Hello, poeple !
Vous aurez donc remarqué que cette fic est à présent en rating P-18. Force est de constater que le dépucelage de ses messieurs a marqué vos esprits par son non-romantisme (et par son caractère non-explicite pour certains), en même temps, que préférez-vous que je décrive et que je « romantivise »: quand ils s'aiment et qu'ils l'ont avoué ou quand ils s'aiment pas ou qu'ils disent que c'est juste physique ?
Ah ! Ben oui!
Dans le cas où vous préférez la deuxième solution…ben tant pis, c'est moi que je suis l'auteur, lalalère !
Chapitre vingt-quatre : Sexe garanti 100% love-free !
Cela faisait un certain temps que Carmen, Yolie, et la plupart des demoiselles d'Azúcar Culebra pouvaient circuler sur la plage en paix, sans sentir en permanence un œil pervers les observant avec un peu trop d'insistance.
C'était calme. Trop calme.
« Pourquoi votre petit-fils était-il devenu aussi discret ? » demandaient-elles à Rocío qui n'avait aucune explication valable à fournir.
La vérité, c'était que tout était moins drôle sans pelirrojo, et la perspective d'être un jour dans le même groupe, avec les ambiances de tournées et d'enregistrement, et blondinet et Lilita en prime, ça avait l'air trop sympa pour rester ici à attendre.
Hal s'était allongé sur sa serviette de bain sur la plage et faisait mine de dormir en pensant au fait que, tôt ou tard, il faudrait dire adieu au climat de la Méditerranée pour gagner des contrées réputées être le Royaume de la Pluie.
Pour couronner le tout, il avait oublié ses lunettes de soleil ce matin-là, et manquait de se brûler les yeux à chaque fois qu'il les ouvrait. Cependant, il entendit des pas légers s'approcher de lui. Il lui sembla qu'une tête se penchait, alors il ouvrit les yeux, à moitié ébloui par la blondeur de la fille qui se superposait au soleil. Peau pâle, voix cristalline. Elle lui dit en anglais :
—Tu es bien Hal Machaca ?
—Ouais…Comment tu le sais ?
—Les deux filles, là-bas, elles m'ont que si je cherchais le pervers du coin, je devais aller te trouver.
Elle désigna Carmen et Yolie qui lui tirèrent la langue.
—Tu es très jolie, mais…qui tu es ? Et qu'est-ce que tu fais ici ?
—Merci ! Je suis Luna Lovegood et je suis venue te chercher pour t'emmener chez moi, en Grande-Bretagne.
—Luna…j'ai déjà entendu ce nom…tu es une amie de mon pelirrojo et de son blondinet glacial ?
—Je suppose que tu parles de Ronald Weasley et de Draco Malfoy —ils sont très drôles, ces deux-là, même et surtout quand ils ne le font pas exprès—? Oui, c'est bien d'eux dont il s'agit.
Il n'en fallut pas plus à Hal pour se relever et serrer Luna dans ses bras.
—C'est une joie de faire ta connaissance, señorita !
—Tu es mignon! Mais j'ai déjà un petit ami.
—Ah, dommage…Sinon je t'aurais bien embrassée à certains endroits…
—Sur toute la longueur du bras ? Parce que m'a dit que vous faisiez toujours comme ça, vous, les latin lovers…
—Tu vas me permettre de revoir Ron ?
—Oui, si tu fais vite tes bagages pour venir avec moi.
—Euh…
—Qu'est-ce qu'il y a ?
—C'est que…je ne peux pas partir comme ça et tout laisser derrière moi…Abuela, Mama et Evelina…et tous mes potes d'ici…
—Ah oui, tu n'aimes pas être arraché à ton monde…Je comprends.
—Tu sais, j'ai toujours vécu ici, et je ne suis jamais sorti que pour aller à mon école de magie en Andalousie, dont je suis sorti il y a deux ans (1). Mais à part ça, j'ai jamais quitté ce village, je ne connais rien d'autre.
—Ce n'est pas pour longtemps, ce sera juste…des vacances !
—Ça c'est un mot qui sonne bien !
oOoOOOoOo
« Merlin ! » Pensa Narcissa.
Il était presque l'heure du dîner et comme elle ne savait que faire, elle alerta discrètement Lucius qui la rejoignit et ensembles, ils écoutèrent à la porte:
—Mmmh !C'est bon ! Disait la voix de Ron.
—Ça te plait alors ? Dit Draco.
—Ouais, j'espère que tu feras ça encore, tu es vraiment doué !
—Bah, ça me fait plaisir…ouh là, tu t'en es mis partout !
—Ben quoi, j'aime trop ça !
—Un peu de retenue !
Lucius fronça les sourcils.
—Honteux, Marmonna-t-il.
—Mais pourquoi ils se sentent obligés de faire ça n'importe où ? Dit Narcissa, D'abord, dans le living, puis la bibliothèque, et maintenant dans la cuisine ! Pourquoi pas dans une de leurs chambres ?
—Ils ne devraient pas faire ça tout court ! Maugréa son mari qui tirait une mine outragée.
Ron poussa quelques autres cris de voluptés et l'œil gauche de Lucius se mit à palpiter dans son orbite comme en un tic étrange post-traumatique.
—Comment mon propre fils ose-t-il souiller la demeure qui l'a vu naître?
—Tu sais bien que je l'ai mis au monde à Sainte-Mangouste.
—Ne jouons pas sur les mots, comment ose-t-il…
—Ne crie pas si fort, ils vont savoir qu'on les a entendus et…
—Attends, tu vas voir, je vais me gêner de faire comprendre à ces deux petits porcelets qu'on ne…
—Pôpa, ze peux avoir la même chose que P'pa ?
…
—Ils font ça devant la gamine ? Parvint à articuler Narcissa en s'étranglant à moitié.
—C'en est trop ! Tonna Lucius en ouvrant la porte, Qu'est-ce que vous…
Draco était entrain de garnir un gâteau de macarons en meringue. De temps en temps, il donnait un macaron raté à Ron ou Alita, assis sur la table à relécher les casseroles de chocolat ou de crème en s'en mettant dans les cheveux, ce qui ne semblait pas les gêner.
—Trop boooonnn, Gémit Ron de bonheur.
—Mère, Père, Dit Draco d'un ton très calme, On ne vous voit pas souvent dans cette cuisine.
—Ah ! Fit Narcissa, Figurez-vous que nous pensions que…
Elle se mit à expirer bruyamment puis s'effondra sur une chaise, visiblement soulagée et plus rouge qu'une pivoine.
—La cuisine est un travail de domestique, laisse ça à Dianna! Dit Lucius.
—Je suis restaurateur ! Répliqua Draco.
—Ah, restaurateur… ? Tu es restaurateur ?
Lucius semblait interloqué.
—Mais c'est formidable mon chéri ! Dit Narcissa en se relevant pour aller embrasser son fils.
—Tu diriges les autres, enfin, Se reprit Lucius, Et j'imagine que l'autre boulet vit à tes crochets…
—Hey ! Fit Ron, Je suis le guitariste de ASHEs, je vous signale !
—ASHEs ? Je ne connais pas !
—Ah bon ? Fit Alita, P'pa, comment ça se fait que Papy Lulu il connaît pas ton groupe ? Et qu'il savait pas que Pôpa faisait le restaurant?
—Bah, c'est simple: il a passé les dix dernières années enfermé dans un bunker de nazis…
Il se tut, sentant que Draco lui écrasait les orteils.
oOoOOOoOo
Après le dîner (et un nouvel échange de propos limites et à deux doigts du point Godwin), la conversation tourna en rond et ils finirent par se retirer chacun dans leurs quartiers, Draco ayant terminé son gâteau (pas tout à fait, dit Ron: il fallait encore le manger !).
Draco était dans sa chambre quand Ron entra :
—Je peux te prendre une balistique « Soleil » ?
—Sers-toi.
En passant, le rouquin lui effleura la nuque dans un geste trop tendre pour être traduit par un simple désir charnel.
—La tête de tes parents quand ils sont entrés dans la cuisine…ha ha, c'était trop drôle…à quoi pensaient-ils ?
—Comme si tu ne le savais pas !
Depuis qu'ils avaient goûté au sexe, ils n'avaient pas tardé à renouveler l'expérience, et à des moments et dans des lieux pas nécessairement congrus. Et c'était toujours purement physique, d'après Draco.
—C'est quand même bizarre de faire ça avec autant de…Commença Ron alors que Draco se retournait pour lui faire face et s'emparer de ses lèvres, C'est drôle de faire ça avec autant de passion mais sans amour !
—Moi, ça me convient comme ça, Murmura malicieusement le blond en un baiser.
Ron se sentait toujours mal à l'aise, mais ne désespérait pas d'entendre Draco avouer, un jour ou une nuit qu'ils seraient en pleine action, qu'il l'aimait, le hurlant entre deux gémissements de jouissance «Oh, oui, continue, Ron je t'aime, oh, ouiiiii !», c'était possible, non ? Il finirait bien par le dire ! Si Lucius était un coincé du slip, son fils était un coincé du cœur, et Ron se disait qu'une bonne turlutte ferait suffisamment circuler le sang pour lui dérouiller les ventricules, les oreillettes, ou les…enfin, ce qui n'allait pas. A moins qu'il ne faille demander à Alita de lui acheter un nouveau palpitant en chocolat blanc à la fraise pour lui greffer dans la poitrine à la place de son vieux morceau de bidoche desséché…
—Tu sais quoi, peut-être qu'on pourrait utiliser la Panoplie du Sorcier Erotique, tout compte fait…
Malgré tout ce que Ron put faire, Draco n'avoua rien, ni cette nuit-là, ni les suivantes.
oOoOOOoOo
La vie au Manoir devint assez atterrante pendant les deux premières semaines:
Lundi, du foie gras,
Mardi, du foie gras,
Mercredi, du foie gras aussi,
Jeudi, du foie gras,
Vendredi, du foie gras,
Samedi, du foie gras,
Et le dimanche, jour du saigneur, du foie gras et des patates au beurre !
Ça va en étonner plus d'un, mais en réalité, ce n'était pas du tout le régime habituel de la famille Malfoy (en fait, le foie gras, c'était seulement le jour du "saigneur"). Draco s'était longtemps demandé pourquoi son père avait tant insisté pour qu'ils passent d'abord un mois au Terrier et puis un mois au Manoir, et cette modification (grotesque et snob) des menus lui fit échafauder la théorie suivante :
Lucius voulait que Ron et Alita sentent avec intensité la différence de niveau de vie entre les deux endroits, et que le Terrier, tout charmant qu'il fut, passe pour un lieu merdo-merdique en comparaison avec le Manoir, d'où l'excès de faste frisant le ridicule.
Ce que Ron éprouvait en réalité était à la limite entre le dégoût et l'ennui. Entre les repas chics devant Lucius (ou « Face de Craie », le nouveau surnom qu'il lui avait trouvé) et sa bouche en cul de poule qui buvait son vin ou son whisky de feu en faisant des commentaires désobligeants, les répétitions de guitare tout seul, les interminables promenades dans le jardin et les séances de sexe garanti 100% love-free avec Draco, il songeait que sa vie était plus heureuse dans sa petite chaumière.
Narcissa semblait plutôt gentille, mais Ron avait essayé à plusieurs reprises d'entamer une conversation avec elle et elle restait froide, comme si elle craignait qu'on la prenne en faute à parler amicalement avec « l'ennemi ».
Au moins, il lui restait ses moments avec Alita, et il passa la moitié du mois à retomber en enfance, inventant des histoires à lui raconter pour l'endormir, se déguisant en pirate pour piquer de la nourriture dans la cuisine et manger n'importe quoi, organisant des jeux d'approche dont le but était d'entrer dans la chambre de Lucius et Narcissa pour voler leurs oreillers sans se faire voir, complotant contre André Cornichon, ou encore en exécutant la mise à mort par décapitation de la poupée de Narcissa (qui s'était curieusement recousue toute seule) , en raison des soupçons nourris par Alita comme quoi celle-ci serait vivante et tenterait de les tuer pendant la nuit. La tête de la poupée fut jetée aux paons et son ex-propriétaire rebaptisée « Marie-Antoinette ».
—J'ai pas un môme, j'en ai deux! Répétait Draco, Ron, t'as pas honte ?
Il n'avait pas honte. L'expression « prison dorée » prenait tout son sens au Manoir et il s'évadait comme il pouvait. D'autant plus que Lucius avait décrété que toute visite de la part d'amis et famille de Ron était à oublier.
Dommage, songeait-il, et il se mettait soudain à rêver que tout le monde débarquait, bravant l'interdiction du maître des lieux :
Lucius, Narcissa, Draco, Ron et Alita était assis autour de la morne table, au milieu du luxe étouffant, écœurant du Manoir. Et tout était en noir et blanc.
Tout à coup, la porte s'ouvrit sur Harry, Hermione, et la famille Weasley qui avançaient jusqu'à eux d'un pas hâtif. Harry et Hermione se campaient alors effrontément devant Lucius et se mettaient à hurler :
—On n'en a rien à cirer de ton règlement à la con, on est venus voir Ron, et tant pis si t'es pas d'accord !
—Que la fête commence ! Criaient les jumeaux avant de lancer des feux d'artifices dans le salon.
Et la fête commençait, les couleurs réapparaissaient et une musique hard rock venant de nulle part retentissait. Tout le monde jubilait autour d'un Lucius décontenancé.
—Je suis là aussi ! Déclara Blaise, Et ce que vous pensez de ma mère ne m'arrêtera pas !
—Je suis là également là, Dit Théo, Et ma Luna aussi !
Luna prit place dans un fauteuil où Emy l'attendait avec une tasse de thé japonais. Lucius protesta, mais les deux demoiselles se mirent à parler de choses bizarres rien que pour l'énerver. Le Dr Clara se joignit à elles et au passage, elle expliqua une théorie sur la méchanceté de Lucius: celui-ci était tout simplement complexé par la taille lilliputienne de son membre virile. Alors qu'il s'apprêtait à répliquer, un torrent de chocolat fondu défonça la porte et Remus et Sirius arrivèrent en surfant.
—Une rivière de chocolat comme dans Charlie à la chocolaterie ! Exulta Alita.
—Mets vite ton maillot, Dit Tonks à la petite-fille, On va aller nager dedans !
—Vous aimez le chocolat ? Demanda Satin, Ça tombe bien, j'ai fait des cookies pour tout le monde, qui en veut ?
—Moiiiiii !
—C'est n'importe quoi, les rêves éveillés de ce gamin aux cheveux roux sont décidément stupides !Tonna Lucius.
—Ça vous apprendra à être un coincé du slip ! Déclara Severus.
En voyant quelqu'un qu'il sacquait plus ou moins, Lucius se sentit rassuré, mais Severus le cassa à chaque réplique. Le blond voulut alors se réfugier dans la dégustation d'un toast au foie gras.
—Trop bon et trop cher pour les Weasley ! Assena-t-il.
—Le foie gras est une honte ! Cria Cius de sa voix nasillarde en retirant le toast de la main de Lucius, Et la santé et le bien-être de oiseaux concernés, ça vous dit quelque chose ? Les nombreuses pathologies et blessures, parfois mortelles, provoquées par le gavage ? Je m'efforce de ne rien vous dire, à vous autres carnivores, quand je vous vois vous repaître de chair, mais que par-dessus le marché vous cautionniez la souffrance de ces pauvres oies et canards, dont vous bouffer le foie MALADE ? Ce que vous prenez pour une charmante coutume qui enchante votre palais de snob, ça porte un nom dégueulasse en vrai: stéatose hépatique ! Ça vous dirait qu'on vous élève dans une cage tellement étroite que vous ne pouvez même pas vous mettre debout ou vous retourner, et que trois fois par jour, on vous enfonce un embout pneumatique dans la gorge jusqu'à l'estomac qui vous blesse à chaque spasme de vomissement, et puis, quand votre foie est assez malade et volumineux pour vous écraser le cœur et les poumons, on vous traîne jusqu'à l'abattoir en vous brisant les os car vous êtes trop gavé pour marcher, et qu'on vous tue en vous pendant la tête en bas ? Et tout ça pour finir dans l'assiette d'un type qui veut juste prouver que les Weasley sont nuls parce qu'ils ne peuvent pas s'en payer ? C'est lamentable !
Ron riait : bien fait pour Lucius. Il s'assit pour contempler le résultat de son imagination et une voix douce retentit à ses oreilles :
—Tu t'amuses bien, mon petit Ronald ?
—Pépé !
—Et oui ! Tu veux que nous jouions aux échecs ? Ou que je te raconte comment ton père a découvert sa passion des Moldus ? C'était en 1969, j'y étais ! Et le petit Arthur collectionnait les étiquettes de potions contre la toux à l'époque…
—Ça suffit ! J'en ai ma claque, Narcissa, on s'en va ! Narcissa ? Mais…
L'épouse de Lucius était tout simplement entrain de flirter avec Hal, avant que la grand-mère de celui ne le tire par l'oreille. Après, Rocío discuta avec Molly de tortillas et de roast beef à la menthe, Fleur intervint avec ses escargots à l'ail et Emy renchérit à coup de sukiyaki. Elles se mirent néanmoins toutes les quatre d'accord pour élire le chocolat « Meilleur aliment de tous les temps », Remus approuva hautement.
—J'ai une idée ! Dit Ron, ASHEs va donner un concert ! Vous venez, les gars ?
—Sans problème, Weasley-san !
—Bonne idée, Pelirrojo !
Leurs instruments leur apparaissaient dans les mains.
—Mais…et Neis ?
—Zut ! C'est vrai, je sais même pas à quoi elle ressemble ! Se désola Ron.
—Pas grave, Susurra Draco, je vais la remplacer…
Il se saisit d'un micro et se mit à chanter :
Ronnie, j'aime baiser avec toi
Mais je ne t'aime toujours pas
Enfin, si, mais tu peux courir pour que je l'avoue
Car je n'ai…
—Attends un peu ! Dit Ron, se sentant bouillonner.
—Quoi ?
—Je sais pas si je vais encore t'autoriser à coucher avec moi dans ces conditions…
Le rêve s'envenimait, la tension montait.
—Oh, et qu'est-ce que tu vas faire ? Répliqua Draco, narquois.
—Je vais coucher avec Hal rien que pour t'emmerder !
—Pardon ? Tu oserais…
—Viens là, mon beau latino, on va manger du chorizo toute la nuit !
—Oh, sí, sí, sí, mon amour aux cheveux de feu !
—Mais, mais Ron ! Protesta Draco.
—Tu devrais arrêter de te buter, Dit sagement Cius.
—D'accord ! Ron, je t'aime !
—Ah, j'aime mieux ça !
Et ils s'embrassaient devant tout le monde, dans une ovation de triomphe.
—Alita, la cage de Nemo schlingue, tu devrais la nettoyer !
—Mais Pôpa…
Le retour à la réalité fut brutal. Ron avait beaucoup d'imagination.
—Allez, il y a une énorme couche de fiantes ! Reprit Draco, Si tu ne nettoies pas, Nemo va finir vingt mille lieues sous les merdes !
—Mais…
—Il faut que tu prennes tes responsabilités, si je t'ai offert cette chouette, c'est pour que tu t'en occupes bien!
—Bah, laisse...elle a sept ans, Intervint Ron, Je vais la nettoyer cette cage, avec la magie, ça ira vite.
Il avait peine plongé sa main dans sa poche pour prendre sa baguette que Draco s'était retourné vers lui pour le foudroyer du regard.
—Nan, elle va le faire elle-même, d'accord ?
—D'accord.
—Je vais lire dans ma chambre, Annonça le blond.
Ron et Alita attendirent dans un silence morbide qu'il soit parti.
—Et bien, il a dit que tu devais le faire, Dit Ron, Mais il ne t'a pas interdit d'utiliser la magie…
—Mais P'pa, ze l'ai zamais fait, moi !
—Ah oui, il ne t'est jamais arrivé des trucs bizarres ?
—Si, mais pas essprès, et pas avec une baguette…
—Il n'est jamais trop tôt pour essayer.
—Hein ?
Il sortit son outil de sorcellerie et le plaça dans la main de la fillette, puis, il saisit son petit poignet dans sa grande main pour diriger ses gestes.
—Je vais t'aider…
La cage fut nettoyée en deux coups de cuillère un pot par un sortilège informulé.
—On est bien d'accord, ma princesse, c'est toi qui tenais la baguette, hein?
—Vi, P'pa !
Ron ricana intérieurement. C'était honteux comme procédé, pourvu que Draco ne soit jamais au courant. Il jeta un œil à la pendule au-dessus de lui: Harry et Hermione allaient bientôt arriver.
Car Ron avait bel et bien décidé de braver les interdictions. Certes, cela n'allait pas se dérouler comme dans son imagination, il n'avait prévu aucune fête. Il s'agissait même d'un certain travail…
Ce que Draco lui cachait devenait trop pesant. Et Lucius y était lié. Et Evelina Clara aussi, mais dans son cas à elle, c'était récent, il était probable qu'elle ait tout simplement découvert quelque chose qu'elle ne pouvait pas dire, car étant liée par le secret professionnel. Il s'agissait donc d'une histoire de psy.
Puisque la famille Malfoy semblait décidée à garder ça pour elle, il ne restait plus à Ron qu'à mener son enquête personnelle en toute discrétion, et pour cela, il voulait ses deux complices de toujours à ses côtés. La rigueur de Lucius n'allant pas jusqu'à le surveiller 24 heures sur 24, il parvint à envoyer Coq porter un message à Harry et Hermione.
Et ils ne tarderaient plus, à présent. Le seul écueil qui subsistait, c'était de distraire le restant de la maisonnée pour pouvoir fouiller dans leurs affaires tranquillement.
En voyant Alita tapoter la baguette contre le rebord de la cage, produisant des étincelles dorées, Ron trouva enfin la solution :
—Tu sais…je trouve que les jeunes sorciers sont initiés à la magie un peu trop tard…
—Ze penses aussi.
Elle contempla la baguette en louchant.
—Oh, je ne vais pas t'enseigner ce qu'on apprend à Poudlard mais…tu pourrais faire quelques essais…histoire de sentir ce que ça fait, hein ?
—C'est vrai ? Tu me la prêtes ?
—Oui ! Exactement…bon, ne t'attends pas à des résultats faramineux, il est même peu possible que tu obtiennes ce que tu veux…mais cette maison est triste, que dirais-tu d'y mettre un peu d'ambiance ?
—Trop cool ! Merci, P'pa, t'es le meilleur des mieux du monde !
—Evite juste de foncer dans un Saule Cogneur avec une voiture volante, ça porte malheur aux baguettes !
—Cooool !
Elle sautilla en sortant, brandissant la baguette de Ron dans tous les sens, inondant la pièce d'étincelles multicolores.
Il rit intérieurement quand il entendit un objet tomber et se briser. Fred était plus jeune qu'elle le jour où il avait transformé son ours en araignée géante avec la baguette volée à Arthur, cela promettait beaucoup de divertissements en perspective !
A ce moment-là, on cogna à la fenêtre derrière lui. Il se tourna et vit ses deux amis dehors, les cheveux remplis de plumes de paon. Il s'empressa d'aller leur ouvrir.
—Lucius a mis des sorts qui empêchent de transplaner, Expliqua Harry une fois rentré, On a du passer par l'arrière et les paons nous ont attaqués !
—Sales bêtes, Maugréa Hermione, Et maintenant, qu'est-ce que tu…
Elle n'eut pas le temps d'en dire plus que Ron les serrait tous les deux dans ses bras.
—C'est si terrible de vivre ici ? Demanda Harry.
—Non, mais vous me manquez énormément, j'avoue.
—J'ai pris ma cape !
—Parfait !
—Explique-nous un peu mieux, tu veux qu'on fasse des recherches sur Mal..Draco ?
Ron entreprit alors de leur expliquer le problème.
—Et donc, tu bases tout ça sur des soupçons ? Dit Hermione en fronçant les sourcils.
—Tu l'aurais vu en sortant de chez la psy…Et puis, en sixième, il en a fallu moins que ça pour le suspecter…
—Et j'avais raison ! Dit Harry avec une pointe de triomphe dans la voix, Mais est-ce que tu penses que cette fois aussi, on peut encore en apprendre sur lui ?
—Ben ouais, pourquoi ? Pourquoi ne pourrait-on plonger plus loin encore dans les profondeurs de Draco Malfoy ?
—Euh…
—Ne donne pas mauvais sens à mes paroles, Harry…même si c'est vrai…
—Quoi ?
—Est-ce bien correcte de l'espionner comme ça ? Coupa Hermione.
Les deux garçons la regardèrent avec un visage amusé.
—Ouais, d'accord ! Admit-elle, Le Polynectar c'était mon idée, mais je vous rappelle qu'on le soupçonnait d'être l'héritier de Serpentard et que nos vies étaient en danger ! Maintenant, il n'est plus notre ennemi, n'est-ce pas?
—Je me fais juste du soucis pour lui, Avoua Ron.
—Ooooh, c'est trop meugnon !
—Harry, tu veux un coup de pied au cul ?
—Hé hé…Alors, on y va ?
—Allons-y !
Harry jeta la cape sur les deux autres et sur lui-même. Ils disparurent, exceptés leurs pieds.
—On va devoir plier les genoux…j'arrive pas à croire que les Maraudeurs y tenaient à quatre !
—Je crois que seuls Papa et Sirius y…
—Taisez-vous, ils vont nous entendre !
En silence, ils se déplacèrent en tâchant de faire le moins de bruit. Hermione suggéra qu'il fallait aller dans le bureau de Lucius, certainement qu'ils y trouveraient un document ou l'autre qui mentionnerait le problème. A force d'avoir étudié le plan d'Alita, Ron parvint à les mener à bon port sans se perdre.
Lucius se trouvait justement dans son bureau, mais un coup de chance l'en fit sortir, un coup de chance sous forme de tabouret ensorcelé, marchant tout seul avec ses quatre pieds. Le grand blond se leva pour observer le phénomène, d'abord intrigué, puis sa face de marbre s'empourpra et il se précipita à la poursuite du meuble, manquant de renverser le trio au passage, mais leur laissant la voie libre.
—Qu'est-ce qu'il a, ce tabouret ? Fit Harry en émergeant de la cape.
—On dirait le résultat obtenu par quelqu'un tentant de faire de la magie n'importe comment, Dit Hermione.
Ron eut un rire nerveux.
—Oui, il s'en passa des drôles, ici…Mais, Harry, tu fais le guet ? Hermione et moi, on va fouiller…
Le binoclard se posta à l'entrée du bureau, épiant le retour de Lucius et les deux autres commencèrent leurs investigations.
—Tiens, au fait, maintenant que j'y pense, Dit Hermione, Tu ne lui a jamais dit, à Draco, pour le coup du Polynectar ?
—Non.
—C'est quand même gros. Alors que tu lui reproches de…
—Je ne lui ai pas dit, parce que c'est pas facile à placer dans une conversation. Par contre, je lui ai déjà dit d'autres trucs qu'on avait fait dans le dos de tout le monde…Par exemple, un jour, on parlait de voyages dans le temps, alors j'en ai profité pour parler de la fois où vous avez sauvé Sirius…il a vraiment pas apprécié que Buck soit toujours en vie…pas qu'il soit toujours de ce genre-là, mais il l'a mauvaise qu'on soit parvenus à l'empêcher d'avoir ce qu'il voulait…Tu trouves quelques chose, toi ?
—Pour l'instant, non…quoi que, je parie que ton père donnerait cher pour certains documents qui sont ici, il aurait largement de quoi mettre Lucius en prison, vu les magouilles et la contrebande d'objets moldus qui…
—Non, Dit Ron.
—Non ? Répétèrent les deux autres.
—Non, moi non plus je ne l'aime pas, ce type, mais Draco est quand même attaché à lui et…d'accord, ce que je suis entrain de faire n'est pas très moral, mais il y a des limites!
—Encore une fois, tu es trop meugnon avec ton pitit blond d'amuuur !
—Mais t'as fini, oui, Tonton Méduse?
—Gnégnégné !
—Chuuut, les garçons !
—Qu'est-ce que vous faites là ? Demanda une petite voix aigrelette.
Silence. Ils baissèrent les yeux sur l'Elfe de Maison. Dianna fit aller son regard étonné sur Harry et Hermione, les lorgnant d'un air suspect, et puis sur Ron.
—Que faites-vous dans le bureau de Maître Lucius ?
Hermione parvint à réagir et s'orna d'un grand sourire nerveux:
—Bonjour, chère madame…mademoiselle ? Avez-vous déjà entendu parler de la S.A.L.E. ? Je suis Hermione Granger et je représente cette association qui a pour but de prendre votre défense !
Elle s'avança vers Dianna et s'agenouilla devant elle, lui tendant un badge sorti de sa poche. L'Elfe la regardait d'un air incrédule.
—Le manque d'information des Elfes sur leurs droits est mon pire obstacle, jusqu'ici ! Souffla Hermione aux garçons.
Pendant qu'elles discutaient, Harry avisa un parchemin qui dépassait de sous le set protégeant le bureau et le désigna à Ron d'un signe de tête. Le rouquin s'en saisit et ils le regardèrent ensembles.
« Rapport sur le cas de D. Malfoy, par le Dr C. Hélium » indiquait le titre.
Ron eut juste le temps de se dire que le Dr C. Hélium pouvait lui aussi être un Psychomage qu'il dut interrompre sa lecture, car le sujet d'étude était entré dans le bureau et les toisait à présent.
—Mais…qu'est-ce que vous faites ici ? S'écria Draco.
Hermione se releva et tous trois regardèrent le blond interdits. L'Elfe fila avec le badge pour se cacher derrière Draco.
—Héhé, ciel, mon mari…Fit Ron, la mâchoire bloquée dans un sourire de gêne.
—Tu as laissé Alita jouer avec ta baguette !
Hermione se tourna vers Ron avec un air outragé, la bouche grande ouverte d'indignation.
—Fallait bien une diversion, Murmura-t-il comme excuse.
— C'est complètement irresponsable! Ça fait un quart d'heure qu'elle essaye de donner vie à ses personnages de manga en tapotant la baguette sur les pages !
—Et ça marche ?
—Bien sûr que non. En revanche, elle a déclenché quelques phénomènes assez intrigants sans le faire exprès…
—Le tabouret qui marche ? Dit timidement Harry.
—Non seulement le tabouret marche, mais la théière à pondu des œufs et ma mère a failli être dévorée vivante par le sofa ! Et je ne parle même pas du cochon ailé qui se promène autour du lustre…
—Elle est étonnante, hein ?
—Qu'est-ce que ces deux-là font ici ? Reprit Draco.
Comme Ron ne répondait pas, il vit le dossier que celui-ci tenait en main.
—C'est quoi ç…
Il stoppa, et à son regard, on voyait qu'il avait deviné de quoi il s'agissait. Il blêmit.
—Tu…tu l'as lu ?
—Non, mais je vais le faire ! Dit Ron.
—Donne-le-moi alors, pas question que tu saches ce qu'il y a dedans !
Draco tendit la main, mais Ron plaça le dossier au-dessus de lui, profitant de sa grande taille pour le mettre hors d'atteinte du blond qui se mit à sautiller. Draco tenta d'escalader Ron, qui ne manqua d'éprouver quelques frissons à ce contacte.
—Désolé, mais je veux savoir ! Dit le rouquin en se hissant sur le bureau pour s'y mettre debout, surplombant alors Draco de deux mètres.
—Je ne peux pas te laisser faire ça ! Cria le blond en montant à son tour.
—Attention…Gémit Hermione en voyant un encrier près de se faire renverser.
Ron et Draco continuèrent à se battre pour le parchemin, tout en se houspillant oralement, jusqu'à ce que Draco fasse reculer Ron jusqu'à la fin du bureau et ils tombèrent tous les deux à la renverse sur le fauteuil dans un fracas.
—Vous allez casser quelque chose ! Dit Hermione.
—Ils ont déjà cassé mes oreilles! Dit Harry.
Ron se releva en premier, brandissant fièrement le dossier alors que Draco s'accrochait à lui pour l'empêcher d'avancer, lui enserrant le torse de ses bras.
—Harry, la passe !
—Je t'en prie, non ! Geignit Draco.
Harry avait placé ses mains devant lui, prêt à réceptionner le dossier, mais Ron ne le lança pas.
—Pourquoi tu t'entêtes avec ça ? Poursuivit Draco, Je ne veux pas que tu t'en mêles !
Ron baissa son bras et Draco se releva complètement, tous deux un peu calmés.
—Pourquoi tu me caches ça ? Répliqua le roux, Je veux juste savoir…
—C'est mieux que tu ne le saches pas et que tout le monde oublie ça…crois-moi, c'est ce qu'il y a de mieux à faire, sinon, on va partir dans une série de prises de tête inutiles qui n'en finiront plus et nous empoisonneront la vie sans arrêt…
—Je suis trop curieux…
—S'il te plait…
Draco fit des yeux suppliants, et devant les regards interloqués de Harry et d'Hermione, Ron capitula.
—D'accord, Dit-il en lui tendant le dossier, Mais j'ai beaucoup de peine que tu ne veuilles rien me dire. Il y a quelque chose qui te taraude, et ton père y est lié, et chaque fois que je te vois troublé à cause de ça, j'ai de la peine pour toi.
—Pourquoi mon père devrait y être pour quelque chose ? Se buta Draco.
—Et bien…euh…
—Vous avez tous les trois des a priori très négatifs envers lui, mais il n'est pas si méchant que ça !
—T'as vu comment il me traite ?
—Oui, certes, il a du mal à te supporter, mais ça ne fait pas de lui une personne foncièrement mauvaise.
—Il en est toujours à ses vieilles idées sur ma famille et sur la pureté du sang ! Et puis, je crois bien qu'il te fais du mal à toi aussi, mais de manière plus insidieuse !
—Et pourquoi ça ?
Harry et Hermione n'osaient parler, toujours étonnés que Ron ait cédé.
—C'est toi qui m'a dit qu'il ne t'avait jamais serré dans ses bras…et ce que j'ai pu observer de lui depuis que je suis ici, c'est que c'est un très mauvais père ! Il fait toujours passer l'image de la famille Malfoy avant tes intérêts en tant qu'individu…moi, on ne m'a pas élevé comme ça !
—Ben justement ! De quel droit ta famille serait meilleure que la mienne ? Vous vous dites tolérants, mais vous n'avez même pas l'esprit ouvert à nos valeurs, qui sont différentes des vôtres ! Mon père a ses défauts, c'est sûr, mais tout ce qu'il a fait, c'est pour moi et ma mère, alors oui, ce n'est pas comme chez vous, mais ça se vaut, non ? Tout est relatif !
Ron baissa les yeux, Draco ramena le dossier contre lui et le serra jalousement.
—Dianna…Murmura-t-il, Si tu dis quoi que ce soit à propos de ceci, tu recevras un vêtement. Et maintenant, ouste !
L'Elfe prit peur et s'en alla sans demander son reste.
—Vous aussi, vous devriez partir, Ajouta-t-il à l'adresse des deux bruns, Ron aura de sérieux ennuis, si on vous voit ici…
Il adressa un dernier regard au rouquin et tourna les talons. Ses pas résonnèrent dans le couloir tandis qu'il s'éloignait.
—Le Ron Weasley que je connais n'aurais jamais rendu ce dossier à un Malfoy, Dit Harry.
—Et il ne se serait pas non plus laissé faire, Ajouta Hermione.
—Et bien, ce Ron-là est mort, pleurez à son enterrement et profitez hypocritement des petits fours du funérarium, mais il appartient au passé!
—Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu es malade ?
—Si tu considères l'amour comme une maladie, oui.
Ron se laissa tomber dans le fauteuil derrière lui alors que les deux autres le dévisageaient.
—Et oui, vous avez bien entendu : ça y est ! Du moins en ce qui me concerne. Lui, je ne suis pas sûr…
—Que tu l'aimes ne signifie pas que tu ne peux pas le remettre à sa place, Dit doucement Hermione.
—Je n'en suis pas encore là…Je suis désolé de vous avoir fait perdre votre temps, les gars.
—Oh, mais tout n'est pas perdu !
—Ah oui ?
—Oui: Dianna a gardé le badge que je lui ai donné ! Triompha Hermione.
(1) L'enseignement secondaire espagnol est quasi le même qu'en France, donc, six ans en tout, mais commence à 12 ans, alors qu'à Poudlard, ça commence à 11 ans et ça prend sept ans. Et puis, Hal est né en 1979 et n'a pas eu à recommencer sa dernière année à cause de Lord Face-de-Serpent-Radioactif, donc ça fait deux ans qu'il a terminé ses études. Voilà pour le petit calcul.
Je parie que vous allez encore dire que je suis cruelle parce que je coupe maintenant. Que voulez-vous...
Je rappelle qu'on peut poser des questions aux OC.
