Titre : Serpentard & Serpentine
Genre : Slash, Romance, Post Poudlard, Drama, Angst.
Rating : M
Disclamer : Les personnages ainsi que les lieux ne m'appartiennent pas ; ils sont la propriété de J.K Rowling.
Bêta : Kaori Shou'
Note de l'auteur : Surprise ! Et non, je ne suis pas morte x) Je vous ai concocté un petite chapitre bien sympathique avec un lemon et des souvenirs... Des réponses ! Des explications ! xDDD
Enjoy ! \(n.n)/
Chapitre 24
Mémoire & Souvenirs
« Qu'est-ce que tu prends ? »
Draco regarda Ron à travers le reflet du miroir puis déposa sa boite de comprimés sur le rebord du lavabo. D'un geste mécanique, il ouvrit le robinet et trempa ses mains.
« Des pilules pour la mémoire. »
« Je savais pas que tu prenais des médicaments… »
« C'est normal. C'est récent. » Draco éteignit l'arrivée d'eau et se sécha lentement les mains.
Ron se tenait dans l'entrebâillement de la porte, adossé au mur de la petite salle de bain. Cela faisait maintenant quelques heures qu'ils avaient quitté l'enceinte de l'hôpital pour les murs anciens et poussiéreux du Square Grimmaurd. L'auror avait décidé de ne pas revenir à Plymouth. En tout cas pas maintenant. Le divorce était encore trop frais dans sa tête. La distance lui avait alors semblé être la meilleure des solutions. Il n'avait parlé à personne de sa volonté de divorcer. Pas même à Harry. Ou Draco. Il n'avait même pas trouvé un avocat ni commencé la procédure. Pourtant, cette idée, elle était née en voyant Luna marcher dans l'allé de pissenlits et de roses jaunes. Ce jour-là, Ron avait vu une femme amoureuse et heureuse. Un peu folle, un peu dérangée certes, mais heureuse.
Cela faisait plusieurs mois que cette lueur avait disparu des yeux d'Hermione. Ce pétillement qui illuminait ses orbes noisette s'était éteint. C'est à cet instant-là qu'il en avait pris conscience. C'est à ce moment qu'il s'en était rendu compte.
Il voulait retrouver cet éclat dans les yeux d'Hermione. Il voulait la voir heureuse et comblée. Et Ron savait que ce bonheur, cette vie qui lui revenait de droit devait se faire sans lui. C'est pour ça, qu'il devait divorcer. Il faisait ça pour son bien.
Il essayait désespérément de s'en convaincre.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
La voix de Draco le sortit brutalement de sa torpeur et le ramena au présent. Le blond le fixait d'un regard soucieux.
« Rien. », assura l'ancien Gryffondor. Gêné, il passa une main dans ses cheveux puis les ébouriffa énergiquement. « Je suis un peu ailleurs en ce moment. »
« Donc, », continua-t-il, « tu prends des pilules… et ça t'aide à retrouver tes souvenirs ? »,
Draco le fixa étrangement pendant quelques secondes avant de hocher négativement la tête et de lui répondre. « Non, plutôt pour le mal de crâne et les problèmes liés à l'amnésie. »
« Des problèmes ? »
« Rien de bien grave, rassure-toi. »
« Et c'est qui qui te l'a donné ? », le questionna l'auror en lisant l'étiquette du flacon. « Les médicomages ? »
« Non, c'est Severus »
« Oh. »
Draco lui reprit des mains le médicament et le rangea dans le meuble au dessus de l'évier. « Et toi ? »
« Hein ? »
« Tes blessures », répliqua le blond en ancrant ses yeux dans ceux de l'autre. « Elles te font encore mal ? »
L'auror posa une main sur son T-shirt, à l'emplacement de l'entaille. « Non, plus vraiment… Ca me pique un peu. C'est tout. »
« Fais-voir ? »
« Draco, je t'ai dit que j'avais rien. »
« Montre quand même. », demanda-t-il en lui soulevant déjà son T-shirt.
Soupirant, Ron releva son vêtement avec réticence et dévoila sa blessure. Sur son ventre, la marque rouge sanglante qui l'avait tant effrayé quelques jours auparavant n'était plus qu'une fine cicatrice légèrement boursouflée. Elle n'était pas jolie et enlaidissait son corps mais elle ne semblait plus si dangereuse.
« Le médicomage t'a pas donné un baume pour accélérer la cicatrisation ? »
L'auror hocha négativement la tête. Il lui avait simplement demandé de passer le voir dans deux semaines. De ses doigts, Draco traça le contour de la blessure, l'enfleurant à peine comme s'il inspectait une pierre précieuse. Puis ses mains abandonnèrent rapidement son corps et bientôt, il ne fut plus dans la salle de bain. Il venait de filer dans la chambre.
« Severus m'a donné une pommade pour toi, à midi… », déclara-t-il alors que sa tête était enfouie dans l'armoire. « Je vais t'en mettre. Enlève ton T-shirt et allonge-toi sur le dos. »
Ron ne pensa même pas à discuter. Il se contenta d'ôter son vêtement et de s'étendre sur les yeux n'eurent pas le temps de se fermer que déjà deux mains agiles s'affairaient sur ses blessures. Le baume sentait la menthe et la camomille. Le mélange n'était pas des plus raffinés mais l'odeur n'agressait pas ses narines.
« Tu verras, ça te fera du bien. », affirma le blond à voix basse alors qu'il massait la peau dans de lents gestes circulaires. Draco était doux et consciencieux ses mains n'étaient que caresses et voluptés… Ron avait fermé les paupières afin de profiter de chaque seconde, de chaque tendresse. Enfumé dans une sorte de sphère en édredon, l'esprit du roux était charmé par l'essence naturelle du baume et la douceur des frôlements. C'est tout naturellement que sa langue se délia.
« Hermione est venue me voir plusieurs fois pendant que j'étais à l'hôpital… »
Les mains du blond continuaient à masser sa peau. Il n'émit aucun son : l'ancien Gryffondor prit son silence pour un accord et poursuivit :
« Chaque jour elle venait… Elle mettait son parfum – tu sais, celui qui remonte à la tête – et puis elle apportait toujours des choses avec elles. Des magasines, des livres... Des sucreries… Elle ne savait pas trop quoi prendre, alors elle ramenait souvent un gros sac… » Ces souvenirs firent naître un petit sourire aux bords de ses lèvres. « La première fois qu'elle a vu mon, œil, elle en a pleuré. Elle attendait avec ma mère, ce jour-là. Elle est partie en courant, la main sur la gorge. » Les doigts de Draco s'étaient arrêtés. Ron sentait son regard fixé sur son visage mais refusa de rencontrer les iris argentés. « J'ai vraiment cru que c'était la fin. Sur le coup, je m'en suis réjoui. J'avais même pas à parler avec elle : elle s'était enfuie. Mais le lendemain, elle était là, avec son parfum entêtant et son sac de bouquins. »
« On parlait pas.. », continua l'auror en fermant les yeux lorsque l'ancien Serpentard reprit ses caresses. « Enfin du moins, elle, elle parlait. Moi je me taisais… j'espérais lâchement, qu'à force de l'ignorer, elle finirait par partir… Mais elle continuait à venir, tous les jours… Et plus les jours passaient, plus je me sentais mal. Alors j'ai fini par lui dire… »
Le roux, cette fois-ci, ouvrit les yeux et ancra son œil valide dans ceux de l'autre.
« Hier matin, quelques heures avant votre visite, j'ai… j'ai demandé le divorce. »
Ron n'avait pas encore finit sa phrase qu'il inspectait déjà la moindre parcelle de peau, le moindre plissement de paupières de son amant. Il l'attendit, cette réaction mais rien ne vint. Il en a peut être simplement rien à foutre…Et l'effet fut plus terrible qu'une douche froide. Son corps était raide lorsqu'il s'assit sur le matelas son œil, presque mort. Ron essaya de formuler une pauvre excuse mais ce ne fut que des bégaiements qui sortirent. Honteux et blessé, il s'apprêtait à se lever pour quitter la chambre quand la main de Malfoy se saisit de son poignet et le tira à lui, l'envoyant valser contre le matelas.
Ron ouvrit la bouche pour gueuler mais les mots s'étranglèrent dans sa gorge. Le roux ne lui avait jamais connu une telle expression. Les yeux de de Draco, assombris par le désir s'étaient imprégnés de cette lueur prédatrice, affamée et malicieuse. C'est à ce moment-là, que l'auror remarqua les mouvements frénétiques de ses doigts agiles. Ses mains n'étaient plus dotées d'ongles mais de griffes qui malmenaient lentement la peau sensible de son torse.
Ce Draco-là, Ron ne le connaissait pas. Mais il avait bien envie de le découvrir.
Quand la bouche du blond emprisonna l'un de ses grains de chair entre ses lèvres, l'auror ne put que fermer ses beaux yeux bleus et laisser le désir lentement le consumer. Ron n'avait pas l'habitude de ce genre d'attention. Hermione l'avait fait quelque fois… Embrasser son torse ou le creux de ses reins lécher la peau pour en savourer le parfum… Mais…
Ca n'avait jamais été aussi intense.
Le corps de l'ancien Gryffondor se tendit lorsque les dents de son amant mordillèrent gentiment son téton droit.
« Putain, Draco… »
A ses gémissements, le blond releva la tête et après s'être pourléché les lèvres, vint lui voler un baiser.
« T'aime pas ? », lui demanda-t-il en suivant la ligne de ses mâchoires. « Tu veux que j'arrête ? »
Les joues rouges, Ron secoua négativement avant de détourner le regard et baisser les yeux.
« Non… C-c'est juste que j'ai pas – je sais pas… J'ai pas l'habitude de rester… »
« Passif ? », proposa Draco en léchant sa clavicule. Les mains du blond venaient de se déposer sur ses hanches et massaient dans de longs gestes sensuels le creux de ses reins. « T'as tellement l'habitude de donner que t'en as oublier ce que ça faisait de recevoir… » Les paroles de l'ancien Serpentard se turent lorsqu'il décida de lui enfouir sa langue au plus profond de sa gorge. Cette fois-ci, Ron ne se battit pas sa langue se fit soumise. Elle se laissait cajoler et charmer par cette autre perfide et fine qui savait si bien envouter ses sens. L'auror était tellement pris par le baiser qu'il ne sentit pas les mains de son partenaire descendre lentement jusqu'à ses reins et défaire sa ceinture. Ron avait fermé les yeux et profitait de chaque sensation, de chaque caresse… de chaque coup de langue. Quand il ouvrit les yeux, sa verge se dressait, gonflée et tendue entre ses cuisses. Pas une seule fois, Draco ne l'avait touché à cet endroit et il était là, les jambes écartées et le souffle court, à bander jusqu'au ciel.
« Touche-moi. », murmura le blond en amenant l'une de ses mains contre sa propre érection emprisonnée dans son jean. « Touche-moi comme je te touche. » En disant ces mots, Malfoy avait saisi sa hampe et commençait à administrer de rapides mouvements de va-et-vient.
C'était la première fois qu'ils parlaient pendant le sexe. La première fois que Ron entendait sa voix alors qu'il faisait l'amour. Et ces mots étaient autoritaires. Un frisson incontrôlable naquit soudainement à la naissance de sa nuque et dévala son dos.
« Touche-moi, Ron »
Sans vraiment réfléchir, ses mains obéirent et allèrent s'enfouir dans le jean de son amant. Il perdait le contrôle et ça lui faisait peur.
Les frictions que Draco lui prodiguait, se faisaient de plus en plus fortes. Leurs souffles erratiques s'entremêlaient leurs verges dévoilées s'entrechoquaient. Le plaisir était grandissant et Ron fut bientôt contraint de fermer les yeux. Il se sentait venir.
« D-Draco, je – je vais… »
Mais l'ancien Gryffondor n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà il se déversait sur le ventre du blond. « Bordel ! », jura-t-il en serrant les dents. Son corps étrangement tremblait.
Après quelques secondes où il s'obligea à reprendre le contrôle de son souffle, l'auror ouvrit ses orbes profonds. Ce qu'il vit le fit frissonner.
Draco était nu, au dessus de lui, son pénis fièrement dressé entre ses jambes écartées. Assis sur ses genoux et les fesses relevées, les doigts du blond s'activaient fiévreusement à l'intérieur de son anus.
« D-Draco ? Q-Que ce que tu fais ? », bégaya le roux en tentant vainement de se relever. Mais il fut brusquement maintenu sur le matelas par deux mains qui semblaient animées d'une force inconnue.
« Ne bouge pas ! », grogna le blond en appuyant d'avantage sur ses épaules. « Tu vas rouvrir tes blessures ! » Surpris par l'éclat de voix, Ron obtempéra et laissa ses épaules se détendre dans le matelas. C'est à ce moment qu'il remarqua. Sur le visage fin mais masculin de sa Némésis se dessinaient des plis. Ils apparaissaient au coin de ses lèvres, dans le creux de ses paupières et venaient même froisser son nez aquilin. Il y avait de la colère dans ses yeux… Mais Ron savait en cet instant qu'il n'en était pas le destinataire. Ces perles argentées fixaient l'entaille qui traversait son ventre. L'auror pouvait presque entendre les injures que son amant vociférait dans sa tête.
« Draco, elles ne vont pas s'ouvrir. », murmura l'auror tendrement en levant ses mains pour attraper son visage. « Elles ont quasiment eu le temps de cicatriser. »
« Permet-moi de douter de la fiabilité des paroles d'un Weasley. », répliqua sèchement l'ancien Serpentard.
Ron se contenta de lui répondre par un sourire. Il y avait à cet instant précis, une chaleur diffuse qui se dispersait dans son cœur et nourrissait goulument ses sentiments. C'était bon, ce retour d'affection après tous ces efforts. L'envie de l'embrasser fut à ce moment-là plus forte que jamais. Il avait envie de baiser ces lèvres chaudes et sucrées de dévorer cette bouche et de l'engloutir. Mais l'auror n'eut pas ce plaisir car Draco s'employait déjà à appliquer une multitude de baisers sur sa nuque et la ligne de ses mâchoires. Le roux ferma les yeux. Il sourit ce salaud…
Les paupières closes, l'ancien Gryffondor abandonna sa vision pour affuter ses autres sens. Ron ne voyait plus mais il sentait. Il sentait les mains du blond courir le long de son torse. Il touchait son souffle qui caressait doucement ses lèvres. Et puis soudainement, il ouvrit brusquement les yeux.
« Bordel ! », siffla-t-il en s'arquant violement.
Draco venait de s'empaler sur lui. D'un coup.
Le ricanement du blond résonna perfidement dans l'obscurité.
« Espèce de connard… », grogna l'auror en agrippant ses hanches avec désespoir.
Leurs lèvres se scellèrent une dernière fois avant que l'ancien Serpentard ne commence sa danse tribale. Draco prit appui sur son ventre et leva ses hanches. Son pénis était quasiment sorti lorsqu'il se laissa à nouveau tomber sur sa verge. Les sensations étaient douloureusement exquises. Draco allait et venait sur son sexe avec frénésie. Il l'engloutissait dans son étau de chair et à chaque fois, Ron avait l'impression de toujours s'enfoncer plus loin.
L'auror avait fermé les yeux parce que les sensations étaient trop fortes. Les coups étaient de plus en plus durs, profonds et brutaux et bientôt, Ron sentit son corps se tendre sous le plaisir. Quelques secondes plus tard, il se déversait au plus profond de son amant. Draco ne manqua pas de le suivre.
Le blond tomba sur lui, le souffle court et après s'être retiré, alla chercher ses lèvres. Le baiser fut doux et tendre. Leurs langues s'enlaçaient amoureusement l'une contre l'autre avec lenteur.
Quand leur oxygène s'essouffla, leurs bouches se séparèrent. Et sans ouvrir les paupières, Ron eut soudainement peur.
Il ne savait pas d'où elle venait. Il ne savait pas ce qui en était la cause et pourtant… Elle faisait trembler ses mains et sa gorge.
« Ron regarde moi… », entendit-il soudainement résonner au creux de ses oreilles. « Regarde-moi, s'il te plait. »
L'ancien Gryffondor n'avait cependant pas envie d'ouvrir les yeux. Il eut même l'idée puéril de les froncer de clore ses paupières jusqu'à ce qu'elles se fondent l'une dans l'autre pour ne plus jamais les ouvrir. Mais Draco avait enlacé leurs doigts et les frottaient doucement contre sa propre poitrine… Ron pouvait y sentir les battements de son cœur.
Alors doucement, l'auror obéit et fixa ses orbes saphirs dans les deux orages de son amant. Draco avait le visage rougi et un sourire tendre aux lèvres.
« Tout ira bien, Ron. Je te le promets. »
A ce moment-là, Ron savait que Draco ne parlait pas du procès.
XxXxXxX
Draco se tenait dans la véranda à l'orée de la lune. Il la trouvait toujours aussi fascinante. Enveloppé prudemment dans un voile, l'astre semblait dissimuler sous sa pâleur les secrets de l'Univers. La lune était imparfaite, et cette absence de perfection la rendait à l'écoute des Hommes.
Draco aimait vraiment la lune. Il aimait les nuits plus que les jours, préférant l'absence de lumière aux rayons du soleil. Mais en appréciant les délicieuses crevasses de l'astre, les évènements de cette nuit-là lui revinrent peu à peu. Inconsciemment, l'ancien Serpentard porta ses doigts aux tracés de ses côtes puis la courbe de sa cuisse. Sous la pulpe de ses doigts, il sentit le renflement d'une cicatrice. Elle était discrète. Draco jeta un petit coup d'œil au corps nu allongé entre les draps du lit. Ron ne l'avait d'ailleurs jamais remarquée. Tout avait commencé ce jour-là… Ou alors étais-ce jour-là que tout s'était fini ? Draco n'aurait pu le dire. Mais cette nuit-là était ancrée au plus profond de son être, inscrit dans sa chair. Elle avait su dépasser le système mémoriel. Parce qu'il s'en était souvenu de ces heures… Il s'en était souvenu alors qu'on lui avait pris sa mémoire.
.
.
C'était fini. Voldemort était tombé. Potter avait gagné. De là où il était caché, derrière une colonne, Draco avait vu la lumière verte frapper Voldemort en pleine poitrine. Si l'Aveda Kadevra ne l'avait pas tué, la déflagration de l'impact avait fait voler le Lord Noir jusqu'à l'orée de la forêt. Son corps était venu s'embrocher dans les branches d'un sapin. Comme la plus part des personnes alors présentes sur le champ de bataille, Malfoy regarda avec stupéfaction le cadavre bercé par la brise de celui qui fut pendant quelques mois son maître.
Le monde s'était tu. Draco aussi.
L'ancien Serpentard n'avait jamais connu un tel silence. Mais cela semblait être le seul moyen, pour les combattants de la Lumière de condamner l'indicible.
Le blond savait pourtant qu'il ne s'était pas éternisé. Leurs clameurs avaient percé le ciel quelques instants plus tard mais le jeune homme n'avait pas été là pour les entendre. Lorsque sa marque s'était mise à brûler, Draco avait quitté le champ de bataille en transplannant.
Il était arrivé au manoir familial quelques secondes plus tard, la tête vide et le cœur aux aboies. Ses jambes ne le portaient plus. Elles étaient fragiles et flageolantes… Mais elles courraient elles fuyaient aussi vite que sa peur.
« Mindy ! », appela-t-il en franchissant la porte d'entrée. « Mindy ! »
Draco était déjà en haut des escaliers lorsque l'elfe de maison apparut dans le hall d'entrée. « Oui, Jeune Maître Monsieur ? Jeune Maître ? »
« Dans ma chambre idiote ! » Le jeune homme s'était précipité dans ses appartements où il avait ouvert ses armoires et les vidaient maintenant avec hâte.
« Maître, Monsieur, q-que f-faîtes v-ous ? »
«Va dans le coffre dans la salle des tableaux et prends les papiers qui sont dedans. » Draco attrapa un sac sans fond et le balança sur son lit avec le reste de ses vêtements. « Qu'est-ce que tu fais encore là ? », hurla-t-il en voyant Mindy encore dans sa chambre. «Espèce d'incapable ! Va faire ce que je t'ai dit ! MAINTENANT ! »
L'elfe de maison couina et disparut sans demander son reste. Ses gestes étaient de plus en plus secs au fur et mesure qu'il entassait les vêtements au fond du sac. Sa colère lui faisait voir rouge. Et ce sentiment… Ce sentiment si amer qui lui serrait la gorge et lui montait aux yeux…
« Bordel ! », jura-t-il en balançant son sac contre le mur. « BORDEL ! » C'était pas possible ! Cela ne pouvait pas être vrai ! Il était le Lord Noir… Il n'avait pas pu perdre. Il ne pouvait pas mourir… « Il est immortel, putain. » Draco sentit l'eau envahir ses paupières. « Potter n'a pas pu le vaincre… C'est impossible ! »
Il allait tout perdre. On allait tout lui prendre. Jusqu'au dernier bijou. Il allaient tout emporter, ces enculés ! Tout ! Jusqu'à sa liberté.
Mais Malfoy n'allait pas se laisser faire.
« Jeune Maître ? Monsieur ? »
L'ancien Serpentard essuya ses larmes traitresses et recomposa son masque froid avant de se retourner. « Tu as les papiers ? »
« Oui, Jeune Maître. Mindy a fait ce que vous lui avez demandé. »
« Je ne demande pas ! », cracha le blond en s'arrachant les papiers des mains de l'elfe. « J'ordonne, Mindy. J'ordonne. Les autres obéissent. »
« Oui, Maître. »
« Disparaît, maintenant. »
Sans attendre, Mindy s'éclipsa, laissant le Mangemort dans ses réflexions. Les yeux de Draco n'avaient pas quitté un seul instant les documents aux creux de ses mains. Dans un carnet rouge, où le lion et la licorne embrassaient la couronne, se trouvait son visage.
Draco Malfoy n'existait plus désormais. Arthur De Callandre était né.
L'ancien Serpentard avait du sang sur les mains et la mort sur son bras. Voldemort était tombé et il lui fallait maintenant quitter le pays. Quand le monde reprendra ses esprits, les visages libérés des Lumières prendront l'apparence hideuse de la vengeance. Et ils seront alors tous traqués. Draco, lui, voulait continuer à vivre. Il voulait continuer à jouir des rayons du soleil et de la douceur de la vie.
C'est pour cela que, quelques minutes plus tard, malgré la pluie diluvienne qui s'abattait fortement sur l'Angleterre, Draco Malfoy quitta à jamais son manoir, sa famille, ses amis et ses terres. Vêtu d'un vêtement sombre et d'une casquette un peu vieillotte, l'ancien Serpentard s'enfonça dans la forêt qui bordait sa propriété. A ce moment là, le blond n'avait plus qu'une seule obsession en tête: atteindre le Sud, quitter l'Angleterre et rejoindre la France.
Malfoy avait vu juste, en fuyant ce jour là. Après la défaite de Voldemort, la population et les autorités s'étaient lancées dans une chasse aux Mangemorts. On descendait dans les rues, fourches et baguettes en main.
Et on tuait, massacrait, torturait…
Draco avait souvent l'impression d'être revenu à l'époque de l'empereur romain, Trajan, où les sorciers alors connu sous le nom de druide, encourageaient le massacre des chrétiens qui voulaient alors leurs morts. La chasse aux marqués était devenu populaire en Angleterre les Aurors étaient d'ailleurs concurrencés par des chasseurs de primes, de plus en plus nombreux.
Il était devenu urgent pour Malfoy de quitter le pays mais malheureusement pour lui, au lendemain de la Grande Guerre, le ministère avait posté des aurors aux entrées des aéroports et des zones transplannages. Quitter le pays devint vite un rêve et le blond fut rapidement contraint de se cacher dans le monde moldu. Pendant presque sept mois, Draco erra de village, en village, se nourrissant avec l'argent que lui avait rapporté la vente pierres et des broderies précieuses de ses vêtements. Le premier vendredi d'août, Malfoy avait enfin réussi à obtenir une place dans un bateau de transit qui devait l'amener à Calais. Cela faisait maintenant deux semaines qu'il se cachait dans une grotte, au milieu d'un bois à un kilomètre du village de Pluckley, dans le Kent. Draco savait que la liberté était proche. Ce jour là, le blond était allé en ville, aux petits magasins du coin pour troquer son dernier bijou contre une petite valise et quelques vêtements. En quittant le petit village, l'ancien Serpentard n'avait pas vu qu'une femme le suivait à distance.
Elle avait surgit dans son dos alors que le soleil descendait lentement dans les vallées. Il n'avait rien vu rien entendu. Il avait juste senti une douleur dans la nuque et sa vision s'était soudainement troublée. Son corps à moitié conscient s'était fait tiré sur une centaine de mètre avant de se faire violement battre au sol puis jeter dans les ronces. Il avait ensuite entendu la voix de son agresseur et son sang s'était figé.
« C'est fini, sale pourriture ! »
Draco se souvint avoir ouvert les yeux à ce moment là. Malgré la pénombre et la faible lumière d'un feu, les flammes étaient assez hautes pour éclairer le visage haineux de son agresseur.
Ces cheveux bruns, ces yeux noirs qu'il n'avait connu que remplis de larmes et d'horreur, et cette blessure à la lèvre supérieure.
C'était la femme au bébé.
« Gwendoline Peterson. », murmura l'ancien Serpentard en remémorant cette nuit du 21 mars…
Draco avait reçu la marque dans le courant de sa sixième année. Rapidement immergé dans la politique de violence du Lord Noir, il avait dû exécuter quelques missions dès qu'il se libérait de l'autorité de l'école. Le 21 mars, Draco et quelques autres Mangemorts fraichement initiés, s'étaient retrouvés dans l'arrière boutique des Trois Balais où le nouveau compagnon de Madame Rosmerta les attendait. Cet homme, Frank Dejniov, était en fait l'un des proches du directeur de Durmstrang qui affichait depuis quelques années son allégeance à Voldemort. Il avait donc été très simple de duper les têtes réduites qui surveillaient l'entrée. Les quatre jeunes hommes avaient reçu ce soir-là un porte-au-loin qui les avait amené sur le perron d'une maison du village sorcier de Middlesbrough. Cette résidence était habitée par la famille Peterson, des politiciens sorciers pro-moldu dont la politique ouverte agaçait profondément leur Lord. Gwendoline Peterson était le membre le plus actif de ce groupe et pour stopper la progression de son électorat et de son mouvement, Voldemort avait décidé de tuer toute sa famille.
Sauf elle.
Gwendoline n'était pas là lorsque les trois hommes avaient forcé la porte de l'entrée. Steve et Paul, les deux adolescents qui l'accompagnaient, s'étaient chargé de tuer le mari. Draco, quand à lui, avait dû s'occuper du bébé de quatre mois. L'enfant dormait lorsqu'il était entré dans sa chambre. Enveloppé dans une couverture blanche, il serrait dans ses petites mains une peluche qu'il tenait porté à sa bouche. Draco avait fait ça, la tête froide et le cœur gelé. Pourtant, lorsque le sort vert courrait l'air, le bébé s'était éveillé, et l'avait fixé.
Quand son cœur s'était arrêté de battre, ses yeux le regardaient toujours. Grand ouvert, même par delà la mort, l'enfant l'avait jugé et condamné. Le bébé était la colombe que le Draco amnésique avec écrasé avec une pierre.
Draco n'avait cependant pas eu le temps de sentir le remord, Gwendoline Peterson venait de débouler dans la chambre de son fils, la rage folle aux lèvres un couteau à la main. Elle avait essayé de le poignarder mais Malfoy, grâce à ses reflexes avait retourné l'arme contre elle et lui avait entaillé la lèvre.
Cette blessure… C'était grâce à elle que Draco l'avait reconnu.
L'ancien Serpentard fut soudainement ramené au présent lorsqu'il sentit une douleur insupportable l'envahir. Gwendoline venait de lui enfoncer son talon dans les côtés. Mais étrangement, le blond dans sa souffrance s'obligea à retenir ses cris.
Il ne voulait pas donner ce plaisir à cette pute. Il mourrait dans le silence.
Mais sa retenu ne sembla pas plaire à Peterson qui planta violement son talon dans sa main, transperçant sa chair.
« Monsieur veut jouer les gros durs ? Et bien Madame va lui montrer. », ricana-t-elle d'une voix faussement aigue.
Draco, la tête à moitié enfoncé dans la terre, la vit sortir une sorte de tube argenté qui reluisait sous les rayons lunaires.
« Tu vois, mon ange, ceci est un revolver. Une invention moldue trèèèès pratique. »
Gwendoline fit soudainement volte-face et sans prévenir lui tira dans sa cuisse droite.
La douleur fut trop intense.
Insoutenable.
Draco ne pensa même pas à retenir ses cris.
« Ça fait mal, hein ? » l'entendit-il demander, doucement sur un ton presque maternel.
Comme pour contredire la douceur de sa voix, la femme lui prit violement les cheveux et tira sa tête en arrière.
« Mais ce n'est absolument rien comparé à la douleur que je ressens ! » rugit-elle. Elle le cogna furieusement contre le sol et s'éloigna de quelques pas. Puis en pointant l'engin sur sa tête, elle ajouta :
« Tu verras, tu n'auras même pas le temps de crier. »
La femme enleva le cran de sureté.
« Une dernière chose. Évite de pourrir longtemps. J'aime bien cette forêt. Ça m'énerverait d'être dérangée par une odeur. »
Et elle appuya sur la détente.
Draco ferma les yeux.
Mais rien de vint. Il entendit juste le bruit d'un corps chuter à côté de lui. Ce n'était pas le sien.
Quand il ouvrit les yeux, se fut pour tomber sur le corps ensanglanté de Peterson, les yeux ouverts et injectés. Sur son front, il y avait un trou.
Elle s'était prise une balle dans la tête.
Son corps tremblait et ses mains étaient moites. Le blond était en état de choc mais il se força à se retourner.
Derrière lui, se tenait un homme, en fin de trentaine, les épaules hautes, le teint pâle et un embonpoint bien affirmé. Les traits de cet individu étaient ronds et lisses ses yeux pétillants et son sourire charmeur. Mais il y avait quelque chose dans son aura qui n'était pas saine.
Quelque chose de fourbe et de traître.
« Qui êtes-vous ? », demanda l'ancien Serpertard, d'une voix tremblante.
« Tim, Tim Oberton. »
.
.
Draco se passa une main lasse dans ses cheveux et enleva une goutte de sueur qui dévalait son front. La lune éclairait toujours son visage. Il s'était toujours étonné des souvenirs… Le corps humain était une machine qui défiait magie et science. Alors que l'on avait effacé sa mémoire, Draco, quand il avait rencontré cette colombe blanche au milieu des herbes, avait réagi. L'image de l'oiseau s'était superposée à celle de l'enfant. La blancheur des plumes. L'innocence.
Le meurtre vous suivait par-delà l'oubli.
Ces mots le firent sourire.
Oberton… Il n'aurait jamais survécu ces années sans cet homme. C'est lui qui l'avait caché. C'est lui qui avait inventé tout ce manège. Ces complots, ces attaques, cette capture… C'est lui qui, après l'avoir fait rentrer, l'avait sortir de cette prison des mers. C'est grâce à lui qui allait rétablir son honneur, son nom et sa richesse.
Il lui importait peu ces motivations.
Oberton voulait renverser le gouvernement et prendre la tête du pays… Très bien. Il n'en avait rien à faire. Tant qu'au final, il en sortait gagnant.
À suivre...
Voilà pour ce chapitre 24.
J'espère qu'il vous a plu.
Vous savez que j'ai failli faire switcher Ron et Draco dans le lemon... Mais comme je ne vous avais pas demandé votre avis, j'ai pas osé. Alors je vous pose la question... Voulez-vous que Draco, dans un lemon futur, domine/soit au dessus de Ron ? Les votes sont ouverts ! x)
Le chapitre prochain sera consacré à Oberton et au procès. C'est bientôt la fin, mes patates... x) Je sais pas encore si je fais un ou deux chapitres avant l'épilogue mais ça ne sera pas plus.
Dites-moi ce que vous en avez pensé. Ce que vous désirez approfondir. Ou tout simplement ce que vous aimeriez lire... Comme le divorce ou des passages plus centrés sur Ron et Draco... Je suis en vacances, j'ai tout mon temps. x)
Merci à tous pour vos reviews. Et je remercie tout particulièrement les personnes qui prennent le temps de me laisser un message, ça me fait vraiment plaisir.
Patatement vôtre,
The Last Day.
Réponses aux Patate anonymes...
Kitkat : Je suis complétement d'accord avec toi... J'ai pas mis grand choses dans ce chapitre... J'ai pas fais vraiment gaffe. L'histoire n'avance pas mais les émotions et les sentiments des personnages évoluent. Or, comme je ne fais pas un roman psychologique (enfin en parti mais...), ça manque d'actions. En plus, comme je poste lentement, attendre un mois et demi pour un chapitre comme ça doit être frustrant... Je m'excuse. x) En revanche, je pense m'être rattrapée sur le chapitre 24... Tu m'en diras des nouvelles. x) Merci pour ta rewiews et ta régularité. Schmoukiesss !
Ellana : Je suis vraiment contente que tu ais réussi à lire mon histoire jusqu'au bout. Ca me fais vraiment trèèèèèèès plaisir. C'est vrai que comme c'est ma première, j'ai toujours de l'appréhension. Mais je commence à prendre un peu d'assurance grâce à vos commentaire. Merci. x) Et puis tu m'as porté chance, mes exams se sont bien passés. xDDD Merci beaucoup pour tes commentaires ! \(n.n)/
Patte-de-Neko 3 : Je te réponds sur ce chapitre, même si tu n'as pas encore tout lu à l'heure où j'écris. Je voulais vraiment te remercier pour toutes tes reviews. Ce que tu fais prends pas mal de temps et j'apprécie vraiment l'effort. D'ailleurs tes commentaires m'ont fait découvrir des "erreurs" ou des "oublis" de ma part, que je me suis empressée de rectifier. Le passage des mensurations, j'étais persuadée de l'avoir écrit, mais après relecture, je me suis rendue compte que ce n'était que dans ma tête... C'est vraiment effrayant ! xDD Je suis contente que le revirement de "personnalité" de Draco ne t'ai pas dégouté. Ca en a dégouté certain... Merci pour toute tes reviews, j'espére que tu continueras à me lire. Schmoukiesssss !
