Chapitre 25
« Jasper ! » murmura Bella, mais la douceur de sa voix, ne reflétait pas le ton qu'elle a employé pour prononcé mon nom, d'habitude il était beaucoup moins sévère.
Elle était bouleversée ou plutôt préoccupée par le trouble que ma présence pourrait créer à Charlie s'il découvrait un homme dans sa chambre. « Que fais-tu ici ? »
Le plan que j'avais échafaudé dans ma tête, ne me donnait aucune raison de répondre à la frustration qu'elle affichait à mon égard. « Comment va ton œil ? » lui demandais-je avec nonchalance.
Mon calme irrita Bella : « Tu dois partir. Charlie est de bonne humeur maintenant, bien que je pense que tu ais quelque chose à voir là dedans, mais toujours est-il que s'il te trouve ici, te servir de tes pouvoirs magique ne te servira pas contre son devoir de père protecteur.
J'ai essayé de ne pas sourire, mais les mots qu'elle avait choisit pour décrire mon don m'amusait. Plus j'étais proche de Bella, plus je m'habituais à elle et à son sens de l'humour sarcastique, elle en usait souvent et c'est une qualité que j'appréciais chez elle.
« Arrête de te moquer de moi ! Tu dois partir….maintenant. » Elle butta sur le désordre que j'avais mis un peu plus tôt, elle essayait de me rejoindre, mais trébucha.
Naturellement, j'ai été capable de la rattraper avant qu'elle ne se fasse encore plus de mal, et alors que je la tenais dans les bras je lui dit pour plaisanter : « ben alors on sait plus marcher ? »
Elle avait la tête sur ma poitrine, et à ma plaisanterie, elle leva ses grands yeux marron et me répondit : « Je ne sais pas Jasper. Peut-être qu'il m'aurait été plus facile de me déplacer si le sol n'était pas recouvert d'objet qui n'ont rien à y faire. »
J'ai senti le corps de la jeune fille s'éloigné du mien alors qu'elle se stabilisait sur ses pieds, une fois fait, elle porta sa main à son front et le frotta, sa tête n'était pas faite pour percuter un corps de pierre tel que ceux des vampires.
« Ah pas d'enfantillage, j'ai vu ta chute dans les escaliers en bas, donc ta maladresse de maintenant n'est pas seulement dû au bazar que j'ai mis. » Lui répondis-je sur le ton de la plaisanterie.
Bella posa sa main sur son pansement, et j'ai vu son visage passer de l'irritation à la préoccupation « Ca ne te dérange pas ? Je veux dire le sang frais en dessous ? »
Je secouais la main en signe de réponse « Je vais bien »
Elle s'inquiétait toujours de mon contrôle. Je ne m'attendais pas à moins après l'attaque du mec auquel elle avait assisté, mais je ne voulais pas gouter au sang de Bella. Oui je pouvais sentir sa blessure, mais mon besoin de la protéger, l'emportait sur le désir de la soif que je pouvais ressentir. Jamais je ne referais la même erreur que lors de son 18ème anniversaire et je me demandais combien de temps encore elle allait douter. Peut-être pour toujours. Et bien s'il le fallait, qu'il en soit ainsi. Après avoir appris de la bouche d'Esmée la totalité de la vision d'Alice, rien ne me ferait me tenir loin de Bella. Faire en sorte qu'elle ne soit pas victime de ce que mon amour avait bien pu voir serait ma seule préoccupation pour les temps à venir. La fille humaine se trouvant devant moi vivra une vie bien remplie. Elle sera mon nouveau but dans l'existence.
Bella semblait satisfaite de ma réponse concernant son sang et elle entrepris à nouveau de me faire sortir de sa chambre. « Ok, je suis contente, mais sérieusement, tu dois y aller. »
« Puis-je au moins te parler de mon plan. »
Sa bouche s'ouvrit comme pour répondre à ce que je venais de dire, mais la confusion couvrait son visage « plan ? »
J'acquiesçais et d'un mouvement rapide, je ramassais son matelas 2 places qui se trouvait loin de sa place d'origine. Je le replaçais sur le sommier ou il aurait du se trouver et m'assit. Puis je fis signe à Bella de venir me rejoindre. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, je pouvais sentir l'incertitude émaner d'elle. « Ca ne sera pas long. » promis-je
Tout en regardant vers le bas pour éviter tout ce qui aurait pu la faire tomber, Bella s'approcha du lit. Elle s'assit à coté de moi et j'ai entendu un soupir s'échapper de ses lèvres « Très bien, tu as 5 minutes pour t'expliquer. »
Je levais les yeux au ciel. « Que penses-tu qu'il se passerait, Bella ? Si Charlie avait une envie soudaine de venir voir ce qu'il se passe dans ta chambre, ne penses-tu pas que je serais capable de l'entendre monter les escaliers et partir avant qu'il n'entre dans ta chambre ? Ce que je veux dire c'est que je suis là depuis ta chute et j'ai entendu tout ce dont vous avez parlé tout les deux. J'ai une excellente ouïe. »
L'expression de Bella n'avait pas changé et ça me faisait penser à la tête qu'elle avait fait lorsque nous sommes rentrés du cinéma. « Bella la méchante est de retour » dis-je.
A ces mots, son regard dur et ses émotions négatives se sont atténuées. Je pouvais sentir un léger amusement et bien qu'elle essaye en vain de ne rien montrer, j'ai vu ses lèvres esquisser un petit sourire. « Ok, je suis désolé. S'il te plait, dit moi ce que tu entendais par plan ? Je vais bien me tenir. C'est juste la peur de blesser Charlie plus qu'il ne l'est qui me fait agir comme cela. »
Bien sur, c'était sa raison. Ce n'était pas nouveau pour moi que son père soit la première de ses préoccupations. J'ai toujours été conscient de l'amour inconditionnel qu'elle lui portait. Je me souvenais comment Bella avait insisté pour revenir en arrière lorsque James était à ses trousses. Au lieu de penser à sa propre sauvegarde, elle pensait à celle de son père. Je lui attrapais la main et lui souris alors que je pensais au dévouement dont elle faisant preuve pour lui. J'enlaçais ses doigts aux miens ravi qu'elle ne s'éloigne pas à ce contact. Au lieu de cela, je la sentis serrer ma main un peu plus fort. Elle me regardait avec des yeux interrogateurs, je me suis raclé la gorge et je lui dis : « Avant de tout t'expliquer j'ai une faveur à te demander, va voir Charlie, et dit lui que tu m'as appelé pour t'aider à ranger tout le bazar, il ne dira rien, je pense qu'il est trop heureux de te voir avancer, ce qui lui enlèvera toute trace d'antipathie à mon égard. De plus, il faut qu'il s'habitue à ma présence ici. Allez maintenant va faire ce que je t'ai dit et dans 15 minutes je frappe à ta porte comme un vrai gentleman. »
Je pouvais voir qu'elle avait compris et qu'elle ne demanderait pas de plus amples explications. « Ok, euh Jasper, quand tu reviendras peux-tu faire en sorte que tes vêtements ne soit pas trempés s'il te plait ? »
Elle retira sa main et secoua les quelques gouttes qui était tombé de ma manche sur sa peau. « Bien sur » dis-je en rigolant. « Dois-je te rappeler, que ce n'est pas moi qui suis resté 15 minute à attendre sous la pluie avant d'entrée dans la maison. »
« Bla, bla, bla, » se moquait Bella en souriant.
« Et bien, il est extrêmement dur de faire plaisir aux filles, à tout de suite. » Et sans attendre sa réponse, je mis mon plan en action.
En quelques secondes, je sortais par sa fenêtre et je me dirigeais vers la grande bâtisse blanche que j'appelais maison. Mon voyage ne dura que 5 minutes grâce à ma vitesse vampirique. Une fois proche, je ralentis l'allure. De cette façon, j'éviterais peut-être une confrontation avec Rosalie. Je ne savais pas exactement ou elle se trouvait, mais je ne voulais pas la voir pour le moment. Oui nous allions devoir parler, mais pour le moment mon objectif ne la concernait en rien. J'étais simplement venu récupérer un document dont j'avais besoin et demander la Mercédès de Carlisle. J'aurais très bien pu prendre la Porsche d'Alice, mais je ne m'en sentais pas capable. Les objets qui lui avait appartenus étaient remplis de tristesse pour moi.
Même en courant à vitesse humaine, j'ai fini par atteindre l'entrée, j'ai gravi les quelques marche, et j'ouvris la porte pour arriver sur le salon, tout le monde s'y trouvait. Malheureusement, Rosalie se trouvait parmi eux. Je mettais un point d'honneur à ne pas croiser son regard et posais directement mes yeux sur Carlisle. « Ta Mercédès…..Je peux te l'emprunter ? » Demandais-je.
Je savais qu'il avait pris une semaine de congé pour cause de deuil, c'est pourquoi, je n'ai pas été surpris de sa réponse. « Bien sur, Jasper. Chaque fois que tu en as besoin, prends là. Tu n'as pas besoin de le demander. »
J'hochais la tête dans sa direction et me dirigeais vers les escaliers. Personne ne prononça un mot pour moi alors que je passais devant eux, et je pouvais sentir leur anxiété, en particulier celle de Rosalie. Seule Esmée était calme. Ma mère, était la seule personne qui savait exactement pourquoi je voulais garder Bella dans ma vie, c'était ma seule alliée. Et ça me réconfortait.
Laissant les autres derrières moi, je me dirigeais à l'étage d'un mouvement rapide, mais je commençais à ralentir tandis que je marchais le long du couloir. Chacun de mes pas provoquaient une douleur dans ma poitrine qui augmentait alors que je me rapprochais de ma destination.
La chambre d'Alice.
Tout le monde la considérait comme ça, même si j'étais son mari et que bien évidemment je partageais sa chambre. Mon petit lutin excentrique avait posé sa touche partout dans la chambre. Je n'avais que peu de chose, et tout ce que j'avais tenait dans une petite commode situé dans un coin, tout ce qui était après cette porte faisait penser à Alice. Je regardais par terre et avait de plus en plus de mal à m'approcher.
Ce n'était pas la première fois depuis sa mort que je n'avais pas réussi à aller plus loin que le couloir. C'est avec beaucoup d'effort, que j'essayais de ne pas me laisser submerger par le passé, c'est comme si les murs avaient fusionné avec l'esprit d'Alice. Mais je devais dépasser ma peur. Il y avait quelqu'un qui avait la même peine que moi et je me devais d'aller la retrouver. D'une certaine façon, penser à Bella, faisait que mon épreuve était moins douloureuse, je pris une petite inspiration pour me donner du courage et j'ouvris la porte.
Mon regard tomba aussitôt sur la moquette bleue, alors que je me tenais sur le cadre de la porte. J'ai refusé de me concentrer sur autre chose et me suis précipité sur la commode en bois, qu'Alice avait acheté pour moi, il y a quelques années. Le tiroir du haut grinça alors que je l'ouvrais, puis à tâtons, j'ai finalement trouvé l'enveloppe que je cherchais.
Il y avait 2 papiers à l'intérieur qui allaient s'avérer vitaux pour le plan que j'avais élaboré en écoutant la conversation de Bella et son père.
Le premier était mon extrait de naissance, et le second c'était un numéro de téléphone avec un nom J. Jenks inscrit dessus.
