XIV) Apparition de l'officier des cauchemars

Gon et Biscuit mirent près de 3 heures à parcourir le donjon. Le donjon en lui-même n'était pas difficile et ses pièges, peu dangereux. Mais les deux enfants étaient tous les deux nuls en jeux vidéo et résolutions d'énigmes. Par exemple, il leur fallu une heure pour comprendre qu'il leur fallait trouver trois clefs spéciales pour ouvrir la porte menant aux caves. Il leur fallu également autant de temps pour comprendre qu'ils devaient éliminer des ennemis dans un certain ordre pour obtenir une de ces clefs. Mais ils finirent par atteindre la salle du boss, une espèce de proxénète géant manipulant deux énormes haches d'argent. Gon se débarrassa de lui en trois coups de point bien placés sur son point faible, ses minuscules bijoux de famille. Le boss disparu, laissant une magnifique clé dorée. Les deux enfants s'en servirent pour ouvrir la porte qu'il gardait. Ils arrivèrent alors dans une chambre magnifique où les attendait une ravissante demoiselle aux cheveux noirs. Après un petit discourt visiblement programmé, elle leur demanda de l'emmener dehors. Lorsqu'ils atteignirent l'entrée, ils retrouvèrent Kirua avec un Jill couvert de bosses et de bleus.

- Ah ? Vous avez enfin fini ? Ca devait être super dur, comme donjon.

- Ne nous en parle pas. Les énigmes étaient épouvantables. Mais… qu'est-ce qui t'es arrivé, Jill ?

- Oh, disons qu'il y avait des pièges à l'extérieur de la propriété, expliqua Jill, gêné.

- Jill n'est définitivement pas fait pour les combats, le taquina Kirua. Mais ce n'est pas grave. Je ferais tout pour qu'il ne lui arrive plus rien.

Gon ne s'en rendit pas compte, mais les commentaires de Kirua étaient chargés d'insinuations. La jeune fille du donjon fit alors un pas hors de la propriété et se changea en carte, la n°43 « jeune fille à la poudre d'or ».

- Yes, ça a l'air d'être une carte assez intéressante. Utile à ramener dans la réalité…

- Allez, c'est à nous, Jill.

Le reporter suivit son « protecteur » dans la propriété. Biscuit s'allongea dans l'herbe, souhaitant faire une sieste.

- Il ne faut pas se relâcher, lui fit remarquer Gon. Il y a des pièges à l'extérieur.

- Parce que tu crois vraiment ce qu'ils t'ont dit ?

- Hein ?

- Il n'y a pas de pièges dehors. Ils nous ont menti. Jill a été blessé par autre chose, et Kirua fait pression sur Jill pour qu'il ne dise pas par quoi.

Un frisson désagréable parcouru le petit garçon. Kirua lui cachait quelque chose… Pourquoi ? Ils étaient pourtant amis.

- Ne te torture pas l'esprit. Tout le monde peut avoir des secrets… Il y a des choses que tu peux souhaiter ne dire ou montrer à personne, même à tes parents, même à tes plus proches amis.

- Mais…

- Parfois, la vérité peut blesser les gens que tu aimes. Dans ces cas-là, est-ce vraiment nécessaire de leur dire cette vérité?

- Hmmm…

A ce moment là, trois hommes apparurent sur le chemin. Nos deux héros comprirent immédiatement qu'ils avaient un problème. Ils étaient incroyablement nerveux et des papillons de nen étaient posés sur leurs têtes. Arrivés à leur niveau, l'un d'entre eux leur demanda si des personnes étaient à l'intérieur du donjon. Les enfants lui répondirent par l'affirmative. Les hommes eurent un sourire nerveux.

- Pas de chance, il faut attendre. La porte ne pourra s'ouvrir que lorsque les autres joueurs seront sortis.

- …Et ça peut prendre des jours...

- … Sauf s'ils meurent, mais nous n'avons aucun moyen de le vérifier. Nous n'avons pas le choix. Il faut attendre.

Mais soudain, l'un d'entre eux sursauta.

- Aaaargh, je vous en prie… On ne peut pas entrer pour le moment. Les portes sont closes jusqu'à ce que la personne qui y joue en sorte.

- Pitié… ce n'est pas notre faute.

Les trois hommes se prosternèrent, tremblants et couverts de sueur, devant une menace invisible.

- Excusez moi, mais… qu'est-ce qui se passe ? demanda Gon.

- Nous devons… nous devons obtenir la carte 43, ainsi que les 4 autres cartes cachées qui se trouve dans ce donjon. C'est notre dernière chance.

- Dernière chance de quoi ?

- Si nous n'arrivons pas à terminer ce donjon, l'officier des cauchemars fera en sorte que nous ne bloquions pas l'accès au jeu.

- Il va… nous supprimer. Je vous en prie. Si vous avez déjà affronté ce donjon, pouvez vous nous en parler ? Dites nous quel genre d'énigmes il faut résoudre. Quel genre de piège, quel genre de monstres… Et surtout, donnez nous la solution.

- Stop, stop stop, intervint Biscuit. Je ne comprends rien à votre histoire. Et d'abord, c'est quoi, cette histoire de cartes cachées ? Est-ce que c'est ces fragments de cartes là ?

Elle sortit son classeur et sortit trois cartes où étaient écrits « Fragments de la carte bleue » et numérotées 1, 2 et 3.

- Ouuuiiii, c'est ça, dit l'un d'entre eux, presque sur le bord des larmes.

La fausse fillette recula, faisant mine d'être effrayée.

- Donne-les-nous, nous t'en supplions.

Mais Biscuit continua son interrogatoire.

- Qu'est-ce qu'elles ont de si spécial, ces cartes ? Nous étions trop concentrés sur les clés spéciales.

- Elles indiquent l'emplacement d'une carte de rang SS : Blue Planet. On ne peut trouver le joyau sans les quatre fragments de cette carte.

- QUOI ? GON, ON RETOURNE DANS LE DONJON !

- C'est impossible.

Tous se retournèrent, un homme se trouvait au milieu du chemin. L'espace d'un instant, il sembla petit et laid, mais la vue des enfants se troubla. Quand leurs sens redevinrent normaux, ils purent voir une personne de grande taille, belle, aux cheveux couleur vin et enveloppé d'une grande cape rouge. Cette personne avait un visage d'androgyne. Ni Gon ni Biscuit n'aurait pu savoir s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Les trois hommes se prosternèrent à nouveau.

- Maîîître, pitiéééé.

Le nouveau venu les ignora et s'adressa aux enfants.

- On ne peut entrer qu'une seule fois dans ce donjon. Si vous êtes déjà entré dans ce donjon, vous ne pourrez plus y rentrer. C'est pour ça que la carte de Blue Planet est si difficile à obtenir.

- Aaaargh, s'agita Biscuit. Mais Jill et Kirua… s'ils ne trouvent pas la quatrième carte, on va passer à côté ! Il faut les contacter avant qu'ils ne finissent le donjon.

Elle fouilla dans son classeur, mais ne trouva pas de cartes de contact. Elle avait déjà utilisés les siens pour trouver Jill.

- Gon, ton classeur !

Le garçon obéit, mais au même instant, la porte du donjon s'ouvrit.

- Stooooop ! Ne sortez pas, s'écria Biscuit.

- Hein ? S'étonna Kirua.

- Ne sortez pas… Attendez… vous êtes dans le donjon depuis une demi-heure et…

- Et on a trouvé la jeune fille.

- EN SEULEMENT UNE DEMI-HEURE ?

- Kirua, est-ce que tu as trouvé des fragments de carte ?

- Oui trois.

- Ne sors pas. Il y en a une quatrième. Si tu la rate, nous ne pourrons plus trouver le Blue Planet.

- ah, mais… il y a toute une file derrière vous. Vous êtes surs ?

- Je t'interdis de sortir sans ce fragment numéro 4, grogna Biscuit d'un ton très menaçant.

Mais la jeune fille à la poudre d'or passa le portail comme un automate, se transforma en carte, et une force étrange expulsa les garçons.

- …

- …

- Kiruaaaa, Jiiiill.

Une aura terrifiante se mit à jaillir du professeur. Les trois hommes, horrifiés, se ruèrent à l'intérieur, où ils savaient qu'elle ne pourrait plus les suivre.

- BANDE D'INCAPABLES, MINABLES, NOLIFES !

Elle se transforma en un gigantesque montre, une femme couverte de muscles, disgracieuse et laide au possible.

- VOUS ALLEZ MOURIIIIIR !

Kirua attrapa Jill et se mit à courir. Le monstre Biscuit se lança à leur poursuite. Gon resta seul avec l'étrange androgyne.

- … Heu, et au fait, qui êtes-vous ? Le maître des trois autres ?

Il eu un sourire, fit passer sa main d'un geste désinvolte dans ses cheveux et répondit.

- Non, je suis juste un haut officier de l'organisation du Trian. Je suis Maçy, l'officier des cauchemars.

- Ah ? En tout cas, ils avaient l'air d'avoir peur de vous.

Toujours aussi narcissique, l'officier prit une pose théâtrale.

- Oh, je suis responsable de surveiller nos recrues qui jouent dans Greed Island. Nous n'avons que quatre consoles à notre disposition, alors nous devons faire attention aux personnes que nous envoyons. Des incapables comme ces trois-là sont vraiment des poids morts. Je suis obligé de faire le ménage pour permettre à des personnes plus compétentes d'entrer. S'ils ne devaient pas se montrer capables de terminer ce petit donjon, je devrais les renvoyer dans le monde réel.

- Je vois… Monsieur Battera disait la même chose. On a du batailler ferme pour qu'il daigne nous engager.

Et ce fut à cet instant qu'il réalisa que le type avait mentionné le mot « Trian ».

- Ah, mais… le Trian, c'est le fameux laboratoire…

- Tu es bien renseigné, mon petit. Ca t'intéresserait, une petite amélioration ?

- Comment ça ?

- Notre laboratoire est spécialisé dans le développement du nen. Nous pouvons te permettre d'augmenter la puissance de ton Ren de manière stupéfiante, te permettre de maîtriser de puissants Hatsu en moins d'un an. Nous pouvons t'introduire auprès de riches employeurs pour que tu puisses gagner de l'expérience, de l'argent et du pouvoir.

- Qu'est-ce que je dois faire pour ça ?

- Pas grand-chose. Juste signer quelques papiers de formalité, passer une semaine à l'hôpital pour les traitements, payer les frais médicaux, et après, nous nous occuperons de tout.

- Ca a l'air intéressant, j'y penserai.

- Au fait… je crois que la récompense de Battera n'est que de 50 milliards de Jénis.

- Et ?

Il eu un nouveau rire arrogant.

- Un garçon de ton talent, au sein du Trian, pourrait facilement gagner 5 milliards par an. Réfléchit bien à cette proposition. Si, lorsque tu finis le jeu, tu nous remets les trois cartes que tu auras pu emporter, tu seras immédiatement engagé, sans aucun frais d'inscription, avec le grade de capitaine.

- Oh, vous savez, je suis encore loin d'avoir terminé le jeu. Nous n'avons que deux cartes d'emplacement fixe, pour le moment.

Macy le regarda d'un air surpris.

- Et puis… non, je ne sais pas à quoi ressemblent toutes les cartes d'emplacement fixes. Mais attendez, on peut ramener les cartes dans la réalité ?

- Tu n'étais pas au courant ? lui répondit l'officier, l'air incrédule.

- Non. Enfin, j'avais compris qu'il y avait moyen de ramener quelque chose dans la réalité, mais je ne savais pas qu'il s'agissait des cartes.

- Mais… (Qu'est-ce que je fous avec ce gosse ?) Pourquoi joues-tu à ce jeu, alors ?

- Parce que je cherche mon père, et qu'il a créé ce jeu. Je cherche des indices.

- Et c'est qui, ton paternel ?

- Il s'appelle Jin Freecss.

- Ji…

Il y eu un hurlement dans la cour du donjon. Les statues des dragons gardant l'entrée se mirent à baver du sang. L'officier soupira.

- Ils sont morts… Quelle perte de temps. Enfin… Petit, je vais y aller. Pense bien à ma proposition. Tu seras plus que bienvenu au laboratoire.

Et il disparu dans un nuage de papillons mauves.

- Qu'est-ce que c'était que ce type ? se demanda Gon, perplexe. Je me demande vraiment pourquoi on l'appelle l'officier des cauchemars. Il ne m'a pas fait peur du tout avec ses papillons.

Peu de temps après, Biscuit revint. Elle était à nouveau une fillette et traînait un Jill et un Kirua inconscients.

- Gon, nous partons à la recherche des élèves de Nohime. Ils sont notre dernier espoir pour la carte.