Bonjour à tous !
Et voilà, il arrive sans prévenir, le dernier chapitre avant l'épilogue/chapitre de fin !
Moi-même je ne m'attendais pas à finir cette histoire si vite, mais c'est bien réel: c'est déjà le 24ème chapitre !
Pour me faire pardonner de mon retard (aujourd'hui c'est férié, donc ça compte pas hein?) Voici un chapitre plutôt long, qui j'espère vous plaira !
Merci à tout ceux qui sont là depuis le début, revieweur acharné ou occasionnel, tous vos mots ont été pour moi un petit moment de bonheur, ancré dans une aventure que je n'oublierai pas !
Je vous laisse à votre lecture, et vous retrouve la semaine prochaine, pour la der des ders !
Après quarante-huit heures interminables d'examens médicaux, j'avais réussi à convaincre ma mère de me laisser rentrer au manoir. Elle avait passé la plupart de ses journées à l'hôpital, avec moi, à écrire à ses amis les moindres détails de mon hospitalisation, tout en dramatisant les faits.
La morsure du Percesprit avait laissé un poison tenace dans mon sang, me plongeant dans le coma plusieurs jours. J'avais donc à boire une mixture immonde quatre fois par jour pour le neutraliser efficacement.
- Tiens assieds-toi la, dit ma mère en bordant mon lit, tu as besoin de repos, tu sais ce que le médecin à dit.
- Quand est-ce que père rentrera ? Demandai-je peu encline à le voir apparaitre.
Depuis mon réveil, je ne l'avais pas vu. Il n'était pas venu me voir à mon chevet. Ma mère disait qu'il était très occupé par son travail au ministère et qu'il ne pouvait pas quitter son bureau plus de quelques heures.
- Je ne sais pas Letanny. Mais ne t'inquiètes pas, il veille à ta sécurité, tu ne risques plus rien.
Elle sortit de ma chambre, me laissant seule avec ma culpabilité. Tout le monde pensait que Newt m'avait agressé, alors que c'était lui qui souffrait le plus de nous deux. En jetant un œil dans la pièce, je vis que la valise que j'avais emmené dans la salle-sur-demande pour notre départ, était sagement posé au pied de mon lit.
Alors mon père savait. Il savait désormais que j'avais prévu de fuir avec Newton, que j'étais prête à lui désobéir. Un frisson parcouru mon dos. Je ne savais pas ce qu'il mijotait, mais j'espérais seulement que Newt était hors de sa portée, car Articus essaierait à tout prix de lui faire payer.
J'approcha doucement de mon secrétaire, essayant de tenir solidement sur mes deux jambes. Il fallait que je sache ce qu'il se passait dehors, connaître la vérité. Je sortis des dizaines de parchemins du tiroir et commença à écrire frénétiquement. Julia, Sylver, Filius, Robert, j'avais besoin de tout savoir, des moindres détails, d'où était Newton à présent. Après plusieurs heures d'écriture, je signa la dernière lettre, la cacheta et l'envoya à son dernier destinataire, Albus Dumbledore.
OOO
La première réponse fut celle de Julia et Sylver, qui m'expliquèrent qu'ils ne comprenaient pas ce qu'il s'était passé, que tout le corps professoral évitait le sujet, et qu'ils s'inquiétaient atrocement pour moi. Ils disaient que les spéculations allaient à bon train, rapportant que Newton était le gardien de la chambre des secrets, et qu'il avait essayé de me tuer. Julia ajouta que lors de l'accident, au moment de mon transfert à St-Mangouste, deux aurors étaient arrivé à Poudlard et avait embarqué Newton.
Il n'était donc plus dans l'enceinte du château, comme je le craignais. Dumbledore n'avait pas répondu à ma lettre, et c'est dans celle de Robert que j'appris qu'après notre dernière discussion, il s'était approché de lui et l'avait fait rentré au Magenmagot, où il se rendait très souvent. Robert n'avait pas évoqué le sujet de Newton, passant nos secrets sous silence, comme à son habitude.
…
Ça faisait donc plusieurs heures que je poireautais dans les couloirs de la justice magique, attendant de voir apparaître Dumbledore. Je ne savais pas s'il y était ce jour-ci, mais c'était ma seule chance de pouvoir lui parler, d'avoir des nouvelles de Newton. Deux employés me bousculèrent sans même s'excuser, et je grimaçai de douleur. J'avança vers un couloir moins fréquenté et surveilla les horizons. Robert ne semblait pas non plus dans les parages, son bureau était plongé dans le noir et fermé à double tour.
Au bout de quelques minutes, de l'agitation frénétique se fit entendre à l'autre bout du couloir, et je vis une dizaine de sorciers débarquer en tenue de Magenmagot, fondant la foule avec rapidité, le visage grave. Je me lança à leur suite, essayant de tenir le rythme, apercevant les cheveux auburn de Dumbledore.
- Professeur Dumbledore ! Hélai-je, professeur !
Ils avançaient trop rapidement pour moi, mais par chance, un de ses collègues l'arrêta et me désigna. Dumbledore le remercia d'un signe de tête et me fit signe de le suivre, s'éloignant de la foule. Il rentra dans un petit bureau et je m'engouffrai à sa suite, alors qu'il triait rapidement des papiers dans ses archives.
- Miss je n'ai pas le temps de discuter, j'ai des affaires urgentes à régler.
- J'ai besoin de savoir, suppliai-je en me rapprochant du bureau, où est-il ? Comment va-t-il ?
- Il ne va pas bien comme vous pouvez vous en douter, dit-il gravement, en plantant ses yeux azurs dans les miens.
- Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, me lamentai-je en sentant les larmes monter.
- Je sais miss, ajouta le professeur en se radoucissant, mais la portée de nos actes sont imprévisibles et vous n'y pouvez rien désormais.
- Où est-il ? Demandai-je.
- Il retourne chez son père, sous la plus haute surveillance, m'informa-t-il. Des chefs d'accusations très graves sont tenus contre lui.
- Il y'a un procès ? Paniquai-je.
- Je sors de la première audience, dit Dumbledore, je me suis portée volontaire pour le défendre, mais l'homme en face de moi fait pression sur les plus hauts gradés du ministère, et il veut le voir enfermé à Azkaban.
- Ce n'est pas possible ! M'insurgeai-je. Je veux plaider en sa faveur, je suis témoin de l'histoire, je peux tout expliquer !
Mon cœur battait frénétiquement dans ma poitrine, et je dus m'appuyer sur le dossier de la chaise pour ne pas tomber. Qui pouvait bien vouloir envoyer quelqu'un aussi gentil que Newton à Azkaban, c'était horrible. Je levai les yeux vers Dumbledore, suppliant silencieusement qu'il m'aide, qu'il trouve une solution. Son regard était peiné, attristé de savoir Newton en mauvaise posture et de me voir impuissante.
- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter la prison à Newton, promit Dumbledore, mais votre père se battra jusqu'au bout pour obtenir le châtiment ultime. Il me faudrait du temps pour préparer sa défense, hélas je n'en ai guère.
Nous manquions tous cruellement de temps. Newton, Dumbledore, Robert ou moi. Nous étions tous à bout de souffle, alors que mon père obtenait ce qu'il voulait, étendant chaque jour un peu plus son ombre sur nos vies.
Le ministère de la Magie vous souhaite une bonne journée.
Il pleuvait des cordes sur Londres. Le ciel était aussi gris que mon cœur mais je savais ce que je devais faire, ce qu'il me restait à accomplir. Pour Newton. Je jetai rapidement un œil à la grande horloge au-dessus de ma tête. 19h30. J'attrapai le bout de papier froissé dans ma poche et le déplia sous mes yeux. Je n'avais plus choix, il fallait que je répare mes erreurs. J'imprima l'adresse sous mes paupières et tournoya sur moi-même.
OOO
J'atterris lourdement sur le trottoir pavé de Londres moldu. Je dus me rattraper à un petit muret pour ne pas vaciller. La pluie me rongeait jusqu'aux os, et je regarda rapidement autour de moi pour vérifier que personne ne m'ait vu. Heureusement, le temps orageux avait fait rentrer tous les moldus aux abris, au chaud devant leur cheminée.
De l'autre côté de la route, des maisons de villes s'alignaient impeccablement, dont les fenêtres brillaient comme des tableaux, dépeignant la vie moldue. Devant moi, un petit perron montait au numéro 39, comme indiqué sur mon adresse. Je restai appuyé quelques minutes sur le muret, ne trouvant pas la force de me relever. Le transplanage m'avait demandé trop d'énergie et j'avais besoin de me reposer. Ma tête tournait, et après quelques secondes, des taches noires apparurent dans mon champ de vision, couvrant une silhouette athlétique qui couraient dans ma direction.
- Tenez, asseyez-vous je vais vous chercher une couverture, dit Robert en s'éloignant rapidement.
Il m'avait porté jusqu'à l'intérieur de sa maison, et je me retrouvais sur une chaise de cuisine, totalement frigorifiée. Il revint quelques secondes plus tard avec un plaid chaud qu'il déposa délicatement sur mon épaule. D'un coup de baguette, il fit apparaître une tasse fumante devant moi.
- Buvez ça, ça vous réchauffera, dit-il en s'asseyant en face de moi.
- Merci, murmurai-je difficilement.
- Qu'est-ce qui vous a pris de transplaner jusqu'ici dans votre état, c'est dangereux Letanny, Gronda-t-il, plus inquiet que fâché.
Il se servit un Whisky-pur-feu et le but d'une traite. Il portait un de ses costumes habituels, mais quelques boutons étaient défaits, laissant apparaitre son torse musclé. J'attrapai la tasse de thé fumante et la porta à mes lèvres, tremblotante. Le liquide ambré aux notes fleuries me réchauffa rapidement, et je repris un peu de force. Robert m'observait silencieusement, attendant que j'ouvre la discussion.
- Comment ça se passe au ministère, demandai-je d'une petite voix.
- Et bien on va dire que les imprévus des derniers jours me permettent de me retourner, dit-il, mais je ne pense pas que se sera suffisant, votre père est à l'affut.
- Le ministre ?
- Il n'a pas encore flanché, ce qui m'étonne de lui, remarqua-t-il en se servant un autre verre.
- Vous devriez y aller doucement sur le whisky, notai-je, ça ne vous aidera pas à réfléchir.
- Et vous sur les actions idiotes et irréfléchies, ça m'empêcherait d'avoir à réfléchir pour deux, asséna-t-il, froissé.
- Bien, fis-je, vexée.
- Bien.
Nous restâmes silencieux quelques minutes, terminant nos verres. Robert était le genre d'homme agaçant à toujours vouloir avoir le dernier mot.
- J'ai besoin de vous Robert, demandai-je.
- Je me doute que vous n'êtes pas passé chez moi pour une visite de courtoisie, remarqua-t-il.
Je souris amèrement à sa remarque mais ne me laissa pas démonter pour autant. Je le connaissais, il maîtrisait parfaitement l'art de la déstabilisation.
- Il faut que vous demandiez une deuxième audience pour Newton, dans quelques semaines.
- Je ne peux pas, lança-t-il froidement, ce n'est pas mon dossier.
- Vous êtes le directeur de la justice magique, tous les dossiers sont les vôtres.
- J'ai autres choses à faire que de m'occuper de la bêtise de votre petit-ami. Dit-il en me fixant de ses yeux orageux.
- Albus a besoin de temps pour convaincre l'assemblée, suppliai-je.
- Nous avons tous besoin de temps, nota-t-il, implacable, avant de débarrasser la table.
Je me levai à sa suite, alors qu'il jetait la vaisselle dans l'évier, énervé.
- Si vous ne le faites pas pour moi, faites-le pour Théséus. Lançai-je.
- Pourquoi ? En remerciement de ses mensonges durant plusieurs mois ? Ironisa-t-il.
- Newton n'y est pour rien ! Criai-je au bord des larmes.
- Il a failli vous tuer ! Hurla-t-il à son tour, en jetant un verre à l'autre bout de la pièce, il est coupable !
Il se retourna et je vis ses phalanges blanchir, s'accrochant durement au plan de travail. Son souffle était erratique alors que son dos se soulevait frénétiquement, et il passa une main sur son visage, essayant de se calmer.
- Il aurait pu vous tuer, répéta-t-il durement.
- Mais je suis là, dis-je en m'approchant de lui, posant délicatement une main sur son épaule, à l'affût de sa réaction.
- Pour quelle raison je voudrais le faire sortir de son trou ? Demanda-t-il, en broyant le bois sculpté du meuble une nouvelle fois.
- Faites-le pour moi Robert, répondis-je d'une voix douce, comme un cadeau de mariage.
OOO
La pluie ne cessait de tomber depuis une semaine. Les aspics approchaient et il ne me restait que quelques jours avant mon retour à Poudlard. Je quittai la fenêtre des yeux, me concentrant sur mon parchemin. J'allais me marier avec Robert, je n'arrivais même pas à l'imaginer. J'avais accepté le mariage, contre un retard d'audience. Bien sûr, il était un homme de parole et avait obtenu trois semaines à Dumbledore.
Malheureusement, les aspics, Poudlard, c'était terminé pour Newt. Il avait été renvoyé pour mise en danger d'autrui avec un animal, alors que j'étais la seule fautive. Mon père avait hurlé de rage en apprenant le report de l'audience, mais il avait tout de même obtenu la destruction de la valise de Newton, et la mise à mort des créatures. Dorénavant, tous les espoirs de le voir enfin libre reposait sur les épaules de Dumbledore.
Je terminai mon exercice de soins aux créatures magiques et regarda ma montre. J'avais rendez-vous chez le vieux Tom dans vingt minutes, rendez-vous qui pouvait faire pencher la balance en ma faveur.
…
Je fixai la porte de l'auberge depuis cinq minutes, attendant impatiemment de voir mon rendez-vous se pointer. Il avait trois minutes de retard et je m'impatientai vivement, trépignant sur ma chaise. La porte s'ouvrit à la volée sur une chevelure flamboyante, et il avança d'un air résolu dans ma direction, un sourire en cœur placardé sur le visage.
- Alors c'était vrai, la fille d'Articus s'est fait déchiqueter par une monstrueuse créature, lança-t-il en avisant mon bras en écharpe.
- Bonjour Septimus, saluai-je le fils Weasley.
- Alors qu'est-ce qui t'arrive ma belle ? S'enquit-il, ta lettre semblait urgente, t'es en manque d'amour ?
- Septimus je ne suis pas là pour rigoler, le coupai-je, j'ai besoin de ton aide.
- Letanny, tu sais que tu peux toujours compter sur moi, dit-il en approchant son siège, prêt à rentrer dans la confidence.
Il n'avait pas changé depuis le bal de Noël, c'était un charmeur invétéré. Nous étions toujours restés plus ou moins en contact, échangeant quelques lettres durant les vacances.
- Tu m'a bien dit que tu travaillais au bureau de recensement des créatures magiques et illégales non ?
- Attends Letanny, ou tu veux en venir ? Demanda-t-il, soudain sérieux.
- Bien sûr, comme tout le monde au ministère, tu as entendu parler de celles qui étaient enfermées à Poudlard ?
Il approuva d'un signe de tête ne comprenant toujours pas ou je voulais en venir.
- Que sont-elles devenues ? Demandai-je
- Elles ont été recensées et on attend la fin du procès pour recevoir les ordres, m'expliqua-t-il, mais qu'est-ce que tu attends de moi exactement ?
- Que tu les enlèves, et que tu me les ramènes. Dis-je de but en blanc.
Il éloigna sa chaise et leva les bras vers moi, incrédule.
- Non Letanny, ce que tu me demandes de faire là, c'est la folie ! S'insurgea-t-il.
- Septimus il n'y a que toi qui puisse m'aider, le suppliai-je.
- C'est un aller pur et simple vers Azkaban ! Se défendit-il, si je fais ça je perds ma place !
- Je t'en prie ! Dis-je en m'accrochant à son bras pour l'empêcher de fuir, je ferai tout ce que tu veux, demande-moi ce que tu veux !
- Il n'y a rien que tu puisses faire pour moi Leta, je regrette…
- Je ferai tout ce qui est possible et inimaginable pour récupérer ces créatures, je ferai tout ce que tu me demandes, n'y a-t-il pas quelque chose dont tu rêves ? Tentai-je une dernière fois.
- C'est complètement dingue Letanny, tu vas nous envoyer en prison avec tes conneries… Remarqua-t-il en secouant la tête, désabusé.
Il se mordait l'intérieur de la joue pesant le pour ou le contre. Après quelques secondes, il souffla bruyamment, capitulant.
- Y'a cette fille à Poudlard, tu la connais, Cedrella Black.
Un flash me revint soudainement lors du bal de Noël. Alors que je venais de le quitter quelques minutes plus tôt, Septimus se retrouvait sur la piste de danse avec une jolie brune à son bras, rigolant aux éclats.
- Oui Cedrella, le bal de Noël. Il approuva d'un signe de tête.
- Elle et moi… Enfin tu sais, balaya-t-il d'un revers de la main. Le problème, tu le connais. Il me fixait dans les yeux. C'est qu'on ne peut pas être ensemble, à cause de nos deux familles…
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Demandai-je une nouvelle fois.
- Elle est effrayée et son père n'est pas un tendre, dit-il, j'ai besoin que tu la convainques de me rejoindre.
- Un rendez-vous ? C'est dans mes cordes. Dis-je.
- Non Letanny, tu dois la convaincre de partir avec moi, et de ne jamais revenir.
OOO
Septimus me demandait l'impossible. Comment convaincre une fille, en moins d'une semaine, de tout abandonner et de s'enfuir avec un homme ? Il m'avait fallu plusieurs mois pour m'en convaincre moi-même, c'était mission impossible. J'avais six jours pour la faire flancher. Le lendemain des aspics, j'avais rendez-vous avec lui sur le chemin de Traverse. S'il venait avec la valise, c'est qu'elle avait accepté. S'il n'apparaissait pas, alors…
Je n'avais pas le droit à l'erreur. Il fallait que je récupère la valise de Newton, et toutes les créatures saines et sauves. Si le fils Weasley ne se faisait pas prendre, la disparition de la valise ne serait même pas remarquée. Robert allait passer à l'offensive après le mariage, et le grabuge qu'il allait créer dans le gouvernement couvrirait le vol et la disparition de la fille Black, c'était certain. Le monde sorcier comme on le connaissait s'apprêtait à basculer.
- Leta, qu'est-ce que tu attends ? Me héla Julia.
Je détacha mon regard de la fille Black et rejoignis mes amis. Ça faisait deux jours que j'étais rentrée à Poudlard, et je faisais office de bête de foire. Tout le monde me regardait bizarrement, comme l'attraction du moment. Sauf les Pouffsouffle, qui me poignardaient du regard à la moindre occasion.
Les blaireaux étaient loyaux. Ils n'arrivaient pas à croire que l'un des leurs puisse s'attaquer à un élève de Poudlard. Et ils avaient bien raison. Rosie, ou Rosa, avait déboulé en furie à mon arrivée pour me gifler et me traiter de tous les noms d'oiseaux qu'elle connaissait, dans la Grande-Salle. Tout le monde était divisé au château, cherchant lequel de nous deux était responsable.
…
- Ne fait pas attention à eux, lança la jolie italienne en s'asseyant sur son lit.
- Ils me regardent tous comme si ça les amusait, dis-je, ils ne savent rien.
- Ils ne cherchent pas la vérité, tu le sais, continua la brune, ils veulent seulement du spectacle, alors ne leur donne pas l'occasion d'être satisfaits.
- Hmmm, grognais-je en m'enfonçant sous ma couette.
Julia se coucha à son tour et se tourna vers moi, m'observant. Les Aspics avaient débuté et je n'avais pas la tête à ça. Je n'avais toujours pas parlé à Cedrella et toutes mes pensées étaient tournées à l'extérieur, vers Newton.
- Il me manque, confessai-je tristement.
- Je sais, dit-elle simplement, me couvrant d'un regard désolé.
- N'aie pas pitié de moi, dis-je en grimaçant, je l'ai mérité.
Elle se leva de son lit et vint me rejoindre, s'enfouissant sous les couettes. Son visage était à quelques centimètres du mien et elle soutenait mon regard, assurée.
- Letanny, tu l'as fait pour vous protéger, tu entends ? Me blâma-t-elle. Tu n'es pas coupable de tout ce qui arrive, tu es la victime, comme lui.
…
J'étais dans les toilettes du deuxième étage, assise sur une cuvette sale depuis plusieurs minutes. J'avais noté qu'après chaque épreuve, Black se rendait aux toilettes avant de retourner voir ses amies. Ce matin, en me levant, j'étais allée jusqu'au calendrier dans la Grande-Salle, pour noter ou les Gryffondors passaient leurs démonstrations de sortilèges.
Je me retrouvais donc dans les toilettes sales, à attendre qu'elle se pointe. Au bout de quelques minutes, j'entendis les portes grincer, et une fille rentrer dans la cabine collée à la mienne. J'ouvris discrètement la porte, face aux lavabos.
Après quelques secondes, la silhouette se découpa dans mon champ de vision, de dos, et se dirigea jusqu'au robinets. Je reconnus sans mal ses longs cheveux clairs onduler sous sa démarche. C'était à moi de jouer. J'ouvris la porte innocemment et vint me poster à côté d'elle. Ses lèvres bougeaient toutes seules. Elle récitait surement pour sa prochaine épreuve.
- Si j'avais un conseil à donner, de fille à fille, je le ferai dans ces toilettes. Dis-je innocemment en frottant mes mains sous le jet d'eau.
Elle fut un peu perturbée par ma réplique, ne sachant pas si j'étais folle ou si je m'adressais bien à elle.
- Mais je ne suis que la pauvre Serdaigle qui s'est fait broyer le bras par un monstre au septième étage. Continuai-je.
Elle semblait déboussoler et fit comme si je n'existais pas.
- Alors je ne dirai surement jamais à une fille qu'elle devrait choisir sa vie au lieu de subir son destin… Je ne lui dirai pas non plus qu'elle passe à côté de son bonheur en restant sous le joug de son père. Je repris une autre dose de savon. Oh et puis, je ne lui dirais surement jamais que, là, dehors, un homme n'a pas passé une journée sans penser à elle depuis le bal de Noël. Je frottai mes mains énergiquement. Je n'aurais d'ailleurs jamais l'occasion de lui dire à quel point elle est chanceuse d'avoir cette opportunité de pouvoir saisir sa chance. J'essuyai mes mains sur le vieux torchon sale. Ce serait d'ailleurs stupide de penser que j'aurais pu lui confier que, moi aussi, j'aimais un homme, mais qu'on m'avait retiré la chance de fuir avec lui. Je sortis un papier de ma poche. J'oubliais… Je n'aurais surement jamais l'occasion de lui dire que, cet homme qui l'aime, l'attendrait à cet endroit avec le fol espoir de pouvoir faire sa vie avec.
Je tendis le papier en sa direction et elle le récupéra timidement. Je lui tourna le dos et partis rapidement, incapable d'endurer sa décision. Les dés étaient lancés.
OOO
Je faisais le pied de grue près de la ménagerie aux hiboux. Septimus n'apparaissait pas, et l'heure tournait. Je tapa du pied plusieurs fois, observant chaque coin de la rue. Les aspics c'étaient terminées la veille, et je n'avais aucune idée de ma réussite. J'espérais seulement que la fille Black ait pris la bonne décision, ce qui n'était visiblement pas le cas.
Je me ré-appuya sur le mur, désespérée. C'était terminé, j'avais échoué une fois de plus. Newton allait tout perdre par ma faute. Je sortis ma montre une dernière fois. Il avait plus d'un quart d'heure de retard. Ça signifiait donc qu'il ne viendrait pas. Je me relevai et prit le chemin en sens inverse, rentrant bredouille.
Quelques semaines auparavant, j'étais une jeune femme amoureuse, aimée de ses amies, prête à suivre sa moitié à l'autre bout du monde. J'étais désormais brisée, meurtrie, et désespérément seule. Sylver partait rejoindre son équipe de Quidditch préféré, Julia retournait en Italie, et je restais seule, avec pour mari un homme que je n'aimais pas.
Je relevai la tête. Au loin le soleil brulait, réchauffant les pavés du chemin de traverse. Le procès de Newton approchait, et apparemment, Dumbledore bataillait ferme pour le gagner. Il avait peut-être une chance de s'en sortir après tout. Le professeur Dumbledore était l'un des hommes les plus respecté de Grande Bretagne, un sorcier et un orateur hors pair.
Une silhouette encapuchonnée apparut en haut du chemin, dévalant les pavés à toute vitesse, une valise à la main. Mon cœur bondit dans ma poitrine alors que je m'approchais de lui, incapable de réaliser qu'il était là.
- Leta t'es complètement tarée ! Rugit Septimus, essoufflé. Tu m'avais pas prévenu qu'il y'avait une salamandre géante !
- T'as réussi ! M'exclamai-je en l'embrassant sur la joue, bouse de dragon, t'as réussi !
Je récupéra fermement la valise. Maintenant que je l'avais entre les mains, c'est hors de question que je la vois disparaître une fois de plus.
- Doucement chérie, je te rappelle que je ne suis plus célibataire, rigola mon ami.
- Ce que tu as fait Septimus, commençai-je, cherchant mes mots. Je ne te remercierai jamais assez de tout ça, finis-je époustouflée par la prouesse qu'il avait réalisé.
- Traverser le ministère avec une valise illégale, c'est vrai que c'est pas de la tarte à la citrouille, mais… C'était étrangement fun ! Dit-il, enjoué.
- Que vas-tu faire maintenant ? Lui demandai-je plus sérieusement.
- Nous allons rejoindre l'Irlande probablement. M'expliqua-t-il. Il ne faut pas que l'on tarde de trop.
- Restez quelques jours, jusqu'à mon mariage, lui expliquai-je. Je me débrouillerai pour faire inviter les Weasley, coupai-je alors qu'il s'apprêtait à protester. Fais-moi confiance. Vous aurez toute la soirée pour vous mettre d'accord.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée d'attendre le mariage, expliqua-t-il, son père est occupé au ministère pour le moment…
- Fais-moi confiance Septimus, attendez quarante-huit heures après la cérémonie, confiai-je. Je ne peux rien t'expliquer de plus, mais crois-moi, tu seras le dernier souci de son père à ce moment-là.
Il jeta un rapide coup d'œil dans l'allé, et se pencha vers moi.
- Je ne sais pas ce que vous mijotez Letanny, mais j'espère que tu sais ce que tu fais.
- Ne t'en fais pas pour moi, lançai-je. Allez dans le comté de Cork, en Irlande. Là-bas, une petite bonne femme tient une auberge. Tout le monde la connait, elle s'appelle Sive. Dis-lui que tu viens de la part de Robert, elle t'accueillera.
Je sortis une bourse pleine de ma cape et la tendit dans sa direction.
- Prends-ça avec toi, ajoutai-je. Vous aurez de quoi tenir plusieurs semaines avec cet argent.
Il repoussa mon bras, refusant la bourse.
- Non Letanny, c'est trop, je ne peux pas accepter cet argent ! Dit-il. Ce n'est pas quelques semaines, c'est des années entières là !
- Prends le, affirmai-je en dégageant mon bras, prends-le tu en auras plus besoin que son propriétaire.
- Tu as volé cet argent à qui ?! Dit-il, mi impressionné, mi inquiet.
- J'ai simplement fais un détour chez ma sœur, rigolai-je bêtement. Allez prends cet argent et file, tu as un départ à préparer !
Il prit la bourse et la fourra dans sa cape. Il m'embrassa furtivement et s'éloigna, un sourire aux lèvres. Je le regardai fendre la foule, heureux et insouciant. Après quelques mètres il se retourna vers moi, tout souriant.
- J'espère qu'on se reverra Letanny Lestrange !
OOO
Il ne me restait plus qu'une seule personne à voir. Je déambulais entre les sorciers, valise accrochée au poignet. J'avais fixé se rendez-vous au culot, je devais l'avouer. J'aurais pu me pointer sans valise, ce qui l'aurait furieusement mis en colère. Et il n'était pas négligeable qu'il me pose un lapin. Mais j'avais tout de même envoyé le hibou ce matin-même, espérant qu'il vienne.
Je m'approchai rapidement de l'allée des embrumes, et pénétra dans la ruelle sordide. J'enfonça un peu plus mon chapeau sur mon visage, essayant de marcher de manière assurée. Cet endroit me collait la chair de poule, mais c'était un parfait repousse-sangsue. Et mon rendez-vous en avait des dizaines de collées aux fesses.
Je bifurquai dans la petite ruelle vide. Il devait arriver d'une minute à l'autre. Je restai aux aguets, surveillant l'heure tourner sur ma montre. Stupide endroit. Au moment où la trotteuse franchit le douze, une rafale de vent souffla dans mon dos, signe qu'il était arrivé.
- Toujours à l'heure soldat, me moquai-je en me retournant.
- Ne perdons pas notre temps, siffla le jeune homme.
Théséus se tenait en face de moi, visiblement remonté. A vrai dire, je m'y attendais, mais la façon dont il me dévisageait me rendait furieuse.
- J'ai récupéré la valise, dis-je en lui tendant, comme je l'avais dit.
- C'était la moindre des choses, rouspéta-t-il froidement.
Il arracha la valise de mes mains et me surplomba de toute sa hauteur.
- Comment va-t-il ? Tentai-je.
- Pitié ne jouez pas à ça avec moi, rigola-t-il, amer. Je ne sais pas ce que Robert vous trouve, mais vous n'êtes qu'une vipère.
- Pensez ce que vous voulez soldat, votre avis ne m'importe peu, m'emportai-je froidement.
- Comment mon frère a-t-il pu tomber dans les pièges d'une femme si manipulatrice, cracha-t-il.
Je restai stoïque alors qu'il crachait son venin, perfide et méchant.
- Vous n'êtes qu'une...
- Ça suffit ! Criai-je. Vous n'êtes pas meilleur Théséus ! Vous êtes aussi coupable que moi !
- Ne me parlez pas comme ça ! Cria-t-il à son tour.
- Vous l'avez mis en danger ! Et vous avez mis Robert en danger lui aussi ! Hurlai-je. Nous sommes de la même race vous et moi, et je n'accepterai pas que vous me crachiez dessus de la sorte !
- J'essayais de le protéger !
- Vous avez menti ! Explosai-je. Vous avez menti à Robert pour servir vos ambitions personnelles et nous sommes tous les victimes de vos actes ambitieux et irresponsables !
Il s'approcha de moi, furieux.
- Ne me parlez pas sur ce ton, siffla-t-il en pointant sa baguette sous ma gorge. Robert est peut-être mon frère d'armes, mais si vous vous approchez de Newton une nouvelle fois, je vous tuerai de mes mains.
Je soutins son regard de braise, prête à me battre. La rage bouillait dans mes veines et les mots poisons remontaient dans ma gorge, diffusant leur venin dans ma bouche.
- Robert ne vous le demandera jamais, lâchai-je finalement, mais que vous a-t-il dit, lorsque vous l'avez enfin trouvé là-bas, en Russie ? Assénai-je d'un rictus machiavélique.
