Bonjour tout le monde,

Stendhal disait: Les larmes sont l'extrême sourire.
Et Paul Eluard ajouta: Pleure, car les larmes sont les pétales du cœur - l'antigel de l'âme.

Si vous avez souri jaune / noir ou que vous ayez pleuré, je vous dis MERCI, puisque les émotions fortes du lecteur sont la seule rétribution utile et souhaitable pour un auteur. Ayez l'assurance que si sa plume vous touche, chacun de vos commentaires fait mouche en retour.

Or, voici venir le jour où toute larme sera séchée...


Là-bas...

Lorsqu'elle revint à elle, après avoir déversé tout le soul de son âme une éternité durant, elle fut totalement désorientée par le lieu où elle se trouvait. Allongée au milieu d'un lit baldaquin aux tissus violacés, son corps dénudé, enroulé dans des draps fins et immaculés de satin, elle étudia l'immense pièce qu'on n'aurait su qualifier autrement que de « royale ».

L'infrastructure reposait sur des colonnes de marbre blanc, surplombées d'arcades qu'on retrouvait au-dessus des linteaux des portes et des fenêtres. Les murs étaient ornés des plus belles tapisseries de Flandres et de meubles en bois massif les plus rares, sculptés avec adresse et goût, sans nul doute par les meilleurs ébénistes du monde, flanquaient les murs.

Elle referma les yeux, laissant l'ensemble de son existence défiler une nouvelle fois devant ses yeux, alors que des effluves de parfum vinrent titiller ses narines. Bois de santal et essence de pomme, son esprit l'aurait reconnu entre mil, et pourtant elle savait qu'elle n'aurait jamais plus l'occasion de voir le visage à qui sa création avait été destinée et des nouvelles larmes perlèrent le long de ses cils.

Elle se ressaisit néanmoins rapidement, refusant de laisser paraître son chagrin inconsolable au Maître de ces appartement paradisiaque si son âme ne gisait en enfer après avoir été démembrée.

Elle se laissa retomber sur le matelas, lorsque son regard se perdit sur la boiserie qui ornait la tête du lit. Se redressant sur ses coudes, elle détailla la sculpture avec plus de concentration. Au début, elle ne comprit pas ce que ses yeux voyaient, son esprit étant incapable de donner sens aux diverses formes, puis enfin elle le vit : le cœur formé par le cou recourbé de deux cygnes se faisant face, auréolés d'une seule et unique couronne.

Elle fit immédiatement volte-face, ses yeux se perdant à travers une porte-fenêtre légèrement masquée par un rideau qui devait donner sur une terrasse.

Scrutant l'horizon, son cœur martelant de plus en plus sa poitrine, elle crut déceler une silhouette familière se détachant en ombre chinoise du tissu opaque.

Elle sauta d'un bond du lit, arrachant un pan du lit princier pour s'enrouler dedans, n'arrivant pas à mettre la main sur un quelconque autre vêtement. D'un pas hésitant elle s'approcha de l'ouverture dans le mur, alors que sa main tremblante en écartait l'entrave.

Elle se tenait là, sur ce petit balcon au milieu des tours et des toitures d'un immense château Renaissance, vêtue d'une de ses plus belles robes bleu roi, plus majestueuse que jamais, en train d'admirer le soleil qui allait se lever sous peu sur son Royaume.

- Regina, mourut le prénom tant pleuré sur ses lèvres, alors que cris et paroles restèrent eux aussi prisonniers de sa gorge.

Chancelante, Emma traversa les quelques mètres la séparant encore de son âme-sœur.

Regina garda le silence lorsque les bras puissants de son véritable amour vinrent enserrer sa taille et que la tête d'Emma vint se poser sur son épaule, afin d'admirer avec elle le spectacle de la naissance d'un jour nouveau.

Quelques femmes regagnèrent le puits pour y puiser de l'eau, puis un cocher attela deux chevaux à sa diligence au pied d'une des tours, les artisans regagnèrent leurs établis, alors qu'au loin les fermiers moissonnaient leurs champs et retrouvaient leurs troupeaux qui paissaient innocemment dans les vastes prairies.

Les mains d'Emma remontèrent légèrement le long de la taille de sa compagne, alors que sa prise se fit plus ferme, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.

Deux merveilles de la nature pointèrent à travers le corset vers ses attouchements et Emma sut avec certitude qu'il ne s'agissait pas là de vil silicone.

Elle ne put retenir plus longtemps ses sanglots et Regina, ayant visiblement eu plus de temps pour digérer tout cela, se retourna avec bienveillance pour la serrer à son tour dans ses bras.

- Mon Dieu… Regina… je t'ai tellement pleuré… suis-je en train de devenir cinglée ou quelque chose comme ça ?

- Non, mon amour, tu n'es pas folle et tu ne rêves pas, anticipa la Reine la prochaine interrogation de sa compagne dont les jambes se dérobèrent sous son corps, alors qu'elle la retint en se laissant choir avec elle sur le sol pour éviter qu'Emma ne se blesse.

- Mais comment ?… Comment est-ce possible ?… Je ne comprends pas ?

- Visiblement, la Reine hésita, luttant elle aussi avec ses sanglots, ma mort - désolée j'ai encore du mal à le dire - aurait levé la malédiction, comme enfuyant l'existence de tout Storybrooke en elle, ramenant tous ceux que j'avais emmené, ainsi que leurs descendances dans nos royaumes.

Emma se calma petit à petit, réalisant que non seulement sa tendre moitié était saine et sauve, mais que leur fils Henry, ses parents, ainsi que l'ensemble de leurs amis étaient en vie. Puis les traits de son visage se durcirent subitement.

- Le Ténébreux inclus j'imagine ! Cracha-t-elle avec colère et mépris.

- C'est bien ce qui est le plus surprenant, en dehors de ma propre présence ici bien entendu. Les habitants des cinq royaumes le cherchent depuis près d'une semaine, mais il demeure l'unique absent du voyage.

- Regina, ne me dis pas qu'il a trouvé le moyen de rester dans mon monde tout de même, s'inquiéta immédiatement la Sauveuse.

- J'en ai bien peur que si, princesse, retentit une étrange voix depuis la chambre de la Reine.

- Sidney, l'as-tu enfin localisé ? Interrogea Regina, alors qu'elles regagnèrent la pièce où le génie d'Agrabah parut dans l'un des trois miroirs qui ornementaient les appartements royaux.

- Combien de villes a-t-il déjà mis à feu et en sang ? Interrogea Emma de plus en plus sur les nerfs.

- Aucune votre Altesse, il semblerait que le Ténébreux ait perdu ses pouvoirs en même temps que sa mémoire.

- Où est-il maintenant ? Demanda la Reine à son tour.

- Dans un établissement médicalisé pour personnes âgées atteints d'Alzheimer et autres troubles de sénilité dans une banlieue de Boston votre Majesté.

Un sourire satisfait passa sur le visage d'Emma en songeant à la fin peu enviable qui attendait Celui qui avait fait tant de mal à sa compagne, ainsi qu'à toute sa famille.

- Merci Sidney, tu peux nous laisser maintenant, le congédia Regina.

- Et Sidney, le rappela Emma, la prochaine fois que tu m'appelles Altesse ou Princesse, je brise la glace qui te sert de demeure, compris.

- Bien entendu, princesse, répondit-il avec désinvolture, alors que Regina se moqua gentiment de sa compagne en gloussant.

Emma la fit immédiatement taire d'un baiser avant de la pousser avec douceur, mais néanmoins empressement vers le lit, où elle comptait bien rester des jours et des nuits durant jusqu'à ce qu'elles aient ré-apprivoiser chaque recoin de leurs corps et de leurs âmes, avant de recommencer de plus belle.

Regina qui n'avait évidemment aucune objection à formuler à l'encontre des assauts empressés de son amante, se laissa choir sur le lit avec grâce, tout en répondant fiévreusement aux lèvres qui lui avaient tant manqué.

Elles en étaient encore aux préliminaires lorsque la porte de leurs appartements privés s'ouvrit avec fracas.

- Évidemment, j'aurais dû y songer plus tôt, où peuvent bien être les amoureuses, si ce n'est en train de batifoler dans leur lit.

- Maman ! s'indigna Emma en recouvrant la nudité de sa compagne.

- Oh je t'en prie chérie, je suis une femme, il n'y a donc rien ici que je n'aie déjà vu.

- Ça j'en doute, murmura Emma en songeant à la plastique absolument parfaite, dépourvue de toute cicatrice - si ce n'est celle si adorable au-dessus de sa lèvre supérieur - de la Reine avant de reprendre plus distinctement : Et tout d'abord, qu'est-ce que tu fais là ?

- Voyons, je viens vous chercher, vos amies vous attendent depuis près de deux heures pour les essayages sans oublier coiffure et maquillage.

- Ciel, c'est déjà aujourd'hui, avec la peine que tu as rencontrée pour te réveiller - détrempée, frigorifiée et totalement épuisée lors de ton passage dans la Forêt enchantée – j'en ai oublié toute notion du temps, s'exclama Regina en faisant apparaître rapidement deux tenues simples, afin de recouvrir leurs corps.

- Stop ! On rembobine. C'est aujourd'hui que quoi ? s'emporta Emma qui avait horreur de ne pas comprendre.

- Le mariage, répondit Blanche légèrement décontenancée.

- Le mariage de qui ?

- Mais le vôtre pardi.

Emma était sur le point d'incendier sa mère lorsqu'elle réalisa qu'elle portait effectivement une bague sertie d'une émeraude à son annulaire gauche. « De la couleur de tes yeux, j'ai mis très longtemps à la trouver » avait dit Regina dans bon nombre de ses rêves.

Elle se souvint aussi que quelque chose l'avait légèrement griffé dans le dos lorsque Regina l'avait attirée contre elle. Ses yeux trouvèrent rapidement le coupable, un saphir d'un bleu plus profond et limpide que toutes les eaux qu'elle avait vues dans son existence, ornait majestueusement la main de son âme-soeur.

Emma avait tellement imaginé le moment où elle demanderait la main de Regina, qu'elle ne sut pas réellement si cela correspondait à la réalité où si leurs rêves d'une vie à deux avaient été tellement forts et intenses qu'ils s'étaient simplement incarnés dans cette réalité-ci lorsque la malédiction fut levée.

« En cas de doute, fais ce que te dicte ton cœur » se rappela-t-elle l'un des nombreux conseils de son père.

- Je reviens, dit-elle en se dirigeant vers les couloirs qui arpentaient le château.

- Emma, ne me dis pas que je dois annuler les festivités, alors que la moitié de la population des cinq royaumes a déjà franchi les frontières du royaume noir, supplia Blanche, en doute face à l'étrange réaction de sa fille.

- Ne bougez pas, je reviens dans cinq minutes, répéta la blonde en disparaissant de la pièce, alors que les deux Reines se regardèrent interloquées.

Les employés du château firent de grands yeux lorsqu'ils croisèrent la princesse Emma simplement vêtue d'une tunique en lin arpentant les couloirs pour se rendre à la roseraie où elle cueillit une simple fleur d'un rouge écarlate avant de remonter aussi rapidement qu'elle les avait descendus, les escaliers qui menaient à la chambre de leur Souveraine.

Regina eut à peine le temps de se retourner qu'Emma avait déjà posé un genou à terre, lui offrant la plus belle rose de sa terre en présent, qu'elle effeuilla avec émotions, alors que les mots passèrent avec beaucoup de chaleur et de dévotion ces lèvres dont elle était si friande.

- Regina, mon si bel amour, mon esprit est encore fortement embrumé depuis les événements survenus il y a un peu plus d'une semaine. Qu'importe le flou qui perturbe encore ma mémoire, il y a une chose que je sais avec une absolue certitude : Ni les fléaux de mon monde d'adoption, encore moins les monstres de celui-ci, ni le Ténébreux et pas même la mort ne pourront jamais nous séparer. C'est toi et moi, ensemble quoi qu'il arrive, unies pour l'éternité. Alors ne me laisse pas passer une heure de plus en ta présence sans répondre à cette question que j'aurais dû te poser dès la première fois où je t'ai vue dans ton tailleur gris hyper sexy.

Emma fit une pause, cherchant encore la meilleure façon d'exprimer sa demande, alors qu'un sourire s'empara subitement de ses zygomatiques :

- Si on profitait du fait que ma chère et tendre mère ait invité tous les sujets des diverses royaumes – même ceux dont on n'est pas les souverains d'ailleurs - pour enfin nous marier ?

Blanche secoua la tête, se lamentant intérieurement de l'étrange concept romantique de sa progéniture, alors que Regina éclata de rire face à l'humour décalé qui lui avait tant manqué et qu'elle aimait depuis leurs premiers affrontements, bien au-delà de ce qu'elle n'avouerait sans doute jamais.

- Qui résisterait à mon chevalier blanc, certainement pas moi, alors évidemment que je veux qu'on se marie aujourd'hui ma chérie.

Elle embrassa la blonde avec ferveur, afin de sceller une nouvelle fois son « Oui » avant de reprendre :

- Maintenant hâtons-nous, Ruby et Belle t'attendent depuis des lustres, alors que j'entends déjà Abigail et Maléfique me chambrer sans relâche sur mon besoin de me faire désirer.


Merci Not gonna die pour ton travail de correction.


TBC: