Nathaniel s'approcha avec un timide sourire, saluant aimablement Rose, Juleka et Nino, avant de rougir sensiblement tandis qu'il se penchait pour faire la bise à Marinette. Inconsciente de l'effet qu'elle faisait manifestement à son ami, cette dernière lui adressa un lumineux sourire.

- « Je suis contente de te revoir », s'exclama-t-elle, « ça faisait tellement longtemps ! J'ai pensé à toi l'autre jour, je suis tombée sur une publicité pour un salon de la bande dessinée et j'ai vu que tu y étais cité comme un jeune auteur prometteur. Ton travail est de plus en plus reconnu, toutes mes félicitations ! », rajouta-t-elle, sincèrement ravie de la réussite croissante de son ancien camarade de classe.

Le jeune homme s'empourpra de plus belle, son visage à présent d'un beau rouge vif se mettant à jurer furieusement avec la couleur orange prononcée de ses cheveux.

- « J-Je te remercie », balbutia Nathaniel. « Et moi aussi je suis content de te revoir », poursuivit-il d'une voix douce, ses joues devenant encore plus écarlates alors qu'il dévisageait la jeune femme comme s'il était hypnotisé par ses pétillants yeux bleus. « Tu es absolument superbe. »

Pendant que Marinette le remerciait, se méprenant sur le sens de son compliment et lui détaillant avec passion comment elle avait confectionné la robe qu'elle portait pour ce grand jour, Adrien et Alya attendaient patiemment de se faire servir.

Adrien n'avait pas manqué de remarquer ce jeune homme qui s'était approché de Marinette, tout comme il n'avait pas omit de noter combien il semblait être sous le charme de sa ravissante compagne. Marinette ne semblait pas s'en rendre compte, mais vu de l'extérieur, c'était absolument frappant. La façon dont il la dévorait des yeux, dont il rougissait à chacun de ses sourires… Adrien était tellement absorbé par la contemplation de cette scène qu'il en oublia de répondre à la question que venait de lui poser Alya.

- « Hoho », lança malicieusement cette dernière, suivant le regard du jeune homme, « Nathaniel est arrivé ? »

- « Nathaniel ? », répondit distraitement son ami, ses yeux d'un vert perçant toujours braqués sur les deux jeunes gens.

- « Oui, un de nos anciens camarades de classe. Et comme tu peux le voir, il a toujours eu un gros faible pour Marinette », répliqua-t-elle avec un petit rire, confirmant ainsi les soupçons d'Adrien.

Le jeune homme sentit sa mâchoire se contracter involontairement, tandis que son rythme cardiaque s'accélérait de façon sensible. Il n'avait aucune raison d'être jaloux, il le savait, et il avait la plus totale confiance en Marinette. Mais bien que sa raison ne lui hurle que c'était inutile, il ne pouvait s'empêcher de frémir à chaque fois qu'il voyait un autre homme lui porter de l'intérêt. C'était comme si une bête incontrôlable avait élu domicile au creux de ses entrailles, grondant sourdement et montrant les crocs dès que quelqu'un tournait trop ostensiblement autour de la jeune femme.

Ce qui était déjà moins absurde que de se disputer son affection avec son chat, se dit-il non sans une certaine ironie. D'une certaine façon, il y avait presque un progrès.

Adrien poussa un lourd soupir, se forçant à détourner le regard pour porter son attention vers le buffet. Il était jaloux, c'était un fait. Mais hors de question pour lui de se montrer possessif envers Marinette au point de l'étouffer. Il fallait qu'il prenne sur lui, et qu'il attende patiemment l'un de ces merveilleux moments où la jeune femme le regardait comme si rien d'autre n'existait au monde.

Et là, tout irait bien.

Pendant ces petits tours et détours qu'effectuait l'esprit contrarié d'Adrien, Alya fixait le jeune homme, amusée. Lorsque ce dernier s'en rendit enfin compte, le visage de la jeune journaliste s'éclaira d'un sourire ironique.

- « Tiens donc, serais-tu jaloux, par hasard ? », le taquina-t-elle.

- « Moi ? Non, juste contrarié quand je vois des concurrents potentiel », répliqua Adrien avec une petite grimace gênée.

- « Comme s'il risquait d'y avoir la moindre concurrence », rétorqua Alya avec un rire franc et clair. « Sincèrement, s'il y a bien un couple pour lequel je ne m'inquiète pas une seconde, c'est bien toi et Marinette. Vous êtes faits l'un pour l'autre, ça saute aux yeux. »

- « Va expliquer ça à mon instinct possessif », répondit son ami en riant aux éclats, avant de lui serrer affectueusement l'épaule pour la remercier de ses paroles encourageantes. « Je suppose qu'on prend une coupe de champagne de plus ? »

- « Tu supposes bien », répliqua Alya avec un clin d'œil espiègle.

Les deux amis réussirent enfin à mettre la main sur les verres qu'ils étaient venu chercher, puis bravèrent ensuite une seconde fois la foule pour s'éloigner du buffet, se contorsionnant de façon parfois acrobatique pour parvenir à se faufiler à travers la masse des invités sans pour autant répandre partout le pétillant breuvage.

A leur grand soulagement, ils rejoignirent leur petit groupe sans encombre, distribuant les précieuses coupes de champagne à leurs amis. Adrien s'était placé entre Nathaniel et Marinette d'un mouvement qu'il espérait naturel et innocent, mais le regard gentiment ironique que lui jeta Alya lui confirma qu'au moins une personne dans cette pièce n'était pas dupe de sa pourtant subtile manœuvre.

- « Merci, chaton », le remercia Marinette en prenant entre ses doigts fins le verre qu'il lui tendait. « Je te présente Nathaniel », poursuivit-elle avec un petit geste de sa main libre. « Lui aussi était dans notre classe au collège. Nathaniel, voici Adrien. »

Adrien se sentit presque coupable durant l'espace d'une fraction de seconde, quand il surprit le furtif air peiné qui se peignit sur la figure de Nathaniel, tandis que le jeune artiste prenait douloureusement conscience de qui il était aux yeux de Marinette. Néanmoins, la bête qui logeait au creux de sa poitrine le rappela vite à l'ordre d'un rugissement impérieux, et ce fugace sentiment s'évanouit aussi rapidement qu'il était apparu pour laisser place à la simple satisfaction d'être enfin de nouveau au côté de son envoutante compagne.

Par ailleurs, sous ses dehors timides, Nathaniel s'avérait être d'une conversation très agréable, et s'il confessa sans aucune honte avoir longtemps eu des difficultés à suivre en cours, il n'en faisait pas moins preuve d'une impressionnante culture générale qu'il affirmait avoir glanée au cours de nombreuses recherches effectuées dans le cadre de son travail. De plus, s'il s'orientait actuellement vers la bande dessinée pour public adolescent, il avait effectué des travaux aussi divers qu'illustrateur pour des publicités ou dessinateur dans le domaine de l'animation, et il ne semblait jamais être à court d'intéressantes anecdotes sur le sujet.


Les mariés étaient revenus entre temps, se mêlant joyeusement à leurs invités. Mylène et Ivan surgirent soudain au milieu du petit groupe, leur demandant aimablement s'ils passaient un bon moment. Au lieu de la réponse qu'ils attendaient, ils furent accueillis par des cris de félicitations. Marinette et Rose se jetèrent sur Mylène, manquant de la faire basculer alors qu'elles lui plaquaient de sonores baisers sur les joues, tandis que Nino assenait une vigoureuse claque dans le dos d'Ivan. Pendant plusieurs minutes, la confusion fut totale, chacun se pressant autour des nouveaux mariés pour les congratuler. Quand le calme fut enfin revenu, leurs amis les assurèrent qu'ils passaient une journée absolument parfaite, tandis qu'une Rose de nouveau en pleurs serrait encore Mylène dans ses bras en lui affirmant qu'elle n'avait jamais rien vécu d'aussi émouvant. Ils bavardèrent encore quelques instants, puis le jeune couple s'excusa avant de s'éloigner pour aller saluer d'autres invités.

Quand l'heure du repas arriva, les amis se dirigèrent d'un même pas vers le plan de table, cherchant où leurs camarades les avaient placés. Ils découvrirent avec joie qu'Ivan et Mylène avaient fait en sorte qu'ils soient tous attablés ensemble, et s'installèrent rapidement tandis que le reste de l'assemblée en faisait de même.

Le traiteur que les jeunes mariés avaient choisi proposait des plats simples, mais excellents, et le brouhaha qui régnait déjà dans la salle se vit rapidement agrémenté de bruits de couverts et de vaisselle. Les serveurs œuvraient avec un professionnalisme impeccable, effectuant un élégant ballet entre les tables et les chaises pour veiller à ce que chacun soit correctement servi. A la table des anciens camarades de collège, la conversation se poursuivait joyeusement. Au grand désespoir de Marinette, la discussion avait fini par s'orienter sur ses milles et unes maladresses de collégienne. Adrien, au contraire, était plus que ravi de découvrir de croustillantes anecdotes sur sa désormais rougissante compagne, et ses yeux brillaient de joie et de malice tandis qu'il demandait de nouveaux détails au reste de la tablée.

- « Tu diras ce que tu voudras », lança Alya à sa meilleure amie dans un grand éclat de rire, « mais avoue qu'enfermer la prof de chimie à clef dans son bureau pour te laisser le temps de camoufler le fait que tu avais cassé toute la verrerie qui était dans l'armoire n'était pas l'idée du siècle. »

- « Déjà, ils n'avaient pas à ranger du matériel aussi fragile dans des armoires aussi instables », bougonna Marinette tandis qu'Adrien riait tant que des larmes perlaient au coin de ses yeux verts. « Et ensuite, comment voulais-tu que je devine qu'elle avait un double de la clef de sa porte sur elle ? », poursuivit-elle en levant dramatiquement les yeux au ciel.

- « Je préfère tout de même la fois où tu as fait tomber un pot de peinture entier dans les escaliers », intervint Nathaniel avec un petit sourire. « C'était très artistique. »

- « Et ça aurait probablement été moins catastrophique si tu avais transporté le pot en question fermé avec son couvercle, au lieu de le laisser grand ouvert », rajouta malicieusement Rose, arrachant un grognement de frustration à Marinette.

Adrien riait à présent tellement qu'il se tenait les côtes, peinant à reprendre son souffle, pendant que sa compagne se faisait de plus en plus rouge.

- « Idiot ! », lui lança-t-elle avec un sourire gêné, tout en lui assenant une légère tape sur le haut du crâne, geste qui n'eut pour conséquence que le fait de déclencher une nouvelle crise d'hilarité de la part de son compagnon et de ses camarades.

A la fin du repas, les lumières s'éteignirent brusquement alors qu'arrivait le moment tant attendu de la pièce montée. L'immense pièce de pâtisserie apparut surmontée de bougies qui projetaient de flamboyantes gerbes d'étincelles, illuminant tout sur leur passage. Ivan et Mylène se levèrent pour se fendre d'un émouvant discours sur les dix merveilleuses années qu'ils venaient de passer ensemble, mettant au passage les larmes aux yeux d'une très large majorité de l'assemblée, avant de remercier leurs invités pour être venus partager cet exceptionnel moment avec eux. Ils se placèrent ensuite aux côtés de la pièce montée, gardant un moment la pose pour permettre à leur photographe d'immortaliser l'instant, puis échangèrent un tendre baiser avant de laisser le soin aux serveurs de découper et servir ce traditionnel dessert.

Une fois le repas fini, des notes de musique s'élevèrent mélodieusement dans les airs, et Ivan entraîna Mylène sur la piste pour l'ouverture de bal. A la grande surprise de Marinette, son immense ami se mit à tournoyer élégamment au rythme d'une émouvante valse, guidant sans aucune peine apparente sa minuscule épouse. Une fois cette première chanson achevée, la plupart des invités se levèrent à leur tour pour rejoindre la piste de danse, et les anciens camarades de classe des nouveaux mariés se firent un plaisir d'en faire autant.

Bien que très sollicité par tous ses invités, Ivan prit le temps d'offrir une danse à Marinette, avant d'en faire autant pour Alya, Rose et Juleka, tandis que Mylène en faisait de même avec Nino, Nathaniel puis Adrien. Marinette trouva même une occasion de faire danser la mariée, avant de finalement regagner les bras d'Adrien.

De son côté, le jeune homme était aux anges.

Adrien avait en effet passé une extraordinaire journée, ponctuée de moments incroyablement riches en émotions qui l'avaient parfois mis au bord des larmes, alors que sa gorge se serrait et que son cœur battait à tout rompre, puis qui l'avaient à d'autres moments fait éclater de rire, lui donnant soudain l'impression d'être si léger qu'il aurait pu s'envoler de joie.

Le bal célébrant les noces de Mylène et d'Ivan couronnait merveilleusement ces fabuleux moments. La soirée était superbe, et le DJ faisait un excellent travail tandis que tourbillonnaient les invités au son des musiques qu'il passait sans discontinuer.

Marinette dansait avec Adrien, qui était à présent incapable de réussir à détacher son regard d'elle. Les lèvres délicatement ourlées de la jeune femme s'étiraient dans un de ces sourires qui donnaient l'impression à son compagnon la poignante impression d'être au centre de son univers, tandis que ses pupilles brillaient dans la semi-pénombre d'une lueur qui semblait presque surnaturelle. Ses yeux habituellement d'un bleu étourdissant scintillaient à présent des milles couleurs des projecteurs, semblant accrocher naturellement la moindre étincelle de lumière pour la redistribuer ensuite avec une intensité inouïe. Adrien était comme hypnotisé, se noyant avec délice dans ce regard magnifiquement semblable à un océan d'étoiles chatoyantes.

En dépit de l'éclairage tamisé de la piste de danse, Adrien pouvait parfaitement dire que les joues de Marinette étaient très certainement d'un beau rouge, en témoignaient les ombres délicates dont se paraient ses pommettes. Chaque fois qu'il la serrait dans ses bras, il pouvait sentir le cœur de la jeune femme battre furieusement dans sa poitrine, dansant miraculeusement au même rythme que le sien.

Et il se sentait heureux.

Il sentit soudain gonfler dans sa poitrine une extraordinaire bouffée d'affection pour cette jeune femme qui illuminait son existence et qui la parait de mille couleurs, lui faisant vivre des instants de bonheur dont il n'aurait jamais osé rêver. Et cette bouffée d'affection enfla de plus en plus, devenant rapidement un ouragan, une tempête de tous les sentiments amoureux qu'il ressentait depuis bien longtemps pour Marinette, qui se déchainait en emportant tout sur son passage.

Profitant d'un instant où les doigts de la jeune femme s'attardaient de nouveau dans sa main, Adrien attira vivement Marinette contre lui, l'emprisonnant dans ses bras et écrasant avidement sa bouche contre la sienne. Ignorant superbement la mélodie qui s'élevait dans les airs, leurs langues dansèrent un instant à leur propre rythme, avant que les lèvres des deux jeunes gens ne se séparent de nouveau. Le souffle soudain court, Adrien déposa une ligne de baiser le long de la gorge de sa compagne, jusqu'à presque atteindre le haut de sa mâchoire. Il serra de nouveau la jeune femme si fort dans ses bras que ses battements de cœur se confondaient désormais avec les siens, puis, prenant une grande inspiration, il approcha ses lèvres du creux de son oreille.

- « Je t'aime, Marinette », murmura-t-il, avant de reculer juste le temps de croiser ses immenses yeux brillants comme des étoiles, puis de se pencher pour l'embrasser à nouveau.

Cette soirée était parfaite.


Suite et fin du mariage d'Ivan et Mylène ! J'espère que ça vous a plu, de mon côté j'ai beaucoup aimé écrire ces chapitres.

Merci à tous pour vos favs et follows, et pour vos adorables reviews *^* . Je ne le répète pas assez souvent mais sincèrement ça me touche et m'encourage énormément ! Merci !