Merci à Isabelle Pearl, UranusMarie, Harry-potter-fictions, Elia (Coucou ! Ne te prends pas la tête pour le journal, il était là parce que je voulais qu'il soit là ! Et James-le-retour dans ce chapitre ! En tout cas merci pour ta review, c'est dommage que tu ne sois pas inscrite, je pourrais te répondre plus longuement), JolieRosedu68 (Merciiiii !) et Al (Idem, dommage que tu ne sois pas inscrite, je crois qu'on a plus vraiment le droit de répondre aux reviews ici, m'enfin ... Oui, c'est une chose de le vouloir, encore faudra-t-il qu'elle y arrive ... Mmmm j'pense que Gemma apprécierait pas que Dominique le cri sur tous les toîts mais de là à se venger comme ça ? C'est possible, mais ça n'arrivera pas xD Elle va tenir sa langue quand même un petit peu, histoire de montrer qu'elle peut garder un secret hé ! En tout cas merci pour ta review !)

BON, tout le monde s'en fout mais pas moi. Demain je vais chez le tatoueur (pour la troisième fois) et j'ai hâaaaaate ! C'est vrai quoi, j'suis peut-être tarée, mais moi j'adore la sensation de l'aiguille sur la peau (sauf sur le pied, faut pas exagérer non plus, ça fait trop mal). Bon, bon, j'arrête de raconter ma vie ...

Ah si, j'aime bien ce chapitre ! Et certain(e)s seront contents (ou pas).

Et bonne lecture !


L'amour est une sorte de guerre

Ovide


Il avait neigé pour la première fois sur Poudlard quelques jours auparavant et, depuis, un froid hivernal s'était installé sur le château, ravissant jeunes et moins jeunes. La neige n'avait pas fondu et le ciel avait même eu l'audace de recouvrir d'un second manteau blanc l'ensemble du domaine ce samedi-là.

Poudlard se sentait retomber en enfance et nombreux étaient les élèves qui s'octroyaient une partie de boules de neige entre deux cours ou, plus sérieusement, de longues balades dans le parc. Noël approchait et personne n'y était insensible. On avait même surpris la très dure Agnès Assem ignorer royalement deux élèves qui avaient eu l'audace de lancer une boule de neige dans sa direction.

La seule à critiquer ouvertement la neige et les dégâts qu'elle engendrait était l'infirmière, Mrs Pomfresh, qui ne pouvait pas passer un seul jour sans soigner engelures et fractures dues aux jeux extérieurs.

Mais, si l'école était en effervescence ce jour-là, c'état pour une raison toute simple.

Le match Gryffondor contre Poufsouffle qui allait ce jouer ce samedi après midi au stade de Quidditch. La plupart des élèves attendaient ce rendez-vous avec impatience et ils étaient déjà nombreux à se masser dans les tribunes, supportant avec ferveur leur équipe préférée. Il y avait d'ailleurs beaucoup plus de rouge que de jaune dans les tribunes.

- On va gagner, assura Dominique Weasley essayant d'endiguer l'effroyable pression qu'elle ressentait. On a juste à appliquer la stratégie mise en place aux entrainements et il est impossible qu'on perde.

- Elle a raison, les Gryffondor sont peut-être bons pris séparément mais ils ne jouent pas assez en équipe. On a toutes nos chances.

L'ensemble de l'équipe des Poufsouffle hocha la tête comme un seul homme et Dominique Weasley remercia son coéquipier, Abel McKinley, du regard. A vrai dire, elle était aussi stressée que les autres même si elle n'en était pas au point de trembler comme une feuille à l'instar de Carrie, la toute jeune Attrapeuse.

L'ensemble de l'équipe, malgré l'angoisse, avait hâte de jouer et de mettre la raclée aux Gryffondor qui se partageaient le titre avec les Serpentard depuis de nombreuses années.

- C'est partit, murmura la jeune Poufsouffle en sortant des vestiaires.

Les gradins et, surtout, les supporters qui s'étaient mis à hurler à leur apparition lui donna légèrement le vertige et la nausée pendant quelques secondes.

- On est les meilleurs, ne l'oubliez pas, répéta-t-elle une dernière fois à l'ensemble de ses joueurs avant de s'avancer vers James et leur professeur de vol, qui arbitrait le match.

Là, elle s'appliqua à broyer la main de son cousin qui le lui rendit bien et s'élança sur son balai, s'élevant de quelques mètres. Le coup de sifflet annonçant le début du match retentit brusquement et les Cognards et le Souaffle furent libérés. A partir de ce moment-là, elle se concentra sur le jeu et oublia tout le reste.

Avec Emmeline et Abel, ils prirent rapidement leurs marques et accumulèrent les buts contre leurs adversaires. Au bout de dix minutes, ils menaient 80 à 20 et la jeune fille avait été particulièrement remarquée grâce à une roulade qui lui permit de souffler la balle à son adversaire et de marquer, toujours tête à l'envers.

- Joli spectacle, la félicita McKinley. Attention, cognard !

- ET C'EST UN MAGNIFIQUE TIR DE LA PART DE LUDOVIC ESTEBALD QUI, RAPPELLONS-LE, N'EST SORTIT DE L'INFIRMERIE QUE RECEMMENT ! BRAVO ! IL MANQUE DE DESARCONNER WEASLEY … MAIS CETTE DERNIERE EVITE LE COGNARD AU DERNIER MOMENT ! MAGNIFIQUE INTERCEPTION D'ISABEL LOWELL QUI LE RENVOIT IMMEDIATEMENT VERS MARSH ! LE SOUAFFLE EST RECUPERE PAR CARTER QUI S'ELANCE ET QUI … MARRRRQUE ! 90 à 20 pour les Poufsouffle.

C'était Abel Johnson qui commentait le match, comme toujours et, s'il affichait toujours une nette préférence pour l'équipe de sa maison, savait se montrer neutre et très bon commentateur lors des autres matchs.

Les Gryffondor remontaient leur retard tant bien que mal mais le gardien des Poufsouffle était décidemment en grande forme et ne se laissait pas faire. Ces derniers dominaient largement le match mais cela ne voulait rien dire. Il fallait maintenant que Carrie attrape le vif d'or pour plier le match et elle n'avait pas l'expérience de James qui se déplaçait avec aisance sur son balai, scrutant chaque recoin du stade.

- ET LES POUFSOUFFLE, DECIDEMMENT EN GRANDE FORME AUJOURD'HUI, MARQUEEENT. ENCORE UNE BELLE ACTION DE MCKINLEY … ILS MENENT A PRESENT 110 A 50. LA JEUNE CARRIE PLONGE … AURAIT-ELLE APERCU LE VIF ? OH NON, CE N'ETAIT QU'UNE FEINTE ! NOTONS QUE POTTER S'EST LAISSE AVOIR PAR CETTE JEUNE JOUEUSE QUI N'A PAS ENCORE TREIZE ANS ! C'EST DIRE SI ELLE EST PROMETTEUSE !

Le jeu stagna pendant encore une bonne heure durant laquelle les jaunes et noirs en profitèrent pour combler leur retard. Seulement, le vif d'or ne s'était pas encore fait voir et ils commençaient à fatiguer. Le temps était glacial et il avait recommencé à neiger. Autant dire qu'ils ne tiendraient pas très longtemps à cette altitude et avec des flocons pleins les yeux.

- Demande un temps-mort, lui lança Isabel Lowell au bout d'un moment. Il faut régler ça !

- WEASLEY DEMANDE UN TEMPS MORT ! CINQ MINUTES DE PAUSE POUR TOUT LE MONDE !

Essoufflée, la jeune fille rejoignit le sol blanc du stade de Quidditch, suivie par toute son équipe. Elle eut du mal à décoller ses mains de son balai et ce, malgré l'épaisse paire de gants qu'elle avait enfilé.

- On ne peut plus jouer comme ça, annonça-t-elle sombrement en soufflant dans ses mains. Isabel, tu as une solution ?

- Tout à fait !

La jeune slave esquissa un grand sourire et demanda à récupérer les gants de tout le monde. Là, elle agita sa baguette devant et les leur rendit, la mine réjouit. En enfilant les siens, Dominique sentit une douce chaleur réchauffer ses doigts et elle poussa un soupir d'aisance.

- Super ! la félicita le gardien. Il faudra trouver le moyen d'étendre ça aux vêtements la prochaine fois.

- Pour le moment, on continue comme ça, reprit Dominique alors que l'équipe hochait gravement la tête. Le score est de … 320 à 190 pour nous, soit 130 points d'écarts. Avec Abel et Emmeline, on va tenter de creuser un peu plus le fossé pour atteindre les 160 points mais il faut que tu trouves ce putain de vif d'or Carrie, on tiendra plus très longtemps.

La deuxième année hocha vivement la tête, l'air très anxieuse. Elle avait fait un coup de maitre lors du premier match et savait qu'on l'attendait au tournant. Dominique la gratifia d'une tape sur l'épaule pour la réconforter et le match reprit.

Comme prévu, les trois Poursuiveurs tentèrent d'accentuer l'écart entre les deux équipes et marquèrent deux fois en quelques minutes mais les Gryffondor se reprirent et marquèrent un autre but.

- ET LA JEUNE CARRIE PLONGE !

Dominique sursauta, sentant son cœur se serrer. Etait-ce encore une feinte ?

- IL EST LA ! C'EST BIEN LE VIF D'OR QU'ON APERCOIT PRES DU SOL ! POUFSOUFFLE SE RAPPROCHE DE PLUS EN PLUS DE LA VICTOIRE MAIS … OH ELLE EST TALONNEE DE TRES PRES PAR POTTER QUI A RATTRAPE SON RETARD EN QUELQUES SECONDES !

La jeune fille se reconcentra sur son propre rôle et félicita intérieurement Emmeline qui venait de ravir le souaffle au poursuiveur adversaire. Elle pila et fit demi-tour, fonçant jusqu'aux buts adversaires. Si elles parvenaient à marquer et que James attrapait quand même le vif d'or, les deux équipes seraient à égalité. C'était mieux que rien.

- C'EST INCROYABLE ! LE VIF D'OR N'A PAS BOUGE ! JE PRECISE QU'IL SE SITUE A MOINS DE TROIS METRES DU SOL, C'EST DONC UNE ACTION INCROYABLE QUE VONT TENTER LES DEUX ATTRAPEURS QUI SONT TOUJOURS AU COUDE A COUDE ! ILS Y SONT PRESQUE ! ET … L'ATTRAPEUSE DES POUFSOUFFLE RENONCE A ATTRAPER LE VIF AU DERNIER MOMENT ! A CETTE HAUTEUR C'EST CARREMENT DU SUICIDE, ELLE A RAISON ! MAIS QUE FAIT POTTER ? IL … IL TENTE ! ET IL A REUSSI ! POTTER A ATTRAPE LE VIF D'OR, GRYFFONDOR A GAGNE !

Et elles, elles n'avaient pas eu le temps de marquer. Bordel !

- GRYFFONDOR REMPORTE DONC CE MATCH AVEC 350 POINTS CONTRE 340 POINTS POUR LES POUFSOUFFLE ! NOUS POUVONS APERCEVOIR WEASLEY QUI JETE SON BALAI A TERRE, DE RAGE ! Il est vrai que son équipe n'a pas démérité, bien au contraire.

- Je vais lui faire bouffer son micro, grogna la jeune fille en levant les yeux vers la tribune du commentateur. Pas démérité ? On allait gagner !

- Laisse tomber Dominique, nous avons … j'ai été meilleur que toi.

La jeune Poufsouffle hésita à se jeter sur son cousin pour l'étrangler une fois pour toute mais certains professeurs étaient déjà sur le terrain et il y avait beaucoup trop de témoins. Au lieu de ça, elle lui tourna résolument le dos et rejoignit le reste de son équipe. La jeune Carrie était en larmes, entourée par Isabel et Emmeline qui tentaient de lui remonter le moral.

Dominique n'avait rien à lui reprocher. Le vif d'or était beaucoup trop près du sol pour qu'elle prenne le risque de tomber et se blesser gravement. Elle avait eu raison de renoncer au dernier moment. Il n'y avait que ce crâneur de James pour prendre autant de risques.

- On a que dix points d'écarts, déclara-t-elle pour leur remonter le moral. Ce n'est pas irrattrapable, il suffit de battre les Serpentard.

Le regard éteint que lui renvoya les six joueurs lui fit comprendre qu'ils n'y croyaient pas un seul instant et elle poussa un gros soupir. Il allait être dur de se remotiver après une telle défaite.

oOoOoOoOoOo

- Est-ce que tu vas arrêter de souffler un jour ? s'enquit doucement Camille en lançant un regard étrange à sa meilleure amie.

Cette dernière la fusilla du regard et poussa l'insolence à soupirer le plus fort possible. La brune poussa elle aussi un soupir et elles s'amusèrent pendant quelques minutes à faire sortir le plus d'air possible de leur bouche sous les regards inquiets de leurs camarades qui devaient se demander si elles n'étaient pas devenus folles.

- Non mais c'est vrai, reprit Dominique un peu plus tard. Ils ont juste eu de la chance, on était si près du but. James …

- Stop Dom, l'interrompit Isabel. James a été spectaculaire c'est tout. On fera mieux la prochaine fois.

La blonde se replongea immédiatement dans sa lecture, signe que la conversation était close. En réalité, ils n'en pouvaient plus d'entendre la Capitaine se plaindre depuis la fin du match et déclamer, avec mauvaise foi, que son cousin avait juste eu de la chance. Ce n'était pas vrai en plus, il avait vraiment pris beaucoup de risques et, au final, cela avait payé.

Si Joana, Anatole et Molly avaient vite quitté la mauvaise ambiance de la salle commune, prétextant faire un tour dans le parc, Camille, Arthur et Isabel s'étaient installé autour d'une table. La première tentait vainement de distraire sa meilleure amie depuis de longues minutes et les autres s'avançaient dans leurs devoirs.

Sauf que … du point de vu de Dominique, cette défaite était véritablement injuste. Ils avaient fait un boulot du tonnerre avec Abel et Emmeline. Même Carrie avait été exceptionnelle cette après-midi là. S'il n'y avait pas eu James …

- Tu me prêtes de l'encre ? lança distraitement Camille qui avait fini par sortir un parchemin vierge et un manuel de cours, elle aussi.

- Tiens, grogna ce dernier en poussant brusquement son encrier.

Dominique ouvrit grands les yeux, surprise de ce mouvement d'humeur, peu habituel chez lui, surtout envers Camille. Cette dernière ne fit pas de commentaires mais fusilla allégrement le garçon du regard.

Depuis quand Camille et Arthur, qui s'entendaient parfaitement bien malgré toutes leurs différences, agissaient-ils de cette façon l'un envers l'autre ?

- Heu … il se passe quelque chose ?

- Oui.

- Non, déclara fermement Camille en même temps.

Ils se jaugèrent un instant du regard et Arthur fut le premier a abdiquer. Puis, sans qu'elle n'y comprenne rien, tous deux se levèrent, embarquèrent leurs affaires et disparurent, remontant dans leur dortoir respectif. Dominique se retrouva seule avec Isabel qui n'avait pas fait mine de s'intéresser à la scène.

- Est-ce que tu peux m'expliquer ce qu'il se passe ? lâcha la Poufsouffle, stupéfaite.

- Ils sont un peu en froid en ce moment …, lâcha-t-elle mystérieusement.

- Et … pourquoi ?

- Rien que tu ne dois savoir, conclut-elle. D'ailleurs moi-même je ne suis pas au courant si on te pose des questions.

Et Dominique eut beau insister, supplier et menacer la Batteuse, cette dernière ne lâcha pas un mot.

oOoOoOoOoOo

- Chef ?!

Gemma soupira avant de se retourner. A quelques mètres d'elle, Mervin Kalls se frayait un chemin parmi les nombreux élèves de Poudlard qui trainaient dans le hall juste après le match de Quidditch. Si la jeune fille avait un peu honte de l'avouer, elle-même avait été le voir. Si Nella avait refusé catégoriquement de passer deux heures à l'extérieur à se geler le derrière pour voir des gens voler après des balles, Gemma s'était beaucoup amusée.

Elle avait passé plus de deux heures dans le gradin professoral où Abel Johnson officiait en tant que commentateur et il avait été terriblement distrayant de l'écouter même si elle ne comprenait pas toujours les mots techniques se rapportant au Quidditch.

Mervin finit par l'atteindre et elle remarqua immédiatement son visage décomposé et ses lèvres tremblantes. Le jeune garçon hésita un instant et finit par se laisser tomber dans ses bras, posant sa tête contre la poitrine de Gemma. Cette dernière sursauta et passa distraitement sa main dans les cheveux du Serdaigle.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? murmura-t-elle.

- Je … mes parents, grogna Mervin aussi distinctement que possible dans la position dans laquelle il se trouvait. Ils ont encore trouvé …

- Alors Lysenko, on les prend au berceau maintenant ?

Gemma sursauta et son regard se posa immédiatement sur James Potter qui, entouré par Dewi Carlson et la moitié de l'équipe des Gryffondor, la regardait d'un air goguenard. Il tenait toujours dans sa main le vif d'or qui lui avait fait remporté le match et le serrait fermement alors que la petite balle battait fébrilement des ailes pour s'enfuir. A la plus grande horreur de la jeune fille, des sourires qu'elle estima moqueurs s'affichèrent sur tous les visages. Tous sauf celui de Carlson qui s'étira d'une grimace qu'elle ne comprit pas.

Mervin s'était immédiatement éloigné d'elle et jaugeait maintenant le Gryffondor, comme s'il allait se jeter sur lui. C'était indéniablement ridicule car il était certain que, même si Mervin était petit, bruyant et rapide, Potter aurait l'avantage.

La jeune fille regarda discrètement autour d'elle, cherchant une solution de replis mais le hall était remplis d'élèves et il était impossible de se déplacer comme on l'entendait. Des groupes attendaient même depuis quelques minutes pour pouvoir accéder à l'escalier central qui n'en faisait qu'à sa tête aujourd'hui et ne se déplaçait plus qu'entre le quatrième et le septième étage. Pire, il n'y avait aucun professeur à proximité, mis à part Lastek, qui enseignait la Botanique, qui tentait de se faire entendre d'un groupe d'élèves particulièrement dissipé.

- Potter, est-ce que ta tête est si grosse que ça t'empêche d'avancer ?

C'était ce que Gemma aurait pu dire au Gryffondor si l'ensemble de sa répartie ne prenait pas ses jambes à son cou lorsqu'il se trouvait dans les parages. Pire, elle se sentait minable de ne devoir son salut qu'à l'impatience d'Isaac Nott.

Ce dernier, imposant face au Gryffondor le lorgnait d'un air agacé, les bras croisés autour de son ventre. Sa baguette était tendue dans sa main droite et cela le démangeait visiblement de s'en servir. Il y avait une vieille rivalité entre les deux Attrapeurs qui n'avaient échappé à personne et les autres élèves regardaient la scène d'un air intéressé.

D'habitude, ils se contentaient de s'ignorer royalement, profitant des matchs pour s'insulter ou se lancer des piques. Mais là, la victoire des Gryffondor avait dû profondément agacer Nott qui voyait d'un mauvais œil la coupe s'éloigner de sa maison.

- Nott, ne devrais-tu pas pleurer dans les jupons de ta maman ? rétorqua le Gryffondor en fronçant les sourcils.

- Et pourquoi donc Potter ?

- La coupe nous reviendra sans conteste cette année, affirma-t-il.

- Potter, tu devrais savoir que, si ton équipe a battu les Poufsouffle aujourd'hui, ce n'est dû qu'à un coup de chance. Vous avez été foncièrement mauvais.

Le jeune homme renifla d'un air dégoûté tout en regardant les membres de l'équipe des Gryffondor d'un air éloquent. James Potter, quant à lui, enfouit sa main dans sa poche avant d'en ressortir sa baguette, la pointant sur le Serpentard.

- On ne t'a jamais appris à ne pas jouer avec les affaires des grands ? grinça le Serpentard en baissant doucement les yeux vers la main de Potter.

- On ne t'a jamais appris à respecter tes supérieurs ? répondit ce dernier sur le même ton.

- Mes … supérieurs ?

Il regarda Potter comme s'il s'agissait d'une miette et balaya une poussière invisible sur sa manche.

Et Gemma dans tout ça ? Agrippée aux épaules de Mervin, elle cherchait une échappatoire sans pourtant perdre une miette de la scène devant elle, se demandant quand elle se transformerait en duel.

- James …, s'exclama soudainement Dewi Carlson qui s'était fait discrète jusqu'à présent, faisant sursauter tout le monde.

Ce dernier ce retourna vers la jeune fille qui paraissait … bouleversée. Elle agrippait le bras de Potter comme si sa vie en dépendait et cherchait à s'emparer de sa baguette. Tout en jetant de petits coups d'œil vers Nott, elle reprit :

- Ca n'en vaut pas la peine, on s'en va.

- S'il te plait.

Carlson hésita visiblement et se pencha vers Potter, lui murmurant quelque chose à l'oreille. Son visage se fit curieux et, à la plus grande surprise de Gemma, ce fut comme s'il avait oublié qu'il se trouvait face à Nott, et il tourna les talons, la jolie Gryffondor trottinant derrière lui.

La Préfète-en-Chef lança un regard étonné vers Mervin qui haussa les épaules en signe d'incompréhension. Son visage se leva ensuite vers Nott et elle songea qu'elle avait eu de la chance qu'il choisisse ce moment-là pour provoquer son homologue.

Le Serpentard paraissait à peine surpris du départ de Potter et, lorsqu'il fit mine de repartir, passant devant Gemma, elle faillit tomber à la renverse en entendant ses paroles :

- De rien, Lysenko.

Alors, tout ceci n'était pas une coïncidence ?

oOoOoOoOoOo

- Et bien, parle maintenant !

Cela faisait quelques minutes que Dewi et James avaient atteint un couloir peu fréquenté du rez-de-chaussée et qu'il la dévisageait gravement, se demandant ce qu'il se passait. Son amie avait le teint on ne peut plus cireux et, appuyée contre une tapisserie, tordait ses mains dans un rictus inquiétant.

Elle avait l'air au bord de la crise de nerfs.

- Je ne peux pas t'aider si tu ne me parles pas tu sais, murmura James avec une douceur peu coutumière.

Le Préfèt-en-Chef se rapprocha de sa meilleure amie, s'appuyant à son tour contre la tapisserie, sans cesser de la regarder.

Lorsque Dewi avait déclaré vouloir lui parler de quelque chose en pleine altercation avec Nott, il avait cru qu'elle cherchait à lui détourner l'attention. C'était sans doute un peu le cas mais quelque chose dans sa voix, lui disait qu'elle était sérieuse et que c'était le bon moment, pour elle.

Et, en voyant son visage perdre le reste de ses couleurs, il était en train d'envisager le pire. Qu'est-ce qu'il se passait dans la vie de Dewi pour qu'elle se mette dans des états pareils ?

- Tu sais que tu peux tout me dire ? reprit-il, espérant la mettre en confiance.

- Je ne suis pas sûre que tu puisses tout entendre, répondit-elle laconiquement. Mais tu as raison j'ai … promis.

James eut la surprise de la voir prendre une grande inspiration avant de se décoller de la tapisserie pour venir face à lui. Son joli minois le dévisageait gravement et elle tiqua nerveusement de l'œil avant de reprendre la parole. James, lui, resta silencieux, ayant bien trop peur de la brusquer s'il intervenait.

- Tu sais … ma vie a changé depuis la fin de notre sixième année, déclara-t-elle gravement. Tu ne t'en es peut-être pas rendu compte mais je n'ai eu aucun petit-ami depuis.

James fronça les sourcils. Bien sûr qu'il s'en était rendu compte. Dewi était sortie avec la moitié de la population masculine de Poudlard et, à moins de les prendre au berceau, il ne lui restait plus beaucoup de choix à présent. Il avait mis cela sur le compte de la lassitude, comme lui s'était calmé à la fin de sa cinquième année qui avait été assez … tumultueuse. Enchainer les relations avec des filles peut s'avérer très fatiguant, surtout lorsque la plupart d'entre elles ne s'intéressent qu'à votre nom de famille. Il imaginait naïvement que c'était la même chose pour sa meilleure amie, à ceci près qu'elle était considérée comme la plus jolie fille de Poudlard.

Dewi resta silence quelques secondes et il se demanda si elle n'avait pas changé d'avis mais la Gryffondor semblait seulement chercher ses mots. D'ailleurs, malgré ses mains tremblantes et son visage pâle, elle avait l'air beaucoup plus assurée que ces derniers temps.

- Je … en fait je me suis rendue compte que tout ceci était lassant …

C'était bien ce qu'il pensait. Mais en quoi ceci était aussi grave qu'elle le laissait supposer depuis quelques temps ?

- Et surtout, que cela ne me correspondait pas forcément.

Là, il fronça les sourcils tout en passant une main dans ses cheveux. Où diable voulait-elle en venir ? Le visage de Dewi se décomposa devant son incompréhension et il sut qu'elle hésitait à continuer. Prenant soin de ne pas la brusquer, il posa doucement sa main sur son épaule pour l'enjoindre à poursuivre. Il était hors de question qu'elle s'arrête maintenant. Pas aussi près de la révélation tant attendue qu'il sentait sur le point d'arriver.

- Très bien, soupira-t-elle doucement. Je … James je suis tombée amoureuse de …

Elle déglutit.

- D'une fille.

Là, ce fut à son tour de déglutir. Tandis qu'elle levait sur lui un visage plein d'espoir, il se décomposa à son tour. D'une fille ? La nouvelle était dure à intégrer. D'ailleurs, elle n'était pas vraiment réelle dans l'esprit de James. Juste quelques mots lancés au détour d'une conversation qu'on n'écoutait pas vraiment, un peu comme dans les repas où sa famille était au grand complet.

Une fille ? Comme dans le mot … fille ? Est-ce qu'elle se fichait de lui ?

Dewi devait sentir qu'il était sur le point de s'effondrer et qu'elle ne parviendrait jamais à clore la discussion si elle laissait les choses à ce stade, ainsi elle poursuivit.

- J'ai eu une relation avec Heather Moorehead de Serpentard. Et je compte bien la récupérer.

Là, s'en était trop pour le Gryffondor. Sa bouche s'ouvrit dans un "o" de surprise, mi-gêné, mi-dégoûté et s'agita, cherchant à dire quelque chose. Il ne trouva pas. Ils continuèrent à se dévisager pendant quelques secondes sans qu'aucun des deux ne prononce un seul mot et, sans prévenir, tourna les talons.

- James ! entendit-il crier derrière lui. Je … reste avec moi … dis quelque chose au moins.

Mais il était déjà loin et ne revint pas vers Dewi au plus grand désarrois de cette dernière. Elle essuya l'unique larme qui avait coulé sur sa joue lorsqu'elle avait prononcé le nom d'Heather et tenta d'endiguer le torrent qui menacer de s'écrouler par-dessus ses paupières. Elle n'y parvint malheureusement pas et se laissa tomber à même le sol, les yeux cachés par ses mains.

- J'ai besoin de toi, murmura-t-elle en explosant en sanglots.

Elle le savait. Malgré l'avis de Wil qui allaient toujours en faveur de James et affirmait fermement qu'il pouvait tout accepter venant d'elle, elle savait qu'elle avait été trop loin. Pire, sa réaction lui confirmait que ce qu'elle faisait n'était pas du tout normal.

Elle n'était pas normale.

Parce que, même si votre propre meilleur ami vous tourne le dos, c'était qu'il y avait un problème quelque part. En l'occurrence, le problème c'était elle.

Pas un seul instant elle ne songea à Heather et au soulagement que, peut-être, cette dernière ressentirait en apprenant qu'elle avait véritablement lâché le morceau à l'aîné des Potter.

- Car… Carlson ?

oOoOoOoOoOo

Nella Flint avait passé l'après-midi seule dans son dortoir car sa meilleure amie avait préféré regarder un match de Quidditch avec son nouveau petit-ami. Il n'y avait aucune once d'animosité dans ces pensées, la seule chose qu'elle avalait difficilement, c'était le fait que Gemma détestait le Quidditch et n'y était allé que pour faire plaisir à Johnson. Qu'elle ait pu s'amuser, elle le comprenait, mais pourquoi accepter ce genre de chose pour … un garçon ?

Parce que Gemma se sentait seule et manquait terriblement de confiance en elle, en partit à cause des brimades répétées de Potter. Alors, elle se tournait vers le premier venu, faisant fi de ses habitudes et donc de Nella.

Est-ce qu'elle en souffrait ? Non, pour l'instant la situation l'agaçait juste. Malgré tout, elle pressentait un changement radical de la part de sa meilleure amie et sa toute nouvelle entente avec Weasley était déjà la preuve que rien n'était plus comme avant. Et Nella détestait le changement.

Après avoir partagé son après-midi entre devoir de Sortilèges et parchemin envoyé à ses parents pour leur confirmer qu'elle rentrerait bien par le Poudlard Express le vendredi suivant pour les vacances de Noël, elle avait décidé de se dégourdir les jambes. Et au diable le nouveau règlement qui interdisait de se promener seul. De toute façon, la plupart des élèves erraient dans les couloirs et elle n'était pas vraiment toute seule.

Elle obliqua vers la droite, songeant pour la centième fois de la journée qu'elle ne sentait réellement pas cet Abel Johnson, et sursauta violemment.

Devant elle, dos au mur et le visage enfouit dans ses genoux, quelqu'un semblait pleurer violemment. En jetant un coup d'œil autour d'elle, elle se rendit compte qu'elle avait quitté l'espace habituellement fréquenté par les élèves de Poudlard pour se retrouver dans un des couloirs du rez-de-chaussée qui faisait la liaison entre la salle commune des Poufsouffle et les cachots. Quelle imprudence de sa part … mais c'était aussi là le résultat de marcher sans regarder où elle allait.

Nella hésita imperceptiblement et se rapprocha doucement de la forme atteinte de violents soubresauts. En se rapprochant, elle se rendit compte que la fille portait l'uniforme des Gryffondor et que ce n'était autre que …

- Car … Carlson ? s'enquit-elle tout en songeant que cette dernière n'allait pas apprécier être dérangée dans un moment pareil.

La masse informe sursauta et Dewi Carlson, car c'était bien elle, releva violemment la tête, manquant de se cogner contre le mur. Elle avait les joues rougies par l'émotion et ses yeux verts étaient entourés d'immondes traces noirs provenants de son maquillage. A toute vitesse, elle s'essuya les yeux et tenta de parler, peut-être de lui prouver qu'elle s'était fourvoyé et ne pleurait pas, mais n'y parvint pas. Seuls quelques onomatopées sortirent de sa bouche et Nella ne les comprit pas. Si tant est qu'il y avait quelque chose à comprendre.

Elle n'hésita pas à s'avancer vers la jeune fille. Car, même si cette dernière était une des plus proches amies de Potter, Nella ne pouvait pas lui imputer ce fait dans un moment pareil. Elle avait l'air bien trop bouleversée.

- Je peux t'aider ? s'enquit-elle doucement. Est-ce que … je dois appeler un professeur ou Pomfresh ? Ou Potter peut-être ?

Cette idée ne lui plaisait pas vraiment mais elle fut surprise que Carlson n'ait pas l'air d'y tenir non plus lorsque son visage se changea en une grimace affolée. La jeune fille se frotta une seconde fois les yeux et le visage avec ses mains avant d'ouvrir la bouche, hésitant visiblement.

- Je … je … enfin, tout va bien, murmura-t-elle.

Ce disant, une nouvelle larme vint s'écrouler dans son cou tandis que la Serdaigle lui tendait un mouchoir.

- Merci, sanglota Dewi.

- Oh Carlson, t'es sûre que tu ne veux voir personne ?

- Tu peux rester si tu veux, déclara d'une voix un peu plus calme cette dernière.

- Je ne comptais pas …

- Dewi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai emprunté la carte de James et j'ai vu que vous étiez ici mais … Oh Flint.

La jeune Serdaigle sursauta, à moitié agacée l'irruption de Wil Jordan, sans pour autant s'empêche de se sentir soulagée. C'était le deuxième grand ami de Carlson et lui saurait sans nul doute gérer la crise qui l'habitait visiblement. D'ailleurs, il ne perdit pas de temps en commisérations et après lui avoir jeté un unique coup d'œil, se dirigea vers Carlson et s'agenouilla devant elle alors qu'elle-même reculait de quelques pas.

Les deux jeunes gens étaient visiblement très attachés l'un à l'autre. D'ailleurs, elle avait plusieurs fois surpris des gestes de tendresse évidents entre eux et de là à penser qu'il se passait quelque chose, il n'y avait qu'un pas. A présent, elle se sentait gênée de se trouver au milieu des deux Gryffondor et elle hésita à faire demi-tour.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Comme Carlson ne répondait pas et avait enfoui son visage dans son cou, recommençant à pleurer, il se tournait vers Nella qui secoua la tête pour lui signifier qu'elle n'en savait rien. Il se retourna vers Dewi et commença à lui murmurer des mots rassurants tout en lui caressant les cheveux.

- Je lui ai dis, murmura soudainement Carlson, distinctement.

Ces mots particulièrement étranges pour Nella parurent avoir une signification pour le grand métis et s'il se raidit un peu, il ne s'éloigna pas le moins du monde de la jeune fille. Sans qu'elle ne sache pourquoi, malgré son malaise évident, la jeune Serdaigle ne tourna pas les talons, continuant à regarder la scène sans pouvoir s'en détourner. Un peu comme quand on passe en voiture devant un accident et qu'on ne peut pas s'empêcher de le scruter.

- Mais ça va maintenant, affirma brusquement Carlson en se relevant d'un bond.

La jeune fille avait le menton levé d'un air un peu snob qui ne lui seyait pas vraiment et ses yeux gonflés contrastaient avec ses paroles. Elle luttait visiblement pour ne pas craquer plus que ça et son mensonge évident mit un peu plus mal à l'aise la jeune Serdaigle. Wil Jordan, qui avait faillit tomber sur les fesses lorsque Dewi s'était relevé, l'imita à son tour, la regardant d'un air perplexe.

- On va dehors, lança-t-elle. Ca me changera les idées.

Jordan la regarda comme si elle était devenue folle mais n'osa visiblement pas la contredire dans l'état dans lequel elle se trouvait et il hocha la tête en signe d'approbation.

Ce fut le moment où Nella sortit de sa léthargie et elle amorça quelques pas en arrière, songeant qu'il était temps pour elle de rebrousser chemin. C'était déjà carrément bizarre et gênant d'avoir surpris quelque chose d'aussi personnel et elle se doutait qu'il ne faudrait pas longtemps à Carlson pour craquer à nouveau. Il était évident qu'elle faisait semblant et que rien ne lui changerait les idées. D'ailleurs, elle faisait mal semblant.

- Tu vas où Flint ? s'entendit-elle demander alors qu'elle avait tourné le dos aux deux Gryffondor.

Nella se retourna doucement, légèrement surprise. Sa bouche s'ouvrit mais aucun son n'en sortit alors que Carlson la regardait, les sourcils légèrement froncées. La jeune Gryffondor se tourna ensuite vers Jordan et le fixa pendant quelques secondes avant d'hocher la tête.

- Oui, on va faire ça, murmura-t-elle étrangement. Si tu n'as rien de prévu, tu veux bien venir avec nous ?

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Sans trop savoir pourquoi, Nella avait accepté la proposition de Carlson d'aller se promener avec les Gryffondor. En vérité, il ne lui semblait pas vraiment avoir eu le choix. La jeune Gryffondor la regardait d'un air inquisiteur, semblant ne pas attendre de refus. Sans la connaître, il lui semblait que c'était une jeune fille décidée, qui avait toujours ce qu'elle désirait, ce qui était un paradoxe certain avec la Carlson qu'elle avait trouvé anéantie dans les couloirs quelques minutes plus tôt.

La Serdaigle était remontée chercher un manteau avant de rejoindre les Gryffondor dans le hall qui étaient à présent chaudement emmitouflés eux aussi.

La jeune fille hésita un bref instant avant de se diriger vers eux, songeant au dernier moment qu'elle serait bien mieux dehors au lieu de trainer dans son dortoir en se demandant pourquoi Gemma n'était toujours pas rentrée du match de Quidditch alors qu'il était terminé depuis une bonne heure.

Carlson, quant à elle, était redevenue la fille que tout Poudlard connaissait, joyeuse et entrainante. La belle Gryffondor lui fit un grand signe de la main en la voyant, interrompant sa conversation avec Wil Jordan, comme si elles se connaissaient depuis des années. Malgré tout, c'était seulement un sourire de façade qui s'était affiché sur son visage et ça, il ne fallait pas la connaitre pour le savoir. On sentait qu'elle était sur le point de s'effondrer à la moindre contrariété.

- Je pensais pas que tu reviendrais, avoua Carlson en lançant un regard entendu au grand métis qui détourna la tête, apparemment mal à l'aise.

- Pourquoi pas ? demanda Nella sans comprendre.

Dewi ouvrit légèrement la bouche avant d'éclater de rire. Un vrai rire, puissant et rauque qui fit sourire Nella sans comprendre pourquoi. Lorsqu'elle se fut calmée, la jeune fille proposa de sortir sans attendre. Elle ajouta que le couvre-feu avait beau être à vingt heures, la nuit allait bientôt tomber et qu'elle ne tenait guère à trainer dehors avec un malade dans les parages.

Nella, qui avait un instant eu peur d'être tenue à l'écart de l'amitié que se tenaient Dewi et Wil, fut stupéfaite de voir que ce n'était pas du tout le cas. Au début, elle n'osait pas trop intervenir dans leurs discussions mais elle s'aperçut très vite que, que ce soit l'un ou l'autre, les deux Gryffondor s'arrangeaient toujours pour lui demander son avis. Ils discutèrent ainsi des agressions bien entendu, du dernier match de Quidditch sur lequel Wil Jordan la taquina en lui rappelant l'énorme livre qu'elle avait emporté la dernière fois et du cours de Duels où ils apprenaient à faire des Patronus, chose que seule Dewi maitrisait parmi l'ensemble des septièmes années.

- Je préfère ne pas savoir faire un Patronus que d'avoir un marcassin qui gambade à côté de moi, ironisa le Gryffondor.

Carlson lui tira la langue immaturement et lui donna un coup de poing sur l'épaule avant de s'enfuir en courant. Nella sourit étonnement en voyant l'étrange spectacle : la jolie Gryffondor dévalant le parc avant un grand dadais à ses trousses, ce dernier la rattrapant lentement mais sûrement.

Etrangement, elle ne se sentait pas de trop entre eux deux. Et, malgré l'étrange nœud dans son estomac qui lui donnait un peu l'impression de trahir Gemma, elle se consolait en se disant, qu'une nouvelle fois, sa meilleure amie n'était pas là pour voir ça et effaçait ses remords en se répétant qu'elle l'avait bien abandonné durant l'après-midi.

D'ailleurs, lorsqu'elle la rejoindrait une bonne heure plus tard dans la Grande Salle, à la table des Serdaigle, son amie ne ferait aucun commentaire, l'air étrangement calme et pensive, se contentant de lui demander quelques détails sur un cours de Métamorphose où ils avaient un devoir à rendre pour la semaine prochaine.