Chapitre 25
Au début, je me baladai au hasard de mes courses. Mais n'ayant aucun but précis, je ne parvenais pas à m'empêcher de penser et repenser à Edward en compagnie de Tanya. Elle devait profiter de la situation. J'aurai du rester, être auprès de lui. Mais cela voulait dire la supporter, elle, physiquement, ses regards, ses gestes orientés et surtout cette façon outrée, suspicieuse, de m'observer. Je savais déjà que je n'étais pas aussi jolie qu'elle, que j'étais différente, que je n'avais pas sa confiance, sa facilité à parler. Elle n'avait vraiment pas besoin d'en rajouter.
Non ! Il fallait que j'arrête de penser à elle, à elle avec Edward. Et pour cela, je devais me distraire. Me balader n'était pas suffisant. Et naturellement, mes idées convergèrent vers Jacob et le reste des lycaons. Là, à la Push, rien ne me ferait penser à la famille Cullen et aux Denali. Mon ami avait l'art de me faire rire et de m'occuper l'esprit.
En moins d'un quart d'heure, je me retrouvais au village des Quilleutes, devant la porte des Blacks. Je tapai deux coups secs, espérant que ce soit Jacob qui ouvre. Je ne tenais pas à effrayer son père dont je ne connaissais pas les sentiments à mon égard.
Mon souhait fut exaucé. Le garçon eut l'air surpris, puis un large sourire s'afficha sur son visage mat. Il était vraiment bel homme.
- Bella, balbutia-t-il, qu'est ce que… qu'est ce que tu fais là ?
Il semblait tellement heureux de me voir que je ne peux m'empêcher de rougir.
- Je peux rester quelques heures, demandai-je intimidée.
- Autant que tu veux ! Entre ! Mon père sera ravi de te voir !
Ah ! Apparemment, Billy présentait de bons sentiments à mon égard. Je pénétrai dans le salon de la petite maison en bois. Elle était modeste, les meubles étaient simples mais j'y sentais une ambiance chaleureuse. Jacob et son père étaient des êtres profondément unis, comme un fils peut l'être avec son père mais surtout unis par le lourd secret qu'ils partageaient avec le reste des Quileutes.
Billy était attablé dans la cuisine avec un autre homme que je reconnus immédiatement comme le sheriff Swann.
Je marquai une pause puis fit rapidement un pas en arrière.
- Je reviendrai plus tard, marmonnai-je en baissant la tête.
- Non ! s'exclama Billy. Viens donc avec nous ! J'expliquai justement à mon ami Charlie qu'il pouvait te faire confiance et qu'il devait se méfier du maire.
Je jetai un regard interrogateur vers le sheriff. Allait-il croire une simple adolescente fraichement débarquée à Forks plutôt qu'un homme respectable qu'il connaissait depuis des années. C'était ridicule.
- Pourquoi es-tu sûre de toi ?
- Disons que j'ai déjà connu un homme comme lui autrefois. On apprend à vite les reconnaître.
Il eut l'air perplexe quelques instant puis m'adressa un petit sourire de réconfort.
- Je ne te promets rien mais je vais garder l'œil ouvert.
- Merci balbutiai-je.
Nous restâmes sans parler, soudain gênés. Jacob me prit alors la main et me tira vers la porte.
- Allons viens ! On va se promener.
La plage de la Push était agréable. J'aimais m'y promener. Le sable était fin et commençait à accumuler la chaleur du printemps, la vie animale foisonnait maintenant. Cela amenait un calme et une harmonie qui m'apaisait.
Jacob avait continué à me tenir la main, l'air de rien, avec son sans-gêne. J'avais tenté de la retirer doucement, mais il avait raffermi sa prise autour de mes doigts. J'avais fini par abandonner, personne ne pouvait nous voir et mal interpréter notre comportement. En ce qui me concernait, les choses étaient claires : Jacob était un ami.
- Pourquoi es-tu venue, me demanda-t-il avec son sourire solaire. Non pas que je te le reproche, bien au contraire. Mais j'avais cru comprendre que tu n'aimais pas venir ici.
J'eus un petit sourire embarrassé.
- Je commence à m'habituer à vous, finis-je par admettre. Sam a fait de gros efforts lors de la dernière réunion.
Mon argument sonnait faux. Jacob ne fut pas dupe et m'observa quelques instants les sourcils froncés, un sourire en coin.
- Ton buveur de sang…
- Edward, le coupai-je en ronchonnant.
- Mouais ! Si tu veux. Il n'a rien dit.
Je me raclai la gorge, le rouge me montant aux joues.
- Les Cullen ont des invitées, maugréai-je.
Son air interrogateur se transforma subitement en colère et ses mains se mirent à trembler.
- Si tu ne les apprécies pas, c'est qu'ils sont dangereux.
Je pris conscience immédiatement de ce que le mot dangereux signifiait pour lui.
- Mais non, idiot. Je ne te parle pas dîner fin.
Ses mains cessèrent de trembler mais son regard était toujours aussi suspicieux. Je soupirai.
- Ce sont des invitées, « ées », appuyai-je pour lui faire comprendre le problème.
Un immense sourire s'afficha sur son visage, à mesure que ma rage envers lui augmentait. Je lui balançai mon poing dans l'épaule et il s'esclaffa :
- Tu es jalouse, s'exclama-t-il.
- Oh ! Par pitié, Jake ! m'insurgeai-je. Je ne suis pas venue ici pour que tu te moques de moi.
Il tenta de recouvrir son calme –même qu'il gardait un sourire taquin – et entoura ma taille de son bras pour m'attirer vers lui.
- Ton Cullen est un idiot, continua-t-il, d'un ton chaud et passionné. Si tu étais avec moi, je saurais te prouver à chaque instant que tu n'as pas à hésiter sur les sentiments que j'éprouve à ton égard. Et peu importe le nombre de sangsues femelles qui graviteraient autour de nous.
Je rigolai à mon tour et parvint –difficilement – à me séparer de son étreinte.
- Tu parles, tu ne te gênerais pas pour me laisser en plan et aller joyeusement les découper en morceaux.
- Soit, admit-il, amusé. Mais en tout cas, si tu es jalouse, c'est que tu as un doute.
- Bien sur que non, je n'ai pas de doute. Mais ça ne marche pas comme ça.
J'avais retrouvé à nouveau mon air maussade et de nouvelles idées noires m'assaillirent. Jacob resta silencieux mais il attendait impatiemment que je m'explique.
- Elle est tellement…vampire, soupirai-je, les yeux dans le vague, désespérée. Elle est bien plus jolie que moi, bien plus sûre d'elle. Franchement, Jacob, j'ai l'air si… banale.
Je tendis les mains vers lui pour lui montrer ma peau qui n'avait rien d'exceptionnelle. Je m'attendais à ce qu'il s'esclaffe à nouveau. Etonnement, il avait l'air sérieux, presque grave.
- Qui donc t'a sorti une idée pareille, Bella ? Crois-tu vraiment que tu parviendrais à regrouper sept vampires et huit loups-garous autour de toi si tu étais aussi banale que ce que tu prétends ! Tu es unique, à la fois vampire, lycaon et humaine, le lien entre nos trois espèces. Et tu es merveilleusement belle. Et si la … Edward n'est pas capable de le voir, c'est un sombre crétin, ce qui d'ailleurs ne m'étonne pas du tout.
J'eus l'impression de passer par toutes les couleurs.
- Tu ne comprends pas, marmonnai-je. Laisse tomber !
- Je comprends bien plus que ce que tu penses. Je reste persuadé que tu es bien plus proche de nous que d'eux et tes émotions le prouvent. Reste avec nous ce soir. Nous nous réunissons autour d'un feu pour manger des hot-dogs. Tu te rendras compte que j'ai raison.
La perspective d'une troisième réunion avec le clan Quileutes ne m'enchantait guère. Mais c'était moins effrayant que de rentrer auprès des Cullen. J'acceptai donc l'invitation, à la plus grande joie de mon ami loup.
Un grand feu était allumé au bord de la plage, lorsque nous arrivâmes. De loin, je voyais des étincelles bleues s'envoler dans le ciel qui commençait à virer au noir. La couleur était magnifique mais inhabituelle.
- C'est à cause du sel contenu dans le bois flotté, m'expliqua Jacob.
Je connaissais déjà le phénomène – rare au bout de plusieurs milliers d'années de voir des phénomènes naturels qui pouvaient encore me surprendre.
Je parvins à retirer ma main de la sienne avant que les personnes déjà assises ne s'en aperçoivent.
Sam se leva et vint à ma rencontre. Visiblement, tous les membres de la meute étaient ravis de me voir. Il me présenta sa compagne, Emilie, qui ce soir-là était présente.
Compagne était un mot relativement faible pour exprimer la relation sentimentale qui unissait ces deux êtres là. J'avais déjà entendu parler de l'imprégnation qu'un lycaon pouvait ressentir envers une personne qui, inévitablement, deviendrait son âme sœur, sa vie. Mais je n'avais pas encore assisté au phénomène. Sam ne regardait pas Emilie, il était comme magnétisé par elle. Lui qui jusqu'ici avait toujours montré des sentiments maîtrisés, ici, irradiait entièrement devant celle qui était devenu son soleil.
Oui, c'était cela : Emilie était devenue son soleil.
Un instant fascinée par les expressions du chef de la meute, je finis par me retourner vers la jeune femme. Elle était d'une beauté époustouflante, ses cheveux, longs, noirs de geai, lui tombaient jusqu'à la taille et encadraient un visage gracieux avec deux yeux en amande couleur marron boisé.
Du moins, elle avait été magnifique, pensai-je. Sur tout le côté gauche, descendant de la tempe jusqu'au bras, trois balafres que j'identifiai immédiatement comme des griffures de loup-garou lui déchiraient la peau.
Quel monstre avait bien pu lu infliger cela ! Hélas, le monde mythologique était dangereux pour les humains qui le côtoyaient. Jacob avait raison : en cela, je n'étais pas banale. Aucune lycaon ni aucun vampire ne pourrait me faire de mal.
L'imprégnée de Jared était là également, une jeune adolescente du prénom de Kim. Elle était moins jolie qu'Emilie mais elle avait un charme indéniable. Tous les lycaons étaient présents, en train de dévorer une montagne de hot-dog.
Après m'avoir présenté ceux que je ne connaissais pas, Sam me proposa de rester avec eux. Je m'installai entre Jacob et Seth, un gamin de quatorze ans qui semblait se mirer dans Jacob. Il m'accepta immédiatement et engagea la conversation comme si nous étions des amis de longue date. Je le sentais très fier d'être un loup-garou, de faire partir de la famille. Et je me retins donc de lui avouer combien je le trouvai jeune pour avoir autant de responsabilités sur les épaules.
- Alors comme ça, les vampires ont accepté de te libérer, lança Paul.
- J'ai crocheté la serrure des menottes, ironisai-je.
Il s'esclaffa avant d'engloutir un autre hot-dog.
- Tu sais que tu es la bienvenue autant de fois que tu le voudras, me rappela Sam. Ma proposition tient toujours.
- Etre obligée de gérer une bande d'adolescents boutonneux et le gouffre qui leur sert de ventre, très peu pour moi. Ce n'est pas une proposition, c'est une calamité !
Quatre bâtons volèrent vers moi et je bondis derrière Jacob pour les éviter tout en riant.
C'est vrai que leur clan était différent de ceux que j'avais connu dans le passé. Sam semblait capable d'imposer ses choix aux autres sans pour autant qu'ils soient soumis. Il avait un moi, un geste, un regard pour chacun d'entre eux. Il était à la fois le chef et le grand frère. Pour son âge – il ne devait pas avoir dépassé les vingt-et-un ans – c'était une tâche difficile. Je l'avais de plus en plus en estime.
La soirée se termina vers minuit. Je me décidai à rentrer chez les Cullen, même si je savais pertinemment que personne ne dormait là-bas et que j'allai devoir affronter la même situation. Mais je ne pouvais décemment pas rester chez les Quileutes tout le temps que les Denali restaient à Forks. Et je commençai sérieusement à culpabiliser du mauvais tour que je jouais à Edward.
- Tu peux rester cette nuit, insista Jacob. Tu prendras ma chambre et je dormirai sur le canapé.
- J'ai adoré cette soirée, Jacob. Mais il va s'inquiéter et j'ai besoin d'être auprès de lui.
Il soupira et un voile de tristesse traversa son regard. Je n'aurai pas du venir. Je lui laissai de faux espoirs et je n'aimais pas le blesser. Son sourire réapparut cependant bien vite.
- La prochaine fois, je prévoirai des menottes, me taquina-t-il.
Je ris et m'enfuis dans la forêt.
En courant, je me rendis compte de la stupidité de ma réaction. J'étais allée chez Jacob dans l'unique but de rendre Edward jaloux, comme moi je l'avais été de Tanya. C'était maintenant tellement évident que je m'injuriai intérieurement de ne pas y avoir songé plus tôt.
J'avais ralenti mon allure en arrive à l'orée du bois, soucieuse des regards que j'allais croiser dans la maison. Mais Edward n'attendait à l'extérieur, seul, appuyé contre le tronc d'un arbre, les bras croisé sur son torse.
Je m'approchai de lui, la tête baissée, tel une gamine consciente de la bêtise qu'elle avait commise et acceptant la sanction – justifiée – qui, irrévocablement, allait s'abattre.
- Je sais, marmonnai-je. C'était puéril, déplacé et complètement stupide. Je suis navrée.
J'attendis une ou deux secondes puis j'entendis le doux rire de mon amoureux.
- Quelle auto-flagellation, s'exclama-t-il. Même si j'avais été en colère, je crois que je n'aurai pas employé des mots aussi durs.
Je le regardai pour voir s'il me disait la vérité. Ses yeux semblaient apaisés, aucune fureur à l'horizon.
- Tu n'es pas en colère ? demandai-je, incrédule.
- De quoi donc ! De l'attitude de Tanya qui n'a pas cessé de t'ignorer royalement et de me coller comme une sangsue à sa proie.
Je pouffai, l'allusion me plaisait.
- Elle est tellement jolie, soupirai-je en posant mon front sur son torse.
Il enfouit sa tête dans mes cheveux en m'enlaçant. Je souris de plaisir.
- Bien moins que toi, susurra-t-il à mon oreille.
- Ce n'est pas vrai, insistai-je. Comparée à elle, je passe pour un laidron.
- Je ne peux pas comparer puisque je ne vois que toi.
Il m'embrassa dans le cou, faisant glisser ses lèvres le long de mon épaule, ce qui eut le don de me calmer.
- Elles ont décidé de partir lundi. En attendant, je te propose une petite escapade tous les deux, seuls, murmura-t-il.
- Voilà une proposition alléchante. Mais tes invitées vont nous trouver inhospitalières.
- Elles s'en remettront. Et puis mois aussi, j'ai besoin de prendre l'air et je ne suis pas sur de supporter une seconde journée sans te voir, d'autant plus quand je sais que tu te rends dans un endroit dont je n'ai pas accès.
Je m'écartai pour regarder à nouveau son expression.
- Tu t'es fait du souci, n'est-ce pas ?
- Un peu, admit-il. La rencontre s'est-elle bien passée ?
- J'ai admiré huit adolescents affamés en train d'avaler un troupeau de cochons découpés en hot-dog. C'était… impressionnant.
Il ria et m'entraîna vers la maison.
- Avant de partir, pourrais-tu prendre une douche ? Tu sens le chien, mon amour !
Je ne restai au premier étage de la maison que quelques minutes. Je pris une douche rapide – espérant que cela suffirait pour qu'Edward trouve mon parfum plus à son goût. J'enfilai un jean et un tee-shirt dans l'énorme penderie qu'Alice m'avais installée dans la chambre d'ami et qui débordait plus de fanfreluches et de dentelles que de tenues décentes. Elle n'arrivait décidément pas à réaliser que ma pudeur et mon introversion m'interdiraient à tout jamais ce genre de vêtements affriolants.
Je cherchai de partout un élastique pour me faire une queue de cheval. Je ne voulais pas que mes cheveux puissent me déranger lors de mes courses. Je n'arrivai pas à mettre la main dessus et je me rendis dans la chambre d'Edward, vide – il devait m'attendre à l'extérieur – espérant que je l'avais rangé là. J'ouvris les tiroirs du bureau les uns après les autres. Mes doigts s'arrêtèrent sur la poignée du troisième, alors que j'avais aperçu une petite boite recouverte de velours rouge bordeaux que je n'avais encore jamais vue et qui pourtant me parut, le temps d'un éclair vaguement familier.
Je réfléchis deux ou trois secondes – ou avais-je déjà vu cet objet, avais-je le droit de fouiller dans les affaires d'Edward sans sa présence et sans sa permission – avant de décider. Mon insatiable curiosité reprit le dessus et je parvins à me convaincre que le crime n'était pas grand et que personne ne saurait jamais.
Je pris délicatement l'objet entre mes doigts, mémorisant son emplacement exact pour que je puisse le remettre par la suite.
J'ouvris l'objet en question et me tétanisais sur place : au centre de l'écrin, sur un tapis crème reposait la plus magnifique et la plus terrifiante bague que j'eus jamais vue. Elle était d'une finesse exquise avec à son sommet un cœur ouvragée serti d'une dizaine de petits diamants.
Une bague de mariage, assurément ! Une pièce d'une centaine d'année, l'âge d'Edward. Il avait du la choisir pour cela, elle lui ressemblait, témoignage des règles amoureuse auxquelles il tenait tellement.
Je savais qu'Edward attendait impatiemment mon consentement. Mais je n'avais pas vraiment pas réalisé qu'il espérait le concrétiser si rapidement qu'il eut déjà prévu ce genre de détail. Comptait-il amener de force un curé dans la maison dès que j'aurai prononcé le « oui » tant espéré ? Craignait-il que je revienne sur ma promesse s'il me laissait le temps des réflexions des préparatifs ?
La panique me prit. Pas de cette frayeur avec laquelle je m'étais illustrée auprès de lui quelques semaines auparavant en le comparant à mon union forcée avec Chléon. Plutôt une sorte de tract, comme pouvait l'avoir un artiste le premier soir d'une représentation, sachant, que son public attendait un instant parfait.
Edward avait sans doute planifié cet instant, il en avait imaginé chaque moment sans jamais me montrer quoique ce soit.
Je refermai la boite, la remit rapidement à sa place et referma le tiroir qui claque. Je respirai profondément pour me calmer. Dehors Edward m'attendait et il ne tarderait pas à venir voir ce que je fichai si je m'attardais trop. Je devais avant tout réfléchir à tête reposée.
Mes yeux se posèrent sur l'élastique tant recherché, posé négligemment sur le lit. Je me souvins qu'Edward me l'avais ôté la veille car il me préférait les cheveux lâchés.
Je m'en emparais et sortis par la fenêtre. Mon amoureux m'accueillit avec un grand sourire en s'emparant avidement de ma main.
- Tu as été longue, se plaignit-il.
- Tu connais Alice. Trouver une tenue qui ne soit pas de haute couture dans la garde-robe qu'elle m'a faite relève du défi.
S'il s'aperçut de mon malaise, il ne le releva cependant pas et nous partîmes.
