Résumé du précédent chapitre: le compte à rebours est terminé, chacun sait ce qu'il doit faire et devra assumer ses actes: Harry va résolument vers l'aboutissement de son plan, Drago est confronté au choix le plus important de toute sa vie, Neville revient pour se faire pardonner, et Hermione doit se décider entre l'accueillir ou le rejeter. Mais la roue tourne et il ne reste que très peu de temps. Peu l'ont compris, et il se pourrait bien que pour certains, il soit déjà trop tard…
Parole de l'auteur: désolée pour le retard, il y a eu un bug tout le week-end sur le site car j'ai tenté plusieurs fois de poster ce nouveau chapitre en vain: à chaque fois que j'essayais d'éditer ma fic, je recevais un message d'erreur. Et si vous voulez tout savoir, dimanche soir alors que ça bloquait toujours, j'étais presque folle. Encore mille fois pardon, j'espère que ce chapitre vous plaira quand même. Je pense que cette fois, vous allez me détester pour de bon, même si j'en suis sûre, beaucoup d'entre vous ont certainement dû deviner ce qui va se passer. Après tout, j'ai semé plein d'indices dans les chapitres précédents. Voilà j'espère quand même que cela vous plaira. Bisous et bonne lecture.
Remerciements à:
Antoine : coucou, merci pour ta review. Globalement, la chose que j'ai le mieux réussie dans cette fic, ce sont les fins de chapitre : sadiques et frustrantes à souhait !;) Voilà, j'espère que la suite te plaira, et que tu ne voudras pas trop me réduire en charpie à la fin. '-_- Bonne lecture
Charlotte : salut, tu voulais savoir ? Et bien tu sauras… pour ton propre malheur, et celui de Hermione. :( En tous cas, merci pour ta review, je te souhaite une bonne lecture et te supplie de me pardonner par avance.
Anais: bienvenue, ô chère et nouvelle inconsc…euh, lectrice (ou lecteur, qui sait?), dans ma première fic sur ce compte. Ici, il n'y a qu'une seule règle à respecter solennellement : ne s'en fixer aucune ! Délicieux paradoxe, non ? ^^
Tu as lu jusqu'à trois heures du mat' ? Et ben dis donc ! Remarque, moi ça m'est déjà arrivé une fois d'écrire jusqu'à trois heures du mat'… et je peux te dire que je ne le referai plus jamais ! ;)
Je suis contente que ma fic t'ait plu jusque là, je pense encore glisser quelques citations du Petit Prince jusqu'à la fin. J'espère que la suite te plaira comme le reste et je te souahite une bonne lecture. Bisous
B: coucou, merci pour ta review et pour tes compliments encourageants. Je suis contente de t'avoir "redonné goût" en quelque sorte à "La Peste" de Camus. Et honnêtement je t'avouerai que ce roman, je l'ai étudié comme toi quand j'étais au lycée pour le bac de français. Ensuite je l'ai presque complètement oublié pendant un an jusqu'à ce qu'un jour, l'idée d'une histoire d'amour malmenée par une maladie vicieuse et mortelle, ne naisse dans mon esprit. Oserais-je encore te dire: au début, je voulais créer moi-même un nouveau virus mais comme je ne savais pas quoi inventer, je me suis décidée à choisir la peste, quasiment au dernier moment. Ce n'était pas très sérieux au bout du compte! :)
Sinon j'espère que tu as trouvé et aimé le Petit Prince mais bon je ne m'inquiète pas trop pour ça: je connais peu de personnes qui aient été déçues par l'oeuvre de Saint-Exupéry. Bon, merci encore d'être passée. Je te souhaite une bonne continuation et une bonne lecture.
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Deuxième partie: Neville Longdubat
Chapitre 25: La mort d'une rose
Rose: « Stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus. » (Umberto Eco, Le Nom de la Rose)
Traduction grosso modo: « De ce que nous appelions Rose, aujourd'hui il ne nous en reste plus que le nom. »
«…embrasse-moi…»
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Le vingt-et-un juin, dans les cachots de Poudlard, deux jeunes gens se regardaient en face à face, de part et d'autre d'une table. Neville s'agitait inconfortablement sur sa chaise, ne sachant par où commencer. Mais voyant que Harmione ne semblait pas décider à lui tendre la perche, il prit son courage à deux mains et se lança:
« Voilà, je suis venu pour te parler de… de ce qu'il s'est passé l'autre jour.
Hermione ne répondit pas et gardait la tête baissée, ses yeux fixant obstinément ses mains croisées sous la table. La garçon poursuivit:
-Avant tout, je tiens à m'excuser de m'être enfui sans un mot de cette façon. Mais si je l'ai fait, c'est parce que je ne voulais pas risquer de te dire quelque chose de blessant et qui aurait dépassé ma pensée. Tu comprends?
La Griffondor hocha brièvement la tête mais gardait la bouche résolument close. Concluant qu'elle était bouleversée, le jeune homme reprit encore:
-Maintenant, j'ai bien réfléchi pendant une semaine… et je me suis dit que quelque soient les différents qui nous opposent, ce serait trop bête qu'on… qu'on soit séparés un beau jour en étant toujours fâchés.
Hermione rougit et leva la tête à cette dernière phrase, bien que six mois eussent passé, la mort de Ron continuait toujours à la hanter, et Neville le savait fort bien.
-Et puis, je ferai preuve de mauvaise foi en te gardant rancune pour ta… mésaventure. Car je vois bien enfin que tu le regrettes aujourd'hui.
-C'est vrai, dit-elle pour la première fois d'une voix faible. Je… j'ai été stupide. J'aurais pu… j'aurais dû…
-Tu as fait une bêtise Hermione, la coupa gentiment Neville, une très grosse bêtise qui aurait pu te coûter la vie. Mais tout le monde peut faire des erreurs. Et ce serait ignoble de ma part de vouloir en rajouter alors que tu as déjà été cruellement punie.
-Mais toi, est-ce que tu m'en veux beaucoup? Demanda-t-elle anxieusement.
-Non, enfin… c'est juste que j'ai énormément de mal à comprendre Hermione, dit-il d'un ton crispé. Qu'est-ce qui a pu te faire penser que… que Malefoy était… rachetable?
Elle lâcha une petite exclamation désenchantée, puis tenta de lui expliquer ce qu'elle avait ressenti:
-Et bien, comme je te l'ai dit, il est devenu très différent avec moi. Il ne m'insultait plus, il me parlait normalement, et même parfois avec respect alors… j'ai cru qu'il avait changé, sincèrement, profondément. Et peu à peu, j'ai aimé l'homme qu'il a réussi à me faire croire être devenu. Je me suis complètement abusée sur son compte.
Elle baissa de nouveau les yeux. Neville lui prit doucement la main et voulut la réconforter:
-L'essentiel est que tu l'aies compris maintenant, que tu te sois aperçu de ton erreur. Trop tard malheureusement, mais mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas? Au moins tu seras plus prudente à l'avenir.
-Oui. Je ne me laisserai plus avoir désormais, dit-elle sincèrement comme une promesse.
Il lui adressa un sourire rayonnant auquel elle répondit spontanément, heureuse de retrouver son ami qui lui avait tant manqué. Puis, il posa encore une question:
-Et… sinon qu'est-ce… qu'est-ce qui t'a poussé à vouloir m'en parler? Je veux dire, pourquoi moi particulièrement?
-Parce que je voulais que tu saches, que tu sois au courant, avoua Hermione d'une voix sourde. C'est important pour moi. Je tenais à ce que tu comprennes que si je t'ai repoussé, ce n'est pas parce que… enfin, ce n'est pas à cause de toi, mais à cause qui m'est arrivée. À la vérité… je ne m'en suis pas encore tout à fait remise, et… je ne veux pas m'engager… tout de suite.
Il hocha la tête, compréhensif, puis reprit:
-D'accord, je vois ce que tu veux dire. Mais est-ce qu'avec une fille, cela n'aurait pas été plus facile?
-En fait, j'en ai déjà parlé à une fille, avoua Hermione. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, elle n'est plus là.
-Tu veux dire… tu veux dire que Ginny le savait? En déduisit Neville.
-Bien sûr, je lui en ai parlé au début lorsque… lorsque je ne savais pas quoi faire.
-Comment ça?
-Bah, tu penses bien qu'avant d'avoir été avec lui, je me suis posé pas mal de question, et je ne voulais pas admettre que j'ai attirée par lui.
-Et qu'est-ce qu'elle t'a dit? L'interrogea-t-il d'un ton soupçonneux.
-Elle voulait le meilleur pour moi Neville, la défendit-elle. Elle voulait que je sois heureuse, et… elle m'a conseillée de vivre ma vie comme je le souhaitais. Elle… elle ne pouvait pas deviner.
-Ça va j'ai compris, répliqua-t-il vaguement écœuré. En gros, elle t'a poussé dans ses bras.
-Non, c'est faux, protesta la Griffondor. C'est ma meilleure amie, pourquoi aurait-elle souhaité mon malheur? Elle voulait seulement m'aider. Et si… si Malefoy n'avait pas réussi à jouer aussi bien la comédie, elle m'aurait dissuadée.
-Mais c'est ce qu'elle aurait dû faire bon sang! En tant qu'amie, elle aurait dû calmer le jeu, t'ouvrir les yeux et… et t'inciter à la prudence quoi! Enfin, ce n'est pas comme si c'était n'importe quel élève!
-Mais comme tu viens de le dire, tout le monde peut se tromper!
Le garçon souffla un bon coup pour s'inciter au calme, puis reprit d'une voix contenue:
-Allons, cela ne sert à rien de nous disputer sur le passé. Ce qui est fait, est fait; même si franchement le comportement et « l'amitié » de Ginny laissent grandement à désirer.
-Je t'interdis de parler d'elle de cette façon! Tu ne crois pas qu'elle en a déjà assez subi? S'insurgea Hermione. Moi, tu peux me haïr. Pas elle!
-D'accord c'est bon, je laisse tomber, dit-il en levant les mains en signe d'apaisement. Et sinon, ça avance ton remède?
Soulagée qu'il changeât de sujet, elle répondit:
-Oui, il est quasiment terminé, mais il comporte encore un défaut embêtant que je n'arrive pas à défaire.
-Lequel?
-Et bien, il provoque des brûlures internes.
-Des brûlures internes? Répéta Neville sans comprendre.
-Oui enfin… ce sont les coquilles d'œuf de dragon qui provoque une sensation de brûlure. Ce n'est pas dangereux, mais c'est très douloureux et ça dure longtemps. Je voudrais bien pouvoir épargner cela aux malades, tu comprends?
-Bien sûr, réfléchit-il. Mais où est la difficulté dans tout ça?
-La difficulté, c'est que jusqu'à maintenant, tous les produits que j'ai voulu tester sont incompatibles avec les composants du remède.
-Vraiment? Est-ce que je peux avoir la liste de ces composants.
-Bien sûr, répondit-elle.
Elle se leva, prit une feuille et une plume au hasard sur la table, puis commença à griffonner sur le papier une longue liste d'ingrédients. À la fin, elle tendit la feuille au Griffondor qui la prit et la parcourut rapidement du regard. Une fois qu'il arriva au bout, il commenta:
-Eh bien… eh bien… mais, il y a de la fleur de Lethe là-dedans? S'exclama-t-il soudain l'air incrédule.
-Oui, opina-t-elle tranquillement.
-Tu sais que c'est une plante des plus instables et dangereuses? La gronda-t-il. Il y a des précautions à prendre…
-Que j'ai toutes prises, coupa-t-elle d'une voix doucereuse.
-Oh… euh, excuse-moi Hermione.
-C'est bon Neville, soupira-t-elle. Laisse tomber, va.
Il y eut un petit silence gêné, que la Griffondor crut bon d'abréger avant qu'il ne se fît trop pesant:
-Et sinon, est-ce que tu vois ce qu'il faudrait ajouter?
-Non, avoua-t-il à contrecœur. Mais je suis sûr qu'on trouvera dans peu de temps.
-Peu de temps? Répéta Hermione d'un ton étrange. C'est combien « peu de temps » ?
-Mais je… je ne sais pas, répondit-il, troublé. Ça dépendra du… bah du temps que nous prendront nos recherches.
Contre toute attente, les épaules de la jeune fille s'affaissèrent et elle murmura:
-J'ai peur Neville.
-Peur? Mais de quoi?
Elle ne répondit pas immédiatement, perdue dans ses songes. Puis au bout de quelques secondes, elle poussa un gémissement en se tordant les mains:
-Je n'y arriverai jamais. Jamais je ne le terminerai ce remède.
-Mais qu'est-ce que c'est que ces sottises, encore? Objecta-t-il sur le ton de la réprimande. Pourquoi veux-tu qu'il n'y ait aucun ingrédient qui fonctionne? Allez viens, je vais t'aider. On ferait mieux de s'y mettre maintenant. »
Il se leva à cette dernière phrase et se dirigea vers la porte, sans remarquer le regard plein de désarroi qu'elle lui jeta derrière lui. Il n'avait pas entendu… il n'avait rien compris.
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Quelques milliers de kilomètres plus loin, le soleil atteignait son zénith en Albanie. Pourtant, il faisait plus froid et sec que jamais. Assis sur son trône devant l'assemblée que formait la totalité des mangemorts réunis (c'est-à-dire plusieurs centaines de personnes), Voldemort entama son discours:
« Mangemorts, nous sommes tous réunis ici car ce jour est un grand jour: c'est l'avènement de notre pouvoir sur l'Angleterre et bientôt sur le monde entier. Je me réjouie de vous voir quasiment tous présent; mais quant aux traîtres et à ceux qui sont trop lâches pour venir, laissons-leur un sursis, de sorte qu'ils aient bien le temps de méditer sur leur erreur mortelle ainsi que sur le cruel châtiment qui les attend bientôt. En attendant, nous allons montrer aux sorciers et aux moldus ce qu'ils…
La suite du discours se perdit pour les oreilles de Harry. Caché juste derrière une statue, il se préparait à bientôt intervenir, un peu comme au spectacle. Empoignant d'une main ferme son bidon d'essence qu'il avait finalement pu obtenir, il dévissa le bouchon et renversa le contenu sur lui d'un seul coup, s'aspergeant soigneusement tout le corps du liquide inflammable.
Si les notes de Rogue étaient correcte, le feu devrait amplifier l'effet du « sérum ».
Puis, les mains tremblantes, il s'empara de l'arme ultime: la petite capsule remplie de bactéries qu'il avait gardé soigneusement dans sa poche. Discrètement, il la métamorphosa en seringue, ayant dû abandonné son poignard dans l'incendie. Sans perdre de temps, il releva la manche de son bras gauche et planta l'aiguille dans la veine sur le creux du coude qu'il faisait ressortir. Grimaçant sous la douleur, il attendit un petit moment.
Bientôt comme prévu, les premiers symptômes se firent ressentir: légers vertiges, malaise et début de maux de tête. Tout se passait comme prévu, parfait. L'heure était venue! Prenant son courage à deux mains, Harry se leva, rangea sa cape dans une large poche de son pantalon. Elle disparaîtrait avec lui.
Il n'eut aucune pensée pour son balai qui avait brûlé avec tout le reste (un comble pour un éclair de feu!), ni pour sa baguette brisée. Il avait préféré tout détruire derrière lui plutôt que laisser quoi que ce soit aux mains des mangemorts.
Dans la salle, le Seigneur des Ténèbres parlaient toujours:
« … et tous ceux qui se prétendent sorciers: les Sang-de-Bourbe, les traîtres à leur sang, les amoureux des moldus… toute cette vermine qui pollue notre atmosphère sera traitée à son juste mér… »
Il y eut une rumeur parmi les mangemorts. Les rangs frémirent, puis s'ouvrirent pour laisser passer Harry Potter, telle la Mer Rouge s'écartant devant Moïse. Mais le Survivant n'avançait pas, déjà à moitié gagné par la fièvre. Le rapport de Rogue n'avait pas menti : les effets du virus étaient bel et bien accélérés, c'était impressionnant. Médusé, Voldemort néanmoins cacha habilement son trouble et annonça d'une voix ironique:
« Tiens? Un revenant.
Les mangemorts éclatèrent de rire mais le Griffondor ne les entendit pas, ses oreilles bourdonnaient. Tout dans sa folie, le Seigneur des Ténèbres ne se méfia pas un seul instant alors que la simple prudence aurait dû le pousser à se poser des questions sur cette situation anormale. Il reprit:
-Mangemorts, il semblerait que nous ayons un invité-surprise. Toutefois j'avoue que je ne cache pas la mienne: je te croyais mort Potter.
Alors pour la première fois, Harry ouvrit la boucha et déclara d'une voix rocailleuse:
-Mais je suis mort, Tom.
Son adversaire parut désarçonné, même les mangemorts s'étaient tus. Indifférent à ce qu'il se passait autour de lui, le Griffondor reprit:
-Et toi aussi, tu es mort Tom. Je suis simplement venu te chercher pour t'emmener avec moi. Et vous tous également, déclara-t-il en s'adressant à l'assemblée.
-Tiens donc! Persiffla l'autre plus amusé qu'impressionné. Et par quel tour de passe-passe vas-tu réussir à tous nous terrasser en même temps.
Il paraissait si frêle, si seul et si inoffensif que Voldemort ne ressentait aucune crainte. En quoi il avait tort. Harry poursuivit sur sa lancée:
-Il n'y aucune magie Tom, au contraire: tout va se faire très naturellement! Ce n'est qu'une question de temps.
Alors le Seigneur des Ténèbres ne put retenir un éclat de rire, très vite repris en écho par ses fidèles.
-Ah, voyez-le donc ce vaillant héros. Cher Harry, tu est tout comme était ton fantoche de père, se croyant invincible et tout-puissant, s'imaginant dans son arrogance être de taille à lutter contre le grand Lord Voldemort. Quel gâchis pourtant! Il aurait pu être un brillant sorcier, s'il ne s'était pas amouraché de ta Sang-de-Bourbe de mère.
-Il n'y plus de Sang-de-Bourbe Tom, le coupa très calmement Harry. Il n'y a plus de Sang-pur, plus de sorcier, plus de moldu… il n'y a plus rien! Rien que des êtres humains tous condamnés à disparaître dans un temps très proche.
À ces mots, il vacilla légèrement et ne dut son salut qu'à ses réflexes d'attrapeur qui lui permirent de se maintenir en équilibre debout. Mais cet incident n'échappa pas à l'œil féroce de Voldemor.
-Tu me fais pitié Potter, répliqua-t-il enfin d'une voix méprisante. Regarde-toi, tu es si faible que tu n'es même pas capable de tenir sur tes jambes.
-Parce que toi tu te crois fort? Cracha le Griffondor. Et tu t'es senti puissant lorsque tu nous a flanqué la peste à Poudlard?
Il y eut une vague de murmures choqués parmi les mangemort mais Voldemort les fit taire d'un regard brûlant. Cependant Harry poursuivait:
-Et c'est inutile de jouer l'innocent devant moi sous prétexte que je n'ai pas de preuve! Tu croyais que je ne le sentirais pas? Que le lien à travers la cicatrice s'était éteint après l'incident au ministère de l'an passé? Et bien déchante, parce que ça n'a jamais été le cas. J'ai senti ta jubilation durant tout l'été, je savais que tu préparais quelque chose, même si j'ignorais quoi exactement; tout comme j'ai su ce que tu planifiais pour aujourd'hui. D'ailleurs si je suis venu exprès dans ta tanière aujourd'hui précisément, c'est parce que je savais enfin que tous tes mignons seraient là.
Il reprit son souffle et continua:
-Mais tu n'a jamais pu retourner cette situation à ton avantage, n'est-ce pas Tom ! À cause de cette chose, ce pouvoir que tu n'a jamais compris! Ce pouvoir qui a poussé ma mère à se sacrifier pour moi il y a quinze ans, ce même pouvoir qui t'a anéanti une première fois, et toujours lui qui va me pousser à me sacrifier à mon tour. Il te brûle, il t'incommode, tu ne le supportes pas : tu ne supportes pas l'amour, tu le méprises. Voilà pourquoi tu n'as jamais pu comprendre que c'était cela, ce « pouvoir que je possède et que tu ignores », celui qui te vaincras au bout du compte. Voilà pourquoi tu vas mourir définitivement aujourd'hui, conclut-il d'une voix brisée.
Un silence de tombe régnait dans la salle à présent. Imperceptiblement, Harry s'était avancé au fil de son discours, sans que personne ne tentât de le retenir, et il se trouvait maintenant juste devant son ennemi, à quelques pas du trône. Il n'y avait désormais plus qu'eux deux: Harry et Voldemort. Deux ennemis mortels et pourtant si proches. Ce dernier, voyant qu'il avait fini, bâilla ostensiblement et marmonna d'un ton ennuyé:
« Tu as fini?
-Oui, j'ai fini, annonça le jeune homme d'un ton soudain plus léger, presque badin. C'est la fin du chemin pour nous deux: « aucun d'eux ne peut vivre »… et aucun d'eux ne va survivre en fin de compte. Moi, je suis déjà mort, c'est ton tour maintenant.
Alors, lentement, Voldemort leva sa baguette, mais Harry n'avait pas fini. Cette fois d'une voix ironique, il acheva en ouvrant grand les bras dans un geste de faux salut:
-La boucle est bouclée Tom. Tu aimes la peste? Cela tombe bien, je te l'ai ramenée rien que pour toi!
Le concerné eut le bon goût de paraître surpris.
-Quoi? Fit-il avec perplexité.
-Ouais, la peste pour toi tout seul.
-Qu'est-ce que tu racontes?
-Ainsi tu n'as pas compris Tom, tu ne m'as pas écouté, chantonna Harry. Et bien tant pis pour toi, je ne me répéterai pas. Débrouille-toi tout seul désormais. »
Là-dessus, à la stupeur horrifiée du Lord, le corps de son jeune ennemi fut agité d'un soubresaut incoercible avant de s'écrouler par terre. Là, il commençait à avoir peur. Mais il n'eut pas le temps de s'interroger davantage que Potter se mit soudain à tousser et cracher du sang, provoquant des exclamations dégoûtées ou effrayées des mangemorts aux alentours. Alors seul, il comprit enfin… trop tard!
« Attention! Tuez-le! Hurla-t-il d'un ton presque hystérique. Brûlez-le! Il a la peste! »
Mais tant la confusion était grande que personne ne comprit cet ordre. Cependant sous les yeux ahuris du Seigneur des Ténèbres, Harry sortit un des débris de sa baguette qu'il avait volontairement cassée en deux, et, avec un dernier sourire moqueur au Lord qui ne comprenait plus rien, il la pointa sur lui et l'agita légèrement, suffisamment pour faire jaillir quelques étincelles…
Il n'en fallut pas plus. Et le château résonna longtemps des hurlement déchirants, inhumains, qui devaient à jamais marquer cet endroit sous le sceau de l'horreur et de la pureté de ce sacrifice.
_.-◊-._.-◊-._.-◊-._
Il était près de deux-heures de l'après-midi. Assise devant sa coiffeuse, Narcissa peignait avec soin ses long cheveux blonds qui retombaient en cascade sur ses épaules. Étant donné qu'elle avait l'intention de sortir pour préparer « l'évacuation de Drago », elle préférait apparaître sur son meilleur jour en vue d'amadouer les éventuels grincheux et récalcitrants. Une fois qu'elle eut terminer sa fastidieuse besogne, ses doigts fouillèrent machinalement dans ses boîtes à bijoux.
Elle choisit finalement un collier de perles du japon à la chute arrondie sur le décolleté, deux autres perles délicates, serties d'or comme boucles d'oreilles, et de fins bracelets d'or incrustés de petites émeraudes. Aux doigts de chaque main, elle portait soit un diamant, soit une émeraude, et bien sûr son alliance.
Enfin, elle s'attaqua à la coiffure. Négligemment, elle regarda dans sa trousse en velours noir, remplie d'épingles, de peignes, de barrettes et toutes sortes d'autres accessoires ravissants pour faire chignon. Sortant ses épingles, fixa presque mécaniquement ses cheveux, habituée qu'elle était à répéter tous les matins les mêmes geste depuis ses quinze ans.
Enfin, elle se leva et partit chercher son fils afin de le prévenir tout de même de qu'elle comptait faire. Après son expérience de cette année, il apprécierait sûrement d'être tenu informé avant le dernier moment de son propre départ…
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Alors qu'ils étaient penchés sur différentes plantes recueillies dans une des serres de botanique, Hermione sentit une douleur abominable lui élancer la tête, comme si son cerveau se retrouvait brusquement comprimé das un étau. Réprimant de justesse une grimace, elle ne put cependant s'empêcher de vaciller légèrement. Prenant appui derrière elle pour garder l'équilibre, elle murmura une prière silencieuse:
« Oh non! Pas, maintenant, pas ici. »
Par bonheur, l'élan de souffrance s'estompa quelques secondes plus tard. Toutefois, la jeune fille comprit qu'elle avait intérêt à se dépêcher. Une voix la sortit soudain de son malaise:
« Hermione, ça y est, j'ai trouvé! »
Luttant pour s'extirper de son léger vertige, la jeune fille se releva lentement, faisant attention de ne pas tomber, puis marcha vers son ami, les yeux pleins d'espoirs. Celui l'apercevant, lui fit signe de s'approcher davantage, et, quand elle fut agenouillée à côté de lui, il lui montra la plante en question: une rangée de feuilles ressemblant étrangement à de la menthe.
« De la menthe héliophobe! S'exclama son ami très enthousiaste. Bien sûr il ne faudra pas en mettre sans l'avoir diluée mille fois, sans quoi on causerait la mort de nos malades. Mais j'ai bien regardé, elle est tout à fait compatible avec les ingrédients de la potion. C'est formidable, on a enfin réussi.
Péniblement, elle répondit à son sourire, sincèrement heureuse mais la douleur l'ayant reprise, elle avait du mal à garder contenance. Elle parvint à murmurer:
-C'est génial Neville. Tu as été magnifique.
-Tu as été magnifique Hermione. Tu as fait quasiment tout le remède toute seule, je n'ai trouvé que le dernier ingrédient.
-Je n'aurais pas pu y arriver sans toi, répondit-elle d'une voix douce.
-Et moi alors? La taquina-t-il. Aurais-je pu trouver tout seul sans l'aide de la meilleure élève de Poudlard?
Ils rirent ensemble, puis la jeune fille reprit sérieusement:
-Est-ce que tu saurais incorporer la menthe héliophobe dans les préparations?
-Bien sûr. Il faut peser environ cinq grammes de feuilles, les broyer, puis les dissoudre dans cent millilitres d'eau. Ensuite, il faut diluer mille fois la solution obtenue avant d'en intégrer deux millilitres dans chaque remède individuel.
-Excellente réponse, applaudit-elle. Tu vois que tu y arrives!
-J'ai eu un bon professeur, sourit-il.
-Merci Neville. Merci pour tout. »
Elle entoura soudain ses bras autour de son cou et reposa sa tête contre son torse. Gêné, il l'enlaça maladroitement et ils restèrent là, simplement, blottis l'un contre l'autre dans une étreinte pleine de tendresse. À cet instant, Hermione se sentait si heureuse qu'elle arrivait presque à oublier le feu qui incendiait sa tête de nouveau.
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Quelques milliers de kilomètres plus loin, un homme tentait de rétablir le calme parmi ses troupes. Personne n'avait compris ce qu'il s'était passé. Voldemort tentait de leur expliquer sans les faire paniquer, sinon il pourrait dire adieu à sa prise du pouvoir. Une foule terrorisée et ne cherchant qu'à sauver sa vie n'obéit à plus aucun chef. Et cela, il ne pouvait se le permettre à aucun prix:
« Suffit Mangemorts! Gardez votre calme! Harry Potter est mort définitivement sous nos yeux, plus rien ne peut s'opposer désormais à notre victoire totale.
-Il a dit qu'il avait la peste! Objecta une voix une voix dans la foule.
-Mais son corps a brûlé, nous ne risquons plus rien. Et maintenant, que chacun se prépare à son…
BANG!
Derechef, la foule s'écarta devant un des mangemorts qui se retrouvait assis sur ses fesses, l'air complètement ahuri. Puis il se redressa en s'écriant:
-Trahison! Nous ne pouvons plus transplaner. Nous sommes pris au piège!
-Quoi? S'exclama Voldemort d'un ton médusé.
-Il y a des barrières anti-transplannage.
-Mais c'est impossible, jamais je ne les ai…
La fin de sa phrase se perdit dans la masse. Il y eut aussitôt de nouvelles tentatives de transplanages, suivies inévitablement d'autres bruit d'explosion et de chutes douloureuses. Un raffut d'enfer envahit bientôt la grande salle de réception. Voyant qu'aucun d'eux ne pouvait partir, les mangemorts cessèrent vite leurs tentatives désespérées. Mais bientôt, comme une seule entité, ils retournèrent tous et vrillèrent leurs mille yeux et unique regard vers leur « Maître ».
Ils furent alors confrontés à un spectacle effroyable: le si puissant Lord Voldemort, celui qui était allé si loin au cœur de la magie noire (et peut-être de la magie tout court), celui dont la puissance et la magnificence avaient littéralement écrasé ses ennemis, celui qui avait accompli tant de grandes choses, terrifiantes et d'envergure peu commune ! Ce même homme qui semblait presque un dieu, gisait là, à moitié vautré piteusement sur son trône, la respiration sifflante et la peau suant déjà toute sa fièvre.
Était-ce possible d'imaginer qu'un tel monument de grandeur pût être anéanti d'un souffle par quelques ridicules petits grains de poussières qui ne dépassaient même pas l'ordre du micromètre?
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En moins de deux minutes, Narcissa fut devant la porte de la chambre de Drago. Elle frappa pour la forme, puis, comme elle n'entendait aucune réponse, elle entra. Sa première réaction fut de constater que la chambre paraissait étrangement vide, et elle comprit bientôt pourquoi: l'armoire qui contenait tous les effets de Drago était grande ouverte, vidée de toutes les effets qui la remplissaient d'habitude.
Mue d'un pressentiment, elle regarda dans toute la chambre, pour voir si quelque chose traînait. Elle aperçu bientôt un petit livre reposant sur le lit, ouvert à la page où il avait dû s'arrêter.
(Le Petit Prince, chapitre vingt-sept)
« Cette nuit-là je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à la rejoindre il marchait d'un pas décidé, d'un pas rapide. Il me dit simplement:
-Ah! Tu es là.
Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore:
-Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai… »
Narcissa n'eut pas besoin d'en lire davantage. Elle se précipita vers les portes du manoir, un sentiment de catastrophe s'étant emparé de tout son être. Sans aucun souci de sa dignité, elle releva ses jupons et courut en direction des jardins. Une fois à l'extérieur, elle aperçut avec soulagement son fils, à quelques mètres des barrières du domaine Malefoy. Alors, de toutes ses forces, elle l'appela:
« Drago!… Drago Malefoy! »
Pétrifié, celui-ci s'arrêta. La terreur avait glacé tous ses membres. Presque aussitôt après, puisant au fond de lui dans un courage dont il n'avais jamais soupçonné l'existence, lentement, il se retourna, prêt à la confrontation, et cette fois-ci déterminé à suivre son cœur, quel qu'en fût le prix. En quelques secondes, Narcissa fut près de lui…
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Neville écarta bientôt Hermione de sa poitrine et la contempla longuement. Elle souriait, mais une lueur étrange habitait son regard. Le garçon la trouvait plus émouvante que jamais, comment ne pas être séduit par l'innocence qui se dégageait d'elle? Et comment un monstre comme Malefoy avait-il pu s'approprier indignement le droit de la détruire? Toutes ces questions n'avaient pas de réponse. Elles étaient. Il fallait vivre avec, et tourner la page sur autre chose, tout simplement.
Emporté par son amour pour elle, qui n'avait jamais cessé de le dévorer, peu à peu son visage se pencha…
Cependant, une fois encore, elle se rétracta, voulut le repousser. Exaspéré par ce nouveau refus qui ne faisait qu'aiguillonner son désir, il ignora d'abord ses faibles tentatives et tenta de prendre de force ces lèvres qu'il appelait de toute son âme. Complètement paniquée, Hermione cria et se débattit plus franchement:
« Non! Lâche-moi! »
Et brusquement, la peur qu'il lut dans ses yeux lui fit l'effet d'un coup de massue. Il la repoussa brutalement, furieux contre elle et contre lui-même. Échevelée, Hermione recula contre le mur en rampant presque, les yeux brillant de larmes. Le Griffondor ne tenta pas de la rattraper, voulant lui faire comprendre par là qu'il n'était pas une brute, mais il lui assena d'un ton accusateur:
« Tu sais Hermione, j'aurais aimé que tu sois quand même un peu plus honnête avec moi.
-Qu… quoi? Balbutia-t-elle.
-Franchement Hermione, est-ce que tu me prends pour un naïf? S'énerva Neville. Je sais très bien que si tu me repousses continuellement, ce n'est pas à cause d'un quelconque traumatisme que tu as vécu en mars.
-Comment oses-tu…? Commença-t-elle, suffoquant presque sous le coup de l'indignation.
-La vérité Hermione! La coupa-t-il en haussant le ton. La vérité, c'est que si tu m'a rejeté à deux reprises, c'est tout simplement parce que tu l'aimes encore! »
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En Albanie et plus précisément dans le château de Voldemort, c'était la débandade. Plus personne n'accordait d'attention au corps calciné de Harry Potter pas plus qu'à celui de leur feu maître, trop occupés qu'ils étaient à tenter de sauver leur précieuse vie; pas plus qu'on en accordait d'ailleurs au corps de Voldemort qui commençait déjà à empester la salle de réception. Tous se ruèrent presque en même temps vers la salle aux balais, sans savoir qu'une horrible surprise les y attendait…
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Face à face, séparés seulement de quelques pouces, la mère et le fils se regardaient droit dans les yeux. Enfin, ce fut la dame qui rompit le silence en premier:
« Tu allais oublié ceci Drago. »
Elle lui tendit alors le petit livre qu'elle avait eu l'intelligence d'emporter dans sa course, ce petit livre qui avait tout changé… Pris au dépourvu, il la darda de ses yeux agrandis par la stupeur, elle lui sourit simplement et, voyant qu'il ne bougeait pas, lui remit délicatement le roman entre ses mains. D'une voix rauque et bouleversée, le garçon ne put que murmurer:
« Merci… mère. »
Tous deux s'observèrent encore, un peu gênés, conscient cependant d'arriver à un tournant décisif, un point de non-retour. Enfin, maladroitement, le jeune Malefoy salua sa mère et reprit son chemin vers les grandes portes en fer forgé qui clôturaient le jardin. Ce n'est qu'une fois qu'il disparut de son champ de vision que Narcissa s'autorisa à verser quelques larmes. Mais au fond d'elle-même, elle était heureuse: aujourd'hui, son fils avait trouvé sa voie, et pour une mère c'était une chose sans prix. D'une voix émue, elle psalmodia:
« Va mon Drago, retrouve-la. »
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Assise par terre, lamentablement affaissée contre le mur, Hermione considérait Neville comme si elle ne le reconnaissait pas. Ce dernier lui lançait un regard noir, sans pitié pour la jeune fille qui tremblait de tous ses membres. Enfin, cette dernière parvint à déglutir péniblement, puis retrouva peu à peu l'usage de ses membres. D'une voix enrouée, elle bredouilla pitoyablement:
« Je… je ne comprends pas ce que tu dis.
-Au contraire, tu le sais très bien, riposta Neville. Cesse de me mentir Hermione… ou au moins cesse de te mentir à toi-même. Ça devient vraiment ridicule à la fin. Admets-le une bonne fois: tu l'aimes!
-Non, c'est faux, protesta-t-elle faiblement, les yeux gonflés de larmes.
-Alors dis-le moi, enchaîna-t-il impitoyablement. Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu ne l'aimes pas. Affirmes donc que tu n'aimes plus Drago Malefoy. »
Elle regarda, mortellement pâle, les yeux exorbités, tandis que lui ne la quittait pas une seconde des yeux. Elle ouvrit la bouche une première fois, la referma et baissa le regard. Mais immédiatement après, elle le releva et tenta une nouvelle fois de s'exprimer. En vain. Des larmes silencieuses dévalaient sur ses joues à présent. À la fin, elle rouvrit la bouche une troisième fois et put enfin parler, ou plutôt sangloter:
« Je… je suis… désolée Neville. J'aurais tellement aimé… pouvoir t'aimer. »
Les joues écarlates, elle enfouit son visage entre ses mains et pleura silencieusement. De son côté, le Griffondor avait du mal à ne pas en faire de même. Toutefois il se retint, refusant de faire preuve de faiblesse devant elle: elle culpabilisait suffisamment comme ça sans qu'il ait besoin d'ajouter son chagrin au sien. Elle avait besoin qu'on l'aide, pas qu'on l'enfonce.
Mais alors qu'il s'apprêtait à parler de nouveau, un bruit suspect l'alerta: une sorte de sifflement aigu et rapproché. Intrigué, Neville eut beau tendre l'oreille, il ne put trouver la source de l'étrange bruit. C'était de plus en plus rapproché, et aussi de plus en plus intense, comme si la « chose » qui l'émettait s'avançait vers l'endroit l'endroit où ils étaient. Bientôt cela s'accéléra, comme une respiration dans un effort?
Une respiration…
Ce n'est que lorsqu'il retourna son regard vers la forme toujours prostrée devant lui qu'il comprit: c'était elle qui faisait ce bruit anormal, inquiétant. « Au nom du ciel, quoi encore? » Paniqua-t-il intérieurement en se rapprochant d'elle. Trop éprouvée par toutes ces émotions fortes qu'elle avait vécu ces derniers instants, Hermione était simplement en train de craquer: elle faisait une crise d'angoisse, et ne parvenait plus à respirer.
Alors il lui empoigna les deux bras en dégageant son visage.
« Hermione! Hermione! L'appela-t-il. Calme-toi! Est-ce que tu m'entends? Il faut que tu te respires. Hermione, calme-toi! »
Elle le regarda un moment de ses grands yeux hallucinés, puis contre toute attente, se calma brusquement. Plus exactement, elle se figea, visiblement paralysée par quelque chose. Puis, sous le regard horrifié du Griffondor, un voile rouge recouvrit ses pupilles avant de s'étaler sur toute la surface de chaque œil comme si les minuscules vaisseaux sanguins explosaient les uns après les autres. Et soudain, de façon totalement inattendue, elle hurla. D'un hurlement aigu et lancinant qui glaça Neville de tout son être.
Et son instinct comprit avant lui ce qui allait se produire.
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Dans la chambre de Rowena, la vie du dernier pétale ne tenait plus à grand-chose.
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Et tandis qu'une rose agonisait, du fond de son lit, une jeune fille rousse papillonnait des yeux difficilement. C'était encore un effort épuisant pour elle, qui était inconsciente depuis si longtemps. Elle entendait vaguement des éclats de voix non loin d'elle, comme si on disputait. C'était assez désagréable, entêtant. Ginny n'en pouvait plus, elle aurait tellement voulu pouvoir leur hurler: « Taisez-vous! Laissez-moi dormir! » Malheureusement, elle était trop affaiblie pour émettre le moindre le son, mais aussi trop proche du réveil pour se rendormir. C'était diablement frustrant!
Finalement, après plusieurs tentatives infructueuses, elle parvint à garder les yeux semi-ouverts. Bien que les formes fussent encore floues se confondissent avec les ombres, elle put rapidement discerner deux personnes qui se disputaient. La première semblait porter quelque chose de volumineux tandis que l'autre, un garçon apparemment, s'agitait dans tous les sens comme un bourdon surexcité.
« Mais ça ne va pas la tête de rentrer comme ça dans une infirmerie? Invectiva ce dernier. Il y a des malades ici!
-Désolé pour eux, mais ce n'est pas le moment! S'emporta la silhouette avec son « paquet ». Là, il y a plus urgent! »
La dispute continua mais Ginny n'y prêtait plus attention. Elle fronça les sourcils; cette voix ne lui était pas inconnue. Où l'avait-elle déjà entendue? Cet exercice de réflexion lui était assez pénible, car pour l'instant, sa mémoire ressemblait surtout à de la brume opaque. Mais alors qu'elle essayait de fouiller dans ses souvenirs pour se rappeler, une phrase capta brutalement son attention:
« Faîtes quelque chose je vous en supplie! Hermione va mourir! »
Hermione? Cela aussi, ça lui rappelait quelqu'un. Mais soudain, sans qu'elle comprît comment le mécanisme se fit, toute sa mémoire lui revint d'un seul coup. Et en une fraction de seconde, elle comprit où elle était et pourquoi elle était là. Plus loin devant elle, elle vit une petite agitation. Les contours des personnages étaient de plus en plus nets, mais elle n'avait plus besoin de les voir pour les reconnaître.
« Je suis désolé Londubat, mais nous ne pouvons rien faire d'autre qu'attendre. »
C'était le soignant. Neville murmura furieusement, portant toujours la forme endormie à bout de bras. Enfin, Gaspard courut vers le fond de la salle et disparut de champ de vision de Ginny. Il y eut quelques minutes d'attente, puis le garçon revint, rouge et essoufflé, les bras chargés d'un énorme paquet de draps qu'il installa avec soulagement sur une couche vide en face d'eux. Rapidement, il prépara le lit pour accueillir la jeune fille comateuse.
« Voilà. Pose-la ici », murmura le soignant.
Neville s'exécuta et posa son précieux fardeau sur l'un des rares lits inoccupés. À présent en plissant les yeux, Ginny pouvait distinguer les visages. Elle reconnut aussitôt celui de la jeune personne allongée et évanouie: Hermione…
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Au même moment, en Albanie, les mangemorts contemplaient de leurs yeux exorbités la salle aux balais dont les murs noircis par la suie, étaient tout ce qu'il restait de l'incendie récent. Ah, tient non! Au sol, de la cendre était répandue sur toute la surface des dalles, et dans l'air, un message brillait en lettres de feu:
« Maintenant vous êtes cuits. »
Le dernier jeu de mot macabre de Harry Potter.
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Loin de là, à l'infirmerie de Poudlard, c'était le branle-bas de combat.
Après qu'elle eût crié, Hermione était tombée tout d'un coup dans un état de catalepsie profonde, encore plus alarmant que son hurlement de souffrance. Fou d'inquiétude, Neville avait immédiatement couru de toutes ses forces à l'infirmerie en portant son amie inconsciente dans ses bras. Du sang avait bientôt commencé à apparaître au coin de sa bouche.
Arrivé à destination, le Griffondor avait ouvert les portes d'un coup de pied sans même prendre la peine de frapper. Alerté par le bruit, Gaspard s'était vers lui, l'air réprobateur, avant de l'invectiver sévèrement de faire silence pour les malades.
Ils s'étaient ensuite légèrement disputés mais après quelques éclats de voix sans importance, Neville avait pu lui faire comprendre l'urgence de la situation et Gaspard avait pu aviser l'état de la jeune fille qu'il tenait toujours dans ses bras.
Affolé, le soignant s'était alors activité sans plus attendre pour aider le Griffondor, et moins d'une minute plus tard, Hermione reposait enfin sur un lit propre.
Cette dernière, plus pâle que jamais, ne s'était pas réveillée et un autre filet de sang s'était mis à couler de son nez. Malgré le déchirement que ce spectacle lui causait, Neville refusait de s'en aller. Il s'était assis sur une chaise à son chevet et lui tenait la main, affreusement conscient cependant de la vanité de son geste et de sa présence pour la guérison de son amie. Et comme un mantra, il ne cessait de répéter: « Ne me quitte pas, je t'en prie, ne me quitte pas. »
Nerveusement, Gaspard s'enquit derrière lui:
« Est-ce qu'on ne pourrait pas la sauver… avec un des remèdes, même incomplet? Ça avait marché la première fois…
Neville parut alors frappé d'une révélation.
-Oui, approuva-t-il. Bien sûr tu as raison. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt? Attends-moi, je reviens tout suite.
-Non! »
Abasourdis, les deux garçons se retournèrent. Les yeux, le nez et la bouche en sang, Hermioner s'était arrachée de sa torpeur et redressée à demi sur les draps. Blême et décharnée, les yeux hagards, elle avait encore la bouche ouverte sur l'injonction qu'elle avait jetée d'une voix cassée. Puis, devenant plus lucide, elle se maintint toujours sur ses bras et les toisait tous les deux, d'un air à la fois farouche et suppliant.
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À défaut de pouvoir s'échapper en balai, en transplanant, ou encore par l'intermédiaire de leurs elfes, les mangemorts durent se rebattre sur la dernière option qu'il leur restait: tenter de retrouver les limites de l'enceinte en y allant à pied.
Malgré le danger imminent qu'ils ressentaient de tout leur instinct, personne parmi les mangemorts ne pouvait deviner qu'aucun d'eux ne ressortirait vivant de cette tragique aventure. Et ceci, tout simplement parce que les sorciers étaient devenus tellement dépendants de leur magie, qu'il ne pouvait plus se rendre compte de l'importance des barrières géographiques et naturelles qui les entouraient en permanence.
Désormais, privés de leurs pouvoirs, ils se retrouvaient aussi démunis que des cracmols, à la seule différence qu'ils avaient encore moins de chance de s'en sortir, du fait que cet état de vulnérabilité ne leur était pas familier. Ils n'étaient pas habitués à être ramené sur le même pied d'égalité avec les moldus, c'est-à-dire soumis aux même lois de la nature.
Le grand rêve de Voldemort tournait au cauchemar pour eux.
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Mais les mangemorts n'étaient pas les seuls à nager dans le cauchemar: à Pré-au-Lard dans un hôtel à l'écart, Drago Malefoy avait réservé une chambre sous un faux nom et une fausse apparence. En attendant de trouver un moyen d'infiltrer l'école de sorcellerie en contournant le cordon sanitaire, le Serpentard s'était installé non loin du château.
Car évidemment, à la mort de Lucius Malefoy, un autre gardien avait pris la relève à son poste devant la Cabane Hurlante et de ce fait, Drago ne pouvait plus entrer aussi facilement qu'il était sorti, sans compter qu'il avait également le souci de se cacher car si quelqu'un le reconnaissait ici, il était perdu.
Épuisé par les trop nombreuses nuits blanches qu'il avait faites ces derniers mois, ce dernier s'était endormi sans s'en rendre compte. Maintenant, il se tordait sur le lit, en proie à un rêve qui paraissait le torturer. Des larmes brûlantes ruisselaient sur ses joues.
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Toujours sur son lit, la mourante articula:
« Ce n'est… ce n'est pas… la peste…
-Quoi? S'étrangla Gaspard sans comprendre.
-Je n'ai pas… la peste, hacha-t-elle avec difficulté.
Les deux garçons se regardèrent, consternés. La jeune fille poussa soudain un faible gémissement de douleur: du sang coula alors de ses oreilles. Puis, elle appela son ami d'un ton implorant:
-Neville… Neville… s'il-te-plaît…
La garçon accourut immédiatement auprès d'elle. Sans se soucier du sang qui maculait son visage, il posa une main sur sa joue et l'autre derrière son dos pour la soutenir et lui murmura doucement à l'oreille:
-Tout va bien Hermione. Je ne te quitterai pas.»
Mais elle s'agitait, de plus en plus angoissée, et se saisit brusquement du col de la chemise du Griffondor pour rapprocher son visage. Interloqué, celui se laissa faire sans oser bouger. Puis, agrippant son épaule de l'autre main, elle se releva en position assise et lui chuchota des paroles à l'oreille.
Conscient d'être de trop, Gaspard se recula de quelques mètres. Placé alors où il était, il ne pouvait entendre leur conversation, mais il constata que Neville semblait avoir du mal comprendre ce qu'elle lui disait. Des expressions fugaces passèrent tour à tour sur leurs visages: la supplication chez Hermione et l'incompréhension chez Neville tandis que ressortaient les mots: « Important… souvenirs… Rogue… la pensine… » Puis soudain, un peu plus tard, l'épouvante se peignit sur la figure du garçon alors que la jeune fille sanglotait contre lui, les larmes se mêlant au sang sur ses joues, mais Gaspard ne put entendre ce qu'elle disait à ce moment-là.
À la fin, Neville tenait étroitement la jeune fille dans ses bras. Cette dernière, épuisée, laissait sa tête reposer sur son épaule. Lui avait enfoui sa tête dans son abondante chevelure bouclée et brune et fermé les yeux. Mais le soignant n'avait pas besoin d'un gros plan pour voir qu'il pleurait. Bientôt, le Griffondor tourna la tête vers lui et Gaspard se sentit soudain faible comme un enfant devant l'expression qui tordait ses traits. Enfin, Londubat le supplia doucement:
« Est-ce que… tu veux bien nous laisser seuls s'il-te-plaît? Nous ne la sauverons pas…
Respectueux de son chagrin et comprenant ce qu'il allait faire, Gaspard hocha la tête et s'éloigna, les laissant tranquilles pour les dernières minutes qu'il leur restait à vivre ensemble. Hermione tremblait de tous ses membres. La douleur lui brûlait les yeux à présent. Alors, sans réfléchir, elle fit sa dernière prière:
-Neville…
-Oui, souffla-t-il contre son épaule.
-Tu veux bien… est-ce que tu veux bien… m'embrasser?
Le garçon se détacha d'elle, le visage baigné de larmes, trop désespéré pour se sentir heureux de sa requête qu'il avait tant attendue par le passé. À la place, d'une voix enrouée, il demanda:
-Pourquoi?… Pourquoi?
Elle le regardait, les yeux toujours ensanglantés, puis avoua spontanément:
-Parce que je t'aime. »
Et elle fut frappée par la véracité de ses paroles: elle aimait Neville, d'un amour profond, sincère. Au fur et à mesure qu'elle avait appris à le connaître en le côtoyant pendant des mois, Hermione était petit à petit tombée amoureuse sans le savoir de cet homme extraordinaire. Elle fut alors submergée par le regret. Regret de ne pas l'avoir rencontré plus tôt, regret de l'avoir compris trop tard. Car cet amour était sans espoir: il ne faisait pas le poids face à l'autre.
Ses pensées et ses émotions actuelles durent se refléter sur son visage car une expression puissante traversa les traits du jeune homme. Puis, sans réfléchir, il pencha son visage et captura avec dévotion ces lèvres qui lui avaient si souvent été refusées, se moquant royalement du sang qui s'était coagulé dessus.
Ils échangèrent un baiser long, à la fois tendre et passionné, un baiser au goût du sang et des larmes, mais aucun d'eux n'en avait cure.
Bientôt, ils durent rompre le contact. Neville la reprit alors dans ses bras et la berça encore un peu. Se haïssant de ce qu'elle lui avait demandé de faire tantôt, Hermione le pria faiblement:
« Neville… s'il-te-plaît… »
Déglutissant avec peine, le garçon sortit sa baguette, la coinça entre eux deux et la pointa sur le cœur de la jeune fille. Celle-ci le regardait, confiante et apaisée, un sourire débordant de reconnaissance. Rendue aveugle par le sang qui obstruait ses yeux, Hermione les ferma comme si elle dormait. Puis, elle laissa peu à peu le visage de Drago envahir sa tête, l'homme qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer.
Elle voulait au moins l'imaginer une dernière fois… Drago…
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À Pré-au-Lard, toujours emprisonné dans son cauchemar, Drago haleta, une terreur sans nom le glaça de tout son être… Hermione…
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Dans la chambre de Rowena, la rose mourante émit une dernière lueur verte à travers son dernier pétale…
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Rassemblant toute sa volonté et son courage, le Griffondor susurra la formule sans bégayer:
« Avada Kedavra ».
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Drago se réveilla brusquement en hurlant :
« Non! »
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Et dans la chambre de Rowena, le dernier pétale tomba.
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Une rose était morte.
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Fin de la deuxième partie
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Non ! On baisse les lances-flammes, ça aussi c'était prévu depuis le début ! Cela a toujours été écrit sur le contrat… là, en tout petit ! :p Et puis si on reste honnête avec soi-même, une histoire de peste ça ne peut pas bien se terminer. D'ailleurs dans le roman d'Albert Camus, il se passe la même chose à la fin !
Mais ce n'est pas encore fini! Et oui, il y a des tas d'autres mystères à résoudre: de quoi Hermione est-elle morte? Que peut bien contenir la pensine de Rogue? Drago va-t-il revenir à Poudlard? Le remède sera-t-il terminé à temps? Qui a introduit la peste à Poudlard? Pourquoi l'elfe Winky s'est-elle pendue en tout début d'année? Et oui, toutes ces questions ne vont pas demeurer sans réponse.
Si vous voulez les connaître toutes, il va falloir les mériter, et oui! Allez, j'espère que je n'en ai pas trop tué en chemin, et je vous souhaite une bonne semaine.
