Chapitre 23.

« Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Sasuke. Je suis pas là pour l'instant alors laissez-moi un… »

Naruto referma le clapet de son téléphone portable. Une mine perplexe peinte sur ses traits, il contempla quelques secondes l'appareil gisant au creux de sa main avant de lever les yeux vers la rue s'étendant à ses pieds. Un brouillard dense planait sur la ville, on n'y voyait rien à deux mètres. Les voitures roulaient lentement, pare-chocs contre pare-chocs, phares allumés et feux antibrouillards enclenchés. Une fine pluie tombait d'un ciel obstrué de nuages à l'allure maussade. En poussant un petit soupir, Naruto enfila un parka jaune fluo, enfonça dans ses oreilles les écouteurs de son Ipod et grimpa sur son vélo. Sur l'air de Was it a dream*, il serpenta à travers les rues de Tokyo et prit la direction de la chorale.

La veille, Sasuke lui annonça qu'il n'assisterait pas au cours de chant. Une première. À l'exception de cette fameuse semaine où il fut flanqué en isolement, Sasuke assistait à toutes les répétitions, il n'en loupait pas une seule et, pudique, arrivait même souvent très en avance pour chauffer sa voix à l'abri des regards indiscrets. Le ténébreux possédait une âme d'artiste. Il aimait les mots plus que n'importe qui. Qu'ils soient écrits, lus, ou chantés, il les adorait comme personne. De ses doigts rendus humides par la pluie, Naruto pressa les freins de son vélo et s'arrêta au feu rouge, juste à côté d'une grosse Berline noire. Soucieux, il fronça les sourcils et jeta un bref coup d'œil à son Blackberry. La déception fut énorme lorsqu'il constata qu'aucun nouveau message ne lui avait été envoyé. Sur l'écran du téléphone se trouvait la photo d'un Sasuke profondément endormi. En marmonnant un juron entre ses dents, il fourra le portable dans la poche de sa veste. Le feu vira au vert. Il reprit sa route.

Si encore Sasuke lui avait fourni une excuse convenable pour justifier son absence à la répétition de cet après-midi, Naruto aurait pu comprendre. Peut-être aurait-il pu comprendre car, à ses yeux, sécher un cours de musique était impensable. Mais Sasuke ne s'était pas excusé, ne s'était pas justifié. Il s'était simplement contenté de d'envoyer un texto à son petit ami à vingt deux heures trente pour lui annoncer qu'il ne se rendrait pas à la chorale le lendemain. Lui envoyer un texto. Sasuke devenait-il lâche ou bien craignait-il que Naruto ne décèle, au timbre incertain de sa voix, un mensonge gros comme une maison ? Un peu naïvement peut-être, Naruto préférait croire en la première option, bien que la fierté démesurée de Sasuke faisait de lui tout sauf un lâche. Parfois, se voiler la face est la meilleure chose à faire pour préserver ce que l'on a de plus cher.

La pluie redoubla d'intensité alors qu'il commençait à grimper la colline menant à l'académie. Une brûlure désagréable chatouilla ses chevilles avant de se propager dans toute sa jambe, lui arrachant une grimace de douleur. Un vent glacé griffait son visage et emmêlait ses cheveux blonds. Un écouteur avait déserté son oreille et pendouillait mollement autour de son cou, cognant de temps à autre contre sa poitrine. Naruto croyait dur comme fer que la véritable personnalité d'un choriste se révélait à travers ses chants, que ses larmes et ses sourires devenaient l'encre des partitions qu'il inventait, que son humeur teintait les moindres sons de ses compositions. Toujours, dans sa tête, défilait une musique. Son crâne était un peu comme une vieille radio cassée qui, infatigable, continuait de vibrer au rythme de la musique.

À ses yeux, pouvoir interpréter n'importe quelle chanson instantanément, spontanément, était un véritable don du ciel. Un don que Sasuke possédait sans nul doute. Il l'avait su dès l'instant où il avait entendu sa voix à la tessiture aigue, dès qu'il l'avait entendu fredonner maladroitement Viva la vida dans la salle des concerts en se croyant seul. Le garçon dont il était éperdument amoureux détenait naturellement ce que beaucoup mettaient des années à obtenir. Alors non, il n'arrivait pas à comprendre comment et pourquoi Sasuke tournait brutalement le dos à la musique du jour au lendemain, sans la moindre explication. Le blondinet était capable de se montrer empathique envers beaucoup de choses mais certainement pas envers ce genre de bêtise.

Essoufflé, il vint à bout de la colline. Les jambes pareilles à du coton, il descendit de son vélo pour le poser contre le mur et s'engouffra à l'intérieur de l'école de musique. Il parcourut le couloir menant au local de chant, laissant derrière lui un tracé d'eau humide. En pénétrant dans la classe, il fut stupéfait d'apercevoir ses collègues musiciens. Kiba accourut vers lui, un grand sourire sur les lèvres. En retirant l'unique écouteur enfoncé dans son oreille, il répondit à son sourire avant de l'interroger du regard.

-À cause du vent, deux fenêtres de notre local ont pété la nuit dernière, expliqua Kiba. Alors on vient squatter ici pendant que les techniciens en installent d'autres.

-Je vois, répondit simplement le blond en retirant sa veste.

-Cache ta joie, boucles d'or ! Tu pourrais au moins faire semblant d'être content de me voir.

Naruto garda le silence, se contentant juste de sourire. Ses pensées étaient tournées vers une seule personne et bien qu'il fut heureux de répéter en compagnie de son meilleur ami, il ne parvenait pas à se concentrer sur autre chose que l'absence de Sasuke. Tout en marmonnant quelque chose d'incompréhensible, Kiba l'attrapa par le bras et ils rejoignirent les autres musiciens et chanteurs d'un pas mal assuré. Assis dans un coin de la pièce, un peu à l'écart du groupe de filles hystériques à l'idée de répéter avec les élèves de Kakashi, Kankurô et Shikamaru accordaient leurs instruments sous le regard bienveillant d'un Chôji confortablement installé derrière sa batterie. Naturellement, le blondinet se laissa tomber derrière le piano droit. Ses doigts effleurèrent le clavier luisant et un fantôme de sourire flotta au coin de ses lèvres. En ricanant, Kiba passa la bandoulière de sa guitare autour de son cou et envoya un clin d'œil complice à son ami. Le brun compta jusqu'à trois puis ils entamèrent l'air de Songbird* avec un enthousiasme nullement contenu.

Désormais, Naruto souriait réellement, dévoilant un jeu de dents blanches. La basse de Shikamaru les rejoignit ensuite, bien vite accompagnée par les voix de Sakura et Ino. Il pouvait parfois être délicat pour une fille d'interpréter une chanson originellement chantée par un homme mais les deux amies se débrouillaient à merveille. Gaara et Chôji tapèrent dans leurs mains au rythme de la musique, un sourire sur les lèvres. Se retrouver ainsi, sans même se parler et être traversés par la même idée, chantonner à tue-tête des airs maladroits qu'ils écorchaient parfois… le pouvoir de l'amitié. Naruto en venait même à oublier Sasuke et ses mystères, Sasuke et ses silences, Sasuke et tout ce qui allait avec. Au diable Sasuke. À cet instant, n'y eut plus que la musique, et seulement la musique, dans son cœur et dans sa tête. Puis il leva des yeux brillants vers Kiba. Moult choses véhiculaient dans son regard mais l'une d'entre elles se décelait plus facilement que les autres. Son regard le remerciait.

Kiba n'en fit rien, se contentant simplement de gratter sa guitare avec euphorie. Le brun jouait comme un pied, écorchant sans pudeur l'air doucereux de Songbird, mais il s'en moquait éperdument. Ce n'était pas pour rien que Naruto le surnommait « l'artiste raté ». Les doigts de Kiba n'étaient dotés d'aucun talent musical et enchaînaient les fausses notes mais malgré tout, il continuait de rire aux éclats et de jouer comme si sa vie en dépendait. C'était une qualité que Naruto lui enviait secrètement. S'éclater dans ce que l'on fait et s'acharner en dépit de son incompétence… Kiba respectait cette philosophie plus que n'importe quoi d'autre, la philosophie de l'adaptation positive. L'aptitude à ne s'attarder que sur les points positifs de sa vie et refouler les mauvais instants était une qualité que Naruto lui enviait réellement.

S'il en était capable, peut-être pourrait-il oublier cette douleur lancinante occupée à lui déchirer le cœur depuis le réveil.

XxXx

Au même moment, prostré devant la vitrine du magasin de musique, Sasuke contemplait le piano d'un œil hagard. La pluie tombait toujours sur Tokyo et une brume légère planait sur la ville. Des gouttelettes d'eau glacée dégoulinaient de ses cheveux quelque peu aplatis par l'averse. Doigts collés à la vitrine et regard songeur, il tentait pour la dernière fois de se persuader que ce qu'il s'apprêtait à faire resterait sans conséquence, que personne ne découvrirait jamais le pot aux roses. Il ferma les yeux un instant. Le visage de Naruto se dessina sous ses paupières closes, avec une qualité frôlant celle des photos haute définition. Il l'imaginait parfaitement, découvrant le Baldwin noir dans le coin de sa chambre qui lui était spécialement réservé, la mine à la fois réjouie et stupéfaite. Ce jour-là, il pourrait trouver une excuse ridicule et lui inventer qu'il avait passé la plupart de ses week-ends à travailler dans une supérette, puis qu'il avait soigneusement économisé dans l'espoir de lui offrir le cadeau de ses rêves. Le petit ami idéal.

Kushina Uzumaki était infirmière. Comparé à d'autres, elle gagnait assez bien sa vie mais il fallait rester réaliste : jamais elle ne parviendrait à payer le piano dont le prix possédait six chiffres. Sans Naruto, Sasuke n'en serait certainement pas là aujourd'hui. Il lui devait bien ça. Il avait beau passer aux yeux de tous pour le pauvre minable ayant tabassé son père et il avait beau se considérer comme le pire enfoiré de la Terre, il aimait quelqu'un. Ce quelqu'un avait cru en lui du début jusqu'à la fin, l'avait soutenu à chaque instant et lui avait apporté bien plus qu'il n'en demandait. Il n'exagérait pas en prétendant que Naruto avait sauvé sa vie. Sans lui… sans lui… il n'osait même pas y penser. Un discret soupir franchit la barrière de ses lèvres, dessinant un cercle de buée sur la vitre froide.

-Putain de Baldwin, marmonna-t-il, c'est pour toi que je fais cette foutue connerie.

Il sourit sans réellement savoir pourquoi. Un jour, il n'en doutait pas une seconde, Naruto vivrait de sa musique. Il deviendrait un grand compositeur mais surtout un grand pianiste. Il le voyait déjà interpréter les plus grands classiques de la musique. Il fallait dire que le blondinet faisait un sans faute sur la Mazurka de Chopin, ce qui était un véritable exploit pour son jeune âge. L'esprit de Naruto était habité par un seul et unique rêve : entrer au Conservatoire d'Osaka. Et même si entrer au Conservatoire d'Osaka signifiait s'éloigner de lui, Sasuke tenait réellement à ce qu'il réussisse. S'il existait un moyen, n'importe lequel, d'aider Naruto à concrétiser son désir le plus cher, s'il pouvait contribuer ne serait-ce qu'un peu à son bonheur, alors il n'hésiterait pas une seconde. Si vendre de la came pendant une poignée de mois lui permettait de propulser Naruto vers son rêve d'enfant, alors il le ferait et tant pis si cela alourdissait davantage sa conscience. Tant pis, puisque c'était pour lui.

Il songea aux cheveux d'un ambre soyeux, aux yeux dans lesquels reposaient des océans aux multiples nuances cobalt, au sourire pourvu d'un charme ravageur, au rire sur lequel s'élevaient quelques notes cristallines, aux doigts doués de talent qui donnaient naissance à des mélodies merveilleuses et un peu maladroites, à la peau mate et n'ayant rien à envier à la douceur du satin, aux baisers à la saveur d'éternité, aux promesses infinies. Et encore une fois, il fut persuadé qu'il mettait sa liberté en jeu pour lui, et uniquement pour lui. Car depuis que leurs lèvres s'étaient rencontrées, Naruto était devenu sa raison d'exister. Son Everything.

Non sans cesser de sourire, il tourna les talons et prit la direction de la gare. La veille, aux alentours de vingt heures, Kabuto l'avait appelé. Le moment était venu d'accomplir son premier « échange », comme disait son pseudo-patron. De ce fait, comme un parfait abruti, Sasuke s'était alors rendu chez son vieil ami en début d'après-midi afin d'aller chercher la marchandise –Kabuto, lui, préférait dire « le paquet »-. Après lui avoir expliqué pour la millième fois au moins comment se déroulaient les « échanges » ainsi que les conséquences qu'il devrait subir si jamais il osait le doubler, Kabuto lui fournit « le paquet » et le laissa partir en marmonnant un « à tout à l'heure » enjoué. Sasuke ne lui avait pas répondu et s'était contenté de tracer son chemin, le cœur lourd de remords.

Dans les poches intérieures de sa veste en cuir noir gisaient deux petits sachets de poudre blanche. Un gramme d'héroïne dans chacun d'eux. Il leva les yeux vers l'immense horloge en fer forgé fixée à la façade de la gare centrale. Elle indiquait quinze heures trente. Son train partait dans moins de dix minutes. Il accéléra le pas et pénétra à l'intérieur du bâtiment. Dans le hall, prostré près du distributeur de confiseries, un policier guettait les environs, l'œil vigilant. Sasuke sentit son cœur accélérer furieusement ses battements lorsqu'il passa devant l'agent vêtu d'un uniforme bleu foncé et muni d'une matraque. Tout en s'efforçant de conserver un air détaché, il s'approcha du guichet et acheta un ticket pour Ikushima avant de prendre l'escalier menant aux voies ferrées. Une fois le pied posé sur le quai, Sasuke ne put réprimer un long soupir de soulagement. D'une main tremblante, il essuya la sueur perlant sur son front avant de grimper dans le train.

Cependant qu'il traversait les wagons à la recherche d'une place assise, il eut l'impression que tous les regards se posaient sur lui. Comme s'ils devinaient, comme s'ils savaient ce qui se trouvait à l'intérieur de ses poches, comme si le mot « dealer » se trouvait inscrit au fer rouge sur son front. Bien sûr, il savait que cette désagréable impression était le fruit de son imagination tordue car la plupart des passagers lisaient le journal, écoutaient de la musique ou rêvassaient en regardant par la fenêtre crasseuse. Personne ne prêtait réellement attention à un lycéen à l'allure banale avec ses cheveux noirs ridiculement aplatis par la pluie et ses vêtements dégoulinants. Personne ne prêtait attention à lui, pas même le policier qu'il avait croisé plusieurs minutes auparavant. Et ça, Kabuto l'avait parfaitement compris. Néanmoins, une bouffée de chaleur déferla dans son corps entier et il se hâta de trouver un siège. Pour cela, il dut continuer son chemin jusqu'à l'avant dernier wagon. Il ne fut pas mécontent de constater le peu de personnes s'y trouvant. Seule une mère de famille et ses trois enfants étaient assis, bavardant tranquillement, ne levant même pas les yeux dans sa direction.

Sasuke se laissa lourdement tomber sur un siège en cuir bleu inconfortable et passa une main sur son visage, bouleversé.

-Bordel mais qu'est-ce que je suis en train de faire ? murmura-t-il pour lui-même.

Mais il était déjà trop tard. Il y eut une sonnerie stridente puis le train démarra lentement, s'éloignant du quai, avant de prendre de plus en plus de vitesse. Comme un réflexe, il posa la main sur sa cuisse, effleurant du bout des doigts le téléphone portable enfouit dans la poche de son jeans. Il l'avait coupé, devinant que Naruto l'appellerait pour lui demander s'il n'avait pas changé d'avis, s'il ne comptait vraiment pas se rendre à la chorale. Sasuke ne voulait pas entendre sa voix, pas maintenant. S'il l'entendait, il savait pertinemment qu'il ne tiendrait pas le coup, qu'il éclaterait en sanglots au téléphone comme un gamin apeuré et qu'il lui avouerait tout. Pourtant, à chaque fois qu'il songeait à l'usuratonkachi, ses lèvres esquissaient un sourire béat.

Même dans les pires instants de sa vie, même sans être là, Naruto parvenait à lui arracher un fantôme de sourire.

Un don du ciel.

XxXx

Kurenai avait terminé son cours de chant depuis un quart d'heure au moins. Imitant leur professeure, Gaara, Ino et les musiciens étaient déjà partis. Encore assis sur sa chaise, les jambes croisées et le regard perdu dans le néant, Naruto était désormais seul, écoutant le silence. Sasuke occupait toujours ses pensées mais, résigné, il ne prenait plus le temps de vérifier la boîte de réception de son téléphone portable. Se demander où se trouvait Sasuke, avec qui il était et ce qu'il faisait demeuraient les nouvelles questions existentielles du blondinet. Toute sa vie gravitait autour de Sasuke et cela l'effrayait parfois. Il n'avait de cesse de se torturer l'esprit, refoulant les scénarios désagréables auxquels son imagination débordante donnait naissance. Aujourd'hui, il n'avait eu aucune nouvelle Sasuke. Pas un seul coup de téléphone, pas un seul SMS, pas un seul mail. Une première. Cela faisait décidemment beaucoup de « première » en une journée. Un peu trop même.

La porte du local grinça timidement mais Naruto ne s'en formalisa pas. Le visage angélique d'Hinata apparut dans l'entrebâillement et un petit sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle l'aperçut. D'un pas hésitant, elle parcourut quelques mètres, puis s'arrêta au milieu de la pièce en tordant ses doigts dans tous les sens.

-Naruto ? l'apostropha-t-elle.

Brusquement tiré de ses pensées, il sursauta légèrement avant de l'interroger du regard. Elle lui sourit gentiment avant de s'approcher davantage.

-Sasuke n'est pas là aujourd'hui ?

-Non, répondit-il un peu sèchement. Pourquoi ?

Elle se trouvait pile en face de lui à présent et il pouvait remarquer le pourpre teintant ses joues.

-J'aurais voulu le remercier. C'est grâce à lui que j'ai trouvé la force de rendre visite à mon cousin Neji au centre de détention.

Le blondinet soupira avant de baisser de nouveau les yeux, absorbé dans la contemplation de ses pieds.

-C'est tout à ton honneur, Hinata.

-Neji n'a pas accepté d'intégrer la chorale, expliqua-t-elle avec une pointe de déception dans la voix, il a dit qu'il trouvait ça stupide et s'est ouvertement moqué de moi.

Il y eut un bref silence. Naruto retint son souffle. Il n'avait aucunement envie d'entendre parler de ce fichu centre de détention. Il n'en avait aucunement envie mais ne parvenait pas à s'expliquer pourquoi.

-Mais je n'ai pas renoncé et il m'a autorisée à lui rendre visite régulièrement, reprit-elle avec entrain. En ce qui le concerne, je pense que c'est un progrès. Je sais qu'il va me falloir beaucoup de temps pour gagner sa confiance mais je suis contente. On repart sur de bonnes bases, lui et moi.

Il aurait aimé clamer haut et fort qu'il était heureux pour elle et qu'il lui souhaitait tout le bonheur du monde. Il aurait sincèrement aimé. Mais il se renferma dans un mutisme qui aurait pu concurrencer celui de son petit ami, le professionnel des silences interminables aux multiples significations. Et voilà qu'il en revenait encore et toujours à Sasuke. Que Diable pouvait-il fabriquer par cet après-midi pluvieux ? Qu'est-ce qui pouvait bien être plus important que la musique ? Qu'est-ce qui pouvait bien être plus important que lui ? Poings serrés sur les cuisses et lèvres pincées, Naruto semblait se trouver à mille lieues du local de chant. La voix d'Hinata ne lui parvenait d'ailleurs même plus et il se fichait bien de savoir comment s'étaient déroulées ses retrouvailles avec son cousin Neji. Oh oui, il s'en fichait comme d'une guigne. Peut-être était-ce parce qu'il se retrouvait un peu en Hinata. Dans ses paroles, dans l'éclat de ses yeux lorsqu'elle évoquait Neji, dans sa naïveté aussi.

Après un bon quart d'heure de monologue, Hinata le salua courtoisement. Il lui répondit par un marmonnement à peine inaudible et elle tourna les talons sans demander son reste. Le silence reprit son droit. Il détestait le silence. Il le détestait encore plus en cet instant de doute et de torture psychologique. Le silence lui rappelait cruellement Sasuke et ses mystères. Si son petit ami était capable de s'enfermer dans un mutisme sans fin, lui était plutôt du genre à jacasser comme une pie. Le silence le déprimait un peu, l'angoissait même car il lui rappelait la solitude infinie dans laquelle il se trouvait autrefois plongé.

La porte du petit local grinça une nouvelle fois. Sakura s'approcha de son ami d'un pas hésitant.

-Naruto ?

Le concerné leva les yeux vers son amie et ce qu'elle y décela lui serra le cœur. Le mélange d'une peine immuable et d'une colère froide. Un mélange dangereux. Pourtant, un sourire chargé de lumière s'imprima sur son visage crémeux et Naruto sentit son cœur s'alléger d'un poids.

-Tu voudrais pas m'accompagner au piano sur une chanson ? demanda-t-elle timidement, ça fait longtemps qu'on a plus interprété un titre ensemble.

Durant un bref instant, on n'entendit plus que la cataracte de pluie cogner férocement contre les vitres. Le blondinet la jaugea pendant une poignée de secondes qui parurent interminables avant de se lever péniblement. Cet entrelacs de tristesse et de colère clignotait encore dans les profondeurs de ses pupilles mais les traits de son visage semblaient s'être adoucis.

-Tu veux chanter quoi ? questionna-t-il finalement en s'installant derrière le piano noir.

-Anata ni okuru ai no uta, répondit-elle d'une voix enjouée.

Naruto dut faire un effort surhumain pour lui rendre son sourire mais il y parvint tant bien que mal. Machinalement, il fit craquer ses doigts avant de les positionner sur le clavier. Les deux amis se fixèrent un instant puis les premières notes de piano s'élevèrent dans les airs. Sakura ferma les yeux, concentrée. Elle inspira, retint l'air, et commença à chanter de sa voix douce et mélodieuse.

Mou anata kara aisareru koto mo
Hitsuyou to sareru koto mo nai
Soshite watashi wa koushite hitoribocchi de
Ano toki anata wa nante itta no?

La boule qui s'était formée au creux de sa gorge lorsqu'elle avait aperçu cette lueur de tristesse dans les prunelles de Naruto se trouvait désormais sur son estomac, le tiraillant sans scrupules. Son ami n'allait pas bien. Elle l'avait immédiatement compris, dès l'instant où il avait franchit la porte du local de chant. Kiba aussi l'avait remarqué. C'était sans doute pour cette raison qu'il l'avait incité à interpréter Songbird. Car Naruto était un artiste dans l'âme, un artiste jusqu'à la moelle. La musique voyageait dans ses veines et de nouvelles compositions peuplaient continuellement sa tête, provoquant de temps à autre quelques insomnies dignes de ce nom. Aux yeux de Sakura, Naruto ne composait plus belle chanson que lorsqu'il ne parvenait à s'endormir. Car Naruto était un artiste dans l'âme, un artiste jusqu'à la moelle, il n'existait aucune autre manière de le réconforter. Depuis toujours, jouer du piano exorcisait ses peurs et pousser la chansonnette lui permettait de laisser libre court aux sentiments qui demeuraient au fond de son cœur.

Car sa tête était comme une vielle radio cassée.

Todokanai kotoba wa chuu o mau
Wakatteru no ni kyou mo shite shimau
Kanawanu negaigoto o

Bien qu'elle ne pleurait pas, Sakura sentit ses yeux picoter légèrement. Ses talons hauts effleurèrent le sol, faisant grincer le plancher. Sans s'arrêter de chanter, elle se plaça à côté de Naruto et posa une main sur son épaule. La chaleur de sa paume le fit tressaillir. Le parfum aux arômes fruités de la jeune femme titilla ses narines et il esquissa un faible sourire entaché de tristesse. Et pour la première fois depuis la matinée, il se sentit rassuré.

Hanasanaide
Gyutto te o nigitte ite
Anata to futari tsuzuku to itte
Tsunaida sono te wa atatakakute
Yasashikatta

Dans un quartier miteux situé à la périphérie de Tokyo, Sasuke venait de terminer son labeur. Les deux grammes d'héroïne s'étaient envolés, étaient partis offrir un plaisir illusoire à ses acheteurs. Désormais, dans la poche intérieure de sa veste, se trouvaient environ douze mille huit cent yens*. Lorsqu'il vit ses deux clients débarquer, une douleur aigue lui transperça le cœur. Il s'agissait d'une femme âgée d'une trentaine d'années dont le corps ressemblait plus à une fine branche d'arbre qu'à celui d'un être humain. Ses longs cheveux roux étaient emmêlés et ses pupilles ressemblaient déjà à deux têtes d'épingle. Et elle en redemandait encore, elle en redemandait toujours plus. Un périple sans fin. Le second client, lui, ne devait pas avoir plus de vingt et un ans. Si sa corpulence était assez large, son regard possédait ce même désespoir que celui de la trentenaire. Le même regard. Un regard éteint au fond duquel il n'y avait plus grand-chose, hormis peut-être le mal de vivre. Sans échanger le moindre mot, ils troquèrent une somme d'argent contre du plaisir en poudre. Furtivement, avec une rapidité exemplaire, les clients dissimulèrent les petits sachets d'héroïne dans la poche de leur pantalon et s'en allèrent sans un seul regard pour Sasuke.

Combien de temps était-il resté ainsi sous la pluie, à côté de cette statue à l'effigie de Bouddha, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés, à grelotter de froid en se demandant s'il existait réellement un Dieu quelque part ?

Anata wa itsumo souyatte watashi o
Okorasete saigo ni nakasun da
Dakedo ato ni natte
Gomen ne tte iu sono kao
Suki datta

Il s'était ensuite tourné vers l'imposant Bouddha de bronze couvert de bijoux et de diamants soigneusement taillés et l'avait interrogé du regard. Pourquoi laisses-tu de telles choses se produire sous ton nez ?, telle était la question qui l'avait taraudé à cet instant. Il se souvint alors qu'un jour, tandis qu'il débattait sur l'éventuelle existence d'une divinité quelconque avec son frère, sa mère était intervenue dans la conversation et avait dit ces mots : « Bouddha n'est en rien responsable de l'idiotie des hommes. N'oublie pas que toute vie implique la souffrance mais que toute souffrance peut un jour prendre fin. Il suffit de s'en donner les moyens. » Mais qu'en était-il de tous ces gens égarés au milieu d'une vie dont il ne connaissaient plus le sens ? Est-ce que les quatre vérités du Bouddhisme pourraient un jour pallier leurs plaies ? Sasuke en doutait fortement. Car certaines souffrances ne prennent jamais fin.

L'averse cessa soudainement. Seules quelques gouttelettes tombaient encore du ciel et de minces rais de lumière perçaient les nuages. La timide chaleur du soleil effleura le visage de Sasuke qui fut parcourut par un léger frisson. Le vent se mit à souffler avec violence et chassa la chaleur de ses vêtements. En grelotant, il remonta au maximum la fermeture éclaire de sa veste, dissimulant sa bouche et son menton. Il se surprit à penser que ce climat indécis et tumultueux ressemblait à celui régnant dans son esprit.

Hanasanaide
Gyutto sou omoikkiri
Anata no ude no naka ni itai
Futari de odeko o awasenagara
Nemuru no

Après avoir défié du regard un Bouddha impassible durant de longues minutes, Sasuke prit la direction de la gare et sauta dans le premier train en direction de Tokyo. Assis dans un wagon pratiquement désert, la joue collé à la fenêtre sale et les yeux humides d'avoir vu tant de misère, il se mit à songer à Naruto. Sa main glissa jusqu'à sa cuisse et extirpa le téléphone portable de la poche de son jeans. Ses doigts tremblaient tellement qu'il peina à allumer l'appareil mais une fois que ce fut fait, il écarquilla les yeux, stupéfait de voir qu'il avait cinq appels en absence. Trois de Naruto, deux de sa mère. Parce qu'on n'a qu'une mère, Sasuke lui répondit en premier, l'intimant de ne pas s'inquiéter, que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et qu'il serait de retour chez Itachi pour le dîner. Mentir était bien plus simple par SMS, après tout. Lorsqu'il composa un texto à l'égard de Naruto, son cœur menaça d'imploser au creux de sa poitrine. Il réécrivit le message une bonne dizaine fois, se torturant les méninges, cherchant quelque chose de gentil à lui dire ou une excuse digne de ce nom.

Mou nido to wa aenai tte koto o shitteta no?

En lâchant un soupir lourd de sens, il glissa une main dans ses cheveux noirs et humides. Un vieux réflexe qu'il avait hélas hérité de son père et qu'il reproduisait quand l'heure était à la réflexion. Naruto lui manquait étrangement. L'idée de se précipiter chez le blondinet en courant comme un dératé effleura son esprit mais il la repoussa tout aussi rapidement. À le voir ainsi, tremblotant de froid et les vêtements dégoulinants d'eau, Naruto lui imposerait un véritable interrogatoire. Pourtant, il en avait tellement envie… tellement envie de le serrer un instant contre sa poitrine, ne serait-ce qu'une minute, et lui murmurer quelques mots doux tout droit sortis de son cœur. Il en avait tellement envie, envie de se blottir dans ses bras qu'il surnommait le plus bel endroit du monde, le seul endroit où il se sentait réellement en sécurité. Il en avait tellement envie, envie de l'embrasser à en perdre haleine, redécouvrir les chacune des courbes de son corps, se perdre dans sa chaleur singulière. Il en avait envie, tellement envie… au fond, il ressemblait assez étroitement aux drogués qu'il avait fournis cet après-midi.

Chacun sa came.

En jurant, il décida de se ranger du côté de la sincérité, de se ranger du côté de l'unique chose dont il ne douterait jamais. Il ne lui fallut qu'une demi seconde pour taper son texto et l'envoyer, l'esprit en vrac.

Hanasanaide
Gyutto anata ga suki
Mou ichido datte waratte kurenai no
Anata no nukumori ga kiechau mae ni
Dakishimete

Sakura termina sa chanson en un long soupir, poussant sa voix dans ses derniers retranchements. Les ultimes notes de piano retentirent dans la pièce avant de laisser place au silence. La main de Naruto vint se poser sur celle de Sakura et un triste sourire s'arqua sur ses lèvres tandis qu'il plongeait les yeux dans deux perles de jade.

-Merci Sakura, souffla-t-il.

Elle lui renvoya un sourire bien plus lumineux. Un sourire qui lui réchauffa le cœur.

-Je serais toujours là pour toi, Naruto. Toujours.

Dès qu'elle eut terminé sa phrase, Naruto sentit son Blackberry vibrer contre sa cuisse. Le cœur battant, il plongea une main dans la poche de son pantalon et en ressortit son téléphone. Ses mains étaient moites à tel point qu'il manqua de le lâcher une ou deux fois. Il retint son souffle en voyant le nom de Sasuke s'afficher sur l'écran. Lorsqu'il lut le message envoyé, un courant électrique se propagea dans tout son corps. Un courant électrique pareil à celui qui l'avait envahi le jour où il avait embrassé Sasuke pour la première fois, installé derrière ce même piano.

« Tu es tout pour moi, usuratonkachi. N'oublie jamais à quel point je t'aime. »


« Songbird », Oasis.

« Was it a dream », 30 seconds to Mars.

« Anata ni okuru ai no uta », Egoist (c'est l'ending 1 du manga Guilty Crown).

*Environ 120 euros. Le prix moyen d'un gramme d'héroïne se situe entre 40 et 70 euros selon les recherches que j'ai effectuées.

Hello tout le monde !

Je vous poste le chapitre avec un peu d'avance, j'étais inspirée (même si ça se voit pas quand on le lit). J'espère que vous avez apprécié ce chapitre… j'appréhende toujours avant de les poster en ce moment car je trouve que je régresse un peu. Pour éviter les malentendus, je tiens à dire que Neji et Hinata ne sont pas amoureux, il n'y aura aucune histoire d'amour entre eux. Ils s'aiment en tant que membres d'une même famille mais c'est tout. J'ai fait mon petit calcul et normalement, cette fanfiction comptera 29 chapitres + un épilogue, donc autant dire que la fin n'est plus très loin. Je tiens encore à remercier tous ceux qui me suivent, qui m'encouragent et apprécient mes mots maladroits. Sans vous, je n'aurais pas publié cette histoire =)

Réponse aux reviews anonymes:

Réponse à Risa: Coucou =) je vais très bien merci, et toi ? Neji est en colère, c'est le moins qu'on puisse dire mais ila des sentiments comme tout le monde =) je me suis plus concentrée sur sa sensibilité dans ce passage mais son caractère reste toujours le même. Personne n'aime Kabuto je crois, je ne l'aime pas non plus. Non Kushina n'est pas perverse, disons qu'elle n'est pas née de la dernière pluie et qu'elle tient à ce que son fils se protège =) Plusieurs m'ont posé cette question lol ben j'en sais rien moi, disons qu'elle allait bosser x) je t'admire pour avoir lu "L'homme de sa vie" en une fois, je n'en serais moi-même pas capable x) tu as pleuré ? Mais il ne fallait pas voyons, c'est une fiction qui se termine bien.

Réponse à Shona: Hello =) merci beaucoup pour la review mais pitié ne me vouvoie pas x) je suis plus vieille que toi mais quand même x) ce que tu dis me touche beaucoup, merci =) mais sincèrement je pense n'avoir aucun talent pour l'écriture, ce que je fais est vraiment basique et il existe beaucoup d'auteurs avec plus de potentiel et avec des fictions bien meilleures que les miennes, je t'assure =) mais je suis heureuse de savoir que tu aimes ce que je fais, merci =) héhé cette petite fiction me tient beaucoup à coeur, je suis un peu triste de me dire qu'elle est bientôt finie mais c'est comme ça. Je suis aussi contente de savoir que tu t'identifies un peu à certains personnages, pour moi y'a pas meilleur compliment que celui-ci =) j'aime bien les faire naître et leur faire faire plein de choses. Oh oui, petite incohérence de ma part héhé, c'est vrai. Après je pense qu'on peut très bien chanter des chansons en anglais tout en étant nul dans cette langue (j'en suis la preuve vivante mais je chante très mal), il te suffit d'apprendre les paroles bêtement =) par contre tu as raison pour la composition de Sasuke, j'aurais pu trouver autre chose mais c'est pas évident de trouver une belle chanson d'amour japonaise chantée par un mec x) mais sur ce point tu n'as pas tort. Après, perso, faire un Itachi bad boy qui est en guerre permanente avec son petit frère ne me tentait pas trop, ce n'est pas le but de ma fanfic =) beaucoup d'auteurs donnent déjà ce caractère à Itachi mais moi j'ai voulu faire autre chose et l'Itachi que je met en scène me convient parfaitement, je ne regrette pas mon choix même s'il a déjà été critiqué plusieurs fois, après je pense que c'est juste une question de goût. Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, je ne prétend pas respecter les caractères des personnages, ils sont largement OOC =)

Réponse à Sur un air de musique 4ever: Hello =) mais non voyons ! Pourquoi tout le monde me prend limite pour un monstre ? x) si c'est possible d'être aussi débile, la preuve encore ici mais bon c'est plus compliqué qu'une question de bon ou de mauvais choix je pense, ça va bien plus loin que ça. Oui mais n'oublie pas que Sasuke ne compte pas dire à Naruto "coucou mon amour, j'ai vendu de la drogue à des pauvres types pendant plusieurs mois pour t'acheter ce piano, alors heureux ?" x) Naruto n'est pas au courant, il ne sait pas ce qui se trame même s'il commence à avoir des soupçons. Je ne dirais rien du tout quant à la fin que j'ai décidé (ce serait pas drôle si vous saviez déjà la fin, ça gâcherait le suspense =) ). Tout est déjà clair dans ma tête et je ne la changerai pas, après libre à toi de continuer de lire ma fiction ou pas, je n'oblige personne à me lire après tout =)

Réponse à Angel22: Hello =) merci beaucoup, ça me fait plaisir, contente que ça te plaise =)

Réponse à SasuNaru-doujins: Hellow =) héhé je préfère de loin la Hinata forte car c'est toujours comme ça que je l'ai perçue et puis c'est un personnage que j'adore =) mdr Sasuke se fout dans la mouise, je suis entièrement d'accord mais qui sait, ce sera peut-être un mal pour un bien =)

Réponse à Tsukino: Coucou =) Au bûcher le piano ! Bah tu peux faire famille avec ton cousin x) être une famille c'est pas juste papa-maman-gosses x) je suis pas fan de l'inceste donc il n'y aura pas d'histoire d'amour entre Neji et Hinata =)

Réponse à Mimi-chan: Hello =) merci, c'est gentil =)

Réponse à Celine:Hello =) héhé j'ai vu ta review juste avant de lancer la publication de ce chapitre-ci x) ah oki oki j'ai mieux compris =) ben ils font 15 pages word en moyenne lol mais bon je suis contente s'ils sont pas ennuyeux x) Euh Neji n'est pas amoureux d'Hinata x) il l'aime comme sa cousine, c'est bien normal mais il n'est pas amoureux d'elle. Il a des sentiments comme tout le monde, il est surtout heureux de voir que quelqu'un s'intéresse à lui =) Kabuto est un sournois et un manipulateur, ça c'est sûr et Sasuke est tombé dans le panneau, pauvre de lui. Merci, contente qu'il t'ai plu en tout cas, ça fait plaisir =)

Bisous à tous !