« Rencontre Facebook » PARTIE 25
On est samedi, il est 1h40 à l'heure où j'écris l'entête de ce chapitre et je me morfonds toute seule dans mon lit, avec une couverture qui me tient en otage, trois kilos de musique qui me tombe dans les oreilles et j'ai des fourmis dans l'auriculaire (oui oui) à force d'avoir tenu ma console dans les mains avant d'avoir commencé à écrire mon chapitre. Non, je ne déprime pas du tout par rapport à la rentrée, à part ça… T.T Et j'espère que vous n'avez pas trop fait la fête au nouvel an aha. En tout cas, comme toujours, écrire ce chapitre aura été la partie de plaisir de la semaine et mes doigts n'attendaient que ça. On avance toujours, doucement mais sûrement. Même si aujourd'hui, c'est décidé, on part dans le changement. Petite folie ? Et non aha, tout était prévu, et j'espère que ça vous plaira. Oh et je sais, on est samedi, mais j'avais envie de poster un jour plus tôt, so why not ?
Réponse aux reviews :
Panzerie : Tomber dans un trou rempli de chats noirs ?… Mon rêve, mon rêve, mon rêve… T.T Hm oui, il ne faut pas me parler des chats, je fangirl autant qu'avec knb pour eux. Mais ne t'en fais pas aha, je ne compte pas intégrer un Kagami méchant ou destructeur de miroir dans ma fiction. Ni le côté SM d'ailleurs. Quoique…
Serpent d'ombre : Merci, et ça ne m'étonne pas mais quasiment tout le monde a mentionné le passage de ''Akashi-sensei'' dans les reviews. Toutes des perverses, ces lectrices ! x) Oh et d'ailleurs, c'était il y a un moment déjà mais Kuroko avait dit qu'il avait déjà une lumière, et que cette lumière était en gros Kagami. Donc ça répond à ta question aha. Pour ce qui est de l'autre, mystère !
Kisayu : Merci beaucoup pour cette review ! Et c'est vrai que les sentiments d'Akashi au dernier chapitre n'étaient pas vraiment très positifs et joyeux. Mais bon, un Akashi déprimé, on a envie de le réconforter aha. Et je suis contente que tu aies aimé le passage avec la gm ! C'est vrai que Aomine en mode victime, ça a pas de prix. x) Héhé j'avoue que je me suis lâchée avec mon Akashi-sensei… Mais c'était génial à écrire alors je me suis pas retenue, et ça ressemblait bien à Kuroko. Et désolée, ce n'est pas aujourd'hui que tu en apprendras plus sur la lettre. Enfin, juste un peu. Et j'ai encore calé mon majordome parfait, why not. Je l'aime trop alors il tient un rôle important au final. Encore merci à toi !
Yukino Ibuki : Merci à toi. Je suis contente que tu trouves cette idée intéressante, alors j'espère que tu aimeras quand je l'utiliserais.
Coralicorne : Je suis contente que tu aies aimé ce chapitre aha ! Et tout le monde a aimé Akashi-sensei, mais ça m'étonne pas parce que j'avoue que oui si on sort un peu du contexte c'est pervers. x)
Kara : Merci beaucoup à toi ! Et oui noël s'est très bien passé de mon côté. Et du tiens ? ^^ En tout cas ça me fait plaisir que ce chapitre t'ait plu ! Et sorry, j'avoue que j'ai été sadique avec mon ''bonne fin de vacances''. x) Mais il faut se dire qu'on a toujours les week-ends ! Même si c'est dur pour moi de me dire ça avec les bacs blancs le samedi matin. Hm oui c'est le décès aha.
BlueSey17 : Et oui, j'avais envie de caler Kagami là-dedans ! Et effectivement, cette lettre est bien mystérieuse…
Bonne lecture !
Si un bon nombre des parents se trouvaient être contre l'utilisation des téléphones portables pour les adolescents, cela n'était finalement pas que pour les messages ou les appels qui risquaient de faire exploser leur budget. Après tout, oui, les messages avaient une grosse part de culpabilité à avoir là-dedans, si tant est que ça pouvait en avoir, mais les applications y étaient aussi pour quelque chose. Que ce soit les jeux tous plus idiots les uns que les autres, bien que tout le monde le sache mais que tout le monde y joue quand même, ou alors que ce soit pour la musique qui était bien entendu téléchargée de manière tout à fait légale ou encore les réseaux sociaux, ils coupaient tous du monde. Une fois son attention rivée sur l'une de ces applications, s'en détourner devenait difficile. Et si Akashi avait cru ne pas faire parti de ces jeunes imbéciles qui passaient leurs journées pendus à leur téléphone, en attente d'un message, d'une notification ou peu importe, et bien il s'était tout simplement trompé. L'application facebook sur téléphone était tout aussi dangereuse qu'appétissante, et c'était d'autant plus ce réseau social que les parents devraient maudire pour leur arracher leurs enfants. Facebook, que cela soit sur ordinateur ou téléphone portable, restait quelque chose d'addictif quand on y prenait goût.
Bien qu'il fallait l'avouer, c'était très souvent la personne avec laquelle on y parlait qui était addictive.
Le rouge, les jambes croisées et ses mains qui trituraient son téléphone, releva les yeux de ce dernier en entendant un léger rire briser le silence. Et si une personne pouvait bien savoir à quel point il détestait ce genre d'esclaffement, c'était bien son majordome. Il jeta d'ailleurs un coup d'œil à ce dernier qui se contentait seulement de rester à côté de la porte, le dos bien droit et les mains liées, un petit sourire au bord des lèvres. Akashi leva les yeux au ciel face à cette vision qu'il lui offrait. Celui-là s'amusait beaucoup trop…
Une vibration lui fit cependant quitter le spectacle qui se déroulait sous ses yeux, ou peut-être même cette mauvaise comédie contemporaine, et déverrouilla son téléphone. Avoir garder facebook sur son portable n'était pas finalement une mauvaise chose dans le cas présent… Et à vrai dire, même si aujourd'hui n'avait pas été samedi et son jour dédié à son inconnu, il aurait quand même eu ce comportement d'adolescent rebelle et ignorant.
« Kuroko Tetsuya
Tu ne devrais pas faire ça, Akashi-kun. »
Oh, il trouvait ? Essayant de garder autant de discrétion qu'un chat guettant sa proie, il répondit rapidement au bleuté un message qu'il s'était répété dans sa tête dès qu'il avait lu le sien.
« Akashi Seijuro
Et dire que j'étais encore ton professeur en début de semaine. Les élèves deviennent bien trop impertinents à mon goût. »
Aussitôt sa réponse envoyée et son téléphone remis en veille, il reporta son attention sur le reste de la pièce et ses acteurs comme si de rien était. Il n'était pas vraiment sûr qu'il se fasse disputer comme un garçon pris au piège en train de dévorer du chocolat, mais il était encore moins sûr de savoir si il se ferait réprimander. Après tout, la conversation actuelle était censée être assez sérieuse. Censée et assez, deux mots qu'il aimait beaucoup mettre dans cette phrase pour décrire la situation. Depuis qu'il était entré dans ce bureau et qu'il s'était assis sur le canapé, qui d'ailleurs lui donnait un angle de vue parfait de la globalité de la pièce, il n'avait cessé de parler sur facebook avec son inconnu. Après tout, une demi heure avant qu'on ne vienne le déloger de son siège de bureau, c'était ce qu'il était en train de faire alors il ne voyait pas du tout le mal de continuer d'entreprendre ce qu'il faisait.
C'était par ailleurs ce genre de moment qui lui faisait se demander pourquoi est-ce qu'il ne donnait pas son numéro à Kuroko. Après tout, ce n'est pas comme s'ils étaient de simples étrangers maintenant et qu'ils n'entretenaient pas une relation particulière. Ils se connaissaient bien, se parlaient régulièrement et très franchement, étaient devenus le quotidien et la mauvaise habitude de l'un et de l'autre. Alors qu'est-ce qu'était un simple numéro de téléphone ? Que pouvait bien représenter une poignée de chiffres sortis du lot ? Absolument rien. Toujours étant que pourtant, ils ne se les étaient jamais échangés. Facebook avait été leur premier moyen d'échange et ils s'en étaient toujours contentés. Le rouge devait même dire qu'il s'était habitué à échanger avec lui dessus et se voyait maintenant légèrement perturbé quand un des membres de la génération des miracles lui envoyait un message pour n'importe quelle raison et qu'il devait y répondre. Il s'était fait au contentement d'ouvrir leur conversation, de voir sa photo si plaisante à regarder s'afficher et au bruit qui émanait de son ordinateur à la réception d'un message. Il adorait fixer des yeux les trois points de suspension qui s'affichaient quand l'autre lui répondait et s'amusait à penser que le bleuté faisait pareil. Il prenait même parfois plus de temps à lui répondre, tapant des lettres au hasard sur son clavier pour faire durer le plaisir et au final, pour lui envoyer une réponse de trois mots seulement. Ce réseau social était le début mais aussi un point de départ pour lui. Alors oui, de vulgaires messages par téléphone ne faisaient pas le poids face à ça.
- Ça tombe un jour parfait, un samedi soir qui plus est. Ce sera bon, n'est-ce pas, Tsubaki ?
- Bien entendu, monsieur.
Un jour parfait ? Un samedi soir ? Il ne voyait pas du tout en quoi il y avait de quoi s'exalter. C'était le pire jour possible pour lui. Le samedi était un peu comme une journée réservée. C'était même ça, oui. Il lui arrivait de sortir ce jour-là, oui, mais seulement pour un événement spécial ou pour aller jouer contre ses amis. Autrement, ses après-midis entiers étaient dédiés au joueur fantôme et cela lui convenait très bien. Il n'avait pas du tout envie de changer cela et ce n'était pas lui qui pourrait redire quelque chose à ça.
Son téléphone vibra contre sa cuisse et il se dépêcha de le déverrouiller.
- Seijuro, ça te convient ?
Ravalant son début d'énervement, il releva sa tête pour plonger ses yeux dans ceux de son père, assis derrière son bureau et dominant tout la pièce avec une supériorité qui clairement, donnait juste envie de lever les yeux au ciel du rouge.
- Non. Débrouillez-vous sans moi.
Il prit bien soin de jeter un regard à son majordome, qui était lui aussi comprit dans la mention de ce pronom personnel, et rabaissa ses yeux à ce qui se trouvait dans ses mains. Il agissait en enfant ? Soit. Mais c'est ce qu'il voulait et tant qu'il était encore maître de ses actes et de ses pensées, alors il agirait comme bon lui semblerait. Il mentirait si dire une chose pareille devant son père ne lui mettait pas une boule au travers de la gorge, mais cela faisait maintenant quelques temps qu'il avait décidé de ne plus se laisser dominer par son père et ce qu'il représentait.
« Kuroko Tetsuya
Je ne vois pas de quoi tu parles en parlant de professeur. »
Un sourire, aussi imperceptible que possible, se glissa sur ses lèvres.
« Akashi Seijuro
Tu ne te souviens pas de lundi soir, par hasard ? »
« Kuroko Tetsuya
Je ne me souviens que de ce qui m'arrange, Akashi-kun. »
« Akashi Seijuro
Alors je ne me souviens pas de ce que tu m'as demandé pour aujourd'hui. »
Voir le petit ''vu'' s'afficher ne lui donna pas envie de verrouiller son téléphone alors il se contenta simplement de regarder son écran, avec toujours ce petit sourire discret sur le visage, et attendant l'apparition d'un nouveau message
- Seijuro, est-ce que tu m'écoutes ?
Mais il fallait croire que tout ça n'était que de courte durée…
- Oui.
- On ne dirait pas. Tu pourrais écouter lorsque je te parle.
Gardant un soupire pour lui-même, il verrouilla à contrecœur son téléphone. Autant accorder quelques minutes d'attention à son père pour régler cette histoire et au moins, il pourrait communiquer en toute tranquillité avec son inconnu.
- Seijuro, je crois que tu n'as pas bien saisi la situation…
- Au contraire, je l'ai très bien comprise. Mais je refuse.
Le plus vieux des deux Akashi souffla, ne contenant pas son agacement parfaitement visible au yeux du rouge et du majordome, et s'adossa à son fauteuil en cuir d'une taille nettement imposante.
- Tu as lu la lettre ?
- Oui.
- Alors tu vois bien que ce n'est rien.
- Cela n'empêche que je refuse.
Il sentit le regard de Tsubaki lui brûler la peau mais à vrai dire, il n'en avait rien à faire. Son majordome n'avait jamais été du côté de son père et l'avait d'ailleurs toujours défendu auprès de celui-ci. Akashi ne l'avait jamais directement remercié pour ça mais il savait déjà que de toute manière, le brun le savait. Il savait qu'il lui était reconnaissant. Cependant, même si Tsubaki avait pour rôle de toujours s'occuper de lui, il n'en restait pas moins un employé de son père. Il n'était pas toujours d'accord avec lui, cela se voyait et cela se sentait, mais que pouvait-il bien y faire ? Certaines choses ne pouvaient pas être contredites et le rouge le savait bien. Il ne lui en voulait pas pour ça et savait par ailleurs que cette lettre qu'il lui avait donné lundi en faisait partie.
Cette histoire commençait à l'agacer, encore… Mais il refusait d'y accorder pour l'instant de l'importance.
- Ça te concerne aussi bien que moi, Seijuro.
Un haussement de sourcils plus tard, Akashi rangeait son téléphone dans sa poche et regardait son père avec une lueur de défis brillant au fond des yeux.
- Ce sont tes affaires, pas les miennes.
- Tu es un Akashi.
- Peu importe.
Le rouge se releva, plissant sa chemise d'un rapide revers de la main et contourna la table basse sur laquelle reposait sa tasse de thé encore fumante, alors qu'il n'y avait même pas touché.
- Seijuro.
Akashi se retourna, retenant encore et toujours ce désagréable soupire qui ne faisait que lui embarrer la gorge d'une manière désagréable, et ses yeux hétérochromes accrochèrent ceux de son père.
- Je ne sais pas pour quelles raisons tu t'obstines tellement, mais cette lettre t'est aussi bien destinée à toi qu'à moi.
- C'est justement le problème. Maintenant que nous avons fini de parler d'une vulgaire lettre dont je ne prendrais aucun mot en compte, je m'en vais.
Ravalant son agacement croissant et ignorant l'appel de son père, il lui tourna le dos et se dirigea vers la porte où Tsubaki se tenait toujours à côté, stoïque. Il l'ouvrit sans plus de cérémonie et sans accorder un seul regard aux deux hommes, se retenant bien sûr de claquer la porte en sortant. Il ne se retenait jamais vraiment d'agir mais il n'était pas non plus énervé alors autant, selon lui, réserver ce genre d'actions pour plus tard. Car malheureusement pour lui, il savait que cette conversation n'était que la première parmi une longue liste.
Mais il ne craquerait pas.
Il ne s'était pas vraiment attendu à voir son père débarquer comme ça, à l'improviste, mardi soir. Même si en soi, ce n'était pas vraiment à l'improviste puisque tout de même, cette maison était la sienne. Mais il avait été surpris, et il était certain que son majordome l'avait été aussi. Généralement, il le prévenait toujours lorsqu'il revenait d'un voyage d'affaire et Tsubaki lui faisait ensuite passer le message pour le prévenir de l'arrivée imminente de son père. Mais cette fois, ça n'avait pas été le cas. Enfin, est-ce que cela changeait vraiment quelque chose ? Peut-être pas. Mais Akashi s'était fait prendre au dépourvu et ne s'était pas préparé à devoir contourné les attaques de son géniteur au sujet de cette lettre. Oui, il avait fini par la lire, la retourner dans tous les sens et y réfléchir le soir dans son lit mais il n'y avait rien à faire. Il sentait les problèmes de là où il était et n'avait pas du tout envie de prendre en compte ce morceau de papier. La date que mentionnait cette lettre n'était que lorsqu'il serait en vacances et que les cours seraient finis. Il avait bien le temps de réfléchir à une excuse ou quelque chose d'autre, après tout.
Puis à vrai dire, il avait une chose beaucoup plus importante à laquelle réfléchir, aujourd'hui… Stressé, lui ? Non, pas du tout. Il ne savait seulement pas ce qu'il allait dire et il se doutait pourtant que ce ne serait pas son homologue qui entamerait la conversation.
Le capitaine de la génération miracle soupira, et prit l'angle d'un couloir pour finalement apercevoir la porte de sa chambre au bout de celui-ci. Son portable l'avait sauvé lors de cet entretient qui n'avait pas été véritablement prémédité mais retrouver le confort de son siège et de son ordinateur n'avait pas de prix à ses yeux. Enfin, il allait sûrement devoir attendre encore un peu avant de retrouver pleinement le calme qu'il aimait tant… Il retint un froncement de sourcils en entendant les pas précipités de son majordome et ne daigna pas faire volte-face vers lui en sentant sa présence dans son dos, distinguant son ombre au sol mais entendant également sa respiration saccadée de lui avoir couru après. C'est vrai que sa maison était grande, après tout… Enfin, son manoir.
- Akashi-sama, vous n'auriez pas dû partir comme ça.
Et la série de réprimandes allait commencer… Pourtant, il savait que Tsubaki avait d'une certaine manière raison. Il n'avait pas arrangé son cas et n'avait fait que défier un homme qui détestait ce genre de choses.
- Peut-être. Mais cette histoire de lettre m'énerve.
- Ce n'est pourtant pas la première fois.
- Justement. Tu es bien placé pour savoir à quel point tout ça m'ennuie.
Se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas l'envoyer voir ailleurs, il sortit son téléphone de sa poche pour regarder l'heure. Il vit au passage que le bleuté lui avait répondu, ce qui le fit se détendre légèrement, mais fut assez irrité en constatant qu'il était bientôt l'heure pour lui de partir.
- Vous rendez les choses plus graves qu'elles ne le sont, Akashi-sama.
- Elles ne sont pas graves, juste ennuyantes à mourir. Tu ne vas quand même pas me contredire là-dessus.
- Je ne le ferais pas. Cependant, je ne peux pas non plus être d'accord avec vous. Je vous rappelle aussi que je suis toujours avec vous, alors vous n'êtes pas le seul concerné.
Un tic nerveux le prit et il malmena légèrement sa nuque de sa mains gauche. Il le savait très bien, oui… Dès que sa mère était morte, son père avait ordonné à Tsubaki de veiller sur lui. Cela allait des tâches les plus simples au plus complexes. Il devait l'emmener à l'école, là où il voulait tant que c'était dans ses mesures, l'informer des choses quotidiennes de sa vie comme ses rendez-vous et ses horaires, le suivre, l'aider si besoin, le défendre en cas de problème… Et à vrai dire, Akashi ne pouvait citer que la moitié de tout ça car il était sûr qu'il y avait une quantité astronomique de services que pouvait lui rendre son domestique. Et effectivement, si il y avait une chose à dire, c'était qu'il n'était pas banal. Il était quand même son majordome, son garde du corps et son chauffeur, après tout. Et Dieu seul savait combien d'argent il possédait pour se payer plus d'une dizaine de chaque dans tous ces domaines. Mais non, il n'y en avait qu'un. Et malheureusement pour lui, il devait aussi être là pour supporter certaines choses… Dérangeantes.
- Akashi-sama, je ne comprends pas pourquoi vous exagérez ainsi.
- Je n'exagère pas.
- J'ai quand même l'impression que l'on vous demande votre permission pour vous circoncire… Avec toute la politesse dont je peux me permettre.
Un sourire amusé lui échappa et il jeta un vague regard au brun par-dessus son épaule.
- Fais préparer la voiture, nous partons dans quelques minutes pour Tokyo.
Arrivé devant la porte de sa chambre, il l'ouvrit tout en coupant court à la conversation qu'il entretenait avec son majordome et s'engouffra dans sa chambre. Le calme si significatif qui y était associé lui emplit les oreilles et il souffla de soulagement. Il allait enfin pouvoir respirer, même s'il savait que ce n'était seulement que pour quelques minutes. Il se dirigea vers son ordinateur, et agita vaguement sa souris pour sortir son écran du mode veille dans lequel il s'était plongé. Il s'assit face à son bureau et réajusta sa position, sortant au passage son téléphone de sa poche et le posant sur la large surface de bois.
« Kuroko Tetsuya
Tu penses que ça va aller, Akashi-kun ? »
Il ne pourrait répondre pleinement à cette question qu'en fin de journée. De son côté, oui, tout irait bien. Ce n'est pas comme si il était nerveux ou quoi que ce soit de stupide dans ce genre. Mais il restait tout de même assez indécis. Il ne savait pas vraiment où tout ça allait le mener.
« Akashi Seijuro
Ça ira Tetsuya, ne t'en fais pas. »
« Kuroko Tetsuya
J'ai plus peur de ce que tu vas dire que de sa réaction. »
« Akashi Seijuro
Je n'ai pas encore réfléchi à la tournure que la conversation prendra. Mais si je devais avoir peur de quelque chose, ce serait qu'il ne soit pas là où tu m'as dit d'aller. »
Il se voyait bien, appuyé contre un mur et les sourcils froncés, un sourire sadique au bord des lèvres en pensant à toutes les techniques de torture qu'il connaissait pour faire payer au bleuté de l'avoir fait poiroter ainsi…
« Kuroko Tetsuya
Si c'est le cas alors dis-toi qu'une analyse de ma part t'attendra à ton retour, Akashi-kun. »
« Akashi Seijuro
Tu essaies de me motiver ? »
« Kuroko Tetsuya
Peut-être bien. »
Il leva les yeux au ciel. C'était bien lui de dire quelque chose comme ça. Son regard accrocha l'heure qui était affichée sur son ordinateur et il songea à la route qui l'attendait et à son majordome qui avait sûrement déjà dû faire apprêté la voiture.
C'était l'heure d'y aller.
« Akashi Seijuro
J'y vais Tetsuya. On se parle après. »
« Kuroko Tetsuya
Tu as facebook sur ton téléphone. »
« Akashi Seijuro
Je ne compte pas y passer ma vie. »
« Kuroko Tetsuya
Mais je fais parti de ta vie maintenant. »
Il soupira, non sans un sourire sur son visage, et glissa à nouveau son portable dans sa poche en se relevant de son siège de bureau.
« Akashi Seijuro
La vie aime vraiment trop jouer avec mes nerfs. »
Dès que la portière fut ouverte, une brise fraîche lui caressa doucement le visage, mais il n'allait pas s'en plaindre. C'était le genre de vent agréable qui ne faisait pas resserrer les pans d'un manteau sur soi et qui ne donnait pas envie de rentrer pour s'enfermer entre quatre murs donnant de la chaleur. Akashi sortit alors de sa voiture, s'avançant de quelques pas pour permettre à son majordome de fermer la portière derrière lui. Les mains le long de son corps, il releva sa tête pour regarder l'enseigne qui se dressait juste devant lui.
C'était un café tout à fait banal. Le genre de bar typique que l'on pouvait retrouver au Japon et partout ailleurs, en fait. La devanture était marron, avec quelques inscriptions ici et là comme pour informer le client du nom du café ou tout un tas d'autres choses. De grands vitres s'étendaient devant lui et permettaient à tous les passants de voir l'intérieur de l'habitacle, donnant une vue imprenable sur le grand bar en bois ancien et sur toutes les autres tables et chaises on ne peut plus normales qui s'y trouvaient. C'était en gros le genre d'endroit où Akashi ne se rendait jamais. Bien qu'il lui arrivait occasionnellement d'aller dans un fast-food avec ses amis, il préférait largement aller dans un salon de thé à l'étiquette réputée ou directement rester chez lui. Même dans sa maison, la qualité du thé voir même du café était sûrement supérieure à ce qui se trouvait en face de lui.
Enfin, ce n'est pas comme si il y allait pour son plaisir personnel…
- Vous êtes sûr que c'est ici, Akashi-sama ?
- Oui.
Il ne se demanda même pas pourquoi son majordome lui posait cette question puisqu'en un seul coup d'œil, il pouvait aisément comprendre à quoi il faisait référence. La rue était, tout comme le café qu'il venait de découvrir, aussi banale et courante qu'il était possible de trouver. Ce n'était pas une rue commerçante et populaire par-dessus le marché, mais il y avait du monde et quelques passants. La moyenne d'âge des personnes s'y trouvant variait entre adolescents, adultes et personnes âgées, mais cela n'empêchait que ces personnes-là, toutes autant qu'elles soient, lui jetaient de mauvais coup d'œil. Il n'y avait rien de méchant ou d'insultant cela dit, puisque tout restait simplement curieux. Même si Akahsi pouvait remarquer de loin une bande de garçons, très certainement de son âge, qui le regardait avec dégoût, et jalousie peut-être. C'était vrai que dans une rue où seules des personnes de la classe moyenne passaient, il faisait un peu tâche sur le tableau… Ou il était seulement l'élément ressortant du lot. Ou alors l'élève qui s'humilie devant tout le monde et se faisait remarquer par tous à cause de ça. Il fallait dire que ça ne devait pas être tous les jours qu'ils devaient voir ici un jeune homme de son âge aux cheveux rouges et habillé totalement en noir, comme s'il s'apprêtait à aller à une cérémonie mortuaire, avec derrière lui un grand homme brun habillé d'un costume qu'on ne voyait que dans les films et qui devait certainement coûter bien plus qu'un bras, avec pour clôturer le tableau et le parfait cliché une voiture noire qu'ils osaient à peine regarder des yeux tant le prix de celle-ci devait avoir de zéros.
- Si vous teniez à ce que l'on reste discret, je pense que c'est raté.
Akashi soupira tout en refermant correctement sa veste. Il n'avait pas rechercher la discrétion dès le début, de toute façon. Il se retourna vers Tsubaki, détaillant ses yeux chocolat, et finit par lui indiquer le bout de la rue du doigt.
- Va là-bas et gare-toi, il y a un parking souterrain. Je t'envoie un message quand tu peux revenir me chercher.
- Oui.
Sans plus de mots entre eux, le rouge se dirigea vers la porte du café et l'ouvrit, certain que s'il possédait des lunettes, elles auraient été rempli de buée par la chaleur ambiante. Il laissa la porte se refermer derrière lui en un tintement désagréable et balaya la salle d'un rapide regard. Le café était grand, c'était indéniable, et l'ambiance qui s'en dégageait était bien plus agréable qu'il n'aurait pensé. Le bar contenait quelques personnes, assez pour faire s'agiter le serveur en tout cas, mais pourtant, il n'y avait pas un brouhaha qui aurait pu rendre son humeur massacrante. Tout était léger, les gens semblaient calmes et le musicien qui se trouvait au fond de la salle assis devant son piano créait une mélodie tout à fait relaxante à ses oreilles.
Il avait connu mieux et de bien plus haute gamme, mais il n'allait pas s'en plaindre, il aurait pu connaître pire.
Il s'avança vers le bar qui était au centre de la pièce, où derrière celui-ci se trouvait justement le barman qui semblait être en train de préparer quelques tasses de café bien noir, sifflant légèrement un air de musique qu'Akashi ne voulait pas particulièrement connaître. Arrivé aux côtés des sièges en hauteur permettant de boire un verre au bar, l'homme que le rouge jugeait avoir le même âge que son père sembla le remarquer et se tourna à moitié vers lui, pour toujours continuer à surveiller le café qui continuait de couler dans les petites tasses blanches.
- Bonjour jeune homme. Qu'est-ce que je peux vous servir ?
- Un thé, s'il-vous-plaît.
Un sourire aimable prit place sur le visage du barman qui prit entre ses mains les deux tasses de café prêtes pour les poser sur le comptoir, mais qui furent vite ramasser au passage par le serveur qu'Akashi vit donner à deux femmes de la cinquantaine habillées d'un tailleur bon marché, et discutant comme deux vieilles amies.
- Nous venons justement d'en recevoir du très bon. Est-ce qu'un thé au citron vous tenterait ?
Il sembla réfléchir quelques secondes, pesant le pour et le contre, mais se dit que finalement il n'avait pas tant que ça l'occasion de boire un thé de cette saveur acide.
- Oui, je vais prendre ça.
Le barman lui répondit par un hochement de tête et un sourire chaleureux, alors qu'Akashi restait simplement devant lui sans aucun sourire. C'était à croire que cet homme restait inflexible tant qu'il était en train de travailler. Ne lui accordant maintenant plus d'importance, il se recula légèrement du bar pour regarder à gauche et à droite à la recherche de la personne pour laquelle il était venu aujourd'hui.
Il repensa à sa discussion qu'il avait eu plus tôt avec le bleuté et se dit que finalement, s'il n'était pas là, ce n'était pas forcément une mauvaise chose. Ça lui donnerait simplement une bonne raison de donner une punition à son inconnu.
Mais heureusement, ou malheureusement, il reconnut de dos la personne qu'il cherchait, à gauche au fond de la salle. Il se dirigea donc vers lui en ouvrant son manteau, prêt à s'en débarrasser et s'asseoir en face de lui. Il ne savait pas vraiment quelle serait sa réaction. Il y avait après tout un choix assez vaste pour ça lorsque cette personne se rendrait compte de sa présence. L'étonnement, la colère, le dégoût, la rage, l'indifférence… Ou peut-être même rien, qui sait ? Enfin, c'était plus son genre à lui d'agir avec indifférence à l'égard d'une personne et il le voyait mal faire ça. Alors il misa tout, comme si il était en train de faire un pari avec lui-même, sur l'étonnement. C'était ce qui arrivait le plus aux êtres humains après tout, non ?
À hauteur de la table, il posa sa veste sur le chaise en bois de la même couleur que toutes les autres et se tourna vers le jeune homme, assis juste en face de cette chaise, et qui semblait être en train de faire ses devoirs, un grand verre de limonade à ses côtés.
- Est-ce que je peux m'asseoir ?
Sa question n'en était au final pas vraiment une. Et, à vrai dire, il la posait juste pour la forme et parce qu'il ne voulait pas véritablement brusquer le garçon. Mais il avait déjà posté son habit sur la chaise qui se trouvait à l'autre extrémité de la table et rien que par ce geste, il montrait déjà que peu importait la réponse, il resterait quand même.
Et pour ce qui était de son pari, il fallait croire que dans n'importe quelle situation, il gagnait. Le garçon aux cheveux châtains le regardait les yeux écarquillés, complètement sous le choc de croiser quelqu'un comme lui ici. Il était même incrédule et face à cette expression, Akashi avait même envie de laisser un sourire moqueur lui échapper. Mais il était loin d'être un idiot et savait que ce n'était pas le moment de faire quelque chose de ce genre, et aussi se contenta t-il de soupirer et de s'asseoir en face de l'adolescent qui ne lui donnait pas de ré du long de son geste, il l'avait regardé faire sans rien dire et ne semblait pas vraiment réaliser.
- Tu es…
- Oui. Je suis Akashi Seijuro.
Mais bien vite, et comme le rouge s'y était attendu, l'étonnement laissa rapidement place à de la confusion et de la suspicion, tout ça marqué par son froncement de sourcils qui s'était au fur et à mesure accentué.
- Détends-toi. Je viens seulement te parler.
Mais le capitaine de la génération miracle remarqua directement ses muscles se tendre. Bon, tout semblait mal commencer… Le garçon le regardait toujours étrangement et ne semblait pas vraiment vouloir entamer la conversation. Et comme il l'avait au fond craint, ça allait être à lui de le faire. Déjà qu'il n'était pas spécialement bavard sur les bords.
- C'est Kuroko Tetsuya qui m'a incité à venir te voir.
Directement à la mention du prénom de son ami d'enfance, l'adolescent sembla se détendre et parut automatiquement moins suspicieux envers lui. Si les circonstances n'avaient pas été telles qu'elles, il lui aurait sûrement dit qu'il était trop naïf et inconscient de croire les paroles d'un inconnu aussi facilement. Mais bon, ce n'était pas pour ça que la partie était gagnée.
- Pourquoi est-ce que Kuroko t'a demandé ça ?
- Pour que nous parlions du match que nous avons joué l'un contre l'autre.
Un rire mauvais lui échappa alors qu'il lâcha son critérium qu'il tenait toujours dans sa main droite et qu'il faisait auparavant tourner nerveusement entre ses doigts.
- Il est trop gentil de croire que tu t'excuseras pour ce que toi et ton équipe m'avez fait.
- Je ne suis pas venu ici pour m'excuser.
Il comptait rajouter quelque chose mais fut coupé court par une tasse de thé fumante et à l'odeur agréable se posant devant lui. Il dirigea son attention vers le serveur qui lui souriait poliment tout en posant l'addition sur la table. Quand celui-ci fit volte-face, Akashi replongea instantanément ses yeux dans ceux d'Ogiwara.
- Tu devrais peut-être même m'être reconnaissant.
Le châtain qui s'apprêtait à s'emparer de son verre de limonade pour terrasser la sécheresse qui avait pris possession de sa gorge le regarda, complètement incrédule, et ne put s'empêcher de le dévisager.
- Comment est-ce que tu peux dire quelque chose comme ça ?
- Tu ne ressens vraiment que de la haine envers moi, envers la génération miracle ?
Akashi sembla le prendre au dépourvu mais pourtant, ce ne fut pas pour ça que la garçon sembla réfléchir activement. La réponse venait d'elle-même.
- Oui.
Le rouge le regarda encore quelques temps, essayant de déceler les émotions qui passaient à travers ses yeux marrons. Ils étaient beaucoup plus clairs que ceux de son majordome et paraissaient même noisettes. Toujours étant qu'il y avait beaucoup trop de choses qui passaient à travers ses pupilles et qu'actuellement, il n'avait pas vraiment envie de réfléchir à chacune d'elles. Ses doigts se glissèrent alors jusqu'à sa tasse de thé et, d'une grâce qui montrait qu'il en avait tout simplement l'habitude, la porta à ses lèvres. Quand celles-ci entrèrent en contact avec la porcelaine chaude de la tasse, il ferma les yeux quelques secondes, juste le temps de laisser passer deux gorgées du liquide appréciable.
Effectivement, il n'était pas mauvais.
- Tout ça devrait t'avoir motivé.
Soit le jeune garçon se sentirait énervé par ce qu'il venait d'entendre, soit il ne comprendrait pas, selon Akashi. Pourtant, il reprit simplement son stylo dans sa main droite et se mit à gribouiller des formes indistinctes sur son cahier, l'air pensif et quelque peu nostalgique. Le rouge le regarda simplement faire, ses mains posées à plat sur ses cuisses et à l'écoute, restant attentif du moindre son.
- Au contraire, tu m'as juste donné envie d'arrêter le basket.
Il le détailla encore un peu, avec son air pensif et attristé. Alors il songeait à arrêter le basket ? C'était sûrement pour ça que son inconnu avait voulu qu'il aille lui parler. Maintenant que les faits étaient exposés, il comprenait un peu mieux la situation. Il n'aurait pourtant jamais imaginé que ce match puisse donner ça en conséquence. Certes, ce match avait été assez différent des autres pour la simple et bonne raison qu'une sorte de jeu y avait été instauré. Mais autrement, il avait battu ses adversaires à plates coutures, comme d'habitude. Rien ne semblait différent de ça.
Mais une question lui venait maintenant en tête : est-ce que d'autres garçons avaient décidé d'arrêter le basket des suites d'un match contre son équipe ? C'était possible, et Ogiwara en était la pure preuve. Il ne devait pas être le premier et s'ajoutait à la liste. Seulement aujourd'hui, c'était Akashi qui avait cette liste entre ses mains et il comptait bien la jeter.
- Honnêtement, je suis déçu.
Il sortit l'autre garçon de ses pensées qui le regarda, perplexe, en attente de ses prochaines paroles.
Il avait réfléchi à ce qu'il allait lui dire et il était sûr que c'était la meilleure chose à dire. Après tout, ça reflétait simplement ses véritables pensées. Et même si avant qu'il ne connaisse Kuroko, il l'aurait sûrement dit autrement, il savait qu'il l'aurait quand même pensé. Et il pensait même que si un jour, un autre basketteur viendrait lui dire qu'il voudrait arrêter le basket par sa faute, il lui dirait la même chose qu'il s'apprêtait à déclarer au garçon face à lui. Il avait peut-être perdu, et tous les autres d'avant s'étaient peut-être aussi fait écrasé, mais ce n'était pas du tout une raison pour se morfondre et se plaindre. Au contraire, c'était le moment parfait pour savoir rebondir et recommencer.
- Ta défaite ne devrait pas être un poids à porter mais une motivation à prendre. Regarde, tu as perdu et tu veux arrêter le basket. Ce n'est pas de la haine envers moi que tu devrais ressentir mais envers toi pour avoir pensé ça.
- Mais tu…
- Mais rien du tout. Ta défaite doit te donner envie de te battre. Je n'ai pas envie d'écraser des pauvres types incapables de se relever, j'ai envie d'être face à des joueurs qui auront su s'entraîner et se remettre d'une défaite pour devenir plus fort et avoir la tête haute.
Ne le regardant même pas dans les yeux, Akashi reprit sa tasse et en but plusieurs gorgées, si bien que lorsqu'il la reposa, il en restait moins de la moitié. Il sentait bien le regard de l'autre garçon lui parcourir le corps mais il n'avait pas envie de le regarder maintenant ou de reprendre de lui-même directement la conversation. C'était à lui de le faire, de réfléchir à ce qu'il venait de lui dire et d'en prendre en compte chaque mot calmement.
C'était vrai qu'au départ, il n'était pas spécialement venu ici dans le but de devenir un conseiller ou quelque chose dans ce genre-là. Kuroko lui avait simplement demandé d'aller lui parler rapport à la défaite que son ami avait subit et au sorte de traumatisme que cela avait engendré, et c'était tout. Il s'était contenté de lui donner cette adresse de bar à Tokyo et de lui dire qu'il lui arrivait de s'y trouver souvent le week-end. Ils n'avaient pas spécialement parlé de la conversation que le rouge aurait avec Ogiwara et encore moins de ce que ce dernier aurait à dire. Et à vrai dire, en arrivant ici, il n'avait toujours pas su où est-ce qu'il se dirigerait. Mais ce garçon avait l'air à l'écoute, compréhensif et tout autant touché par les mots que par les actions. En regardant bien, ça ne l'étonnait pas trop qu'il soit ami avec Kuroko. Il devait être le genre de personne que le bleuté aimait bien, bienveillante et agréable. Sûrement tout son contraire à lui, c'était certain.
- Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ?
Il plongea alors son regard hétérochrome dans le sien, voyant bien à ses yeux qu'il semblait plus que décidé à lui parler sérieusement.
- Parce que c'est ce que je pense, c'est tout.
- Non, enfin… Je veux dire, est-ce que c'est Kuroko qui t'a dit de me dire tout ça ?
Alors que c'était tout au long de la conversation Ogiwara qui avait dévisagé le rouge, ce fut au tour de ce dernier de le faire. Vraiment, il pensait Kuroko capable de lui demander quelque chose dans ce genre-là ?
- Tu penses vraiment que Tetsuya me demanderait de faire ça ?
Il ne sembla même pas réfléchir une seule seconde, et fit une petite moue qu'Akashi ne sut pas définir et rattacher à un sentiment en particulier.
- Non… Je suis juste encore étonné.
- Peu importe. Du moment que tu as compris le message, c'est tout ce qui compte, je ne me répéterai pas de toute façon.
Le capitaine de l'équipe de Teiko recula sa chaise sans ne serait-ce que la faire grincer légèrement, et posa ses mains sur sa table pour entreprendre de se lever.
- Attends !
Il lui jeta un regard en biais.
- Quoi ?
- J'aimerais te poser une question.
Akashi sortit son téléphone, telle une célébrité à l'agenda surchargé, et prit note de l'heure qu'il était. Il n'avait pas passé tant de temps que ça ici et après tout, il pouvait bien encore lui accorder quelques minutes. Et si le bleuté le voyait revenir vraiment trop tôt de cette rencontre organisée pour l'un, bien que ce ne soit pas le cas pour l'autre, il ne serait certainement pas satisfait.
Il rangea alors son téléphone portable dans sa poche, non sans un soupire décroché, et croisa ses bras sur son torse en intimant silencieusement du regard le joueur de basket en face de lui de continuer.
- Kuroko m'a parlé de toi, tu sais. Il m'a expliqué comment vous vous étiez connus, ce que vous êtes l'un pour l'autre et tout un tas d'autres choses.
Il haussa l'un de ses sourcils, ne voyant pas là où il venait en venir. Il se doutait bien qu'il avait déjà parlé de lui à ses connaissances, il ne lui apprenait pas grand-chose avec ça.
- Et ?
Le regard d'Ogiwara se fit légèrement fuyant, mais seulement l'espace d'une poignée de secondes, ce qui fit froncer les sourcils du rouge.
- Je voulais savoir ce qu'il en était de ton côté.
Il avait autant tourné autour du pot pour lui dire ça ? Il aurait pu poser la question directement et la réponse ne se serait pas faites attendre. Sa question n'en était pas véritablement une, et elle était en plus de toute ça très vague. Mais il avait compris l'essentiel et il supposait que ça suffisait. Qu'est-ce que Kuroko avait bien pu lui dire quand il lui avait demandé quel lien les liait ?
Un sourire en coin se glissa sur ses lèvres en imaginant plusieurs scénarios, même si un en particulier sortait du lot, et répondit à son homologue.
- Tetsuya est mon inconnu.
C'est un soupire qui s'échappa des lèvres du châtain, continuant inlassablement de jouer avec son crayon.
- Il m'a dit exactement la même chose quand je lui ai demandé.
Bingo, il avait eu raison de penser ça. C'était après tout ce qui les caractérisait le mieux tous les deux. Les gens extérieurs à tout ça ne comprendraient sûrement pas si on leur disait ça et se diraient surtout que ça n'avait aucun sens de se dire être des inconnus alors qu'ils apparaissaient aux yeux de tous comme étant des amis proches, mais cela restait vraiment un nom précieux pour eux. Comme un secret révélé aux yeux des autres mais qui pourtant cachait bon nombres de moments complices.
- Je ne sais pas si tu te rends compte que tu souris quand tu parles de lui. Et je suppose même qu'en ce moment tu penses à lui, non ?
Aussitôt, le sourire qu'Akashi n'avait pas soupçonné être sur son visage disparut et regarda le garçon face à lui étrangement, prêt à nouveau à ouvrir la bouche. En vain.
- Je ne sais pas grand-chose de ton côté mais j'en ai su assez de celui de Kuroko pour dire que vous avez un lien particulier qui vous relit.
Où est-ce qu'il voulait en venir ? Il ne comprenait pas.
- Tes yeux sont toujours froids mais quand tu as l'air de penser à lui, ils deviennent différents.
Pourquoi est-ce que son cœur battait comme si il avait dix ans et qu'il venait de se faire prendre en train de faire une bêtise parmi tant d'autres ?
- C'est assez amusant de te voir novice sur au moins un terrain.
Son léger moment d'égarement passé, Akashi le regarda en fronçant dangereusement des sourcils. Est-ce qu'en disant ça, il cherchait à le provoquer ? Il ne voulait pas à nouveau blesser l'ami d'enfance de son inconnu pour lui faire du mal à travers lui mais il devait avouer qu'il était passé de personnage plus ou moins tolérable à irritable.
- Qu'est-ce que tu cherches à faire, au juste ?
Ogiwara s'autorisa un sourire qui bizarrement, paraissait assez sincère.
- Te faire comprendre.
- Je n'ai pas besoin de toi pour comprendre ce que Tetsuya représente pour moi.
- Alors qu'est-ce qu'il représente ?
Devenant soudainement nerveux, les battements de son cœur s'accélérèrent sous le coup de la question qu'il détestait le plus au monde. Il haïssait devoir mettre des mots sur ce qu'il ressentait, surtout envers les autres, alors le faire avec un garçon qu'il ne connaissait pas plus comme étant l'ami d'enfance de son inconnu, cela le faisait réellement perdre ses mots.
- Tu ne sais pas, c'est ça le problème.
Son froncement de sourcils revint aussi vite qu'il était parti.
- Qui es-tu pour…
- Qu'est-ce qu'il se passerait si Kuroko partait ?
Kuroko ? Partir ? Ce n'était définitivement pas compatible dans la même phrase.
- Il ne fera jamais ça.
- Imagine qu'il le fasse.
- Je ne le laisserais pas faire.
Les yeux d'Ogiwara semblèrent se plisser sous la bataille qu'ils avaient l'air de mener.
- Pourquoi ?
Encore et toujours ce pronom interrogatif… Quand ce n'était pas lui qui le pensait, c'était les autres qui lui disaient à sa place. Cela devenait lassant, à la fin. Pourquoi est-ce qu'il devrait se donner la peine de répondre à une question aussi évidente ? Après tout ce que lui avait dit l'autre garçon, il semblait bien avoir cerné la relation qu'entretenaient le rouge et le bleuté. Alors pourquoi cherchait-il à ce point à le faire parler ?
Et puis… Qu'est-ce qu'il pouvait dire ? La réponse était juste là, il pouvait la sentir battre en lui à une vitesse lui donnant la nausée, mais il n'avait pas envie de le faire. C'était bien connu, mais dire de vive voix ce que l'on avait sur le cœur rendait toujours les choses plus réelles.
- Pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas ?
- Je ne te dois rien, je ne suis pas obligé de te répondre.
Un rire alors inqualifiable s'échappa de la bouche du joueur de basket du collège Meiko.
- Tu ne le fais pas parce que tu ne sais pas.
- Je te conseille d'arrêter de jouer à ça avec moi.
- Sinon quoi ? Tu ne sais même pas ce que tu ressens de toute façon.
Akashi le regarda récupérer son sac abîmé et remettre son cahier dedans, tout en balançant son crayon et les quelques autres stylos qui traînaient sur la table dedans, ne prenant même pas soin de les remettre dans leur trousse. Il finit son verre d'une traite et balança négligemment son sac sur son épaule, le poids de celui-ci le faisant se rattraper à la chaise et lui tirant une grimace.
- Je connais Kuroko depuis plus longtemps que toi et d'une manière totalement différente. Si je le voulais, je pourrais le convaincre que tu as été horrible avec moi aujourd'hui et de ne plus te parler.
L'héritier Akashi plissa des yeux et laissa un rire amer sortir de sa gorge.
- Tetsuya ne t'écoutera pas.
- Pourquoi ?
- Il tient à moi et ne te croira pas.
Ogiwara le détailla quelques instants, laissant ses yeux courir le long de son visage, de son expression et de la colère qui commençait à s'en dégager. Il souffla alors, assez bruyamment pour qu'Akashi puisse l'entendre et en être davantage agacé, et posa négligemment de l'argent sur la table, assez pour payer sa propre part du moins et pour laisser un pourboire au serveur.
- Ça ne sert à rien si tu es le seul à savoir ce genre de choses.
Et avant que le rouge n'ait le temps de répliquer ou ne serait-ce que penser à ce qu'il venait de lui dire, l'autre basketteur lui lança un sourire qu'il n'aurait pas soupçonné voir avec le tournant qu'avait pris leur conversation, puis se contenta de lui donner un regard aussi énigmatique que possible.
- Tout ce que je vois devant moi, c'est pas Akashi Seijuro ou n'importe qui d'autre. C'est juste un adolescent qui est amoureux mais qui ne comprend même pas ses propres sentiments et ce qu'ils veulent dire.
Voilà, mon chapitre s'arrête ici. Alors, dîtes-moi tout, est-ce que ça vous a plu ? Je sais que dans ce chapitre, je n'ai pas encore parlé de Kagami mais vous en apprendrez plus tard là-dessus. Ensuite, je laisse encore le mystère de la lettre planer parce que comme je l'ai dit, ça concernera Akashi quand il sera en vacances, ce qui n'est pas encore le cas donc bon, il va falloir encore attendre un petit peu ! :3 Mais surtout, partagez-moi vos ressentis sur la discussion Ogiwara/Akashi ! J'ai pris un malin plaisir à l'écrire aha, c'était comme si ils étaient en train de se parler sous mes yeux.
Et puis surtout, on a enfin dit à Akashi qu'il était amoureux ! Je sais que vous attendiez pour la plupart qu'on lui dise de se bouger et de se réveiller et bah… C'est chose faite. x) J'ai hésité à continuer un peu ce chapitre mais je me suis dis que c'était le moment parfait pour couper et pour ne pas vous donner d'indices sur les pensées d'Akashi. Bref, je suis contente d'être arrivé à ce moment-là de la fiction que je voulais écrire depuis un bout de temps déjà.
N'hésitez pas à me partager vos avis. :) Et encore merci pour toutes ces reviews, ces favoris et ces follows que reçoit ma fiction ! Merci du fond du cœur.
Ah et surtout… Bonne année ! (je n'aime pas le dire mais considérez-vous comme des privilégiés)
… Bonne rentrée aussi ? (cœur cœur)
Le chapitre vingt-six dimanche prochain…
