J'ai eu un prof comme cette prof de rune Loupiote54, les cours étaient assez sympas même si ne comprenait pas grand chose non plus au premier abord X) Il y a effectivement une sale histoire entre Mandy et son père, mais je ne dirais rien de plus !

Merci pour les reviews Guibe et Rose-Eliade et Pims10 ^^

Mary a quand même une part de Gryffondor tête brûlée en elle, mimi70, ce ne sera pas la dernière fois qu'elle s'en servira pour atteindre ses objectifs. Elle sait mieux se maîtriser que Harry et est aussi un peu plus intelligente : elle sait quand il faut se taire et quand elle doit taper du poing sur la table.

Quel enthousiasme SabrineClmb ! Merci beaucoup =D J'espère vraiment arriver à faire carrière dans l'écriture un jour... On verra bien, pour l'instant écrire de la fanfic me satisfait même si je réfléchit toujours pour trouver LA bonne idée et publier.

Bonne lecture ^^


Un voyeur nocturne

La semaine qui suivit sa confrontation avec Minerva McGonagall fut bien remplie. En dehors des cours, Mary passait ses soirées à mettre en place son club de Quidditch. Elle ne s'arrêta que pour fêter dignement le retour de Mandy. La fillette était restée une semaine entière à l'infirmerie et était encore un peu chancelante quand elle revint dormir à la Tour Serdaigle, mais ça fit plaisir à tout le monde même si personne n'était allé la voir chez Mme Pomfresh excepté Mary.

La rousse alla voir le Professeur Flitwick pour réserver le terrain de Quidditch et il devait l'attendre puisqu'il lui demanda de s'asseoir pour lui parler plus longuement.

- Le Professeur McGonagall nous a parlé de votre requête…

- Sans vouloir offenser le Professeur McGonagall ou vous manquer de respect, Professeur, il ne s'agit pas d'une requête. Le règlement…

- Je suis allé chercher le paragraphe dont vous parlez.

- Vous avez alors pu constater que ma pétition remplit toutes les conditions exigées par le règlement et sera donc appliquée.

- Oui, Miss Potter, rassurez-vous. Je ne compte pas vous mettre des bâtons dans le roues.

La Potter en soupira de soulagement. Elle voulait mener son projet à terme, mais c'était une chose de se mettre à dos McGonagall et une autre de faire pareil avec son directeur de Maison. Heureusement, le petit Professeur était d'un naturel conciliant et en sachant les bizarreries que pouvaient regrouper la Maison Serdaigles, Mary ne devait pas être la première élève à faire quelque chose à laquelle personne ne se serait attendu.

- Toutefois, je vous trouve un peu jeune pour vous occuper de gérer un club à vous seule, continua t –il. Les capitaines des équipes de Quidditch sont au moins en cinquième année en général. Vous comprenez qu'on ne peut pas laisser quelqu'un d'aussi jeune gérer un groupe : ça va mener au chaos.

- C'est mon idée, protesta t –elle.

- Je vous le concède. Je pense toutefois qu'il serait judicieux que vous trouviez un professeur référent, lui suggéra le Professeur Flitwick avant d'ajouter en la voyant froncer les sourcils : Chaque club en a un.

- Cela pourrait –il être vous ? demanda t –elle avec espoir.

- Je m'occupe déjà de la chorale et de l'orchestre Miss Potter, alors je crains que non.

- Bon… Je vais voir ce que je peux faire. Est-ce qu'il serait possible que je réserve le terrain de Quidditch ?

- Il est encore libre dimanche prochain. Mais vous allez devoir comprendre que les équipes des Maison ont la priorité…

- Non, je ne crois pas. Il y a quatre créneaux horaires dans un week-end et 5 en semaine soit bien assez pour que 5 équipes puissent bénéficier du terrain à part égale. Je ne compte pas faire de l'ombre à la coupe des Quatre Maisons, mais je ne laisserais pas les équipes de Quidditch des Maisons empiéter sur mon projet.

Le directeur de la Maison Serdaigle parut étonné et Mary se demanda si elle était allée trop loin. Mais il finit par lui sourire, ses petits yeux bleus brillant de quelque chose qui ressemblait à de la fierté, et il lui réserva le terrain de Quidditch pour le dimanche matin de la semaine suivante. Ce qui lui laissait un peu plus d'une semaine pour trouver un Professeur référent et au moins quatorze participants. Elle en avait déjà trois : William, Drago et elle.

Pour ce qui concernait le Professeur, elle savait déjà qui elle allait voir : son tonton Remus. C'était la solution la plus évidente. Et s'il refusait… Elle y réfléchirait plus tard ! Elle alla donc prendre le thé avec lui le samedi après-midi.

- Comment c'est d'être professeur à Poudlard ? lui demanda t –elle.

- Mieux que je n'aurais pu le penser. Tu as amené une certaine agitation dans la salle des professeurs cette semaine, lui dit –il avec un sourire.

- J'y compte bien !

- Personne ne savait qu'une telle règle existait, tu as dû chercher longtemps pour la trouver…

- Un peu ! Tu as déjà vu la taille du règlement complet de l'école ?

- Je dois bien avouer que non, avoua le lycanthrope.

- Tu voudrais bien m'aider ? se lança la rousse. Chaque club doit avoir son Professeur référent alors je me suis dis que tu pourrais le faire ? Ça ne te demandera pas trop de travail : de toute façon, j'avais prévu de gérer ça toute seule. Autrement je ne sais pas à qui je pourrais demander, s'il-te-plaîîît !

Elle assortit le tout de son plus beau regard suppliant et quand il soupira, elle sut qu'elle avait gagné. Tonton Remus ne lui résistait jamais. Elle lui expliqua alors plus en détail ce qu'elle avait prévu dans un premier temps. Elle espérait que ce club allait marcher, parce qu'elle avait plein d'autres idées en tête. Mais bon, pour le moment elle se contenterait d'avoir suffisamment de monde pour former deux équipes complètes.

- Comment comptes – tu gérer les quatre Maisons ? demanda le Professeur de DCFM après qu'elle ait terminé son explication.

- Pardon ?

- Les Serdaigles t'écouteront peut –être, mais les Serpentards, les Gryffondors ou les Poufsouffles ? J'en doute sincèrement. Je sais comment ça se passe et tu n'arriveras à te faire écouter de tout le monde. Si l'entente entre les Maisons était si facile à obtenir, ça se saurait.

Elle n'avait pas vraiment pensé à ça, mais il n'avait pas tord. Se creusant la tête, elle laissa Remus lui verser une nouvelle tasse de thé et accepta un gâteau. Il la regarda réfléchir jusqu'à ce qu'elle reporte son attention sur lui et déclare :

- Je vais créer un conseil avec un membre par Maison. J'aurais les décisions finales, mais ils auront leur mot à dire et si des suggestions doivent être faites, chaque Maison passera par son ambassadeur.

- Ce n'est pas une mauvaise idée : vous aurez plus d'autorité à quatre. Mais il sera aussi plus difficile de vous entendre.

- Je ne sais pas encore exactement comment je vais mettre ça en place. En tout cas, je vais demander à Drago s'il veut bien représenter Serpentard.

- Je sais que tu es amie avec le jeune Malefoy, mais j'avoue que ça m'inquiète un peu Mary, lui dit le sorcier.

- Ça inquiète aussi maman, lui dit la concernée. Mais il ne faut pas, il est gentil et il n'essaye pas d'obtenir quelque chose de moi. Et tant que je m'entends avec lui, j'ai l'assurance que les Serpentards ne s'en prennent pas à moi. C'est fou ce que le nom des Malefoy a comme pouvoir !

- A propos de ta mère, j'espère que tu lui écris régulièrement : elle doit se sentir vraiment seule chez vous… surtout avec la disparition de ton père.

- Oh, ne t'inquiète pas elle n'est pas toute seule : il y a Patmol à la maison maintenant !

Et là, chose incompréhensible, son tonton Remus d'ordinaire si posé recracha, littéralement, tout ce qu'il avait en bouche. Beurk. Il toussa abondamment ayant l'air au bord de l'étouffement. Mary, inquiète, se pencha sur lui.

- Ça va tonton ? demanda t –elle.

- Patmol ? répéta t –il.

- Oui : on a recueillit un chien le mois dernier.

- Un grand chien noir ? insista t –il en lui attrapant le bras.

- Euh… Oui ? Tonton, qu'est ce qu'il se passe ?

- Oh, doux Merlin ! Quelle folie ! s'exclama t –il en se levant soudainement. Mary, je suis désolé il faut que je… Le chien ne t'a pas fait de mal, n'est ce pas ?

- Non, il était très gentil. Qu'est ce qui ce passe ? répéta la rousse en se levant à son tour.

- Il faut que je vérifie quelque chose. Désolé, je dois y aller ! Bon après-midi Mary.

Et il attrapa sa cape avant de sortir comme une tornade de ses appartements, la laissant au milieu de salon, totalement stupéfaite. Il venait de se passer quelque chose et elle ne comprenait pas. Pourquoi est ce que le fait qu'ils aient recueillit un chien le mettait dans un tel état ? Quand elle sortit dans le couloir, il n'y avait plus de trace du Professeur et elle se jura d'exiger des explications dès qu'elle aurait à nouveau l'occasion de discuter avec lui.

En attendant, elle sortit de son sac les affiches qu'elle prévoyait de voir placarder dans chaque salle commune pour promouvoir son club de Quidditch et essayer de faire venir du monde à la première réunion qui aurait lieu le dimanche suivant. William se joignit à elle au détour d'un couloir.

- Ou est Emeli ? s'étonna Mary. Elle avait dit qu'elle viendrait avec nous, même si le Quidditch n'est pas sa passion.

- Elle m'a lâchement abandonnée tout à l'heure pour partir avec un septième année. Un des amis de Sam, Nicolas.

- Sérieux ? Tu crois qu'ils font quoi ?

- Aucune idée, mais visiblement il passe avant nous. Il a dit quoi le Professeur Lupin ?

- C'est d'accord, sourit la rousse en faisant le V de la victoire avec ses doigts. Je te l'avais dit !

- Et maintenant ?

- Maintenant, on va voir Drago et Jonathan. Ensuite pour Gryffondor, on avisera. Peut –être Lee ou les jumeaux. Il faut qu'ils accrochent notre affiche sur leur tableau.

Ils allèrent fureter à la bibliothèque ou beaucoup d'élèves se rejoignaient le samedi afin de faire leurs devoirs et d'avoir le dimanche de libre. Ils tombèrent rapidement sur la tête blonde du cousin de Mary et sur l'épaisse chevelure brune de Jaymie qui ne le quittait vraisemblablement jamais.

- J'ai eu l'autorisation pour le Quidditch, murmura t –elle en s'asseyant avec eux.

- Vraiment ? s'étonna t –il.

- J'avais un plan infaillible. Tu pourras afficher ça dans ta salle commune ?

- Oui, bien sûr. Je serais même là pour la première séance… Dimanche prochain, affirma t –il en lisant rapidement l'affiche qu'elle lui avait remise.

- C'est vrai ?! s'exclama t –elle avant de se recroqueviller quand des "chut!" lui répondirent.

- Oui, j'aime bien le Quidditch, mais je ne suis pas particulièrement compétiteur.

- Je compte monter un Conseil avec un membre de chaque Maison : tu veux représenter Poufsouffle ?

- Je verrais qui de ma Maison veut venir et je leur demanderais si ça leur convient. Merci pour la proposition.

- Merci de m'aider.

Et les deux Serdaigles repartirent. Les jumeaux Weasley furent introuvables, ce qui n'était pas nouveau, et Drago de même. Lee Jordan se porta volontaire pour afficher leur tract et Pansy aussi pour Serpentard même si Mary lui avait fait la peur de sa vie en lui sautant à moitié dessus alors que la jeune fille prenait le chemin des cachots.

La semaine précédant la première séance du club de Quidditch passa avec une lenteur exaspérante. Mary fit de son mieux pour suivre mais souvent son esprit décrochait ou elle sautillait sur sa chaise, pressée de sortir. Elle ne tenait plus en place et ses camarades de chambre la trouvaient insupportable.

Le vendredi après le cours de sortilège, le Professeur Flitwick lui confia la clé de la remise où se trouvaient le coffre contenant les balles nécessaires au Quidditch et que jusque là seuls les Capitaines des équipes des Quatre Maisons, et bien entendu Madame Bibine, possédaient.

- Soyez vigilante, c'est une grande responsabilité, lui dit le professeur Flitwick. Nous vous faisons confiance, montrez nous que vous la méritez.

- Merci ! s'exclama t –elle.

- Autre chose : vous ne pourrez pas utiliser le vif d'or. Madame Bibine craint que vous le perdiez ou que vous vous montriez incapable de le rattraper. Et vu le coût d'un vif, l'école ne peut pas se le permettre.

- Quoi ? Mais c'est la balle la plus importante du jeu ! Et ça veut dire que les attrapeurs n'auront aucune utilité !

- Je suis désolée Miss Potter, mais c'est ainsi. Si Madame Bibine constate que tout se passe bien, elle serait peut –être d'accord pour vous autoriser à l'utiliser les prochaines fois.

Déconfite, Mary ressortit de la salle de classe pour se rendre en métamorphose. Elle allait devoir trouver quelque chose pour parer à cette perte : le vif d'or ne donnait pas seulement 150 points, il mettait aussi fin au match ! Sans vif, comment faire ? Elle en parla à William qui lui dit de simplement imposer une limite de temps à la durée du match, comme les moldus le faisaient. Par exemple, au bout d'une heure l'équipe avec le plus de point emporterait la victoire. La rousse se rangea à son avis, mais jouer au Quidditch sans vif d'or dénaturait un peu le sport.

Elle était certaine que les Professeurs voulaient la punir de son initiative par cette décision. Beaucoup d'élèves ne viendraient pas en apprenant ça et en plus Mary était privée de son poste de prédilection ! Elle avait toujours voulu jouer en tant qu'attrapeur!

Cette décision assombrit un peu la rousse, mais en parallèle, ça raffermit sa décision. Ah oui ? Ils voulaient la jouer comme ça ? Elle allait leur montrer à tous ! On ne se mettait pas impunément sur le passage de Mary Potter !

Le dimanche matin, elle se leva aux aurores, s'habilla de vêtements moldus, attrapa son balai et descendit jusque dans la Grande Salle. Ladon avait refusé de l'accompagner : voler était contre nature de son point de vue et personne ne l'obligerait à tournoyer à plusieurs mètres du sol !

La Grande Salle était… vide. Personne n'était assez fou pour se lever aussi tôt un dimanche matin. Dès qu'elle eut terminé son petit-déjeuner, elle se rendit jusqu'à l'extérieur du château et profita de l'absence de spectateur pour enfourcher son balai et voler jusqu'au terrain de Quidditch, ce qui était normalement prohibé : interdiction la plus totale d'utiliser un balai volant hors du stade. Elle lança son nimbus 2000 à pleine vitesse et arriva en un rien de temps.

Après s'être accordé quelques minutes dans les airs, elle s'activa à sortir les balles, les battes pour les batteurs et à aller chercher les balais destinés aux cours de vol des premières années. Elle arrivait tout juste avec ceux –ci quand William la rejoignit suivit par Terry.

- Il n'y a personne d'autre pour le moment, leur apprit -elle.

- Ce qui veut dire qu'on a tout le stade pour nous ! s'enthousiasmèrent les garçons.

William se propulsa en l'air sur son nimbus 2001 et Terry attrapa d'un côté un balai de l'école, de l'autre le souaffle et le suivit. Mary ne put s'empêcher de sourire, mais à mesure que les minutes passaient et que l'heure de rendez-vous approchait, elle angoissait parce que personne n'arrivait ! Était –ce que parce que dimanche matin était vraiment un mauvais moment ou simplement parce que finalement ça n'intéressait personne ? Pourtant beaucoup d'élèves semblaient enthousiasmés quand elle leur en avait parlé et avaient signé en disant qu'ils viendraient ! Remus Lupin arriva et les salua avant d'aller se mettre dans les tribunes en disant qu'il était juste venu pour observer et était certain qu'il ne serait pas nécessaire qu'il intervienne.

Jonathan arriva, suivit par trois Poufsouffles et Drago était uniquement accompagné par Blaise. Ils étaient à présent 9 et ils devaient au moins être douze ! Aussi, quel ne fut pas son soulagement en voyant arriver au loin un groupe de trois Gryffondors.

- Salut Mary ! lui lança Colin Crivey avec un sourire faisant trois fois le tour de son visage.

Elle fut heureuse de le voir. Après la mise au point de l'année dernière, il ne l'avait plus jamais ennuyée, même si elle le surprenait souvent à l'observer de loin pendant les repas. Mais bon, elle ne pouvait pas empêcher les gens de la regarder, n'est-ce pas ?

- Nous ne sommes que douze, fit remarquer Jonathan qui était le plus âgé de leur petit groupe hétéroclite.

Tous les autres élèves présents étaient soit en troisième année, soit en deuxième année. Mais il fallait bien commencer à quelque part, et c'était déjà bien.

- Ce n'est pas grave : on jouera sans attrapeurs, lui dit Mary. Bibine a refusé de nous laisser utiliser le vif d'or de toute façon.

Drago, à qui elle avait déjà fait part de sa frustration devant l'injustice de cette décision, grimaça. Lui aussi visait le poste d'attrapeur. Mais il aimait aussi simplement voler, alors ça ne l'avait pas découragé de venir.

- Bon, nous somme tout juste 12 : tout le monde va pouvoir jouer. Formez des groupes : ceux qui veulent être gardien, batteur et poursuivant. On tirera au sort les équipes et je vous rappelles qu'elles sont inter-Maisons. Les Gryffondors et les Serpentars, s'il-vous-plaît, comportez vous comme des gens censés, dit –elle.

- Pour qui tu nous prends ? renifla dédaigneusement Drago. Tout nous a suffisamment averti pour qu'on sache à quoi s'en tenir en venant.

Mary fit apparaître un sac où des boules blanches et noires avaient été mises en nombre égales et ils tirèrent à tour de rôle suivant le poste visé. Chacun réussi à y trouver son compte.

L'équipe des Blancs serait composée de Drago, Mary et Clarc un Poufsouffle de 2ème année comme poursuiveur, de Robert de 2ème année Gryffondor et Terry Boot comme batteur et de Colin Crivey comme gardien.

Celle des Noirs compterait William, Rebecca de 2ème année Poufsouffle et de Lucie 2ème année Gryffondor comme Poursuiveur, de Blaise Zabini et Alphonse de 2ème année Poufsouffle comme batteur et de Jonathan comme gardien.

Ils firent apparaître des dossards à la couleur de leurs équipes et s'élancèrent dans les airs soit sur leurs balais personnels, soit sur ceux de l'école. Mary se fit la remarque un peu trop tard qu'il faudrait un arbitre, mais Remus Lupin était déjà descendu sur le terrain, anticipant le problème. Il attrapa le souaffle pendant que les poursuiveurs se positionnaient autours de lui à quelques mètres de hauteur et dit :

- J'arbitrerais et compterais les points. J'espère que vous allez vous montrer corrects et permettre à ce club de perdurer. Ceci est un match amical : il n'y a pas de récompense à la fin alors amusez-vous. Prêts ? Go !

Il lança le souaffle bien haut et Mary se précipita en avant. Après s'être entraînée tout l'été, et celui d'avant, elle n'eut aucun mal à entrer dans la cohue, attraper le souaffle et à filer droit vers les buts. Elle vit du coin de l'œil à cognard arriver : Blaise n'avait pas l'air décidé à trop la laisser approcher des buts de son équipe. Au dernier moment, elle passa à Drago qui s'était démarqué à sa droite et évita le cognard dans le même mouvement. Terry rendit la politesse à Blaise en essayant de l'assommer avec le cognard, mais le métisse évita la manœuvre. Drago fit la passe à Clarc, le troisième poursuiveur de leur équipe, mais William intercepta la balle et le jeu reparti dans l'autre sens.

Les noirs furent les premiers à marquer ce qui avait l'air de fortement énerver Drago.

- Calme-toi, lui dit Mary. On joue pour le plaisir, d'accord ? D'autant plus que le match n'est pas encore fini : il va durer une heure et on aura tout le temps de remonter.

- C'est vrai, soupira t –il. Mais je n'aime pas perdre.

- Ça tombe bien : je n'ai pas l'intention de perdre.

Le souaffle revînt entre leurs mains et cette fois c'était à leur tour de marquer ! Mary et Drago avait plus d'expérience en vol que Clarc, mais il compensait cela en s'adaptant remarquablement bien à leur plan de vol. Il se plaçait toujours bien et ce fut même lui qui marqua le premier but de leur équipe après deux essais loupés. Il fallait dire que Jonathan était plutôt bon gardien contrairement à Colin qui était une vrai passoire. Mais bon, William était le seul poursuiveur potable de l'équipe adverse alors chacun ses problèmes.

Les blancs l'emportèrent de peu, un but à peine, et ils revînrent au sol en riant.

- Beau match ! s'exclama le Professeur Lupin. Bien entendu, vous manquez d'entraînement, mais c'était agréable à regarder ! Je suis fier que vous vous soyez tous entendu comme ça.

Il était vrai qu'il n'y avait pas eu d'accrochage majeur entre les Maisons durant le match. Drago c'était un peu énervé contre Colin, mais c'était plus parce qu'il semblait incapable d'arrêter un souaffle que parce qu'il s'agissait d'un Gryffondor. Autrement, il n'y avait pas eu de problèmes.

- On a le temps pour une deuxième match ? s'enquit Blaise avec enthousiasme.

- Oui, déclara Mary. On a commencé le premier à neuf heures donc on peut encore jouer une heure. On change les équipes ? Ceux qui veulent changer de postes le peuvent !

- Pitié oui ! s'exclama Drago en jetant un coup d'œil mécontent à Colin qui eut la bonne grâce de sembler gêné.

Le match suivant, Mary joua en tant que batteur parce que Blaise voulait être Poursuiveur et qu'il fallait équilibrer les élèves postulant sur chaque poste. William céda aussi sa place de poursuiveur pour être batteur et ils finirent tous les deux dans l'équipe Noire en compagnie de Colin Crivey, qui était Poursuiveur avec Rebecca et Clarc tandis que Lucie devenait gardienne. Les Blancs héritèrent donc de Drago, Blaise et Alphonse comme Poursuiveur, de Jonathan comme gardien et de Terry et Robert comme batteur.

Le match reprit et cette fois l'équipe de Mary se fit largement dominer. Leurs adversaires avaient non seulement un gardien performant mais également Blaise et Drago qui étaient doués. William et Mary firent des dégâts comme batteur et le poste semblait beaucoup amuser le garçon qui lui confia qu'il comptait continuer comme batteur pour les prochains matches.

A la fin de la matinée ils reprirent tous pieds sur le sol, ravis. Ils se félicitèrent et eurent la surprise voit qu'un petit buffet avait été dressé à leur attention contre les murs des tribunes par le Professeur Lupin.

- Pour que vous ne tombiez pas d'inanition et pour vous féliciter, sourit l'adulte. Les vestiaires sont ouverts pour que vous preniez une douche avant de retourner au château.

Ils mangèrent donc leur goûter tous ensemble avant que les élèves ne se dirigent vers les vestiaires.

- Tu n'y vas pas, Mary ? lui demanda Remus.

- Non : je vais attraper les cognards, dit –elle en remontant son son balai.

- Pas la peine : il y a un enchantement de rappel sur la malle, normalement.

Ils cherchèrent comment l'actionner et finirent par trouver le mécanisme. Les cognards filèrent tout droit à leur place et ils les rattachèrent avant d'aller mettre dans le remise tout le matériel utilisé. Après une douche rapide, Mary ressortit tranquillement du stade et se dirigea vers la Forêt Interdite : il n'était pas encore l'heure du déjeuner et cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus vu les sombrals. Elle ne leur avait pas ramené de viande, mais ils parurent tout de même contents de la revoir. Elle les caressa et leur raconta ce qu'elle avait fait de sa matinée avant de finalement retourner au château. Elle était tellement contente que son idée ait fonctionnée ! Certes, il n'y avait pas eu beaucoup de personnes, et même pas de public, mais c'était une réussite totale. Presque une consécration ! Et elle s'était sans doute bien plus amusée que si elle avait joué dans l'équipe de Serdaigle !

Elle rejoignit les Serdaigles de son année dans la Grande Salle et vu les grands gestes de Terry et William, ils racontaient avec enthousiasme leur matinée passée à jouer au Quidditch. Vu le peu de discrétion dont ils faisaient preuve, tout le monde devait les avoir remarqués et Mary espéra que ça ferait un peu de promotion pour son club. Elle s'assit en pensant déjà à la prochaine séance de Quidditch. Elle se dit qu'elle pourrait consulter Jonathan et Drago pour savoir si un entraînement pourrait intéresser du monde : il était clair que parmi ceux qui étaient venus jouer beaucoup avaient besoin de s'améliorer.

Mais la dure réalité la rattrapa bien vite : les cours reprirent le lendemain et l'effervescence qui l'avait gagnée suite à ces matches de Quidditch retomba. Elle nota cependant que Rogue avait quelque peu cessé de l'ennuyer par rapport à l'an passé. Elle se demanda pourquoi jusqu'à ce qu'elle entende un jour son frère râler qu'il était encore en colle avec le détestable professeur. Visiblement Cameron ne s'en tirait pas aussi bien qu'elle en potion et Rogue avait trouvé un moyen de se distraire.

- Tu n'avais qu'à écouter maman, lui lança la rousse au passage.

- J'aime pas les potions, répondit –il avec un air dégoûté.

Un comble pour le fils d'un Maître des Potions aussi renommé que leur mère.

Avec leur emploi du temps qui les faisait finir tard le soir excepté les lundis et vendredis, les élèves de troisième année Serdaigle étaient surchargés de travail. Il était difficile de réussir à faire tous leurs devoir à temps et les Professeurs ne semblaient pas prendre du tout ça en compte. Ils arrivait fréquemment aux Serdaigles de s'écrouler sur leurs lits le soir et de s'endormir tout habillés.

Voilà pourquoi Mary ne comprit d'abord pas ce qui l'avait réveillée en pleine nuit. Il n'y avait pas de lueur qui filtrait au travers de ses baldaquins alors que c'était toujours le cas quand le soleil commençait à se lever. La lune éclairait juste suffisamment pour qu'elle puisse se rassurer en reconnaissait le lit qui était le sien depuis déjà deux ans.

Grognant de dépit, elle ferma les yeux pour se rendormir quand une pression se fit sentir sur son mollet, la faisant se figer. On aurait dit que… Que quelqu'un la tenait.

Son cœur fit un bond et se mit à battre à toute vitesse. Elle l'avait dit, non ? Elle n'avait jamais été particulièrement courageuse… Elle essaya de se dire que ce n'était que le fruit de son imagination, mais la pression s'accentua.

Lentement, elle se tourna… Et il y avait quelqu'un assit là ! Elle se redressa en ouvrant la bouche pour hurler, mais une main se plaqua sur son visage l'étouffant à moitié. Totalement terrifiée, elle essaya de se défaire de la poigne qui la tenir et balança au hasard son poing devant elle, rencontrant un front et tirant une exclamation étouffée de douleur. L'inconnu ne la lâcha pas pour autant et se rapprocha suffisamment pour qu'elle puisse voir son visage. Et le reconnaître.

Elle cessa soudainement de se débattre, trop ébahie. Est-ce que le jeune homme en uniforme de Serpentard assit sur son lit était bien Tom Jedusort ? Par toutes les chaussettes roses de Merlin ! Comment pouvait –il se matérialiser !?

Oui, d'accord, elle l'avait ramené avec elle à Poudlard malgré le désaccord de Ladon : elle avait beaucoup trop peur de le laisser chez elle sans surveillance. Mais là, elle commençait à regretter amèrement de ne pas avoir écouté son ami écailleux.

Quand il fut sûr qu'elle ne crierait plus,Toml la lâcha pour aller se masser le front et soudainement devînt translucide. Ah… Il n'avait pas vraiment repris des forces : il ne pouvait pas rester solide tant qu'il ne la touchait pas.

- Quand vas – tu arrêter de me frapper ? demanda t –il en tournant un regard de reproche vers elle.

- Jamais ! Pervers! Qu'est ce que tu fais dans mon lit en pleine nuit ?

Bon, d'accord, il y avait peut –être d'autres questions plus importantes à poser. Comme… Comment se faisait –il qu'il puisse se matérialiser alors qu'il n'avait pu voler l'énergie de personne ?

- Je ne suis pas un pervers, s'insurgea t –il en semblant grandement offensé. Je te regardais dormir…

- Je rectifie : tu es un psychopathe. Qu'est ce qui ne tourne pas rond chez toi ? Être enfermé dans un journal pendant cinquante ans t'a retourné le cerveau ou tu étais déjà comme ça avant ?

Il sembla pour le coup totalement déroulé, sans doute parce qu'il ne s'attendait pas à ce que la conversation tourne de cette manière. Pour ponctuer sa phrase, elle entreprit de lui envoyer un nouveau coup, mais il lui attrapa le poignet et serra suffisamment fort pour lui faire mal. Et se faire mal aussi par la même occasion. Il la lâcha brutalement et ils secouèrent en concert leurs poignets droit.

- Tu ne peux toujours pas me faire de mal ! triompha t –elle.

- Je le vois bien, répondit –il avec l'air suprêmement en colère face à cette constatation.

- Bon, c'est pas que discuter avec toi au milieu de la nuit m'ennuie… Mais ça m'ennuie. Alors dis-moi rapidement : comment ça se fait que tu puisses te matérialiser et qu'est ce que tu veux ?

- La magie latente de Poudlard suffit à me nourrir, je suis trop faible pour rester solide tant que je ne te touche pas, Merlin sait pourquoi, mais elle me suffit partiellement.

- Je vois…

Mary n'allait donc pas pouvoir neutraliser cet effet facilement… Elle fronça les sourcils mécontente.

- Tu ne peux toujours pas t'éloigner de plus d'un mètre du journal, hein ?

- Sous cette forme ma portée est encore plus réduite, dit –il.

- Pourquoi tu me dis ça ?

C'est vrai : il fallait vraiment être très bête pour avouer d'emblée ses faiblesses.

- Parce que je m'en moque : tu dors au dessus du journal donc tu entres dans mon aire d'action. Je me fous des filles qui dorment à côté. Celle qui m'intéresse, c'est toi, lui dit Tom avec une lueur mauvaise dans le regard.

- Qu'est ce que je disais ? Complètement taré, dit Mary en hochant la tête avec conviction. Qu'est ce que tu me veux exactement ?

Il ne répondit pas, et se contenta de la regarder fixement, ce qui était bien assez effrayant comme ça. Au fond, elle pouvait deviner ses intentions, il les lui avait déjà exposées : la tuer et renaître. S'il pouvait renaître en la tuant, se serait encore mieux, mais il était visiblement impossible pour lui de lui faire du mal. Mais elle supposait que la tuer reviendrait à se tuer et donc ce n'était pas une option envisageable pour Voldemort-Junior. Grognant, elle se massa le crâne.

- Bon, tu ne peux rien me faire cette nuit à part me maintenir éveillée, dit –elle. Tu ne pourrais pas simplement retourner dans le Journal pour réfléchir à un plan machiavélique à mon encontre comme ça je pourrais dormir ?

- Tu pourrais dormir tout en sachant que je peux me matérialiser à côte de toi ? s'étonna t –il.

- Sûr que je ne passerais pas la meilleure nuit de ma vie. Mais je te l'ai déjà dit : tu ne peux rien contre moi. Alors…

- Je ne te fais pas peur ? Je suis Lord Voldemort.

- Je te l'ai déjà dit : j'ai vaincu par deux fois ta version adulte. Alors toi, non, tu ne m'effraies pas. Et pour l'instant, à 17 ans, tu n'es encore que Tom Jedusort l'ombre d'un monstre. Tu aurais mieux fait de rester comme ça, d'ailleurs.

C'était la stricte vérité. Tom Jedusort n'était pas une personne avec qui elle discuterait volontiers, mais il était par beaucoup d'aspect moins effrayant que sa version plus âgée. D'abord, il avait un visage sacrément plus humain et ensuite, elle s'était déjà montrée plus maligne que lui il a quelques mois et enfin, il ne pouvait pas lui faire de mal ! Ça, c'était le point important. Alors elle se recoucha en espérant qu'il ne reviendrait pas la fixer pendant qu'elle dormait parce que ça c'était sacrément dérangeant.

Mais dès le lendemain, elle détruirait cette chose. Elle aurait préféré enquêter un peu plus et trouver ce que ce journal était, parce que c'était la démonstration d'une magie clairement très avancée, mais pas question de prendre le moindre risque. Et s'il pouvait se matérialiser, il représentait un énorme risque. Elle était curieuse, pas suicidaire, contrairement à ce que certains pourraient avancer.

Malgré ce qu'elle affirmait, il ne fut pas aisé de trouver le sommeil après cette conversation nocturne avec un Voldemort en devenir. Elle finit néanmoins par somnoler jusqu'à ce que le réveil se charge de lui dire qu'il était l'heure d'aller en cours.

Ils étaient jeudi, soit le jour des options. Et celui où elle devait passer trois heures à côté du type lugubre qu'était Théordore Nott. Il était intelligent, elle ne pouvait pas le nier. Il y avait cependant chez lui quelque chose de… dérangeant. Ne serait-ce la façon qu'il avait parfois de la fixer et sans se détourner quand elle le surprenait, ce que ferait tout être normal. Il lui parlait le minimum et elle faisait de même, mais il n'empêchait qu'elle allait sans doute passer l'année à être mal à l'aise en sa présence.

Heureusement, en Soin aux Créatures Magiques, elle n'avait pas ce problème. Même si le cours abordé en ce moment n'était pas passionnant et pour le moins répugnant : les veracrasses.

Le meilleur moment du jeudi restait néanmoins les quinze minutes de liberté qu'elle avait entre le SACM et la botanique. Elle les consacrait à une visite aux sombrals qui semblaient avoir très bien assimilé cet état de fait après seulement deux semaines et l'attendaient avec impatience. Elle se doutait que leur ponctualité avait aussi quelque chose à voir avec le sac de viande qu'elle ramenait avec celle. Qu'importait : elle était contente que les sombrals l'attendent.

Quand Mary put finalement rejoindre son dortoir le jeudi soir, c'était après l'astronomie, soit relativement tard. Comme ses camarades, elle n'avait qu'une envie : se jeter sur son lit pour dormir. Mais elle devait urgemment s'occuper de faire disparaître le journal de Jedusort. Alors elle attendit, en essayant de ne pas s'endormir, que le bruit des respirations de ses camarades se fasse régulier avant de se lever et de tirer de sa valise le Journal enroulé dans la cape d'invisibilité. Elle déplia celle-ci et un bruit brutal, un genre de respiration étranglée, la fit se recouvrir rapidement de la cape.

Juste à temps pour que Mandy, qui passa sa tête à travers ses baldaquins en tendant sa baguette devant elle, ne la voit pas. La timide balaya le dortoir du regard, un regard sombre que Mary ne lui avait jamais vu, avant de lentement se retirer derrière son baldaquin. Et d'en jaillir de nouveau après un temps d'attente.

Ce qu'il se passait avec cette fille était décidément étrange. Comment pouvait –elle être aussi sensible à la magie du journal ? Et apparemment, sa cape d'invisibilité permettait d'effacer ladite magie. Voilà qui encourageait encore plus Mary à se débarrasser du journal : de un pour être sûre que Mandy ne mettrait pas la main dessus, après tout elle en connaissait l'existence, et ensuite parce que la rousse ne comptait pas laisser sa cape dans sa valise à cause de lui !

Elle sortit donc discrètement de son dortoir. La salle commune était encore occupée par deux personne dont une en train de se rouler sur la moquette bleue du sol sous le regard sérieux et concentré de l'autre qui semblait très sérieusement prendre des notes. Sans chercher à comprendre, elle sortit et se demanda où elle allait bien pouvoir aller pour être tranquille. Au final, elle se décida pour les toilettes de Mimi Geignarde parce que le fantôme découragerait tous les profs faisant des rondes de tenter d'aller voir ce qu'il s'y passait. La rousse espéra un moment que Mimi ne serait pas là, mais dès qu'elle eut verrouillé la porte derrière elle et enlevé sa cape, la voix aiguë de la morte l'interpella :

- Encore toi ! Tu viens de nouveau dégrader mes toilettes ?

- Bonsoir Mimi. Non : je suis venue parce que tes toilettes sont sans doute l'endroit le plus calme de tout Poudlard.

- C'est parce que les gens me détestant, gémit la fantôme en commençant à sangloter.

La laissant faire, la Potter attrapa le journal et le leva devant ses yeux. A fond d'elle, elle ressentait un pincement bizarre en se disant qu'elle allait le faire disparaître. La déception de ne jamais comprendre cette magie. Ou peut –être autre chose de plus profond, qu'elle se refusa à analyser.

- J'ai déjà vu ce journal, est soudainement intervenu Mimi.

- En même temps, c'est un carnet noir : il y en a beaucoup.

- Non. Ce journal, appartenait à Tom Jedusort.

Interloquée –comment pouvait –elle le savoir ? –Mary regarda une seconde Mimi. Le fantôme d'une élève de Serdaigle, morte dans les toilettes il y a cinquante ans. Une élève morte à côté de l'entrée de la Chambre des Secrets, à l'époque de sa première ouverture et qui connaissait Tom Jedusort.

- C'est toi l'élève qui est mort quand la Chambre des Secrets a été ouverte ? s'enquit la vivante.

- Oui, confirma l'autre avec l'air surpris qu'elle ait deviné.

- Je suis désolée pour toi. Ceci, poursuivit la rousse en montrant le carnet, est ce qui a causé la mort d'un élève à cause de la Chambre l'an dernier. Je vais le détruire.

- Ça m'étonnerait que ce soit si facile que ça : il appartenait à Tom Jedusort.

- Tu le connaissais ?

- De loin : il était préfet de Serpentard. Toujours entouré de sa petite bande. Il était très populaire et ça n'a jamais cessé jusqu'à sa disparition.

- Tu sais qui il est devenu ? demanda Mary, qui était à son tour étonnée.

- Je n'ai pas grand-chose à faire d'autre qu'écouter les ragots qui passent par mes toilettes.

- A ce propos… Ne te fâche pas, hein ! Mais pourquoi rester dans les toilettes à l'endroit où tu es morte ?

- J'étais allée hanter Olive Ornby, mais elle a obtenu une ordonnance du Ministère à mon encontre et j'ai dû m'en aller.

- D'accord… Mais tu n'es pas obligée de rester là, non ? Je veux dire… Tu as eu le temps de ruminer ta mort et les gens ne sont pas gentils avec toi ici alors pourquoi ne pas aller visiter le monde ? Tu es un fantôme : tu peux te rendre invisible, traverser les murs, tu ne dors pas, tu te déplaces ou tu veux et tu as un temps infini devant toi… Moi, j'en profiterais pour faire le tour du monde et voir tout ce que les mortels ne pourront jamais voir. Accumuler le savoir… Franchement, pourquoi tu restes ici ? Pourquoi gâcher ta mort en t'enfermant dans des toilettes alors que tu as le monde à ta portée ?

Mimi Geignarde la regarda, les yeux grands ouverts, la mâchoire pendante l'air parfaitement ridicule. Et comme elle ne semblait pas vouloir se remettre de sa surprise, Mary jeta le journal sur le sol de pierre des toilettes et sortit sa baguette.

- Lacarnum inflamare !

Les flammes jaillirent dans un geyser incandescent et les pages prirent feu… Ou du moins Mary le pensa t – elle jusqu'à ce que les flammes commencent à se réduire avant de disparaître. Laissant le journal intact. Quand elle le prit, il n'était même pas chaud ! La Serdaigle recommença, sans plus de résultat, avant de changer d'approche. Elle remplit un des lavabos d'eau pour l'y plonger. Elle l'y laissa quelques minutes avant de le retirer… Et là encore, il était intact. Même pas mouillé. Elle tenta ensuite d'arracher une page, sans succès, puis un sortilège de découpe.

Après une heure d'essais infructueux durant laquelle elle épuisa toute la gamme de sort qu'elle avait à sa disposition, elle dut se rendre à l'évidence : elle ne réussissait même pas à corner une page de ce maudit carnet ! Mimi avait vraisemblablement raison : ce ne serait pas aussi évident que cela. Elle avait tenté à peu près tout ce qui lui passait par la tête, sans succès. Il allait falloir qu'elle réfléchisse à une nouvelle stratégie. En attendant que faire du journal ? Comme s'il avait entendu cette réflexion, le spectre de Tom Jedusort jaillit du journal et elle recula pour être certaine de se trouver hors de sa portée. Elle avait bien compris qu'il ne pouvait pas se solidifier sans son aide, même si elle ne savait pas vraiment pourquoi.

- Je ne peux pas te faire de mal, lui dit –il avec un sourire mauvais. Mais tu ne peux pas te débarrasser de moi. Nous sommes condamnés à rester ensemble… A moins que tu ne veuilles me donner à quelqu'un...

- Hors de question ! siffla t –elle. Je ne sais pas pourquoi tu ne peux pas me posséder, ni ce que tu es, ni comment tu peux résister à tout ça, mais je ne te donnerais pas à quelqu'un que tu risques de posséder. Surtout pas aux Professeurs !

Il serait encore plus dangereux entre leur main car il aurait alors pour pantin un membre faisant figure d'autorité, contrairement à ce qu'avait été Ginny. En tant qu'élève de première année à Gryffondor, elle offrait beaucoup moins de possibilités et cela avait réduit de beaucoup le champ d'action de Tom.

- On pourrait trouver un compromis, dit –il en ayant l'air certain d'avoir gagné.

- Ben tiens, depuis quand quelqu'un comme toi fait des compromis ?

- Je sais me montrer raisonnable.

- Bien sûr ! Je ne ferais ni pacte, ni compromis ni rien avec toi surtout que je n'ai aucune idée de ce que tu es vraiment. Je n'ai aucune envie de me lier à quelque chose que je ne comprends pas. Tu me prends pour une idiote ou quoi ? Si c'est le cas, pense à la façon dont je t'ai doublé dans la Chambre l'an dernier et économise ta salive et mon temps ! Répliqua férocement la rousse.

- Tu as de la répartie, concéda t –il. Mais si tu crois que cela suffira à me convaincre de rester tranquille…

- Tu ne peux pas te matérialiser à tord et à travers non plus et la cape a visiblement un certain pouvoir sur toi. De toute manière, tu ressembles à un fantôme comme ça alors tu ne poseras pas beaucoup de problèmes. Et personne d'autre que moi ne pourra récupérer le journal dans la valise. Alors matérialise toi si ça te fait plaisir, mais ça ne t'avancera à rien !

Ils s'affrontèrent du regard un long moment avant qu'un lent sourire de psychopathe, il n'y avait pas d'autre mot, ne déchire le beau visage de Tom Jedusort et qu'il disparaisse lentement. Mary reprit le Journal en fronçant les sourcils. Une chose était certaine : elle avait un gros, très gros problème sur les bras là !

- Tu aurais dû le laisser dans la Chambre des Secrets ! dit soudainement Ladon.

D'ailleurs il manqua de lui faire avoir une crise cardiaque. Elle avait mis sa robe de sorcier par réflexe en ressortant de la Tour Serdaigle et elle était tellement habituée à avoir le poids du serpent dans la poche cousue exprès pour lui qu'elle n'avait pas réalisé qu'il était venu avec elle et avait assisté à toute la discussion.

- Je ne peux pas le laisser à proximité du Basilic ! dit –elle en retour. Même à l'autre bout de la Chambre, je le sens capable de nous faire un coup bas.

- Tu es en train de te mettre en danger !

- Je vais trouver ce que c'est et je le détruirais. Rien n'est indestructible !

- Sauf les Détraqueurs.

Mary frissonna à cette évocation avant de quitter les toilettes de Mimi Geignarde… Qui était d'ailleurs toujours figée suite à la tirade que lui avait sorti la Serdaigle. Comme si elle avait en plus besoin de gérer un Voldemort adolescent et sans doute bien plus retord qu'elle en plus des cours et de Sirius Black… Elle avait beau ne pas encore avoir eu de nouvelle de son prétendu parrain, elle sentait que ça n'allait pas rester ainsi encore longtemps…


A suivre...