Chapitre vingt-cinquième.

Hermione était dans la bibliothèque et profitait des rayons de soleil qui filtraient à travers la fenêtre. Elle cherchait un nouveau livre à lire. Elle parcourut les rayons touchant du bout des doigts les côtes des livres et lisant les titres, la tête un peu penchée. Il y en avait tellement qu'elle ne savait pas lequel choisir. Elle tomba alors sur un livre avec une couverture noire matte. Elle lut alors l'écriture argentée « La famille Malefoy ». Elle eut un sourire empli de curiosité et elle tira le livre de l'étagère. Elle le feuilleta et remarqua qu'il était écrit à la main.

Elle s'installa dans un fauteuil et commença sa lecture. Il y avait une date : 1815. C'était donc la date à laquelle il avait été écrit pour la première fois. Elle lut alors attentivement chaque ligne, chaque paragraphe. Ce livre parlait de l'histoire des Malefoy depuis 1815. Même avant. Le premier qui avait écrit dedans parlait de ses ancêtres. Elle fut alors immédiatement passionnée par l'histoire de la famille. Par les valeurs de la famille, par l'ambition, les magouilles qu'ils faisaient pour avoir de meilleurs postes au Ministère, ou même pour devenir Ministre de la Magie. Elle se rendait compte que ces valeurs-là n'avaient pas réellement changé depuis 1815. Lucius Malefoy les avait incarnées à la perfection.

Elle fut tellement captivée par ces générations racontées dans ce livre par différentes personnes appartenant à cette famille au fil de l'histoire qu'elle oublia de manger, qu'elle ne bougea pas de la bibliothèque de l'après-midi. Elle dévorait les pages. Elle n'acceptait pas leur mentalité de sorcier pur-sang au-dessus des autres, mais elle était tout de même fascinée par ce milieu qu'elle ne connaissait pas, qui lui était étranger. Elle découvrait à travers ce livre les personnes qui l'écrivaient et elle les comprenait même parfois. Certains membres de la famille étaient plus souples que d'autres et n'avaient pas la même vision des choses. Certains avaient une vision très moderne et ne rejetaient pas forcément le mélange des classes sociales et du sang.

La fin de la journée arriva et ses yeux se plissaient pour lire les écritures du roman. Elle vit les chandelles s'allumer dans la pièce et elle leva les yeux pour voir Drago appuyé contre l'encadrement de la porte baguette en main. Elle lui lança un sourire et il s'approcha dans la pièce. Il eut un petit rire en voyant le livre qu'elle lisait. Elle haussa un sourcil et eut un sourire en coin.

- Tu as peur que je découvre tes sombres petits secrets ? Rit Hermione en fermant le livre.

- La dernière personne à avoir écrit dans ce livre est ma grand-mère paternelle et elle a arrêté à ma naissance, répondit Drago en souriant.

- Elle a compris avant tout le monde que l'honneur de la famille s'était perdu au moment de ta naissance, rétorqua Hermione croisant les jambes.

Drago lui fit un sourire narquois et lui prit le livre des mains pour le feuilleter. Elle l'observa avec un air amusé.

- Alors quel est ton passage préféré ? Demanda-t-il intéressé.

- Je dirais les bals. Je ne pourrais pas expliquer pourquoi mais j'aime l'idée des bals dans ce manoir, avec les invités bien habillés qui dansent, répondit-elle rêveuse.

- Tu aimes les bals ? Toi ? Hermione Granger, grande défenderesse de l'égalité et de la vision moderne de la société, aime les bals organisés par et pour les aristocrates ! S'étonna Drago.

- Je sais, ça n'a aucun sens mais j'aime les bals. C'est une ambiance différente… Puis je ne parle pas forcément des bals de la haute société, expliqua Hermione. J'ai aimé le bal qu'on a eu en quatrième année.

Drago sourit en se rappelant de ce bal. Il se rappela du Tournoi des Trois Sorciers et de son admiration pour Victor Krum.

- C'est normal tu y es allée avec Krum, le fantasme des filles de Poudlard à l'époque.

- Ça n'a rien à voir ! S'exclama-t-elle en souriant. J'y étais avec mes amis, on dansait et j'aime danser, j'adore ça. Et c'est vrai que Victor m'a fait passer une excellente soirée jusqu'à ce que Ron vienne tout gâcher.

- Sacré Weasley, marmonna Drago. Je n'ai jamais su ce qu'il s'est passé ce soir-là. Je t'ai juste vu partir en pleurant après avoir crié sur lui.

- La routine, tu sais, il était jaloux, souffla Hermione en se levant de son canapé.

- Je l'étais aussi, lâcha Drago.

Hermione le regard avec insistance et d'un regard plein de questions. Il se passa une main dans ses cheveux.

- Calme-toi, Granger, je ne suis pas en train de dire que je suis tombé fou amoureux de toi quand j'avais 14 ans. Ce soir-là n'importe quel garçon était jaloux de Krum. Tu étais tellement belle que même-moi je n'avais aucune remarque à faire.

Hermione rougit et baissa son regard pour regarder ses chaussures. Drago eut un sourire en coin et s'approcha d'elle. Elle releva les yeux pour le voir à quelques centimètres d'elle et elle en eut le souffle coupé par la proximité. Il lui prit la main et l'entraîna vers le centre de la pièce. Hermione le suivit sans réellement réfléchir. Drago ne savait pas réellement ce qu'il faisait, il était juste poussé par son propre instinct et c'était quelque chose de nouveau pour lui. Elle était la seule personne qui le faisait réagir ainsi, la seule personne avec qui il était lui-même sans chercher à contrôler quoique ce soit.

D'un coup de baguette, les chandelles flottèrent autour d'eux. Et Hermione regarda autour d'elle. Elle sentait que l'air qui flottait dans la pièce changeait et devenait plus lourd. Drago s'écarta un peu d'elle et pointa sa baguette vers elle. Il forma un mouvement circulaire et Hermione vit ses habits se transformer en robe. Une longue robe dorée prit forme et de longs gants dorés eux aussi couvrirent ses mains et ses avant-bras. Elle sentit aussi ses cheveux se relever le long de sa nuque. Elle observa sa robe quelques secondes pour profiter de sa beauté. Elle était lourde, elle était digne d'une aristocrate et elle rit intérieurement à cette pensée. Elle releva les yeux et croisa le regard profond de Drago qui avait changé sa tenue pour un smoking noir. Elle lui fit un sourire gêné puis se mordilla la lèvre inférieure.

Drago fit jouer le piano de lui-même d'un autre coup de baguette et la rangea dans la poche intérieure de sa veste. Il s'avança à nouveau vers Hermione et prit la main gauche d'Hermione dans la sienne et plaça son autre main sur sa taille. Il sentait son cœur battre dans sa poitrine et la peur l'envahit. Pourquoi avait-il peur ?

- Qu'est-ce que… Commença Hermione dans un murmure.

- Je croyais que tu aimais danser, la coupa Drago d'une voix rauque. Je te propose un nouveau bal, sans Weasley pour tout gâcher, sans Krum, sans personne. Toi et moi, souffla-t-il.

Elle frissonna quand elle entendit ces derniers mots. Il serra son emprise au niveau de la taille d'Hermione et commença à mener la danse. Elle se laissa guider et emporter par Drago, dans la plus totale des confiances. Elle sentait ses mains devenir moites et fut soulager d'avoir les gants. Drago ne pouvait la quitter des yeux. Il ne pouvait pas regarder autre part. Il ne voyait qu'elle. Il savait que même s'ils avaient été entourés d'un millier de personnes, de tout Poudlard, il n'aurait vu qu'elle tout de même. Elle était éblouissante, elle était omniprésente dans sa vie, dans son esprit.

Hermione gémit quand il l'approcha un peu plus d'elle. Elle fit glisser sa main de libre qu'elle avait posé sur son bras vers son épaule et se laissa porter par la situation. Elle plongea ses yeux dans les siens et arrêta de penser. Son cerveau s'arrêta de lui-même pour qu'elle puisse profiter de ce moment. Elle se laissa emporter par les mouvements amples de Drago. Elle se laissa faire quand il la fit tourner, quand il la ramena vers lui, quand il approcha sa bouche de son oreille tant il était proche d'elle. Elle frissonna une nouvelle fois quand elle sentit son souffle contre son oreille. Elle remonta sa main le long de sa clavicule et la logea sur la nuque de Drago. Il fut parcouru d'un frisson le long de son échine et espéra qu'elle ne le sentit pas. Sa respiration était saccadée et Hermione l'entendait. Mais elle ne dit rien, elle n'aurait rien fait pour gâcher ce moment-là.

Elle se rendit compte alors du chemin qu'ils avaient parcouru. De la haine à la compassion, de la compassion à l'aide apportée à l'autre, jusqu'à se sauver mutuellement, jusqu'à… Le fil de pensées d'Hermione s'arrêta brutalement. Jusqu'à quoi ? Elle s'arrêta de bouger et Drago la regarda d'un air surpris.

Elle s'écarta de quelques pas. Elle avait peur. Elle était effrayée par elle-même. Par tout ce qu'elle pouvait ressentir et rien que de penser au fait qu'elle pouvait ressentir quelque chose pour lui l'effrayait encore plus. Drago ne semblait pas comprendre. Il s'approcha d'elle et tenta de prendre sa main mais elle se dégagea de lui doucement.

- Il se fait tard, je devrais aller dans ma chambre, marmonna-t-elle.

- Trouve une autre excuse, Granger, rétorqua Drago d'un ton sec.

- Je… commença-t-elle. Je ne peux pas, dit-elle finalement en s'enfuyant de la pièce.

Drago se retrouva seul dans la bibliothèque et il arrêta le piano d'un coup de baguette. Il soupira et passa une main dans ses cheveux. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas quoi ? Danser avec lui ? Sympathiser avec lui ? C'était ridicule elle avait déjà sympathisé avec lui. Le mal était fait. Il se dirigea vers sa salle de bain et passa un coup d'eau sur son visage. Il se regarda dans le miroir.

Peut-être que c'était plus que cela. Peut-être qu'elle ne voulait pas l'aimer. Cette pensée fit serrer le cœur de Drago. C'était stupide, comment une femme comme elle pouvait l'aimer ? Il ne la méritait pas. Il alla dans sa chambre et s'étendit sur son lit. Il regrettait qu'elle soit partie. Il avait été bien avec elle dans ses bras, elle proche de lui.

Hermione s'enferma dans sa chambre. Elle se prit la tête dans les mains. Elle ne devait pas. Elle ne pouvait pas. Après tout ce qui s'était passé, après tout ce qu'ils avaient vécu, après tout ce qu'il lui avait fait, après tout. Comment en était-elle arrivée là ? Elle était sa prisonnière. Il n'avait pas été tendre avec elle quand ils étaient à Poudlard. Mais l'évidence était là. Elle n'avait rien vu venir, pourtant il y avait eu des indices même plus que ça, elle avait des sentiments pour lui. Elle le savait elle ne pouvait pas le nier.

Mais elle avait peur. Elle était terrifiée par cette idée. Elle savait que si elle laissait les choses se faire d'elles-mêmes elle ne serait plus en mesure de contrôler quoique ce soit et c'était terrifiant. Elle ne pouvait laisser cela se produire. Elle sentit un trou se créer dans sa poitrine comme si un vide se propageait. Elle avait mal. Entre eux ce n'était pas possible. Elle n'était même pas sûre qu'il le veuille. Elle n'était pas sûre qu'elle le veuille elle-même. C'était même dangereux pour lui. Voldemort le saurait peut-être ou même d'autres mangemorts. Alors elle fit la seule chose qui semblait possible. Elle fit taire son cœur.

Elle retira avec des gestes brusques sa robe et ses gants. Elle laissa tout sur un fauteuil. Elle défit sa coiffure aussi rageusement. Elle se haïssait elle-même de ressentir tout cela. Elle jeta ses chaussures à l'autre bout de la pièce et mit des vêtements qui étaient à elle. Elle sentit une larme couler le long de sa joue qu'elle essuya instantanément. Non. C'était mieux ainsi.

Elle plia la robe avec les gants et la posa sur un de ses bras. Elle prit les chaussures d'une autre main et sortit de sa chambre. Elle traversa le couloir puis toqua à la porte de la chambre de Drago. Il lui ouvrit et fut étonné qu'elle vienne jusqu'à sa chambre. Elle avait les cheveux totalement emmêlés à cause de la coiffure qu'elle avait défaite avec colère. Elle souffla.

- Je viens te rendre la robe et le reste. Merci pour cette gentille attention, Malefoy, dit-elle d'un ton détaché.

Il s'écarta de l'entrée et la laissa entrer dans la chambre. Il lui fit signe de poser les affaires sur un des fauteuils. Elle s'exécuta et se tourna vers lui. Elle crevait d'envie de se jeter sur lui, de l'embrasser, de le sentir contre elle. Elle sentait le feu en elle, elle sentait son corps qui réclamait le sien, pourtant elle ne bougea pas.

- De rien, Granger, souffla-t-il en s'approchant de quelques pas.

Elle ferma les yeux quelques secondes, soupirant. Drago l'observait et malgré ses cheveux touffus et malgré son sale caractère et malgré le don qu'elle avait pour l'énerver, il avait envie d'être avec elle. Chaque jour. Chaque minute. Chaque seconde.

Elle lui fit un petit sourire et tourna les talons pour se diriger vers la porte de sortie. Il la regarda faire quelques pas, presque hésitante et c'était comme si le cœur de Drago était remonté dans sa gorge. Mais il ne bougea pas. Elle arriva à la porte et elle s'arrêta une seconde. Une seule ridicule seconde qui démontrait toute son hésitation.

- Hermione, souffla-t-il.

Elle sentit son corps frémir. Son esprit arrêta de penser. Elle s'en fichait que ce ne soit pas bien, elle s'en fichait de savoir qu'elle ne devait pas, elle s'en fichait de savoir que quelqu'un puisse éventuellement être au courant. Son corps le réclamait. Elle ferma les yeux et déglutit. Ça ne servait à rien de résister plus longtemps et de faire comme si elle ne ressentait rien. Elle se tourna vers lui.

Elle s'approcha de lui d'un pas vif et il l'accueillit dans ses bras. Elle l'embrassa alors comme si c'était la dernière fois, comme si ce serait la seule chance qu'ils auraient. Elle passa ses mains dans les cheveux fins de Drago alors qu'il la serrait encore plus contre lui en passa les siennes dans son dos. Il répondit à son baiser et il sentit son cœur se serrer mais d'une manière agréable. Il sentait presque le feu lui monter aux joues. Elle s'accrochait à lui comme si ses jambes ne pouvaient plus la supporter. Et c'était le cas. Son corps tremblait. Son estomac se tordait. Elle avait l'impression qu'elle était en chute libre, sans parachute, mais qu'elle ne ressentait pas la moindre peur parce qu'elle était avec lui.

Ils se séparèrent le souffle court et Hermione sentait que sa vision était trouble. Son cœur battait contre sa poitrine et c'était comme s'il battait dans chaque partie de son corps. Drago la tenait toujours contre lui. Elle avait les joues roses et les lèvres un peu gonflées. Il remonta sa main droite vers le visage d'Hermione et la posa sur sa joue. Elle sentit son cœur s'emballer. Il détailla son visage et elle sembla être gênée. Il s'approcha de nouveau d'elle et l'embrassa à nouveau. Plus doucement. Plus tendrement. Son coeur explosa et Drago, pour la première fois de sa vie, se sentit vivant. Il aurait tout donné pour ressentir ça toute sa vie.


Et voilà, nous y sommes. IL EST LÀ !

25 chapitres. 65 500 mots et c'est enfin arrivé. Je sais, je sais vous avez patienté et j'espère que vous n'êtes pas déçus.

Sincèrement ce chapitre a été un vrai bordel à écrire haha. Je vous devais un baiser parfait, quelque chose qui ne soit ni trop ni pas assez. Je vous devais quelque chose de bien parce comme dit plus haut on en est au chapitre 25 tout de même haha. Je crois que je n'ai jamais autant modifié un chapitre, autant repris des phrases, autant été si peu satisfaite du résultat de toute ma vie. Finalement j'ai réussi à pondre un truc qui me convient à peu près haha. Avec cette histoire d'attente je me suis fait prendre à mon propre piège ^^

Mais je pense que l'attente rajoute un petit plus à ce baiser, enfin ce n'est que mon avis bien entendu. Mais quand je lis des fictions par exemple j'aime quand le baiser arrive tardivement parce que ça fait monter l'impatience et l'envie, tout ça, donc c'est pour ça que je l'ai fait aussi dans ma fiction.

J'espère vraiment que vous n'êtes pas déçus, que vous avez apprécié ce chapitre, j'attends vraiment vos impressions parce que je suis pas du tout rassurée haha. J'aime ce chapitre personnellement, j'ai adoré l'écrire mais voilà...

Bon j'aurais pu presque terminer la fiction ici hein... Mais non, je vous offre encore des chapitres avec notre Drago et notre Hermione, parce que les problèmes ne sont pas réglés hehe loooooiiiiin de là.

Bref, je vous remercie de continuer à me lire vraiment du fond du coeur, merci, merci, merci, merci !

Je garantie pas le chapitre pour samedi prochain malheureusement, car il n'est toujours pas écrit (shame, shame, shame). Mais après un chapitre pareil c'est compliqué de faire une suite qui convienne... Mais je vais faire de mon mieux comme toujours !