Hey~
Alors, je suis terriblement désolé mais ce chapitre est plus court et puis voilà quoi (j'avais dit que je dirais plus rien, donc je vous laisse juste juger par vous-même), et le pire c'est qu'au final je ne pense pas avoir d'excuse valable puisque j'ai la semaine à chaque fois pour écrire, alors j'espère juste que vous vous en contenterez pour cette fois (parce que vous êtes gentilles *puppy eyes*) et que j'aurais l'occasion de me rattraper au prochain chapitre.
ok: Aaaah le temps qui file et les chats qui dominent~ je comprends ça^^ Il est adorable ton chat en tout cas!
Ah oui, j'adore Shuu, bon du coup tu n'aimes juste pas trop les délires d'Hanji quoi^^ (restons dans le simple) Pour le bonus, je vois OK!
Ahahah oui les pauvre, je les ai un peu maltraité dans ce chapitre 18, je suis contente que ce moment t'a plu et après pour Livai, peut-être qu'un jour tu trouveras qu'il se soumet (j'en sais rien) mais c'est qu'il reste à faire ce qu'il veut et s'il veut être plus passif une fois il le sera, comme un chat quoi (le mien parfois me laisse le câliner et même il en demande, et des fois il m'envoie limite bouler) ça me fait penser que des fois quand j'y repense, le Livai sauvage me manque un peu ahah^^
Ah, pourtant le moment où Eren demande de but en blanc pour Petra était écrit depuis longtemps (enfin c'était prévu quoi) moi je le vois bien dire ça, le Eren de ma fic puisque je le fais parler sans réfléchir. Merci pour tout ces beaux compliments, c'est super si tu ressens tout ça en lisant! Pour Livai, j'ai gardé l'idée de la prostitution sachant qu'au départ, il devait l'être encore et se trouver des clients en chantant au cabaret (mais ça aurait fait trop je pense, pour cette fic) mais il n'y a aucune raison que je le fasse bloquer sur le sexe, après tout il a couché avec Petra, Erwin, il a eu dû mal à se retenir avec Eren et sort des phrases un peu osées, en fait je pensais juste au fait qu'il a du mal avec les gens et tout ce qui répugne, mais que question sexe il est plutôt décomplexé, du moins avec ceux qu'il accepte. 'fin en tout cas pas de soucis avec Eren (comme tu as dû le voir dans le dernier chapitre)
Pour moi, qu'il pleure à cet instant est vraiment banal, je veux dire que c'est normal et c'est plus une grimace qui tord son visage et fait tomber les larmes, et Eren le sait que trop bien ce que ça fait et il est juste soulagé que Livai puisse pleurer de lui-même, et puis ça fait 10 ans que c'est arrivé et il a Eren maintenant. J'aurais été du point de vue de Livai, j'aurais mis ça comme une vieille blessure qui se remet à saigner à avoir été trop grattée mais qu'en même temps il sait que c'est du passé et que maintenant ça va, maintenant il y a Eren et c'est ce qui compte à présent. Tant pis si ça ne t'a pas suffit, mais moi je trouve qu'il n'y a pas besoin de plus.
Désolé mais je devais avoir déjà posté car je n'avais pas vu ta review avant et que je l'ai vu bien plus tard du coup^^'
Sur ce, Bonne Lecture~
Chapitre 21 :
La lumière du soleil filtre à travers les fins rideaux de ma fenêtre et vient brûler la peau de mes paupières, jusqu'à passer entre la fente où se rejoignent mes cils. Dans un grognement, j'ouvre mes yeux agressés pour fusiller du regard mes volets restés ouvert toute la nuit. Tout semble paisible et seul mon cœur trop euphorique du matin et les fantômes de fébrilités qui rendent mon épiderme à fleur de peau me rappellent l'agitation de cette nuit. Je laisse un soupir s'échapper discrètement d'entre mes lèvres puis je tourne la tête vers Livai qui est toujours endormi, sa tête contre mon torse et étroitement enveloppé dans les draps jusqu'au cou, comme à son habitude. Et c'est alors que mon esprit s'extirpe légèrement de sa torpeur, encore ensommeillé, et que mon cœur menace de se décrocher de ma poitrine tellement il bat violemment.
Merde, c'était un rêve c'est ça ?
Ça ne peut être que ça après tout. Des rêves érotiques, j'en ai fait, surtout depuis que je connais Livai. Mais celui-là était vraiment le meilleur et le plus intense que je n'ai jamais fait de ma vie. Je sens encore ses mains invisibles sur mon corps, ses lèvres et sa langue me brûler là où il m'a touché, et puis ces décharges de plaisirs qui ont rendu mon corps amorphe et en même temps à l'affût. Je soupire plus sourdement en enfonçant un peu plus la tête dans l'oreiller, fixant le plafond. La respiration de Livai reste paisible et m'emporterait bien dans mes pensées et peut-être même le sommeil à nouveau, mais un truc me chiffonne.
Après un rêve pareil, je devrais avoir un gros problème plus bas non ?
Pourtant, je ne ressens aucun besoin imminent ou de tension particulière, je me sens plutôt...comblé et paisible. Je tourne alors la tête pour aviser mon portable sur la table de nuit à ma droite et tend le bras ainsi que mon corps pour l'attraper. Je l'ai mais je me fige de stupeur, le palpitant en suspend et les entrailles en feu. En bougeant, j'ai senti les frottements de mon corps contre celui de Livai, étroitement accroché à moi. Cette sensation de peau contre peau qui m'a tant électrisée remonte le long de mon épiderme jusqu'à la racine de mes cheveux en un long frisson des plus agréables. Précipitamment, je lève le drap et y engouffre ma tête sous le coup de la frénésie qui m'envahit. Je mets du temps à m'habituer à l'obscurité soudaine mais de toute manière, le courant d'air n'y trompe pas : je suis nu du genre totalement, et Livai -celui-là même qui dort toujours en pyjama, frileux comme il est- l'est tout autant. Le cœur battant, je relève tout aussi rapidement mon portable au niveau de mes yeux et prend connaissance de la date. Mais je l'oublie bien vite en remarquant la multitude de messages que j'ai reçu : que des « joyeux anniversaires » de mes amis.
Putain, ce n'était pas un rêve.
Je crois que je n'ai jamais ressenti autant de soulagement et de bonheur déferler en moi d'un coup, tellement que si j'étais debout, mes jambes ne me tiendraient sûrement pas. C'est alors qu'un grognement à mes côtés me parvient aux oreilles et me ramène sur Terre, et un Livai tout ensommeillé relève la tête en bougonnant :
« T'es obligé de gesticuler autant du matin, sale môme hyperactif ? »
« Tu sais, je ne crois pas que ce soit encore le matin vu la lumière... » réponds-je avec amusement en le voyant bailler férocement et enfouir son nez contre ma clavicule, avant de finalement finir par frotter sa joue contre ma peau et ainsi se caler moelleusement de manière à pouvoir capter mon regard un peu plus haut.
En tout les cas, moi j'ai une pleine vue sur ses beaux yeux à peine ouverts et affreusement adorables, brillants de par la luminosité qui nous entoure. Et les contours de son corps dénudés -il a rejeté les draps plus bas sur ses reins quand il s'est réinstallé plus confortablement- prennent une teinte légèrement dorée sur sa peau pâle, comme certaines mèches de ses cheveux qui contrastent alors avec leur aspect sombre, voir abyssal, qu'il arbore habituellement. Livai ne m'a jamais paru aussi lumineux qu'à cet instant, ni aussi magnifique. En fait si, mais je n'avais jamais eu l'occasion de le voir sous un voile doré et ça le rendrait presque surnaturel en plus d'être absolument fascinant. Une peur stupide m'étreint alors douloureusement et je m'efforce de m'enfoncer plus au fond dans le matelas pour pouvoir me mettre au niveau de Livai, ignorant ses grognements désapprobateurs d'être secoué comme ça, et l'entoure étroitement dans mes bras pour sentir toute la matière douce et chaleureuse de son être.
« Gnh tu fous quoi, putain ? » demande Livai pâteusement mais ne s'emmerdant même pas à ouvrir les paupières, fronçant juste les sourcils.
« Je...voulais juste être sûr que tu n'allais pas t'évaporer, que tu es bien réel. ... Je t'aime. » ajouté-je pour finir de tuer cette angoisse irrationnelle.
« ...Brodel... C'que tu peux être gnangnan dès le réveil...t'es vraiment qu'un gamin. » marmonne-t-il mais sans essayer de se détacher de moi, le visage enfouit contre mon torse.
Je sens son bras chaud se faufiler entre mon flan et mon propre bras qui l'emprisonne contre moi, puis il pose sa paume dans mon dos, ses doigts s'enfonçant moelleusement dans ma peau brûlante.
« T'es tellement chaud que c'est sûr que toi, t'es pas un fantôme... » commente-t-il et je sens les coins de mes lèvres s'étirer pour aller ronger mes joues « Arrêtes de sourire comme un idiot, morveux. » ajoute-t-il immédiatement après alors qu'il lui est pourtant impossible de connaître l'expression de mon visage dans cette position.
Je ne daigne même pas essayer de suivre son ordre, et même que ça tire encore plus à m'en faire mal.
On reste comme ça, les jambes entrelacés et nos corps plus collés qu'ils ne l'avaient jamais été, épousant nos formes respectives avec perfection, comme si on se complétait. Ses paroles continuent de flotter dans ma tête, bercées par nos respirations apaisées.
« Dis Livai, quand est-ce qu'on n'est plus un gamin ? » laissé-je échapper d'entre mes lèvres au bout d'un petit moment. Il se recule légèrement pour me faire face non sans un énorme soupir, et à son air des plus emmerdés et agacés, je continue : « J'ai 18 ans maintenant, mais je ne me sens pas adulte pour autant. »
« Normal, puisque tu es toujours un gamin en réalité. » répond-t-il avant de poser son front contre mon torse avec lourdeur, et alors que j'allais enchaîner, il anticipe ma réponse et ajoute « Tu l'es plus aux yeux de la loi c'est tout ce qui importe actuellement. Tu as le temps de grandir, Eren, alors profite-en. »
Il soupire d'aise à l'entente de mon cœur qui accélère un peu plus, comme à chaque fois qu'il utilise mon prénom. Et le fait de repenser à la manière dont il l'a susurré cette nuit à mon oreille à plusieurs reprises : avec volupté, désir, plaisir, avidité et impatience contenue, mais surtout avec amour, je ne peux empêcher un frisson de bien-être me parcourir et mon sang bouillir à en réveiller légèrement les papillons dans mon bas-ventre. J'expire par la nez en posant mon menton sur le haut de son crâne, le cou tendu, resserrant un peu plus ma prise autour de lui qui inspire fortement mais avec douceur.
« J'ai le temps. » répété-je songeusement afin de m'en persuader à mon tour, mais je me sens d'humeur à cogiter puisque mes pensées dérives plus loin, comme mon regard qui transperce le mur un peu plus loin « À côté de ça, toi tu es devenu adulte bien trop tôt... N'est-ce pas injuste ? »
Livai se détache complètement de moi cette fois, se relevant brusquement mais sans violence alors que je le suis des yeux. Il plonge ses prunelles dans les miennes, sa silhouette se découpant toujours sous les rayons du soleil, pour me demander avec calme :
« Est-ce que désormais, là maintenant, ça importe réellement ? »
« ...Non... » réponds-je avec hésitation, le cerveau embrouillé par la fascination que me procure sa posture, alors qu'elle laisse dessiner son torse blanc dans la pénombre entre les draps et le matelas, se levant et se baissant au rythme de sa respiration.
Ses bras puissants le retiennent à moitié relevé, ce qui fait qu'il me surplombe puisque je suis toujours allongé, et je me sens comme la proie sous le prédateur, sa sauvagerie appuyée par sa chevelure hirsute du réveil. Mon regard perdu parcourt le long de sa jugulaire palpitante, remonte jusqu'à sa mâchoire dessinée dans la mi-ombre du contre-jour, puis rejoint ses yeux qui me fixent et qui se sont accaparés mon âme depuis ce qui me paraît si lointain maintenant. Mais c'est toujours aussi grisant et pétrifiant à la fois, m'envoûtant un peu plus encore et découvrant un nouveau secret que racontent les deux miroirs de mon âme. Ses lèvres s'entrouvrent alors avec délicatesse, puis sa voix s'élève à son tour :
« Alors ta gueule et laisse moi apprécier ton corps nu contre le mien. »
Et à ses mots, il se laisse tomber sur le matelas à nouveau et se colle à moi encore plus étroitement que tout à l'heure : passant sa jambe droite entre les miennes, mon entrejambe contre sa cuisse et la sienne contre mon aine, ses pieds s'emmêlant aux miens, nos torses collés avec ses bras passés sous les miens et son ventre épousant le creux de mes hanches. J'aurais pu rougir ou je ne sais quoi mais une fois l'hébétement passé quant à cette chute, c'est plutôt un rire qui naît dans ma poitrine et éclate en échos contre mes dents, ma gorge vibrante contre l'arête de son nez qui s'y est lovée, ses lèvres venant s'y coller à leur tour. Finalement, il pose à nouveau son front contre mon torse et, après un instant de réflexion où je pensais qu'il s'endormait à nouveau, il me dit :
« Hey, tu veux savoir un truc ? Je prends toujours une douche avant la baise, pour ne pas me sentir dégueulasse. Et puis je reprends une douche après la baise, parce que je me sens dégueulasse. »
Je ne dis rien sur le coup parce que je sais bien maintenant ce qu'impliquent ces mots dans sa vie et son passé, et je devine qu'il en parle parce qu'il est justement contre moi et que nos peaux restent légèrement collantes et salée suite à nos ébats. Et puis finalement, doucement, je me recule légèrement pour faire face à son visage que je caresse du bout des doigts avant d'y poser ma paume avec tendresse, puis de lui proposer :
« Tu veux aller en prendre une maintenant ? »
« Mmh, non. Plus tard. C'est juste que je pensais à ça alors je te le dis. »
« Mh. Tu ne te sens pas poisseux ? »
« Si. Mais ce n'est pas grave. »
Et sans être sûr de comprendre pleinement ce que cela veut dire, je laisse tout de même un sourire faire apparaître mes dents et illuminer mon regard. Et le visage de Livai se fait plus doux, ce qui me donne encore plus envie de l'embrasser. J'ouvre grand les yeux, réalisant subitement que j'en ai l'autorisation tacite et mon sourire revient de plus belle alors que Livai pose ses lèvres sur les miennes sans me laisser le temps de le faire moi-même. Il a encore lu sur mon visage ce que je pensais... Mais là, je ne vais pas m'en plaindre. Le baiser devient vite plus chaud, puis brûlant et nos dents attaquent nos lèvres, sa langue joue à nouveau avec les anneaux de mes piercings avant que finalement, je la rejoigne pour un ballet sensuel, finissant de hacher nos souffles. Dans l'éclat, Livai se redresse, nos mains se caressant et enflammant nos épidermes après multiples frissons, et passe sa jambe par dessus ma hanche alors que je me retourne sur le dos afin de reprendre la même position que cette nuit, son torse frôlant le mien et mes mains dans ses cheveux.
Je relève le bassin et décroche à Livai un grognement de plaisir qu'il laisse échapper dans ma cavité buccale et que j'avale avec délice. Finalement, nos bouches se libèrent pour que nos poumons retrouvent de l'air, les bulles dans nos têtes ayant fini de nous embrouiller le cerveau. Livai se lèche les babines pour récupérer ce qu'il reste de salive, à moins que ce ne soit en prévision d'un nouveau baiser. L'un ou l'autre je m'en fiche, car quoiqu'il arrive, je suis bien décidé à vite reprendre possession de ses lèvres. À cette idée, je ne peux pas m'empêcher de sourire -encore- : Depuis le temps que j'en rêvais, et quand je pense qu'il fut un temps où je pensais ne jamais en avoir le droit...
« C'est tout de même étrange, je ne t'aurais pas imaginé si à cheval sur la loi... » dis-je alors avant même de prendre moi-même conscience de mes pensées qui vont trop vite pour moi.
« S'il y a bien quelqu'un sur qui je suis à cheval, Du con, c'est toi. » lâche-t-il du tac-au-tac avec une désinvolture qui m'embrase étonnement jusqu'aux oreilles, et je me mets alors à gigoter sous lui. Mais il m'ignore et continue « Mais si je n'emmerde pas la loi, alors la loi ne m'emmerde pas. Échange de bons procédés, je suppose. »
En fait, je crois que je m'en fiche un peu maintenant. C'est plutôt le fait qu'il se penche à nouveau vers moi qui m'intéresse, et alors que je me régale derechef du goût et de la douceur de sa bouche, il s'arrache à moi au bout d'un temps pour prendre ma main et commencer à embrasser mes doigts.
« Encore ? » dis-je d'une voix goguenarde mais je suis presque sûr que l'éclat dans ses yeux est aussi le reflet du mien.
« Ose dire que tu n'en redemandes pas. Je te sens Eren, je suis contre toi après tout. » dit-il avant de donner une légère ondulation des reins, ce qui m'arrache un gémissement en même temps qu'une décharge électrique finit de réveiller les papillons dans mes entrailles « Et puis tu m'as réveillé, alors assume. » me susurre-t-il à l'oreille avant de passer sa langue dans mon écarteur.
On a pas mal de temps et de frustration à rattraper c'est sûr. Alors d'un coup de hanche, j'inverse nos positions et souris à nouveaux, mais d'un sourire carnassier.
Et il me tend ses bras.
« Tu sais, j'ai eu du mal à persuader Mikasa de ne pas venir vérifier par elle-même que tu allais bien. » me dit subitement Armin avec un naturel feint, me jetant un coup d'œil en coin alors que l'on est sur le chemin du lycée.
Et moi tout ce que je trouve à faire c'est de sentir un coup de chaud envahir mon corps à cette idée, et en vue de son regard entendu, je devine que ça se voit sur ma peau et peut-être même jusqu'à mes oreilles tellement elles me brûlent. J'ai oublié mon portable tout le dimanche après avoir vu les messages au réveil, sans réaliser qu'il s'était éteint pour faute de batterie. Je m'en suis rendu compte le soir et après l'avoir branché, j'ai envoyé des messages en catastrophe à Armin et Mikasa pour les rassurer le plus rapidement possible en essayant d'ignorer les multiples vibrations des messages que j'aurais dû recevoir bien avant.
« Tu aurais au moins pu nous répondre une fois pour nous donner signe de vie. Et puis c'est la première fois que l'on ne fête pas ton anniversaire au moins tout les trois. »
« Tu m'en veux ? » demandé-je après quelques secondes de silence, une légère culpabilité et inquiétude dans la voix, et sûrement aussi dans mon regard.
« Pas du tout. Mais Mikasa a du mal à se faire à l'idée que tu as quelqu'un de plus important que tout le reste désormais, et elle a inlassablement peur que tu nous laisses de côté. Mais je sais que tu ne nous oublieras pas et que c'était particulier pour cette fois. » m'explique-t-il doucement avant de sourire, plein de confiance dans ses yeux océans.
Je souris à mon tour, heureux qu'il comprenne et l'accepte. Mikasa est devant avec Annie, comme toujours et, après un geste imperceptible de la tête d'Armin, je me décide à aller la rejoindre au pas de course.
« Mikasa ! » l'interpellé-je alors qu'elle se retourne, Annie ralentissant alors la cadence pour nous laisser la distancer après un regard entendu.
« Eren. »
« Je... Encore désolé pour hier. Tu le sais que je ne vous oublierais pas, hein ? »
« Vous avez couché ensemble toute la journée ? » demande-t-elle sans concessions, ce qui me fait subitement trébucher sur rien et elle me rattrape avec sans-froid et d'une main forte, ceux-là même qui la caractérisent tant.
« Hein ? N-Non ! Pas toute la journée ! » m'exclame-je en me sentant rougir à nouveau, voir encore pire quand je me rends compte de ce que je sous-entends malgré tout.
« Tu ne nous oublieras plus ? » enchaîne-t-elle avec une mine soucieuse qui vient fissurer son visage fin.
« Je ne vous ai pas oublié... » commencé-je à argumenter, et en croisant son regard je capitule car de toute manière au fond, c'est exactement ce dont ça à l'air, et soupire simplement avant de déclarer avec sincérité « Non, promis. Je m'en veux vraiment, tu sais... »
« C'est bon. Ce n'est pas grave. Tant qu'il ne t'accapare pas totalement, je peux faire avec. » dit-elle avec un air résolu avant de se perdre dans des songes et ajouter, ce qui me fait sourire : « Je suppose. »
« Merci Mikasa ! » ris-je alors en lui prenant la main avec affection, et son regard se fait plus doux une fois sa surprise passée. Il est vrai que je ne lui ai plus pris la main depuis le primaire, il me semble.
« Tu as l'air heureux. Tant que tu es comme ça, alors ça va. Je veux juste pouvoir être sûre que tu es heureux. »
La journée se passe comme d'habitude, en ajoutant bien entendu les allusions quant à mon absence de réponse aux messages et... le suçon découvert sur ma clavicule. Pourtant il était caché mais Ymir s'est amusée à tirer le col de mon sweater, sûrement dans l'idée de chercher une marque justement. En tout les cas, désormais j'attends Mikasa pour rentrer, Annie et Armin à mes côtés alors qu'on patiente dans leur salle de classe désormais vide. Armin s'avance dans ses devoirs alors que je surfe sur internet avec mon portable en me demandant si Livai est en service à cette heure ou s'il prend sa pause. En relevant les yeux, mon attention s'accroche sur Annie assise à la table en face de moi, contre le mur, la tête obstinément tournée vers la fenêtre. Mais ce qui m'interpelle, c'est la crispation de ses sourcils et le mélange de sentiments sur son visage et dans ses yeux, vacillant entre la contrariété et l'inquiétude. Je sens mes sourcils se froncer à leur tour alors que je tourne la tête pour essayer de voir ce qu'elle fixe intensément comme ça.
« Annie...tu les connais ces mecs ? » demandé-je alors, le regard dardé sur deux silhouettes imposantes qui se tiennent à la limite des grilles ouvertes, l'une brune et très grande, l'autre blonde et plutôt costaude.
Armin relève les yeux de ses cahiers pour remarquer à son tour l'expression d'Annie qui n'a pas bougé, laissant juste échapper un soupir lourd d'entre ses lèvres. Armin me jette un coup d'œil et je lui désigne la fenêtre, alors il se lève en tendant le cou pour apercevoir à son tour les deux personnes qui attendent devant la cour. Son regard s'éclaire après qu'une ombre soit passée sur son visage, et je devine qu'il a compris un truc qui m'a échappé. Alors je regarde à nouveau dehors et observe plus minutieusement, remarquant ainsi les costards des deux hommes et la grosse voiture noire et brillante garée juste derrière, à côté du trottoir. Je me revois le temps d'une seconde au collège, la fois où Annie s'est disputée avec des hommes dans une énorme voiture noire qu'on soupçonnait être au service de sa famille.
« Armin, va leur expliquer que je ne céderais pas. » lâche finalement Annie, relevant son menton de sa paume pour se retourner vers nous, son expression neutre revenue.
« Hein, pourquoi moi ? » s'étonne Armin, ses grands yeux bleus ondoyant sous le coup de la surprise et de l'incompréhension.
« Tu es le plus diplomate et persuasif. Qu'importe ce que tu dis, tant qu'ils partent. »
« Je ne risque pas d'avoir des problèmes ? Ils sont plutôt impressionnants et je suis un inconnu à leurs yeux, alors que toi ils ne te feront rien n'est-ce pas ? Mais moi ou même Eren... Non vraiment, j'ai du mal à me visualiser pourquoi je le ferais. » semble-t-il réfléchir à toute allure, non sans une hésitation dans ses yeux.
« Par amour ? » propose Annie avec calme et naturel, et je fait un bond de deux mètres tellement je ne m'y attendais pas.
Armin devient tout rouge jusqu'aux oreilles, et même la racine des cheveux, et je devine bien la tempête interne qui doit faire rage tout au fond de lui. Il soutient le regard d'Annie qui ne bronche pas, le fixant elle aussi.
« Heu OK, je ne veux pas me mêler à ça... Je vous laisse. » dis-je lentement avant de faire volte-face pour sortir de la classe, me sentant insupportablement de trop.
Je me dirige vers ma classe en envoyant un message à Mikasa de plutôt venir me rejoindre là-bas. Elle le verra lorsqu'elle sortira du bureau du CPE, à l'étage du dessus. Je sais qu'elle y est pour avoir détruit un distributeur de boissons, quand bien même que ce fut accidentel : elle a juste tapé la vitre car sa canette était restée coincée. Je m'installe donc à nouveau à la fenêtre en soupirant. Je suis plutôt surpris de la tournure des événements même si ce n'est pas vraiment étonnant pour une observatrice comme Annie d'avoir noté les sentiments d'Armin, au fond... En tout les cas, j'espère que ça se passe bien pour lui. Oui, ce serait bien... Je finis alors par le voir apparaître en bas de la cour, Annie se tenant plutôt étroitement à ses côtés. Il l'a donc persuadée d'aller leur parler.
« Ce sont les gardes du corps de la famille Leonhart. » explique soudainement Mikasa en entrant dans la salle « Elle les évite car elle ne veut pas être juger seulement par la renommée de sa famille et sa richesse. Et elle ne veut pas dépendre d'eux deux, qui la couvent trop. Même si la fois où on est allé au cabaret chercher Sasha et Connie, elle leur a demandé de nous y conduire... »
« C'est pas comme si on ne s'en doutait pas pourtant, qu'elle est pétée de tune. » fait une autre voix derrière Mikasa sans que je n'ai perçu qui que ce soit avant, me faisant alors sursauter.
« Putain Jean, qu'est-ce que tu fous encore là ?! » m'exclame-je en me renfrognant lorsqu'il entre à son tour dans la salle.
« Chez le CPE aussi, pour bagarre. Bah alors Jager, je t'ai fait peur ? L'amour te ramollit ? »
« Je ne veux pas entendre ça de toi, en plus je ne vois pas le rapport et puis je n'ai certainement pas peur d'une tronche d'équidé! » commencé-je à répondre à sa provocation, souhaitant instantanément lui faire vite ravaler son sourire moqueur à coup de poing dans la gorge.
« Arrêtez vos pitreries. Ils sont partis. » commente Mikasa en regardant dehors.
« Quoi, même Annie et Armin ?! Ah non... » dis-je en regardant moi aussi par la fenêtre, et puis finalement, une autre silhouette beaucoup plus petite apparaît, venant à la rencontre de mes deux amis.
Et je la reconnaîtrais entre mille. C'est Livai. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine alors que l'euphorie de le voir ici me fait ouvrir la fenêtre sans aucune délicatesse et crier sans ménagement :
« Liiiivaaaaai ! » avant d'agiter la main, le sourire aux lèvres pour seul moyen d'exprimer toute la joie et la surprise qui m'étreignent violemment mais avec délice.
Finalement, je me précipite hors de la classe en ignorant les piques de Jean et les appels de Mikasa pour courir jusqu'à la première cage d'escalier venue et de dégringoler les marches. Je manque de tomber plusieurs fois mais réussi à atteindre le sol sur mes deux pieds et en un seul morceau. Puis je traverse la cours en courant à nouveau et m'arrête seulement face au petit groupe, le souffle court et les deux mains sur mes genoux alors que je suis voûté de fatigue, le sourire toujours en train de fendre mon visage si ce n'est plus que tout à l'heure encore. Je relève la tête pour voir Livai et me fige, soudainement inquiet.
« Livai, ça ne va pas ? » demandé-je en m'approchant un peu plus, ne prêtant pas attention à Armin et Annie pour le moment.
« Ce n'est rien... »
« Mais tu es tout rouge ! C'est le froid ? Ou alors tu as de la fièvre... ? » hasardé-je, soucieux, en levant la main vers lui dans l'idée de vérifier sa température, mais il la rejette d'un revers en bondissant en arrière.
« La ferme, c'est ta faute ! »
« Quoi ? Je t'ai rendu malade ? » interrogé-je un peu penaud et sans comprendre.
« Eren, c'est simplement que tu l'embarrasses. » intervient alors Armin qui essaye de retenir un sourire amusé, peine perdue, et Livai grogne en réponse alors que la lumière se fait dans mon esprit jusqu'à maintenant embrouillé par mon enthousiasme :
« Oh. »
« Non pas « Oh » stupide gamin ! J'aurais jamais dû m'arrêter ici pou t'attendre, quand bien même j'ai fini plus tôt à cause d'une catastrophe typique "folle à lunette" ! » s'exaspère Livai en ronchonnant, toujours l'air renfrogné.
« Armin, promet moi que tu ne finiras pas comme ça. » dit alors Annie en me désignant du doigt et lui ne fait que rire avec embarras en voyant ma tête de carpe sortie de l'eau pas la peau du cul.
« Eren, tu as oublié ton sac ! » m'appelle Mikasa en arrivant telle ma sauveuse, coupant court à cet instant qui commençait à faire monter la honte en une chaleur insupportable dans les veines, Jean à ses côtés qui a l'air bizarrement heureux.
« Pourquoi tu as l'air encore plus stupide que d'habitude, tête de cheval ? » demandé-je alors pour dévier de la conversation première et pour l'emmerder aussi, ayant toujours l'instant de tout à l'heure en travers de la gorge.
« Quoiii ? »
« Oï vous allez pas commencer les morveux ? » s'agace alors Livai « On se bouge ? Ça pèle bordel, et il risque de pleuvoir je vous ferais dire. »
On est tous d'accord avec ça, même Mikasa qui reste tout de même un instant à le fixer minutieusement. Ce qui braque Livai évidemment, mais il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que Mikasa lâche :
« T'as un suçon derrière l'oreille. »
Mon coeur cogne si fort que je baisse la tête pour vérifier qu'il n'a pas défoncé ma cage thoracique, alors que mon sang palpite jusque dans mes tempe et diffuse une chaleur sourde et désagréable sous chaque parcelle de ma peau. À cet instant, je me demande si c'est Mikasa qui va mourir, ou moi. Ou les deux. Mais finalement, je suis le seul gêné dans l'histoire car Livai regarde ma meilleure amie avec un air de défi prétentieux et de méfiance mêlée, même si ça je le vois plus à sa posture : les genoux légèrement baissés et les muscles imperceptiblement tendus, comme s'il allait lui sauter dessus pour la déchiqueter au moindre geste menaçant. Mais Mikasa ne fait que soupirer et me tendre mon sac avant de se mettre en route, Jean sur ses talons, rapidement suivit d'Annie puis d'Armin. On ne parle pas sur le chemin, chacun perdu dans ses pensées, et personne n'aborde le sujet de la famille d'Annie. Si elle ne veut pas en parler, on ne va pas insister. Personnellement, je sais à quel point ça peut faire mal avec elle.
Jean nous laisse au premier embranchement, habitant à l'opposé de nous. Je traîne des pieds, soudainement lessivé, et je vois Livai un peu au devant de moi qui semble ne pas y prêter attention, si l'on omet ses coups d'œil furtifs et les fois où il ralentit légèrement pour ne pas me laisser me faire complètement distancer. Finalement j'accélère un peu pour finir à sa hauteur et prudemment, je tends la main pour agripper la sienne. Je le sens se crisper mais ses doigts gelés se réchauffent doucement au contact de ma paume brûlante et il me laisse donc faire. Mikasa remarque le manège, je le sais car je les observe devant nous : Armin et Annie se tiennent côtes à côtes, leurs bras se frôlant parfois, sans échanger un mot, et Mikasa et un peu plus au devant mais elle tourne la tête de temps en temps pour vérifier qu'on suit tous. Et je le vois. Le sourire de Mikasa, minuscule, dans une expiration légère et juste une fraction de seconde. Et ça me suffit pour me sentir pleinement heureux. Tellement que j'enlève ma main de celle de Livai, ce qui lui fait tourner la tête pour savoir ce qu'il se passe, pour mieux entremêler mes doigts aux siens. Je l'entends soupirer, d'aise ou de soulagement je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que j'ai le palpitant qui me cogne aux oreilles et qui pulse entre mes doigts pressés chaudement à ceux de Livai, le sourire qui me tire les lèvres et la chaleur de son épaule qui frôle mon bras.
Et le temps d'une seconde de prise de conscience, je me dis que des fois je dois vraiment avoir vraiment l'air idiot quand même. Mais ce n'est pas grave, pas quand Livai me regarde.
Bon il est tard, j'ai parcouru rapidement mais si j'ai raté des trucs et que c'est gros voir ça pique les yeux (enfin pas que ça changerait de d'habitude), ne soyez pas choqué j'ai écris ça la nuit dernière, et je n'ai pas eu de temps aujourd'hui pour quoique ce soit sur ce chapitre...
Désolé pour les reviews auxquelles je n'ai pas encore répondu, je le ferais demain sans faute! Mais là je vais juste dormir =.=
En espérant que ça vous ait plu (au moins un peu), à la prochaine~
