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Pairing : Actuellement Draco/Hermione VS Theodore/Harry & Blaise/Ron
Bêta : Merurin
Si ça semble trop beau pour être vrai, alors ça l'est sans doute.
Schiffer-Crawford
Chapitre 20 : Petites attentions & Grandes illusions. Partie 1
La semaine avait défilée à toute allure, et les cours allaient bientôt débuter en ce matin nuageux. La plupart des élèves trottaient dans les couloirs, bien décidés à rejoindre leur classe avant que ne sonne le gong et ne pleuvent les sanctions.
Pas par le professeur Snape cependant… Car ce dernier, d'humeur on ne peut plus noir, ne sortait plus que rarement de ses appartements et avait renoncé à participer au repas du soir depuis un certain jour… Toujours outré que des élèves aient pu le voir en tel position de faiblesse, il raffermissait sont autorité à coup de distributions massives et généreuses de retenues, soustractions de points, corvées, et autres joyeusetés de ce genre. Enfin... lorsqu'il était poussé par une quelconque raison à sortir de ses cachots ! Et c'était invariablement vêtu d'une épaisse couche d'habits. Dès fois qu'un malotru ne soit décidé à remettre le couvert… ou plutôt à le retirer…
Sirius, lui, avait appris le maître mot « patience ». Car depuis que Snape s'était fait remplacer pour mieux se terrer, il restait embusqué sans faillir auprès de ses quartiers. Tapis dans un recoin sombre, attendant le moment propice pour passer à l'attaque !
Du fond de son dortoir, Harry lui, ne s'était pas encore décidé à lever séant pour rejoindre ses camarades en DCFM.
Assis sur l'une des rares parcelles de plancher qui ne soit pas encore ensevelie sous une pile de n'importe quoi, il faisait tourner une jolie fleur d'Ancolie bleue entre ses doigts fins en se remémorant la réaction du blond à sa vue.
Il semblerait que la lettre de ce matin-là fut la goutte de bouillie qui fit déborder le bol, car lorsque un hibou grand-duc fit tomber avec impertinence son courrier quotidien dans le porridge d'Harry, Malfoy avait bondit sur ses pieds et s'était évaporé dans les couloirs « à la recherche d'un petit guignol qui avait besoin qu'on lui remette les points sur les 'i'. » il avait atteint son quota question patience, et désormais l'autre allais déguster !
Le reste de la tablée avait regardé, avec les yeux ronds, le prince de Serpentard perdre son calme légendaire, et Dean avait aussitôt sauté sur l'occasion pour initier une nouvelle liste de paris.
Revenant au présent, Harry souffla avant de s'activer un peu. Il saisit son lourd volume de l'Histoire revisitée de Poudlard (qui à force d'être manipulé s'était vu débarrassé de toutes ses volutes de poussières) et l'ouvrit à une page au hasard pour y glisser l'Ancolie.
Au fil de la semaine écoulée son livre semblait s'être transformé en un véritable herbier !
Sous le chapitre concernant la rencontre des fondateurs on pouvait y retrouver la capucine séchée. Première fleur de cette longue série qui avait débutée. À côté du sommaire, une Gardenia un peu malmenée en soulignait les titres ; Entre deux pavés relatant la naissance de Mordred, la marguerite étalait fièrement ses pétales blancs ; Quelques pages plus loin, une anémone rouge et jaune faisait de l'œil à un portrait de Salazar Serpentard ; et n'oublions pas cette glycine qui colorait de bleu la légende de Merlin...
Après un énième soupir le petit brun referma d'un geste sec son manuel, et ignorant ostensiblement la menace du gong se mit à farfouiller dans sa malle, dans l'espoir de mettre la main sur une boite de luxueux chocolats. Au fur et à mesure que les secondes passaient, il se mit à trifouiller de plus en plus frénétiquement, jetant ses vêtements dans tous les sens sans aucune considération avant de la vider intégralement. Voyant que la boite ne se trouvait visiblement pas là, il décida de s'attaquer - à moitié découragé - au reste de ses affaires.
Au bout de plusieurs minutes, il retrouva enfin sa fameuse boite au-dessous de son lit, dissimulée entre un vieux pull de Dudley et la robe de bal de Ron. Il ne se posa pas trop de question sur la présence de cette dernière, se contentant de la repousser dans un coin pour se saisir des chocolats avec soulagement.
Toujours allongé de tout son long sur le parquet, Harry souffla pour en retirer les saletés, heureux d'avoir remis la main dessus ! Il n'osait s'imaginer ce que lui aurai fait subir Nott et Zabini s'il leur avait dit qu'il l'avait égarée... Enfin Nott se serait probablement contenté de soupirer et de trouver une autre idée, par contre le métis lui en aurais fait voir de toutes les couleurs, avec une majorité de vert...
Tous semblait s'être lassé des réactions de Draco vis à vis des lettres, et cela les avait poussé à se triturer les méninges pendant une poignée de minutes afin de trouver un nouveau moyen de le faire tourner chèvre l'espace de quelques jours.
L'équilibre des choses étant ainsi faites... 10 minutes de réflexions, pour 10 jours de colères...
La cloche sonna, faisant sursauter Harry alors qu'il était encore allongé sous son lit, un « aie » retentit dans le dortoir vide pendant qu'il se redressait vivement en se frottant l'emplacement de sa future bosse. Il s'empressa de fourrer l'emballage dans son sac, se saisit de son sac abandonné sur la pile de chaussettes orphelines appartenant à Seamus, et se décida enfin à courir pour rejoindre ses camarades en classe.
C'est un peu essoufflé qu'il se pointa devant la salle de Défense. Il prit quelques secondes afin d'arranger son uniforme (peine perdu) et scanna la pièce du regard afin de repérer l'endroit où ses amis étaient installés. Pas de trace du blond. En revanche il avisa Hermione assise sur le banc placé devant le bureau professoral en compagnie de Ron. A priori la brunette était plongée en plein monologue visant à exposer les reproches qu'elle avait à formuler au rouquin.
Pendant un cours instant, il envisagea d'abandonner son ami à son triste sort et d'aller se poser aux côtés de Neville, évitant ainsi une conversation qui s'annonçait fastidieuse avec la préfète, mais la tête que tirait son meilleur pote le convainquit de se porter à son secours, c'est pourquoi il glissa sur le banc entre Ron et Hermione, coupant cette dernière au milieu de sa diatribe.
Ceci dit, elle en commença immédiatement une autre…
- C'est maintenant que tu arrives Harry ? Tu as de la chance que le professeur Lupin ne soit pas encore présent, sinon tu aurais mérité qu'il ne t'accepte pas en cours ! Ce n'est pas parce qu'il est comme ton parrain que tu dois te considérer comme avantagé et…
- Oui, oui Mione… grogna Harry sans pour autant l'écouter déblatérer sur les bienfaits de la ponctualité et de son manque de considération envers elle ces derniers temps.
- Merci mec, tu me sauves la mise ! Murmura Ron de l'autre côté, tripotant avec raideur une petite bourse de velours rouge, dans laquelle il avait finis par fourrer le pendentif.
- Ouais pas de quoi, même si je le regrette un peu. Grogna Harry sur le même ton.
- Bah profites-en pour parler des chocos à Mione ! Continua le rouquin en sourdine, j'ai très envie de voir la tête que Malfouine va faire ! Continua-t-il en rigolant, arrachant un pauvre sourire au brun.
- Au fait tu ne sais pas où il est celui-là ? Je ne l'ai pas revu depuis qu'il est parti de la table au pas de charge ce matin.
- Non, tout le monde ignore où notre cher prince a pu disparaître. Ceci dit je pense que nos Serpentards personnels le savent, faudra le leur demander tout à l'heure.
- En attendant j'ai du travail à faire... Soupira Harry en se tournant vers Hermione qui continuait son blabla comme si de rien n'était.
Les deux garçons l'écoutèrent vaguement, davantage concentrés sur leurs pensées que sur les paroles de la jeune fille. Puis Harry capta le nouveau sujet que venait de lancer Hermione, et en profita pour réintégrer la conversation.
- […] Et puis franchement, quand compte tu exactement mettre en application les conseils de la liste que je t'ai fourni ? disait-elle agacée, sa crinière voletant dans tous les sens. Je me suis cassée la tête pour toi tu sais ? Je suis sure que tu n'as même pas pris la peine de la lire !
Voyant que la brune s'énervait et allait vite attirer l'attention de tout le monde, Harry s'empressa de la couper.
- Tu te trompes Hermy ! La coupa t-il. Je n'abandonne pas ! J'ai bien l'intention d'essayer de conquérir l'Autre là. C'est juste que j'avais quelques scrupules... Mais j'ai enfin admis ce qu'il fallait admettre ! En amour comme à la guerre tous les coups sont permis ! Du coup j'ai pris mes dispositions l'attirer dans mes filets, et ta liste va m'être grandement utile. J'espère juste que quoiqu'il arrive cela ne changera rien entre nous…
Hermione le regarda quelques secondes interloquée. Ah oui, il pensait encore qu'elle sortait avec Draco pour de vrai, du coup il se sentait mal d'essayer de le séduire malgré tout et de briser son couple ! C'était sans doute pour cela qu'il l'avait évité toute cette semaine… Il se sentait coupable ! Ceci dit, quelque part elle le trouvait tout de même un peu gonflé d'essayer quand même… Enfin bref, elle chassa vite fait cette pensée de sa tête et reprit la parole en essayant de paraître enthousiaste et rassurante :
- Ouf ! J'suis soulagée dans cas ! Et ne t'inquiète dont pas, qu'elle que soit la personne que tu as choisis, nous accepterons ton choix ! Cela pourrais être Snape que nous n'y trouverions rien à redire ! N'est pas Ron ? Nous resterons toujours amis !
- Ouais, ouais, t'inquiète mec… amis pour toujours blabla… aventure qui soude blabla… j'ai retenus ma leçon ! Souffla Ron d'un ton monocorde sans relever la tête de la table.
Hermione foudroya le rouquin du regard, tandis que Harry rigolait dans sa main. Puis il sortit de son sac le parchemin ou était inscrit les fameux conseils et le lui présenta.
- Bref, que pense tu de ce point-là Mione ?
La brunette se pencha sur la liste froissée et taché (satisfaite de voir que son ami avait dû la lire et relire un bon nombre de fois pour qu'elle soit dans pareil état, ignorant bien sûr, qu'il l'avait juste laissé trainer sur la table du petit déj'...) pour lire la ligne que son ami pointait du doigt.
Numéros 26 - lui accorder de nombreuses attentions.
a) - Offrir sans raison des Chocolats de chez Divine's Cake.
(La gamme de luxe. Ceux avec la garniture au café. Réf : 18ILY27 *)
- Oh oui formidable ! C'est très bien, surtout que c'est très romantique et délicat ! S'extasia aussitôt Hermione avant de partir dans une nouvelle tirade, visant à expliquer les points positifs d'un tel acte.
- Bon par contre j'ai pris d'autres chocolats, car j'ai entendu qu'il avait une préférence pour le chocolat noir. La coupa Harry, gouailleur. D'ailleurs je n'ai pas compris pourquoi tu avais noté ceux-là en particulier ?
- C'est pourtant évident ! Se froissa la brunette. C'est parce que ce sont ceux qu'il préfère !
- Et comment pourrais-tu le savoir au juste ? Vu que je ne t'ai pas donné son identité ? Lui rétorqua le petit brun avec insolence.
Hermione se tint coite cinq minutes avant de reprendre avec un aplomb remarquable.
- Non, mais c'est juste que ce sont ceux qui ont le plus de succès auprès des sorciers !
Harry lui adressa un sourire hypocrite tandis que Ron s'étouffait dans ses bras, dissimulant sa crise de rire dans une quinte de toux. Hermione leur retourna un regard noir avant de s'en prendre, exaspéré, à Ron :
- Et arrête de tripoter ce bout de tissus, je te regarde faire depuis des jours et ça commence sérieusement à m'agacer, y'a quoi dedans ? Un nouveau gadget de la part des jumeaux ? Je te préviens que si je trouve...
- Laisse tomber Mione, et revenons à nos chaudrons tu veux ? Intervint Harry avec lassitude.
- Il n'y a rien à redire de toute manière ! Tu es vraiment pas dégourdi, par ta faute on va encore devoir attendre quelques temps, car la prochaine sortie n'est pas prévu avant le weekend avant les vacances, ou alors il faudrait les commander par hibou postal... grogna Hermione avant de sauter sur son banc, l'air réjouie. Hey mais j'oubliais qu'ils ont un service de hiboux postaux ! Je dois avoir les coordonnées quelque part, je te les donnerai ce soir, assure toi juste de prendre ceux-là et c'est tout !
- Si cela ne te dérange pas, je préfère m'en tenir à mes rumeurs, et puis merci mais ce ne sera pas la peine !
- Non mais je rêve là ! Je me décarcasse pour toi et c'est comme cela que tu me remercie ? Et...
- Tais toi et regarde ! Soupira le petit brun soudain très fatigué, en écartant les deux pans de sa besace pour faire apparaître un emballage de soie mauve.
- oh je vois que tu les as déjà acheté... hum c'est fantastique, bien que je déplore ton manque de rigueur lorsqu'il s'agit de s'en cantonner aux indications. Tu sais que je me suis donnée du mal et que...
- Tu radotes Mionnnnne ! Bailla Ron qui écoutait de loin en loin la conversation.
La jeune femme fit une moue désapprobatrice avant de continuer :
- Franchement tu devrais prendre exemple sur Harry. Pourquoi tu ne ferais pas la même chose toi ? Offre quelque chose à la fille qui te plait. Je pourrais te faire une liste aussi si tu veux ?
Voyant que le rouquin ne répondait pas, elle soupira et se retourna vers le petit brun.
- alors quand est-ce que tu vas le lui donner ? Hein ? Hein ?
- Ben dès que j'aurais trouvé le bon moment je suppose ! Hésita le Survivant légèrement dépassé par la frénésie de sa camarade.
- Et pourquoi pas en sortant de la classe ? Avec un compliment bien tourné, hop c'est fait ! Il ne pourra pas refuser !
- Je ne pense pas… Je préfère que cela se passe en privé… Je ne tiens pas à ce que tout le monde me vois en train de faire ça… marmotta Harry en détournant la tête.
- N'attends pas trop tout de même ! Et ne vas pas abandonner au dernier moment hein ? Elle fixa suspicieusement son ami, mais ce dernier ne lui offrit aucune réponse, alors elle enchaina : Et ton soupirant secret au fait ? Qu'est-ce que tu comptes en faire ?
- Hein ? Ben rien, qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Mais tu connais son identité ? Insista la brunette.
- Hermione... tu sais bien que je te le dirais dans ce cas ! souffla Harry, captieux.
- Je l'espère bien ! Ronronna la brunette, ravie. Mais tu ne ressens rien pour cet inconnu ? Après tout il fait preuve de romantisme, de patience et de persévérance. Et règle générale c'est suffisant pour que tu craques ! Et que feras-tu lorsque tu connaitras son identité ?
- Tu parles comme si j'étais une girouette ! S'irrita Harry. Si tu me connais si bien, tu devrais également savoir que lorsque j'ai un objectif je ne le lâche pas aussi facilement !
- Oui c'est vrai. Mais c'est tout de même embêtant qu'il insiste autant ! Tu devrais dire à haute voix que tu voudrais que cela cesse ! Imagine que celui que tu aimes en prenne ombrage et que...
- Laisse tomber Mione ! L'interrompit Ron en baillant. Au contraire il devrait être flatté de voir que l'Elu, le Sauveur et patati et patata, s'intéresse à lui malgré tout le succès qu'il a, et c'est tout, vas pas chercher plus loin !
Hermione voulu tout de même rétorquer quelque chose, mais c'est ce moment que choisi Malfoy pour faire son apparition suivi du professeur. Suivi par les regards de toute la classe, il partit s'installer auprès de ses amis d'un pas rageur, marmonnant d'innombrables injures, ignorant froidement les interrogations de ses amis.
- C'est quoi ton problème au juste ? Râla Millicent qui n'aimait pas l'ambiance morose que dégageait leur Prince.
- Ça ne te regarde pas, alors ferme là et retourne toi ! Grogna le blond.
- Dans la mesure où nous sommes ceux qui subissent ton courroux, il est évident que cela nous concerne... exposa Théodore avec flegme.
Draco grimaça, et finis par lâcher d'une voix plate :
- J'ai pas réussi à mettre la main sur un abominable petit cancrelat à qui je dois une bonne leçon !
- Tu parles de Boot ? Qu'est-ce qu'tu lui veux encore ? Intervint Blaise avec une hypocrisie latente. Déjà qu'la dernière fois t'as pas voulu nous dire pourquoi t'était parti l'frapper...
- Nous avons des choses à mettre au clair, qui ne concerne que nous deux... biaisa Draco, peu désireux d'expliquer les raisons d'un tel comportement.
- Bah, dans ce cas t'inquiète mec ! Tu pourrais l'choper avant d'aller en Arithmancie, ou après... Notre cours d'étude des Moldus est juste à côté !
Draco hocha sèchement la tête pour le remercier de l'information, tout en jetant un regard peu amène à Potter. Après tout c'était de sa faute s'il était obligé de faire le ménage, il devrait s'assurer que plus personne ne s'approche de sa proie !
Il avait passé une semaine plutôt maussade, oscillant entre une violente envie de casser la tronche de ce minus qui osait avoir des soupirants, et celle de botter le derche de tous ceux qui lui courrait derrière ! Ne pas savoir ce que pouvait bien en penser le Balafré le rendait fou, mais hors de question de l'admettre ! Après de longs palabres, Hermione l'avait convaincue que d'interroger directement Potter était la solution la plus radicale pour savoir ce qu'il en était. Sauf que cet énergumène avait été insaisissable, disparaissant aux moments les plus opportuns ! Mais fini de lambiner, Granger avait réussi à lui mettre la main dessus ! D'ailleurs, profitant du fait que ses amis discutaient sans se soucier d'elle, le Castor se retourna à demi vers lui pour lui faire un petit signe de victoire lui indiquant qu'il n'avait visiblement pas à s'en faire !
Tout soulagé et soudain de bien meilleur humeur, Draco se relâcha enfin, laissant un petit sourire satisfait venir flotter sur ses lèvres.
N'ayant plus de rongeur à surveiller, il s'octroya le droit de se détendre. D'un ton qu'il espérait neutre, il entreprit de deviser de choses et d'autre avec son camarade de banc.
En entendant le blond lui adresser la parole, Blaise sursauta brusquement avant de le regarder d'un air ahuri, la baguette en réglisse qu'il mâchouillait lui glissant de la bouche par la même occasion. Pas dupe pour une mornille du masque d'impassibilité du prince des Serpentard, il se demanda un instant pourquoi il était de bonne humeur tout d'un coup ! C'était flippant ! Il espérait juste que quoi que cela puisse être ce ne serait pas pour sa pomme ! Machinalement, il entreprit de mettre un peu de distance entre lui et son comparse, afin de parer à toutes éventualités.
Les précautions d'usages prises, il formula enfin une question.
- Tu m'fais flipper avec c'te tête Dray, un truc qui n'va pas ?
- Mais non voyons ! Tu ne vois donc pas que je suis de bonne humeur ?
- Ben justement…
- pfff... T'inquiète, pas de mauvais coup à l'horizon, c'est juste que je viens d'apprendre une bonne nouvelle !
- Et comment ? Par télépathie ? Grogna le métis sarcastique. J'te signale qu'il y a encore dix minutes tu semblais sur le point d'envoyer de très douloureux sortilèges au premier qui t'adresserait la parole ! Et j'me rappelle pas t'avoir vu lancer un Avada sur Boot, donc j'reformule ma question : qu'est ce qui cloche chez toi ?
- Chacun ses petits secrets mon Blaisou ! Tout ce que je peux te dire c'est que je suis de nouveau de bonne humeur, et très bientôt mon problème sera entièrement éliminé, alors profites-en au lieu de râler à tout bout de champ ! Lui répondit Draco avec un sourire qui faisait froid dans le dos.
Blaise frissonna violemment avant de répondre un vague « ouais, ouais » et de s'éloigner un peu plus encore, grappillant le maximum de centimètre que le banc pouvait lui fournir, histoire de mettre le plus d'espace possible entre lui et ce fou qui était censé être son pote...
Complétement indifférent à son ami qui de nouveau suçotait nerveusement sa baguette en réglisse, Draco sortit le rouleau de parchemin à rendre au professeur, sa plume de paon ainsi que de quoi prendre des notes en ignorant les petits bruit de mastication de son camarade, et s'amusant des déboires de Théodore, assis devant eux, qui répondait par monosyllabe aux questions de Greengrass.
Tandis que le blond s'enfonçait dans les méandres de ses pensées diaboliques, le professeur tapota sa baguette contre son bureau afin de réclamer l'attention des étudiants, et aussitôt le silence se fit dans la salle.
Après les salutations d'usage, Lupin laissa son regard errer sur ses élèves sagement assis par Maison et affinité. Un côté de la salle en rouge et or, et l'autre en vert et argent. Et dire qu'ils étaient censés s'entendre mieux ! Pour la chère unité inter-maison de Dumbledore on repassera hein !
- Bonjour, aujourd'hui nous allons commencer à étudier le maléfice de Salveo Maleficia, et s'il nous reste un peu de temps avant la fin du cours, nous ferons un peu de pratique.
Bruissement d'étoffes, froissement de parchemins, claquement d'un sac sur une table, commentaires chuchotés, le brouhaha habituel emplit la vaste salle avant que tous les élèves ne soient prêt et attentifs.
Observant toujours sa classe, Lupin s'autorisa un discret sourire en repensant aux confidences que les garçons lui avaient faites quelques jours plus tôt. En tant que professeur il ne devait pas cautionner les actions visant à jeter l'opprobre sur d'innocents élèves, mais d'une part Hermione et Malfoy n'avait rien d'innocent, et d'une autre il ne faisait que respecter les désirs d'unification d'un vieux directeur pacifiste...
C'est pourquoi son sourire s'élargit de manière significative, (celui-là même qui était estampillé Maraudeur 100% pur jus) lorsqu'il assena sa sentence :
- Avant toute chose, je vous prierais de bien vouloir vous mettre en binôme, Et dans la mesure où notre Directeur souhaiterais qu'un lien d'amitié se créé entre vos deux maison, je ne saurais que trop vous encourager à vous mélanger !
Un concert de grognement s'éleva aussitôt, mais plus pour par habitude qu'autre chose.
De sa place Hermione trépigna en bousculant Harry afin qu'il aille s'installer avec Draco.
- Allez franchement, ce serait vraiment l'occasion de vous rapprocher tous les deux, je tiens à ce que mes meilleurs amis et mon petit ami soient amicaux les uns envers les autres !
- Ben pourquoi tu n'envoies pas Ron alors ? Grogna Harry en voyant que Malfoy l'observait toujours avec son regard noir.
Mais Hermione ne répliqua pas, se contenant de bouter le petit brun hors du banc. Et se tourna vers Ron pour lui proposer de rester en binôme avec elle, arguant qu'elle contribuait à l'entente inter-maison chaque jour depuis qu'elle sortait avec Malfoy.
Tout en grommelant, Harry alla se laisser tomber lourdement sur le siège déserté par Blaise sous le regard satisfait de Malfoy. Ceci dit, il semblait avoir d'autres plans, car il attrapa son sac en lâchant un vague « suis-moi » et se dirigea vers le fond de la salle sous le regard interloqué d'Harry.
Satisfait de sa nouvelle place, qui lui allait lui permettre de converser bien tranquillement avec sa proie sans se soucier du cours, Draco sembla se rendre compte que le petit brun ne l'avait pas suivi, mécontent il le héla durement :
- Hey Potty ! Si tu veux que je te fasse l'honneur de ma compagnie, ramène tes fesses ici et dépêche-toi je n'ai pas toute la nuit !
Harry le dévisagea quelques secondes en se renfrognant, puis détourna ostensiblement le regard. Décidément, exit le gentil Malfoy, Malfouine semblait de nouveau être de la partie. Et il n'avait vraiment pas envie d'être sympathique avec ce truc-là !
Vexé d'être ainsi ignoré de la sorte et déjà de mauvaise humeur, Malfoy ne tarda pas à monter sur ses grands chevaux, exigeant que son binôme arbitrairement désigné le rejoigne. Mais Harry campait sur ses positions, il n'était pas un toutou qui rappliquait dès qu'on le sifflait nameo ! La discorde menaçait d'empirer lorsque Nott trancha la question en s'asseyant d'office à côté du Survivant.
Draco hoqueta devant le toupet de son ami et exigea aussitôt une explication ! Théodore lui adressa un sourire tranquille tout en accédant à sa requête :
- Je cherchais une terre d'asile... Et dans la mesure où Potter ne tient manifestement pas à être en ta compagnie, il est le choix le plus satisfaisant...
- L'asile ? Interrogea Harry curieux.
D'un discret mouvement de tête, Théodore lui désigna une Daphné Greengrass à l'air dépitée qui s'installait en compagnie de Lavande. Draco fulmina mais ne dit rien, reconnaissant implicitement que ses raisons étaient légitimes. Contrarié que son plan « Drague discrète au fond de la classe » soit ainsi contrecarré, il fit tout de même une dernière tentative :
- Pourquoi tu ne vas pas t'asseoir avec Blaise ?
Pour toute réponse, Théodore lui pointa le métis du doigt avec un sourire goguenard. Le blond fronça les sourcils et se retourna pour regarder dans la direction que lui avait montrée Théodore, pendant que Harry enchaînait avec une pointe d'ironie sous-jacente
- Il est sympa ton pote, Malfoy! Il t'arrange le coup avec Mione, c'est vrai que Ron n'a pas été cool de chercher à se mettre avec elle alors que tu es présent, je reconnais que ces derniers temps on te l'accaparait un peu trop ! Faudra dire merci à Zabini !
Draco décela bien la pointe d'ironie dans la phrase, mais persuadé que Potter ignorait que Blaise cherchait à draguer le rouquin, il mit cela sur le compte d'une certaine forme de jalousie envers le couple qui formait avec la lionne.
Une rangée plus loin, Blaise était aux prises avec une Hermione visiblement pas très contente.
Alors qu'elle exultait de pouvoir passer un peu de temps seule avec Ron, le métis s'était imposé.
- Dégage-toi ! Tu ne vois pas que nous sommes déjà ensemble ? Ragea la brunette en essayant de pousser Zabini (essayant étant le mot clef de cette phrase)
- Allons, allons... tempéra Blaise en rigolant. Tu es toujours fourrée avec tes amis, tu ne penses pas qu'il est temps de les laisser un peu respirer ? Vive le changement ! Cela rompt nos p'tites habitudes non ?
Ulcérée par la nonchalance du métis, Hermione tenta bien de prendre à parti Ron, mais ce dernier baissa la tête en bafouillant. Du coup elle recommença à s'en prendre de manière virulente à la cause de tous ses tracas, lorsque Rémus (qui s'était suffisamment amusé à écouter toutes les disputes) intervint et força Hermione à partir s'asseoir avec Draco.
C'est dans ce « joyeux » chahut que le cours débuta.
En bon pédagogue, Lupin s'affranchit de l'avancement des projets à rendre au prochain cours de Duel. En entendant cela Harry redressa aussitôt la tête en flippant.
- Oups, avec tout ce qui s'est passé on a complètement oublié de bosser dessus !
Théodore cogita à son tour :
- Pour ma part j'ai avancé sur la partie qui m'était dévolue... Mais il est vrai que j'ai négligé cette propension à là procrastination qui semble être une caractéristique de votre maison, tant pis on travaillera ce weekend au lieu de paresser dans le parc !
Harry grogna bien quelques secondes, mais abonda rapidement dans son sens et entreprit de rédiger une courte missive à l'adresse de Ron qui s'agitait dans tous les sens quelques tables plus loin. Heureusement le petit serpent de papier qu'il reçut pu mettre fin à sa panique de tragédien et il se retourna pour hocher la tête vigoureusement.
Parkinson étant assise juste devant lui, le rouquin se chargea de faire la commission. Deux, trois insultes plus tard elle se retourna à son tour pour faire signe qu'elle était d'accord.
Le rouquin bougonnait dans son coin, ignorant Blaise qui se moquait de lui, l'informant qu'avec Thomas Finnigan et Draco ils avaient presque terminé… eux ! Il enchaina prestement avec un autre sujet :
- Au fait comment se porte ta charmante petite sœur ?
- T'as pas besoin de le savoir !
- Voyons futur beau-frère ce n'est pas très gentil de dire ça ! Bientôt nous ferons parti de la même famille toi et moi ! Nous nous retrouverons tous les weekend pour de charmants déjeuners conviviaux, puis au fur et à mesure que les années passerons de chères petites têtes blondes... enfin non, rousses dans ce cas, c'est plus probable... bref je disais donc que de chère petites têtes rousses viendront s'ajouter, car lorsque je prendrais ta...
- C'est le genre de truc que je préfère ne pas entendre ! Rogna Ron en se bouchant les oreilles des deux mains, tandis que Blaise continuait son délire bucolique qui virait au pornographique.
Assis à côté de Parkinson, Neville écoutait distraitement la conversation, mais lorsque le prénom de Ginny fut mentionné, il ne put s'empêcher de prêter une oreille attentive aux propos de ses amis.
Comprenant le sens des paroles du métis, il ne put s'empêcher de blêmir, déjà qu'il n'avait pas beaucoup de chance avec Harry en rival involontaire, mais si en plus Zabini entrait dans la course, il n'avait plus aucun espoir !
Pansy observa son camarade passer par toutes les nuances du désespoir, avant de soupirer :
- Franchement, je ne comprends pas ce que vous pouvez trouver à cette pimbêche ! Même rouquignol mâle est plus sympathique qu'elle ! Puis sans plus de considération pour les autres, elle se plongea dans son travail !
Notre Gryffondor préféré, lui, pensait à sa fameuse boite de chocolat et interrogeait Nott à propos de leur petit plan.
- J'espère que je ne foirerai pas tout ! Les doubles sens c'est plutôt votre rayon à vous, imagine je dévoile le pot au mandragores sans faire exprès ? Chuchotait-il nerveusement à son acolyte qui prenait sagement ses notes.
- Je t'assure que tout se déroulera convenablement. L'apaisa Théodore. Bientôt nous aurons droit à un Draco oscillant sans cesse entre divers sentiments, et pas forcément des positifs... Maintenant essaie un peu de te concentrer.
- Je suis plutôt fort en pratique mais je ne comprends rien à la théorie… grogna Harry, Tu veux pas m'expliquer en quoi c'te truc peut influencer sur la puissance du sortilège. Continua-t-il en pointant de sa plume un paragraphe de son manuel.
Théodore leva la tête de son parchemin pour voir le point que lui désignait son camarade. Il lui adressa un petit sourire goguenard avant de pousser son sac, qui reposait entre eux sur le banc, et de lui dire de se rapprocher un peu.
Ravi de voir que le Serpentard acceptait de lui filer un coup de main, Harry glissa sur le banc jusqu'à ce que son épaule soit en contact avec celle de son camarade.
- C'est avant tout une histoire d'affinité avec ta magie. Commença Théodore avec chaleur, après avoir eu un moment d'étonnement devant l'attitude du Gryffondor.
Au bout d'un instant, le grand châtain interrompit brusquement ses explications. Sentant quelqu'un l'observer fixement, il pivota sur son banc et son regard croisa celui de Draco qui les observait l'air franchement mécontent. Il lui décocha un sourire narquois avant de chuchoter doucement à son comparse :
- Puis-je te suggérer de ne pas te retourner ? Il semblerait que notre attitude soit observée et disséquée par une paire de comploteur guère heureux...
- Il n'ont vraiment rien d'autre à faire... murmura Harry en rigolant, Ils sont pires que des gamins ! Offrons-leur de quoi persifler alors ! Continua-t-il en se penchant d'avantage encore vers Nott.
- Je ne peux qu'approuver pareils propos. Rétorqua Théodore en reprenant ses explications.
De son côté Draco émettait une sombre aura, non seulement il n'avait pas pu se mettre avec son griffon personnel, mais en plus Potty se permettait d'être un peu trop proche de Nott à son goût. Et de le voir penché ensemble sur leurs parchemins, leurs têtes se touchant presque, ne faisait rien pour améliorer son humeur.
Heureusement Hermione avait fini par lui faire part du contenu de leur conversation d'un peu plus tôt ! Mettant l'action du balafré sur l'envie de le mettre jaloux en s'affichant avec son camarade de dortoir, Draco prêta une attention soutenue au propos de la brunette qui lui expliquait que Potty s'était enfin décidé à passer à l'action grâce à sa liste, et que d'ici la fin de la journée il devait s'attendre à recevoir une jolie boite de chocolat !
Il décocha un dernier regard noir à Nott et se relaxa de manière significative. Maintenant il était curieux de voir de quelle manière le Gryffondor allait s'y prendre !
La matinée s'écoula sans autres faits notoires, et bientôt la cloche vint sonner la délivrance.
En passant le seuil de la porte, Harry tomba sur Sirius, nonchalamment appuyé contre le mur de pierre froide.
- Tiens tu ne guettes plus Snape ? Demanda Harry avec surprise.
Black le regarda avec des yeux ronds.
- Quoi comment es-tu au courant ?
Harry pouffa dans sa main, et Théodore qui arrivait juste derrière se permit de répondre à sa place.
- Avec tout le respect que je vous dois professeur Black, La question serais plutôt de savoir qui n'est pas au courant au sein de l'établissement !
Sirius observait l'impudent Serpentard encore sous le choc, lorsque Ron, Pansy et Blaise vinrent s'ajouter au trio, et le rouquin ne put s'empêcher d'enfoncer le clou.
- Même la chauvesouris graisseuse doit savoir que tu guettes sa sortie, caché derrière la statue de Mimuric le galeux ! T'es pas crédible pour deux noises !
Quelque chose ne tournait pas rond... se disait Sirius en voyant son filleul préféré et le dernier des Weasley rester en compagnie des Serpentards, et paisiblement de surcroit ! Il se tourna la cervelle dans tous les sens, cherchant à savoir ce qu'il avait bien pu louper ces derniers jours, lorsque sa dernière discution avec Harry lui revint en mémoire ! Ah ouiiii !
Et bien leur petites trêve à nature revancharde semblait plutôt bien se dérouler...
La surprise passée et reprenant contenance, et murmura à voix haute :
- Mince, Je me disais aussi que c'était étrange qu'il passe une semaine complète à concocter des potions si délicates, qu'elle nécessite qu'il se fasse remplacer pour ses cours...
- Alala Paddy... tu ne t'étais toujours pas rendu compte que c'est à cause de toi tout ça ? Rigola Harry.
- Il est vrai que même une momie a besoin de sortir s'aérer les bandelettes de temps en temps, aussi plaisant soit son tombeau... enfin bon il serait peut-être temps que je revois ma stratégie dans ce cas... continuait ce dernier imperturbable. Note que j'ignorais que je pouvais lui faire une telle impression... Mais du coup j'ai doublement besoin des conseils de mon Moony adoré !
Le petit groupe prit congé du professeur en rigolant (plutôt bruyamment pour certains... comme un métis et un rouquin) tandis que Harry restait, voulant en profiter pour asticoter gentiment son parrain.
- Bon et bien dans ce cas je te laisse voir ça avec Moony, et une fois que tu auras réussi, vous me raconterez les issues graveleuses de votre prochaine cuite... se moqua t-il. Enfin, en m'épargnant les détails quand même, mes chastes oreilles ne supporteraient pas de savoir ce que vous pouvez bien traficoter avec cette chauve-souris !
- Tu ne vas pas me faire croire que tes oreilles ont quelques choses de chastes ! Surtout après avoir passé 7ans dans un dortoir rempls d'adolescents tout ce qu'il y a de plus normaux... C'est bien connu qu'à votre âge, on pense plus avec sa baguette qu'avec sa cervelle ! J'ai pas mal de souvenir de moi à votre âge, je sais bien qu'on parle davantage de nichon que de potion, et astiquer son balai n'est pas une affaire d'état !
- On ne s'appelle pas tous Sirius... marmotta Harry en rougissant adorablement.
- Hahaha, voyez-vous ça... mon neveu chéri fait son timide ! Ne me dit pas que vous êtes tous super sage là-haut ? Faudrait peut-être que j'intervienne pour faire votre éducation sexuelle...
- Non ! Pas besoin ! S'empressa de le contredire Harry, avant que son parrain ne s'entiche de cette idée. De toute manière je voulais juste dire que tu peux bien me raconter ce que tu veux, mais les détails concernant l'anatomie de Snape sont prohibés, je ne me remettrais pas, et il s'agit là seulement de bon sens !
- Ouais, ouais, c'est ça... c'est ça... petite nature va ! grogna Sirius avant de le pousser dans la direction qu'avaient pris ses amis. Dans ce cas, va rejoindre tes copains et ton amoureux, moi j'ai à faire, si je veux justement avoir une chance de connaître des détails de son anatomie ! Lâcha-t-il sarcastiquement avant de s'engouffrer dans la salle en hélant le prénom de loup.
Harry lui resta sur le carreau, interloqué. Mon amoureux ? Il commença à partir, lorsqu'Hermione et Malfoy finirent par sortir de la salle à leur tour. Mis à la porte de façon fort cavalière par un Sirius surexcité, qui en avait visiblement cure des questions qu'ils pouvaient encore avoir à poser à leur professeur.
Voyant que son meilleur ami trainait encore dans les parages, Hermione s'empressa de le héler pour qu'il ralentisse le pas. Arrivé à sa hauteur elle se tourna vers lui :
- J'ai cours de Rune au septième étage et je suis pressée, mais vous deux pouvez bien faire un bout de chemin ensemble sans vous entretuer hein ?
Elle adressa un regard lourd de sens au petit brun, avant de se pencher vers le blond pour lui poser un baiser sur la joue et chuchoter :
- Profite-en pour lui faire comprendre que se serais sympa que Ron m'offre quelque chose !
Draco hocha la tête et la laissa tourner les talons, laissant ainsi (elle l'espérait) un belle marge de manœuvre à son abruti de meilleur ami.
Un silence nerveux s'installa entre eux, seulement brisé par le bruit de leurs pas sur les dalles du couloir.
Draco se sentait fébrile, cherchant comment il pourrait s'y prendre pour accepter le cadeau de Potter sans pour autant se montrer trop gentil. Il voulait une réplique classe, un peu mordante, légèrement vexante, mais contenant ce qu'il fallait pour que l'autre éprouve un tant soit peu d'espoir... (La requête d'Hermione était déjà jetée aux oubliettes.)
De son côté Harry ne cogitait pas autant, il se contenait d'observer à la dérobée le visage de la fouine qui était tendu, attendant visiblement quelque chose qui n'arrivait pas.
- Bon Potty, t'as pas quelque chose à dire ? Ou à faire ? Finit par demander Draco, tentant de donner une perche à l'autre. (Il avait sans aucun doute atteint sa limite question patience.)
Rentrant avec perfection dans son rôle, notre hérisson fit une petite moue embarrassée et cafouilla :
- euh... Non je ne pense pas. Enfin quoique... tu vois, j'aimerais offrir quelque chose à quelqu'un mais je ne sais pas trop comment m'y prendre et euh... Nan laisse tomber, ce n'est rien d'important et ça peut attendre...
Draco souffla d'irritation et tenta de parler calmement :
- Comporte-toi comme un Gryffondor Potter ! Tu vas le voir et tu lui donnes point barre ! Ca ne devrais pas être trop compliqué !
- Ouais c'est vrai… Mais euh... oui tu as sans doute raison... Je pense que c'est ce que je vais faire !
- …videmment que j'ai raison ! Repris Draco en tendant la main pour recevoir son du !
- oh je te laisse là, j'ai cours par la... à plus tard, j'me sauve ! Et merci encore Malfoy !
Et aussitôt dit, aussitôt fait, il planta un Draco ahuri au milieu du couloir, et grimpa quatre à quatre les escaliers en direction de son autre cours de la matinée, Rave d'avoir donné assez d'ambiguïté à ses propos pour que Malfoy tombe dans le panneau.
Malfoy resta un instant immobile réfléchissant à ce qui venait de se produire, avant de laisser retomber sa main et de hocher la tête avec satisfaction.
Soit, il n'avait peut-être pas eu ses chocolats, mais il était maintenant certain de la véracité des propos du Castor. Potty était fou de lui !
Plus ou moins satisfait par ce qu'il venait de se passer, il reprit son chemin pour rejoindre également sa salle de classe. Avec tout ça, il en avait presque oublié Boot et la petite leçon qu'il devait lui donner.
Nul ne sait ce qu'il advint par la suite, mais lorsque Draco fit irruption dans la grande salle beaucoup plus tard (et ce, après un nouveau petit séjour bienfaisant à l'infirmerie) il était plus en rogne que jamais...
Il jeta un regard noir à sa tablée, défiant quiconque de faire la moindre remarque sur sa tenue froissée, ou sa chevelure ébouriffée, et encore moins sur l'hématome qui courrait le long de sa pommette droite. Assuré que le message était bien passé, il jeta avec rage un petit pot de crème contre les bleus sur la table avant de s'installer entre Goyle et Crabbe, snobant royalement ses amis.
Tandis que les Gryffons se mettaient à commenter avec ferveur cet événement hautement cocasse, (partant de la disparition de leur prince des glaces préféré à son retour salement amoché,) les Serpentards, eux, piquèrent du nez dans leurs bols, peu désireux de s'attirer l'ire de leur prince. Seul Théodore et Pansy, ne semblaient pas faire grand cas de la colère du blond, et continuaient leur conversation comme si rien n'était venu la chambouler.
Puis la frénésie retomba et chacun retourna à ses occupations.
À savoir : harceler Harry de « alors? » interrogateur pour Hermione.
L'ignorer purement et simplement de la part de ce dernier. (La patience ne semblait pas être son fort non plus.)
Luna baissa de nouveau les yeux sur la cordelette qu'elle était en train de coudre pour la bourse de Ron, afin que ce dernier puisse dégager ses deux mains. (C'était toujours plus pratique pour manger) Lui-même s'occupait avec ferveur du plat que la blonde dédaignait.
Lavande reprit son boudin dans son coin.
Et Ginny qui s'était assise tout prêt de Neville, pour ne pas dire sur ses genoux, recommença son pépiement d'une voie forte, saupoudré d'une forte dose de minauderie. Nous passerons sous silence le but final d'une telle manœuvre.
Dean replongea son nez dans le parchemin de commande d'une célèbre boutique de farce & attrapes qu'on ne présente plus, qu'il remplissait consciencieusement ; et Seamus reprit sa conversation avec un troisième année, lui enseignant avec passion le sortilège pour transformer l'eau en whisky. (Aux résultats catastrophiques mais chut...)
Le repas achevé, tous s'empressèrent d'aller suivre leurs enseignements respectifs, et devant les efforts de concentrations exigés de la part de leur professeurs, le cas Malfoy fut expédié aux oubliettes le temps d'un après-midi.
Sauf par Blaise, qui se fit la réflexion que la fameuse stupidité Gryffondorrienne semblait avoir déteinte sur lui, car ne put s'empêcher une seconde de plus de demander au blond colérique ce qu'il se passait.
Grand mal lui en pris...
Et après trois heures de cours particulièrement éreintant en compagnie des Serdaigles, (courir derrière une centaine de bulbes sauteurs tombés de la cagette de Neville, ce n'était pas particulièrement reposant.) et deux heures à écouter les babillages incessants de Trelawney en compagnie des Poufsouffle, nos malheureux Gryffondors étaient sur le point de rendre l'âme.
Ils se trainaient misérablement jusqu'à leur tour, lorsqu'ils eurent la surprise de voir Colin se précipiter sur eux en débitant à toute vitesse sa super nouvelle.
Paraît que Zabini est à l'infirmerie depuis ce midi, c'est Malfoy qui l'a démolie !
[TBC...]
* 18ILY27 – avis aux fans de Reborn...
