Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à JKR ou à Polaris sauf la traduction

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Chapitre 25 : Rage

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Salazar regarda silencieusement l'homme consumé par sa rage. Il n'avait pas vraiment cru Alec la fois où il lui avait dit que son professeur le prendrait mal, mais maintenant, il réalisait que l'adolescent avait eu raison. Le jeune sorcier faisait des va-et-vient dans la pièce, insultant Potter et tout ce qu'il avait connu sur le garçon. Écoutant l'homme, Salazar commença à plisser son front. Gâté ? Il avait passé suffisamment de temps avec Alec pour savoir qu'il n'était pas du tout gâté, en fait, Rowena lui avait montré beaucoup de souvenirs de son enfance, et, il ne pensait pas qu'il y avait une personne moins gâté que Harry. Arrogant ? Comment pouvait-il être arrogant si le garçon n'avait aucune confiance en soi ? Flemmard ? Non, Salazar savait que Harry avait travaillé dur pour ce qu'il voulait.

Plus il écoutait, et plus il devenait confus, jusqu'à ce qu'il atteigne une unique conclusion de tout ce monologue. Severus ne connaissait pas du tout Harry, mais il le comparait à quelqu'un. Finalement, alors que le maître de Potions prenait une inspiration, le fantôme parla avec fermeté.

« Puis-je demander de qui vous parlez ? »

Severus se retourna, il avait oublié que le Fondateur était encore là. Essayant de calmer la rage qui le consommait, il regarda le fantôme de travers qui flottait calmement là. « De Potter bien sûr, de qui d'autre penses-tu que je parle, d'idiot… »

« Faites attention à votre ton ! Je ne suis pas un de vos étudiants, et j'ai encore suffisamment de magie pour vous faire regretter de telles remarques. » Voyant le jeune homme reculer légèrement de lui, Salazar continua. « Vous ne pouvez pas parler d'Harry. »

Le regard confiant venant du fantôme surprit Severus pendant un moment jusqu'à ce que la colère l'envahisse à nouveau. « Bien sûr que je parles de ce Foutu Harry Potter ! Merci Merlin, il n'y a personne d'aussi gâté et d'arrogant, et… »

Salazar coupa ses divagations immédiatement. « Pour commencer, Harry n'est pas gâté. »

Cette fois, Severus parla avant que le Fondateur n'ait pu continuer. « Comment pouvez-vous savoir ça ? Avec sa famille qui répond à toutes ses attentes, et tout le monde sorcier le plaçant sur un piédestal, comment pouvez-vous dire qu'il n'est pas gâté ? »

Salazar se renfrogna. « Je ne savais pas que vous considériez qu'être enfermé, affamé et abusé verbalement comme être gâté, Severus. En ce qui concerne les attentes que le monde sorcier a envers lui, cela serait un poids pour n'importe quel enfant, surtout un qui a été élevé pour penser qu'il n'était rien d'autre qu'un monstre. »

Cette fois, le silence dura plus longtemps, mais pas tant que ça. « Est-ce que le gamin vous a raconté tous ces mensonges ? »

Salazar devenait maintenant de plus en plus énerver. « Non, il n'a rien dit, je l'ai vu dans son esprit. Vous devriez vraiment commencer à apprendre à vos étudiants comment se protéger des attaques mentales. Il a été ridiculement facile de voir ce que j'avais besoin de savoir pour m'occuper de lui. »

Voyant qu'il n'allait nulle part avec ces accusations, et stockant ce que le fantôme avait dit dans son esprit, Severus continua sur les autres 'fautes' du garçon. « Il est arrogant, aussi arrogant que son père ! »

Salazar leva un sourcil. « S'il vous plait, ne soyez pas ridicule, ce petit n'a aucune confiance en soi. Et si vous ne le voyez pas, alors, vous êtes soit aveugle, soit aussi stupide que toutes les personnes qui le vénèrent pour son nom. »

Severus sembla insulté, mais son inconscient commença à le harceler. « Il m'a déçu, il a ri de moi ! »

Salazar commença à perdre patience à ce point-là. « Oui, il vous a déçu, et tous les autres sous les ordres du directeur, et parce qu'il était plus en sécurité de cette façon. Vous ne pouvez pas me dire que vous n'auriez pas fait de même, ou allez-vous me dire que vous avez dit tout ce qui s'est produit au Seigneur des Ténèbres ou à Dumbledore ? Pour ce qui est de rire de vous, c'est des conneries. Cet enfant a appris à vous apprécier énormément, il aime passer du temps avec vous. »

Snape secoua sa tête, essayant d'effacer ces mots. « Vous mentez, Potter ne ferait jamais quelque chose comme cela s'il ne voulait pas se moquer de moi. »

Le fantôme serra ses dents, la colère dansant dans ses yeux argentés. « Cela suffit, si vous ne pouvez pas contrôler cette colère irrationnelle contre quelqu'un de mort, alors, je vais devoir vous y aider. »

Severus releva la tête d'un coup alors que le fantôme apparut devant lui. « Quoi… ? »

Avant qu'il n'ait eu la chance de finir sa question, ses yeux furent attirés par ceux appartenant à Salazar, et il sentit son esprit s'ouvrir. Même s'il essayait de résister, le Fondateur était bien plus fort que lui, et cela ne lui prit que quelques secondes pour rentrer dans son esprit. Puis, des images commencèrent à lui traverser l'esprit, des images qu'il savait ne pas lui appartenir.

Il se vit lui-même dans la chambre d'Alec lorsqu'il l'avait rencontré pour la première fois. Il était en train de lire un de ses livres et il réalisa qu'il se voyait du point de vue de Harry. Soudainement, des pensées commencèrent à lui traverser l'esprit.

'Comment suis-je supposé agir avec lui ? En tant qu'Harry, c'est suffisamment facile, il me déteste, mais comment puis-je justifier ma haine envers lui en tant qu'Alec ?' Après un court silence, les pensées continuèrent. 'Puis-je réussir à être civil envers lui ? Cela servirait sans doute à renforcer mon déguisement, puisque Harry Potter ne s'entendrait jamais avec Snape.'

Severus vit l'image dans son esprit disparaître, si la situation avait été différente, il aurait pu rire, ces pensées avaient été totalement serpentardes. Avant qu'il n'ait pu commenter, une autre image commença.

C'était la première fois où il avait proposé à Harry de jouer aux échecs, même si aucun mot ne venait, il pouvait sentir la surprise et l'amusement venant de l'adolescent, puis, alors que le jeu avançait, il sentit combien le garçon semblait détendu et heureux. Lui avait-il vraiment fait ressentir cela ?

Des images traversèrent ainsi son esprit, montrant combien ils s'étaient rapprochés. Il vit combien Alec commençait à aimer le temps qu'ils passaient ensemble, ne le faisant même plus pour son déguisement mais parce qu'il aimait passer du temps avec lui.

Il vit la fois où il s'était rapproché, cette remarque qui avait solidifiée leur amitié lorsqu'il avait accepté. Severus fut surpris de voir combien l'enfant semblait le comprendre. Bien peu de gens le connaissaient comme Harry le connaissait.

Mais, il n'y avait pas seulement des souvenirs heureux, il fut profondément choqué par la colère et la peur qu'il ressentait d'Harry à la pensée d'être découvert. Son cœur commença à se briser lorsqu'il vit combien l'adolescent avait accepté le fait que le professeur le détesterait au moment où il découvrirait la vérité. Finalement, il comprit le profond besoin qu'il avait parfois senti venant de l'adolescent lorsqu'il passait du temps avec lui, puisqu'il avait peur qu'il le quitte.

Au moins, maintenant, il comprenait ce qu'il s'était produit dans le train. Il ne put retenir son amusement en voyant combien le garçon l'avait manipulé, mais la profonde tristesse qui imprégnait ses pensées brisa à nouveau la haine qu'il avait ressentie quelques minutes auparavant.

Lentement, les images disparurent, mais, pas avant qu'il n'ait eu une vision de plusieurs choses dérangeantes, aucune n'était lié à lui : un grand homme poussant un enfant sur le côté durement, seulement pour lui hurler dessus après qu'il soit tombé au sol. Le même enfant fuyant de ce qui semblait être des voyous alors que d'autres enfants riaient de lui sur le côté. L'enfant, il le réalisa maintenant, devait être Harry, essayant de s'occuper de l'herbe alors qu'il ne pouvait même pas atteindre la poignée.

Ces images disparurent rapidement, et il se retrouva à nouveau dans ses appartements. Salazar flottant devant lui, une lueur énervée encore présente dans ses yeux.

Ses sentiments étaient complètement déchirés. Severus se laissa retomber sur son canapé et prit sa tête entre ses mains. Qu'était-il supposé faire maintenant ? Il détestait Potter, mais le garçon qu'il avait pensé connaître n'avait rien à voir avec ce qu'il était vraiment. La seule chose qui était devenue claire après toutes ces images, était qu'Alec ressemblait plus au réel Harry Potter que les notions préconçues.

Avant qu'il n'ait eu la chance de parler, la douce voix venant du fantôme brisa le silence tendu. « Alec vous a donné un précieux cadeau, il vous aime profondément, même s'il sait que cela va lui faire mal lorsque vous le découvrirez. Je vais le garder avec moi jusqu'à demain. Il est en train de dormir et je ne vois pas l'intérêt de le réveiller pour le moment. Je l'amènerai ici juste avant le petit déjeuner, mais, si vous ne pouvez pas abandonner votre stupide haine, alors, s'il vous plait, allez chercher quelqu'un pour s'occuper de lui. C'est le moins que vous puissiez faire après ce que l'enfant vous a apporté. » Salazar posa les yeux sur lui, le regardant avec attention. « Si vous sortez de cette haine, j'apprécierai si vous vous taisiez sur ce que je vous ai dit, ne dites rien, même à Alec. Les autres n'ont pas besoin de savoir et Alec n'a pas besoin de douter pour le moment lorsqu'il a besoin de votre support. »

Puis avec un petit pop, le fantôme disparut, laissant un homme pensif derrière lui. Severus resta ainsi pendant un long moment, son esprit essayant d'accepter les révélations que les dernières heures avaient apportées. Il avait besoin de décider ce qu'il devait faire mais, pour le moment, il était perdu. Après quelques minutes, il se souvint des autres professeurs qui étaient probablement encore en train de chercher le garçon. Usant de la connexion par la cheminée, il regarda la salle des professeurs. Sprout y était, faisant du va-et-vient dans la pièce. Lorsqu'elle le remarqua, elle se dépêcha de le rejoindre.

« L'as-tu trouvé, Severus ? »

Le jeune homme acquiesça. « Oui, il est en train de dormir. Peux-tu envoyer quelqu'un rejoindre Minerva ? Je ferai mieux de rester avec lui. »

La femme soupira de soulagement. « Ne t'inquiètes pas pour ça, Filius est déjà parti à l'hôpital. Laisse-nous savoir si tu as besoin de quelque chose, Severus. »

« Je le ferai, merci. »

Sur ce, il brisa la connexion et se tourna vers son placard de potions. Il avait besoin de penser et il ferait aussi bien de le faire sans la migraine qui était actuellement en train de lui déchirer le cerveau.