Salut tout le monde !
Voilà le chapitre suivant. Et pour répondre à leelolalee, je ne suis pas vraiment partie, c'est juste que je suis pas mal occupée, et pas très inspirée en ce moment. Bon, il faut dire aussi que j'aime avoir quelques chapitres d'avance, histoire de pouvoir mordre dedans en cas de coup dur.
Disclaimer : certains persos sont à Stephenie Meyer, mais pas tous !
Chapitre 24
Je n'osais imaginer comment Edward allait réagir. J'étais dehors, couverte de poussière, de terre, les vêtements déchirés à force d'avoir couru et rampé sur les roches de la grotte, les cheveux dans tous les sens, couverts de terre, poussière et de bien d'autres choses encore, les yeux encore rouges d'avoir pleuré. Sans compter que je n'avais pas été là de toute la nuit.
Et si Edward était revenu entre-temps ? Et s'il avait remarqué mon absence ? Et s'il se doutait de quelque chose ? Et si…
Oublie les « si » Érato ! Il est là à présent, alors va le voir et parle avec lui !
Oui, c'était la meilleure solution qui se présentait. Mais j'avais peur de devoir tout révéler à propos de ma nature, ce qui m'angoissait beaucoup. Comment Edward allait-il réagir ?
Dès qu'Edward me vit, il se dirigea vers moi. Il s'arrêta à quelques mètres et m'examina de la tête aux pieds. Puis il finit par s'approcher lentement de moi.
- Bella ? Que… Que s'est-il passé ?
J'allais dire quelque chose quand j'entendis une voix derrière moi.
- Ah ! Aïe ! Ouille ! A L'AIDE !
Oh non… comme si la situation n'était pas déjà suffisamment compliquée comme ça !
Edward avait lui aussi entendu cette voix. Nous tournâmes tous les deux la tête vers l'origine de la voix. Et nous vîmes, enfin, je vis Pan sortir des bois, pourchassé par… par quoi ?
J'entendais des grondements, plusieurs, et des gros… et trois chiens des Enfers sortirent des bois derrière Pan.
Mais qu'est-ce qu'il se passe en ce moment ?
C'était vraiment la question que je me posais. Mes sœurs et moi étions attaquées sans cesse depuis quelques jours, et c'était le tour de Pan à présent. A quoi jouait l'ennemi ? Je n'arrivais pas à comprendre…
J'oubliais Edward un instant et me précipitai vers Pan.
Il était dans un sale état, les chiens avaient dû le mordre de nombreuses fois, et il n'avait pas été en mesure de lutter contre les trois en même temps. Il semblait fatigué, et très affaibli. Les traces de morsures étaient profondes, et plusieurs saignaient. A peine fus-je devant lui qu'il s'effondra à même le sol. Je réussi à le rattraper avant qu'il ne tombe au sol, pour amortir sa chute.
Que pouvais-je faire ? Les trois chiens s'étaient arrêtés à la lisière des bois et nous guettaient Pan et moi. Je voyais l'envie de bagarre et de sang dans leur regard… Ce qui n'était pas bon signe du tout…
No vint se poster devant nous et se mit à gronder.
- No, tu ne pourras pas lutter contre les trois à la fois, le prévins-je. Et il est blessé, il faut d'abord le mettre à l'abri.
J'attendais la réponse de Pan… Qui ne venait pas. Je le regardais du coin de l'œil, il venait de s'évanouir. Les Dieux ne s'évanouissaient pas ! Enfin, à moins qu'ils ne soient vraiment affaiblis… Misère ! Pan était encore plus faible que ce que je croyais. Que pouvais-je faire ?
No continuait à gronder devant moi. Les chiens n'étaient toujours pas sortis du bois et nous guettaient cachés par les buissons. Je savais qu'il s'agissait de chiens des Enfers, parce que j'avais perçu les différents grondements, j'avais aussi entendu plusieurs jeux de pates, mais l'odeur avait arrêté mes réflexions. Ça ne pouvait être que des Chiens des Enfers. No réagissait toujours de cette manière face à eux d'ailleurs.
- Bella ?
C'est qui ça ?
Je tournais la tête vers la voix et vis Edward.
Edward ? Ah ! Oui… C'est vrai qu'il est là lui… Une seconde ! Edward est là, Pan aussi, et trois Chiens des Enfers s'apprêtent à nous attaquer… Au secours !
« Au secours ! ». Un excellent résumé de la situation. Que pouvais-je faire ? Les chiens n'allaient pas attendre éternellement, et No ne pouvait pas lutter contre les trois à la fois. Pan n'était pas en mesure de nous aider, sans compter qu'il avait lui aussi besoin d'aide, et de soin. Et c'était assez urgent.
C'était quoi ça ? Une branche qui venait de craquer ?
Je relevais la tête… et me mis à paniquer. Les chiens sortaient des bois, et s'approchaient lentement de Pan et moi. Ils grondaient, et semblaient agressifs… Que pouvais-je faire ?
Me battre contre eux ? Inenvisageable, une Muse n'était pas faite pour la bagarre. Fuir ? Inenvisageable aussi, ils nous rattraperaient aussitôt. Laisser No se battre seul ? Impossible il se ferait tuer à coup sûr. Demander de l'aide ? A qui ?
J'arrêtai immédiatement de me poser toutes ces questions dès le moment où je sentis la présence de quelqu'un derrière moi. Je regardais derrière mon épaule pour voir le visage d'Edward.
Edward ? Mais que faisait-il encore là ? Il n'était pas parti ?
- Edward ? Mais qu'est-ce que tu…, commençai-je.
Mais je n'eus pas le temps de terminer. Des éclairs nous éblouirent d'un coup. Le tonnerre suivit aussitôt, violent. Je regardai les chiens du coin de l'œil, ils étaient terrorisés à présent. Que se passait-il ?
Je levai la tête vers le ciel pour voir les nuages le couvrir. Le visage de Zeus, mon père apparait l'espace d'un instant, et je compris. Zeus m'aidait et me débarrassait des chiens !
Une seconde, qu'allait-il faire ? Allait-il envoyer ses éclairs foudroyants sur tout le monde mis à part moi ? Auquel cas, il me fallait éloigner Edward et No !
* Ne bouge pas Érato, je vais détruire tous les autres, entendis-je.
Ce qui sous-entendait aussi Edward et No. Zeus n'allait pas s'en prendre à Pan, puisqu'il était allongé sur mes genoux, tandis que j'étais assise sur le sol.
Je ne pouvais pas laisser mon père tuer No et Edward. No était mon ami, et je refusai de le perdre. Quant à Edward… Je l'aimais, je l'aimais profondément, et je ne voulais pas le perdre. Ça aurait été intolérable.
J'attrapai No et le tirai vers moi. Il semblait un peu perdu, mais je lui ordonnai de ne pas bouger, il s'allongea juste à côté de moi.
Je tournai la tête vers Edward qui s'était relevé. Il se pencha vers moi.
- Bella, je vais m'en occuper, ils ne te feront rien.
Hein ?
J'avais oublié qu'Edward ne voyait pas la même chose que moi. Il ne devait voir que trois gros chiens devant nous, et estimait qu'il serait capable de les tuer. Sauf que je savais que c'était impossible.
- Reste là, ajouta-t-il.
Puis il se prépara à se jeter sur eux. Je ne savais pas vraiment que faire. Je ne pouvais pas m'interposer. Je ne pouvais pas fuir, et laisser Pan là. Ni même abandonner No alors qu'il se préparait à affronter trois chiens des Enfers pour me protéger.
No était à mes côtés, installé sur le sol, et avait compris qu'il ne devait pas bouger. Edward allait foncer sur les chiens. Je le savais. Je le voyais. Je devais l'arrêter.
Un éclair retentit, et la foudre frappa à quelques mètres de moi, faisant reculer Edward vers moi. Il pivota pour me parler.
- Bella, ne reste pas là, va te mettre à l'abri.
Je ne répondis pas. Je vis un autre éclair se diriger vers lui. Je ne réfléchis plus et me redressai pour attraper la main d'Edward. Et je tirai. Je tirai le plus fort possible pour le ramener vers moi.
Je devais avoir plus de force que ce que je pensais, ou alors, les vampires n'étaient vraiment pas de taille face aux être divins, parce que je réussis sans problème à tirer Edward. Il tomba à la renverse et se retrouva allongé sur le sol.
Je tenais toujours Pan d'une main, et utilisais l'autre pour tirer Edward contre moi. Mon père n'oserait pas s'en prendre à lui s'il était à côté de moi et me touchait. Je me penchais sur Edward qui tenta de se relever, mais je le maintenais au sol en plaquant ma main sur son torse. Inutile de préciser que je forçais légèrement pour l'empêcher de se lever.
Puis je fermais les yeux. Parce que je ne voulais pas voir ça. Voir les chiens devenir des tas de cendres fumants alors qu'ils auraient pu être tellement plus, des amis, entre autre, comme No.
Tous les alentours tremblaient sous les coups de foudre. Je ressentais chaque vibration, et me sentais plus mal au fur et à mesure que la foudre s'abattait sur les chiens. J'entendais leurs hurlements de douleur, leurs cris de souffrance, et culpabilisais à chaque instant qui passait.
J'étais une Muse, je n'avais jamais vu de bataille sanglante. A vrai dire, je n'avais vraiment assisté à une bataille que lors de l'attaque de l'Hydre de Lerne. Ça avait été la première fois que je me frottais d'aussi près à une bataille de la sorte. Et j'espérais que ça ne se reproduirait pas de sitôt.
Pour l'heure, j'entendais les coups de tonnerre, je sentais les éclairs qui frappaient à quelques mètres de nous. Mais je ne bougeais pas, parce qu'il ne fallait pas bouger. Mon père n'aurait jamais risqué de me blesser, c'était une certitude, mais je préférais éviter de me trouver dans ce genre de situation. La situation en question était déjà suffisamment délicate pour le moment.
Je n'entendais plus de coups de tonnerre à présent. Mais je sentais l'odeur du brûlé, et j'entendais encore des braises crépiter. Ça devait être un massacre, un champ de ruines, une hécatombe…
Hey ! Ça suffit ! Arrête de rêvasser et regarde autour de toi.
Je relevais lentement la tête, et ouvris les yeux… tout aussi lentement. Et contemplais la scène. Qui était un champ de ruine. Les trois chiens étaient devenus un vulgaire tas de cendres fumantes. L'herbe tout autour d'eux était noire de cendres et de poussières.
Je me redressai, déposai lentement la tête de Pan sur l'herbe et me levai. No se leva et me suivit tandis que je m'avançais vers les cendres. J'étais catastrophée par la scène. Je me sentais responsable de cette destruction qui venait d'avoir lieu.
No vint frotter sa tête contre ma jambe. Je le caressais d'une main. Je savais qu'il cherchait à me consoler, mais rien ne pouvait faire disparaître la culpabilité et le dégoût que je ressentais en ce moment.
Coupable d'avoir laissé tout cela arriver. Coupable d'avoir perdu le contrôle de cette situation. Coupable de n'avoir rien pu faire.
Dégoûtée de ce que j'avais causé. Dégoûtée de voir que j'étais capable de créer autant de souffrance et de malheur.
Je levais les deux mains sur mon visage et fermais les yeux quelques instants. Je souhaitais que tout cela ne soit qu'un simple rêve, et que rien ne soit arrivé. Mais, je ne devais pas me faire d'illusion, ce qui était arrivé était arrivé. Et rien n'aurait pu changer.
Ouh !
No venait de me pousser pour me sortir de mes pensées. Assez brutalement, il fallait bien l'avouer. Mais ça m'avait permis de me ressaisir. Je regardais No :
- Tout va bien No, j'ai des pensées un peu lugubres. C'est tout.
- Bella… Que s'est-il passé ? demanda Edward.
J'avais oublié Edward. Je me tournais vers lui, le visage couvert de larmes. Il vint aussitôt me prendre dans ses bras, et me plaqua contre son torse. Je ne pus m'empêcher de pleurer.
- Bella, tout va bien… Enfin, je suppose, je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé, et j'espère que tu en sais plus que moi à ce sujet. Mais, pour l'instant, c'est fini. Et c'est tout ce qui compte.
- Sans doute, marmonnai-je.
- Bella, j'ai besoin de savoir ce qu'il s'est passé, et si tu sais quelque chose.
- Pas maintenant, répondis-je. S'il te plait Edward, pas maintenant. Je ne veux pas y penser pour l'instant… C'est trop tôt.
Je me laissais aller contre son torse et fermais les yeux, me reposant quelques instants. Je regardais brièvement les alentours quand mon regard s'arrêta sur… Pan ?
Pan ! Comment avais-je pu l'oublier ? Je quittai les bras d'Edward pour me précipiter vers lui. Je m'agenouillais à ses côtés. Il était toujours inconscient. Que pouvais-je faire ?
Je vis Edward s'agenouiller à son tour et soulever Pan le plus doucement possible. Il se releva, Pan dans ses bras.
- Je vais le porter dans ma voiture, et nous l'amènerons à l'hôpital.
Pan à l'hôpital ? Hors de question !
- Non ! m'exclamai-je. Pas à l'hôpital ! Je ne veux pas qu'on s'interroge sur ce qu'il lui est arrivé, expliquai-je devant l'incompréhension d'Edward.
- Mon père ne posera pas de questions.
- Pas l'hôpital, répétai-je. S'il te plait, insistai-je.
Edward hésita face à mes suppliques, mais il finit par céder.
- Très bien, je vais le déposer dans ton canapé.
- Merci Edward.
- Et nous appelons mon père, conclut-il.
Je n'osais pas le contredire. Cependant, je doutais qu'un vampire puisse faire quoi que ce soit pour un Dieu. Je soupirai et suivis Edward.
Je le précédai et ouvris la porte d'entrée. Edward déposa Pan sur le canapé et sortit son téléphone de sa poche. J'allais dans la cuisine chercher une des bouteilles d'Ambroisie et de Nectar que je gardais. Je pris un verre et retournais voir Pan.
Edward était toujours au téléphone, je l'entendais discuter à voix basse. Il me tournait le dos, absorbé dans sa conversation. Il parlait trop rapidement pour qu'un humain pût le comprendre. Mais je n'étais pas humaine, et cette conversation était limpide pour moi.
- Non, Carlisle. Justement, je n'ai absolument rien fait. Bella m'a empêché d'intervenir. Non, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, ni même pourquoi elle a réagi comme ça. Ecoute, son ami est très mal en point, et elle a refusé que je l'amène à l'hôpital. Je trouve aussi cela absurde, mais elle n'en a pas démordu. Non, je n'en ai pas la moindre idée. Tu le verrais, des traces de morsures sur tout le corps, fatigué, affaibli, il doit certainement avoir perdu beaucoup de sang. Je vais essayer de la convaincre, mais est-ce que tu pourrais venir rapidement ? A deux, ce sera plus facile. Merci.
Pendant qu'il discutait, j'en profitais pour faire couler un peu de Nectar et d'Ambroisie dans la gorge de Pan. Cela lui permettrait de reprendre connaissance, et de pouvoir en boire un peu plus pour se soigner.
Je voyais déjà quelques blessures se refermer, lentement, mais elles se refermaient. C'était déjà un bon début. Pan restait toujours inconscient, mais je sentais qu'il guérissait.
Les plaies sur ses pattes paraissaient être les plus graves. Elles ne guérissaient pas encore. J'espérais que ça ne tarderait pas trop. Nous avions besoin de Pan, il était le Dieu de la Nature, et son rôle était important, très important.
Je m'interrogeais une seconde à propos d'Edward. Comment avait-il vu Pan ? Car Pan avait toujours eu l'apparence d'un satyre, avec les cornes sur la tête, le bouc en guise de barbe, et les pattes de chèvre. Je savais qu'Edward ne pouvait pas avoir vu cela, notre magie nous protégeait à ce niveau-là. Il était impossible pour un humain de voir notre véritable apparence, à moins, bien sûr, que nous ne lui révélions. Mais ce n'était pas ce que Pan avait fait, donc Edward ne pouvait pas voir qu'il était à moitié bouc. Heureusement d'ailleurs…
En parlant d'Edward où était-il passé ? Je me tournais pour voir s'il était toujours derrière moi. Il avait raccroché le téléphone et me regardait. J'avais posé le verre et les bouteilles sur la table basse.
- Carlisle va venir avant de prendre son service à l'hôpital. Il ne devrait pas tarder, m'annonça-t-il.
- Il ne pourra rien faire, ne pus-je m'empêcher de dire.
- Pardon ? Enfin, Bella…, dit-il en s'approchant doucement de moi. Carlisle est médecin, précisa-t-il en prenant mes mains dans l'une des siennes. Et même un excellent médecin, ajouta-t-il en relevant mon menton pour que je le regarde. Il va prendre soin de ton ami, tu peux me faire confiance.
Je l'avais vu hésiter au moment où il avait dit « ami ». Certes, Pan n'était pas vraiment mon ami, mais il faisait partie de ma famille… Enfin, je le considérais comme quelqu'un de confiance. Même si je ne faisais vraiment confiance à personne, mis à part mes sœurs et No bien sûr. Mais, ça n'était pas la même chose avec Pan.
Pan était bien plus proches des nymphes des bois que des autres Dieux ou des Muses. Après, nous, les Muses, aimions chanter et danser avec les nymphes parfois. Quelques fois, lorsqu'un humain s'aventurait au cœur de la forêt, et qu'il se mettait à chanter, ou à faire de la musique, il ignorait que les nymphes du coin dansaient tout autour de lui, accompagnées des Muses qui l'inspiraient, et parfois de Pan qui venait jouer de sa flûte.
La scène devenait vraiment magique, et chaque de ces instants se savourait et n'avait aucun équivalent. Nous dansions suivant la mélodie de Pan, de l'humain, ajoutions notre touche musicale par-dessus et profitions du contact des autres. Parce qu'il s'agissait d'un instant de pur bonheur, et que nous le partagions avec tous les autres aux alentours.
Pan était quelqu'un avec qui il était facile de communiquer, ce n'était pas vraiment mon ami. Ami n'était pas le terme qui convenait. Je ne savais pas s'il en existait vraiment un dans la langue des humains. A ma connaissance, aucun humain n'avait jamais entretenu une telle relation avec un autre. Alors comment qualifier ce rapport que nous avions Pan et moi ?
Je soupirai. Edward me regardait toujours, cherchant quelque chose dans mon regard. Je me détachais de ses bras et regardais Pan un instant.
Il était encore inconscient, les plaies les plus graves étaient guéries, mais il était toujours mal en point. Je devais lui redonner un peu de Nectar et d'Ambroisie. J'hésitais à le faire devant Edward.
Après tout, Edward a déjà assisté à une scène étrange. Dans l'état actuel des choses, une galère de plus ou de moins… ça ne va pas changer grand-chose.
Effectivement, je n'en étais plus à ça près. Par contre, je voulais rester un minimum prudente… même si ça n'avait plus vraiment lieu d'être. Tant pis, je devais aider Pan. Parce que le docteur Cullen ne pourrait pas le faire aussi bien que moi.
Je repris le verre et versai un peu de Nectar et d'Ambroisie dedans pour aller en faire couler dans la bouche de Pan. Ce qui, bien évidemment rendit Edward perplexe, et le poussa à m'interroger.
- Bella ? Il est blessé, qu'est-ce que tu es en train de lui donner ?
Je préférais ne pas répondre. Carlisle n'allait pas tarder à arriver, et lui aussi poserait des questions. S'ils s'y mettaient tous les deux, je n'étais pas sûre de pouvoir me taire encore longtemps.
J'avais donné suffisamment à boire à Pan pour le moment. Je refermais les bouteilles et allais les ranger. Je ne voulais pas qu'Edward tente de savoir ce qu'elles contenaient. Evidemment, Edward me suivit.
Je me doutais qu'il regarderait les bouteilles dès que j'aurais le dos tourné. Mais je devais l'en empêcher. Boire leur contenu serait nocif pour lui. Il n'y survivrait pas. C'était un fait avéré.
Je rangeai les bouteilles dans le placard et les fis disparaitre une fois qu'elles furent hors de vue. Même si Edward ouvrait le placard, ou retournait toute la cuisine sens dessus-dessous, il ne pourrait pas les trouver.
Je quittai la cuisine et passai devant Edward sans le regarder et me dirigeai vers ma chambre.
- Je vais me doucher et me changer, annonçai-je. Je n'en ai pas pour longtemps.
Je m'enfermai dans la salle de bain sans attendre sa réponse. Ma douche fut rapide, et je me changeai tout aussi rapidement. J'hésitais juste à sortir. Parce que cela signifiait affronter Edward, et son père.
Je devais le faire. Pan était mal en point, et j'avais peur que le médecin ne fît plus de mal que de bien en tentant de le soigner.
Quant à parler… Tôt ou tard, je devrais le faire. Je savais très bien que de nombreux couples avaient été brisés par un secret qui était resté caché trop longtemps. Edward devait savoir la vérité. Mais aurais-je le courage de tout lui dire ?
Je sortis de la salle de bain et retournai dans le salon. Pan était encore inconscient, et j'entendais Carlisle arriver. Edward sortit de la cuisine. Je savais qu'il avait cherché les bouteilles, je l'avais entendu pendant ma douche.
- Bella…, commença Edward.
Mais il n'eut pas le temps de terminer, Carlisle entra dans le salon, une sacoche noire en main.
- J'ai fait aussi vite que j'ai pu, annonça-t-il.
Je voyais bien qu'il pensait plus qu'il n'en disait, cela était clairement visible d'après les réactions d'Edward. Il hochait la tête, certes, trop rapidement pour qu'un humain puisse le percevoir, mais je n'étais pas humaine. Quelque chose les préoccupait tous les deux, j'en étais persuadée. Et j'allais devoir découvrir de quoi il en retournait.
Mais, avant toute chose, je devais m'occuper de Pan. Je retournais auprès de lui, Carlisle s'approcha.
- Bonjour Bella, je ne crois pas que nous ayons été présentés.
- Non, en effet. Mais, je préfèrerais régler ce problème plus tard. Il est au plus mal, dis-je en désignant Pan.
- Oui, bien sûr, concéda-t-il.
Il s'accroupit près de Pan et commença à l'examiner, palpant rapidement ses blessures, cherchant son pouls, ouvrant ses yeux pour vérifier son état.
- Que lui est-il arrivé ?
- Je ne sais pas vraiment, répondis-je. Je pense qu'il a été attaqué.
- Par quoi ?
- Des bêtes… sauvages, hésitai-je en pensant qu'il en resterait là.
Bien entendu, c'était mal connaître Edward.
- Bella, tu ne sais pas mentir. Si tu veux que Carlisle l'aide, nous devons savoir ce qu'il lui est arrivé.
J'hésitai. Je me trouvais à présent au pied du mur, et n'avais plus vraiment le choix. Raconter une histoire n'était plus vraiment envisageable, Edward saurait tout de suite que je mentais, il aurait des soupçons, et chercherait à découvrir la vérité par lui-même. A ce compte-là, je préférais encore le lui dire moi-même.
Devais-je tout révéler d'un bloc ? Ou me limiter à quelques éléments, pour les détailler plus tard ? Oh ! Le choix était difficile. Je n'avais que ces deux alternatives, et aucune ne m'enchantait vraiment.
Je ne réfléchis plus et me laissais tomber sur le canapé à côté de Pan la tête dans les mains, les coudes sur les genoux. No vint poser sa tête sur mes genoux. Je relevai la tête vers lui. Je voyais dans son regard qu'il proposait de se transformer en chien des Enfers, histoire de faire une démonstration.
- C'est gentil de te proposer No, mais ça ne servirait à rien. Et je n'ai pas envie de devoir réparer le toit encore une fois, ajoutai-je avec un sourire.
No rit avec moi. Je caressais sa tête distraitement en me souvenant de ce jour.
Flash-back
J'avais découvert No depuis quelques jours, et j'avais un peu de mal à me faire à l'idée que ce Saint Bernard si gentil et doux puisse se transformer en chien des Enfers redoutable.
No était rentré dans la maison et dormait sur le tapis du petit salon. J'attendais la visite de Dionysos. J'espérais qu'il ne viendrait pas complètement soûl comme à son habitude. Ce qui, bien sûr, le connaissant comme on le connaissait tous était inenvisageable. Mais bon, je pouvais toujours espérer.
La porte s'ouvrit d'un coup, le battant tapant contre le mur, faisant trembler la maison. Dionysos dans toute sa splendeur trônait dans l'entrée. Inutile de préciser qu'il avait, encore une fois, oublié de ralentir sur la boisson.
No se réveilla d'un coup, paniquant sous le coup. Il finit par se changer en chien des Enfers sous l'effet de la panique.
Malheureusement pour moi, les dimensions de la maison n'avaient pas été calculées pour pouvoir accueillir un chien des Enfers. Ce qui faisait que No atteignait le plafond, et même le dépassait. En vérité, No cassait le plafond et atteignait presque le toit.
Je sortis en vitesse de la maison… pour la voir s'effondrer sur elle-même en l'espace de quelques secondes. Il ne restait que des ruines un instant plus tard.
Dionysos se prit quelques pierres sur la tête, ce qui eut pour effet de l'assommer. Je supposais que les bouteilles qu'il avait vidées n'avaient pas amélioré son état. Alors il suffisait de peu pour l'endormir.
Je me retournais vers la maison pour contempler les restes de la demeure confortable qui y avait siégé une minute auparavant. Je soupirai.
Encore une galère qui me tombe dessus.
Fin flash-back
J'avais eu un mal fou à calmer No pour qu'il reprenne son apparence de Saint Bernard. Ensuite, il avait fallu s'occuper de la maison. Je n'étais pas une experte du bricolage, mais j'avais réussi à bâtir la maison. Cela dit, rebâtir une maison était plus délicat que d'en construire une. Et j'étais attachée à ma maison.
Alors je l'avais rebâtie. J'avais pris mon courage à deux mains et l'avait reconstruite de A à Z. Puis, je m'étais installée sur un arbre, et j'avais contemplé mon travail. Parce que j'étais fière de mon œuvre.
No aboya pour me sortir de ma rêverie. Je le regardais et vis qu'il regardait Pan. Lequel reprenait conscience. Je me redressais et me tournais vers lui. Il me fit un grand sourire, et me fit un petit signe de la main. Il semblait encore sonné, mais il était réveillé, c'était déjà ça.
J'inclinais la tête vers lui, me reposant sur ma main. Je fis un petit sourire à l'attention de Pan, sans me préoccuper davantage d'Edward et Carlisle. Lesquels étaient plus que surpris de voir Pan se réveiller.
- Ça va mieux ? demandai-je.
- On fait aller, marmonna-t-il.
- Tu me racontes ce qu'il s'est passé ?
- Je ne sais pas trop. Et eux ? demanda-t-il en désignant Edward et Carlisle. Qu'est-ce qu'ils font là ?
- Fais comme s'ils n'étaient pas là et raconte-moi.
- Mais… Euh…
- Je t'expliquerai après. Je veux d'abord savoir ce qu'il t'est arrivé.
- Devant eux ?
- Je crois qu'il va falloir que je leur avoue la vérité. Mais, sois gentil et évite de m'énerver. Ma nuit a été suffisamment pénible comme ça. Et je n'ose même pas penser à tout ce qu'il va m'arriver par la suite. Ma journée va être encore plus longue que cette nuit, me lamentai-je.
- Comment ça ? Que s'est-il passé encore ?
- Crois-moi, tu ne veux pas savoir, éludai-je.
- Allons, j'ai autant envie que toi de savoir ce qu'il se passe. Alors, raconte-moi.
Je soupirai. Je n'allais pas réussir à y échapper. Pan m'empêcha de parler tout de suite toutefois.
- Tu n'aurais pas quelque chose à boire ? Je me sens encore faible.
- Je reviens.
J'allai dans la cuisine, Edward sur mes talons. J'ouvris le placard où Edward m'avait vu rentrer les bouteilles, et les sortis sous ses yeux ébahis. Je savais qu'il avait fouillé à l'intérieur. Et qu'il n'avait pas trouvé les bouteilles. Sa surprise était légitime, et je m'attendais à ce qu'il pose des questions.
Toutefois, s'il posait des questions, ça sous-entendait qu'il était allé fouiller dans mes affaires, et qu'il avait des doutes sur moi. Et donc qu'il ne me faisait pas confiance. Je supposais qu'il refusait d'admettre qu'il avait fouillé. De peur de passer pour ridicule en voyant que les bouteilles étaient là où je les avais posées.
Je pris les bouteilles, un verre et rejoignis Pan sans me préoccuper d'Edward. Je remplis un verre d'un mélange de Nectar et d'Ambroisie et le tendis à Pan qui le vida d'un trait.
- Bois doucement…, marmonnai-je.
Mais son verre était déjà vide. Il me le tendit. Je soupirai et le remplit à nouveau. Il le vida aussi vite. Il me tendit une nouvelle fois le verre vide. Je vis dans son regard qu'il n'en voulait plus pour le moment.
Les plaies sur ses pattes avaient bien cicatrisé, et il semblait avoir meilleure mine. Bon, il était toujours assez mal en point, mais c'était une amélioration par rapport à tout à l'heure.
- Tu sembles aller mieux, notai-je en reprenant ma place sur le canapé.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé Érato ? demanda Pan. Tu sembles fatiguée toi aussi.
Je remplis le verre à ras bord et le vidai d'un trait. Ce qui surprit Pan.
- Euh… C'est bien la première fois de toute ma vie que je te vois boire cul sec, remarqua-t-il.
- C'est bien la première fois de toute ma vie qu'il m'arrive des trucs pareils, alors quitte à briser quelques habitudes, autant aller jusqu'au bout, me justifiai-je.
- Pas faux… Tu me sers un autre verre ?
- Sers-toi, dis-je en lui tendant les bouteilles. Et si tu en veux encore, j'en ai d'autres qui trainent.
Il remplit le verre et le vida d'un trait. Puis il se redressa lentement sur le canapé et s'appuya contre le dossier.
- Alors, tu me racontes ? demanda-t-il.
- Et toi alors ? contrai-je. Tu ne vas pas essayer de me faire croire que tu es tombé sur ces trois chiens au détour d'un chemin quand même ?!
- Pourtant, c'est ce qu'il s'est passé.
Je le regardai, très sceptique.
- Je me promenais dans la forêt avec quelques… amies, hésita-t-il en regardant Edward et Carlisle. Et, au détour d'un chemin, commença-t-il en reprenant mes mots, juste pour m'énerver. J'ai entendu des grognements dans mon dos. Les demoiselles et moi nous sommes retournés pour faire face à ces trois bestioles. Qui ont aussitôt commencé à me sauter dessus. Mais, seulement sur moi ! Alors les filles en ont profité pour s'éclipser, me laissant seul face à ces sales bêtes.
Des nymphes qui prenaient la fuite. Ça ne me surprenait pas. En temps normal, mes sœurs et moi agissions de la même manière d'ailleurs. Nous n'étions pas faites pour la bagarre, c'était indéniable.
- Et comme j'ai été surpris au début, je n'ai pas lutté, et j'ai été sauvagement mordu, enchaina Pan. Après, ça n'a été qu'une course-poursuite dans la forêt pour semer ces bestioles. A mon grand malheur, il faisait nuit, ce qui n'arrangeait pas mes affaires.
Il conclut en vidant un autre verre d'un trait. Je craignais qu'il ne fût déjà soûl. Aussi, je décidais de le faire parler tant qu'il était encore un peu conscient.
- Pourquoi t'es-tu aventuré près de chez moi ? ne pus-je m'empêcher de demander. Tu savais pertinemment que je n'aurais pas pu t'être d'une grande aide.
- Pour être franc, je ne savais pas vraiment où j'étais, les filles me guidaient tant bien que mal pour m'amener là où quelqu'un pourrait peut-être m'aider. Je t'avoue que quand je t'ai aperçue, je me suis cru perdu. Et j'étais tellement épuisé que je me suis effondré. Au fait, comment as-tu réussi à t'en débarrasser ?
- Mon père s'en est chargé.
- Bien sûr, Papa protège ses filles chéries…
- Arrête avec ça ! Je n'y suis pour rien si ton père ne daigne pas s'occuper de toi. Je croyais que nous étions clairs là-dessus !
Il était vrai que je n'enviais pas cette partie de la vie de Pan. Il avait été porté sur l'Olympe à sa naissance, et jamais ses parents ne s'étaient manifestés. Personne n'avait pu dire identifier celui qui l'avait amené à l'Olympe. Et le mystère sur les origines de Pan était resté entier.
Tous les dieux l'avaient accueilli, et chacun lui avait apporté quelque chose, plus ou moins important. Mais jamais ses parents ne l'avaient réclamé. Et Pan enviait tous les enfants des Dieux sur ce point-là. Il n'était pas rancunier au point de les haïr, il se contentait de les jalouser parfois quand il était seul et qu'il pensait.
A mon grand désespoir, je devais avoir dit ce qu'il ne fallait pas dire, puisque Pan s'énerva d'un coup. Il se leva et se mit à faire les cent pas en me traitant de tous les noms et en psalmodiant je ne savais trop quoi. J'écoutais un instant ce qu'il racontait :
- Oui, bien sûr, c'est facile pour toi ! Sale petite enfant pourrie gâtée qui passe son temps à traîner auprès des humains, à rêver, chanter, danser et lire ! Tu parles ! Ton père devrait être le mien ! J'ai la même force que lui ! J'ai de grandes responsabilités ! Des centaines des serviteurs à mes ordres ! Et toi ? Qu'est-ce que tu as ? Rien !
Je réalisai que j'étais en train d'inspirer son discours virulent. Aussi, je cessai sur-le-champ. Je ne tenais pas trop rigueur de ce que racontait Pan. Il avait trop bu, et avait été très secoué par ce qu'il était arrivé.
Couper l'inspiration eut pour effet de l'arrêter immédiatement. Il chercha ses mots un instant, levant un doigt, puis s'évanouit et s'effondra sur le sol.
C'est tout pour aujourd'hui.
A la prochaine !
Lot'
