Épilogue:
Été 2004. 6 ans après la fin de ma vraie septième année. Ce soir là était un grand soir. Non c'était bien sûr ironique, ce soir là était la soirée du Ministère. On pourrait s'attendre à ce que seul les gens travaillant au Ministère soient invités ? Et bien apparemment non.
C'était ma première soirée du ministère. Première année aussi au Ministère. Travaillant dans le secteur des créatures magiques. Étonnant ? Non et je savais bien. J'avais suivis le cours d'une vie totalement normale et prévisible. La seule chose que j'avais faite et qui n'était pas prévisible était ma toute dernière année à Poudlard. Qui aurait pu prévoir que je fricoterai avec Malefoy ? Personne. Exactement. Pour ma première soirée du Ministère, je décidais de le faire bien. Je n'en avais jamais fais et je ne savais pas réellement en quoi ça consistait ni qui il y aurait. J'avais donc acheté une robe, belle, chère et qui m'allait bien selon Ginny et j'avais passé l'après-midi à me préparer. Je détestais perdre mon temps pour ça. Ginny venait aussi, accompagnée d'Harry qui était Auror. Forcément je m'étais préparée avec elle, et c'était elle qui m'avait suppliée et ordonnée de mettre tout ce temps. Car selon elle:
- On ne sait jamais qui tu vas croiser, Hermione ! Qui sait peut être qu'un bel homme sera là, et te regardera. M'avait-elle dit en un clin d'oeil.
Un bel homme sera là et me regardera. Je riais intérieurement. Pourquoi se donnait-elle tant de mal à me mettre en couple avec quelqu'un ? Avait-elle pitié de moi ? Je faisais pitié ? Non. Je ne pense pas. Je m'étais consacrée à mes études, pour les faire bien, aucune distraction, aucune réelle histoire. Que quelques histoires sans lendemain. Mais maintenant que j'avais un emploi stable et que j'avais finis mes études, peut être qu'il était vrai que je devais trouver quelqu'un. Après tout, peut être que Ginny avait raison d'insister et de m'obliger à me faire « belle ». Oh oui, se faire belle; s'épiler, prendre un long bain chaud, se sécher, se coiffer, se maquiller, s'habiller. Tout ce rituel. Et dieu seul sait qu'il était long de coiffer ma crinière. Oui, car mes cheveux n'avaient pas désépaissi ni raidi. Donc, il fallait peut être deux heures pour coiffer cela en un chignon haut qui tenait et qui était élégant. Car il fallait que je sois élégante pour cette soirée là. Il fallait qu'on me voit, qu'on me remarque et que je m'impose. Cette phrase ne me ressemblait pas mais j'avais appris à mes dépends que c'était le seul moyen d'y arriver et de se faire respecter.
Le soir arriva. J'y allais seule et je devais assumer. Bien sûr, beaucoup de gens y vont accompagner, la soirée semble moins intimidante, on nous pose moins de questions. Tout est plus simple quand on a quelqu'un sur qui se reposer, même si ce n'est qu'un ami. Mais moi, mes amis, je les retrouverai là-bas. Et j'assumais le fait d'être seule. Alors j'arrivai dans une longue robe noire, un peu fendue sur le côté, dévoilant une de mes jambes et mon gros chignon. Il était tellement lourd et les talons hauts tellement inconfortables. Il me tardait une chose, rentrer et me mettre en pyjama avec Pattenrond dans mon lit. La robe devait bien m'aller, ou peut être le chignon, je ne sais pas, mais les gens me regardaient sur mon passage. De haut en bas. Sous toutes les coutures. J'étais gênée sous leurs regards, on ne me regardait pas d'habitude. Mais je l'avais voulu. J'avais choisi cette robe pour cela. J'avais fait ce maquillage pour cela, ce trait de liner noir et fin et ce rouge à lèvre rouge flamboyant. C'était fait exprès. À mon arrivée, on annonça mon nom et mon prénom. Les visages se tournèrent vers moi. Je descendis les escaliers, peu rassurée. Je me concentrais sur ma démarche en fixant un point au loin pour ne pas regarder mes pieds. Il ne fallait surtout pas que je tombe. Mais ces talons étaient tellement haut. J'arrivai en bas. Je rejoignis Harry, Ron, Ginny et Alice qui était venu avec Ron. Alice était une de ses collègues, il l'avait rencontré au Ministère des Sports. Elle était gentille, aimante, patiente. J'étais heureuse pour eux. Il y a quelques années je me voyais mariée à Ron, mais il méritait mieux et quelqu'un d'autre. On partit vers le centre de la salle tous ensemble. Je partis me chercher un verre au bar, j'étais seule à ce moment là. Il paraît que dans une soirée, le bar est là où on fait le plus de rencontres quand on était seule. Mais, à cette soirée là, je me serais passée de rencontres en réalité. J'arrivais donc au bar et me commandai un verre de vin blanc. Plus pour me détendre que pour me désaltérer. Je sentis une main se glisser sur mes reins. Je me tournai vivement et rapidement.
- Malefoy. Soupirais-je.
- Granger. Répondit-il avec un sourire narquois. Tu es.. En beauté ce soir.
Je lui souris. C'était un sourire franc. Je pris mon verre et me retournai vers lui. Je ne l'avais pas vu depuis des années. Depuis Poudlard. Oh bien sûr, je l'avais vu dans les journaux. Oui la fierté de la famille Malefoy, le fils prodige. Celui qui avait réussi dans les affaires, dans l'immobilier. Celui qui était devenu encore plus riche que ce qu'il n'était et celui qui avait redoré le nom de famille Malefoy faisant oublier son sombre passé. Tout le monde savait qui était Draco Malefoy et n'importe quelle fille m'aurait arrachée les yeux pour être à ma place. J'aurais donné mes yeux volontairement pour que quelqu'un d'autre soit à ma place. Une seule question me brûlait les lèvres tout de même.
- Que fais-tu ici, Malefoy ? Demandais-je. Ce n'est pas comme si tu travaillais au Ministère.
- J'ai été invité. Je suis un invité de marque vois tu, je suis important et désiré dans ce genre de soirée, Granger. Répondit-il.
- Toujours aussi modeste, à ce que je vois.
- Pourquoi dis-tu cela ? Tu m'as connu dans une période où je l'étais beaucoup plus que maintenant. Puis la réussite, Granger, la réussite. Ça change un homme. Passons à autre chose, tu es venue accompagné ?
- Non. Murmurais-je.
- Ça ne te dérangera donc pas que je reste encore un peu avec toi.
Je soupirai. Non. Bien sûr que non, il ne me dérangeait pas. Il ne me dérangeait plus. Car malgré le temps, malgré son arrogance, j'aimais sa compagnie. Alors on s'assit à une table. Tous les deux. Face à face. Et on parla. Comme avant. Il n'avait pas réellement changé, son arrogance n'était qu'une façade. J'avais un goût amer de nostalgie dans la bouche. Le goût du passé qu'on regrette, qui nous manque, que l'on veut revivre. Et je passai peut être toute la soirée avec lui. En tête à tête. Seul à seul. Et peut être que je ne donnais pas l'impression que je voulais donner. Peut être que je n'avais pas fait de nouvelles connaissances, peut être que je ne m'étais pas imposée. Mais j'en avais que faire. J'étais avec lui. Point. Puis, tout se passa vite. La fin de soirée arrivait. Harry, Ginny et Ron me dirent au revoir. Je me levai pour partir aussi. Puis Malefoy me raccompagna à la sortie. Puis chez moi. Il avait un chauffeur, c'était plus simple. J'avoue que ce n'était qu'une justification, une excuse que je m'étais faite. Puis face à la porte de mon appartement. Je lui dis au revoir. D'un simple geste de la main. Je mis la clé dans la serrure et tournais. J'ouvris, il arrêta mon geste et me tourna vers lui.
- J'ai bien apprécié cette soirée Granger. J'avais oublié à quel point tu pouvais être distrayante. Dit il alors. C'était un peu comme un souvenir du bon vieux temps.
- Heu... Merci. À une prochaine fois.
Je me détournai de lui. Il me plaqua contre le mur dans mon appartement, ferma la porte et approcha son visage du mien.
- Il me semble, Granger, que nous faisions d'autre chose au bon vieux temps. Murmura-t-il tout contre mon oreille.
Un frisson parcourut tout mon corps. Draco Malefoy représentait toujours toutes mes faiblesses. Genre de choses qui ne changent jamais. Alors, je me laissai faire. Il m'embrassa, ardemment, passionnément. À me faire perdre pied. J'avais oublié ses baisers. J'avais oublié ses mains sur mon corps. J'avais oublié ses lèvres sur mon cou. J'avais oublié la chaleur de son corps, la douceur de sa peau. Et cette nuit là, je me souvins de tout.
Alors si je vous disais qu'on se maria, qu'on eut beaucoup d'enfants, ce ne serait pas faux. Bien sûr. On était capable de durer. Même s'il avait fallut combattre, se battre, mettre nos fiertés de côtés quelques fois. Notre couple dura. Il n'était pas fait que pour l'après-guerre, non, on était plus solide que cela. On n'était peut être pas un couple ordinaire. On se disputait tout le temps. On n'était jamais d'accord. On n'avait des visions de la vie en couple totalement différentes. On ne voulait pas élever nos enfants de la même façon. Quelques fois, je voulais le frapper comme je l'avais fais en troisième année. Non, ce n'était pas facile. Ça ne l'avait jamais été. Tout avait commencé par des complications et tout avait continué dans des complications. Mais ça avait continué. Parce que dans le fond, on savait que ça en valait la peine. Il était hautain. Il était arrogant. Il était énervant. J'étais agaçante. J'était têtue. J'étais énervante. Mais la seule chose qu'on retint de toutes ces années, c'est que l'on s'aimait.
Voici la fin de la fiction ! Merci à tous pour vos review, vos compliments, vos avis mais surtout pour m'avoir suivi ! C'est un grand et sincère merci !
