieu de l'action. Ils se ressemblaient plus qu'ils ne voulaient l'admettre.

Boromir passa sous la lame d'un orc, et lui planta son épée dans le ventre. Une tête que son père venait de couper roula devant lui, alors qu'il retirait sa lame ensanglanté des entrailles de son adversaire. Il vit Kenshin bloquer une attaque avec la garde de son sabre, repousser violemment l'épée de son adversaire et le trancher en deux de part en part, tandis que Gandalf bloquait une autre épée qui lui était destinée avec son bâton. Boromir se retourna et tua un autre orc qui s'apprêtait à s'attaquer à son père. Les renforts étaient arrivés, leur avait-on dit. Peut-être allaient-ils s'en sortir, finalement.

Au moment où il pensait cela, il entendit un sifflement et vit une flèche qui aurait dû l'atteindre transpercer la gorge de son père.

Ses yeux se posèrent sur un orc qui s'était placé un peu en hauteur sur les marches d'une maison, et qui tenait un arc en main. Il avait un sourire cruel et satisfait. Boromir poussa un hurlement de rage et lança son épée de toutes ses forces vers la créature. Il ressentit une satisfaction mauvaise en entendant le craquement écœurant émis par le crâne ricanant, alors que la lame s'y plantait avec force.

Il entendit à peine le cri de Kenshin avant de sentir une vive douleur à l'épaule et une autre dans le ventre.

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